18 juillet 2015

Vive l'Iran nucléaire!

La décision "historique" est enfin arrivée: l'Iran rejoint à nouveau le concert des nations fréquentables, grâce à la signature d'un traité longuement négocié entre les Occidentaux et le régime des mollahs - traité qui a en plus l'avantage de permettre, à terme, à l'Iran de posséder l'arme nucléaire.

Relisant mon billet précédent sur le sujet écrit il y a près de deux ans, je ne peux que m'attrister de l'absence de progrès réels sur le dossier alors que l'Iran fabrique toujours sa bombe. De guerre lasse, les masques sont tombés: les négociateurs occidentaux ont tout simplement renoncé à interdire à l'Iran d'avoir l'arme atomique.

Comment en est-on arrivé là? Et comment peut-on arriver à présenter ce fiasco comme un succès?

L’électricité nucléaire civile à tout prix...

Pour comprendre le dossier il faut commencer par démonter un mensonge fondamental dont découlent tous les autres. Par chance, il est tellement énorme que la tâche est aisée.

Pour différentes raisons un certain nombre de commentateurs, journalistes, politiciens, diplomates mêmes, affirment que l'Iran ne chercherait pas à se doter de l'arme atomique comme on l'accuse, mais seulement à disposer de centrales électriques fonctionnant à l'énergie nucléaire civile. En un mot, ils adhèrent complètement à la propagande officielle iranienne. Heureusement, comme la plupart des propagandes officielles (et encore davantage lorsqu'elles ont pour origine un régime totalitaire peu soucieux de vraisemblance) ces affirmations ne tiennent pas debout cinq minutes. Pour tout dire, même l'Iranien de la rue n'y croit pas.

Détail révélateur, sur l'échiquier politique la plupart de ces gens sont classés à gauche. Même leur crédibilité feinte ne colle pas: ils s'opposent à l'énergie nucléaire chez eux en soutenant mordicus qu'elle n'est "pas assez sûre", mais tiennent absolument à ce qu'un régime totalitaire du tiers-monde installé sur une zone sismique notoire puisse en disposer! Pareille largeur d'esprit laisse pantois...

Mais revenons au texte pour rappeler un fait: selon le Traité de Non-Prolifération nucléaire, tous les pays signataires ont un droit "inaliénable" à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques - article 4. Des dizaines de régimes de part le monde ont ou font construire des centrales nucléaires civiles. Il est possible de traiter les barres d'uranium enrichi fournies à ces pays pour qu'elles soient à jamais inexploitables pour la production d'une bombe. Ces pays accueillent les inspecteurs de l'AIEA en bon ordre et sont d'une totale transparence sur leurs installations nucléaires, ce qui leur permet en échange de bénéficier du soutien et du respect de la communauté internationale et, bien sûr, de courant électrique.

Cela n'intéresse pas l'Iran.

Depuis vingt ans, l'Iran a préféré construire des sites d'enrichissement secrets planqués dans des bunkers si profondément enfouis dans les montagnes qu'il faudrait probablement des ogives nucléaires (quelle ironie) pour en venir à bout. L'Iran a extrait du minerai d'uranium de mines secrètes. L'Iran a procédé à l'enrichissement de gaz d'uranium avec des milliers de centrifugeuses en toute illégalité vis-à-vis des traités de non-prolifération. L'Iran s'est constitué des stocks d'uranium enrichi à un taux et un volume sans le moindre rapport avec une utilisation civile ou médicale. Et une fois tout ce cirque découvert, plutôt que de renoncer, l'Iran a préféré supporter des sanctions commerciales internationales nuisant à sa population et continuer à tergiverser pendant des années pour cacher l'étendue de l'avancement de son programme...

Le tout étant bien sûr dans le but de produire du courant pour la population. Quelle persévérance!

