26 mai 2015

L'ignoble impôt sur la mort

Le 14 juin le peuple suisse devra se prononcer sur une initiative "soulager les revenus - renforcer l'AVS" destinée à instaurer un impôt fédéral sur les successions.

On peut dire en la matière que la gauche derrière ce texte fait montre de persévérance - à défaut de suite dans les idées - en tentant pour la quatrième fois d'imposer ce thème aux citoyens, après des échecs en 1919, 1946 et 2003. La droite et les PME à travers l'Union Suisse des Arts et Métiers (USAM) sont vent debout contre la proposition.

Les changements demandés par le texte sont assez clairs:

  • Introduction d'un nouvel impôt fédéral sur les successions dont les revenus profiteront pour deux tiers à l'AVS et un tiers aux cantons ;
  • Le taux est à 20%, moyennant une franchise de deux millions ;
  • Des mécanismes annexes visent à fiscaliser les donations ou a contrario à permettre des facilités de paiement pour les petites entreprises ou les exploitations agricoles.

Panique chez les petits patrons

L'initiative pour un impôt fédéral sur les successions mélange tant les genres que l'USAM tenta une requête en nullité sur la base de son caractère anticonstitutionnel pour cause de défaut d'unité de matière - l'initiative mêlant sans vergogne un nouvel impôt et le financement de l'AVS tout en empiétant sur les prérogatives constitutionnelle des cantons en matière de fiscalité. Naturellement la manœuvre ne fut pas suivie et c'est désormais au peuple de s'exprimer.

Si les dirigeants de PME paniquent, c'est parce que l'impôt vient grever les fruits du travail de leur vie. Il suffit que le patron soit simplement propriétaire de son logement pour que l'essentiel de la franchise de 2 millions soit déjà atteint, laissant ses héritiers en face d'une ardoise liée à la valeur de l'entreprise estimée par le fisc.

Comment s'y préparer? Le volet de la donation est lui-même soumis à l'impôt au-delà de la somme (dérisoire) de 20'000 francs par héritier et par an. L'alternative serait de constituer des réserves financières pour faire face au paiement, mais cette possibilité est très impraticable: on ne sait pas quand on meurt, et il faudrait réactualiser les réserves d'année en année avec de l'argent qui manquerait de toute façon au développement de la société. Rassembler un trésor de guerre de 20% de la valeur estimée d'une entreprise est une gageure dont peu de PME seraient capables.

Pour les entreprises dont les dirigeants décéderaient peu de temps après l'adoption de l'initiative, l'effet serait proprement dévastateur: leurs héritiers se retrouveraient frappés de plein fouet par un impôt dont ils ne pourraient s'acquitter qu'en cédant l'affaire familiale à vil prix ou en s'endettant lourdement.

L'hypothèse n'est pas anodine. 80% des entreprises suisses sont familiales et leurs dirigeants vont vieillissant, si bien que 20% d'entre elles devraient être transmises à la génération suivante dans les cinq ans à venir. Cela donne une idée du massacre du tissu socio-économique suisse qui résulterait de cet impôt sur la succession. Il ne fait aucun doute que si l'initiative passe, la délocalisation sera une solution adoptée par nombre d'entrepreneurs pour sauver leur patrimoine. D'autres entreprises disparaîtront purement et simplement, soit avec la mort de leur propriétaire, soit parce que les provisions pour les céder auront détruit leur rentabilité.

L'égalité à coup de bottes

Si l'emploi et la compétitivité helvétiques sont sur la sellette, ils ne sont pas les seuls concernés. L'impôt sur les successions affectera largement le simple quidam. Les maisons ou les entreprises transmises seront ainsi évaluées à leur "prix du marché" et non à leur estimation fiscale, ce qui poussera la masse successorale au-delà des 2 millions de franchise bien plus souvent que ce que prétendent les initiants.

fiscalité,votation du 14 juin 2015,socialisme,initiativeSur le plan strictement financier, les grandes fortunes officiellement visées par le texte auront beau jeu de mettre les voiles plutôt que de passer leurs derniers jours en Suisse ; l'impôt tue l'impôt et la gauche nous rejoue la partition pas très futée de la votation contre les forfaits fiscaux.

Derrière les appels peu sincères à contribuer à l'AVS ou à participer à "l'effort commun" (que les socialistes de gauche comme de droite rendent plus difficile chaque jour en augmentant sans cesse le périmètre de l'Etat) les partisans du texte ne font guère mystère de leurs intention: l'introduction d'un impôt massif de 20% sur les successions vise à corriger une "injustice", à savoir la notion même d'héritage.

