20 octobre 2014

Quand les donneurs de leçon n'aiment plus les étrangers

L'EPFL aimerait bien introduire des quotas d'étrangers.

Reformulons: l'EPFL, école d'élite ouverte sur le monde etc. etc., pour laquelle la Suisse est un modeste reliquat du passé et les frontières un carcan dont il faut s'affranchir, dirigée par l'éminent parachuté Patrick Aebischer, lequel n'hésita pas à exprimer dans les journaux toute son "amertume" après un vote du 9 février qui le laissa "furieux et abattu", prêt à lutter contre les "arguments populistes de l'UDC"... Bref, on pourrait continuer longtemps! Eh bien cette EPFL-là, dirigée par ces gens-là, demande, réclame même, l'instauration de quotas pour les inscription d'étudiants étrangers.

Dit comme cela, on comprend mieux l'ampleur de la nouvelle.

Celle-ci fut d'ailleurs révélée en premier par la Schweiz am Sonntag, un quotidien alémanique. On devine que l'EPFL n'était pas trop fière de son changement de cap - un peu comme un prêtre avouant à ses ouailles qu'il a contracté la syphilis - et n'alla pas le clamer sur tous les toits, mais juste auprès des instances concernées, au Département Fédéral de la Formation à Berne. Instances auprès desquelles se renseignent aussi quelques journalistes du cru. Et évidemment l'information de finir par revenir en Romandie... Même au journal télévisé s'il vous plaît!


La nouvelle a de quoi surprendre, annonce la présentatrice...

"L'école polytechnique fédérale de Lausanne souhaiterait donc pouvoir limiter le nombre d'étrangers dès la première année, si besoin, car avec dix mille étudiants elle est victime de son succès", nous explique-t-on. Tout parallèle avec un pays doté d'un drapeau rouge à croix blanche est purement fortuit.

Le plus savoureux est évidemment d'entendre la justification avancée par le président de l'EPFL, joint au téléphone par une journaliste ; en voici la transcription:

"Je suis totalement contre les contingentements mais aujourd'hui si on laissait ouvert les vannes on pourrait avoir trente mille étudiants sur le campus... Il y a une limite à avoir, aujourd'hui [l'université de] Saint-Gall limite à 25% d'étudiants étrangers, ça c'est la réalité. Donc je crois qu'il y a un moment si vous voulez où vous devez trouver des équilibres et 50% me paraît être un bon équilibre..."


Patrick Aebischer a sans doute beaucoup pleuré, il s'est flagellé à de nombreuses reprises, il a perdu l'appétit et ne demande des quotas que la mort dans l'âme, mais bon, il les demande tout de même. Je suis totalement contre les contingents, mais j'en veux pour l'EPFL.

C'est magnifique, magique. On reste interdit par une telle facilité verbale. On en perdrait sa novlangue!

Alors que l'Armée du Bien martèle jour après jour son amour pour le métissage, l'immigration, l'ouverture indiscriminée des frontières, passant comme chat sur braise sur les aspects les moins reluisants de l'afflux d'étrangers... L'EPFL semble, avec 52% d'étrangers, avoir heurté de plein fouet le mur de la réalité. Non, il n'y a pas de place pour tout le monde. Et même la mise en place d'une immigration choisie - que l'EPFL pratique en recrutant sur dossier - ne suffit pas!

La tolérance ne serait-elle donc qu'une question de proportion?

Commentaires

L'EPFL veut peut être montrer aux Politiciens qu'elles prend certaines choses très au sérieux surtout si l'on songe aux intrusions de profs scientologues au sein de Gymnases en Romandie et qui en 2006 étaient dénoncés par les parents eux-mêmes ayant pris conscience du danger que leurs enfants encouraient

Écrit par : lovsmeralda | 20 octobre 2014

Excellent rapprochement. On se félicitera cependant que l'EPFL ait fini par prendre la mesure du problème, et à réclamer pour elle-même des mesures aussi répugnantes. Après tout, elle aurait pu continuer à pratiquer ce qu'elle prêche.

