23 janvier 2015

La BCE ouvre les vannes

Le secret de Polichinelle était tombé depuis longtemps ; tout le monde savait que la BCE allait procéder à un "assouplissement quantitatif", de son nom anglais Quantitative Easing (QE) - autrement dit, l'utilisation massive de la planche à billets pour éponger des dettes des Etats. Restait à savoir quel serait son montant et ses modalités. Quelques jours plus tôt, on annonçait une fourchette entre 500 et 1'000 milliards d'euros ; le matin même, les spéculations faisaient était d'un programme courant jusqu'en 2016 sur 50 milliards d'euros par mois. Les bourdes de communication n'aidèrent pas à garder le secret.

bce,mario draghi,inflation,euro,monnaieAussi, lorsque Mario Draghi monta à la tribune jeudi après-midi pour annoncer la nouvelle politique de la BCE, il entama une conférence de presse aussi attendue que peu surprenante - bien qu'il soit toujours amusant d'assister au spectacle d'un banquier central contraint d'afficher ses intentions avec un minimum de sincérité.

Les rumeurs n'étaient visiblement pas tombé loin. La BCE lance un programme de rachat de dette publique et privée de mars 2015 jusqu'à fin septembre 2016 pour un montant de 60 milliards d’euros par mois, soit une enveloppe totale de 1'140 milliards d'euros.

C'est une somme gigantesque, démesurée, incompréhensible. Essayons de lui donner un peu de substance:

  • C'est environ l'intégralité de la valeur immobilière de la ville de Paris au prix du marché 2015 (8'224 euros moyens du mètre carré).
  • C'est plus de 22'700 euros à la seconde.
  • C'est 3'400 euros par être humain habitant en zone euro.
  • Sous la forme de billets de 500 euros alignés les uns à côté des autres, cette somme représente un peu plus de neuf fois le tour de la terre.
  • Ces mêmes billets pèseraient 3'648 tonnes.

Heureusement, nous avons transcendé l'ère de la monnaie-papier pour l'électronique pure, ce qui nous épargne ces petits problèmes d'intendance, et permet accessoirement à Nicolas Rossé de larguer un énorme mensonge sur les ondes de la RTS:

[Jusqu'ici] la banque centrale a abaissé son taux d'intérêt. Conséquence, tous les autres taux deviennent moins chers, les emprunts, les hypothèques, les emprunts d'Etat, les emprunts à la consommation deviennent moins cher, tout vous pousse à consommer. Mais quand le taux directeur de la banque centrale est au plus bas comme aujourd'hui et que ça ne marche pas il ne reste que ce Quantitative Easing. Alors le principe est très simple: la Banque Centrale Européenne va créer des centaines de milliards d'euros par simple écriture, aucun billet n'est imprimé, on ne fait donc pas marcher la "planche à billets"... Des centaines de milliards d'euros pour acheter des obligations d'Etat, voire des titres d'entreprise... Des centaines de milliards d'euros pour stimuler la consommation, pour créer un petit peu d'inflation et relancer la croissance, c'est du moins l'espoir de la Banque Centrale Européenne.


Avec des journalistes économiques de ce calibre, nul doute que le grand public est informé au mieux de ses intérêts! Faut-il être un génie pour comprendre que la problématique de la "planche à billet" n'est pas liée au fonctionnement de rotatives d'imprimerie mais à la création de monnaie ex nihilo?

Le QE est une création gigantesque de monnaie, destinée à provoquer un "choc de confiance" (je n'invente rien). Dans la pensée magique keynésienne, la consommation est tout. L'économie s'apparente à une machine dont on règle le régime en triturant une petite buse par ici, une admission d'essence par là, et tout ça ronronne comme une horloge, voire tellement bien - ne boudons pas notre talent - qu'il faut parfois calmer le jeu pour éviter la surchauffe.

Ces gens conçoivent la monnaie comme un outil comme un autre, au service de leur interventionnisme. Le  QE est donc comme une arrivée d'essence supplémentaire: plus de consommation, donc plus de demande, donc une croissance qui repart et tout va bien!

Dans la réalité - où l'économie est le fait d'acteurs humains donc doués de raison, si si ! - l'économie est de nature organique. Aux antipodes des joyeux mécaniciens keynésiens et leurs clef à molette, elle croît uniquement dans un terreau de stabilité et de liberté sous les cieux cléments d'une fiscalité raisonnable. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, elle peut s'affaiblir voire s'effondrer complètement, comme l'expérimentent avec une joie toute mesurée plusieurs pays de la zone euro.

Dans cette vision économique-là, le QE s'apparente à des injections massive d'adrénaline à un cheval mort.

