12 novembre 2014

30 novembre: la campagne s'anime

Verrons-nous autre chose qu'un triple Non le 30 novembre? L'hypothèse est peu probable mais pourtant pas complètement à exclure. Tous les sondages ne sont pas dévoilés et certains électeurs ont déjà commencé à voter par correspondance! Un accident est toujours possible! Aussi, échaudés par de récentes surprises en votation, les médias et la classe politique prennent les devants.

swiss_gold.jpgAu sujet de l'initiative sur l'Or, le 20 minutes d'aujourd'hui propose ainsi une belle page de propagande - une interview de Thomas Jordan où le directeur de la BNS, le devoir de réserve dans la poche, lance un plaidoyer à charge contre l'initiative sans aucun contradicteur. Merveille du journalisme d'information!

On lit dans ses propos des perles de sagesse comme "Peu d'or n’a jamais été un problème lors d'une crise" et autres stupidités tellement consternantes qu'il faudrait les encadrer pour les ressortir lorsque la vraie crise de la monnaie fiduciaire aura éclaté. Dommage qu'à ce moment les Suisses aient d'autres chats à fouetter... Mais aucun doute que M. Jordan touchera son salaire mirobolant jusqu'à la dernière extrémité, peut-être même sous les applaudissements de ceux qu'il a déjà ruinés.

arc_lemanique.jpgL'initiative de la gauche contre les forfaits fiscaux donne en revanche lieu à une couverture médiatique plus étendue, avec pas moins de trois reportages d'une RTS qui semble pour une fois avoir retrouvé un semblant d'information équilibrée. Si le reportage à Kusnacht, commune emblématique de la Goldküste, 5 ans après l'abolition du forfait fiscal, laisse l'auditeur sur sa faim - on remarquera par exemple que les statistiques des rentrées fiscales dues aux forfaits fiscaux chassés de Zurich s'arrêtent fort opportunément à 2010 - il n'en est pas de même pour les deux autres sujets sur le thème.

Le grand public apprendra ainsi que de nombreux pays d'Europe ont déjà des formules financièrement aussi intéressantes que le forfait fiscal, offrant autant de point de chute pour les riches étrangers. S'ils souhaitent quitter une Helvétie devenue hostile pour eux ils n'auront pas à parcourir trop de kilomètres. Londres et la Belgique semblent des destinations privilégiées. Ceux qui pensent encore que la vie sur l'arc lémanique est une merveille inégalable devraient y songer à deux fois. Mention spéciale pour cette intervention de Linda Bourget sous-entendant avec finesse le cynisme international qui règne en matière de fiscalité des grandes fortunes.

L'autre argument vient des cantons romands craignant une diminution des recettes fiscales suite à un succès de l'initiative. Comme de coutume, on entend chanter le mantra du ceux-qui-restent-paieront-pour-ceux-qui-partent, argument central en faveur de l'initiative ; mais l'interview de Philippe Kenel, avocat fiscaliste spécialisé, change quelque peu la donne.

[La comparaison entre cantons romands et alémaniques ne tient pas la route] tout simplement parce que les cantons alémanique, même sans l'imposition à la dépense, ils sont attractifs, ce qui n'est pas le cas des cantons romands!

Je prends un exemple: à Schwytz, impôt sur la fortune, 0.1%, c'est attractif ; à Genève, 1%, dix fois plus. Il est là le problème.


Partiront-ils? Maître Kenel n'en fait aucun mystère:

Ah ils partiront! Moi je suis en contact constant avec des clients pour trouver des solutions ailleurs si l'initiative passe.


Eh oui: ceux-qui-restent pourraient bien être beaucoup moins nombreux en proportion qu'à Zurich, la faute à une fiscalité locale punitive pour les personnes physiques, comparé à la Suisse alémanique. Certes, m'objectera-t-on, ceux-qui-restent paieront donc peut-être encore plus, qui sait? Il n'est pas interdit de rêver! On peut se bercer, la foi chevillée au corps, de l'idée que nombre de riches étrangers se laisseront tondre. Mais soyons sérieux quelques secondes: on parle d'un facteur dix entre Genève et Schwytz. Même la classe moyenne déménagerait pour une telle différence. Et si un riche étranger décide de faire ses valises, pourquoi se contenterait-il de changer de canton alors que tant de pays lui tendent les bras?

