01 octobre 2014

Pour quelques milliards de plus

La dette française a atteint 2000 milliards d'euros, un symbole dont le gouvernement se serait bien passé.

Si François Hollande se dit inquiet et déterminé - et ce n'est même pas une plaisanterie - le président fait aussi preuve d'une certaine hypocrisie. La tendance est connue depuis fort longtemps et on ne peut décemment imaginer qu'il n'ait pas été au courant. Selon l'Institut Montaigne, le montant avait été atteint au mois d'août dans l'indifférence générale, vacances obligent. Aujourd'hui la nouvelle vient du très officiel INSEE, l'institut français de la statistique, et ne peut donc plus être ignorée.

Cela équivaut à 95,1% du PIB, les critères de Maastricht - 60% - ont été explosés depuis longtemps. Les 100% du PIB, un autre symbole fort, seront franchis dans un an ou deux.

france,dette,failliteUne dette élevée n'est pas forcément un problème fatal si elle est aussi stable ; le gouvernement a alors une petite marge de manœuvre pour tenter de dégager un bénéfice primaire et essayer de réduire cette dette, fut-ce lentement.

Ce n'est pas le cas de la France. Celle-ci emprunte déjà aujourd'hui pour payer les intérêts. La dette française se creuse donc sous son propre poids.

La situation correspond donc à une accélération du processus - ce n'est pas pour rien que l'on parle de la "spirale" de l'endettement. Et bien sûr, depuis des décennies, aucune volonté politique n'est jamais venue pour tenter de tenir le budget de l'Etat. Il est tellement plus facile d'être populaire en achetant des électeurs avec de l'argent qu'on n'a pas!

La dette publique française se situait à 12% du PIB en 1974. En 1981, à la veille du passage "de l'ombre à la lumière" avec l'élection de François Mitterrand, elle était à 20%. En 1994, celle-ci atteignait 50%. La progression se fit à un rythme plus lent pendant quelques années grâce à un cycle mondial plus dynamique ; mais le mouvement ne s'arrêta pas et la dette dépassa les 60% du PIB, la fameuse limite du critère de Maastricht, en 2002. Douze ans plus tard nous en sommes désormais à 95%.

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Une autre façon de réaliser la progression de cette dette est à travers son montant, aujourd'hui 2000 milliards d'euros. Sachant que la Ve République française a été fondée en 1958, quand la France en était-elle endettée à hauteur de 1000 milliards d'euros (ou équivalents)? Quelque part à mi-chemin entre 1958 et 2014, pensez-vous peut-être? Vous n'y êtes pas. Le cap des 1000 milliards d'euros fut franchi en 2004.

La dette publique française a doublé en seulement dix ans.

Poursuivons notre réflexion. Quel sera le niveau de la dette dans dix ans? Trois mille milliards, selon une évolution linéaire? Quatre mille milliards, selon une progression géométrique? Bien malin qui peut le dire. Mais selon moi ces estimations sont de toute façon fausses, car les montants n'obéiront pas à de simples règles mathématiques. Il est plus que probable qu'il se passe quelque chose durant les prochaines années - et tout porte à croire que ce ne sera pas joli-joli.

Ne vous laissez pas leurrer par le calme apparent de la surface ou les taux d'intérêt rassurants (et manipulés) auxquels la France parvient à emprunter sur les marchés financiers. La dynamique du système est instable. Tout pourrait basculer très vite à n'importe quel moment - encore plus aujourd'hui, alors que l'endettement français repose essentiellement sur la confiance.

Depuis des décennies les libéraux tentent d'alerter l'opinion sur les dangers de la dette publique, dans l'indifférence générale et les ricanements de mépris d'une classe politique accro au Keynésianisme. Les dénégations et les sautes d'humeur n'empêcheront pas la vague de la dette de tout emporter sur son passage.

Je fais partie des déçus de François Hollande mais pour des raisons probablement différentes du plus grand nombre. "L'expérience empirique montre que lorsque la rigueur survient, un président et un gouvernement de gauche sont plus à même de faire passer la pilule des réformes auprès de leurs administrés", écrivais-je à la veille du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, plein d'espoir naïf. J'imaginais que François Hollande aurait peut-être, au pied du mur, la stature d'un véritable homme d'état capable de faire les douloureuses réformes que d'autres se contentent formuler timidement, et uniquement lorsqu'ils sont dans l'opposition.

Mais depuis nous avons vu de quoi était capable François Hollande: de rien. L'énergie de l'homme est entièrement tournée vers la communication, la gestion de crise et le placement de ses pions pour donner le change et espérer conserver le pouvoir en 2017.

Ce qui doit donc arriver arrivera.

Commentaires

En quelles mains se trouve la dette française ? Chinoises ? La dette cheval de Troie pour une prise de contrôle de l'Europe contre les manipulations américaines qui favorisent le terrorisme islamique au proche orient et provoquent des conflits avec la Russie ?

