16 janvier 2015

Taux plancher: parce qu'il faut le rappeler

Une vidéo de 2011 montrant un débat entre MM. Christophe Darbellay du PDC, Chrisitan Levrat du PS, Oskar Freysinger de l'UDC et Fulvio Pelli du PLR.

Face aux inquiétudes légitimes exprimées par M. Freysinger, on a droit à un festival de bêtise et de mauvaise foi. Rien ne manque à l'appel: mépris de l'animatrice (une certaine Esther M. de triste mémoire), des tentatives insultantes de tourner en ridicule son contradicteur au lieu d'avancer le moindre argument (Levrat), le suivisme aveugle des experts/élites (Pelli) ou la volonté de préserver une partie de la population aux dépens du reste sans jamais se poser la question de la validité de la démarche (Darbellay).

Une vidéo à revoir absolument à l'aune de la décision de la BNS de mettre un terme au taux de change plancher entre le franc suisse et l'euro.

N'oubliez pas: le déroulement du débat entre ces cinq personnes et les partis qu'ils représentent incarne de façon quasiment parfaite les rapports de forces parlementaires et la direction politique que prend donc la Suisse sur chaque sujet qui n'implique pas une votation populaire.

Commentaires

Il y a des jours où l’on peut quand-même se sentir une petite fierté d’être Suisse, sans être fans de Lara Gut ou de Roger Federer; où nos prairies, nos montagnes, nos poyas peuvent se regarder sereinement dans la glace.

Et une lance façon Morgarten à Mme Lagarde:

«La BNS est une banque centrale indépendante. Il nous appartient de préparer nos décisions seuls», répond Thomas Jordan.

Et un coin bien câlé aux TRAÎTRES à la patrie:

«Si la BNS avait poursuivi sa politique, elle risquait de perdre le contrôle de sa politique monétaire à long terme»

…sous-entendu, son indépendance monétaire… …sous-entendu perte de la souveraineté du pays.

Au cas où, c’est quand-même l’extrême condensé de la Constitution fédérale.

Écrit par : petard | 17 janvier 2015

@petard: indépendance vis-à-vis de l'international, je veux bien, mais certainement pas vis-à-vis de l'Etat suisse ni de sa population. Le franc suisse n'est pas un jouet avec lequel on peut décider de faire des manipulations comme on le souhaite avant de se lasser et d'arrêter d'un coup. Or, c'est exactement ce que MM. Jordan et Cie ont fait, sans remords. Il faut les appeler par leur nom: des apprentis-sorciers incapables et irresponsables, soutenus aveuglément par toute une bande de blaireaux économiques - politiciens ou non.

"L'indépendance envers l'international" dont vous êtes finalement si fier n'intervient qu'après trois ans d'aventures stériles où la BNS a décrété une dépendance de 100% envers la BCE et la zone euro. Elle a laissé le bilan et la crédibilité de l'institution en ruines et le taux de change CHF/EUR est revenu à son point de départ. Tout ça pour ça!

L'intégralité de l'interview que vous citez se trouve ici:
http://www.lematin.ch/economie/fin-taux-plancher-bns-s-explique/story/14471958

Le lecteur pourra s'intéresser en l'espèce à un bel exercice de langue de bois où les questions cruciales ne sont pas posées - comme par exemple, ce qu'il va advenir du bilan boursouflé de la BNS, ou qui va éponger sa perte comptable de plusieurs dizaines de milliards avec ses réserves de devises dépréciées suite à ses petites expériences. Bah, détails que tout cela n'est-ce-pas ?

Écrit par : Stéphane Montabert | 17 janvier 2015

Dans le journal français «La Tribune», il y a un grand cerveau du nom de Romaric Godin qui vient de pondre sa version de «Suisses, pays de nazes»

J'ai pensé utile de vous livrer ce chef d'œuvre comme tel:

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Suisse: l'illusion insensée de l'indépendance monétaire

L'abandon du seuil pour le franc suisse redonne de l'indépendance à la Banque nationale suisse. Mais que va-t-elle en faire ? Sans doute rien d'autre que de plonger le pays dans la tourmente au nom d'une idéologie.

