09 octobre 2015

Voter UDC, mais pas n'importe comment!

Voilà un billet qui concerne, pour une fois, presque exclusivement mes compatriotes vaudois.

Comme la plupart d'entre vous j'ai reçu mon matériel électoral pour les élections au Conseil National et le premier tour du Conseil des Etats. Et je ne vous cache pas que l'UDC me semble le seul parti à même de prévenir la déliquescence de plus en plus brutale de notre démocratie directe pendant les quatre ans à venir.

Ce qui ne m'empêchera pas de faire preuve de discernement lors du scrutin.

Les rouages d'une élection

Lorsque l'heure de l'élection arrive, la plupart des citoyens se contentent de découper les feuillets correspondant à leur humeur politique, les mettent dans l'enveloppe de vote, et l'affaire est réglée. Cette façon de faire est tout à fait honorable - surtout face à la proportion hallucinante de Suisses qui ne se donnent même pas la peine de voter.

Cependant, il existe un moyen beaucoup plus puissant d'influer sur le résultat d'une élection comme celle du 18 octobre: jouer sur les possibilités offertes au citoyen de doubler, panacher, biffer les candidats sur les listes.

Pourquoi?

Une élection à la proportionnelle se joue en deux temps. D'abord, on détermine le nombre de sièges auxquels la liste peut prétendre. Ainsi, à moins que les Vaudois ne se réveillent sérieusement - ne pêchons pas par excès d'optimisme! - l'UDC vaudoise récoltera quatre sièges.

Ensuite, on détermine qui dans la liste en question a droit à ces sièges: tout simplement les quatre candidats de la liste qui auront réuni le plus de suffrages sur leur nom propre.

Toutes choses étant égales, le résultat de la liste est simplement l'ordre dans lequel les noms apparaissent. Pour l'UDC vaudoise, ce sont d'abord les élus sortants, puis les candidats au Conseil des Etats qui sont aussi sur la liste pour le Conseil National, et enfin les autres candidats, selon le plébiscite obtenu lors du congrès où ils ont été choisis par les délégués.

La plupart des électeurs, on l'a dit, ne s'embarrassent pas de manières et mettront la liste imprimée dans leur enveloppe. On dit qu'ils votent "bloc" ou "compact". Et c'est pour cela que la liste modifiée est un outil si puissant pour influer sur la sélection des élus: il suffit parfois d'une poignée de voix pour faire la différence au sein d'une liste entre celui qui sera envoyé à Berne et celui qui restera sur le quai!

Comment je voterai au Conseil National

Je suis membre de l'UDC vaudoise depuis 2007. J'ai donc eu l'occasion de côtoyer la plupart des ténors du parti lors d'innombrables congrès, élections de présidence, lancements de campagnes, et ainsi de suite, et de me faire une idée. L'UDC étant un parti vaste et ouvert, de nombreux courants s'y retrouvent ; des libéraux, des gens plus conservateurs, voire carrément quelques bons gros collectivistes qui ne dépareilleraient pas s'ils s'étaient plutôt inscrits chez les socialistes!

Il faut donc faire preuve de discernement. Nous ne voudrions pas qu'une nouvelle Evelyne Widmer-Schlumpf émerge cette fois-ci des rangs de l'UDC vaudoise, n'est-ce pas?

Selon moi, quatre personnalités sortent du lot sur la liste n°14 - UDC Vaud:

  • Michaël Buffat. En plus d'être dans la ligne de l'UDC fédérale, M. Buffat est un élu expérimenté qui a siégé pendant plusieurs législatures au Grand Conseil vaudois dont il préside actuellement la Commission des Finances. Il assume également le rôle de chef de groupe de la députation UDC. A l'aise dans un parlement, il dispose de l'entregent nécessaire pour arracher des majorités sur les sujets sensibles sans avoir à transiger sur ses valeurs. Sa réputation au sein de l'UDC vaudoise l'a amené à être également choisi comme candidat pour le Conseil des Etats.
  • Claude-Alain Voiblet, qu'on ne présente plus, est sans doute le candidat qui mérite plus que tout autre d'aller à Berne. Ancien secrétaire général et président du parti, candidat de la droite au Conseil d'Etat vaudois, le dynamique leader de la section lausannoise de l'UDC est directement responsable de la croissance incroyable du parti en milieu urbain ces dernières années. Bourreau de travail, Claude-Alain est à l'aise dans les débats et dispose d'appuis solides dans les instances de l'UDC suisse.
  • Catherine Buchet Bulliard est une élue communale expérimentée qui œuvre aujourd'hui à Montreux après avoir siégé à Genève à une époque plus ancienne. Dotée d'un solide bon sens et d'une position en phase avec les miennes, elle garde d'excellents contacts avec le PLR. J'ai eu l'honneur de beaucoup apprendre des rouages de la politique communale grâce à elle.
  • Fabien Deillon, enfin, est le président de la section communale de Prilly et un analyste d'une grande finesse de la situation politique à tous les niveaux. Ancien président du Conseil Communal de Prilly, membre du Comité Central de l'UDC Vaud, il préside la section UDC du district de l'Ouest Lausannois qu'il a contribué à fonder, tout comme sa section communale d'ailleurs.