Certains naïfs imaginent peut-être que le QE leur amènera de l'argent à eux ; ils ne pourraient être plus loin de la vérité. Ces sommes sont destinées à racheter des emprunts d'Etat ou des actions de grands groupes européens cotés en bourse, histoire que l'argent ne sorte pas de la famille. Le grand public n'en verra évidemment jamais la couleur.

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Encore plus amusant, comme il n'est pas question que la BCE salisse sa réputation d'excellence (ne riez pas) en cautionnant de "mauvaises politiques", les dettes publiques rachetées seront en priorité celles de pays encore bien cotés auprès des agences de notation comme la France, l'Italie ou l'Allemagne. On peut douter de la qualité de ce panel, mais une chose est sûre, il n'y aura pas un centime pour solder les dettes de la Grèce qui se débat dans sa faillite depuis des années! Le QE est donc un fantastique outil pour accroître encore l'inégalité des situations économiques des pays membres de la zone Euro.

Cela marchera-t-il? Bien sûr que non. Nous le savons parce que, outre l'idée complètement absurde d'une prospérité née d'une dilution de la valeur de la monnaie, de nombreux pays se sont lancés dans des aventures similaires, parfois déguisés sous d'autres noms savants, mais toujours sans provoquer l'effet escompté.

La FED américaine a ainsi lancé pas moins de trois QE - sans impact positif notable sur l'économie. Bien sûr, Obamamania oblige, on chante ici-bas les louanges de la reprise économique américaine. Mais celle-ci ne se voit guère que dans quelques chiffres arrangés, chiffres d'ailleurs tellement éloignés de la réalité qu'ils ont coûté les élections de mi-mandat au camp démocrate. Alors à moins de considérer les records d'une bourse manipulée à grand coup d'argent neuf comme un indicatif pertinent de la santé d'un pays, l'économie américaine ne redécolle pas et, au quotidien, les Américains s'en rendent parfaitement compte.

Plus loin encore, nous avons le Japon qui se débat depuis plus de vingt ans dans la création monétaire sous un prétexte ou un autre - dévaluation compétitive, relance de la consommation, Abenomics - sans parvenir à créer autre chose que des bulles au milieu d'une croissance anémique.

Alors non, le QE de Mario Draghi ne fonctionnera pas, pas plus que n'importe quel autre QE avant lui. Mais comme les castes dirigeantes de l'Europe sont sourdes à toute remise en question et ne savent que persévérer dans leurs erreurs, on peut s'attendre à ce que le BCE ne s'arrête pas là. Préparons-nous donc à revoir Mario Draghi en conférence de presse pour en remettre une couche bien avant septembre 2016.

En attendant, l'euro s'enfoncera dans les profondeurs - c'est le but après tout - et les Européens redécouvriront avec stupeur que la haute-technologie, leur pétrole et leurs matières premières proviennent en général de l'étranger et sont désormais hors de prix.

Commentaires

«et les Européens redécouvriront avec stupeur que la haute-technologie, leur pétrole et leurs matières premières proviennent en général de l'étranger et sont désormais hors de prix.»

On peut quand-même saluer la maîtrise de la BNS qui a réussi à réagir avec un extrême sang-froid à la "dernière qui sonne" !

Écrit par : petard | 24 janvier 2015

"Dans cette vision économique-là, le QE s'apparente à des injections massive d'adrénaline à un cheval mort."
Vous avez de l'avenir dans le stand up...
Cela nous changerait des gros nuls actuels.

Écrit par : Géo | 24 janvier 2015

@petard: "On peut quand-même saluer la maîtrise de la BNS qui a réussi à réagir avec un extrême sang-froid à la "dernière qui sonne" !"

La "maîtrise de la BNS" consiste à s'être aventurée dans la folie du taux plancher pendant trois ans sous les applaudissements, et à s'en retirer beaucoup trop tard avec une ardoise de plusieurs dizaines de milliards de francs suisses. En guise de tour de force, on a déjà vu moins con.

Aussi, notez que la dilution de l'euro amoindrira la valeur des centaines de milliards d'euros de "réserves de change" encore détenues par la banque centrale helvétique, ce qui aggravera encore son bilan.

Qu'un niveau de stupidité aussi cosmique ne soit pas suivi de la moindre conséquence personnelle pour les décisionnaires est effectivement une performance d'irresponsabilité qui mérite d'être saluée. Brillant de bout en bout...

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 janvier 2015

"La "maîtrise de la BNS" consiste à s'être aventurée dans la folie du taux plancher pendant trois ans sous les applaudissements, et à s'en retirer beaucoup trop tard avec une ardoise de plusieurs dizaines de milliards de francs suisses. En guise de tour de force, on a déjà vu moins con."

