22 août 2014

Caisse unique, caisse inique

Le 28 septembre les Suisses seront amenés, à travers l'Initiative pour une Caisse Unique, à se prononcer sur une étatisation encore plus poussée du système de santé helvétique.

Les initiatives sur le sujet sont récurrentes, et l'augmentation continue des primes renforce les interrogations. Forcée par la loi à contracter une assurance-maladie et progressivement écrasée par le coût de celle-ci, la classe moyenne paraît prête à s'abandonner à n'importe quelle solution qui lui semble diminuer la facture.

Hélas, l'initiative n'arrangera rien sur ce point. Ramener les 61 différentes caisses qui existent en une seule entité sous l'égide de fonctionnaires d'Etat ne baissera pas d'un centime les coûts de la santé, ni ne diminuera les primes payées par la population. Cette réforme - marquante car décidée par scrutin populaire - ne fera que s'ajouter aux autres sans changer les mécanismes d'un système fondamentalement vicié.

En réussissant à imposer la LAMal [loi fédérale sur l'assurance-maladie] en 1996, la gauche eut l'intelligence de poser les jalons d'un système prétendument libre - plusieurs caisses maladie, "concurrence" entre elles - mais qui en était de fait aux antipodes: lesdites caisses ne doivent pas faire de bénéfices, sont limitées au territoire suisse, chacun a l'obligation de s'assurer et ne peut changer qu'à certains moments du calendrier, etc.

La LAMal est donc un système communiste vêtu d'oripeaux de libre marché.

L'astuce fonctionne au-delà de toute espérance: chaque année, lorsque les coûts augmentent sans aucun contrôle, les assurés ne voient que la prime demandée par leurs interlocuteurs, les caisses "privées" d'assurance-maladie. Ils ne font aucun lien avec les gabegies hospitalières, et ne comptez pas sur les médias pour s'attarder sur cet aspect du problème. Alors, ils crient (et on les fait crier) : "La concurrence entre les caisses ne marche pas! C'est la faute au libéralisme! La santé privée est un échec!"

Mais y-a-t-il réellement de concurrence entre les caisses? Le système est-il libéral? La santé est-elle privée? Non, trois fois non!

votation du 28 septembre 2014,prise de position,santé,caisse unique,socialisme

A la concurrence près, le phénomène n'est pas sans rappeler l'aversion générale contre Billag, la société chargée de la collecte de la redevance. Ce n'est pas un hasard puisque les deux relèvent du même mécanisme. L'Etat facture très cher l'organisation d'un service et charge ensuite des sociétés privées du recoupement des factures. Celles-ci cristallisent ensuite sur elles l'animosité populaire.

Comme pour se justifier, nombre de citoyens pointent du doigt les dépenses des caisses en publicité ou en magazines internes. Pour beaucoup de gens c'est probablement du gâchis, mais les montants impliqués restent dérisoires.

Les frais de gestion des caisses-maladies ne représentent que 5% des coûts de la santé (ce qui donne un petit aperçu du gâchis dans les autres secteurs du système de santé).

Bien sûr, on peut proclamer - et les initiants ne s'en privent pas - que 5% n'est pas rien, surtout au vu des montants impliqués. Et puis, toute économie est bonne à prendre.

Admettons l'hypothèse, et supposons que par magie toutes les société d'assurance-maladie disparaissent. Pour les besoins de l'exercice, ne lésinons pas, admettons aussi que le service désormais assuré par l'Etat soit rendu gratuitement. Qu'obtiendrions-nous alors? Une baisse nette de 5% des primes d'assurance-maladie.

Une baisse qui serait donc annulée à cause de la hausse régulière des coûts de la santé après seulement deux ans...

Le problème n'est pas et n'a jamais été la collecte des factures, mais bien les coûts de la santé eux-mêmes. Les primes n'en sont que le reflet.

votation du 28 septembre 2014,prise de position,santé,caisse unique,socialisme

Les primes (ligne noire) reflètent les coûts (ligne rouge), rien d'autre. Les variations ne sont dues qu'aux réserves obligatoires des caisses et à des ajustements réclamés lors de périodes politiquement sensibles comme des années électorales - dans les deux cas, des contraintes artificielles directement issues du monde politique.

Il y a de nombreuses façons de ruiner un pays, avec par exemple le salaire minimum, l'endettement illimité, la retraite par répartition... L'étatisation complète de la santé figure en bonne place dans cette liste. Pourtant, si l'initiative pour une caisse unique venait à être approuvée, ce ne serait même pas une catastrophe ; l'excuse des sociétés privées disparaîtrait pour de bon et montrerait enfin à tous la réalité des coûts en roue libre et le prélèvement des primes directement par la main rude de l'Etat.

