20 octobre 2015

L'UDC vaudoise renonce à soutenir Olivier Français

Le congrès de l'UDC Vaud eut donc lieu lundi soir à Chavornay.

Pour un compte-rendu à peu près factuel de la soirée, on se tournera vers l'article en rapport dans le quotidien 24Heures. Malgré tout, celui-ci n'est pas exempt de quelques erreurs. Par exemple, le journaliste évoque le conflit larvé entre "UDC des villes et UDC des champs" ; si cette tension est bien réelle au niveau de l'électorat (les bons scores de Jacques Nicolet et d'Alice Glauser au sein de la liste UDC s'expliquent amplement par des consignes de vote très suivies dans les campagnes) elle n'est absolument pas la source de la division du parti au moment de choisir de soutenir Olivier Français.

Si l'alliance avec le PLR au second tour du Conseil des Etats a été rejetée par 67 voix contre 57 et une abstention, c'est pour de toutes autres raisons. Revenons sur cette soirée.

Après une présentation mi-amère des résultats vaudois, décevants comparés à la progression de l'UDC suisse mais explicables par la polémique de l'été, après l'annonce de la présidente de sa démission attendue en janvier 2016, après une analyse fine des résultats vaudois de l'élection par Kevin Grangier, arriva enfin le point d'orgue de ce congrès: le choix de soutenir ou non la candidature de M. Olivier Français au second tour de l'élection au Conseil des États.

Tout juste ressorti de sa propre séance du PLR à Bussigny, M. Français vint en tant qu'invité sous un tonnerre d'applaudissements pour plaider sa cause avant se soumettre à un feu roulant de questions de la part des délégués. La presse ne perdit pas une miette de l'exercice.

Même pas de vagues promesses

olivier français,udc,plr,élections du 18 octobre 2015Si Olivier Français était venu avec une proposition du congrès PLR de faire un apparentement avec l'UDC pour les élections communales de 2016 ou les cantonales de 2017, l'adhésion de l'assemblée lui aurait été acquise. Au lieu de cela, il ne put faire mieux que de soutenir cette position à titre personnel, et de promettre de défendre l'idée de l'élection d'un second membre de l'UDC au Conseil Fédéral au sein de son groupe à Berne. Interrogé sur ce qui le séparait des candidats de gauche sur les sujets brûlants, application de l'initiative du 9 février ou du renvoi des criminels étrangers, il resta évasif.

Bref, bien que sympathique, Olivier Français vint les mains vides. L'idée de soutenir un candidat de centre-droit était évidemment séduisante pour une assemblée UDC, mais la pilule était difficile à avaler face à un candidat proche du centre, charriant un certain historique d'animosité envers l'UDC et ses électeurs (bien qu'élu par ces derniers lorsqu'il fut porté par une coalition pour accéder à la Municipalité de Lausanne), et dont l'élection au Conseil des Etats aurait ressuscité la carrière politique d'un certain Fathi Derder sur les bancs du National par le truchement des viennent-ensuite.

Le soutien de l'UDC envers Olivier Français était donc plombé au départ, mais pas de façon irrémédiable. Il aurait fallu que le PLR vaudois fasse un effort concret pour faire pencher la balance. Mais c'était sans doute un acte d'humilité et d'ouverture trop difficile à accomplir pour un parti encore tout émoustillé par sa victoire de la veille.

Penser comme un délégué

M. Français travailla de façon méritoire pour donner l'impression d'y croire, mais l'écart avec la gauche est très grand. Il aurait été moindre si le PLR avait joué la carte de l'apparentement dès le premier tour, et alors les chances de la droite dans un ticket PLR + UDC auraient été réelles. Hélas, on ne refait pas l'histoire.

L'assemblée UDC réunie à Chavornay s'inscrivait dans une optique plus vaste que celle du second tour au Conseil des Etats, les relations futures avec le PLR vaudois.

Je pense que 80% au moins des délégués de l'UDC sont pour un rapprochement avec le PLR au nom de la droite bourgeoise, même si nos partis divergent sur des points importants. Mais cette relation doit se construire étape par étape, des fondations au sommet: d'abord à l'échelle communale, puis cantonale, puis au National, et enfin au Conseil des Etats, premier et second tour.