Pas d'accord, en septembre 2011 nous étions dans une situation bien plus précaire qu'aujourd'hui, et ce fameux palier a été très profitable aux entreprises suisses......rien qu'à voir leurs résultats ces 3 dernières années.

Les grincheux d'aujourd'hui sont ceux qui n'ont rien vu venir et sont les perdants, mais la BNS l'avait bien dit.....c'est une mesure temporaire!

Le timing est parfait, la forte baisse du pétrole, une hausse du dollar ainsi qu'une belle croissance suisse (regarder les autres UE), elle (BNS) pouvait se permettre de lever la mesure et l'a fait sans avoir peur, car là fallait vraiment avoir les c............! Les spéculateurs-perdants, sont nombreux!

Laissons passer un peu de temps, voyons les résultats du 1er trimestre, mais on va plus vers le coup de génie que celui d'une bande de gestionnaires stupides comme vous voulez le faire croire!

Écrit par : Corélande | 24 janvier 2015

@Corélande: en septembre 2011 les Suisses découvraient la parité avec l'euro. En janvier 2015 ils la découvrent de nouveau. Tout ça pour ça!

Les résultats des trois dernières années sont bâtis sur une illusion due aux manipulations monétaires. La BNS a subit une perte de 60 milliards de francs suisses (estimation basse) soit 10% du PIB du pays, ou encore 3% du PIB sur les trois ans du taux plancher.
Les institutions de prévoyance suisses ont subi des pertes de l'ordre de 30 milliards de francs, soit 4% de leur fortune.
Et ainsi de suite.
Il est trop facile de regarder les maigres effets positifs (des exportateurs contents) et d'ignorer tout le reste (essence et alimentation trop chère, pertes sèches de la BNS donc plus de dividendes pour les cantons pour des décennies, caisses de pension ruinées, etc.)

Peut-être faites-vous partie de ces gens qui suivent aveuglément les journalistes et croient que le salut de la Suisse viendra des exportations vers l'Europe - mais laissez-moi alors placer deux remarques:

1. L'Europe est ruinée, au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte.

2. Comme le disait un entrepreneur helvétique par ailleurs, celui qui se bat sur le segment du prix en croyant que la Suisse a une chance d'y être compétitive... se trompe de métier.

Ce qui est fait est fait, je l'admets, mais ne tressez pas des lauriers à des gens qui mériteraient un procès pour haute trahison.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 janvier 2015

Corélande@ Il y a toujours 500 milliards dans les caisses de la BNS. Achetés à un taux de 1.20 CHF pour 1 euro...
Comme vous dites, on en reparle dans une année pour évaluer les pertes...

Écrit par : Géo | 24 janvier 2015

Votre avis vaut le mien, ou le mien le vôtre! Ruinée l'UE pas tant que cela si l'on regarde vers le nord!
Par ailleurs, nos exportations vers l'UE ont diminué depuis 2011 nettement, pour aller vers plus d'exportation hors UE.

Par ailleurs, ne me dites pas que les gestionnaires de fortune des caisses de pension ont été assez bêtes pour mettre le 30% légal de leurs placements hors suisse, en euros, rien qu'en euros. Ils doivent bêtement savoir qu'en matière de placement de sécurité on pondère, on diversifie. Que je sache bon nombre sont positionnés sur l'immobilier suisse et que je sache ce poste là rapporte gros ces dernières années.

Je suis de la vieille école en matière de finance, mais cela fait quelques mois que je disais qu'il fallait éviter d'avoir ou de faire des placements en euros.
D'ailleurs vous devez savoir que la BNS à une particularité bien spécifique sur les euros qu'elle détient et vos chiffres à l'emporte-pièces sont sûrement erronés.
Toute vieille que je suis, cela fait longtemps que j'ai compris que dans ce nouveau monde des financiers, un établissement tel que la BNS ne pouvait en aucun cas communiquer sur ses intentions. (Pour rappel M. Blocher avait procédé de la même manière, certes à une petite échelle, lorsqu'il a cédé à ses enfants ses affaires, afin d'éviter aux spéculateurs d'en tirer profit).

Ceux qui sont grinchent maintenant se sont ceux qui ont beaucoup perdu dans cette affaire, point barre!

Écrit par : Corélande | 24 janvier 2015

@Montabert

«La "maîtrise de la BNS" consiste à s'être aventurée dans la folie du taux plancher pendant trois ans sous les applaudissements»

D'abord, c'est déformer ma pensée.

Je n'ai JAMAIS cautionné la mise en vigueur du taux plancher de la BNS.
De même que j'ai toujours fustigé la politique du jeu de l'avion encouragée par l'USAM, la CVCI, Pascal Broulis et son fan club.

Quand je dis qu'il faut "saluer la BNS", c'est qu'elle a stoppé cette hérésie à temps.