On saluera la prestation de l'inénarrable Jean-Christophe Schwaab venu encore une fois exprimer toute l'hostilité qu'il ressent envers les "riches" - une posture qui ne manque pas de sel venant du président romand de l'Association suisse des employés de banque (ASEB), un secteur immanquablement précipité dans les plus grandes difficultés si le Oui l'emporte. Toujours cette histoire de scie et de branche... Mais on a les leaders syndicaux qu'on mérite n'est-ce pas!

ecopop.jpgQuant à Ecopop, me direz-vous? Nous en saurons plus ce soir avec Infrarouge - mais sachant que l'émission de mercredi soir s'intitule "Encore restreindre l'immigration?" on a un aperçu assez évident du parti-pris que le débat aura certainement.

Une chose est sûre: ces grandes manœuvres augurent de résultats peut-être plus serrés que prévus au soir du 30 novembre. De quoi donner quelques sueurs aux responsables politiques et autres "faiseurs d'opinion", et rendre cette dernière ligne droite de campagne autrement plus animée.

Commentaires

Il parait que les politiques se relèvent de tout, mais Infrarouge aura signé une grande claque pour l'imbuvable Lüscher et le nul Cramer. Ces deux-là se sont montré sous leur vrai jour : parfaitement grotesques. Mais on est en Suisse et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on n'est pas trop exigeant sur le niveau de nos politiciens. Donc on continuera de voir Christian Lüscher faire des tirades sur l'économie (traduisez : ses comptes en banque...) encore pas mal de temps.
Pour l'UDC, on aura vu la mort de Grin en grosses lettres dans 24 heures et un petit nouveau qui va faire des étincelles : Valentin Christe. Sacrée pointure. Si Ecopop passe, ce qui n'est pas exclu vu le manque total d'arguments de la part des opposants à part la peur de pertes économiques à court terme, celui-là ira loin. Peu de politiciens suisses ont cette aisance et ce bagout. Freysinger, peut-être, mais lui a une certaine tendance à déconner et en faire trop, ce qui ne semble pas le cas pour ce nouveau.
Félicitations et bonne chance !

Écrit par : Géo | 13 novembre 2014

J'ai vu l'émission - le camp des anti-Ecopop était assez consternant en effet. Beaucoup de mauvaise foi entre un Cramer écologiste en carton-pâte et un Christian Lüscher semblant prêt à tout sacrifier pour quelques dollars de plus, comme on dit. Et je déteste les gens qui essaient sans cesse de couper la parole aux autres comme M. Lüscher ce soir-là. Bel alignement entre les Verts et le PLR, la gauche et la droite.

Philippe Roch a quant à lui été convaincant, lucide, avec juste ce qu'il faut de dérision et de remarques acerbes.

Quant à Valentin Christe, ma foi, je l'ai surtout trouvé bien discret. A part une réplique pour expliquer les positions antagonistes des différentes strates de l'UDC (ce qui ne présente à mon sens aucun intérêt) il n'eut pas l'occasion de dire grand-chose, même si à sa décharge on ne le laissa intervenir que fort tard dans le débat.

Il me paraît clair malgré tout que le camp Ecopop a remporté cette confrontation verbale. On verra à la fin du mois si ces passages à l'antenne ont eu le moindre effet sur l'opinion romande.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 novembre 2014

Le maudit-maudet parle d'une avalanche qui va s'abattre sur la Suisse après la votation du 30 novembre. Il projette! Biiiien....pour un homme politique!

Mais comment fait-il pour ne pas voir que nous sommes déjà sous l'avalanche en matière de débordements-bouchons routiers, d'accidents en surnombre. De logements surpeuplés (oui dans des immeubles vous avez 5 ou 6 personnes dans un 2 pièces; des frontaliers ou autres limitrophes qui ne font les retours que sur les week-end), un va-et-vient pas possible, un manque de savoir-vivre, des parkings surbookés et j'en passe!

Une populasse surabondante dans les grandes villes, et dans les trains. Nous qui avons la chance de vivre en retrait, nous n'avons, mais alors plus du tout envie de nous y rendre ou de le prendre. (même pour les fêtes qui approchent)

L'avalanche de salariés "outre-frontières" qui vous articulent des "choeuses et autres poeuses" à longueur de discours (idem sur la 1ère), tout comme à l'administration fiscale vaudoise, et j'en passe!

L'avalanche de braquages et autres délits mineurs, de Mineurs bien sûr et une quasi certitude pour nous autres de se retrouver à un moment ou un autre, au mauvais endroit au mauvais moment.

L'avalanche des escroqueries et autres arnaques en tous genres dont nos âgés et naïfs sont les pigeons estampillés!

L'avalanche de oui à Ecopop refroidira un bon coup nos politicars et les Votants suisses retrouveront la belle chaleur humaine qui nous avait conduit jusqu'en 2006! (Avant Schengen accepté sur les mensonges des mêmes politicars)

Écrit par : Corélande | 14 novembre 2014

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