02 août 2015

L'asile, à en devenir fou

Nous n'en sommes qu'au début de l'année et l'Allemagne a déjà reçu plus de 300'000 demandes d'asile - contre 200'000 pour l'ensemble de l'année 2014. Le site d'Eurotunnel à Calais est devenu le centre d'une polémique alors que la société doit faire face à plusieurs centaines de tentatives d'intrusion chaque nuit - avec parfois des morts. L'immigration est la première préoccupation des Européens.

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Et en Suisse? Rien du tout. Dans le petit pays au centre de l'Europe, on célèbre le premier août comme il se doit - l'occasion de faire un peu la fête sans se préoccuper du lendemain.

Ce n'est pas que les gens soient moins inquiets, au contraire, mais simplement l'effet d'une situation où la caste médiatico-politique s'oppose frontalement aux citoyens. On a passé le stade où il suffisait de nier le problème ; désormais, on l'embrasse carrément, prenant fait et cause pour les envahisseurs. Le peuple n'est plus ignoré, il est ouvertement ridiculisé et méprisé.

La conseillère fédérale Simmonetta Sommaruga représente une espèce de monument historique vivant dans la catégorie pourtant disputée du déni de réalité. Son discours du premier août est ainsi un modèle du genre. Son éloge de la démocratie directe est-elle une oraison funèbre? Il est vrai qu'elle en est le premier fossoyeur, refusant obstinément de mettre en place des initiatives votées par le peuple comme le renvoi des criminels étrangers ou le refus de l'immigration de masse. Mais la Suisse, qui pèse un bon 0.95% de l'économie mondiale, se doit de devenir, à coup de taxes bien entendu, le fer de lance de la lutte contre le prétendu réchauffement climatique anthropique...

Pendant ce temps, les immigrés clandestins s'accumulent. Partout. Il faut ouvrir des centres de protection civile, des structures d'accueil, nourrir, loger, blanchir, distraire en distribuant de l'argent de poche. L’État pourvoie à tout, récoltant les ressources nécessaires sur le dos des contribuables. Il faut bien payer les smartphones avec un crédit de communication (pas compris dans le forfait payé aux mafias pour parvenir sur le continent semble-t-il) pour rester avec les cousins et oncles restés au pays ou déjà en route. Et surtout, surtout, il faut entretenir l'industrie florissante de l'asile - ses conseillers administratifs, ses traducteurs, ses travailleurs sociaux, ses magasiniers, fourreurs, nettoyeurs, comptables, sous-directeurs, animateurs, cuistots, fournisseurs et tutti quanti. Un secteur public pléthorique et en forte croissance, œuvrant sans relâche à surcharger jusqu'à la détruire la société hôte.

Le terme d'immigré clandestin est probablement galvaudé vis-à-vis de gens aussi plaisamment accueillis malgré leur mépris ouvertement affiché de toutes les lois sur l'accès d'un individu à un territoire donné - le viol des lois sur l'asile authentique n'étant que la première d'une longue liste d'infractions. Il n'y a jamais eu moins clandestin que ces gens s'invitant au vu et au su de tous. Le terme de "migrant", tournure de voix passive et fataliste particulièrement prisée de la classe médiatique, n'est pas moins mensongère ; elle laisse croire que rien ne peut être fait et que tout cet épisode a un parfum de transitoire. Or, le migrant n'a absolument pas vocation à migrer, au contraire, il vise l'installation définitive et une vie confortable aux dépens du pays qui l'accueille.

Malheureux migrants! En Suisse, on travaille à leur fournir une liste infinie d'excuses. Lorsque ce n'est pas la RTS qui nous livre sa "série de reportages de l'été" sur ces braves gens c'est au tour de la presse écrite de nous expliquer que la vie dans les abris de la protection civile n'est pas tenable. Ailleurs, en guise d'intolérable ils sont passés à la vitesse supérieure ; l'Italie nous donne ainsi l'exemple d'une manifestation pour avoir de meilleurs logements et de meilleurs habits, ou d'une autre parce que la température des douches et des bains n'est pas à leur goût. Ils joignent le geste à la parole ; lorsque les habits gracieusement fournis ne sont pas assez à la mode, ils les jettent. Mais vous ne verrez pas ces reportages dans les médias mainstream.