L'initiative permettra de taxer trois fois le même franc, d'abord au nom de l'impôt sur le revenu, puis au nom de celui sur la fortune, et enfin celui sur la succession. Cette injustice-là ne semble guère émouvoir la gauche.

L'argument de la justice sociale fait de même hausser le sourcil quand on sait que les institutions d’utilité publique sont au bénéfice d'une exemption totale de cette taxe sur les successions. Vos propres enfants seront taxés à 20% mais si vous choisissez de léguer votre héritage à une association pas du tout politique comme le WWF, alors là pas de problème! Les socialistes ont toujours l'égalité à la bouche, mais pas au point d'oublier les copains!

On aimerait enfin un grand débat sur le sens de la justice sociale prôné par la gauche, car enfin, la contradiction est stupéfiante: il serait inacceptable de gagner de l'argent "sans rien faire" au travers d'un héritage parce que ce serait une injustice... Alors que les politiques de redistribution prônées par la gauche à longueur de journée reviennent exactement à cela.

La mort n'arrête pas le fisc

Nous pourrions discuter longtemps d'un taux approprié de TVA ou de la progression de l'impôt sur le revenu mais ces prélèvement ont une nature fondamentalement différente: ils correspondent à l'exercice d'une volonté humaine, qu'il s'agisse de consommer ou de travailler.

L'impôt sur les successions est différent - il frappe dans la mort, et des tiers innocents puisqu'ils ne sont pas à l'origine de la masse successorale.

Le plus abject dans cet impôt est sans doute la façon dont il touche ses victimes. Il atteint les familles au moment où elles sont malheureuses et vulnérables suite au décès d'un proche. Non seulement il faut pleurer la perte et organiser des obsèques mais encore trouver le temps de répondre à la rapacité d'un État incapable de se satisfaire de ce que le défunt aura déboursé sa vie durant pour sa fiscalité.

Disons-le et répétons-le, la masse successorale promise à la taxation est déjà passée par l'impôt sur la fortune, l'impôt sur le revenu, la TVA et toutes les taxes redistributives tant vantées par les collectivistes. L’État s'est déjà servi, et il se sert encore!

L'impôt sur les successions est là pour nous rappeler - à coup de masse avec un taux de 20%!- que l'impôt est une punition perpétuelle. Rien ne nous appartient vraiment, ni à nous, ni à nos proches, ascendants et descendants. Le détenteur ultime est toujours in fine l'État, gourmand et insatiable. Le deuxième carcan, la taxation sur les donations, est aussi là pour nous rappeler non moins lourdement qu'il n'est pas question d'échapper à son destin, en tentant par exemple de prendre ses dispositions avant son décès. Même le temps n'est pas un obstacle puisque la gauche se permet carrément de remonter dans le temps avec un effet fiscal rétroactif jusqu'en 2012. La prison fiscale est en place.

On a coutume de dire qu'il n'y a que deux certitudes dans l'existence: la mort et les impôts. En Suisse, le peuple aura l'occasion de dire ce qu'il pense de la seconde le 14 juin. Si j'ai peu de doute que le peuple renverra les vautours socialistes à leurs branches mortes, il faut encore que le rejet viscéral de cet impôt anachronique et infect fasse son chemin et disparaisse pour de bon même des fiscalités cantonales, car si la plupart y ont renoncé ce n'est pas le cas de tous, dont le canton de Vaud.

Que l’État ait besoin d'argent on peut l'admettre, mais le fisc ne fait pas partie de la famille. Pas question qu'il s'invite aux obsèques!

Commentaires

la gauche confond politique et maitres chanteurs! la gauche ne sait qu'inventer des peurs afin d'exprimer ses propres trouilles
Ce qui confirme l'adage qui s'en prend s'en ressent ou qui utilisera la peur à mauvais escient la verra se retourner contre soi
Quand on a compris ces enfantillages qui n'ont rien à faire en politique on vote en fonction et le peuple de plus en plus est entrain de se réveiller pour montrer sa désapprobation face à ces nouveaux esclavagistes
Très belle journée Monsieur Montabert

Écrit par : lovejoie | 27 mai 2015

Oh là là, que je vous trouve partisan de mauvaise foi. Ca m'embête parce que cela vient des socialistes, mais j'ai voté oui!

Venant des Vaudois cela me fait rire, M. broulis va perdre ses 780 millions par an, c'est tout ce qu'il défend, mais pas les petits épargnants que nous sommes en grande majorité qui seront exclus de tout impôt. (rien jusqu'à 2 millions et pour les entreprises 50 millions et rien pour les Agriculteurs).

