05 octobre 2015

La dernière élection

Discutant avec un candidat UDC au Conseil National, je lui fit part d'une évaluation du contexte de ces élections qui le laissa quelque peu interdit. Voilà une version remaniée de cette conversation:

- Je suis un peu lassé de ces campagnes... Pour le pire ou le meilleur, les élections d'octobre 2015 seront les dernières.

- Ah bon? On change de régime? Personne ne m'a mis au courant!

- Oui, tu peux rigoler. Disons, il y aura encore bien d'autres votes, mais ils ne compteront plus. Ne nous voilons pas la face, c'est maintenant, cet octobre, que l'avenir du pays se joue.

- Pourquoi?

- L'UE dérive dans l'autoritarisme, la crise financière s'étend, les monnaies-papier s'affrontent, les droits du peuple suisse sont niés, les hordes de migrants envahissent l'Europe... Tu vois le tableau?

- On a connu mieux, je te l'accorde. Mais je ne vois toujours pas pourquoi l'horloge s'arrêterait le 18 octobre.

- Aiguillage plutôt qu'horloge. Au train où vont les choses, je pense que c'est notre dernière chance d'échapper à la catastrophe. Et c'est loin d'être gagné. Les gens qu'on va envoyer à Berne vont gouverner la Suisse pendant quatre ans. A la vitesse où tout se désagrège, c'est absolument colossal. Regarde ce qui s'est passé rien que depuis le début de l'année, entre la faillite grecque et la crise des migrants! Alors ensuite, essaye d'imaginer ce que sera le monde en 2019!

- Difficile de ne pas être pessimiste...

- Comme tu dis. Et donc à moins que les gens ne se réveillent très vite, on va continuer sur la lancée du Parlement actuel. Un petit pourcent en plus par ici, deux petits pourcents en moins par là, c'est grotesque. Rien ne va changer. La bande d'idéologues gauchistes, de comploteurs de couloir, de petits roquets ambitieux et autres professionnels du serrage de mains qu'on enverra à la capitale seront les gens sur lesquels il faudra compter pour éviter le chaos.

- C'est pas gagné en effet.

- Pour le moins. Les sondages sont affligeants d'immobilisme. En reconduisant peu ou prou le même parlement aux affaires, on ne va rien éviter du tout. Tu vois un Christophe Darbellay faire preuve de courage politique? Une Isabelle Moret oser tenir tête à l'UE? Une Ada Marra défendre les intérêts du peuple suisse? On plongera dans les ennuis la tête la première.

Coup d’œil dans le rétroviseur

élections du 18 octobre 2015,udcCela fait une quinzaine d'années que je m'intéresse à la politique helvétique. Après l'enthousiasme de la découverte vint le temps des désillusions. J'ai assisté à la dérive soigneusement orchestrée de la Suisse vers l'Union Européenne, sa soumission légale à des juges étrangers amenée par les directives de l'ONU ou les verdicts de la CEDH, des tribunaux hors-sol cassant par leurs verdicts les décisions du Tribunal Fédéral et jusqu'à des dispositions constitutionnelles sans que personne ne bronche.

J'ai vu les frontières disparaître et la criminalité exploser avant que les gens ne se claquemurent et que les politiciens ne commencent, comme partout ailleurs, à manipuler les statistiques et transmettre leurs directives pour répandre le message que tout allait bien.

J'ai vu disparaître le secret bancaire et son corollaire, la relation de courtoisie qui existait entre l'administration fiscale et le citoyen-contribuable. J'ai vu la démocratie directe foulée au pied par des politiciens élus par ce même peuple. J'ai vu les centres-villes transformés en zones du Tiers-monde, l'aide sociale érigée en mode de vie sans honte ni limite, la justice vidée de toute notion de punition et bien d'autres choses encore.

Et surtout j'ai vu, effaré, la plupart des Suisses se moquer complètement de la façon dont la classe politique gérait le pays et ce bien que leur situation personnelle empire régulièrement.