Et puis sont venus les quolibets et les remarques grotesques, débiles de certains patrons de PME...

Je ne sais pas où vous vous placez par rapport à cette droite du fric et du système de Ponzi.

Depuis le temps, vous devriez comprendre, que je dénonce fermement ces dérives.

S.v.p, arrêtez ces vannes acidulées, réservez-les à vos vrais ennemis.

Écrit par : petard | 24 janvier 2015

Géo c'est 200 milliards d'euros, pas 500. Le reste sont d'autres monnaies et notamment du dollar et de la livre sterling. A fin 3ème trimestre la BNS annonçait 28 milliards de bénéfice et elle clôture 2014 avec 38 milliards. Je crois donc que se ne sont pas des "manches" aux commandes et encore moins des gens qui mériteraient un procès pour haute trahison.
(il me semble que j'entends Nordmann dire à Infrarouge que la BNS n'a pas reçu l'autorisation du CF, selon l'art. 7......alors qu'il est écrit qu'elle doit INFORMER.....ce qu'elle a fait.....8mn avant.....a-t-il dit lui-même!
C'est clair qu'avec des politiques comme ceux-là on risque gravement le mur
les mêmes qui préconise la mondialisation et qui ne voient même pas les effets pervers de la-dite mondialisation, notamment sur les plans financiers

Écrit par : Corélande | 24 janvier 2015

@petard: ma réponse ne s'adressait pas qu'à vous mais je suis heureux de vous l'entendre dire. Vous n'imaginez pas la quantité de gens qui versent dans le keynésianisme le plus délirant ou n'y comprennent goutte en économie - y compris dans les rangs de l'UDC.

@Corélande: "Je crois donc que se ne sont pas des "manches" aux commandes et encore moins des gens qui mériteraient un procès pour haute trahison. "

Il est trop facile de compter un exercice avec +38 milliards et d'ignorer le suivant avec -60 (au moins) lorsque les deux chiffres sont liés à la même politique. Ce n'est que fin 2015 voire 2016 que nous aurons vraiment la facture finale des aventures des gens aux commandes de la BNS, et je pense qu'elle sera encore pire que ce que nous devinons déjà.

Les directeurs de la BNS ont outrepassé leur mandat qui était et a toujours été la stabilité des prix, pas de défendre les intérêts des exportateurs aux dépens de la consommation intérieure.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 janvier 2015

Autant les nombres peuvent paraître démesurés, autant vos analogies sont encore plus douteuses, sauf la première qui a un sens : la création monétaire annoncée permettrait de racheter le patrimoine immobilier de Paris (mais honnêtement, je ne vois pas ce que cela a de choquant ou de démesuré pour une banque centrale européenne qui couvre pays). Par contre, lorsque vous parlez d’euro à la seconde, quel sens cela a-t-il ? Idem quand vous parlez d’euro par habitant. On pourrait de même parler d’euro par kg (en prenant la masse des habitants de la zone euro), quel sens cela aurait-il ? Ne parlons même pas des billets car il y a bien longtemps que de nombreuses transactions se passent sans leur utilisation (virement, CB par exemple). Mais bon, il faut reconnaître que votre effet est efficace pour les personnes assez ignorantes en économie.

« l’économie est de nature organique », je ne sais ce que vous voulez dire par là, je ne suis pas certain que le terme « organique » soit le plus approprié. L’économie est un discours, pur certains une science expliquant des phénomènes.

Vous prétendez que les chiffres de la reprise américaine sont arrangés, pourriez-vous apporter des preuves pour être crédible ?

Quant au Japon, la politique des abenomics a plutôt été efficace dans un premier temps, malheureusement la décision de relever le taux de TVA a cassé cette dynamique.

Écrit par : gdjs | 25 janvier 2015

"l’économie est de nature organique », je ne sais ce que vous voulez dire par là, je ne suis pas certain que le terme « organique » soit le plus approprié."
La différence entre sciences exactes et sciences d'observation. Il est aussi impossible de vraiment prévoir ce qui va arriver en économie que le climat à la fin du 21ème siècle, pour cause de milliards de milliards de paramètres à faire entrer dans le modèle...

Stéphane Montabert@ Qu'est-ce que c'est que ces histoires de crédits toxiques libellés en CHF en France, Pologne et je ne sais où ? Les banques suisses vont-elles à nouveau être traînées dans la boue ?

Écrit par : Géo | 26 janvier 2015

@Géo: certains individus ont collecté des contrats en CHF à l'étranger. Dans beaucoup de pays de l'Est c'était pour acquérir un logement en profitant de taux hypothécaires bien plus bas qu'avec le taux hypothécaire en monnaie locale - mais en ajoutant alors le risque du taux de change, qui s'est concrétisé dira-t-on. En France c'est la même chose, mais les prêts en question ont été souscrits par des collectivités locales comme une façon de s'endetter plus encore à un coût raisonnable, à l'époque.

