30 avril 2014

Heureux comme un pédophile suisse

L'avenir des pédophiles en Suisse semble quelque peu compromis avec les sondages donnant victorieuse l'initiative de la Marche Blanche "pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants". 74% des personnes interrogées glisseraient un Oui dans l'urne. Mais c'est oublier un peu vite que les pédophiles - et en particulier les pédophiles récidivistes - sont défendus avec acharnement par une bonne partie de la classe politique.


Face à la peur panique d'une approbation dans les urnes, le Conseil Fédéral fait feu de tout bois pour tenter d'infléchir l'opinion publique, quitte à enfreindre les règles les plus élémentaires de la séparation des pouvoirs. Mais ses accommodements avec la réalité ne peuvent se comparer avec ceux d'un Carlo Sommaruga en première ligne pour permettre aux pédophiles de continuer à travailler avec des enfants.

Au début était un pseudo-contre-projet-indirect...

carlo sommaruga,prise de position,pédophilie,votation du 18 mai 2014,marche blanche,manoeuvres politiquesLe conseiller national ne ménage pas ses efforts pour expliquer que son plan de révision du code pénal est mieux conçu que l'initiative. Il est en droit de le prétendre, mais l'examen minutieux de son texte révèle en fait tout le contraire.

Le texte de la révision du code pénal [de M. Carlo Sommaruga] permet à un juge de prononcer des interdictions limitées dans le temps, de six mois à 10 ans en fonction de la gravité des cas, renouvelables tous les 5 ans ou à vie si besoin. Le juge peut, il n'est pas obligé, il est seul maître de la décision.

Pour cela, le texte de la révision impose deux conditions: 1. le pédophile doit avoir été condamné à une peine de plus de six mois ou 180 jours-amende, 2. le risque de récidive doit être démontré.

Cette seconde condition remet la décision entre les mains des experts et autres contre-experts; le condamné pourra multiplier les recours. L'interdiction professionnelle sera couverte par l'effet suspensif du recours.


Même la première condition, la condamnation à une peine de plus de six mois ou 180 jours-amende, ne sera de loin pas la garantie d'une interdiction de travailler avec les enfants:

[Si une] interdiction est prononcée, elle pourra être levée à la fin du délai de mise à l'épreuve si la peine a été assortie d'un sursis (cas les plus fréquents), soit normalement après un minimum de 2 ans.

Si une interdiction est ferme, elle pourra néanmoins être levée après deux ans pour les cas bénins, 3 ans pour les cas impliquant des mineurs, 5 ans pour les cas graves, 10 ans pour les interdictions à vie.

Pour travailler dans une école, un candidat n'aura plus besoin de présenter un extrait de casier judiciaire, mais seulement un extrait de casier "spécial", ne comprenant que les jugements assortis d'une interdiction. L'inscription d'une interdiction disparaîtra d'office dans un délai de dix ans après la fin de ladite interdiction.

Ainsi, le texte de la loi de révision du code pénal rend les interdictions professionnelles ou géographiques possibles en théorie mais pratiquement impossibles dans les faits.


A ces manœuvres s'ajoute la fable d'une la révision de la loi présentée comme "contre-projet indirect" alors qu'elle n'est en rien incompatible avec l'initiative, ni soutenue par la Marche Blanche. Le conseiller national travaille d'arrache-pied pour semer la confusion dans l'électorat. On dirait à s'y méprendre qu'il souhaite donner le change en faisant échouer une initiative stricte avec un projet de loi constellé de trous. Est-ce à dessein? Peut-être.

Mais M. Sommaruga n'est en rien isolé dans le monde politique, où à gauche mais pas seulement, on resserre les rangs pour lutter contre l'initiative. Pourquoi cet acharnement à vouloir permettre aux pédophiles condamnés de travailler avec des enfants?

La peur institutionnelle

Si on examine les arguments des adversaires de l'initiative de la Marche Blanche celle-ci serait "excessive" et "manquerait de discernement".

Le premier point a trait à l'article 56, alinéa 2 du Code Pénal qui stipule que "le prononcé d'une mesure suppose que l'atteinte aux droits de la personnalité qui en résulte pour l'auteur ne soit pas disproportionnée au regard de la vraisemblance qu'il commette de nouvelles infractions et de leur gravité." Autrement dit, la restriction apportée aux libertés (ici les emplois possibles) doit être soupesée en fonction du danger pour la société.

Depuis qu'on l'oppose à chaque initiative visant à serrer la vis à une justice pusillanime, cet article fait quasiment partie du paysage. Toutefois, la Constitution suisse a une portée supérieure au Code Pénal: on ne peut donc pas rejeter une modification de la première au nom d'un texte qui lui est subordonné.

De plus, dans cette Suisse hyper-réglementée où les interdictions professionnelles foisonnent, pareille réserve fait sourire. On demande aux policiers d'avoir un casier judiciaire vierge, pourquoi ne pourrait-on pas obliger les personnes travaillant avec des enfants à ne pas avoir eu de condamnation de ce genre? Il faut une formation d'éducatrice de la petite enfance ou un CFC d'assistance éducative rien que pour approcher des bambins au jardin d'enfant... Manque-t-on de personnel qualifié dans les crèches au point de devoir recourir aux services de pédophiles fraîchement sortis de prison?