Depuis que, ce jeudi 15 janvier, par surprise, la banque nationale suisse (BNS) a décidé d'abolir le seuil de 1,2 franc suisse pour un euro, déclenchant une envolée de la monnaie de la Confédération et, par ricochet, l'effondrement de la Bourse de Zurich, les analystes se grattent la tête pour comprendre quelle mouche a bien pu piquer les autorités monétaires helvétiques.

Réagir avant le QE ?
L'explication la plus fréquemment avancée est que, avec l'arrivée annoncée, peut-être dans une semaine, le 22 janvier, de l'assouplissement quantitatif (QE) de la BCE, autrement dit de l'achat massif de dettes publiques de la zone euro, la BNS a jugé qu'il était impossible de maintenir un tel seuil face à la pression baissière qui allait peser sur l'euro. La BNS aurait donc décidé de gérer le cours du franc de façon plus souple, via une politique de taux négatif. Elle a, d'ailleurs, abaissé son taux directeur de -0,5 % à -0,75 % afin de dissuader les investisseurs d'acheter du franc.

Mais cette explication semble bien trop courte. Nous ne sommes plus sous le régime de Bretton Woods où la défense du cours d'une monnaie risquait de mettre en danger les réserves d'or d'une banque centrale. La BNS le sait bien, puisqu'elle l'a elle-même expliqué cet automne aux électeurs suisses qui devaient se prononcer par votation sur le maintien d'une part fixe d'or dans son bilan. Les Suisses lui ont, du reste, donné raison. Rien n'empêchait donc la BNS de maintenir son seuil par de l'émission de francs. Une fois la demande de franc suisse satisfaite, et le seuil défendu, le QE européen, dont, du reste, on ne connaît pas la taille, mais qui sera vraisemblablement limité, aurait été surpassé. Il est plus simple de stopper une hausse que d'arrêter une baisse, comme dans le cas russe, car, dans ce cas, il faut puiser dans ses réserves de devises.

Le choix de l'indépendance
Reste évidemment le risque « inflationniste » de cette création monétaire. Et ceci amène à une autre explication du choix de la BNS, complémentaire du premier. Une théorie, le triangle d'incompatibilité ou triangle de Mundell, explique qu'il n'est pas possible d'avoir à la fois la liberté de circulation des capitaux, un taux de change fixe et une politique monétaire indépendante. Il faut renoncer à un de ces trois éléments. La BNS, avec la mise en place du seuil, devait renoncer à l'indépendance de sa politique monétaire. Ce mercredi, elle a préféré reprendre son indépendance et laisser son taux de change s'ajuster. C'est ce qu'a expliqué dans sa conférence de presse le président de la BNS Thomas Jordan en disant que sa banque avait désormais « plus de flexibilité. »

La fantomatique lutte contre l'inflation
Mais la vraie question est : que va faire la BNS de cette indépendance ? Evidemment, lutter contre l'inflation. Autrement dit, la BNS veut maîtriser la masse monétaire en francs suisses pour éviter une envolée des prix. Une défense du seuil face au QE européen aurait naturellement fait gonfler cette masse monétaire. L'ennui, c'est que cette lutte contre l'inflation est fantomatique. La Suisse n'est pas menacée par l'inflation, mais au contraire par la déflation. Malgré le seuil et les taux bas, les prix ont ainsi reculé en décembre 2014 de 0,33 % sur un an. Il n'y a aucun risque à moyen terme d'inflation en Suisse. Abolir le seuil, c'est, pour la Suisse, se jeter dans la gueule du loup pour éviter de se faire croquer par une souris.

