31 mars 2014

L'UMP, en attendant...

Le second tour des municipales françaises a donc eu lieu ce dimanche, concluant temporairement la foire d'empoigne politique avant la prochaine échéance des élections européennes.

france_municipales_2014.pngLa démocratie française est un miroir déformant ; ce n'est rarement plus vrai qu'au second tour d'une élection municipale. Les mécanismes de retrait ou de maintient de liste au second tour permettent l'établissement de politiques de nuisance visant plus à couler un adversaire qu'à mettre en œuvre un programme politique. La formation gagnante se voit créditée de la moitié des sièges du Conseil Municipal, le reste étant acquis à tous les partis au prorata de leur score.

Sur le plateau de TF1 hier soir, Jean-François Copé avait le triomphe modeste: le demi-président de l'UMP savait mieux que personne comme une victoire sortie des urnes n'est pas la marque d'une légitimité invincible...

La France a pris une teinte bleue dans la soirée, mais la vague est loin d'être aussi déferlante que d'aucuns prétendent. Dans les villes de plus de 1'000 habitants, la droite se situe à 45%, la gauche à 43%, le FN à 7%. Raz-de-marée de la droite, avez-vous dit?

La droite contrôle désormais 22 des villes de 100'000 habitants, contre... 19 à la gauche. Certes, il y a du progrès comparé à 2008 où à l'issue d'une impopularité crasse du gouvernement - déjà! - l'opposition socialiste d'alors contrôlait 29 de ces villes, mais parler d'un retour à l'équilibre serait plus conforme à la réalité.

En élargissant les calculs à toutes les communes de plus de 30'000 habitants, selon France Télévisions 171 communes sont passées de gauche à la droite, mais là encore, 6 villes de droite ont basculé à gauche. Pas si mal pour un parti dont les représentants à la tête de l'Etat français battent des records d'impopularité!

Peu de gens ont réellement changé d'opinion politique en France. La gauche a bien plus perdu le scrutin toute seule, par la désaffection de ses troupes.

On compare souvent la politique à un balancier ; ce n'est pas forcément vrai. Le temps que François Hollande termine son mandat, il aura dégoûté une génération entière à gauche, encore plus fort que Mitterrand. Quant à l'UMP, elle est condamnée à ne pas décevoir, au risque de voir ses électeurs se tourner vers le Front National ou bouder les urnes.

L'émergence du FN donne enfin une échappatoire à un système qui se complaisait dans l'alternance: la droite française va devoir faire une vraie politique de droite et non plus du socialisme light.

Et c'est une excellente nouvelle.

Commentaires

Et les socialistes une vraie politique de Gauche Combative et ne plus s'agenouiller devant les patrons voyous, les banquiers pourris, les assureurs voleurs, donnez à la justice de vrais pouvoirs enfin de mettre en prison les escrocs qui pullulent à l'UMP et au FHaine.

Écrit par : Das Kapital | 31 mars 2014

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