03 mars 2014

Ukraine: analyse

L'avenir sombre que je prédisais à l'Ukraine il y a quelques jours s'est précipité. Sur la base d'une liste de questions-réponses, voilà mon analyse de la situation et de la stratégie de Vladimir Poutine.

La Russie a-t-elle déclaré la guerre à l'Ukraine?

ukraine,vladimir poutine,guerreOfficiellement, non, pour le peu d'importance que cela peut avoir. A mon sens, la ligne a été franchie quand 6'000 soldats des forces militaires russes sans marquage d'uniforme sont entrés sur le territoire ukrainien de Crimée pour prendre le contrôle des points névralgiques.

La Russie a-t-elle le droit de s'inviter en Crimée ou ailleurs en Ukraine?

La Crimée était un territoire russe dont la gestion administrative a été assignée à l'Ukraine en 1954 sous Khrouchtchev, alors que l'Ukraine et la Russie étaient quasiment fusionnées dans l'URSS. La région s'est retrouvée par le hasard de l'histoire du côté urkainien lorsque l'URSS s'est effondrée. Il n'existe pas de frontière parfaite en ce bas-monde mais clamer que la Crimée "fait naturellement partie" de l'Ukraine est aussi faux que de clamer que la Crimée "fait naturellement partie" de la Russie: ce sont de grossières approximations. Les deux parties en présence ont des arguments défendables.

Sur le strict plan du "droit d'ingérence international" défendu par certains politiciens, les troubles ayant eu lieu en Crimée sont évidemment dérisoires comparé à une occupation militaire. Il n'y a pas eu de massacre de masse, d'attentats, de guerre civile ni même de problèmes sérieux justifiant une intervention urgente pour préserver l'ordre public. La Russie n'avait donc pas un droit particulièrement solide à s'inviter en Crimée, ce qui ne l'a pas gênée outre mesure.

L'Ukraine est-elle condamnée à la partition?

Avec le contrôle russe de la Crimée, la partition est une réalité. L'Ukraine a perdu la Crimée. La question ouverte concerne destin des provinces de l'est de l'Ukraine. Tout n'est pas joué mais ces territoires pourraient suivre le même chemin.

En Crimée vivent 12% de Tartares farouchement anti-russes, survivance historique de la population de la péninsule ayant échappé aux déportations de Staline. Cette minorité est la plus susceptible de provoquer des troubles, mais ceux-ci auront pour seul effet de légitimer l'intervention russe puisque Poutine se présentera en gardien de l'ordre face au chaos si ses forces armées venaient à quitter le territoire.

Le destin des régions à forte majorité russophone de l'est de l'Ukraine est plus délicat. Dans ces zones, des habitants pro-russes ont "spontanément" manifesté pour demander leur rattachement à la Russie, mais les ethnies sont plus mélangées qu'en Crimée et la majorité n'est pas aussi nettement pro-russe. Les régions sont aussi plus facilement atteignables par des forces militaires venues de Kiev.

Le risque d'embrasement régional n'est pas nul, mais se limiterait pour l'instant à un affrontement ukraino-russe.

Les Européens et les USA vont-ils agir?

Pour l'instant la riposte occidentale se limite à ne plus inviter la Russie au G8. On imagine mal pareilles mesures de rétorsion faire reculer Poutine.

ukraine,vladimir poutine,guerreSur le plan militaire, les options sont maigres. Les Européens n'ont ni les moyens financiers, ni les moyens militaires, ni même une volonté politique suffisante pour s'opposer aux forces russes. Les USA ont des moyens militaires, mais ceux-ci sont déployés sur bien d'autres théâtres d'opération. Impliquer l'OTAN aurait de toute façon des répercussions incalculables. Après la révolution de février, l'Etat ukrainien est paralysé, au moins jusqu'aux élections prévues en mai. L'armée ukrainienne est en déshérence depuis des décennies. L'Etat n'a plus un sou en caisse. Les défenseurs de l'Ukraine dans ses frontières récentes n'ont donc guère d'arguments militaires à faire valoir.