Oh, il y a bien quelques petites irritations de temps à autres, comme lors de l'annonce rituelle de la hausse des primes d'assurance-maladie liées à la LAMal socialiste, ou lors d'un scrutin emporté de justesse à l'occasion de quelque votation. Mais ces échauffements sont de courte durée. Rapidement circonscrits par des médias compétents dans l'abrutissement de l'opinion, les discussions s'enlisent assez vite dans un débat stérile le temps que le flot de l'actualité n'amène un nouveau sujet sur la table.

La dernière piqûre de rappel, la crise des migrants

Toujours grand visionnaire, le PS pensait que la campagne des fédérales 2015 porterait sur le système des retraites. Nous aurons bien d'autres chats à fouetter avant - le thème de l'immigration s'impose, de toute évidence. Mais pas pour les élus sortants à Berne.

élections du 18 octobre 2015,udcLes Suisses au fait de l'actualité ne peuvent être qu'effarés par les gages de soumission que le gouvernement donne quotidiennement à l'Union Européenne, dont sa volonté d'imposer des quotas d'immigrés illégaux même à la Suisse. Le vote du 9 février est ouvertement évacué dans les poubelles de l'histoire.

Il serait réducteur de cristalliser cette trahison sur les seules épaules de la présidente de la Confédération, Mme Sommaruga. Hormis l'UDC toute la classe politique est complice, et cela n'a rien d'une exagération. Histoire de dissiper toute illusion à ce sujet, reprenons un commentaire des Observateurs portant sur la session parlementaire extraordinaire convoquée par l'UDC sur l'asile. L’UDC voulait durcir la loi sur l’asile et concrètement, le PLR et le PDC ont voté comme suit main dans la main avec la gauche (ci-dessous un copié-collé des propositions de l’UDC rejetées):

– Non à la proposition d’obliger les requérants d’asile de déposer leurs documents de voyage, leurs papiers d’identité et leurs empreintes digitales.

– Non au droit de participation des communes et des cantons à la planification et à l’autorisation de nouveaux centres d’accueil pour requérants.

– Non à la proposition de gérer les centres d’accueil comme des installations fermées avec un contrôle des sorties.

– Non à la proposition d’installer les requérants d’asile récalcitrants dans des centres fermés.

– Non à la proposition de mettre fin au droit d’asile lorsque la personne concernée n’a plus besoin de protection.

– Non à la proposition d’enlever le statut de réfugié à une personne qui fait des vacances dans son pays d’origine (alors que le PDC l’avait explicitement demandé cet été).

– Non à la proposition de limiter dans le temps l’aide d’urgence aux personnes en séjour illégal pour les pousser à quitter le pays.

– Non à la proposition de couper l’aide d’urgence aux personnes qui ne répondent pas à leurs obligations de participer à la procédure.

– Non à la proposition de décharger plus longuement les cantons et les communes de l’aide sociale accordée aux personnes de l’asile.

– Oui à des avocats gratuits sans condition pour tous les requérants d’asile aux frais des contribuables (alors que le PLR avait refusé cela lors de la procédure de consultation).

– Oui à l’expropriation de particuliers pour permettre l’exploitation de nouveaux centres d’asile, ce qui équivaut à une atteinte massive aux droits fondamentaux.

 
Ceux qui pensent qu'il suffirait de voter "à droite" pour endiguer la vague de l'asile se bercent d'illusions. La gauche plurielle travaille ouvertement au remplacement du peuple suisse. Le PDC a une attitude totalement hypocrite sur le sujet, plaidant le vrai mais votant le faux ; quant au PLR, sa soumission atavique à l'Union Européenne imprègne l'entier de son positionnement politique.

Ma démocratie est plus directe que la tienne

L'UDC est le seul parti à défendre une position claire, ferme et cohérente vis-à-vis des abus dans l'asile et des relations avec l'Union Européenne. Mais ce n'est pas qu'une question de positionnement politique. A l'heure actuelle, l'UDC est tout simplement le seul parti qui permette la survie du système helvétique de démocratie directe.