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(cliquez pour agrandir)

De deux choses l'une: soit quelqu'un est assez naïf pour croire sincèrement à cette fable et doit cesser séance tenante toute activité intellectuelle impliquant de séparer le vrai du faux ; soit il n'y croit pas vraiment mais fait semblant, et devient dès lors consciemment complice du régime et de son programme. Pourquoi certains franchissent-ils ce pas? En creusant un peu on découvre assez facilement de multiples explications personnelles ou idéologiques: intérêts commerciaux, motivation religieuse, "rééquilibrage" des forces de la région, certitude de ne pas être concerné, souhait de voir Israël détruit, etc. Le cynisme se mêle à l'ignorance ou à l'antisémitisme le plus crasse.

Ne pouvant trancher chaque situation individuelle, nous choisirons de défausser l'opinion de quiconque défendra la thèse du nucléaire civil iranien, qu'il ou elle choisisse sciemment d'être complice ou soit juste un(e) imbécile.

Reste à discuter du fond, c'est-à-dire des efforts iraniens pour acquérir l'arme atomique.

Un processus diplomatique biaisé

Les Iraniens mentent en affirmant ne pas vouloir l'arme atomique. Les Occidentaux font poliment semblant de les croire. De cette hypocrisie criminelle découlent deux choses:

  • Les négociateurs iraniens ne sont pas des interlocuteurs dignes de confiance dans des négociations diplomatiques. Concrètement, cela signifie qu'ils ne respecteront probablement pas la lettre et certainement pas l'esprit des traités signés. Nous en avons une preuve récente: le régime iranien actuel a délibérément violé le Traité de Non-Prolifération Nucléaire dont il était pourtant signataire. A partir de là, comment lui faire confiance?
  • Ils ne négocient que pour obtenir des concessions de la part de l'autre partie, en échange garanties soit invérifiables, soit incomplètes, soit trop tardives pour les détourner de leur objectif final.

Dans ce contexte, les tractations diplomatiques s'apparentent à un souper avec le diable ; impossible d'en sortir vainqueur.

Comme l'avait écrit Ronald Reagan, contre un régime tyrannique les mots ne sont que du vent et les traités seulement du papier. Seule la menace d'une intervention militaire peut vraiment effrayer un tyran. L'ancien président écrivait ces mots à une époque différente mais ils gardent leur justesse à travers le temps. Nous en avons eu la preuve récemment - rien de moins que dans le dossier nucléaire iranien lui-même.

En 2003, le programme d'enrichissement nucléaire iranien est brutalement interrompu. La raison? La présence de dizaines de milliers de G.I. dans un pays voisin de l'Iran, tout près de la frontière, venus renverser Saddam Hussein... A l'époque, l'Occident présentait un front uni et se donnait les moyens de sa politique. Le risque d'être découvert et peut-être en guerre fit réfléchir à deux fois même les mollahs les plus extrémistes.

Malheureusement, une fois que George W. Bush laissa en 2008 son siège de président au futur Prix Nobel de la Paix, la donne changea. Les Américains se retirèrent d'Irak et envoyèrent de plus en plus de signaux contradictoires quant à leurs objectifs et à leur volonté combative. Sous la bienveillante administration Obama les affaires nucléaires iraniennes purent reprendre de plus belle.

"L'Accord"

Après 22 mois de négociations, le groupe des 5+1 (USA, Chine, Royaume-Uni, France, Russie et Allemagne) signa avec l'Iran un document de plus de 100 pages. En échange d'une levée des sanctions économiques contre le pays, celui-ci s'engage à réduire l'essentiel de son stock de centrifugeuses servant à l'enrichissement, à fermer la porte de la filière de fabrication d'une bombe au plutonium, et à laisser des experts de la communauté internationale surveiller les installations par vidéo, posant des scellés et s'assurant que l'Iran respecte ses engagements.

Pour une lecture dithyrambique des termes de l'accord, on lira ce qu'en pense l'expert en non-prolifération Joe Cirincione, bien que faisant preuve d'un soupçon de réalisme à la fin de sa prose:

Reste qu'avec cet accord, l'Iran conserve des capacités significatives. Il serait préférable de raser l'ensemble de son complexe nucléaire et de saler la terre pour que rien ne repousse. Mais nous ne sommes pas Rome, et l'Iran n'est pas Carthage. L'accord qui vient d'être conclu est la meilleure option possible. (...) L'histoire n'est pas terminée pour autant. La signature de cet accord est une victoire majeure, une étape d'importance – mais ce n'est qu'une étape.