Le seul défaut de ce scénario serait de déplacer le curseur vers plus de collectivisme, en accordant de surcroît encore une fois confiance et pouvoir à ceux qui sont à l'origine de ce système impossible. Les socialistes n'en font pas mystère, la caisse unique n'est qu'un préalable à l'indexation des primes sur le revenu, c'est-à-dire la transformation de l'assurance en impôt - un impôt qui comme en France aura tôt fait de ruiner la classe moyenne et le reste. Avec la Sécu française, même un employé au salaire minimum du SMIC doit encore payer 37.5% de son salaire réel. Sécu qui traîne une dette en milliards d'euros...

Nous n'en sommes pas encore là heureusement, mais l'acceptation d'une caisse unique serait assurément un mauvais signal. L'initiative principale de la gauche sur ce sujet remonte à 2007 et visait à instaurer à la fois la caisse unique et l'impôt sur la santé ; elle fut rejetée sèchement avec plus de 70% de non. Les socialistes et leurs alliés n'ont absolument pas changé d'avis mais tentent simplement aujourd'hui une tactique en deux temps. Nous verrons si le peuple suisse marche dans la combine.

De quoi le système de santé suisse a-t-il besoin? D'une meilleure gestion, de plus de concurrence, de plus d'ouverture, de plus de flexibilité - en un mot, de plus de liberté. Liberté laissée à chacun de contracter une assurance selon les modalités qui lui conviennent, de se constituer un capital-santé pour ses vieux jours, de se faire soigner à l'étranger, d'accepter ou non un réseau de soin, de mettre la franchise aussi haut ou bas qu'il ou elle le souhaite et non selon des paliers rigides, etc. Tant de modèles sont envisageables!

L'Etat aurait naturellement un rôle à jouer dans un marché ouvert: non seulement la surveillance du sérieux de tous les acteurs à travers diverses accréditations, mais aussi la gestion des cas les plus lourds et les plus particuliers (maladies orphelines par exemple) dont la rareté et le coût mettent à mal les modèles mutualistes classiques.

Sur des sujets sensibles comme la santé les Suisses ont souvent peur de la liberté et de la responsabilité qu'elle implique, tant pour eux que pour leurs voisins. Ils rejetteront sans doute l'initiative pour une caisse unique mais continueront à se rassurer dans un système à peine supérieur qui étrangle petit à petit la classe moyenne.

Entre un système collectiviste, étatisé et ruineux, et un système ouvert, léger et flexible faisant appel à la responsabilité individuelle, il faudra pourtant bien trancher un jour.

Commentaires

Le système de la Lamal est inique (si vous connaissiez le montant de ma prime habitant la France !)mais je le préfère encore à la solution d'une caisse unique. Pas envie du tout de voir se développer un truc comparable à la sécurité sociale française et ses milliards de déficit. Il y a d'ailleurs de plus en plus de Français qui ont envie d'en sortir (c'est très difficile) et d'autres qui n'ont pas envie d'y entrer comme les frontaliers.
La Lamal sera peut-être révisée un jour, espérons !

Écrit par : Zendog | 23 août 2014

de toutes manières la plupart des gens interrogés autour de soi,répondent on a d'autres soucis que voter pour une caisse unique alors qu'on est client depuis toujours auprès d'une assurance qui nous satisfait
Y'a une arnaque derrière cette votation surtout quand on sait les nombreux Suisses ayant été dégoutés du tourisme commercial vantant des assurances meilleures marchés et qui en fin de compte n'y ont strictement rien gagné excepté des prises de têtes alors* cherchons à qui profite le crime*
On peut supposer que certains s'étant fait reprocher de nombreux réformes inutiles et non durables espèrent que le peuple lui -même réforme sa manière de penser et d'agir car si le citoyen se retrouve ensuite dans le cafouilli,les initiants sans doute amateurs du rôle de Ponce Pilate pourront s'en laver les mains et tire dans le dos des piégés

Écrit par : lovsmeralda | 23 août 2014

Y a comme un lézard, cependant : économiesuisse, cette bande de nazes, a hurlé au loup en clamant haut et fort que l'initiative allait coûter 12'000 postes de travail dans les assurances. Il se trouve que 12'000 postes de travail, en moyenne 6000 francs par mois et c'est l'hypothèse basse, cela nous fait une économie de 864 millions par an que nous n'aurions plus à payer. 1 milliard avec le 13ème.
Alors ?