Pour ces derniers je vous rappelle, Monsieur, que l'état leur pique 40% de leurs biens dès lors qu'ils arrivent à la retraite et que les biens d'exploitation passent dans la part privée. Beaucoup de jeunes ne peuvent pas actuellement prendre la relève à cause de cette escroquerie d'état.

Par ailleurs, mieux vaut taxer les riches; une fois n'est pas coutume, cela d'autant qu'ils ont toujours les moyens de passer entre les gouttes, mais pas au seuil du paradis cette fois, plutôt que de faire payer à tous, donc y compris aux plus pauvres et les moins aisés de ce pays, par une augmentation future de 1,5% de la TVA pour soutenir la pérennité de l'AVS.

Écrit par : Corélande | 27 mai 2015

@Corélande: Les socialistes pensent que ce nouvel impôt (à 20%, sachons vivre) rapporte 3 milliards, eh bien, ces trois milliards, il va bien falloir les sortir de la poche des contribuables. Vos poches, quoi.

Mais en fait, ils se trompent sur les chiffres, évidemment. Il y aura tous les pauvres qui ne sont pas concernés, et tous les riches qui ne le seront pas non plus - si vous pensez d'un type à la tête d'une fortune de 50 millions va se laisser plumer de 10 en transmettant à ses enfants, vous êtes bien naïve. Les riches sont plus malins que vous (et moi) et si "taxer les riches" fonctionnait où que ce soit dans le monde ça se saurait depuis le temps, vous pensez bien!

Restent donc la classe moyenne supérieure, assez prospère pour être concernée par l'impôt mais pas assez pour lui échapper, et les entrepreneurs et les paysans, coincés sur place par leur patrimoine. On se réjouit déjà de tous les chômeurs qui surviendront lorsqu'ils délocalisent ou mettent la clef sous la porte.

"Pour ces derniers je vous rappelle, Monsieur, que l'état leur pique 40% de leurs biens dès lors qu'ils arrivent à la retraite et que les biens d'exploitation passent dans la part privée. Beaucoup de jeunes ne peuvent pas actuellement prendre la relève à cause de cette escroquerie d'état."

Donc l'idée c'est de rajouter une nouvelle escroquerie par-dessus?

En outre, l'AVS est un schéma de Ponzi comme toutes les retraites par répartition ; vouloir le sauver ou même le prolonger est un acte criminel. Le choix d'une hausse de la TVA ou d'un impôt sur les successions est un faux choix, comme de laisser à un individu le "choix" entre le peloton d'exécution ou la corde ; la véritable solution serait de mettre un terme à cette aberration de l'AVS et faciliter l'accès à la retraite par capitalisation, avec une longue période de transition pour que personne ne soit lésé.

Si vous pensez que l'impôt sur la mort est une bonne idée, pourquoi simplement voter votre approbation? Rédigez donc un testament en faveur de l'Etat et mourez avec le sens du devoir accompli. Nul besoin de forcer les autres.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 mai 2015

En tant que Vaudois, quiconque dispose de moins de 2 millions de francs de fortune a tout intérêt à voter oui à cette initiative. Notre canton impose les successions. Pour 1 million (imposable) d'héritage à Lausanne, c'est 70'000 francs d'impôts en tout. Avec cette initiative, fini. Seules les plus grandes fortunes paieront. Avec un impôt à 20%, il faudra d'ailleurs hériter d'au moins 2,5 millions pour payer plus qu'aujourd'hui. A qui donc profiterait un non vaudois? Je rejoins donc Corélande.

Écrit par : R. Affoltern | 27 mai 2015

@R. Affoltern: il n'est jamais bon de préférer les calculs aux principes. C'est bien gentil de compter pour les Vaudois avec moins de 2 millions de francs de fortune mais est-ce vraiment le genre de scénario que vous tenez à répéter pour vous, vos enfants, cousins et amis, pour les siècles des siècles? Croyez-vous que la Constitution se change si facilement pour retirer un impôt une fois qu'il est instauré? Ôter un impôt cantonal pour instaurer à la place un impôt fédéral? Quelle myopie!

"A qui donc profiterait un non vaudois?" demandez-vous? Mais je vous retourne la question: "A qui donc profiterait un oui vaudois?"

- Soit l'initiative est acceptée sur le plan fédéral et le Oui vaudois sera noyé dans la masse (double majorité oblige), M. Broulis pleurera à l'antenne ses millions perdus quoi qu'on ne sache pas tellement avec les prévisions pifométriques des socialistes, ce que toucheront les cantons avec le tiers qui leur est réservé.

- Soit l'initiative est refusée sur le plan fédéral et dans une mer de Non le Oui vaudois sonnera comme la confirmation de l'anachronisme de cet ignoble impôt sur la mort à l'échelle cantonale, M. Broulis sera tout content que le corps électoral soutienne l'impôt successoral vaudois (lui et les médias le prendront comme tel) et les timides voix militant pour son abolition se tairont pour encore vingt ans.