Récession possible
En réalité, la politique que la BNS a entamée ce mercredi est une politique insensée. Insensée évidemment pour l'économie suisse qui, certes, a montré des capacités de résister à la hausse du franc et à la baisse des prix, mais il y évidemment des limites. Un franc qui se rapproche de la parité face à l'euro va poser de graves problèmes de compétitivité aux exportations helvétiques. Pour faire face, elles devront réaliser des gains de productivité et ce sont les salariés suisses qui paieront le prix de l'indépendance de la BNS. Un gérant de fonds helvétique, Felix Zulauf, interrogé par la Neue Zürcher Zeitung, n'exclut pas une récession en Suisse. L'institut économique KOF convient également que la fin du seuil va "peser sur la conjoncture et conduire à de nouveaux taux négatifs d'inflation." L'institut cite parmi les secteurs les plus touchées les machines outils, la chimie, les composants automobiles, la pharmacie et l'hotellerie. Des secteurs forts de l'économie nationale. Certes, avec une récession, la BNS pourra se réjouir : ceci devrait réduire le risque d'inflation et l'attrait du franc. Mais les Suisses en auront payé le prix fort.

Un coût moins élevé ? Pas sûr !
Insensée aussi parce que la BNS, si elle veut éviter une aggravation de la récession et de la déflation, mais aussi si elle ne veut pas voir la valeur des devises détenues dans son bilan fondre comme neige au soleil, va devoir intervenir pour éviter de nouvelles envolées du franc, intervenir. Or, il n'est pas sûr que ces interventions soient moins coûteuses in fine que la défense d'un seuil permanent. Comme il n'est pas sûr que cette politique soit plus « indépendante » que la précédente. Il faudra bien alors réagir aux évolutions de la politique monétaire européenne.

Enfin, cette politique est insensée parce qu'elle s'appuie sur une politique de taux négatifs très élevés et que l'on ignore réellement les effets de ce type d'instrument. Insensée enfin parce qu'il a des répercussions ailleurs, notamment dans les pays d'Europe centrale, comme la Hongrie et la Pologne où les prêts en francs suisses sont encore nombreux et vont peser davantage sur les ménages.

Refus de voir la réalité
En réalité, la BNS a refusé de voir la réalité en face : elle ne peut être indépendante tant que la Confédération est ce qu'elle est, autrement dit, un havre de sécurité pour les investisseurs et une économie fortement dépendante des exportations vers la zone euro. Pour être entièrement indépendante, la BNS doit donc s'affranchir de cette réalité. Elle a décidé de le faire en sacrifiant la croissance et l'emploi afin que le franc finisse par perdre du terrain « naturellement. »

Fruit d'une idéologie
Au final, la décision de la BNS est le fruit d'une idéologie, celle qui est fondée sur la peur panique de l'inflation et sur la pensée monétariste qui estime que masse monétaire et inflation sont toujours liées. La réalité actuelle prouve pourtant que l'on est, en Suisse, comme en Europe, dans une situation de trappe à liquidités où les mesures monétaires ne jouent plus guère sur l'inflation. Rien d'autres que cette peur idéologique ne pouvait donc justifier la levée du seuil.

Argument pour Angela Merkel contre les Eurosceptiques ?
Les prochaines semaines ne manqueront pas d'intérêt. Ce qui se passe en Suisse est en effet ce qui se passerait en Allemagne si cette dernière décidait de quitter la zone euro comme le demandent les Eurosceptiques outre-Rhin. La Bundesbank ne manquerait pas alors de jouer le même jeu que la BNS, puisque c'est celui qu'il a sollicité de la BCE. Pour Angela Merkel, l'expérience suisse pourrait être un excellent argument contre les Eurosceptiques. Ce pourrait aussi être un moyen pour Mario Draghi de faire passer la pilule du QE à ses confrères allemands...

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Écrit par : petard | 17 janvier 2015

Impossible de regarder cette vidéo sans s'exclamer :
"Esther ferme ta putain de gueule !!!"

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 17 janvier 2015

Ce débat reflète bien de ce que sait produire la TSR. On invite à chaque que des politiciens qui ne peuvent pas se blairer pour faire le show. Cette extrait vidéo à part d'être pénible à suivre ne m'a rien appris et me donne pas envie de la regarder dans son ensemble.