Dans ce contexte, une alliance avec le PLR au deuxième tour de l'élection au Conseil des Etats revenait à commencer un livre par le dernier chapitre.

Nous aurons l'occasion de rebâtir ces fondations prochainement, puisque le cycle électoral s'achève. Il reprendra dès 2016 avec les élections communales, puis les cantonales en 2017 et se concluera à nouveau avec les élections fédérales de 2019. A chaque étape l'UDC tendra la main au PLR ; à lui d'avoir l'intelligence de la saisir.

L'élection appartient aux électeurs

Les délégués ne sont pas les citoyens. Les mots d'ordre formulés par les partis sont suivis ou non de la population.

L'UDC vaudoise n'avait pas l'intention de torpiller la candidature d'Olivier Français en maintenant un de ses candidats au second tour, mais elle avait le choix entre appeler à voter pour lui ou s'en abstenir. Elle choisit cette dernière option.

S'en remettre aux électeurs est une attitude tout à fait dans la ligne de l'UDC. Les citoyens ne sont pas stupides. Ils ont, comme tout le monde, assisté aux violentes diatribes anti-UDC d'une Isabelle Moret, ou se rappellent les déclarations hostiles de M. Français lui-même. Ils ont vu le dédain affiché par le PLR vaudois en déclinant les invitations d'apparentement venues de l'UDC. Si le PLR ne séduit pas l'électorat UDC y compris lorsque l'équilibre gauche-droite est en jeu, il ne peut guère s'en prendre qu'à lui-même.

De l'autre côté, ils savent que renoncer à soutenir M. Français revient à laisser élire M. Recordon, celui qui dansait dans les couloirs du Conseil National en 2007 après avoir réussi à évincer M. Blocher du Conseil Fédéral. Des images inoubliables!

Le choix est difficile, et même si la mobilisation est au rendez-vous la victoire du candidat PLR au Conseil des États paraît très incertaine. Heureusement, la politique vaudoise porte plus loin. Comme le fit remarquer un délégué, même si les écologistes vaudois réussissent à sauver leur candidat au Conseil des Etats, cela ne changera pas grand-chose à leur défaite nationale. Ils ont perdu et ils le savent.

Le congrès UDC du 19 octobre ne visait pas qu'à décider du second tour d'une élection, mais à mettre à plat ses relations futures avec le PLR au sein de la droite. Et bien que les majorités soient amoindries par l'enjeu le sentiment de l'assemblée fut clair: il n'y aura plus d'alliance avec le PLR si celui-ci continue à traiter l'UDC par le mépris. Les délégués UDC ne supporteront plus que le PLR ne s'adresse au parti que les quelques soirs où il aura besoin de ses voix au gré des circonstances.

Il est dommage que cette leçon coûte probablement sa candidature à M. Français, mais entre deux formations politiques et leurs électeurs le respect se doit d'être réciproque. L'exemple du Valais nous montre d'ailleurs que l'UDC peut fort bien progresser dans un canton sans avoir d'apparentement avec qui que ce soit.

Espérons que le PLR vaudois comprenne le message. Nous verrons ce qu'il en est dès 2016, lors des élections communales.

Commentaires

Moi je comprends l’UDC ! Ras le bol de toujours être les dindons de la farce et de se faire rouler dans la farine par les autres partis, à faire des concessions sans jamais avoir de retour d’ascenseur. Recordon, on connaît, on sait, ce n’est pas une surprise. Il est prévisible. M. Français, on ne sait pas de quelle pirouette il peut -être capable, surtout si c’est un faux « droitier ». Il peut-être totalement imprévisible. Et regardez Burkhalter. Si ce gars est de droite, je suis le Pape ! Ensuite, ce genre d'homme de "droite" va mener une politique de gauche et donc au désastre, et ajouté au désastre du prédécesseur socialiste ou vert, ça devient un super désastre. Et que diront les électeurs ? Voyez, quand la "droite" gouverne, c'est pire !!! Le réveil, c’est maintenant !