Je ne me fais pas trop d'inquiétude pour la reconduction de nos deux Conseillers nationaux sortants, mais le choix est plus ouvert sur les places qui restent à prendre ensuite. Selon moi, ces quatre personnalités sont celles qui réunissent les meilleures chances d'aller à Berne tout en défendant des valeurs proches des miennes, régulièrement présentées sur ce blog.

Mon bulletin de vote devrait donc ressembler à cela (il faut l'écrire à la main!):

élections du 18 octobre 2015,udc
(cliquez pour agrandir)

Utiliser la liste vierge en dernière page du livret est sans doute plus commode que de massacrer la liste 14 avec ratures et retouches. En inscrivant "14 - UDC Vaud" en tête de bulletin, vous vous assurez de donner votre voix à la liste UDC du canton. Elle aura donc autant de sièges ainsi qu'avec le bulletin imprimé. Ensuite, les noms inscrits permettent de donner deux voix à chaque candidat - le maximum - pour le faire remonter dans le classement de la liste.

Bien entendu, vous êtes libre de faire comme vous voulez. J'aurais bien volontiers rajouté quelques noms à cette liste, comme Dylan Karlen, Arthur Petit ou Yohan Ziehli des Jeunes UDC Vaud, au risque de rendre l'exercice indigeste ; et j'avoue humblement ne pas connaître tous les joyaux cachés au sein des quatorze autres candidats de l'UDC cantonale. L'un dans l'autre, je préfère me limiter aux candidats dont je suis vraiment sûrs.

Et pour le Conseil des États?

L'élection pour le Conseil des Etats est à la fois beaucoup plus simple et beaucoup moins favorable à l'UDC, quoi qu'on ne puisse jamais exclure un accident heureux.

Là où l'élection au Conseil National est un scrutin de listes, l'élection aux États est un scrutin nominal à deux tours - on vote pour des personnes, peu importe l'étiquette sous laquelle elles apparaissent dans le livret électoral. Et on ne peut pas cumuler!

Je ne saurais établir de stratégie pour cette élection. Je voterai donc selon mes sentiments, à savoir:

  • Michaël Buffat.

Et personne d'autre!

Je ne soutiendrai pas Mme Fabienne Despot pour des raisons expliquées ici (et je la bifferais volontiers de la liste UDC au Conseil National si j'utilisais la liste imprimée!) simplement parce que non seulement j'estime son comportement indigne d'une candidate UDC mais également parce que je ne me reconnais pas davantage dans certaines de ses convictions politiques, ce qui est tout aussi grave.

On objectera que Mme Despot a été reconduite en tant que candidate par le Congrès du parti - manquant de courage, certes - et je le concède volontiers. Il n'en reste pas moins que le vote est une affaire personnelle entre le citoyen et les élus qui le représenteront. Donc, désolé de causer du chagrin aux plus hautes autorités cantonales de ma famille politique, on ne trouvera nulle trace de Fabienne Despot dans mon enveloppe de vote.

Vous ne me verrez pas davantage soutenir M. Olivier Français du PLR au nom de la Droite ou, tout au moins, du Centre-Droit. Il a peut-être ses chances, mais j'ai assez de mémoire pour me souvenir que M. Français a été amené à la Municipalité de Lausanne grâce à une alliance électorale de droite (dont l'UDC) et qu'une fois élu il n'a eu de cesse de cracher sur ce parti et ses électeurs, une attitude méprisable que je ne peux décemment cautionner. Lorsqu'on accepte d'être soutenu par une coalition, il faut assumer un minimum de respect vis-à-vis de la pluralité de la base électorale à laquelle on doit son poste.

M. Français se passera donc de mon suffrage.

Le soir du 18 octobre, il sera trop tard pour se plaindre

Je ne suis pas candidat. Je n'ai aucun autre intérêt dans ces élections que de voir avancer - fort modestement - les valeurs qui me sont chères, à travers des gens que je crois capables de les défendre.

Tout ceci a l'air d'une sorte de jeu et il y a sans doute matière à me critiquer, en me voyant ainsi vous "conseiller" de voter ceci ou cela. Ne vous privez pas de vous moquer! Rappelez-vous juste que derrière, les enjeux sont terriblement importants.

Voilà pourquoi, cher lecteur, il est temps de prendre l'enveloppe de vote qui traîne quelque part sur votre commode et de vous atteler sérieusement à votre responsabilité de citoyen.

Commentaires

«M. Français se passera donc de mon suffrage.»

...et du mien également.

Pour moi le grand problème de ce scrutin est le suivant: Je sais pour qui je ne vais pas voter. Mais je ne sais pas pour qui je vais voter...

