20 mars 2014

Le peuple, cet organe de l'Etat

"Le peuple est un organe de l'Etat, ce n'est pas le chef".

Cette réplique hallucinante a été prononcée ce jour par Cesla Amarelle, conseillère nationale socialiste, devant le plénum du Conseil National lors du débat urgent demandé par l'UDC pour l'application de l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers.

Afin que personne ne m'accuse de tronquer une phrase ou de la citer hors contexte, l'intégralité de son intervention est disponible en ligne sur le site du Parlement. Voici le paragraphe incriminé dans lequel l'expression est mentionnée deux fois:

[L'initiative populaire de l'UDC "pour le renvoi des criminels étrangers"] constitue une illustration emblématique de la difficulté extrême que rencontrent aujourd'hui nos institutions à poser des principes de fonctionnement constitutionnel clairs, à savoir premièrement, c'est qu'en démocratie, le peuple est un organe de l'Etat, ce n'est pas le chef. Constitutionnellement, le peuple est un organe de l'Etat. Même s'il est symboliquement très important, il doit se soumettre aux règles. Et il n'y a pas de place pour le désordre à ce niveau du jeu démocratique. Les règles du jeu sont faites ainsi. Pour que la démocratie politique fonctionne, tout organe, y compris le peuple, doit être soumis à la séparation des pouvoirs. Le peuple ne saurait outrepasser ses compétences en violation de cet ordre juridique de base.


L'Etat, celle belle mécanique dans laquelle chaque chose est à sa place et le peuple, en bas.

cesla amarelle,socialisme,renvoi des criminels étrangersA deux reprises, Mme Amarelle tient à rappeler que le peuple est un "organe" de l'Etat ; un rouage, en somme. N'allez pas croire que l'Etat soit une émanation de la société civile, non! Surtout pas, malheureux! Le tout, c'est l'Etat, l'alpha et l'oméga de la pensée socialiste. La société, c'est l'Etat. Le pays, c'est l'Etat. Le peuple, c'est (un bout de) l'Etat.

Avec un raisonnement aussi fondamentalement vicié, on n'a pas de mal à comprendre pourquoi les socialistes considèrent avec consternation les mauvaises décisions que le peuple helvétique est parfois amené à prendre: "l'organe" oublie sa place. Il dérange, il refuse de suivre la partition qu'on lui a écrit. Il empiète sur les couches plus élevées, plus importantes, de la hiérarchie politique, au sommet de laquelle trônent les socialistes puisque leur finalité est le contrôle de l'Etat.

Si le peuple est malade, il faut le guérir. L'éducation monopolistique prodiguée par l'éducation d'Etat y contribue mais ne parvient pas toujours à éradiquer les déviances des générations futures. Alors, on les soumettra à l'endoctrinement de plus en plus jeunes, dès la sortie des couches.

En parallèle, on fera preuve de pragmatisme en optant pour un remplacement progressif du peuple, le métissant de force avec d'autres morceaux de population importés, qu'on suppose plus perméables à la  pensée socialiste. Le renvoi des criminels étrangers est un sérieux pas en arrière dans cette optique et doit être fermement combattu.

En attendant, la plus élémentaire des précautions est de le corseter pour atténuer son pouvoir de nuisance, par exemple en muselant le droit d'initiative.

Enfin, dans l'hypothèse où le peuple serait par trop irrécupérable, on peut très bien imaginer qu'on s'en passe complètement. L'Etat n'a pas tellement besoin de lui, finalement. Cette approche pragmatique a été employée avec succès dans nombre de pays se réclamant du socialisme, parfois comme étape préalable à la suppression pure et simple du peuple. L'ablation est un remède radical mais doit-on guérir oui ou non?

Il ne faut pas badiner avec la maladie, et lorsqu'on considère le peuple comme un simple organe de l'Etat, bien des perspectives s'ouvrent.

Commentaires

et on s'étonne ensuite du trop plein dans les hôpitaux psychaiatriques.Pas étonnant qu'il y ait autant de politiciens mal dans leur peau après semblable déclaration
Oui le peuple est le chef puisque c'est lui qui paie ces fabulateurs du n'importe quoi.Comme par exemple obliger à des Ecopoints pour ensuite enlever tous les containers pour le Pet et même ceux pour verre qui parait-il suivront le même chemin
Ou a force de faire tourner en éoliennes les services de voiries ceux-ci ont compris qu'eux aussi se faisaient manipuler pour de la monnaie de singe
Les Socialistes c'est le Titanic nouvelle version,tout le monde a bord et sitôt l'argent récupéré hop on change de direction pour remettre a bord une invention qui coulera sitôt bien rôdée par le peuple
Entre le Peuple chef de ses propres pensées et ce parti il y a un fossé qui ne sera jamais comblé par ce dernier ,c'est la patience et l'endurance sur le long terme
les vieux croutons coutant trop cher ont réussi a ramener à eux les plus jeunes qui eux aussi ouvrent de plus en plus les yeux et prennent conscience de l'intelligence de leurs ainés qui ne se laisseront jamais dominer par des théories de plus en plus absurdes

Écrit par : lovsmeralda | 21 mars 2014

Les rouages que cette dame et sa famille savent se réserver: sa sœur Grabriela qui est Cheffe de l'immigration en terre vaudoise! Voilà qui s'appelle se mettre en place afin de tirer les manettes contre la population indigène! C'est scandaleux et ne vous demandez plus pourquoi le canton de vaud n'attire plus les Suisses qui le fuient dès que possible!