Question: avec leur nombre croissant, leurs revendications et leur manière de les exprimer vont-elles se calmer, ou au contraire s'aggraver?

Le délire érigé en politique

Tous pays confondus, la plupart des idéologies politiques sont complices de cette triste situation.

L'extrême gauche internationaliste, politiquement dérisoire mais idéologiquement dominante, a toujours vu ces nouveaux damnés de la terre comme un excellent moyen de mettre à genoux la bourgeoise société d'accueil qui les recevait. Les troubles civils consécutifs à une surcharge de population allogène revendicative, alliés à l'explosion des coûts de la paix sociale, font le terreau de bonnes guerres civiles.

Les grands frères fréquentables socialistes voient quant à eux une excellente façon de punir leur électorat traditionnel des classes populaires qui a eu le malheur de se tourner vers d'autres formations politiques. Quel meilleur moyen de créer une nouvelle population de working poors qu'en mettant en concurrence les employés locaux les plus modestes avec des candidats littéralement issus du monde entier? En outre, l'appauvrissement généralisé est une excellente justification pour une politique fiscale encore plus punitive. S'ajoute enfin la pléthore d'emplois de fonctionnaires qu'implique la gestion de ce lumpenproletariat d'importation et la boucle est bouclée - les socialistes sont gagnants sur tous les tableaux. Nulle surprise donc qu'un Christian Levrat y aille de son couplet en Suisse. Lorsqu'il clame que "le système fonctionne" parce que "nous accueillons des milliers de personnes", il ne fait pas forcément référence à l'intérêt général!

Au centre, diverses formations mineures d'obédience chrétienne, sur le papier tout au moins, font acte de myopie sélective en promettant accueil et soutien à des immigrés dans leur écrasante majorité musulmans, qui les méprisent et ont parfois été responsables d'exactions anti-chrétiennes dans leur propre pays d'origine. Cette contradiction n'est rien d'autre que les reflets de la posture merveilleusement incarnée par le Vatican qui culpabilise le monde entier à tour de bras sans accueillir lui-même le moindre réfugié.

L'aile économique n'est pas en reste: ouvrir les frontières c'est embaucher les meilleurs talents au meilleur prix ; les effets négatifs lié aux coûts sociaux du regroupement familial ou de la criminalité s'inscrivent dans une autre logique puisqu'ils concernent la société entière et seront payés par elle et non par le simple employeur. On retrouve donc l'équation si profitable de la privatisation des profits et de la collectivisation des pertes chère à certains grands comptables du secteur privé. La question de l'asile ne s'inscrit pas directement ce cadre pour les emplois les plus évolués mais trouve néanmoins sa place dans une stratégie pro-immigration assumée. Tous ces nouveaux miséreux sont autant de bouches à nourrir, de couvertures à fournir, de services à facturer...

Certains libéraux enfin s'aveuglent volontairement en ne voyant en chaque migrant qu'une ressource bienveillante, prête à travailler courageusement pour rembourser sa dette à sa société d'accueil dès qu'on lui en donnera l'occasion. Et si d'aventure il ne le fait pas c'est probablement à cause du vil système de redistribution étatique, sans comprendre que c'est à cause de celui-ci qu'il a entamé le voyage et qu'il deviendra de la plus extrême violence si on le force à y renoncer! Arc-boutés dans une perception rousseauiste du bon sauvage en totale contradiction avec la nature humaine et les enseignements de l'actualité, ils donnent une nouvelle profondeur au concept de déni de réalité.