De leur côté, les Russes sont financièrement en difficulté eux aussi mais leur armée a été moins négligée, ils disposent de bases sur place et enfin ils tiennent la Crimée. Plus le temps passe, plus la Russie est en position de force pour entériner une annexion de fait.

Le point central de toute opération de ce type est l'acceptation de la nouvelle situation par les populations locales. De ce point de vue, pour les Russes l'opération est un succès. Le sentiment national est faible en Ukraine, la faute à des gouvernements successifs avivant les tensions ethniques alors qu'ils faisaient monter les enchères entre l'Union Européenne et la Russie pour mieux continuer leurs détournements. Les militants de la place Maïdan à Kiev ont beau s’époumoner "Ukraine Unie", les russophones de Crimée ne l'entendent pas de cette oreille. Ils sont bien contents d'être passés sous le contrôle de Moscou.

Jusqu'où ira la Russie?

L'Ukraine étant en faillite, Poutine a dû faire la part des choses. Quitte à faire une croix sur des milliards d'arriérés de paiement de l'Ukraine envers la Russie - selon les contrats gaziers léonins signés par la "passionaria de la révolution" Ioulia Timochenko! - s'emparer de la Crimée était pour Poutine une simple façon de s'indemniser en se payant sur la bête. L'Ukraine ne s'en sort d'ailleurs pas si mal puisqu'elle a désormais une excuse parfaite pour renoncer à payer sa dette.

Héritier de l'époque soviétique (il était agent du KGB) Poutine raisonne en termes de frontières, de rapport de force, et d'image. Il a estimé que les Occidentaux étaient faibles, divisés et réticents à réagir, et donc qu'il n'encourrait pas grand-chose à impliquer militairement la Russie sur des territoires limitrophes. C'est un jeu dangereux mais jusqu'ici il s'est avéré payant. Je doute fort que Poutine rapatrie ses soldats sans avoir reçu des milliards de dollars au titre des arriérés de paiement ukrainiens, il pourrait même pousser le bouchon jusqu'à réclamer une indemnité pour avoir maintenu la paix en Crimée! Mais l'avenir des bases militaires russes en Ukraine serait définitivement compromis, donc je n'y crois guère.

Il faut surtout espérer que Poutine s'arrêtera là. Sinon, les dirigeants d'autres régions russophones ou à forte minorité russophone hors de Russie (je pense par exemple aux pays baltes) peuvent s'inquiéter...

Quelle sortie de crise possible?

Dans le meilleur des cas, la Russie aura gagné la Crimée et l'Ukraine soldé sa dette d'une façon peu enviable. Quelques régions limitrophes pourraient changer de main pacifiquement à l'issue de référendums régionaux d'autodétermination. Il faut espérer que les exactions des majorités sur les minorités (Russes contre Ukrainiens à l'est, Ukrainiens contre Russes à l'ouest) et les déplacements de population seront réduits au minimum.

Dans le pire des cas, Kiev tentera de défendre l'intégrité du territoire ukrainien - au mépris du désir des populations régionales concernées, j'insiste - et l'est de l'Ukraine sombrera dans la guerre conventionnelle et la guerre civile, avec un niveau d'implication indéterminé de l'Union Européenne et des Etats-Unis sous l'égide de l'OTAN. L'Ukraine étant un pays en sous-développement et dotée d'un gouvernement à la très faible légitimité au sortir d'une révolution, cette hypothèse est heureusement peu probable, malgré les rodomontades des manifestants de Kiev.

La Russie occupe depuis six ans le territoire de l'Ossétie du Sud après avoir agressé unilatéralement la Géorgie sous des prétextes cousus de fil blanc, sans subir aucune forme de sanction internationale. Poutine a simplement adapté ce scénario à l'Ukraine.

Commentaires

Excellente analyse qui rejoint les mêmes questions ouvertes de Jacques Sapir dans son billet d'aujourd'hui quant à la suite dans ces prochains jours.

En fait, la Russie n'a plus d'interlocuteur valable et légitime en Ukraine depuis le nouveau gouvernement autoproclamé. Il semble donc normal que Poutine ait été obligé de provoquer un évènement pour mettre tous les acteurs de Maidan à la lumière du jour.