Écrit par : Géo | 01 octobre 2014

2'030 milliards d'euros €, plus exactement.
Hier, 01.10.2014, dans l'émission "C dans l'air"/France5, Marc Fiorentino a fait une déclaration CHOC !!! une de ses affirmations qui vous font déguerpir vite fait bien fait, comme Depardieu & co.

Ceux qui prêtent à la France, lui prêtent parce que : attention !!! : les citoyens français ont une fortune de 12'000 milliards accumulée sur les comptes bancaires, assurances vie, etc.

Donc, (il continue), il suffit pour l'état français (vampire) de se servir aux alentours de 10% sur les économies des français !!!

Personnellement, je comprends bien mieux (cela ne date pas d'hier), le désir du citoyen français de s'expatrier au plus vite.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fiorentino

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 02 octobre 2014

@Victor-Liviu DUMITRESCU: tout à fait, pareilles "mesures d'urgence" pendent au nez des Français.

@Géo: "En quelles mains se trouve la dette française ?" selon un article du Monde de 2011 ( http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/08/10/a-qui-appartient-la-dette-de-la-france_1558009_823448.html ) la dette française était détenue à l'époque à plus de 65 % par des "non-résidents" français:

"Le terme de "non-résidents" recoupe une série d'acteurs : fonds de pension, grandes banques, compagnies d'assurance, fonds souverains... Il est impossible de savoir précisément quel pays possède le plus : la loi interdit la divulgation de cette information, à part aux vendeurs eux-mêmes. Ce qui pose question : la provenance des possesseurs de dette revêt en effet un caractère de plus en plus crucial."

Donc, en réalité, on l'ignore. C'est un peu comme le jeu des chaises musicales: on ne sait vraiment qui s'est fait attrapper que lorsque la musique s'arrête. Une bonne partie de la dette est détenue par les Français eux-mêmes à travers des produits financiers dont ils ignorent probablement les mécanismes ; une autre est détenue par des étrangers comme des fonds de pension suisse (2e et 3e piliers!) des banques, etc.

Quant à la dette "cheval de Troie" vous me faites bien rire: chaque centime de la dette publique correspond à l'action des politiciens, jusqu'aux prêts forcés qu'ils parviennent à obtenir aujourd'hui pour faire perdurer le système. Et qui tient le couteau? Celui qui a prêté et attend désespérément le retour de son argent, ou celui qui choisit ou non de rembourser?

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 octobre 2014

Sa Majesté, Christian Levrat, faiseur de Rois, ne veut pas de la présence simultanée de 2 PLR et 2 UDC ...
Mais ? Pour qui se prend-t-il ?
Ne faut-il pas obéir au Peuple Souverain ?

http://www.tdg.ch/suisse/ps-appuiera-nouveau-eveline-widmerschlumpf/story/31287323

Pardonnez mon commentaire placé ici, je ne sais pas où le placer ailleurs, mais quand même sur votre blog.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 02 octobre 2014

@Victor Dumitrescu le peuple souverain? il faudrait déjà qu'il connaisse tous ses droits
La majeure partie des citoyens ne voient même pas les nombreux abus de droits auxquels ils sont conviés malgré eux
Un simpl exemple pour ne pas prendre toujours le même depuis 2008/grrrr
soit l'interdiction de fumer dans les lieux publics !
Il n'y a aucun texte dans la Constitution Helvétique qui interdit de fumer
et il n'y a non plus aucun texte stipulant qu'un parti ou un autre à le droit de peser vos déchets pour ensuite faire la morale au peuple
Alors si le Roi de Hollande est hypocrite il peut être rassuré la Suisse a aussi les siens
Mais en bon lion qui a besoin de son harem pour se sentir bien gageons que Monsieur Hollande comme beaucoup d'autres a plus d'un tour dans sa manche et que lui comme beaucoup d'hommes nés la même année adore se faire remonter les bretelles/ils sont nombreux à l'affirmer il parait que ce besoin de se faire bousculer leur donne des envies de briller deux fois plus quitte à dire ou faire n'importe quoi tant que cela fait jaser c'est bon pour leur égo

Écrit par : lovsmeralda | 02 octobre 2014

Désolé, j'ai encore une histoire que je ne sais pas où placer.
L'UDC est en perte de vitesse.
Oui ? Merci d'en faire un maximum de publicité gratuite, une année avant les élections fédérales.
Quelle chance.
Les électeurs UDC, vont voter avec encore plus de conviction, pour maintenir le parti sur la plus haute marche du podium.

http://www.tdg.ch/suisse/elections-federales-udc-serait-perte-vitesse/story/27679276

Qu'est-ce qu'ils sont cons ces journalistes.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 03 octobre 2014

Adèle Thorens, poids lourd de la politique suisse, veut une alliance contre l'UDC/SVP.
Va-t-elle y arriver ?
Ce n'est jamais bon de s'attaquer à l'UDC.
C'est la tentative qui compte.

http://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/2014/10/4/adele-thorens-milite-pour--une-union-entre-les-par.html

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 04 octobre 2014

"Adèle Thorens, poids lourd de la politique suisse"
Victor, votre sens de l'humour me dépasse un peu, parfois...

Écrit par : Géo | 04 octobre 2014

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