Non, l'idéologie ne fait pas bon ménage avec la horde de migrants qui déferle sur les côtes européennes et envahit ses gares et ses centre-ville. Ce défi soudain et immense, cette guerre civile qui ne dit pas son nom, façonnera brutalement le destin de notre continent dans un avenir proche. Et quel que soit le pays européen dans lequel vous vous trouvez, ne comptez pas sur vos élites locales pour mener la lutte - soit elles sont trop stupides pour y parvenir, soit elles sont corrompues au point d'avoir fait cause commune avec l'ennemi.

En Suisse, c'est objectivement le cas de 80% de la classe politique, et même la démocratie directe a ses limites lorsque les élus décident de n'en faire qu'à leur tête, nous présageant un avenir des plus sombres. Mais comme les électeurs portent toujours les mêmes personnes au pouvoir, c'est probablement qu'ils sont satisfaits.

Bon premier août.

Commentaires

@Monsieur Montabert comme l'a souligné un ministre Français ou député Européen il appartient aux Anglo Saxons de régler ce problème
On sait depuis les premiers interdits concernant les déchets qu'en Angleterre il existe un slogan du style ,faites faire aux autres ce que nous ne ferons jamais ,comme quoi`!
Les anglais promettent des places de travail alors il leur appartient à eux seuls de se mouiller un peu
Car passion et raison que ce soit en politique ou dans un autre domaine ne durent jamais longtemps
très belle journée

Écrit par : lovejoie | 03 août 2015

Je me permets de rajouter ceci.On dit souvent que les problèmes en Suisse deviennent de plus en plus ingérables mais c'est normal quand on pense aux bataillons d'ONG qui veulent dicter leurs lois
Elles ont d'autant la vie plus facile grâce aux réseaux dits sociaux car grâce à ce système elles peuvent récolter nombre d'adhérents et beaucoup plus facilement de l'argent
C'est une des nombreuses raisons qui fait dire à beaucoup de citoyens ,nous on n'adhère pas à ces réseaux qui servent de tremplin pour qui veut descendre en flèche un politicien voire un parti ce à quoi sont abonnées nombres d'ONG

Écrit par : lovejoie | 03 août 2015

"ne comptez pas sur vos élites locales pour mener la lutte - soit elles sont trop stupides pour y parvenir, soit elles sont corrompues au point d'avoir fait cause commune avec l'ennemi."
Il y a pire : ceux qui devraient être à la pointe du combat contre l'invasion préfèrent perdre leurs forces dans les bisbilles internes...

Écrit par : Géo | 05 août 2015

Votre article aurait plus de poids s'il était accompagné de références, par exemple concernant l'Allemagne. On trouve en effet ailleurs des chiffres bien plus bas - toujours inquiétants il est vrai.

Écrit par : Ltobler | 05 août 2015

@Ltobler: je ne vois pas très bien l'intérêt de sourcer la moindre information lorsque les chiffres sont aisément disponibles sur Internet. Citant un site de news:

"Depuis le début de l'année l'Allemagne a attiré plus de 300,000 demandeurs d'asile selon le quotidien Welt, se référant à une conversation téléphonique avec un ministre de l'Intérieur des Länder allemands"

http://fr.sputniknews.com/presse/20150805/1017377896.html

D'autres sources que vous jugerez peut-être plus "respectables", qui sait:

http://www.lefigaro.fr/international/2015/08/01/01003-20150801ARTFIG00100-300000-demandeurs-d-asile-en-allemagne-depuis-le-debut-de-l-annee.php

http://www.rtl.be/info/monde/europe/plus-de-300-000-demandeurs-d-asile-accueillis-en-allemagne-depuis-le-debut-d-annee-743181.aspx

Etc. Et effectivement les chiffres officiels annoncés sont faux car sous-évalués... Encore un scandale, mais on ne les compte plus.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 août 2015

Cher Monsieur, vous accusez Madame Sommaruga de déni de réalité pour l'asile, et trois lignes plus bas vous mettez en doute l'origine humaine du réchauffement climatique. Quelle hypocrisie! 97% des climatologues sont catérogiques: le réchauffement est dû sans l'ombre d'un doute à nos activités. Et il est à la racine de la majorité de l'immigration. Alors, Monsieur Montabert, arrêtez de jouer au naïf. Si vous voulez réduire l'immigration, ne niez pas plus longtemps les raisons qui font que des milliers de personnes n'ont plus le choix que de quitter leur pays.

