03 juin 2015

Duel à Renens

Le 14 juin ne sera pas uniquement l'occasion de s'exprimer sur des enjeux fédéraux mais aussi sur des décisions plus locales, comme une élection complémentaire à la Municipalité de Renens suite à la démission de M. Jean-Pierre Rouyet pour cause de maladie.

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A un an des élections communales dans le canton de Vaud, ce scrutin a valeur de test. Dans la commune la plus à gauche du canton voire peut-être de Suisse, verrons-nous souffler le vent du changement ou, au contraire, assisterons-nous à une confirmation de la puissance locale de l'extrême-gauche?

Par le hasard des circonstances, cette modeste élection complémentaire revêt une importance symbolique sur plusieurs aspects. La gauche étant unie dans le statu-quo derrière le candidat des "Foumis Rouges", l'UDC Renens se lança seule dans la course ; on assiste donc à un duel des plus limpides entre la gauche communiste et la droite conservatrice. Un siège, deux candidats, il n'y aura pas de second tour, aucun calcul, aucune négociation de couloir.

A gauche, Didier Divorne, pur produit de l'establishment politique local: conseiller communal, député au Grand Conseil vaudois, syndicaliste aux CFF. Son élection à la municipalité s'inscrit presque comme un passage obligé d'une carrière politique professionnelle qui l'amènera sans doute bien plus loin que Renens, s'il franchit l'obstacle.

A droite, Gérard Duperrex, pilier de l'UDC et de la vie associative locale, président du conseil communal l'an dernier, dont l'expérience politique dans le canton de Vaud et le cheminement tout autour du globe mériteraient un livre... Et pour Renens, le candidat d'une rupture avec le modèle d'affaire choisi par la gauche pour la ville depuis plus d'une décennie.

Bétonnage ou respect du cadre de vie? Subventions ou équilibre financier? Animation de rues ou sécurité? On pourrait discuter longtemps des positions des uns et des autres mais une image valant mieux qu'un long discours, voilà le dos du flyer de campagne de M. Divorne, selon lequel "chaque voix compte"...

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Y a-t-il le romanche?

Qu'on se rassure, Renens restera à gauche de toute façon. Si M. Duperrex l'emporte, la composition de l'équipe municipale sera de 1 Fourmi Rouge, 2 PS, 1 Vert, 2 PLR et 1 UDC, soit encore une majorité de gauche.

Non, l'intérêt du flyer est en bas de page: un appel à voter pour M. Divorne en 23 langues différentes, et je doute que M. Divorne soit lui-même en mesure de les identifier toutes. Je crois qu'il n'y a pas de meilleure illustration de ce pourquoi chacun se bat et de l'électorat qu'il courtise ; en la matière, la gauche de Renens poursuit ses objectifs immigrationnistes et multiculturalistes. A l'occasion de cette élection complémentaire, elle espère bien un retour d'ascenseur.

A Renens où on collectionne les nationalités comme d'autres les Pokémons, pareille attitude fait partie du paysage ; les intérêts étrangers s'invitent régulièrement en politique et donnent un assez bon aperçu des manœuvres qui auront lieu lors des élections dans la Suisse de demain - dans pas très longtemps au rythme actuel.

Avant qu'on ne me fasse un mauvais procès, je rappelle que l'UDC Renens comportait 30% d'élus non-suisses au conseil communal en début de législature, de très loin le groupe politique le plus ouvert sur l'étranger de toutes les formations représentées au conseil - et ce sans compter les Suisses naturalisés comme votre serviteur. Mais voilà, il y a deux façons d'aborder les étrangers: comme un réservoir de voix disponibles qu'on achète à coup de cadeaux, ou comme un préalable à l'acquisition de la nationalité au terme d'une intégration réussie (les éléments criminogènes devant eux être impitoyablement renvoyés).

Renens doit-elle rester pour l'éternité un zoo paléo-communiste? Nous verrons le 14 juin la position des Renanais en la matière.

Commentaires

Sans connaître particulièrement la situation locale, je dirais qu'il est malsain d'avoir un tiers d'élus étrangers dans une commune. Même s'ils sont parfaitement "intégrés". Ce n'est pas le problème.

Si la citoyenneté se sert pas à délimiter le droit de vote, que signifie-t-elle ? Que reste-t-il aux citoyens ? L'obligation du service militaire ? Les étrangers résidents auraient donc le droit suprême d'influer sur la politique de la commune, et pourraient se soustraire au devoir suprême de donner leur vie pour le pays (au moins en théorie) ? En somme, il serait moins avantageux d'être suisse qu'étranger ?

Je serais suisse, je ressentirais très mal cette situation (mais c'est valable pour tous les pays). Il y a injustice, déséquilibre et danger pour la paix sociale à long terme.

La preuve : on en est à tenter de départager les politiciens qui font appel aux étrangers "intégrés", de ceux qui se servent d'eux comme réservoir de voix clientéliste. Distinction parfaitement subjective et totalement floue. Qui donc va reconnaître qu'il manipule les étrangers dans le seul but de recueillir leur voix ? Comment faire la différence entre le mauvais politicien clientéliste et le bon politicien qui intègre les étrangers ? En définitive, c'est toujours le rapport de forces qui commande.

A problème simple, réponse simple : le droit de vote est une prérogative du citoyen.

Écrit par : Robert Marchenoir | 03 juin 2015

voici la réponse à ton sympathique concours, Stéphane, après le français, l'allemand et l'anglais que tu auras bien entendu reconnus:

albanais: Voto për Didier
arabe : صوت ديدييه
bosniaque: Glasajte za Didier
catalan: Vota per Didier
Espagnol: Vota por Didier
Grec: Ψηφίστε για τον Didier
hebreu: להצביע עבור דידייה
Hindi: डिडिएर के लिए वोट दें
Italien: Votate per Didier
japonais: ディディエに投票
macédonien:Гласај за Дидие
Néerlandais: Stem op Didier
portugais:Votai no Didier
Russe: Голосуйте за Дидие
Rwandais: Muzatore Didier
serbe:Гласајте за Дидиер
Tamoul: Didierக்கு வாக்களியுங்கள்
turc: Didier oy ver
vietnamien: Vote cho Didier

Écrit par : Didier Divorne | 03 juin 2015

@Didier: merci pour ton aimable traduction, instinctivement j'avais un peu compris le sens général.

Ça n'a pas dû être facile à écrire avec ton clavier suisse!

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 juin 2015

En tête de son flyer, il est écrit : les suisses et les étrangers. Faute plutôt significative : il aurait fallu mettre une majuscule à "suisses" alors que "étrangers" restaient en minuscules. L'insulte xénophobe...
Alors on a laissé "suisses" en minuscules...
Oui, c'est significatif.

Écrit par : Géo | 04 juin 2015

En tout cas on sait pour qui votera l'auteur de cet article... A quand un blog de la gauche de la gauche sur 24H histoire d'équilibrer la parole politique

Écrit par : CélineM. | 04 juin 2015

Je vais y penser, Céline, je vais y penser... ;-)

Écrit par : Didier Divorne | 04 juin 2015

Les commentaires sont fermés.