Cette seconde hypothèse étant la plus probable, mieux vaut réfléchir au sens du message que vous tenez à envoyer au Château.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 mai 2015

Faut arrêter vos conneries; cette menace de délocalisation à tout va, faut laisser cela au PLR ou alors changer de parti!

Broulis a dit à Infrarouge encaisser 780 millions sur les successions par an; rien que le canton de Vaud, alors on y sera vite à 3 milliards avec les 25 cantons restants! (N'ayez pas de soucis pour lui, afin de rester le meilleur des élèves Conseiller d'Etat des finances, il trouvera bien à réévaluer les valeurs fiscales des bâtiments appartenant à l'état de VD)

Bien que les paysans soit le dernier de vos soucis, je vous rappelle que le CF a demandé contre l'avis du Tribunal fédéral de revenir en arrière sur cette maniclette que la fortune d'exploitation passant en fortune privée soit imposée à 40% (le canton de VD est d'ailleurs très friand de cette manne) bien que tout cela soit reporté en 2019....pour l'heure!

Dois-je vous rappeler que notre ministre des finances ment comme elle respire et que pour l'heure s'il fallait changer quelque chose à l'AVS, il faudrait déjà la "découpler" de l'AI, car c'est l'AI qui bouffe les bénéfices, rendements et cotisations de l'AVS! Combien de milliards de dette en faveur de l'AVS.....pour l'AI?

Le message est que s'il faut que quelqu'un paie, se soit ceux qui ont de larges moyens, et pas les petits qui tirent le diable par la queue pour vivre avec peu et se voir encore ponctionner par une future augmentation de la TVA!

Écrit par : Corélande | 27 mai 2015

@Corélande: vous ne croirez aux menaces de délocalisations que lorsqu'elles seront mises à exécution, c'est cela? Un jeu dangereux, je dois dire.

Je ne vois pas très bien non plus où vous lisez que les paysans seraient le dernier de mes soucis.

L'AI est une arnaque, certes, mais cela n'empêche pas l'AVS d'en être une aussi.

"Le message est que s'il faut que quelqu'un paie, se soit ceux qui ont de larges moyens, et pas les petits qui tirent le diable par la queue pour vivre avec peu et se voir encore ponctionner par une future augmentation de la TVA!"

Si vous pensez que les problèmes peuvent se résoudre en faisant payer quelqu'un à votre place vous êtes finalement de la même espèce que les socialistes - un jeu amusant jusqu'à ce qu'on soit à court de l'argent des autres!

Un jour ce sera la TVA, le lendemain l'impôt, le surlendemain les successions, les transactions financières, les taxes de mutation de propriété, l'énergie, l'assurance-maladie solidaire et ainsi de suite, le cirque est apparemment sans fin mais la paupérisation du pays et la disparition de la classe moyenne sont sa conséquence.

L'Etat doit contrôler ses dépenses et sa taille, ce qu'il ne parviendra pas à faire tant qu'il sera malade de son interventionnisme et qu'il voudra s'occuper de toute la misère du monde (une tâche qui fait vivre confortablement nombre de ses serviteurs, rassurez-vous.) C'est là qu'il faut attaquer et pas ailleurs, et surtout pas donner des moyens supplémentaire aux collectivistes qui nous gouvernent.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 mai 2015

@Stéphane Montabert
"Soit l'initiative est refusée sur le plan fédéral et dans une mer de Non le Oui vaudois sonnera comme la confirmation de l'anachronisme de cet ignoble impôt sur la mort à l'échelle cantonale, M. Broulis sera tout content que le corps électoral soutienne l'impôt successoral vaudois (lui et les médias le prendront comme tel) et les timides voix militant pour son abolition se tairont pour encore vingt ans."

C'est une interprétation. Un oui vaudois (le non à l'échelon fédéral ne fait aucun doute) montrerait à mon avis que la majorité (qui est aujourd'hui imposée dès 250'000 francs et qui n'a pas 2 millions de fortune pour la plus grande partie) ne veut pas de cet impôt absurde.

M. Broulis interprétera comme un appui à sa politique fiscale confiscatoire. N'oublions pas que nous ne sommes que 3 cantons à imposer les successions en ligne directe. Et M. Broulis n'a jamais fait un pas dans le sens d'un abandon de cet impôt. Il le défend au contraire comme un impôt juste (à condition que l'argent tombe dans la poche de son département...). Pour lui, il n'y a pas de problème à taxer trois fois la même somme, y compris les morts.