Écrit par : Géo | 23 août 2014

Dans un monde parfait, les caisses maladies seraient transparente, honnêtes.
Or, on ne peut qu'être suspect face au lobbyings exercé par ces caisses pour conserver leurs opacités. Ces magouilles pour transférer l'argent des romand vers la Suisse-allemande pour y baisser leur primes n'est pas un hasard, puisque la Suisse allemande fait pencher la balance.

Dans un monde parfait, la société libérale marchent sans règle, mais l'Homme a toujours cherché à être à la limite, à tricher, etc..Et donc ce système ne marchera jamais.

Après tant d'année de tricheries, d'opacité, il serait tant d'arrêter cette plaisanterie. Inadmissible que ces caisses ne puissent être contrôler.
Ils se sont moquer de nous et continuent à le faire.

Il y a le choix dogmatique du non à l'Etat et le choix de ne plus se faire avoir en choisissant la caisse unique.

Écrit par : roket | 23 août 2014

@Géo: EconomieSuisse est dans son rôle en alertant l'opinion sur diverses conséquences de l'initiative. Mais quelle que soit la façon dont ils articulent leurs chiffres, l'argument ne vaut rien.

L'emploi détruit dans les caisses maladies privées sera "recyclé" sous la forme d'une bureaucratie d'Etat, et les socialistes comptent bien y renouveler leurs rangs. Secrétaires administratifs, chefs de services, réviseurs, surveillants, toute une nouvelle ribambelle de fonctionnaires avec tout ce qui s'ensuit: copinage, postes de complaisance, malversations pudiquement renommées en "dysfonctionnements", syndicalisme, placards dorés, omerta généralisée sur les déviances internes, marchés publics chiffrés en centaines de millions pour des logiciels de gestion, etc.

Peut-être aurons-nous aussi droit à de nouvelles affaires de selfies nus ou de photos de tampons officiels bien mal placés, qui sait!

J'ai suggéré plus haut que nous prenions pour hypothèse que le service désormais assuré par l'Etat soit rendu gratuitement ; évidemment, dans la réalité je n'y crois pas une seconde.

N'oublions pas non plus qu'avec une caisse unique l'assuré aura comme interlocuteur non une caisse maladie semi-publique mais l'Etat, ce qui donnera tout de suite une autre teneur aux échanges. On sait, dans ce genre de relation, qui tient le couteau par le manche. Essayez deux secondes d'émettre un reproche à l'encontre d'un flic mal garé, pour voir.

@roket: ne croyez pas une seconde que j'apprécie nos caisses maladies. Elles se comportent comme les mafias qu'elles sont, simplement parce que cette évolution est inévitable dans un marché captif ou chacun a l'obligation de s'assurer. On assiste donc à toutes les magouilles que vous suggérez et probablement plus encore.

Mais c'est involontairement comique de vous entendre dire ensuite que "ne plus se faire avoir" revient à choisir la caisse unique: vous foncez tête baissée de Charybde en Scylla - vers un système qui ruine toutes les sociétés où il est mis en œuvre!

J'ai presque envie que l'initiative passe pour voir la déconvenue des naïfs alors que la gentille caisse unique impose à son tour une hausse de prime annuelle de X%-et-vous-n'avez-pas-le-choix (un peu dans le style annuel des CFF) mais malheureusement il n'est même pas certain qu'ils en tirent les conclusions qui s'imposent.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 août 2014

Encore un bon billet Merci.

" Qu'obtiendrions-nous alors? Une baisse nette de 5% des primes d'assurance-maladie. "

Ce serait naïf de le croire. C'est 5% total des coûts. Donc 5% de l'augmentation de votre prime par ex Si votre prime augmente de 10%.

" De quoi le système de santé suisse a-t-il besoin? D'une meilleure gestion, de plus de concurrence, de plus d'ouverture, de plus de flexibilité - en un mot, de plus de liberté. Liberté laissée à chacun de contracter une assurance selon les modalités qui lui conviennent, de se constituer un capital-santé pour ses vieux jours, de se faire soigner à l'étranger, d'accepter ou non un réseau de soin, de mettre la franchise aussi haut ou bas qu'il ou elle le souhaite et non selon des paliers rigides, etc "

C'est exactement ça. Dans une société libre on devrait toujours avoir le choix des ses assurances et le choix de payer en fonction de se que l'on veut en retour comme prestations remboursées.

Vous auriez du rajouter dans votre billet pourquoi la gauche a fait tout un foin concernant les assureurs qui font de la propagande " mensongère pour le non etc...etc...? Car c'est marrant que d'entendre la gauche craindre cette propagande dite " mensongère des caisses maladies ". On se demande de quoi ont-ils peur les socialistes vu que pour eux la caisse unique est quelque chose de si merveilleuse. ça devrait tomber sous le bon sens de voter pour. Et également pourquoi vouloir la rendre obligatoire si c'est si merveilleux. On devrait même pas dire aux gens de s'assurer à la caisse unique ils le feraient automatiquement.