Une étape vers un abandon total de la filière nucléaire iranienne, de son point de vue. M. Cirincione est certainement quelqu'un de très honorable, mais peut-être aussi un peu naïf. Il suffit de voir les réactions côté iranien pour comprendre que le même texte n'est pas vraiment compris de la même façon - laissant échapper un discours très différent sur le même accord:

Téhéran - L'Iran, qui a accepté de brider son programme nucléaire dans le cadre de l'accord avec les grandes puissances, n'abandonne pas ses ambitions et va poursuivre ses recherches pour décupler ses capacités d'enrichissement au terme des dix ans de pause prévus. (...)

L'accord historique conclu à Vienne mardi permet à Téhéran de reprendre ses travaux de recherche et de développement sur les futures centrifugeuses IR-6- et IR-8, beaucoup plus performantes que les vieilles IR-1 dont il dispose pour enrichir l'uranium. (...) Ali Akbar Salehi, patron de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), a déjà prévenu qu'après l'entrée en vigueur de l'accord, l'Iran commencerait rapidement les recherches sur les centrifugeuses IR-8. Selon les termes de l'accord, l'Iran pourra commencer la production des machines IR-6 (dix fois plus puissantes que les IR-1) et IR-8 (20 fois plus puissantes) au bout de huit ans.

 
Le traité permettra donc à l'Iran de procéder à la modernisation de son stock de centrifugeuses IR-1 ("un peu des vieilles Citroën des années 1930" précise une source iranienne) en échange de modèles bien plus performants. L'objectif avoué est d'atteindre une capacité d'enrichissement équivalente avec un plus petit nombre de machines. Le traité évalue les limites en terme de nombre de centrifugeuses et pas selon la puissance individuelle de chacune...

De plus, comme le soulignent les Iraniens, l'accord signé n'engage les Iraniens que pour une période de dix ans: après, ils auront les mains libres. Comme d'habitude les négociateurs occidentaux ont juste cherché à gagner du temps plutôt qu'à résoudre le problème, quitte à l'aggraver.

Une nouvelle donne géopolitique

iran_vienne.jpgL'évolution future du moyen-orient est totalement indéchiffrable. Pour ne parler que des factions locales, l'Iran chiite et l'Arabie Saoudite sunnite luttent par pays interposés pendant que la Turquie se rêve en grande puissance, l’État Islamique n'étant qu'un pion de plus dans ce jeu de pouvoir.

Il y a néanmoins d'indiscutables vainqueurs. Citant Nicolas Gauthier:

Pour Téhéran, le succès est à la fois intérieur et extérieur. Dans la première configuration, levée d’embargo oblige, il retrouve tous ses avoirs financiers gelés à l’étranger et offre aux investisseurs internationaux un juteux marché de plus de 80 millions de consommateurs potentiels. Dans la seconde, l’antique Perse retrouve un rôle de premier plan et plus rien, en Orient, ne pourra se faire sans elle ou son éternelle rivale turque.(...)

Après, la Chine et la Russie, traditionnels alliés de l’Iran, qui boivent du petit-lait. Deux immenses nations plus qu’émergentes qui n’ont rien à perdre et tout à gagner dans l’affaire. Deux antiques civilisations dont la géopolitique ne se résume pas qu’aux « droits de l’homme », moulin à prières dont on voit les cruelles limites depuis quelques décennies.


La régularisation de la situation iranienne n'a pas que du mauvais. Si le slogan "Mort à l'Amérique!" reste d'actualité, l'ouverture économique retrouvée permettra peut-être l'accroissement d'une classe moyenne plus soucieuse de confort que de guerre totale. Le pays, idéologiquement opposé à l’État Islamique, se révèlera peut-être un nouvel adversaire de taille contre le dernier avatar extrémiste en date dans la région.