C'est pour cela que je voterai oui dans notre canton. C'est un oui tactique. La gauche a déjà perdu cette initiative au niveau national (tant mieux), on ne peut quand même pas laisser passer les justifications de M. Broulis à un tel impôt sans remettre en cause cet impôt. Or un oui vaudois revient à entériner la situation actuelle. Entre deux maux...

Écrit par : R. Affoltern | 27 mai 2015

Quel beau billet larmoyant, vautré dans le pathos: Montabert, le Zola des riches !

"L'impôt sur la mort". Pouah, quelle horreur! Vous semblez découvrir que la mort fait partie de la vie.. Au surplus, quand on est mort, qu'est-ce que cela peut bien faire au mort d'être taxé ? S'il y a bien un moment de la vie où l'impôt est indolore, c'est bien la mort. C'est donc un moment propice pour réduire les inégalités.

Mais les inégalités, vous semblez vous en foutre comme de votre première chemise. Les seigneurs et les esclaves, vous vous en seriez bien accommodé et vous en accommoderiez bien. Car le mal, c'est bien connu, c'est l'Etat, qui vous pique vos sous pour les jeter par les fenêtres! Pour faire quoi ? Des routes, des hôpitaux, des écoles, la sécurité, bref que des choses inutiles...

Quelle drôle de conception des choses, quelle vision dépravée de la société, quel avenir sordide vous contribuez à créer pour vos enfants et petits-enfants!

Je n'ai pas d'illusion sur le résultat de la votation, les Suisses votant rarement dans leur intérêt objectif sur des sujets comme celui-ci. Pourquoi ? Par bêtise, bien-sûr, mais aussi à cause des oiseaux de mauvais augures qu'est l'aile zurichoise de l'UDC à laquelle vous appartenez et qui dépense des millions en affichage trimestre après trimestre pour convaincre les simples gens de voter en faveur des riches. Vous devriez avoir honte.

Écrit par : Fufus | 27 mai 2015

@Fufus: et c'est moi qui écrit des billets larmoyants, vautré dans le pathos? C'est l'hôpital qui se fout de la charité!

Ce que je trouve le plus pathétique dans votre argumentaire c'est sans doute le coté "quand on est mort, qu'est-ce que cela peut bien faire au mort d'être taxé".

Rassurez-moi, c'est bien la gauche qui prêche chaque jour pour le développement durable, les générations futures et caetera? Et maintenant on peut s'en ficher parce que finalement la mort remet les compteurs à zéro?

Vous n'avez probablement pas d'enfants (en tout cas je l'espère pour eux) mais si vous en avez, quand vous vieillirez vous réaliserez l'absurdité de vos propos face à la continuité de votre famille à travers ce que vous lui transmettez - patrimoine, amour, valeurs.

Pareil pour l'injustice de recevoir de l'argent "immérité": n'est-ce pas ce que la gauche réclame jour après jour avec ses politiques de subventions? Bizarrement vous n'avez pas abordé ce thème soulevé dans mon texte?

Je ne prendrai même pas la peine de répondre à vos hommes de paille où vous inventez à la fois les questions et les réponses. Mais sur le rôle de l'Etat où vous tentez de nous tirer des larmes je n'ai qu'un graphique à vous montrer:

http://www.udc.ch/fr/assets/Image/tableau_Ausgabenwachstum-f.jpg

Mais on a compris votre raisonnement, lorsque vous perdrez cette votation ce sera parce que les autres ont eu plus de surface d'affichage, comme de bien entendu.

@R. Affoltern: j'aime bien votre raisonnement mais je connais aussi nos médias et nos politiques, voyez-vous. Je me réjouis de découvrir la façon dont les résultats vaudois ("Oui" ou "Non moins fort") seront analysés à l'aune du 14 juin, et je vous parie que mon hypothèse d'interprétation l'emportera.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 mai 2015

Je ne trouve nulle part la notion d'espérance vie, qui augmente, pour financer l'A.V.S.
Pour financer des retraites, pour des gens qui vivent de plus en plus longtemps et en meilleure santé, personne ne prévoit d'augmenter l'âge de départ à la retraite à 75 ans, par exemple.

https://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis414t.html

Ils veulent "soulager les revenus" ... si ce vœux était sincère, pourquoi personne n'a demandé la réduction de la taxe sur les produits pétroliers, qui aurait pu faire baisser le prix du litre d'essence à la pompe et permettre une augmentation du pouvoir d'achat ?

De plus, il faut noter aussi la demande particulière de Doris Leuthard d'augmenter la vignette autoroutière à 100 francs, qu'elle avait perdue.