On ne parle de "prêt toxique" que quand un prêt tout à fait légal et bon marché mais assorti d'un risque tourne mal... Et ensuite on crie et on essaye de se faire passer pour une victime, toujours et partout. Les emprunteurs de Pologne ou d'ailleurs ne comprenaient pas forcément ce qu'ils faisaient, mais croire cela des maires français c'est vraiment se moquer du monde (à quoi servent tous leurs conseillers?)

Et vous pouvez être sûr que les banques suisses et la Suisse seront trainées dans la boue.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 janvier 2015

@gdjs: "Vous prétendez que les chiffres de la reprise américaine sont arrangés, pourriez-vous apporter des preuves pour être crédible ?"

Vous aurez même droit à un billet entier, le voici:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2015/01/29/usa-classe-moyenne-va-mal.html

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 janvier 2015

Si je comprends bien, des communautés françaises ou polonaises se sont adressé à des banques suisses pour obtenir des prêts avec des taux d'intérêt plus avantageux que chez eux ? C'est légal ?

Écrit par : Géo | 27 janvier 2015

@Géo: j'en doute. Je sais par exemple que les "prêts toxiques" aux communes françaises ont été notoirement conçus par Dexia, un groupe franco-belge.

Sur cette base, j'imagine que ces instruments de prêts adossé à une monnaie étrangère ont été proposés aux Polonais, Hongrois, Tchèques par leurs banques locales. Est-ce que des banques suisses étaient impliquées plus loin dans la chaîne, c'est une autre histoire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 janvier 2015

C'est la banque locale qui se refinance sur le franc suisse et qui fait supporter le risque à ses clients.
Un banquier reste toujours un banquier, qu'il soit à l'ouest ou à l'est!

C'est une chose à ne jamais faire; on n'emprunte pas en dehors de la monnaie dans laquelle on vit!
Se sont les vieux sages de la finance qui nous enseignaient cela et à voir c'est toujours très actuel....et très sage!

Écrit par : Corélande | 27 janvier 2015

OK, merci. On espère lire davantage de détails sur ce sujet dans la presse. En d'autres termes, qu'elle fasse son boulot...

Écrit par : Géo | 27 janvier 2015

Voici la conclusion d'un article d'aujourd'hui du correspondant de 24 heures pour l'Allemagne, titre de l'article : "le franc fort fait grimper la dette allemande".
"Berlin, par exemple, a pris un crédit de 250 millions en francs suisses en s'assurant contre le risque d'un décrochage. "c'est une précaution qui va de soi lorsqu'il s'agit d'argent public", insiste Thomas Schäfer, le ministre des finances de la capitale. A bon entendeur..."

Écrit par : Géo | 28 janvier 2015

Franc fort, nos salaires en danger, quels remèdes ?

Malheureusement Infrarouge de ce soir n’a pas abordé le fond du problème.

Je pense que dans cette situation de franc fort, serait de procéder à une dévaluation maîtrisée de notre monnaie en appliquant quelques garde-fous: création de monnaie à destination d’une banque fédérale d’investissement qui prêterait de l’argent à taux zéro aux collectivités publiques pour financer des projets d’infrastructures et rembourser des dettes publiques.

La maîtrise de ce levier à une inflation de 1 à 2%, devrait permettre de stabiliser les cours et rendre nos échanges compétitifs avec nos partenaires étrangers.

Dans les faits, ce sont tout de même la FED, puis la BCE qui ont entamé la dévaluation de leurs monnaies pour les raisons que l’on connaît.
Il est donc nécessaire de s’alligner. Mais surtout pas en achetant les dettes des autres, mais d’abord en payant les nôtres et en mettant de l’huile dans nos rouages qui sont grippés.

J’aimerais bien que l’on m’explique en quoi cette solution ne serait pas applicable.

Écrit par : petard | 04 février 2015

Marian Stepcinski ce matin prônait la création d'un fonds souverain suisse en achetant des milliards d'euros pour investir dans les entreprises européennes.
Mais évidemment pour lui, la meilleure solution pour la Suisse serait d'adopter l'euro, et oui, il sait que pour cela il faut que la Suisse entre dans l'UE...
Il confirme ainsi que pour les affairistes qui nous dirigent par le biais de leurs représentants politiques, le PLR et le PS, seules comptent les raisons économiques. Tout ce qui est politique, culturel, social n'a aucune importance pour eux. Entrer dans l'empire européen signifie la dissolution de la confédération suisse, basée sur le fédéralisme et les droits des citoyens, droits totalement incompatibles avec les règles de l'Empire. La Suisse n'est pas seule en cause. Dans le cadre de l'UE, les partisans d'un pays basque arriveront bien un jour à leurs fins, de Bordeaux à Pamplona, pardon : Iruña. De même, la Catalogne. Et la Bretagne. Et la Padanie. Etc...
Et il restera à couronner l'impératrice Angela 1ère pour régner sur tout ça...