Écrit par : Steve Tanner | 07 août 2015

@Steve Tanner: le propos ici n'est pas de vous démontrer l'absurdité de la thèse du réchauffement climatique anthropique (je vous invite à chercher vous-même, bien que cela vous oblige à aller à contre-courant de votre confortable prêt-à-penser) mais simplement à remettre l'église au milieu du village: qui décide en Suisse? Le peuple est-il "souverain" ou non? Et s'il l'est, comme écrit dans la Constitution, de quel droit Mme Sommaruga refuse-t-elle d'appliquer les décisions approuvées par le peuple? Et puisque nous parlons de légitimité, à quel moment au fait la politique de lutte (à coup de taxes) contre le réchauffement climatique a-t-elle fait l'objet d'une quelconque approbation par le peuple?

En réalité, vous êtes prêt à saisir n'importe quel prétexte au vol pour justifier l'invasion en cours.

J'espère que vous en profiterez bien avant qu'il ne soit trop tard pour vous aussi.

Écrit par : Stéphane Montabert | 07 août 2015

@ Steve Tanner | 07 août 2015

Les gens émigrent en Europe et en Amérique parce qu'il fait trop chaud chez eux ? Vous vous moquez de qui, exactement ?

Trouvez-moi un seul immigré illégal (ou légal) qui allègue cette raison pour ses actes. Il ne manque pas d'interviews effectuées par les médias complaisants...

Écrit par : Robert Marchenoir | 07 août 2015

« le viol des lois sur l’asile authentique n’étant que la première d’une longue liste d’infractions. »

Et personne, ni à l’UDC, ou dans des associations qui prétendent défendre la Suisse et ses habitants pour porter l’affaire devant le ministère public de la confédération?
J’ai contacté le secrétariat général de l’UDC par courrier et à ce jour, je n’ai eu aucune nouvelle.
Ne venez plus nous parler de violation de la loi! Agissez!

Écrit par : G. Vuilliomenet | 08 août 2015

@G. Vuilliomenet: je ne sais quelles seraient les chances de succès d'une telle approche sachant que Mme Sommaruga a elle-même décrété qu'aucun Erythréen arrivé en Suisse ne serait refoulé ( http://www.lematin.ch/suisse/sommaruga-exclut-renvoyer-erythreens/story/11677938 ) mais il y a bien sûr des juristes de l'UDC qui ont dû se pencher sur la question, vous pensez bien.

Mais pour la justice comme pour le reste, rappelez-vous que les juges de Mon-Repos sont nommés selon des critères politiques et qu'ils rendent leurs jugements en obéissant bien évidemment aux idéologies présentes dans leurs partis. Autrement dit, il est clair que les trois branches de l'Etat (léglislatif, exécutif et judiciaire) sont aussi pourries les unes que les autres.

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 août 2015

Les conseillers fédéraux ne portent-ils pas serment de défendre la constitution ?
Si oui comme je l'espère, je rêve d'être assez riche pour tenter un procès à leur encontre pour parjure d'une part, et manquements à leurs devoirs, puisqu'ils vont à l'encontre de la volonté du peuple !

J'espère vraiment que l'UDC lance cette pétition demandant d'inscrire la souveraineté du droit suisse, cela sera la première fois de ma vie de citoyen que je signerai une pétition.

Écrit par : Greg | 11 août 2015

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