Écrit par : Corélande | 21 mars 2014

Ne vous plaignez pas trop : chez vous, le peuple est encore un organe de l'Etat. Chez nous, en France, le peuple est au service de l'Etat. Etre un organe de l'Etat semble, pour nous, un rêve inaccessible.

Écrit par : Robert Marchenoir | 21 mars 2014

"Le peuple est un organe de l'Etat".

C'est bien un discours socialiste que certains ont tenu jusqu'au jour où certains de ces socialistes ont pris le pouvoir en disant " le peuple c'est moi ".

D.J

Écrit par : D.J | 21 mars 2014

Cesla : Communauté des Etats Socialistes Latin-America. Papa & maman fascistes rouges...
Cela marque.

Écrit par : Géo | 21 mars 2014

" Ne vous plaignez pas trop : chez vous, le peuple est encore un organe de l'Etat "

Non Marchenoir; justement le peuple ne doit pas être un organe de l'état car c'est bien ce qu'il risque d'arriver. Devenir un peuple au service de l'état. Comme vous pouvez le constater cette réflexion est bien venu de la bouche d'une socialiste.

D.J

Écrit par : D.J | 21 mars 2014

@D.J.: Je pense que M. Marchenoir fait la distinction entre un peuple "organe de l'Etat", donc en faisant encore partie, et un peuple entièrement subordonné à l'Etat, hors de lui et à son service.

Subtiles nuances sur le portrait de la servitude.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 mars 2014

On les accueille, on les nourri et on essaye de les instruire...et voilà qu'elles(ils) nous pondent des oeufs pourris...

Écrit par : Exprof | 21 mars 2014

Voilà, Stéphane Montabert, c'est évidemment ce que je voulais dire.

Écrit par : Robert Marchenoir | 21 mars 2014

Cette femme est complètement idiote. A enfermer d'urgence.

Écrit par : JeanDa | 21 mars 2014

@JeanDa en effet le terme idiotie qui d'ailleurs était utilisé en psychiatrie pour définir le taux d'intelligence chez les non conformes ,convient de mieux en mieux à ce parti qui n'a qu'une idée en tête , culpabiliser le peuple
L'obliger à dépenser moins afin de toujours mieux les enrichir sans doute
Oui je suis remontée contre ces éternels Socialistes encore en culottes courtes et qui reviennent à chaque période de pluie polluer les consommateurs de leurs soi disant bon conseils
C'est à croire que dans ce parti personne n'est capable de prendre en compte son propre état mental
Qu'il aillent travailler dans la vente ensuite quand ils auront compris le baba du commerce et de toutes ces complications souvent dûes justement à ces théoriciens peut-être qu'enfin ils comprendront pourquoi le consommateur jette des aliments périmés et à surtout ne jamais offrir comme souhaités par eux à plus démunis
Ils ne se rendent pas compte des dégâts sur les aliments suite aux nombreuses pannes de courant qui pertuberont automatiquement la chaine du froid ,seule garantie d'une saine alimentation sur le long terme

Écrit par : lovsmeralda | 22 mars 2014

Parceque c'est sans doute eux aussi qui nounoutent les animaux qui sans doute aussi sont pour entourer de fils barbelés la faune en Afrique afin de satisfaire à l'élite de chasseurs Européens au détriment même des Africains qui sans le sou sont privés d'eaux potables.
Quand on demande aux gens donnerez vous de l'argent suite aux nombreux BV pour aider ces peuples volés par ces riches profiteurs/arnaqueurs ,ils répondent tous NON,que ces propriétaires pour safari libèrent les animaux afin que le peuple lui même puisse gérer son patrimoine
C'est aussi ce qui aidera à limiter l'arrivée de ces gens chez nous car spoliés par des Européens ils n'ont plus que la Suisse pour venir s'y réfugier ,c'est le monde plus qu'à l'envers
bonne journée à vous Monsieur Montabert

Écrit par : lovsmeralda | 22 mars 2014

Ces "segundos" qui ont envahis notre parlement fédéral et qui se permettent à ce point de discourir contre nos institutions doivent être virés proprement; c-à-dire à la manière suisse, aux élections de l'automne 2015!

Écrit par : Ulysse DesChamps | 22 mars 2014

Excellent billet !