Écrit par : Géo | 04 février 2015

"Marian Stepcinski ce matin....." c'est du n'importe quoi. La phrase qui a résumé tout cela c'est que ce monsieur est un très fervent de l'adhésion de la Suisse à l'UE. (et très certainement du QE.....voir le Japon :_((((

Allez voir plutôt la proposition des bons stratèges de l'UBS qui eux prônent plutôt de profiter des taux négatifs; c'est d'une simplicité et d'une rentabilité très favorable. En plus ce serait au profit de NOS ENTREPRISES, et pas les européennes!

Vu le contexte mondial actuel nous allons voir arriver passablement d'argent, même contre intérêts négatifs.....ne l'avais-je pas dit Géo?

Écrit par : Corélande | 04 février 2015

@petard: "J’aimerais bien que l’on m’explique en quoi cette solution ne serait pas applicable."

Outre l'oxymore d'une "dévaluation maîtrisée" vous êtes persuadé que le salut, parce qu'on vous l'a martelé, passe par une monnaie faible. Tant que vous ne remettrez pas ce dogme en question vous ne pourrez pas comprendre.

Demandez-vous plutôt pourquoi divers pays avec des monnaies faibles (Venezuela ou Argentine par exemple) ne sont pas devenus des lions en termes d'exportation, ou pourquoi la Russie - ont la rouble s'effondre - n'est pas aux anges. Ou pourquoi la Suisse ou l'Allemagne sont depuis des décennies des pays d'exportation "malgré" leur monnaie forte (le Deutsche Mark a même été le prélude à l'euro).

Allez je suis sympa je vous aide un peu:
http://www.contrepoints.org/2015/02/04/196819-devaluation-competitive-un-tigre-dans-le-moteur

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 février 2015

«Tant que vous ne remettrez pas ce dogme en question»

… Ah bon ! Mais, je n’ai pas de dogmes, absolument aucun. Il me semble que j’ai plutôt un esprit libre. Je n’aime juste pas l’enfumage…!

Car il y a plein de trucs qui ne tournent pas rond:

Jusqu’au 15 janvier, tous les voyants de la Suisse étaient au vert…

Votations du 9 février 14: tous les patrons râlaient que ça allait être la cata si on bouclait les frontières, etc. Pour l’heure rien n’a été bouclé ni mis en oeuvre…

Francs fort: les mêmes râlent depuis des décennies… ce qui n’empêche pas certains de changer leurs grosses berlines allemandes plus souvent que leurs chemises…

Bref, il y a 12 mois le discours c’était: l’immigration massive c’est une chance pour la Suisse, la croissance, la croissance, la croissance…

Et puis on remet le franc à son vrai niveau (retour à l’heure du soleil ou de l’hiver)… Et le discours devient: Va falloir licencier, faire des heures sup non payées, les ouvriers sont trop chers, on va tous couler, etc.

Franchement, c’est qui, qui prend les gens pour des cons ?

Pour l’histoire des heures sup gratolos en remède au franc fort, c’est assez cocasse:

Donc, jusqu’au 15 janvier je fabrique des biscuits avec du sucre, de l’eau et de la farine suisse à 1 franc le paquet (0,83 euros).

Le 16 janvier, mes biscuits renchérissent à 1 euro… mes ventes se cassent la gueule, parce que les LULU chimiques de la concurrence sont 20% moins chers.

Le petits Toto européens qui en achètent un paquet par jour boudent mes biscuits.

Moi patron suisse intelligent, je me dis que je dois baisser mes tarifs en produisant davantage pour le même prix: 12000 paquets par jour pour le prix de 10000. Je demande donc à mes ânes d’employés de bosser quelques heures de plus gratolos…

Chic ! j’ai 12000 paquets pour 10000 balles, donc je suis de nouveau à 0.83 euro les paquet. Putain ce que je suis intelligent !

Epilogue: merde, c’est con, en face y’a pas 2000 Toto supplémentaires…

Allé ! Prix Nobel quand-même pour Mme Amstein et son fan club !

Écrit par : petard | 05 février 2015

Chuis pas économiste, mais je pense que l'augmentation de 20% des produits suisses va provoquer une diminution de leur achat en zone euro. Déjà qu'ils étaient chers...

Écrit par : Géo | 05 février 2015

petard@ "taka" essayer de vendre des blancs suisses en France...