Le second point, le "manque de discernement", est ici lié à l'appréciation d'un juge et de son cortège d'experts. Les adversaires de la Marche Blanche réclament qu'un juge puisse décider de l'interdit précisément dans l'idée qu'il s'en abstienne. Au vu de nombreuses affaires récentes liées à des récidivistes ou à l'industrie de la réinsertion, il fallait oser! Mais les justifications sur le besoin d'une décision "humaine" cachent autre chose. Pour en avoir un aperçu, examinons par exemple le plaidoyer des Verts:

En condamnant de la même façon délits mineurs et graves, la sanction automatique requise par l’initiative est contraire au principe de proportionnalité. Or, ce principe est non seulement au cœur de notre système juridique, mais aussi du droit international. Par conséquent, si l’initiative était acceptée, la Suisse ferait face à d’importants problèmes de mise en œuvre.


Le droit international... D'importants problèmes de mise en œuvre... Arrêtons de louvoyer: l'ombre de la Cour Européenne des Droits de l'Homme plane.

L'idée est ici que des pédophiles condamnés et privés du droit de travailler avec des enfants fassent recours auprès de la CEDH et l'emportent - jetant l'opprobre sur la Suisse, et un mauvais karma sur des élus chérissant la bonne tenue de leurs relations avec Bruxelles. Oui, l'Europe obsède la classe politique même sur des sujets pareils!

Depuis l'Initiative contre les minarets ou le Renvoi des criminels étrangers, la CEDH est la bouée de sauvetage d'une élite en butte à la démocratie directe ; ici, pourtant, on ne fait que la sous-entendre. Il est vrai que la menace qu'elle fait peser est purement hypothétique, au grand dam de nos pourfendeurs de la Marche Blanche. En effet, on imagine mal un pédophile s'infliger l'odieuse publicité d'un appel à cette cour pour obtenir à nouveau le "droit" de travailler avec des enfants. Et qui oserait l'embaucher après cela?

La pédophilie romancée

Le rejet de l'initiative de la Marche Blanche fait enfin appel à des sentiments plus profonds et plus anciens: une vision romancée de la pédophilie.

La pédophilie est honnie par le grand public, mais en coulisses, imprègne des groupes politiques entiers au nom de la lutte contre les valeurs bourgeoises et d'une libéralisation sexuelle "sans tabou". En fer de lance du mouvement on trouve les écologistes allemands, dont le très médiatique Daniel Cohn-Bendit. Et il y a des témoins:

Eckhard Stratmann-Mertens [fondateur du parti des Grünen et député de nombreuses années, explique] que durant les réunions du parti des élus Verts, il voyait des adultes avec des adolescents en train de s'embrasser et dit que c'était répugnant. « On aurait dû les jeter du parti bien plus tôt », [dit-il avec regret]. D'autres témoins sont d'anciens enfants qui ont vécu dans une commune des écologistes dans le lieu dit de Dachsberg, une ferme en campagne. Un des enfants devenu adulte, aujourd'hui âgé de 46 ans, a parlé des viols sur sa personne pratiqués par les membres de la commune et par un des fondateurs des Grünen, Herrmann Meer, maintenant décédé. « Nous étions plusieurs enfants au Dachsberg. Contre des bonbons, de l'argent, des magazines pornos, des cigarettes, j'ai accepté d'être touché. Je me souviens d'une fille alors âgée de 10 ans qui a des rapports sexuels avec de nombreuses personnes. Elle vit maintenant avec la peur et ne peut plus quitter son appartement »


Le Monde, qu'on ne pourra soupçonner d'antipathie à l'égard de la gauche, explique dans un article long et documenté les accusations dans lesquelles se débattent les Verts allemands. Loin d'une dérive de quelques électrons libres, la pédophilie était un objectif politique et impliquait même une stratégie de lobbyisme à l'extérieur du parti:

Le 12 août, Franz Walter rappelle dans la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » que le programme adopté par les Verts allemands en 1980 revendiquait ouvertement la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et mineurs, de même que les relations entre personnes de même sexe. Il montre qu’une association d’« études sur la pédophilie » a exercé des pressions analogues, notamment à l’intérieur des débats du Parti libéral centriste FDP (...)


...Et cette compréhension bienveillante envers la pédophilie n'était en rien cantonnée à l'Allemagne:

Mais l’intelligentsia de l’époque, qu’en pensait-elle ? Ici, d’après l’enquête du « Monde », le sociologue allemand regarde aussi du côté de Paris… Il rappelle qu’en janvier 1977, Sartre, Simone de Beauvoir, Aragon, Catherine Millet, André Glücksmann, Jack Lang et Bernard Kouchner avaient publié une lettre ouverte dans « Libération » et… « Le Monde » pour se déclarer solidaires de trois hommes alors inculpés de délits sexuels sur des enfants de 13 et 14 ans.


Dont acte.