@ Roket,

" Dans un monde parfait, la société libérale marchent sans règle, mais l'Homme a toujours cherché à être à la limite, à tricher, etc..Et donc ce système ne marchera jamais. "

Votre vision du libéralisme est totalement biaisée. Le libéralisme fonctionne avec des règles. Mais avec des règles qui doivent rester toujours prévisibles et qui ne changent pas tout les 6 mois par des lois. Dans une société libérale c'est la présence d'un état qui garantit vos libertés à la différence d'un état socialiste qui veut tout gérer a votre place.

D.J

Écrit par : D.J | 23 août 2014

On parle ici et ailleurs de 5% de frais administratif. Mais d'où sort ce chiffre ? Les caisses-maladies n'ont jamais voulu divulguer leurs comptes. Donc il faut les croire sur parole.

Je trouve ça marrant, M.Montabert, quand vous faîtes la liste des dysfonctionnements de la "bureaucratie d'Etat". Comme si dans le privé, il n'y avait pas de copinage, etc, etc.

Mais ce que vous souhaitez, et vous le dîtes fort clairement, c'est la liberté de contracter. "Que chacun s'assure selon ses besoins et ses possibilités financières" pour vous résumer. Sauf que la santé n'est pas un pot de moutarde. On ne choisi pas les maladies qu'on va avoir. Dans votre doux rêve (le vôtre, pas le mien) de liberté de contracter, que ferez-vous des gens pauvres qui auront une maladie dont le traitement est couteux? Aujourd'hui, avec ou sans caisse unique, ils peuvent être pris en charge car les bien-portants paient solidairement leurs primes. Mais dans votre rêve ?

Écrit par : Fufus | 23 août 2014

@Fufus: L'Etat contrôle en détail la situation de chaque caisse dans le cadre de révision des comptes donc je n'ai pas de raisons d'en douter. Je ne sais pas d'où vous sortez que les caisses ne divulguent pas leur comptabilité, sauf peut-être au citoyen lambda.

Je vous accorde volontiers que cela ne révèle pas les subtiles différences entre les caisses.

Dans le privé il y a bien sûr de la bureaucratie et du copinage, mais cela n'a pas grand-chose à voir: une société privée a une obligation d'efficacité et d'image dont l'Etat n'a que faire. L'Etat est en plus d'une bienveillance écœurante envers ses propres services (pas besoin de vous faire une liste des scandales récents qui se terminent par une simple "réprimande" voire rien du tout...) Et enfin, un assuré peut changer de caisse s'il en est trop dégoûté, alors que changer d'Etat c'est plus compliqué...

Enfin, je ne vois pas l'intérêt de discutailler de mon "doux rêve" tellement c'est hors-sujet vis-à-vis du contexte actuel. Plutôt que d'engager la conversation sur des chimères, évoquons simplement la situation d'assurance non-obligatoire qui a prévalu jusqu'à l'instauration de la LAMal en 1996: il ne me semble pas qu'alors les gens en Suisse mouraient devant la porte d'entrée des hôpitaux faute d'assurance.

Mais je me trompe sûrement, et vous allez me fournir les gros titres de toutes ces horribles histoires de l'époque.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 août 2014

" Je ne sais pas d'où vous sortez que les caisses ne divulguent pas leur comptabilité, sauf peut-être au citoyen lambda "

Parce que l'on répète mille fois un mensonge qu'il devient une réalité. Celle que dit qu'il n'y a aucune transparence dans les caisses maladies.

@ Fufus,

" Sauf que la santé n'est pas un pot de moutarde. On ne choisi pas les maladies qu'on va avoir. Dans votre doux rêve (le vôtre, pas le mien) de liberté de contracter, que ferez-vous des gens pauvres qui auront une maladie dont le traitement est couteux? "

Mais on pourrait au moins choisir de prendre en charge les petits bobos qui sont actuellement couvert par l'assurance de base en échange d'avantage financière. C'est aussi cette solidarité obligatoire qui fait que l'on oblige à tout le monde à faire payer à toute la collectivité les pommades à 2 balles, les rhumes voir même une simple grippe de 5 jours.

La liberté dans l'assurance maladie c'est aussi de pouvoir choisir de pouvoir payer moins cher ses primes d'assurance par une bonne hygiène de vie et de mettre face à leur propre responsabilité ceux qui se foutent de leur santé en étant ivre du matin au soir en plus d'être au social sans travailler et d'être subventionné pour payer moins cher leur prime sur le dos des autres.