Malheureusement, l'essentiel dans cette affaire reste singulièrement néfaste: l'Iran pourra officiellement atteindre une capacité nucléaire dans dix ans. On parle "d'effet de seuil" pour un pays capable de produire la bombe sans devenir pour autant une puissance nucléaire. L'Iran se contentera-t-il d'utiliser sa capacité nucléaire comme une simple menace? Ne va-t-on pas assister à une course aux armements chez les Saoudiens, les Qataris, à un "rééquilibrage" des forces à travers le don de quelques ogives du grand frère pakistanais à une faction ou une autre?

Le régime iranien s'est subitement rendu sympathique aux yeux des Occidentaux parce que ceux-ci n'avaient plus l'envie de s'y opposer et se voyaient bien faire quelques affaires juteuses au passage. Mais à domicile les mollahs et leur police religieuse continuent à traquer les dissidents, à surveiller et à infiltrer le moindre groupe d'étudiants, et à nier le droit à l'existence d'Israël, seule démocratie authentique à des milliers de kilomètres à la ronde.

C'est évidemment pour Israël que la pilule est la plus difficile à avaler. Les alliés traditionnels des Américains n'ont cessé d'être menés en bateau sous l'administration Obama: retrait précipité d'Irak laissant sombrer le pays dans le chaos, soutient aux rebelles syriens en donnant des armes finissant entre les mains de l’État Islamique contre lequel les USA luttent à fleurets mouchetés... Et maintenant un accord diplomatique laissant la ouverte la porte de la bombe nucléaire à un pays qui clame régulièrement sa volonté de détruire l’État hébreu.

Israël laissera-t-il planer la menace iranienne sur sa survie? C'est toute la question, d'autant plus que les Iraniens laisseront de plus en plus planer le doute quant à leurs capacités nucléaires réelles... Comment attendre sans être sûr qu'il ne soit pas trop tard?

L'Iran avait un intérêt particulier à finaliser cet accord. Si rien n'avait été signé à Vienne, seule l'option militaire serait restée sur la table, une possibilité dont les Iraniens ne voulaient pas. Or, la levée des sanctions offre au régime de Téhéran une marge de manœuvre renouvelée. Si d'aventure ils sont pris un jour la main dans le sac, ils n'auront dans un premier temps à souffrir que du retour des sanctions économiques. Il faudra encore d'innombrables tergiversations avant que l'intervention militaire, la seule chose que ne craigne le régime, ne revienne dans les discussions.

Dans la course à l'armement nucléaire, cette petite avance pourrait suffire à faire la différence, permettant au régime d'achever la construction de sa première bombe atomique et d'atteindre enfin son inviolabilité territoriale.

Grâce à la lâcheté de nos gouvernements, la boîte de Pandore s'ouvrira bientôt.

Commentaires

"Il faudra encore d'innombrables tergiversations avant que l'intervention militaire, la seule chose que ne craigne le régime, ne revienne dans les discussions."
Faux. Parmi les non-dits mais fortement suggérés, il y a certainement une ligne rouge à ne pas franchir par les Iraniens. Il y a tout lieu de croire qu'à la première preuve de réalisation d'une bombe atomique, les choses vont aller très vite. D'ailleurs, tout n'est-il pas d'abord une question de façade ? La capacité de nuisance de l'Iran s'exprime par Hezbollah et Hamas interposés. Et si l'Iran voulait la bombe atomique, elle l'aurait déjà...

Écrit par : Géo | 19 juillet 2015

Géo: "Parmi les non-dits mais fortement suggérés, il y a certainement une ligne rouge à ne pas franchir par les Iraniens. Il y a tout lieu de croire qu'à la première preuve de réalisation d'une bombe atomique, les choses vont aller très vite."

La preuve de réalisation d'une bombe atomique est sous nos yeux depuis des années ; c'est l'enrichissement de matière fissile à des niveaux militaires. Nous avons donc toutes les preuves que nous voulons pour comprendre que la ligne rouge a été franchie - piétinée - depuis longtemps, mais nous ne faisons rien, parce que nos dirigeants n'ont plus la volonté de faire.