La Suisse n'a pas été épargnée par ce mouvement. Les Observateurs se sont fait l'écho d'une étude détaillée de cette bienveillance envers les amours interdites, étudiant les racines de cette réflexion chez les socialistes (en deux parties car il y a beaucoup à dire...) mais aussi chez les radicaux.

Aujourd'hui encore, jusqu'au PLR, tout le monde continue à minimiser les conséquences des crimes pédophiles et à réclamer une seconde chance pour ces individus.

Une seconde chance de quoi, exactement?

Conclusion

Si les sondages traduisent l'opinion l'initiative de la Marche Blanche sera acceptée le 18 mai, peut-être même avec une majorité écrasante. Au vu des innombrables épisodes autour du sujet, on voit mal pourquoi elle se retournerait.

carlo sommaruga,prise de position,pédophilie,votation du 18 mai 2014,marche blanche,manoeuvres politiquesMais il suffit de se rappeler comment le Parlement et le Conseil Fédéral ont vidé de sa substance l'initiative pour l'internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables, approuvée en 2004, pour comprendre que le combat ne fait que commencer.

Que valent les initiatives constitutionnelles soutenues par le peuple lorsqu'elles sont ensuite traduites en textes de loi par des politiciens favorables à la réinsertion des pédophiles, voire pire? Lorsque leur interprétation finale est rendue par des magistrats nommés par cette même classe politique?

Les citoyens qui approuvent l'initiative en leur âme et conscience doivent impérativement garder cela à l'esprit lors des élections, lorsqu'ils renouvellent les représentants du peuple, faute de quoi leur décision du 18 mai n'aura aucun sens.

La Marche Blanche a peut-être les électeurs avec elle, mais les pédophiles ont toute une classe politique pour les défendre. Ce n'est pas rien.

Alors, il n'est même pas sûr que les pédophiles suisses perdent le sourire le 18 mai au soir.

Commentaires

@Monsieur Montabert ,en lisant le titre on est heureux de constater la réalité . La dictature des déchets a provoqué dans l'esprit de nombreux citoyens engagés depuis toujours en politique a affirmer: vous allez voir les éclaboussures des fosses à purin mentales ne vont pas manquer de ressurgir
Cette dictature comme beaucoup d'autres n'est pas sans nocivité pour le mental
A force de manipulations mentales pour obliger le peuple a remarcher sur les cendres de ses arrières arrières grand parents ,les cerveaux ont repris la marche du flambeau aux souvenirs qui s'étaient malgré tout endormis pour donner de l'espoir aux plus jeunes.Non sans importantes remises en question de la part de nombreux citoyens responsables
Et tout soudain on a des ONG privées d'argent qui détruisent plus de 60 ans de progrès même intellectuels .C'est vraiment faire peu cas du citoyen moyen
Les hygiénistes d'antan sont responsables de la situation actuelle et doivent jouir en constatant combien les hygiénistes actuels et bien nommés Environnementalistes et Fondamentalistes ont réussi malgré eux à relancer la machine infernale des plus grandes saletés internationales
Lesquelles sans doute auraient dû pouvoir dormir mais à trop de pureté recherchée le diable lui même s'est encouragé à revenir polluer Internet grâce aux nombreux sites pornos jamais assoupis et qui continuent malgré tout ce ramdam de s'en donner à cœur joie
Le tri sélectif grand amour d'Hitler grâce aux ordinateurs et premier grand ordonnateur du Bio a encore de beaux jours à venir si aucun humain intelligent n'arrive à stopper la machine infernale, la même qui a conduit de nombreux innocents à Auschwitz ou ailleurs
Même en politique la Mère Denis n'arriverait plus à détacher le linge tellement le copinage a lui aussi entaché ce domaine et c'est tellement visible que de nombreux citoyens refusent désormais de voter !
Et pourtant dieu sait leur bonheur a se déplacer aux urnes au temps ou la politique n'était pas elle-même Moondialisée ou transformée en course a l'échalote prenant le citoyen modèle pour le faire courir juste pour niquer une autre commune,décidément tout se perd même en politique

Écrit par : lovsmeralda | 01 mai 2014

" Le conseiller national ne ménage pas ses efforts pour expliquer que son plan de révision du code pénal est mieux conçu que l'initiative. "

C'est un sale hypocrite qui ferait mieux de la fermer. Sans l'initiative il n'y aurait jamais eu de contre-projet et jamais Carlo Sommaruga comme les autres socialistes auraient cherché à rendre le code pénal plus strict contre les pédophiles comme le prévoit justement le contre-projet.

Le contre-projet et le reflet de cette justice suisse qui n'hésite pas à sacrifier des innocents en laissant libre des assassins multirécidivistes ou comme le prévoit ce contre-projet redonner du travail aux pédophiles avec des enfants.

Et le Carlo qui se targue en prétendant qu'il ne défend pas les pédophiles car lui-même comme avocat il a défendu des victimes de pédophilie. Peut-être n'a t-il peut-être compris que le but de l'initiative est que Carlo Sommaruga n'aura justement plus l'occasion en tant qu'avocat de défendre des victimes de pédophile déjà condamné qui auront retravaillé avec des enfants.

D.J

Écrit par : D.J | 01 mai 2014

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