Dans l'absolu on ne choisit peut-être pas ses maladies mais on choisi bien souvent par des comportements ( tels fumer, mal se nourrir, se droguer, s'enivrer quotidiennement, jamais faire de sport etc... ) de faire en sorte qu'on tombe plus facilement malade.

J'irais pas jusqu'à souhaiter qu'une catégorie de personne ne soit plus couvert médicalement pour des comportements irresponsables et à risque mais il faut accepter que la solidarité doit aussi avoir certaines limites.

Quand vous gueulez que vos primes maladies augmentent chaque année demandez vous aussi pour qui vous les payez en partie.

D.J

Écrit par : D.J | 23 août 2014

Quand on voit comment ça se passe avec la Suva, l'assurance-chômage, l'assurance incendie...

On aura droit à être malade que de bonnes maladies bien politiquement correctes ainsi qu'aux grimaces des frustré(es) aux guichets, comme chez l'oncle Paul ou aux impôts. Sans compter la généralisation du "tapez un", "tapez deux", "tapez trois"...

Écrit par : petard | 24 août 2014

@ petard : excellente idée de prévoir un catalogue de maladies politiquement correctes devrons-nous avoir ... pour ne déranger personne en fin de compte : ni le personnel médical, ni le personnel des caisses, ni le personnel des pharmacies et les employeurs seront contents : plus d'absences le lundi !

Écrit par : MBA | 24 août 2014

petard @ Et parler schwiizertütsch, ce serait remboursé par l'assurance de base ?

Écrit par : Géo | 24 août 2014

Vous avez en même temps une très mauvaise opinion du fonctionnement de l'appareil étatique et lui faîtes une confiance aveugle concernant le contrôle des comptes des caisses-maladie ? C'est illogique.

Me Poggia, avant de devenir conseiller d'Etat du canton de Genève, a tenté de faire contrôler l'augmentation de sa prime 2001. Il s'ensuit un parcours juridique que seul un avocat peut tenter: il a dû allé jusqu'au TF, en 10ans de procédure, pour que TF somme le Groupe Mutuel de transmettre ses comptes à la justice. La caisse s'est-elle executée depuis ? J'ai des doutes..

http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2008/12/14/assurance-maladie-apres-la-deprime-des-subprimes-la-prime-au.html

http://www.rts.ch/info/suisse/1053579-maitre-poggia-force-le-coffre-du-groupe-mutuel.html

Mauro Poggia, fin connaisseur du système des caisses-maladie, est pour la caisse unique. Selon lui, le contrôle de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur les caisses de l'assurance maladie en Suisse est inefficace et impossible vu le nombre de caisses, de primes et de cantons.

Concernant la situation à l'époque "pré-Lamal". Non, je n'ai pas de gros titres sous le coude à vous fournir. Pensez-vous pour autant que de telles affaires puissent faire les gros titres ? On en reparlera en temps utiles.

Écrit par : Fufus | 24 août 2014

DJ:"Quand vous gueulez que vos primes maladies augmentent chaque année demandez vous aussi pour qui vous les payez en partie."

Pour les patrons des caisses-maladie et indirectement pour leurs ferraris ? ;)

Écrit par : Fufus | 24 août 2014

Pour les patrons des caisses-maladie........ et pour pas mal de médecins étrangers (belges) qui ont trouvé la bonne affaire ici en Suisse.

Des opérations à la chaîne; une petite verrue sur le nez; bien sûr tout de suite un cancer, résultat : 6'000.-- l'opération ambulatoire et 4 x 380.--
pour les rendez-vous pré et post opératoires. Tout ceci à la charge de la caisse moins les 10%. Dans la plaine et au coude du Rhône!

C'est comme la pluie qui gonfle le Rhône, eux ils gonflent leurs portefeuille tout en critiquant, devant leur patient, ces valaisans qui sont des durs à cuire mais qu'on a à la longue!

Écrit par : Corélande | 25 août 2014

" Pour les patrons des caisses-maladie et indirectement pour leurs ferraris ? ;) "

On ne saura vous répéter sans cesse que les coûts hors remboursement des soins se montent aux grand maximum qu'à 5%. Maintenant sachez aussi que les caisses maladies n'ont pas le droit de faire des bénéfices sur l'assurance de base obligatoire. C'est la loi qui l'oblige. Donc la Ferrari que se paie le directeur ne vient pas de vos primes maladies mais plutôt des secteurs rentables comme les assurances maladies complémentaires et autre assurances non maladie que gèrent les cie d'assurance.