Les compromissions des autres partis contre les décisions populaires sont si grandes que pas un, je crois, n'osera se poser en défenseur de la démocratie directe. Mais l'UDC n'est pas faite de ce bois-là et nous en avons une preuve récente à travers la loi d'application de l'initiative Weber contre les résidences secondaires. Il aurait été commode pour le Conseil Fédéral et les chambres du Parlement d'enterrer l'initiative en la transposant dans une loi réduite à l'état de coquille vide - les manœuvres avaient d'ailleurs commencé en ce sens. Mais, bien qu'ayant lutté contre le texte, l'UDC et le PLR décidèrent finalement de respecter la volonté populaire. Adrian Amstutz le rappela clairement:

"Le peuple s’est exprimé et notre parti est celui qui le prend le plus au sérieux. C’est lui notre patron et pas le Conseil fédéral!"


Le joli fait d'armes du PLR resta malheureusement orphelin ; le parti a depuis changé son fusil d'épaule sur les décisions populaires gênantes en demandant par exemple un nouveau vote sur l'initiative du 9 février. La démocratie directe oui, mais pas quand elle dérange...

A quoi sert le droit d'initiative s'il n'est suivi d'aucune décision dans les faits? Cette question en soulève une seconde, encore plus cruciale, car mettant le citoyen face à ses responsabilités: quel sens y a-t-il à approuver des initiatives puis à élire des représentants qui refusent de les appliquer?

L'électorat UDC a pour lui le mérite de la cohérence. Mais je ne parviens pas à comprendre les citoyens qui votent pour l'initiative contre l'immigration de masse ou le renvoi des criminels étrangers et soutiennent par ailleurs des formations politiques qui nient la mise en application de ces décisions. Autant presser sur l'accélérateur et débrayer en même temps.

Bien des citoyens helvétiques devraient se poser des questions sur le sens de leur action politique. Ils avaient certes l'excuse de soumettre des initiatives à un Parlement élu en 2011 et dont nous n'avions alors pas mesuré la teneur profondément anti-démocratique. Mais cet octobre, comment justifier la reconduction au pouvoir de tels politiciens ?

Le problème présente une symétrie au niveau de la classe politique elle-même. Les élus fédéraux font, on l'a vu, bien peu de cas des décisions du souverain. Et si la plupart d'entre eux sont remis en selle à Berne malgré leur mépris affiché de la démocratie directe, comment espérer qu'ils prennent jamais en compte les résultats des initiatives?

Le respect des décisions du peuple souverain doit être la vertu cardinale à l'aune de laquelle se mesurent les candidats, avant toute autre considération. Tant que ce ne sera pas le cas, les initiatives approuvées resteront lettre morte et les politiciens continueront de ne pas prendre le peuple au sérieux.

Les gens votent selon d'autres critères, ou par habitude. Voilà comment la démocratie directe agonise sous nos yeux: l'immobilisme électoral l'étrangle petit à petit.

Le 18 octobre en point de mire

Le peuple suisse n'a l'occasion de faire le ménage qu'une fois tous les quatre ans. Mais la plupart du temps, les gens ne s'intéressent pas à la politique. Pas même lors des votations. Le taux de participation est régulièrement catastrophique.

Lorsqu'ils ne se retranchent pas derrière l'excuse risible du manque de temps, les abstentionnistes se contentent habituellement de deux prétextes: "aucun candidat ne me plaît" et "voter ne sert à rien".

S'il pourrait être vrai dans d'autres pays, le premier argument "aucun candidat ne me plaît" est totalement erroné en Suisse. L'offre est pléthorique. De nombreux partis d'extraction récente - PBD, Verts Libéraux, Parti Pirate, MCG - prouvent que le système des partis est vivant, en particulier lorsque les élections se déroulent selon le système proportionnel. N'importe quel citoyen peut fonder sa propre formation politique ou intégrer un parti existant, et à chaque élection les jeux sont particulièrement ouverts avec de nombreux nouveaux candidats issus de la société civile. Encore faut-il prendre le temps de les découvrir.