Écrit par : Géo | 05 février 2015

@petard: "Il me semble que j’ai plutôt un esprit libre. Je n’aime juste pas l’enfumage…!" content de vous l'entendre dire.

Jusqu'au 15 janvier, tous les voyants de la Suisse n'étaient pas au vert: La Suisse vivait à découvert alors que la BNS creusait une dette en dizaines de milliards au nom de sa politique de défense du taux plancher.

Au 15 janvier, patatras! La fête est finie. Gueule de bois pour tout le monde, mais pas encore l'addition. L'addition, nous l'aurons plus tard, probablement en fin d'année.

Enfin, votre exemple avec les biscuits n'est pas pertinent parce qu'une société helvétique tentant d'être compétitive uniquement au niveau du prix serait morte depuis longtemps. C'est pour cela que la Suisse s'investit à la place dans la qualité, et tant pis si les volumes sont plus petits. Kambly ne cherche pas à devenir Granola.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 février 2015

Faudrait vraiment que vous fassiez un stage dans les PME moyennes et grandes. Elles fonctionnent toutes avec des comptes en monnaies différentes selon qu'elles travaillent avec l'UE ou les states; entre autre!
(Novartis a depuis longtemps sa comptabilité en dollars US)

Depuis 2002 en Suisse toutes les banques vous proposent l'ouverture de comptes en euros, aussi pour les particuliers.

D'ailleurs hier soit au TJ vous avez un petit entrepreneur qui a clairement dit qu'on le payait en euros!
Alors tant que vous encaissez dans la monnaie et que vous payez dans la monnaie vous n'avez aucun risque de change! En plus si vous avez des crédits commerciaux en euros par exemple, vous changez actuellement vos francs suisses en euros et vous faites un bon gain; un bon moyen d'amortir de manière subite et conséquente!

Je mets un petit bémol pour les petites entreprises, mais elles, la plupart du temps, elles travaillent avec le marché intérieur, alors aucun souci de change!

Par contre j'aimerais bien que nos administrations cantonales, communales;
et autres CHUV...etc! vous savez ceux que nous finançons avec nos impôts ou nos primes maladie, nous disent aussi qu'ils vont s'abstenir de payer tout ce personnel frontalier au tarif d'avant 15 janvier! Car sinon se sont nous, les contribuables suisses qui en plus de se faire piquer notre boulot, vont sponsoriser la plus-value de ces employés frontaliers qui seraient chômeurs dans leurs pays!

Écrit par : Corélande | 05 février 2015

«Jusqu'au 15 janvier, tous les voyants de la Suisse n'étaient pas au vert: La Suisse vivait à découvert [...]»

Mais... j'ai entendu l'autre soir Christian Lüscher à Infrarouge qui disait (je résume): «Dans ce pays, tout va très bien Madame la Marquise»... il a pas été jusqu'au couplet «le château est en feu, etc.»

Non, non, Christian Lüscher a vanté les performances, la vitalité, la santé de l'économie suisse... d'avant 15 janvier. C'est le 16 qu'on est devenu la «Grèce»...

Alors, si l'on ne peut plus croire Christian Lüscher... qui était candidat au CF... merde alors !

Vous savez quoi ! Finalement je m'en fiche que nos «sorciers» se gourent dans la gestion de ce pays. J'ai travaillé toute ma vie en ayant à l'esprit de ne pas dépenser 1 franc de plus que ce que je gagnais. J'ai pas fait St-Gall et encore moins un «em-bi-hé» à Harvarde, juste l'école primaire de Forel Lavaux... et je suis fâché contre tous ceux qui veulent me sucer mes économies... fisc et banquiers en première ligne. Alors quand ça foire pour eux, je suis content !

Écrit par : petard | 05 février 2015

«"taka" essayer de vendre des blancs suisses en France...»

De 1.
La production de vins suisses est insuffisante pour couvrir la consommation intérieure.

De 2.
Et si les Français ou les Belges (comme Poulevorde) ne les aiment pas... qu'ils aillent se faire f... !
(je pense plutôt qu'ils ne les supportent pas... après une dizaine de verres). Au fait, le Poulvorde, il aurait dû se bourrer la gueule avec un infâme Giroud trafiqué à 3 balles et se farcir un mal de bocal pas possible.

Écrit par : petard | 05 février 2015

«Enfin, votre exemple avec les biscuits n'est pas pertinent parce qu'une société helvétique tentant d'être compétitive uniquement au niveau du prix serait morte depuis longtemps. C'est pour cela que la Suisse s'investit à la place dans la qualité»

Pour ça, il faut que nos patrons intelligents continuent d'engager des bras cassés pas chers et tout ira bien. Mais si comme maintenant, bon nombre de nos patrons intelligents sont eux-mêmes des bras cassés, mais très chers... on est bien barré !