Par contre vous payez bien une partie vos primes en solidarité aux alcoolos et toxicos de service qui n'en fout pas une de la journée en vivant sur le dos de la collectivité ( AI + subsides pour leurs primes maladie ).

D.J

Écrit par : D.J | 25 août 2014

"les coûts hors remboursement des soins se montent aux grand maximum qu'à 5%." Ben peut-être, mais il y a les 12'000 postes en trop, 1 milliard de salaires inutiles...
Je ne suis pas monstre convaincu par les arguments de Stéphane Montabert. Le reproche principal fait au système actuel, expliqué ce matin une fois de plus par Maillard, c'est l'exclusion des mauvais risques entre les caisses privées, et la chasse aux bons risques. Avec le Graal, la liberté de contracter et avec les clients - donc de refuser les vieux, les malades chroniques, les alcolos, ceux qui ne mangent pas 5 légumes ou fruits par jour, ceux qui ne font jamais de sport. Quelque part, cela m'irait bien, sauf un léger détail : comme tout le monde, je vieillis...
Et avec les médecins : trop consciencieux ? Dehors !
Ce n'est pas de la concurrence au sens propre, c'est du foutoir économique. Ce qui explique ce manque total de transparence. Genre tous ces petits vendeurs en Afrique qui font des files épouvantables dans le super-marché, empêchant les clients normaux de faire leurs courses dans des conditions satisfaisantes, et qui dehors s'alignent pour revendre ces marchandises avec un petit bénéfice. Du parasitisme, qui nécessite pour les caisses ces milliers d'emplois en trop (c'est économie suisse qui le dit, n'oubliez pas !).
La droite est en train de confondre libéralisme et gangstérisme. Al Capone est un entrepreneur privé, mais pas un exemple à suivre...
De plus, tous les arguments sortis par les opposants à l'initiative sont mensongers. Ce qui est décevant, c'est la réaction des Suisses allemands, pour une fois, parce qu'en général ils sont pleins de bon sens...

Écrit par : Géo | 25 août 2014

"On ne saura vous répéter sans cesse que les coûts hors remboursement des soins se montent aux grand maximum qu'à 5%"

Vous l'avez calculé vous-même ce 5% ? Non, vous répétez ce que disent les caisses-maladie et c'est leur intérêt de minimiser ce chiffre, surtout dans la campagne actuelle.

"Maintenant sachez aussi que les caisses maladies n'ont pas le droit de faire des bénéfices sur l'assurance de base obligatoire. C'est la loi qui l'oblige."

Oui, mais vous savez, il peut être écrit plein de choses dans la loi. Mais s'il n'y a pas de contrôles, des gens qui vérifie sérieusement que cette loi est respectée, autant pisser dans un violon, ça fera plus d'effet. L'OFSP est censé vérifier les primes pour chaque canton et chaque caisse chaque année. Le fait-il vraiment ? Dans quelles conditions (c'est à dire, quels sont les chiffres qui lui sont donnés) ? Avez-vous une confiance aveugle dans cet office étatique au point de pouvoir affirmer que ces contrôles sont valables, lorsque l'on sait que les caisses-maladie freinent des quatre fers lorsqu'il s'agit d'être contrôlées par une instance autre que l'OFSP (cf mon commentaire ci-dessus) ?

Concernant la solidarité des primes: bien-sûr qu'il y a des abus. L'essentiel est de les combattre, par des contrôles.

Écrit par : Fufus | 25 août 2014

" Vous l'avez calculé vous-même ce 5% ? Non, vous répétez ce que disent les caisses-maladie et c'est leur intérêt de minimiser ce chiffre, surtout dans la campagne actuelle. "
@ Fufus,

" L'OFSP est censé vérifier les primes pour chaque canton et chaque caisse chaque année. Le fait-il vraiment ? Dans quelles conditions (c'est à dire, quels sont les chiffres qui lui sont donnés) ? Avez-vous une confiance aveugle dans cet office étatique au point de pouvoir affirmer que ces contrôles sont valables "

Vous voilà en pleine contradiction.

Si l'OFSP n'est pas non crédible à vos yeux en matière des chiffres sur les coûts de la santé comment pouvez-vous alors faire confiance à une caisse unique tenue par l'état? Vous réussissez nous demandez si on une confiance aveugle à cette office étatique? c'est l'hôpital que se fout de la charité. C'est pourtant vous qui voulez que l'on mette l'ass. maladie entre les mains d'offices étatiques.