Le second, "voter ne sert à rien", est non seulement faux mais encore plus grave: il correspond à l'abdication du citoyen alors même qu'il est au centre du système politique helvétique. Cet abandon est une erreur consternante. Nous sommes tous dans le même bateau. Même les plus désabusés et cyniques des Suisses se prendront de plein fouet, ou leurs familles, ou leurs descendants, les conséquences des choix qu'ils laissent d'autres prendre à leur place.

Si l'argument était déjà fallacieux lors des législatures précédentes, il n'est plus du tout défendable en 2015. Les défis que la Suisse devra relever dans les quatre ans qui viennent sont absolument colossaux et façonneront le destin du pays pour bien davantage que la durée d'une législature. Le futur des relations entre la Suisse et l'UE, la politique migratoire, l'indépendance politique et juridique du pays ne sont que quelques-uns des thèmes qui seront tranchés par le prochain Parlement - chacun d'eux susceptible de mettre un terme au système politique que connaît le pays depuis 1848.

Plus que jamais, le slogan de l'UDC, Rester Libre!, prend tout son sens.

Et peut-être pour la dernière fois.

élections du 18 octobre 2015,udc

Commentaires

Cher Monsieur Montabert,

C'est effectivement l'élection de la dernière chance ! Mais autant vous dire que je ne me fais guère d'illusions. Le socialisme étant une maladie mentale, on ne peut espérer aucun revirement d'un certain pourcentage de la population. Autant essayer de convaincre un fétichiste des seins que les fesses, c'est mieux.

J'en veux pour exemple une interview que j'ai vue à la TV, faite à Seine-St-Denis, où le reporter demande à une Française de souche d'environ 70 ans, militante socialiste, si elle sait que Claude Bartolone s'est bâti une magnifique propriété avec les impôts des Français, qu'il se moque éperdument de leur sort et des préoccupations, qu'il les roule dans la farine, etc.
La femme de répondre que oui, et que ça la répugne. Et le reporter de demander ce qu'elle allait voter. Et la femme de répondre, socialiste. Et le reporter de dire que, oui, je sais ça, c'est pourquoi je vous interviewe, mais j'aimerais savoir POURQUOI ? Vous, vous dites que vous êtes en peine, que vous vivez au jour le jour, que vous attendez la mort, d'accord. Mais vos enfants et petit-enfants, est-ce que vous pensez à eux ? Quels arguments avez-vous à voter socialiste ? Et la dame de répondre que, je n'ai pas d'arguments, je vote socialiste. C'est comme ça. Point !

Le reporter : "Les bras m'en tombent !" Clic ! Fin de l'interview...

Je suis suisse. Et suivant ce qui sera voté, je me prépare avec ma femme à émigrer vers d'autres pays.

Écrit par : Pierre Henri | 05 octobre 2015

@Pierre Henri: Comme disait Jean-François Revel, on ne peut pas être à la fois intelligent, honnête et socialiste - deux de ces qualificatifs excluent le troisième.

Vous avez rendu compte d'un joli exemplaire. Le monde est plein de gens comme cette dame, des bobos urbains qui votent écolo pour compenser l'absence de jardin de leur appartement, des frustrés qui votent communiste parce qu'ils rêvent de tout détruire et des phénomènes plus curieux encore.

Sur le marché de Renens j'ai eu une grande conversation avec une femme d'origine algérienne qui m'a dit tout le bien qu'elle pensait de la Suisse qui n'avait jamais colonisé personne, de l'UDC et de son combat pour la démocratie directe et l'indépendance de la Suisse et de tous les socialistes qui faisaient fausse route etc... Mais elle constellait son discours de "mais je suis de gauche, hein" histoire de bien comprendre qu'elle ne s'aventurerait pas trop loin non plus. Que croyez-vous qu'elle votera?