... Si Fathi Derder était blochérien et rédacteur en chef de La Semaine du Monde, s'aurait pu être une option.

Écrit par : petard | 10 octobre 2015

Fabienne Despot mérite largement d'être doublée, car c'est une femme qui ose défendre un point de vue écologique à l'UDC. Cette vision est nécessaire, voire impérative au sein du parti!
(Pour ma part M. Buffat était lamentable à Infrarouge et Mme Cath. Buchet n'a pas l'expérience et la "carrure" pour aller au National)

Nous sommes en Suisse ici, nous n'envoyons pas des "navets-style-hollande" pour nous gouverner et pouvoir chanter comme les coqs; les pieds dans la m..

Les Verts vont se faire laminer, mais cela ne veut pas dire que l'écologie doit être un sujet à éliminer.

Nous ne pouvons pas aller jusqu'en 2050 en fermant les yeux! Il faut intelligemment amorcer les virages écologiques pour que les réflexions se fassent et les actes suivent!

L'UDC est le seul parti en suisse qui peut inclure l'écologie dans sa politique, comme il sait le faire avec l'aspect social quand cela impose de respecter les employés ou les droits des Citoyens Suisses.

Écrit par : Corélande | 10 octobre 2015

Pour rebondir sur votre titre d'article et sur vos "instructions", il y a un souci dans la démocratie.
A force de phrase creuses, de postures idéologiques, les électeurs ne connaissent pas vraiment les candidats. Les choix semblent se résumer à la famille politique, la "bonne" tête du candidat, le fait d'être un peu connu dans les média.

A l'heure d'internet, il manque clairement un "wikipedia" des politiciens qui s'exprimerait personnellement sans se cacher derrière des postures politiques.
De plus pour les sortant, une liste de leurs interventions les plus importantes avec leurs votes, et la raison de ces votes.

Certes, certains candidats ont des blog, mais il serait plus pratique que chaque ville, région, fasse un "wikipedia" de leurs candidat(e)s politiques.

Écrit par : Glob | 10 octobre 2015

@Petard: Fathi Derder, une autre erreur de casting anti-UDC que j'aurai plaisir à voir rester à quai. Dans un tout-ménage, même son colistier PLR Olivier Feller appelle implicitement à le biffer !

@Corélande: pour l'UDC en général l'écologie passe par la préservation du patrimoine et une immigration contrôlée. C'est aussi en ce sens qu'ont voté les Suisses et cela me convient très bien. Quant à la position de l'Etat sur le nucléaire, elle devrait être guidée par le peuple à travers un vote et non décrétée depuis Berne.

Par rapport à moi qui connaît ces gens depuis des années, en écartant M. Buffat sur la base d'une prestation sur Infrarouge, Mme Buchet Bulliard sur la base d'un prétendu manque de carrure (qui a de la carrure, dites-moi?) et M. Despot sur sans doute moins encore (j'ai encore en mémoire vos appels à voter pour elle "parce que c'est une femme") je trouve votre jugement politique d'une superficialité bien décevante.

Mais peu importe. Au train où vont les choses, l'écologie sera le cadet de nos soucis en 2050, et cela vaut pour vous aussi. Demandez aux tarés de l'Etat Islamique s'ils trient leurs déchets...

@Glob: je vous entend parfaitement. Les médias ne font guère le travail de présenter les candidats, hormis une poignée qu'ils ont eux-mêmes "pré-sélectionnés" pour d'évidentes raisons.

Il existe des sites de "cartographie" des politiciens, comme Smartvote, mais pour l'avoir pratiqué j'avoue que j'ai été assez déçu. Les questions sont souvent ambiguës et portent sur des thématiques qui ne seront pas forcément concrétisées. Enfin, la mise en priorité des résultats reste modeste.

Pour examiner l'historique des votes des politiciens sortants les outils sont mieux faits mais naturellement cela ne nous aide pas pour les nouveaux venus.

Les candidats que je soutiens ont des sites personnels, ils vous aideront peut-être à vous faire une idée.
- http://www.michaelbuffat.ch/
- http://claude-alainvoiblet.blog.24heures.ch/
- http://www.catherine-buchet.ch/
- http://www.fabien-deillon.ch/

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 octobre 2015

Dans le monde chaotique qui nous entoure, je suis sensible à l'auto-défense et les candidats qui ont le plus d'affinité pour les armes auront ma préférence. En plus, généralement, ceux qui soutiennent des citoyens armés ont les mêmes idées que moi sur tout le reste de la politique !

Voici la liste des politiciens qui rejettent les lois liberticides sur les armes. Plus ils sont verts foncés, plus ils soutiennent les armes inconditionnellement, les verts clairs soutiennent les arme plutôt oui, et les rouges ou les absent ne soutiennent pas les armes.

http://imgur.com/RknUq3e

Écrit par : Pierre Henri | 10 octobre 2015

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