Le mécontentement populaire causé par la situation économique catastrophique et la grande corruption, avait été très vite noyauté par les formations fascistes parachutées au bon moment pour devenir une insurrection violente et armée. C'était un coup d'état.
On peut regretter que du départ, il était question de sauvetage du pays dans la perspective imminente de son défaut de paiement, l'Ukraine ait basculé dans une semi guerre civile avec le motif qui a glissé en guerre ethnique.

Ianoukovitch l'homme et ses hésitation, son manque de vision, son opportunisme a été la goutte qui faisait déborder le vase. Mais ses prédécesseurs n'étaient pas mieux, sinon pire dans la corruption.

Me semble donc, pour diriger un pays, il faut un homme sûr, une équipe relativement soudée et des positions stables, bien autodéterminés pour restaurer la confiance d'un peuple.
Outre l'illégalité du nouveau gouvernement, les personnalités qui le composent n'offrent pas ces qualités minimales pour être considéré comme sérieux et crédibles en dépit des déclarations musclées mais dépourvues de sens des responsabilités.
Medvedev l'a très bien résumé: Ces hommes en noir qui se promènent à Kiev, cagoulés et armés, ne sont que des voyous. Pour lui et pour la Russie ce ne sont que des hommes irresponsables.

Donc je souligne, en face de la Russie, il n'y a plus de répondant à qui s'adresser,lequel doit prendre des responsabilités - la Russie compte de gros investissements et des installations importantes sur le territoire ukrainien.

N'oublions pas qu'en Ukraine, il se trouvent plusieurs centrales nucléaires. On ne peut négliger cet aspect de dangerosité qu'elles représentent. Les troubles actuels se sont propagés sur l'ensemble du territoire.
En dernières nouvelles, il semble que l'insurrection se propage en divisant le pays en trois parties. Il sera difficile pour le nouveau gouvernement illégitime et inexpérimenté de maîtriser cette nouvelle situation. Ne l'avait-il prévu?

Oui ou non, la Russie, occupera-t-elle la Crimée?
Puisque sa flotte et un arsenal s'y trouvent, il est logique et responsable qu'elle y dépêche du renfort pour les protéger.
On semble déjà oublier que le chef du gouvernement de Crimée avait demandé la protection de Moscou et que ses citoyens se sont aussi exprimés dans ce sens. Le droit international l'y autorise dans ce cas, sur sollicitation d'un voisin.

L'intégrité territoriale pourrait être revendiquée s'il n'y avait pas eu le cas d'école du Kosovo et des autres petites républiques de l'ex-Yougoslabie. Outre l'obtention rapide du passeport russe, les citoyens Criméens réclament un référendum avec trois options proposées: être rattaché à la Russie, à l'Ukraine ou le statut-quo.
Cette procédure de régulation remplit donc les exigences du droit international. La Russie serait à l'abri.

L'issue de l'ensemble dépendra sans doute de ce référendum.

L'autre problème crucial: le centre nord et sud. Majoritairement russophile et russophone en ébullition depuis seulement quelques jours suite aux provocation des gens de Maïdan. Faut-il y intervenir?
Qui d'autre que les Russes? Qui doit répondre à cette question?

C'est peut-être pour cela que Poutine en appelle au Conseil de Sécurité de l'ONU. Apparemment, il ne veut pas payer seul le prix d'un sauvetage d'une guerre civile que les Occidentaux ont déclenchée et dont ils sont incapables de mettre fin. Ni être mis en accusation par la communauté internationale.

Nous aurons, à mon avis, un scénario à la Syrienne qui risquera de durer aussi longtemps.
Mais n'est-ce-pas là ce que recherche Washington?

Une déstabilisation chronique du cœur de l'Europe dans le but de freiner les avancées économiques instiguées par le bloc BRICS qui menacent l'hégémonie étatsunienne.
C'est tout de même à l'UE de savoir ce qu'elle veut.

Écrit par : Beatrix | 03 mars 2014

Beatrix :

"On semble déjà oublier que le chef du gouvernement de Crimée avait demandé la protection de Moscou."

Ce "chef de gouvernement" est un fantoche, qui vient d'être nommé par le parlement de Crimée sous la menace des soldats russes qui l'avaient envahi. Sa "demande de protection" est un habillage de propagande classique, directement démarqué des méthodes communistes.