A l'inverse de Fukishima honteusement exploité par les Verts pastèque en 2011, l'immigration de masse est un phénomène concret qui menace réellement la Suisse et n'aura pas disparu dans quatre ans, loin de là. Ces élections sont aussi les dernières parce que l'actualité joue en faveur de l'UDC. La seule qualité rédemptoire de la crise des migrants est de ne pas être survenue six mois plus tard. Mais franchement, si ce qui se passe en Europe avec ces hordes d'immigrés économiques ne réveille pas l'opinion, alors rien ne le fera.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 octobre 2015

Rester Libre de quoi ?

Rester Libre c'est voter librement sans devoir s'attacher à un parti et ainsi respecter les candidats : qu'il s'agisse de ceux de gauche, du centre et de droite !

Et pour terminer, je rajouterais encore ceci : que les candidats qui ont placardé leur affiche perso aillent les récupérer le 19 octobre prochain car il ne faut jamais oublier que c'est l'ensemble des citoyens qui passe à la caisse pour que le travail soit effectué !

Écrit par : B. A. | 05 octobre 2015

Depuis des années l'UDC est dans la provocations au niveau nationales et locale, au point qu'il est devenu peu fréquentable.
Une force de droite qui n'aurait pas eu cette démagogie, ce populisme, et ce nationalisme puérile aurait eu plus de succès.

Des gens de sensibilité de gauche, du centre admettent que face a de grandes immigrations, il faut avoir le contrôle de nos frontières. Et pourtant jamais il ne voteront pour un parti, pour dire gentiment, qui sent bon la xénophobie, et qui est dans une provocation de bas niveau voulue.
Le "corps" de l'UDC est en opposition aux valeurs chrétiennes.

Face à cette éventuelle grande immigration, il n'y a aucun doute que la classe politique écoutera le peuple, et le bon sens. Les fortes immigrations qui sont attendu dans l'avenir, ont changé la donne. Ce qui était valable avant, ne l'est plus. parce que la situation est exceptionnelle.

.

Écrit par : motus | 05 octobre 2015

@B. A.: "Rester Libre de quoi ?"

De choisir son destin.

@motus: l'UDC est le premier parti de Suisse. En termes de fréquentation ça se pose là. Je ne crois pas à vos histoires de xénophobies et de provocation de bas niveau parce qu'elles n'expliquent pas les succès du parti dans ses initiatives, dont les visuels sont pour le coup bien plus provocants que ceux, tout sages, d'une campagne fédérale.

Une partie non négligeable de la population helvétique vote pour les initiatives de l'UDC, admet la justesse des analyses et des solutions de l'UDC, rejette les candidats et les solutions des autres partis... et vote quand même pour ces derniers lors des élections. C'est à mon avis la marque d'un profond travail de sape politico-médiatique que ce blog recense et dénonce régulièrement.

Selon moi tous ces gens qui affirment être-d'accord-avec-l'UDC-mais-pas-voter-pour-elle sont victimes d'une dramatique perte de libre-arbitre, ayant pour résultat des positions politiques totalement incohérentes.

Je ne me hasarderai pas à une analyse théologique du programme d'un parti ou d'un autre ; enfin, je doute fort que la classe politique écoutera le peuple et le bon sens. En fait je n'y crois pas une seconde.

En politique on ne fait pas changer d'avis les élus ; on change d'élus.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 octobre 2015

@motus, votre foi en la bonne volonté de notre classe politique vous honore. Je vais vous faire un aveu : je n'aime pas trop l'UDC non plus, et je me méfie des politiciens.

Seulement voilà : ils ont le mérite d'être consistants sur leurs positions essentielles, l'UDC. Le défaut des politiciens et des électeurs qui font bien attention à penser et voter dans les clous avant toute autre considération, qui est aussi le défaut de la pensée de gauche en règle générale, c'est qu'ils ont tendance à sous-estimer le prix de la civilisation et de sa préservation.

Il est évident que la Suisse fait face aujourd'hui à des défis d'une ampleur inédite depuis très longtemps - bien trop longtemps à vrai dire pour un électorat largement habitué à un certain degré de confort et de routine au cours des dernières décennies.