En France comme dans " C dans l'air sur le même sujet on aurait essentiellement invité des économistes, de chefs d'entreprises et des journalistes spécialisé en économie. C'est la raison pour lequel les invités dans " C dans l'air " ne se braillent pas entre eux mais peuvent parler sereinement ans être coupé sans cesse par une folle dingue.

@ Montabert,

" Le lecteur pourra s'intéresser en l'espèce à un bel exercice de langue de bois où les questions cruciales ne sont pas posées - comme par exemple, ce qu'il va advenir du bilan boursouflé de la BNS, ou qui va éponger sa perte comptable de plusieurs dizaines de milliards avec ses réserves de devises dépréciées suite à ses petites expériences. Bah, détails que tout cela n'est-ce-pas ? "

A mon avis le problème est plutôt là. Apparemment les Levrat et cie n'ont semblent-ils pas conscience. Faut dire que dette et déficit publique n'a jamais posé de problème aux socialistes.

Faire du catastrophisme après 3 jours sur la surévaluation du franc est franchement de la sinistrose. ça deviendrai inquiétant si l'on tombe dans une spirale d'un franc qui ne cesse dans l'année de renchérir face à l'Euro. Un franc fort n'est pas une fin en soit c'est sa stabilité qui est importante.

Je lis encore ce matin dans 24 heures un économiste ( le même que l'on entend partout ) nous dire avec le renchérissement du franc qu'il s'inquiète de la baisse des prix en Suisse alors que l'on fait que nous bassiner le reste du temps que la Suisse est un îlot de cherté que c'est pas normal etc...

D.J

Écrit par : D.J | 17 janvier 2015

Les touristes étrangers qui visitent la Suisse pourront néanmoins se réjouir de faire de grosses économies!

Les TPG et les parkings qui acceptent l'euro pour le paiement des prestations n'ont pas changé le taux de l'euro dans les distributeurs de tickets!

Un très bon plan pour venir faire du tourisme à Genève en laissant sa voiture au parking et en prenant les TPG! De magnifiques rabais!

Écrit par : Keren Dispa | 18 janvier 2015

Dans cette affaire, on finirait pas ne plus savoir sur quoi on marche, sur le plancher ou le plafond ?

Écrit par : Corto | 21 janvier 2015

Si seulement Mamarbashi pouvait passer son chemin et se taire ?

Écrit par : Corto | 21 janvier 2015

Titre du jour:

«La Suisse a perdu 360 milliards de francs d'un coup»

En matière de désinformation, jamais rien vu d'aussi grotesque.
Pas d'analyse étayée par de vrais spécialistes, juste un titre pour foutre la trouille, pour foutre la merde ! Pour lobotomiser encore davantage les crétins !

En tout cas le Monsieur des lunettes, hier dans Infrarouge, il a perdu un client !

Écrit par : petard | 21 janvier 2015

«En tout cas le Monsieur des lunettes, hier dans Infrarouge, il a perdu un client !»

...et je ne pense pas que je suis le seul. Et plus tard, c'est le genre de patron qui viendra dire que c'est en raison du franc fort qu'il a perdu des marchés. La télé a bien fait de l'inviter sur son plateau pour qu'il puisse débiter ses âneries. Parce que même quand ça flambait pour lui, il les payait comment ses employés ? Qu'il fasse fiasco et qu'on en parle plus.

Écrit par : petard | 21 janvier 2015

Qui est ce monsieur des lunettes ? Que fait-il dans la vie ?

Écrit par : Géo | 21 janvier 2015

«Qui est ce monsieur des lunettes ? Que fait-il dans la vie ?»

Géo... tu vas sur le site d'Infrarouge, tu regardes l'émission... Mémèrebachi officie avec ses mêmes manies comme d'hab., et tu découvres un échantillon des cervelets aux manettes de l'économie suisse... t'as juste envie de donner une gifle au premier qui passe à côté de toi.

... allez, on a meilleur temps d'aller boire Trois d'Ovaille !

Écrit par : petard | 21 janvier 2015

On voit que pétard ne paye pas son Ovaille en euros !!

Écrit par : Corto | 25 janvier 2015

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