Statistiquement ou numériquement il n'y a jamais eu autant de boîtes finissant chez l'oncle Paul comme maintenant. Y'a de quoi être optimiste !

Écrit par : petard | 05 février 2015

"La production de vins suisses est insuffisante pour couvrir la consommation intérieure." J'ai toujours entendu dire qu'on avait un problème de surproduction. Sauf les années à grêle, bien entendu. Et qu'on avait un problème de coût de production relativement aux vins étrangers...
En Navarre, un carton de mon vin préféré local (6 bouteilles) vaut 11 euros. Ma voisine là-bas trouve que c'est cher...
http://www.pamplona.es/verPagina.asp?idPag=20-45025

Écrit par : Géo | 05 février 2015

"se bourrer la gueule avec un infâme Giroud" Ce dernier n'est qu'un fusible pour faire -sauter- Maurice Tornay. Et pour comprendre vous regarder vers le PDC, car Darbellay veut la place, il n'a pas encore digérer l'élection de Oskar Freysinger et il veut son fauteuil au Conseil d'Etat.

Quand Dominique Giroud sera disculpé de tout, vous aurez les preuves de toutes ces magouilles valaisannes qui relèvent de l'hégémonie du PDCVS pendant ces années de gouvernance monarchiques!

Écrit par : Corélande | 05 février 2015

«J'ai toujours entendu dire qu'on avait un problème de surproduction. Sauf les années [...]»

Si on parle de VIN… «V» «I» «N»

Essaies de commander tout d’suite, un carton de 12 chez Christophe Abbet (VS), ou chez Peter Wegelin (GR), Daniel Gantenbein, ou au Domaine Donatsch (GR), ou encore chez Luigi Zanini (Castello Luigi TI), ou Eric Klausener (TI)...

Ou simplement 1 SEULE bouteille chez Jacques Tatasciore (NE), ou Marie-Thérèse Chappaz, Georg Fromm, etc.

Tatasciore, je prends immédiatement, si…


«Quand Dominique Giroud sera disculpé de tout [...] vous aurez les preuves de toutes ces magouilles [...] qui relèvent de l'hégémonie du PDCVS»

Le dessous des affaires judiciaires de D. Giroud, je ne les connais pas. Même si je pense également qu'il y a de l'acharnement médiatique.
Si je l'ai évoqué, c'est que je n'aime pas son type de commerce de vins qui va d'un peu de «correct» à un océan de tout venant, où on ne parle plus en termes de bouteilles mais en kg/hectolitre et en parts de marché à prendre chez Denner, Lidl ou Aldi. …Autant se convertir à l'eau plate comme chez les statistiqueurs, graphiqueurs, séanceurs de chez Julius Bär.

Écrit par : petard | 06 février 2015

«il n'a pas encore digérer l'élection de Oskar Freysinger et il veut son fauteuil »

Si je ne m'abuse, Darbellay est un chasseur... et qu'est-ce qu'on dit: «qui va à la chasse perd sa place» !

Écrit par : petard | 06 février 2015

Oui ben qu'on le veuille ou non, quand on parle de vins suisses, on ne parle pas que de quelques bouteilles de celui-ci ou celui-là...
Et je n'oublie pas que lorsqu'on fait des dégustations à l'aveugle avec les meilleurs experts du monde, ceux-ci ne sont même pas capables de distinguer un blanc d'un rouge, ou alors que les experts français à l'unanimité désignent les vins californiens comme les meilleurs (sauf qu'on leur avait pas dit qu'il y avait des californiens dans le lot...).

Écrit par : Géo | 06 février 2015

Voilà les syndicats qui déclarent la guerre ! Paul "Mélenchon" Rechsteiner veut nous faire les poches...
Ils somment la BNS de faire monter le CHF à 1.30 pour 1 Euro. Pour sauver l'industrie suisse et surtout l'emploi des nombreux travailleurs étrangers concernés. Les Valaisans veulent sauver les Raffineries qui ont coûté 1 milliard en 6 ans et dont l'assainissement va coûter plusieurs milliards. Un gouffre financier gigantesque pour 258 emplois.
Et qui paiera tout ça ?

Écrit par : Géo | 06 février 2015

«Et qui paiera tout ça ?»

En tout cas pas moi. J'ai mis le peu de pièces jaunes que j'avais dans une bouteille d'Evian en PET de 50 cl, que j'ai enterrée sous une haie... Cherches pas, ce ne sont pas des «wienerlis».

Écrit par : petard | 06 février 2015

"une bouteille d'Evian en PET" Ah, tu boycottes aussi Nestlé ?

Écrit par : Géo | 06 février 2015

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