La question est : à qui est-ce que j'accorde ma confiance dans ce contexte-là? A une formation politique qui prend sur elle d'avertir du danger depuis longtemps, quitte à risquer quelques incartades dans la provocation et le populisme ? Ou à une formation politique dont les orientations varient essentiellement au gré du vent et des intérêts particuliers de ses leaders ?
Si demain le PLR annonce des mesures fermes sur l'immigration et l'indépendance juridique et politique de la Suisse, ai-je une meilleure garantie qu'ils se tiendront à leur discours ? J'ai quelques doutes.

Vous savez, la démagogie, le populisme puéril des socialistes, du PLR ou des Verts, on pourrait en parler aussi. Ca se voit juste plus quand c'est l'UDC, parce que les thèmes abordés sont plus sensibles au politiquement correct et que l'UDC a l'outrecuidance de s'opposer ouvertement au dogme globaliste. Mais d'une façon générale c'est pas très joli, l'arène politique.

Bon sinon, les gens s'intéresseraient peut-être plus à la politique si le processus d'élection au conseil national était un peu moins un pensum insupportable. Entre les listes innombrables et leurs apparentements, les noms à biffer ou à sélectionner deux fois, le vote électronique pour l'une des élections mais par correspondance pour l'autre und so weiter, il faut être motivé pour faire ça sérieusement. Peut-être qu'il serait temps de songer à moderniser un ensemble dont la complexité, si elle s'explique, ne paraît plus tellement adaptée à notre époque moderne d'impatients.

Quand à l'impact possible de ces élections, je réserve mes commentaires pour après, je m'en voudrais de décourager d'éventuels lecteurs d'aller voter.

Écrit par : Mandos | 06 octobre 2015

Excellent commentaire, Mandos. En tout cas, je suis sur la même ligne...

Stéphane Montabert @ Je partage aussi votre pessimisme mais je doute de ce que pourrait faire l'UDC même en cas de victoire électorale écrasante : la Suisse est prise dans le filet très serré des traités qui ne lui laisse presque aucune marge de manoeuvre. Pour en sortir, elle se mettrait dans des difficultés insurmontables économiquement. Comme la France si Marine le Pen devient présidente et applique son programme...

J'ai bien peur que l'Europe s'est mise dans une situation qui ne peut que déboucher sur des crises violentes. On est un peu dans l'Allemagne de Weimar et comme le disait CG Jung, nous ne sommes pas meilleurs que les Allemands de ces années-là. Encore quelques Français décapités par des Arabes de nationalité française de papier et nous verrons réapparaître les ratonnades...

Écrit par : Géo | 06 octobre 2015

Pour complément :

C.G Jung, 1945, Aspects du drame contemporain
(Article paru dans la « Neue Schweizer Rundschau »)

« Les événements qui se sont déroulés en Allemagne et la dévastation morale de toute une génération d’un peuple qui compte 80 millions d’habitants constituent pour tout Européen un rude coup. On pouvait jadis reléguer de telles horreurs dans la lointaine Asie… Qu’un membre de la famille culturelle européenne ait pu en arriver aux camps de concentration, jette sur tous les autres une lumière troublante. Car enfin, qui sommes –nous pour nous imaginer qu’une chose pareille soit absolument impossible chez nous ? Multiplions pour un instant la population suisse par vingt, et nous voilà 80 millions d’âmes. Du même coup, l’intelligence de notre opinion publique et notre morale civique s’en trouveraient divisées d’autant, en raison de l’influence catastrophique qu’a, au point de vue spirituel et moral, toute accumulation grégaire, toute agglutination en masses.