Je ne suis pas sûr que vous réalisiez l'absurdité de vos propos d'ailleurs - essayez de préciser, par exemple. Les "choses" iront vite? Quelles choses? Par qui? Et vite comment?

La prochaine fois que les "choses iront vite" c'est lorsque les Iraniens annonceront au monde qu'ils sont une puissance nucléaire, avec un petit essai souterrain détectable par les senseurs sismiques et radiologiques de différents pays (c'est l'hypothèse la plus favorable...).

Et là ça ira tellement vite qu'il ne se passera en fait rien du tout, simplement parce qu'il sera trop tard.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 juillet 2015

Israel comme les voisin de l'Iran ne craignent pas la bombe atomique de l'Iran, mais sa capacité financière retrouvée qui lui permettra de mieux arroser les milices chiites.
La crainte d'Israel est géopolitique.
Une intervention militaire en Iran a toujours été vu comme absurde, ce n'est pas le Koweït ni même l'EI, de fait les négociation étaient la seule issue.
Parce qu'en fait, la crainte n'a jamais été l'Iran, mais la nucléarisation d'une région peu stable qui peut être plongé dans des tentions extrêmes entre l'Iran chef de file des chiites et l'Arabie Saoudite des sunnites.
Si l'arme nucléaire sert d'abord à la fierté nationale, la conséquence de l'avoir est de créer un danger potentiel.
La préoccupation de l'Iran n'est pas Israel, mais l'EI et l'Arabie Saoudite

Écrit par : Glob | 19 juillet 2015

"l'enrichissement de matière fissile à des niveaux militaires"

Officiellement il s'agit d'enrichissement au niveau d'un petit réacteur, sans usage militaire. Mais la quantité accumulée est très suspecte.

Écrit par : simple-touriste | 19 juillet 2015

@Glob: "Israel comme les voisin de l'Iran ne craignent pas la bombe atomique de l'Iran, mais sa capacité financière retrouvée qui lui permettra de mieux arroser les milices chiites."

Je ne lis pas dans les pensées des dirigeants d'Israël mais je pense qu'ils ont en quelque sorte l'habitude de gérer les tarés des milices chiites, et que si cela ne leur fait certainement pas plaisir ils doivent certainement comment procéder.

Se protéger contre une attaque nucléaire est un poil plus complexe.

@simple-touriste: Nous faites-vous une variante de la fable du nucléaire civil, le "petit réacteur scientifique" ?

Fin août 2013, selon le dernier rapport de l'AIEA (autant dire qu'il date un peu) l'Iran possédait 6 774 kg d'uranium enrichi à 3,5 % - donc plausible pour un usage civil - et 186 kg d'uranium enrichi à 20 %. Le pays avait également transformé 187 kg d'uranium enrichi à 20 % en barres de combustible (ce qui ne fait pas le moindre sens parce qu'un uranium en barre de combustibles doit être enrichi à 3%-4% et non 20%... A moins que quelqu'un n'ait souhaité mouler de l'uranium d'une certaine façon pour donner le change, sachant que rien n'empêche de transformer de barres de combustible à... Autre chose).

Citant Wikipedia, la masse critique nécessaire pour un uranium enrichi à 85% est de l'ordre de 50 kilogrammes. Il est possible de fabriquer des bombes atomiques avec des taux d'enrichissement plus faibles, jusqu'à 20 % (voire moins, selon certains auteurs), mais cette possibilité est assez théorique. Pour les contrôles internationaux, la "quantité significative" au-dessus de laquelle la possibilité de fabriquer un engin nucléaire explosif ne peut pas être exclue est de 25 kg d'U-235 sous forme d'Uranium Hautement Enrichi - à 20% et plus, et dont l'Iran possédait donc... 373 kg en août 2013. Il y a deux ans.

Tout.Va.Bien.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 juillet 2015

NON

Je fais juste remarquer qu'il peut y avoir des usages pacifiques de cet uranium, et que donc il y peut y avoir une justification "plausible" pour en posséder (un peu).

http://www.nti.org/analysis/articles/civilian-uses-heu/

Mais évidemment cela permet aussi des usages moins pacifiques... C'est "dual".