Nous sommes exactement dans le même cas de figure que le coup de Prague en 1968, Budapest ou l'Afghanistan. Sauf que, cette fois-ci, c'est encore plus sournois et hypocrite, puisque l'invasion de Crimée a été réalisée par des soldats sans insigne, refusant de dire qui ils étaient.

Le Sénat russe a prétendument voté l'autorisation d'envahir l'Ukraine à un moment où l'invasion était déjà réalisée, et le gouvernement russe s'est payé le culot de prétendre que, pour le moment, cette autorisation ne serait pas utilisée.

Le prétendu vice-premier ministre de Crimée, interrogé par la télévision française, a même eu le culot de dire qu'il n'y avait pas d'invasion, et que personne ne savait d'où venaient ces envahisseurs (qui d'ailleurs n'existent pas), puisqu'ils ne portent aucune identification.

Ils se pourraient même qu'ils soient français, a-t-il ironisé.

Hahaha. L'humour soviétique, je veux dire tsariste, enfin bref, poutinien, est vraiment impayable.

Écrit par : Robert Marchenoir | 03 mars 2014

@ Robert Marchenoir

Alors ce serait une blague peut-être gagnante pour la Russie.
Le bloc BAO a déjà tenté sa chance sans que cela ne lui ait coûté beaucoup.
On verra bien si le retour est à la même hauteur que l'investissement.

Pour vous, les citoyens de Crimée qui demandent en hâte d'avoir le passeport russe, font aussi partie de la propagande?

Les hommes de Maïdan, des usurpateurs, avaient nommé un chef fantoche pour la Crimée dont vous parlez. Celui-là justement a été chassé par les russophones de Crimée.

Vu le statut autonome de la Crimée et vu les contrat et accords spécifiques liant les deux parties pour l'hébergement de la flotte russe, le gouvernement a eu raison de ne pas se considérer envahi.
Autrement il n'avait qu'à les dénoncer. Il ne l'avait pas fait, il ne le fait toujours pas. C'est pourtant un casus belli à ne pas laisser passer.

Laissons la situation se décanter un peu.
Devin est celui qui peut déjà connaître le dénouement.

Écrit par : Beatrix | 04 mars 2014

Robert Marchenoir@ S'il y a un pays en Europe qui commence à avoir une politique étrangère franchement détestable, à la solde des fantasmes américains (déjà en Syrie), sans le moindre recul sur l'histoire de l'Ukraine, de la Russie et de la Crimée (et autrefois de la Géorgie), c'est bien la France. Qui recule de moins en moins à confondre basse propagande belliqueuse et analyse pondérée d'une situation bien trop complexe pour être saisie par les schémas des socialistes au pouvoir...

Écrit par : Géo | 04 mars 2014

Géo : la France n'a pas envahi la Russie. La Russie a envahi l'Ukraine. Je ne vois pas très bien en quoi le jugement qu'on peut avoir sur la politique étrangère française pourrait justifier l'invasion de l'Ukraine.

Je crois savoir aussi que la politique étrangère du Venezuela, de la Haute-Volta et de l'Indonésie ne sont pas blanc-bleu. En quoi cela justifierait-il l'agression militaire poutinienne ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 mars 2014

Beatrix :

"Pour vous, les citoyens de Crimée qui demandent en hâte d'avoir le passeport russe, font aussi partie de la propagande ?"

Oui, bien sûr. C'est une méthode classique pour envahir un pays et en prendre le contrôle. C'est ce que font l'Algérie et le Maroc avec la France, la Turquie avec l'Allemagne, la Russie avec son ex-empire... et ce que fit Hitler avec les Sudètes.

Ca s'appelle de la subversion, l'allégance à une puissance étrangère. Normalement, on considère cela comme de la trahison. S'ils aiment tant que cela la Russie, pourquoi ne vont-ils pas y vivre ?

D'autre part, il faut arrêter de nous enfumer avec les Russes d'Ukraine. Ils ne constituent que 17 % de la population, et même en Crimée, ils ne sont que 58 %.