Cela est la base même des crimes collectifs, et il ne faut rien moins qu'un miracle qu'il ne s'en produise point. Croyons-nous sérieusement que nous en aurions été préservés, nous qui avons parmi nous bon nombre de traîtres et de psychopathes politiques ?
Avec horreur nous avons pris conscience de tout ce dont l'homme est capable et de ce dont nous aurions été capables aussi. Depuis lors, un affreux doute en l'humanité nous tenaille, en cette humanité dont nous sommes faits et dont nous sommes une parcelle. Certes pareille dégénérescence suppose la réalisation de certaines conditions préalables, dont la principale est l'accumulation de masses citadines, industrialisées, c'est-à-dire occupées à des travaux spécialisés et monotones, masses humaines déracinées qui ont perdu les instincts les plus sains, jusqu'à l'instinct de conservation.

En effet, dans la mesure où l'on attend de l'Etat protection et sollicitude, l'instinct de conservation se perd, ce qui est un symptôme alarmant. Tout attendre de l’Etat,cela signifie qu’on attend tout des « autres » au lieu de compter sur soi. Chacun s’appuie sur l’autre, dans un faux sentiment de sécurité. Car pour être dix mille à s’accrocher les uns aux autres, on n’en est pas moins suspendu dans les airs, avec la seule différence que l’on ne ressent plus l’insécurité qui vous entoure. Compter toujours davantage sur la protection de l’Etat n’est pas de bon augure, car cela signifie que le peuple est en train de se transformer en un troupeau de moutons, qui escomptent toujourd que les bergers les conduiront sur de gras pâturages. Mais bientôt la houlette devient règle de fer et les bergers se changent en loups. Ce fut un spectacle pénible que d’assister au soupir de soulagement que poussa l’Allemagne tout entière lorsqu’un psychopathe atteint de la folie des grandeurs lui déclara : « Je prends sur moi l’entière responsabilité ». Quiconque a encore en apanage un instinct de conservation intact sent parfaitement que seul un imposteur peut prétendre vouloir le soulager de toute sa responsabilité. Un homme sain d’esprit songera-t-il à prendre la responsabilité de l’existence d’autrui ? Quiconque promet tout ne tiendra rien, et quiconque promet trop court le danger d’en venir aux expédients pour tenir ses promesses, ce qui le met sur la pente de la catastrophe. L’extension continuelle de la prévoyance étatisante est, certes, en un sens très belle, mais elle donne d’autre part fort à penser, car elle escamote la responsabilité individuelle et produit des caractères infantiles et moutonniers. Elle s’accompagne en outre du danger que les gens irresponsables n’exploitent finalement les hommes capables, comme cela s’est produit en Allemagne sur une vaste échelle. Il faut veiller, coûte que coûte, à ce que soit préservé l’instinct de conservation du citoyen ; car l’homme privé des racines nourricières de ses instincts devient la proie des vents. Il n’est plus qu’un animal malade, démoralisé et dégénéré, et ce n’est qu’à travers une catastrophe qu’il a une chance de recouvrer la santé.

Écrit par : Géo | 06 octobre 2015

@motus

Démagogie, populisme ? Savez-vous au moins de quoi vous parlez ? Les 2 sont à l'opposé ! Il faut arrêter de pervertir le mot "populisme" et le détourner de son sens original et originel : "pour le peuple". D'après wikipédia : "Populisme désigne : une position politique qui prend le parti du peuple contre les élites". On comprend bien que les démagogues de gauche (pléonasme) soient contre des partis populistes (pour le peuple) puisque ces démagogues travaillent contre le peuple et à son insu et donc les partis populistes contrecarrent leurs projets d'asservissement des populations. Mais comme la population ne se laisse pas asservir, et bien on veut remplacer cette population par une autre, au cas où vous ne l'auriez pas encore remarqué. Quand vous entendez la socialiste Géraldine Savary dire, je cite : "Le parti socialiste a de très forts liens avec la communauté albanophone. Beaucoup sont d’ailleurs membres de notre parti. J’en suis fière et je les remercie de leur confiance et de leur engagement. Cela a sans doute un lien avec le fait que la Suisse a tout de suite reconnu l’indépendance du Kosovo, grâce à la ministre socialiste de l’époque, Micheline Calmy-Rey." fin de citation, alors que le PS est supposé soutenir et défendre les intérêts du prolétariat suisse, vous ne pouvez pas parler d'autre chose que de trahison. Oh oui, le parti socialiste est en train de se créer de nouveaux électeurs en remplacement des électeurs suisses "traîtres" qui ne soutiennent plus le socialisme (ce qu'ils font aussi en France, d'ailleurs). D'où la célèbre phrase de Bertolt Brecht, je cite : "J'apprends que le gouvernement estime que le peuple a "trahi la confiance du régime" et "devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités". Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?" fin de citation. Mais que se passera-t-il quand l’équilibre sera rompu avec une minorité ethnique devenant majorité ? Il se passera que la claque que ces traîtres à notre nation, béats et naïfs, recevront ne sera pas seulement monumentale, elle sera définitive ! C’est une immense responsabilité qu’ils n’assumeront jamais . La gauche angélique porte la plus grande responsabilité en mettant l’humanisme, le dogme, l’idéologie au dessus de l’intérêt supérieur des nations . Aucun pays ne peut accueillir plus qu’il n’est possible sans risque de communautarisme, d’anarchie et de violence.