Ceci est une remarque purement technique, indépendant du fait d'accorder une quelconque confiance à des fondamentalistes religieux habités à faire la guerre par procuration.

Par contre l'enrichissement élevé de l'uranium ne semble pas avoir d'intérêt pour un pays dont la priorité serait l'électronucléaire, les gros réacteurs puissants fonctionnant plutôt avec de l'uranium faiblement enrichi.

Écrit par : simple-touriste | 19 juillet 2015

@simple-touriste: Si l'Iran avait souhaité des centrales nucléaires civiles - et même des laboratoires de recherche impliquant de faible quantités d'uranium hautement enrichi - tout cela aurait pu être obtenu sans problème dans le cadre du Traité de Non-Prolifération nucléaire, simplement parce que les quantités et leur usage auraient pu être suivis par des inspecteurs de la communauté internationale.

Malgré vos dénégations, vous nous faites bel et bien une variante de la fable du nucléaire civil, cette fois-ci pour justifier des stocks d'Uranium Hautement Enrichi constitués en secret par l'Iran.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 juillet 2015

Si l'Iran est un Etat qu'on a pas trop envie de défendre, la politique officiellement anti-prolifération aux USA et ailleurs n'est pas non plus très sympathique. Il n'est pas contestable que les célèbres associations championnes de la lutte contre les armes nucléaires (comme Bulletin of the Atomic Scientists et International Physicians for the Prevention of Nuclear War) sont des anti-électro-nucléaires à peine maquillés. La crainte de la bombe est un outil pour supprimer la fission nucléaire contrôlée.

La crainte de la prolifération a été utilisée pour diaboliser le retraitement des combustibles nucléaires. Pourtant aucun pays n'a jamais utilisé cette voie pour fabriquer des bombes, ce que même les "experts" en anti-prolifération reconnaissent - ils disent que ça n'a aucune importance qu'aucun pays n'ait détourné un pur réacteur nucléaire civil pour fabriquer des bombes, que c'est le fait même d'avoir du nucléaire civil qui permet de cacher le nucléaire militaire. Ils ont en parti raison, le civil peut servir d'excuse pour autre chose.

En contrepoint de ce que vous affirmez :

Connaissez-vous le profil de Rod Adams? Progressiste, ancien "Navy nuke", anti-impérialiste US, il dit des choses très intéressantes sur le nucléaire :

http://atomicinsights.com/does-highly-enriched-uranium-make-it-easier-to-build-more-compact-reactors/

http://atomicinsights.com/strongly-recommend-disapproval-of-attack-on-iran/

La discussion sur son blog est plutôt libre, même ceux qui critiquent fortement le nucléaire - sauf si on touche au dogme du CO2, là c'est très sensible.

Sa vision de la géopolitique semble vraiment marquée "gauche progressiste".

Même si certains de ses points de vue sont très discutables, il me semble que ce qu'il raconte mérite d'être considéré.

Écrit par : simple-touriste | 19 juillet 2015

@simple-touriste: je crois avoir compris votre point de vue et ce qu'il implique. Vous incarnez parfaitement le premier paragraphe du billet.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 juillet 2015

Je crois finalement que de nombreux chefs d'Etat prennent de plus en plus conscience ce que le peuple fait depuis très longtemps que signer des accords ne sert à rien puisque la plupart ne sont jamais respectés
On vit dans une société de libertins qui veulent tout associer mais sans risquer de perdre leur indépendance ,la mariage libre représente bien un monde qui se dit fusionnel et qui n'a que le mot durable en bouche alors qu'on sait depuis la nuit des temps que seule la déconnologie l'est vraiment ,i suffit de regarder le monde actuel
Le monde actuel fait penser à un poteau indicateur ou les directions changent le temps d'une nuit comme dans le film La Grande Evasion ,juste pour enquiquinner l'autre c'est à dire le Peuple

Écrit par : lovejoie | 20 juillet 2015

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