Écrit par : petard | 22 mars 2014

Dire "rouage de l'état" est une caricature idiote et vaguement staliniste par le relent chaplinesque que cela induit. Il faut être plus précis, et moins idéologique: le peuple est un des législateurs de notre système politique. A cela, il faut ajouter une autre précision. Il existe plusieurs définitions de la démocratie. On peut s'accorder sur un plus petit dénominateur commun: la présence de contre-pouvoirs. A partir du moment où un législateur peut légiférer sans que quiconque puisse y faire recours, comme cela est en train de se passer en Russie, on glisse vers la dictature. Les contre-pouvoirs sont nombreux chez nous, il faut s'en féliciter. Néanmoins, imaginer, comme le fait l'UDC à longueur d'année, que le peuple soit un législateur plus important que le Parlement, qu'il soit au fond le seul qui soit pleinement légitime, voilà qui est tout à fait contraire à l'esprit de nos lois. Oui, le peuple est "un des" rouages de notre système législatif. Comme le Parlement, il est faillible et peut se tromper. Comme le Parlement, on peut, on doit s'opposer à sa décision lorsqu'elle semble injuste. C'est le fondement même de notre démocratie semi-directe, dont il faut rappeler qu'elle n'a aucun lien historique et institutionnel avec les landsgemeinde de Suisse centrale. La démocratie semi-directe a émergé pour contrebalancer le pouvoir des Radicaux sur une partie de la population qui était plus conservatrice. Il fallait équilibrer: pas remettre tous les pouvoirs dans les mains du peuple. Cette conception qu'en propose l'UDC n'est rien d'autre qu'une forme de dictature soft de la démocratie, ce qu'on a parfois appelé une "démocrature". Oui, le peuple est un des éléments de notre système politique. Pas le seul, pas le meilleur.

Écrit par : david Laufer | 24 mars 2014

Ce qui est contraire à l'esprit de nos lois, c'est le fait que les conseillers nationaux et aux états, pourtant élus par les citoyens, n'en font qu'à leur tête.

Il est trop facile de dire "nous savons ce qui est bon pour le pays". Mais qui sont-ils pour parler ainsi ? Ils ne sont ni meilleurs ni moins bons que nous, "simples" citoyens. Ils ont simplement été candidats à ce poste et ont été élus pour nous représenter. Et pour nous représenter, ils doivent agir non pas pour ce que eux imaginent le meilleur, mais pour ce que nous, le peuple, voulons. Et depuis quelques années, les citoyens se sentent floués par ces élus.

Quoi d'étonnant alors à ce que les citoyens prennent chaque occasion qui leur est donnée pour gifler ces parlementaires imbus d'eux-mêmes et du pouvoir qu'on leur a délégué.

Et quand j'entends des parlementaires parler de limiter le droit d'initiative ou de ne pas respecter une votation populaire sous le prétexte que cela ne plairait pas à l'UE (mais qu'en a-t-on à foutre ? Nous ne faisons pas partie de l'UE et si un texte déroge à l'une ou l'autre convention, on peut très bien la dénoncer), je me dis qu'ils n'ont pas saisi quel était leur rôle. Et j'espère que les électeurs ne s'y tromperont pas et le leur feront bien savoir aux prochaines élections.

Écrit par : Pascal | 24 mars 2014

@David Laufer:

Le sujet a été traité ici-même:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/03/09/elu-donc-intelligent.html

Bonne lecture.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 mars 2014

«Néanmoins, imaginer, comme le fait l'UDC à longueur d'année, que le peuple soit un législateur plus important que le Parlement, qu'il soit au fond le seul qui soit pleinement légitime [...]»

Le peuple est le SOUVERAIN, c'est-à-dire: le patron, le propriétaire, l'actionnaire majoritaire...

Les élus, le parlement... ne sont que les serviteurs du peuple, les laquais du patron, les larbins du propriétaire... puisque c'est le propriétaire qui les engage et les paie.

«voilà qui est tout à fait contraire à l'esprit de nos lois.»

C'est impossible et crétin, puisque les lois, sont les directives du souverain, du patron, du propriétaire... et le souverain ne se tire pas une balle dans le pied. Ce sont plutôt ses serviteurs qui lui jettent des peaux de bananes.

Écrit par : petard | 25 mars 2014

Comme Monsieur Ueli Maurer, tous les parlementaires devraient avoir la même devise: "Je suis l'employé du peuple". Ils leur restent encore quelques mois pour s'y mettre, sinon la sanction sera dans les urnes à l'automne 2015

Écrit par : Corélande | 25 mars 2014

«sinon la sanction sera dans les urnes à l'automne 2015»

Vous rigolez... ils seront capables de vous dire que la sanction est contre le droit supérieur... donc illégitime.

Vraiment des enfoirés !

Écrit par : petard | 25 mars 2014

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