Écrit par : Pierre Henri | 06 octobre 2015

Très bien vu, le dessin. C'est pas loin d'être vrai...

Écrit par : Robert Marchenoir | 06 octobre 2015

Je cite: la Suisse est prise dans le filet très serré des traités qui ne lui laisse aucune marge de manœuvre. Pour en sortir, elle se mettrait dans des difficultés insurmontables économiquement. Comme la France si Marine le Pen devient présidente et applique son programme...

C'est le noeud du problème, et j'ai cru comprendre que l'UDC réfléchissait à une initiative visant à faire sauter tous ces verrous. Vous avez la démocratie directe: servez vous en !

Pour le versant "économique"

1) faut savoir ce que l'on veut et ce qui prime, le fric ou la liberté
2) Le "programme" de MLP est peu ou prou celui d'un certain De Gaulle, qui a ruiné la France comme chacun sait :)

Écrit par : dissident | 12 octobre 2015

"Le "programme" de MLP est peu ou prou celui d'un certain De Gaulle, qui a ruiné la France comme chacun sait :)"
Il y a un versant sombre de la vision gaullienne : il a favorisé de très grosses entités au détriment du réseau des PME. Or c'est sur ce substrat que se construisent les succès économiques. Les grands projets, la grandeur de la Fraaaance, c'est très bien, mais...
Et dans le programme de MLP, il y a la sortie de l'euro. Cela risque de faire très, très mal...

Écrit par : Géo | 12 octobre 2015

Pour ceux qui n'ont pas encore voté, il est important de lire entre les lignes de ce que disent les conseillères (surtout) fédéraux.
Notamment ce matin mme sommaruga qui dit que la prochaine législature sera dominée par nos relations et entretiens avec l'UE! Donc si plus de 90% de Suisses ne veulent pas de notre adhésion à l'UE, il faut un parlement qui soit capable EN NOMBRE de dire non à cette dérive folle vers ce bateau qui coule!

Écrit par : Corélande | 13 octobre 2015

Et maintenant c'est levrat et darbellay qui refont le coup de 2007.

Attention danger, ces deux pro-européens sont capables, s'ils ont assez de parlementaires pour les aider, de nous faire basculer dans l'UE sans que nous puissions plus rien faire.

Ce parlement doit être avec une grande majorité d'UDC faute de quoi nous
laissons à nos bourreaux internes tous loisirs de faire leur petite cuisine
avec l'UE, contre la volonté de 90% du Peuple Suisse.

Que les Abstentionnistes comprennent bien, que l'enjeu c'est aussi de ne pas nous faire doubler par nos propres élus qui sont vendus à l'UE depuis longtemps déjà et que leurs stratagèmes peut aboutir, tellement ils ont la presse à leurs bottes.

Si vous ne voyez pas clair, regardez ce que merkel fait avec ses Concitoyens
en ce moment!

Écrit par : Corélande | 13 octobre 2015

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