Pomper encore plus d'impôts à la population, est-ce vraiment la véritable mission des politiciens ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27 mai 2015

"surtout pas donner des moyens supplémentaire aux collectivistes qui nous gouvernent".
Donc une bonne raison d'enlever à broulis ces 780 millions pour que cela soit remis à l'AVS, en partie, car il serait temps de penser que nous sommes une communauté et que les plus aisés doivent soutenir les moins argentés.
Pour vos taxes financières c'est déjà les plus riches qui en profitent aisément; vous devez bien connaitre le barème, non?

Et bien qu'ils délocalisent, qu'ils aillent en Chine, où c'est pas loin d'imploser! Dans l'UE; très bon pour les affaires l'instabilité et les mouvements sociaux.....Combien perdent les CFF dernièrement à cause des grévistes allemands ? D'ailleurs il y a pas mal d'entrepreneurs qui en reviennent de la Chine!

Y en a marre de ces arguments libéraux, laissez cela au PLR. A l'UDC justement il y a cette contre-balance entre les Paysans et les Affairistes et ce ne sont pas toujours les derniers qui remportent la mise!

Écrit par : Corélande | 27 mai 2015

Chez Fufus, un coup l'impôt c'est pour réduire les inégalités, un coup c'est pour construire des routes. Décidez-vous...

Vous avez des enfants, Fufus ? Ce ne sont pas les morts qui paient l'impôt sur la succession, ce sont leurs enfants.

Écrit par : Robert Marchenoir | 27 mai 2015

Les socialos qui refusent chaque réforme de l'AVS pour assurer son financement comme le relèvement de l'âge de la retraite sous prétexte que c'est pas nécessaire que les finances de l'AVS sont saines. Par contre pour nous pondre un nouvel impôt là l'AVS a besoin de fric comme par hasard.

@ R. Affoltern,

Vous êtes certain que si l'initiative passe, que l'impôt cantonal sur les successions sera supprimé?

@ Fufus,

" Mais les inégalités, vous semblez vous en foutre comme de votre première chemise. Les seigneurs et les esclaves, vous vous en seriez bien accommodé et vous en accommoderiez bien. "

Pauvre Fufus les esclaves étaient tous égaux. Ils avaient tous le même travail pour le même tarif. Vous arrivez encore à croire à ces histoires de lutte conte les inégalités par l'impôt? Il n'y a pas plus injuste que l'impôt progressif tant vanté par les socialistes.

" à laquelle vous appartenez et qui dépense des millions en affichage trimestre après trimestre pour convaincre les simples gens de voter en faveur des riches. Vous devriez avoir honte. "

Pourquoi il serait honteux de voter pour ceux qui créent des emplois et des nouvelles technologies comme votre ordinateur ou votre téléphone portable. ça vous fait pas honte d'utiliser de la technologie créé par des riches entrepreneurs multimilliardaires et des les enrichir par vos achats?

" Car le mal, c'est bien connu, c'est l'Etat, qui vous pique vos sous pour les jeter par les fenêtres! Pour faire quoi ? Des routes, des hôpitaux, des écoles, la sécurité, bref que des choses inutiles... "

Quand l'état fonctionne selon les principes socialistes comme l'aimeraient Christina Levrat et ses moutons du PS qui veulent en plus nous pondre des nouveaux impôts on arrive au final comme c'est chaque fois le cas avec les socialistes. C'est la faillite. Plus de fric pour les routes, les hôpitaux ou les écoles et même plus de PQ dans les rayons des commerces comme c'est le cas au Venezuela paradis socialiste. Ce n'est pas une vue de l'esprit ça c'est vérifié partout ou le socialisme à triomphé.

D.J

Écrit par : D.J | 27 mai 2015

«Pourquoi il serait honteux de voter pour ceux qui créent des emplois et des nouvelles technologies comme votre ordinateur ou votre téléphone portable.»

On ne va pas refaire dans la lutte des classes, mais quand-même...

Les CERVEAUX qui créent des emplois et des nouvelles technologies ne sont pas forcément riches. Pas besoin de faire un dessin ou des courbes plus tordues que courbes pour savoir que ce sont plutôt ceux qui suppriment les emplois qui sont les plus riches (Holcim, Lafarge, par ex., et tant d'autres).

«ça vous fait pas honte d'utiliser de la technologie créé par des riches entrepreneurs multimilliardaires et des les enrichir par vos achats?»

Ben moi, dans la mesure du possible je boycotte les rats qui bombent le torse costard cravate et qui vous racontent n'importe quels bobards pour s'en mettre plein les fouilles. Je suis vraiment réfractaire à ce genre de crétins et un très mauvais client. Et c'est ma façon de m'enrichir... en revanche j'achète à ceux qui produisent honnêtement à la sueur de leur front des produits de qualité, mais ils se font rares.