" Vous l'avez calculé vous-même ce 5% ? Non, vous répétez ce que disent les caisses-maladie et c'est leur intérêt de minimiser ce chiffre, surtout dans la campagne actuelle. "

Et vous vous répétez bien tout ce que dit Poggia car c'est dans son intérêt de vous faire gober que la "merveilleuse " caisse unique est la solution.

" Concernant la solidarité des primes: bien-sûr qu'il y a des abus. L'essentiel est de les combattre, par des contrôles. "

Je parlais de solidarité avec des gens qui abusent légalement.

@ Géo,

Maillard peut raconter ce qu'il veut. La chasse au bon risque n'est que limitée vu que l'assurance de base est obligatoire et qu'aucune caisse ne peut refuser un client peu importe son état de santé. Maintenant Maillard comme tout bon socialiste choisit comme toujours ce qui n'a jamais fonctionné nulle part. L'étatisation de l'assurance maladie est partout des gouffres à milliards, baisse de la qualité des soins, attente interminable pour de simples opérations etc...

Le système actuelle est loin d'être libéral puisque tout est régi par l'état. Ce ne sont pas les caisses maladies qui font coûter cher la santé mais les gens malades qui se font soigner. La caisse unique c'est simplement vouloir cacher la merde au chat.

D.J

Écrit par : D.J | 25 août 2014

«Et parler schwiizertütsch, ce serait remboursé par l'assurance de base ?»

C'est pas le schwizertütsch le problème... mais c'est le français + le résiduel de schwizertütsch... qui donnent cet accent de "cabane au fond du jardin"...

...c'est comme le parmesan sur les spaghettis... (presque) tout le monde fait, même si ça pue.

Écrit par : petard | 25 août 2014

DJ@ "Le système actuelle est loin d'être libéral puisque tout est régi par l'état." Mais tout est là ! Tout est PRESQUE régi par l'état. Manque un petit petit détail : la compta...
Avec les mêmes prémisses, vous arrivez à une conclusion bizarre. C'est un peu comme avec l'impérialisne américain...

Écrit par : Géo | 26 août 2014

Comme le dit Géo c'est le foutoir qui permet "aux acteurs" d'en profiter un maximum.
La meilleure solution sera la radiation de l'obligation de s'assurer pour la maladie (Lamal). Chacun prendra ses responsabilités, et de n'avoir que le secteur hospitalisation qui soit obligatoire.

On voit des abus dans tous les domaines, les patients, les toubibs, les pharmacies, les assureurs c'est cela qui gonfle la prime de tous au final!

Écrit par : Corélande | 26 août 2014

Comment expliquer que personne ne conteste le fonctionnement de l'AVS qui permet un financement proportionnel au revenu et qui refuse une solution similaire pour la santé.

Il faudra bien un jour se pencher sur la question. La Suisse, qui se targue d'avoir un des meilleurs systèmes de santé du monde sinon le meilleur (!), devra bien un jour cesser de se voiler la face et se demander si la solidarité consiste à surcharger les petits revenus avec des cotisations exorbitantes tout en permettant aux gros revenus de continuer à s'offrir des complémentaires.

Contrairement à ce que l'on entend trop souvent, la santé n'est pas un problème de responsabilité personnelle, c'est une question de solidarité nationale. Et si la solidarité se délite, on "court lentement mais surement" vers un système à deux vitesses. Est-ce cela la responsabilité personnelle ?

Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

Écrit par : Michel Sommer | 27 août 2014

@Michel Sommer: L'AVS est une solution intenable qui est en faillite à peu près partout où il est en place, du fait de la simple évolution démographique. Et c'est votre modèle pour la santé? Brillant.

Quant à votre question je peux vous répondre: l'assurance-santé est comme son nom l'indique, une assurance. En ce sens elle sert à assurer le risque envers une chose - la chose étant ici le corps de l'assuré. Un corps vivant, une assurance. Nous avons grosso-modo tous le même organisme, un coeur, deux poumons, deux bras, deux jambes. Alors pourquoi un "riche" devrait-il payer davantage? Plus de bras, de jambes, d'oreilles? Il n'y a aucune raison de le faire, sauf à excuser ce vol à la tête du client au prétexte que le (sale) riche a plus d'argent.

Je vous rassure, ce mécanisme existe déjà puisque les cantons, c'est-à-dire les contribuables, payent les primes d'assurance des plus pauvres, lesquels n'ont donc aucune excuse pour ne pas être aux petits soins, si j'ose dire.

Mais transformer de fond en combles une assurance en impôt - ce que vous proposez - n'est rien d'autre qu'une refonte totale du système, que le peuple suisse a déjà rejeté à plusieurs reprises. Et si ça passe, vous courez toujours le risque de manquer de riches.