Il faut arrêter de tourner autour du pot, et de chercher des excuses à Poutine. Il s'agit d'une agression militaire caractérisée, sans la moindre provocation. C'est un acte d'impérialisme brut.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 mars 2014

Robert Marchenoir @ La Crimée est une terre russe depuis très longtemps. L'Ukrainien Kroutchev a remis sa gestion à l'Ukraine en 1954 à l'époque de l'URSS, où cela n'avait pas trop d'importance. On connait bien le phénomène en Suisse, voyez-vous. Regardez la Géorgie : pensez-vous que le fait que Koba devenu Staline, Joseph Djougarchvili de son vrai nom, soit d'origine de ce pays a été sans importance sur la suite des événements ? C'est pourquoi nous ici cherchons à empêcher la venue de plusieurs dirigeants du même "canton " (respectivement provinces, républiques, Länder, appelez-les comme vous voulez...) au gouvernement en même temps...
Sur la Crimée : il y avait il y a quelques jours une excellente page d'explications dans le Figaro. Vous l'avez ratée ? Réalisez-vous l'importance de Sébastopol pour les Russes ? Que pensez-vous de cette décision du néo-gouvernement fasciste d'Ukraine d'interdire le russe ?
Et à part cela, que penseriez-vous si les Ricains voulaient libérer la Corse ?

Écrit par : Géo | 04 mars 2014

"Nous ne pouvons pas envahir l'Ukraine, puisque c'est chez nous" (Vlad Poutine).

Écrit par : lot | 04 mars 2014

D'un autre côté, le parallèle est tentant avec le Mali et la RCA.

Écrit par : lot | 04 mars 2014

Je soyez pas arrogant, Géo. J'ai lu tout comme vous différentes choses qui se publient sur l'Ukraine en ce moment. Expliquez-nous en quoi le fait que l'Ukraine a été russe par le passé justifierait une invasion militaire pour s'en emparer aujourd'hui. L'Alsace aussi a été allemande. Vous pensez que l'Allemagne a le droit de l'envahir ? L'Angleterre aussi a été française. Maintenant que vous m'en parlez, je me demande si cela ne nous donne pas le droit de la reprendre à ces salopards de Rosbifs.

Et la Suisse, dites-moi ? Il me semble que nous aussi, nous avons un nombre non négligeable de sujets français qui sont allés s'établir à Genève, en groupe, aux alentours du XVIIIème siècle. Ils n'ont d'ailleurs pas peu contribué à la prospérité locale. J'ai bien envie de me payer une petite expédition militaire de soldats sans insignes en Romandie, tiens.

Quant à votre question sur la Corse et les Américains, où voulez-vous en venir ? Si les Américains voulaient "libérer" la Corse (de qui ?), je penserais d'eux exactement la même chose que de Poutine. Mais votre question est futile et sans objet. Les Américains ne veulent rien à la Corse. Si ma tante en avait, on l'appellerait mon oncle.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 mars 2014

Cette analyse manque de pertinence et sous estime la dependance de la Russie qui ne fabrique plus rien: meme l'oligarchie soutenant Poutine preferera lacher poutine que renoncer au confort occidentale. Les mesures de retorsions economiques devraient rapidement peser sur la politique etrangere russe. Si Poutine nous parrait fort, c'est en raison de sa maitrise actuelle de l'opposition. Perdre quelques pions dans son camps pourrait suffir a inverser cette tendance etil le sait.
Personnellement j'y voie l'appoge de Poutine...et son chant du cygne: il vient de perdre le pouvoir mais ne le realise pas encore...

Écrit par : vatenguerre | 04 mars 2014

Pas sûr que les oligarques russes apprécient que leurs affaires se dégradent en raison de la politique Poutine :

http://www.captaineconomics.fr/actualite-economique/item/391-crise-ukraine-poutine-marche-bourse-moscou

Écrit par : lot | 04 mars 2014

Robert Marchenoir @ "Expliquez-nous en quoi le fait que l'Ukraine a été russe par le passé justifierait une invasion militaire pour s'en emparer aujourd'hui."

Qui vous parle de l'Ukraine ? Vous avez des problèmes de lecture ?