Dans ce foutu pays de Vaud c'est aussi difficile de trouver un vrai boulanger qui fait du vrai pain, que de trouver des morilles en hiver au coin d'un bois... C'est sûr que celui qui fait du pain de chez pain, ne va pas léguer grosse fortune à sa descendance.

Conclusion: oui, il faut prendre sur l'héritage des très très très riches, car c'est dédommager la société qui s'est fait escroquer.

Mon père m'a toujours dit qu'on ne devenait pas riche en TRAVAILLANT, ni en élevant des moutons. Il avait raison.

Écrit par : petard | 28 mai 2015

@ D.J.

100% sûr que l'impôt cantonal (et les impôts communaux) sur les successions seront supprimés. Cet impôt serait alors de la compétence exclusive de la Confédération. C'est d'ailleurs ce que déplore Pascal Broulis, qui trouve l'impôt vaudois sur les successions très juste... "C'est mon impôt"...

Pour plus de 90% des Vaudois, un oui signifie la suppression de l'impôt sur les successions (7% à Lausanne - 1 million: 70'000 francs d'impôts maintenant - avec l'initiative 1 million: 0 franc d'impôt. Il faudra hériter de 2,5 millions au moins pour payer plus que maintenant).

Écrit par : R. Affoltern | 29 mai 2015

Fichtre ! En lisant certains commentaires, je vois que les Vaudois deviennent aussi cons que les Français. Est-il possible à la Suisse de faire sécession d'avec Vaud ?

Écrit par : Pierre Henri | 29 mai 2015

@ D.J.

100% sûr que l'impôt cantonal (et les impôts communaux) sur les successions seront supprimés. Cet impôt serait alors de la compétence exclusive de la Confédération. C'est d'ailleurs ce que déplore Pascal Broulis, qui trouve l'impôt vaudois sur les successions très juste... "C'est mon impôt"...

Pour plus de 90% des Vaudois, un oui signifie la suppression de l'impôt sur les successions (7% à Lausanne - 1 million: 70'000 francs d'impôts maintenant - avec l'initiative 1 million: 0 franc d'impôt. Il faudra hériter de 2,5 millions au moins pour payer plus que maintenant).

Écrit par : R. Affoltern | 29 mai 2015

@R. Affoltern : "Pour plus de 90% des Vaudois, un oui signifie la suppression de l'impôt sur les successions (7% à Lausanne - 1 million: 70'000 francs d'impôts maintenant..."
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Si 90% de Vaudois arrêtaient de voter socialiste, ils n'auraient pas ces impôts ! Vous n'avez pas encore compris que le socialisme est une secte qui appauvrit tout le monde ? Ils aiment tellement les pauvres qu'ils les font venir d'Afrique pour former leur futur électorat et vous verrez ce qu'ils feront de vous et de vos nobles idées d'égalité alors. Il faut arrêter de payer 4 milliards par année pour des immigrés qui ne foutent rien et il faut, à la place, utiliser cet argent pour payer les retraités qui ont cotisé toute leur vie. Ils n'ont pas cotisé toute leur vie pour qu'on aille prendre l'argent sur les successions. Ma femme vient d'Europe de l'Est de l'époque communiste et elle peut vous dire ce qui vous attends au bout du chemin. Pour les pensions ou aides diverses, vous pouvez toujours repasser, et c'est eux qui décident combien vous devez gagner, quoique vous fassiez. Il n'y a aucune différence d'idéologie entre le socialisme et le communisme. Le socialisme, c'est quand ils sont encore inférieurs en nombres mais dès qu'ils dominent, ils passent au communisme. Continuez à voter socialiste !

Écrit par : Pierre Henri | 29 mai 2015

@R. Affoltern: donc votre idée c'est de modifier les équilibres de façon à ce que ça joue mieux pour votre propre situation personnelle en l'an 2015? Comme c'est petit! Et que ferez-vous si par talent et travail, vous ou un de vos proches se retrouve dans la situation "pas idéale" d'avoir amassé plus de 2,5 millions de francs au cours de son existence? Vous changerez d'avis alors? Et si vous êtes maladroit et que vous n'avez plus que cent mille francs en tout et pour tout au crépuscule de votre vie, vous plaiderez alors pour un impôt sur les successions de 100% dès le cent mille et unième franc?

Absurde n'est-ce pas, mais j'espère que vous comprenez l'idée. Si vous votez en fonction de votre situation personnelle à un moment donné, vous commettez une terrible erreur. A ce petit jeu vous serez forcément perdant au bout du compte, car vous devenez complice d'une extorsion qui vous reviendra forcément dans la figure sous une forme ou une autre, parce que le monde change et votre situation aussi. C'est ce que je disais en rappelant que les principes doivent l'emporter sur les petits calculs.