Notez qu'en France même les cotisations sociales comptent pour 37% du salaire réel d'un SMICard, qu'on peut difficilement compter comme riche. Mais c'est aussi le problème dès lors qu'on prétend faire payer les riches: on est toujours le riche de quelqu'un d'autre.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 août 2014

"Comment expliquer que personne ne conteste le fonctionnement de l'AVS qui permet un financement proportionnel au revenu et qui refuse une solution similaire pour la santé."
Mais quelle bonne idée, une fois de plus, Michel Sommer ! Proposons directement qu'en fait les riches paient TOUT en fonction de leurs revenus. Comme ça il n'y aura plus de riches et vous et les vôtres pauvres et malades serez enfin satisfaits...

Écrit par : Géo | 27 août 2014

Cher Monsieur,
Tout d'abord merci d'avoir pris la peine de répondre. Même en cas de désaccord, cela vaut toujours la peine de préciser sa pensée.
A mon tour de vous préciser mon opinion. Contrairement à ce que vous affirmez, l'AVS n'est pas en péril. Et même avec une évolution démographique défavorable (que l'initiative Ecopop veut d'ailleurs amplifier !), il est loin d'être impossible d'y apporter des correctifs. Cela dit, je ne cherche pas à être brillant comme vous le suggérez. Non ! Juste à la recherche de solutions pour l'assurance-maladie. Et comme le système actuel ne fonctionne pas et qu'il constitue une charge extrêmement lourde pour de nombreuses familles, il faut bien essayer d'explorer d'autres voies.

J'en viens maintenant à votre argument consistant à dire que les personnes sont toutes constituées de la même manière : bras, poumons, etc. C'est objectivement vrai. Ce qui est également objectivement vrai, c'est que nous ne sommes pas égaux devant la maladie et que dans une société policée comme la nôtre, nous sommes encore - Dieu merci - mus, en grande partie, par les principes de solidarité. Et ne vous en déplaise, c'est exactement ce qui concours à faire de l'AVS un système qui présente la plus grande justice possible : tout le monde reçoit, en principe, des rentes identiques et chacun paie selon sa capacité contributive. Voilà ce que j'appelle de mes vœux pour la santé.
Je reviens une seconde sur les organes qui nous constituent. Vous en avez oublié un essentiel : le cerveau. J'essaie de m'en servir au mieux. Et justement il me dit que la santé n'est pas une affaire individuelle. Et si vous étudiez l'histoire de ce secteur, vous constaterez que les corporations d'artisans disposaient de fonds de secours lorsqu'un des leurs était empêché de travailler par suite de maladie. Jusqu'à un passé récent, on a appelé cela - à juste titre - des sociétés de secours mutuels. L'individualisme forcené que nous vivons essaie de nous faire croire que l'individu est maître de son destin et qu'il n'a qu'à se débrouiller tout seul. Ce n'est pas ma vision des choses. Je dis simplement qu'il faut mettre en place un système qui permette une meilleure répartition des charges qui pèsent sur les familles. A aucun moment je n'ai parlé d'impôt nouveau ! Plutôt que de s'arc-bouter sur des positions qui deviennent insoutenables, ne vaudrait-il pas mieux discuter le problème dans son ensemble et appliquer une solution qui emporte une adhésion aussi large que possible. Je peine franchement à comprendre pourquoi les assurés se plaignent du système actuel et quand on leur propose une solution différente, ils préfèrent le statu quo.

Cela dit, je précise et je l'ai déjà écrit ailleurs, la caisse unique n'aura probablement aucune influence majeure sur les cotisations des assurés. Le seul point positif que j'y vois serait - peut-être - d'avoir une meilleure transparence dans le fonctionnement des caisses ce qui permettrait, a contrario, de (dé)montrer que les "coupables" ne sont pas forcément là où on les pointe du doigt !...Ce serait un début.

Les cotisations ne seront alors que le reflet des coûts ... et ils continueront leur ascension vertigineuse. Prétendre le contraire relève, dans le meilleur des cas, d'ignorance et dans le pire, de tromperie.

La santé n'a pas de prix mais elle a un budget.
Je vous remercie de votre attention

P.S.: Je n'ai rien à répondre à Géo, qui à défaut d'avoir des idées, aime bien me brocarder systématiquement chaque fois que j'interviens sur un blog, dans un style qui n'appartient qu'à lui. J'ai l'habitude et ça ne m'émeut guère. A défaut d'avoir des idées, il a un pseudo. C'est mieux que rien.

Écrit par : Michel Sommer | 28 août 2014

Les commentaires sont fermés.