16 avril 2015

BCE: Un tout petit moment de panique

Confusion lors de la conférence de la BCE présidée par Mario Draghi: une activiste entra en scène, escaladant l'estrade derrière laquelle officiait le président de la BCE, suscitant un bref moment de panique pure que les nombreux journalistes présents dans la salle n'eurent aucun mal à capter:

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Attaque terroriste? Pas vraiment. Arborant un t-shirt "Fuck the BCE Dick-tatorship" (que l'on ne traduira pas ici ; bornons-nous à remarquer une certaine morgue à l'égard de l'institution) la jeune femme se contentera d'arroser le monsieur d'une pluie de confettis, scandant la fin de la dictature de la BCE alors qu'elle fut expulsée manu militari par le service de sécurité:

"Vous entendrez nos cris plus forts, plus hauts, dans et hors de vos murs, partout, et vous n'aurez pas de repos."

Mario Draghi reprendra ensuite le fil de son propos comme si l'incident n'avait jamais eu lieu.

D'une certaine manière, cet épisode n'a rien de particulier. Pendant politique des flashmobs, l'omniprésence de manifestants divers et variés agissant soudainement est devenu un lieu commun, de l'entartage à d'autres formes de protestation. Pas plus tard que le même jour aux USA, un manifestant protestant contre la corruption de Washington se posa au Capitole avec un mini-hélicoptère.

Les Femens ont elles-mêmes largement contribué à la banalisation de ces manifestations ; la femme du jour, Joséphine Witt, est d'ailleurs une ancienne membre de ce mouvement féministe. Si elle reçut la formation lui permettant d'organiser ce genre de happening, elle inscrit son action en totale indépendance avec les Ukrainiennes seins nus en couronnes de fleur, revendiquant seulement une posture résolument anti-BCE.

josephine witt.png

Le tract préparé par l'activiste (récupéré depuis Zerohedge) montre une étonnante clairvoyance de la part de la jeune femme de 21 ans:

Nous sommes propriétaires de nos vies -
et face à l'environnement de puissance écrasante émanant de la police monétaire de la BCE, il est parfois difficile de le garder à l'esprit.

Nous sommes propriétaires de nos vies -
et elles n'ont pas à être les jetons que la BCE emploie dans ses paris,
n'ont pas à être jouées, vendues, détruites.

Nous sommes propriétaires de nos vies!
sera le cri de ralliement de ceux qui font face à la répression,
quand nous commencerons à voir notre pauvreté comme autre chose qu'une défaite personnelle ou une destinée inéluctable.

BCE,
maîtresse de l'univers,
je viens te rappeler qu'il n'y a pas de dieu,
mais des gens, derrière ces vies,
et que si tu règnes au lieu de servir,
(...) tu ne connaîtras pas de repos.

Et pendant que la BCE ne fait que persister dans son hégémonie autocratique, se reposant sur la surveillance des Etats et la police,
la violence quotidienne est finalement enracinée ici (...)


Et encore:

[Nous] n'accepterons pas l'histoire folle que la BCE veut nous imposer où même la liberté d'expression et la dignité doivent être vendues aux banques pour que nous puissions survivre.


Toutes les articulations du discours ne sont pas claires mais relèvent du même sentiment: d'une part, la BCE joue avec la vie des gens et d'autre part, la BCE est désignée comme le centre de décision, et non l'exécutant, des politiques affectant la zone euro toute entière. La nuance est bienvenue alors que la BCE entretient des liens incestueux avec Goldman Sachs et agit sans rendre le moindre compte aux élus.

Si Mario Draghi a gardé son flegme, nul doute que les futures conférences de presse de la BCE seront surveillées d'un peu plus près - des gorilles un peu plus baraqués, un peu plus nombreux et un peu plus vigilants... Cela empêchera peut-être de nouveau débordements du style d'hier, mais rendra aussi encore moins crédible l'illusion d'une BCE œuvrant dans le sens de l'intérêt commun.

Commentaires

Bof. Vous voilà un admirateur des Indignés, des Stéphane Heyssel de pacotille et autres protestataires de salon ? Cette nana a fait ça pour se faire voir, c'est réussi et ça s'arrête là. Je serai pour les entartages quand j'aurai vu Ziegler, Savary ou autres socialistes caviar entartés. Et ce n'est pas pour demain...

Écrit par : Géo | 17 avril 2015

En apparté. Dites nous voir comment on vous enseigne la notion de respect dans votre pays d'origine? Because....

Ce gros malhonnête de président qui parle de "miracle suisse" ou comment insulter tout un peuple voisin qui le reçoit en visite en grande pompe et qui grâce à ce travail collectif ardu et acharné fait la prospérité de notre pays et pas les miracles à la sauce hollandaise!

Par dessus il en remet une couche en demandant de respecter les frontaliers qui travaillent en Suisse, c'est quoi sa notion du respect à lui?

Écrit par : Corélande | 17 avril 2015

Ouais... j'aime bien le frontalier, surtout quand s'en est un qui est vendeur chez Mercedes ou bmw et qui justifie le grand écart de 20 à 25% avec les prix réels en Allemagne, pour soit-disant pour faire marcher l'économie suisse. Là, j'ai envie de démonter le garage... et envoyer le gugus se faire voir chez PSA... à domicile !

Écrit par : petard | 18 avril 2015

....et frontaliers à la caisse (dans un garden) qui ne savent même pas compter. L'autre jour on m'a rendu la monnaie sur Fr. 50.-- alors que j'avais donné 20.-- Pour la première fois de ma vie, j'ai encaissé et suis partie sans rien dire!

C'est pour la pomme des patrons et c'est bien fait pour eux puisqu'ils préfèrent engager du personnel nul, faut aussi qu'ils en paient les conséquences, pas seulement à nous de subir tous les inconvénients!

Écrit par : Corélande | 19 avril 2015

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