"sujets français qui sont allés s'établir à Genève" Ah ça, si la Suisse pouvait se débarrasser de ces maudits Genevois, nous vous en serions éternellement reconnaissants...
Mais méfiez-vous : les Genevois ont les défauts des Suisses et ceux des Français, mais n'en ont pas les qualités et vous ne tarderiez pas de vous mordre les doigts de votre invasion...

"Quant à votre question sur la Corse et les Américains, où voulez-vous en venir" J'en dis que les Russes ont largement plus de droits sur la Crimée que les Français sur la Corse. Mais c'est comme Genève : personne n'en voudrait...

Écrit par : Géo | 04 mars 2014

@ Robert Marchénoir

Les données actuelles ne semblent pas du tout vous intéresser. Ce qui compte c'est ce que la 4è internationale socialiste vous dicte de retenir.

Présence russe en Crimée: il n'y a pas eu une seule cartouche de tirée. Il n'y a pas eu un seul individu blessé par aucun tir russe ni bâtiments écrasés par des tanks ou autres engins.
Ce n'est donc pas une invasion.
On ne peut pas en dire autant des émeutes de Kiev pendant quatre mois.

"Méthodes classique pour envahir" dites vous.
Préférez-vous des méthodes modernistes? Infiltrations et drones-tueurs?
Mercenaires internationaux et Escadrons de la mort et Contras comme au Salvador et au Nicaragua des années 80?

Vous dites subversions.
L'infiltration et le noyautage en sont des versions.
L'invasion est plus efficace quant c'est la population qui est encadrée pilotée où chacun est l'ennemi de l'autre.
Cette forme de subversion-invasion sans armada visible est nettement plus meurtrière qui correspond au but de tuer, d'éliminer sans être vu. C'est votre idéologie?

Des modèles de subversion.
D'ailleurs c'est exactement cela le scénario Syrien. C'est exactement le même au le Venezuela en ce moment même. Aujourd'hui, il s'agit de faire faire la guerre par les indigènes (autochtones), le peuple contre le peuple (divisions), l'ingérence est préparée à l'extérieur, Les robots humains, une fois programmés et entrainés, sont introduits dans le pays de destination pour créer les violences et les stimuler.

Certains aiment à plaisanter avec la formulation "gouvernement en exil".
La Suisse a toujours abrité des centaines de gouvernements en exil. L'Allemagne aussi héberge et soigne certains gouvernements en exil. Klitchko par exemple, destiné à devenir un officiel de ce gouvernement. Fantoche ce gouvernement parce qu'il n'y a pas eu de scrutin pour le porter au pouvoir.

Léopoldo Lopèz de Genève, serait-il du futur gouvernement Venezuelien en exil?
celui qui vient récemment de rejoindre Henrique Carillès-Radonsky pour déstabiliser le pays et pour renverser le gouvernement Maduro légitimement élu et reconnu par la large communauté internationale.

Là est un exemple de flagrant délit de subversion. Les autorités vénézuélienne devrait l'expulser ou le mettre en prison pour explication. Cette forme de subversion fait plus de dégâts qu'un bataillon entier d'une armée d'invasion.

Soyons sérieux, légitimeriez vous ces bandes des fascistes qui ont pris le pouvoir par la violence et les meurtres à Kiev?

Si la corruption est un problème, il est démontré que ce n'est pas par un coup d'état qu'on le résout. L'Irak et la Libye l'ont montré.
Les coups d'état violents ont toujours installé les plus corrompus. Le contraire? Pas encore.

Cela va vous contrarier que les Russes s'en remettent au Conseil de Sécurité de l'ONU pour le suivi de cette affaire ukrainienne. Les Russes pourront voir de leurs propres yeux comment ces institutions la traiteront, leur degré de scrupules ou de respect dans l'interprétation et l'exécution du droit international - d'ailleurs on ne compte plus les violations et vices commis par l'ONU.

Je crois bien que le bien nommé "Regime change" se fera devant l'ONU au Conseil de Sécurité avec les vrais instigateurs des déstabilisations que l'on connait jusque là, ce sera un arbitrage ouvert sur des débats et des remises en cause et en question avec des membres-témoins rassemblés.