Merci à Pierre-Henri de l'avoir rappelé.

Écrit par : Stéphane Montabert | 29 mai 2015

Boudiou, il semblerait que le clientélisme se développe à vitesse grand V, dans ce canton! L'exemple catastrophique de la France voisine ne réveille donc pas certains électeurs? Les notions d'économie de base ne sont pas non plus acquises pour tout le monde? Quand je lis les commentaires, je me dis que la Suisse alémanique va encore une fois nous sauver du naufrage et que j'en ai plus qu'assez de vivre dans un canton gauchiste où les créateurs de richesse doivent payer pour les autres. Les socialistes sont de dangereux idéologues qui préfèrent se ramasser le mur de la réalité en pleine figure que de laisser les systèmes qui fonctionnent s'imposer. Et tant pis s'ils coulent un pays, appauvrissent et affament un peuple, au moins, ils auront gagné et régneront sur une nation exsangue. Le Venezuela est effectivement un excellent exemple, mais personne n'en parle (trop loin, trop dérangeant pour le "Camp du Bien"?), hormis Contrepoints. Par contre, la France qui court à la faillite, avec ses entreprises qui ferment les portes, ses impôts écrasants, son assistanat, son service public lamentable, elle est à nos portes. En ce qui me concerne, si mon pays doit suivre le chemin de la servitude, je mets les voiles pour une nation nettement plus libérale.

Écrit par : Sandra | 29 mai 2015

Sandra, en parlant de nos voisins français, nous célébrons aujourd'hui le dixième anniversaire du refus de la constitution européenne.

http://www.itele.fr/politique/video/il-y-a-10-ans-les-francais-rejetaient-la-constitution-europeenne-125767

Jacques Chirac est celui qui avait annulé le résultat du vote.

Le 29 mai 2005, une majorité de Français (54,68%) rejetait le traité constitutionnel européen lors d'un référendum qui plongea la vie politique française dans une crise durable.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 29 mai 2015

Merci R. Affoltern pour vos précisions.

D.J

Écrit par : D.J | 29 mai 2015

@stéphane montabert
"donc votre idée c'est de modifier les équilibres de façon à ce que ça joue mieux pour votre propre situation personnelle en l'an 2015? Comme c'est petit!"

ma situation personnelle... et celle de plus de 90% des Vaudois!!! A qui profitera un non dans le canton de Vaud? Au gouvernement (et aux municipalités) de gauche, qui pourront continuer à ponctionner tous les petits héritages. A prendre 7% à ceux justement qui héritent de la villa familiale. Je ne comprends pas bien que vous défendiez cela, M. Montabert. Dire qu'il suffit de voter pour la droite, c'est un peu court, et surtout très hasardeux pour la majorité des futurs héritiers vaudois (grandes fortunes mises à part).

Écrit par : R. Affoltern | 01 juin 2015

@S.Montabert
"Mais on a compris votre raisonnement, lorsque vous perdrez cette votation ce sera parce que les autres ont eu plus de surface d'affichage, comme de bien entendu."

C'est effectivement un élément. Mais en plus de la surface, il y a le message: il est plus facile et plus payant de faire peur aux gens avec des slogans et des dessins inquiétants, donc de s'adresser à l'émotionnel, que de s'adresser à leur capacité de raisonnement. Ce faisant, bien des gens votent contre leurs intérêts.

Écrit par : Fufus | 01 juin 2015

@Fufus: l'appel à l'émotion est un moyen de communication comme un autre et en la matière la gauche n'a pas vraiment de leçon à donner à la droite, comme en témoignent ces quelques exemples:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/media/02/02/330388695.jpg

http://www.rts.ch/2013/09/25/12/03/5199121.image?w=900&h=506

http://www.memepasmal.net/media/affiche_ps.jpg

Maintenant, nous sommes tous les deux d'accord que l'appel aux sentiments peut faire voter les gens contre leur intérêt ; c'est juste que nous divergeons naturellement sur l'interprétation de leur intérêt. Pour ma part, je pense qu'un impôt sur les successions détruit encore plus la compétitivité et le tissu social suisse, en plus d'être indéfendable sur le plan éthique, et que les arguments de la gauche sont cousus de fil blanc.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 juin 2015

" Ce faisant, bien des gens votent contre leurs intérêts. "

Surtout quand ils votent socialiste. Parti des impôts et qui ne parle que d'interdire et d'obliger collectivement toute la société.

D.J

Écrit par : D.J | 03 juin 2015

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