Écrit par : Robert Marchenoir | 20 octobre 2014

Effarant en effet! Pour ceux qui ont encore en tête les propos tenus par ce monsieur Aebischer à infrarouge avant, ou après la votation du 9 février peuvent se tordre les méninges, mais cela ne sert à rien!

Nous avons des médias et des détenteurs-de-droit-d'audience, de la plus grand malhonnêteté. Des manipulateurs patentés et se foutant royalement des Contribuables Suisses qui paient sur leurs impôts annuels pour assurer des
revenus magistraux pour ses nases!

Plus aucune crédibilité à ces gens-là, "car chez ces gens-là, môsieur, on pense pas.....on cause!" (Jacques Brel)

Écrit par : Corélande | 20 octobre 2014

Les étudiants étrangers coutent de l'argent, donc normal de donner une limitation, les travailleurs étranger participent à la richesse du pays, donc le débat est ailleurs.
Un manque de discernement typique à l'UDC qui ne comprend pas la différence!

Quant aux métissage.....!!!!¨
La majorité des étrangers sont européens, à moins que vous considérez les allemands, français dont vous, comme élément de métissage ?!
Si on remonte dans le temps, qu'est-ce qui nous différencie de nos voisins ? Rien, ils étaient celte ou germain, comme nous. Les celtes suisses et germains suisses se mélangent avec des celtes allemands et germains allemand, quel métissage !!

Écrit par : roket | 22 octobre 2014

@roket: vous me décevez, j'aurais pensé plutôt que vous me sortiriez un discours à base de "les étudiants d'aujourd'hui sont les richesses de demain" ou quelque chose du genre, qui aurait eu au moins un fond de vérité.

Encore plus amusant, en geignant que les étudiants EPFL viennent surtout d'Europe et ne participent "donc" pas au "métissage" (pas assez exotiques à vos yeux racistes anti-blanc sans doute?) vous ne faites que rendre le discours de M. Aebischer encore plus intenable.

Quant aux étrangers qui participent à la richesse du pays en général, je suis content que vous ne mentionniez ni ceux qui remplissent nos prisons, ni ceux qui viennent en Suisse sans y travailler. Du coup ça nous laisse moins de la moitié du total. J'aimerais aussi que vous m'expliquiez pourquoi les villes avec les plus fortes proportions d'étranger sont aussi celles qui souffrent systématiquement du taux de chômage le plus élevé.

Mais quand on a un esprit keynésien tordu pour lequel la richesse égale la consommation et qu'on souscrit à plein au jeu de l'avion de la retraite par répartition, ma foi, on est prêt à toutes les compromission pour que le cirque continue.

Et vous-même, pour être si loin de la réalité, êtes-vous encarté au PS?

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 octobre 2014

Monsieur Montabert, êtes-vous au courant de ce qui suit et qu'elle incidence
avec la nécessité de la votation sur "l'or de la Suisse"?
Cela pourrait être un bon sujet....je vous laisse Juge!

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La BNS est donc connectée à la fameuse plateforme Target via le système euroSIC. Une connexion directe entre la Suisse et Target2 securities (T2S) est quant à elle prévue pour juin 2015 (7). Est-ce là le signe avant-coureur d’une adhésion à la zone euro prévue pour cette même date, la Suisse n’ayant plus alors qu’à officialiser son intégration de fait à l’UE?

Quoiqu’il en soit, la BNS indique la chose suivante au sujet des « Target 2 securities » – ou « T2S » – dans son glossaire:

« Le système T2S, qui devrait être opérationnel en 2015, permettra de réduire notamment le coût des opérations transfrontières en Europe. Jusqu’à nouvel avis, le franc ne sera pas proposé comme monnaie de règlement dans T2S. ».
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Écrit par : Corélande | 24 octobre 2014

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