Ce sera pour nous tous un cas d'école et une occasion qui nous permettront d'avoir une opinion claire sur l'utilité ou non d'une telle institution.

Je ne vais pas vous rappeler que des installations, des usines, des centrales nucléaires et autres investissements sont à protéger de la folie des bandes armées et leurs commanditaires. Les dangers potentiels et des pertes par la destruction ne vont certainement pas inspirer les potentiels investisseurs.
Il y a des responsabilités causales et juridiques qu'on ne peut pas imputer aveuglément ou unilatéralement à n'importe quelle partie selon l'envie.

L'aspiration à la sécurisation des investissements veut que le principe soit la protection de ceux-ci par le pays d'accueil. En cas de défaillance, ce principe doit être élucidé dans son fonctionnement.

Écrit par : Beatrix | 04 mars 2014

Ce que je retiendrai surtout, à titre personnel, c'est qu'en faisant miroiter des perspectives unionesques chimériques, les blaireaux de l'Union Européenne - garantie et instrument de paix comme ils disent -, ont réussi à réactiver la Guerre froide.

Seulement, ils devraient se méfier. Si, comme Bush jr, après le 11 septembre, Vladimir Vladimirovitch Poutine a son peuple derrière lui, je ne suis pas certain que les "Occidentaux" puissent en dire autant.

Écrit par : Gil Saint-Gall | 04 mars 2014

Beatrix :

J'ai arrêté de lire votre commentaire à partir de ce mensonge :

"Présence russe en Crimée: il n'y a pas eu une seule cartouche de tirée. Il n'y a pas eu un seul individu blessé par aucun tir russe ni bâtiments écrasés par des tanks ou autres engins. Ce n'est donc pas une invasion."

J'en déduis que si je m'introduis par la force dans votre maison, avec quelques camarades convenablement armés, que vous n'opposiez aucune résistance et que personne ne soit blessé, votre maison m'appartiendra et que vous me la céderez bien volontiers.

Conformément au droit suisse, au droit français et au droit de toutes les nations de la terre. Vous êtes russe ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 05 mars 2014

Géo, votre conversation est véritablement délicieuse. C'est un plaisir de discuter avec vous, et on en apprend tous les jours.

Vous me demandez, avec toute l'urbanité qui vous caractérise : "Qui vous parle de l'Ukraine ? Vous avez des problèmes de lecture ?"

Je crois que c'est vous qui avez des problèmes de bonne foi. Le sujet de ce fil est l'Ukraine, et la Crimée en fait partie. C'est même pour cela que les Russes l'ont envahie ; sinon, ils n'auraient pas eu besoin de le faire.

Quant à la Corse, vous êtes donc en train de nous expliquer qu'elle est illégitimement occupée par la France, et que cela justifie par conséquent l'invasion de l'Ukraine par les Russes. C'est intéressant. Vous devriez vous rapprocher de l'ambassade soviétique, euh... russe la plus proche, pour proposer vos services de conseil diplomatique. Même Poutine, qui n'est pas à une énormité près, n'a pas osé sortir une justification aussi ridicule.

Écrit par : Robert Marchenoir | 05 mars 2014

Robert Marchenoir @ Et c'est vous qui parliez d'arrogance de ma part ?
Vous êtes sérieusement inquiétant dans votre manque d'esprit critique. voici qui vous aidera :
http://www.lesobservateurs.ch/2014/03/04/obama-poutine-autant-en-emporte-le-vent/

Écrit par : Géo | 05 mars 2014

Un autre point de vue pour alimenter le débat.

http://allainjules.com/2014/03/06/incroyable-mais-vrai-ukraine-video-barack-obama-le-bonimenteur-se-lache/

Écrit par : Beatrix | 07 mars 2014

Quiconque semble avoir de la sympathie pour la Russie, et quiconque a critiqué le coup d'état des occidentaux mené à Kiev, se verra opposer un refus de visa.
Aucune critique sur ce coup d'état ne franchira les USA. Les médias en sont avertis. Paroles et directive d'Obama

http://www.globalresearch.ca/r-i-p-freedom-of-speech-obama-bans-critics-of-ukraine-coup-from-entering-u-s/5372226

Écrit par : Beatrix | 07 mars 2014

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