Écrit par : Pierre Henri | 20 octobre 2015

@Pierre Henri: je me suis rendu à ce congrès l'esprit complètement ouvert. J'aurais tout aussi bien pu soutenir M. Français que m'y opposer. Je me rappelais de lui pour avoir entendu des diatribes anti-UDC tout à fait choquantes de sa part lorsqu'il était à Lausanne, mais je me disais que l'eau avait coulé sous les ponts et que l'intérêt supérieur du pays prévalait.

J'aurais juste espéré que le PLR (et non Olivier Français) vienne avec quelque chose. Le retrait de Fathi Derder sur la liste des viennent-ensuite. Un communiqué aux sections vaudoises PLR disant qu'il fallait privilégier l'apparentement avec l'UDC pour les communales 2016. Des regrets pour n'avoir pas accepté une candidature commune au premier tour de l'élection du Conseil des Etats. Une simple marque d'humilité. N'importe quel signe de bonne volonté. Même une promesse. Les possibilités ne manquaient pas.

Mais non, il n'y eut qu'un Olivier Français clamant qu'il fallait le soutenir au nom de la droite au second tour, et puis c'est tout.

Certains UDC y virent un motif suffisant, d'autres la marque d'une arrogance assumée.

Dans la salle, les délégués étaient lassés. Lassés de cette campagne, de cet opportunisme du PLR qui met entre parenthèses son mépris de l'UDC juste entre deux tours. Cette lassitude, teintée de colère, l'emporta.

Il est très facile aujourd'hui de faire porter le chapeau à l'UDC vaudoise, la vilaine, l'égoïste qui "fait échouer" Olivier Français aux Etats, qui renforce la gauche et j'en passe. C'est aller un peu vite en besogne. Oublier que le PLR a refusé les apparentements au National. Le ticket à deux noms aux Etats. Le ticket commun pour le Conseil d'Etat vaudois lors des cantonales. L'apparentement pour le Grand Conseil. Et ainsi de suite - on pourrait remonter des années en arrière. Vingt fois l'UDC a proposé des alliances au PLR, vingt fois elle s'est vu opposer une fin de non-recevoir.

Alors, la majorité des délégués - dont moi - a décidé de ne pas soutenir M. Français. Parce qu'il fallait, enfin, faire comprendre au PLR que si l'UDC et lui doivent travailler ensemble, s'arranger en douce à la veille d'un second tour n'est pas une attitude responsable.

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 octobre 2015

@Pierre Henri
L'UDC ne sera jamais majoritaire avec plus de 50% des votants.
Par conséquent, il doit s'allier si il veut avoir une influence. Et même si on élisait directement le CF, l'UDC avec 30% de votants ne serait pas majoritaires.

Le PLR, c'est plutôt la classe moyenne supérieur, et supérieur. L'UDC, plutôt les paysans et la classe moyenne à moyenne inférieur. L'animosité de l'UDC, est peut-être dû à ce clivage.

Dans les canton de Vaud et Genève où la ville est importante, l'avenir de l'UDC ne sera jamais en solitaire, d'autant plus qu'il n'y a personne de charismatique qui peut drainer des voix au-delà du parti.

Écrit par : Glob | 20 octobre 2015

"s'arranger en douce à la veille d'un second tour n'est pas une attitude responsable." Je ne suis pas toujours d'accord avec vous, et je vous le dis!

Mais là je suis d'accord avec la décision de la majorité! C'est l'UDC qui a cartonné, pas le PLR, alors c'était donc bien au PLR de faire des propositions concrètes et pas des promesses en l'air!
Pareil en Valais avec Grichting, de l'arrogance et rien d'autre, alors qu'il est arrivé 4ème et que c'est l'UDC qui a un des sièges supplémentaires et pas le PLR!

L'euphorie de la victoire ne doit pas faire perdre le bon raisonnement et la vision claire sur TOUS les adversaires de l'UDC!

Les Suisses-Allemands vont encore enfoncer le clou et tout ce qui sera pris sera déjà un mieux qu'avant!
Les PDC ont eu une trouille du diable et il y a déjà des fissures chez eux
quant à leur manière de faire tourner la girouette. N'oublions pas que darbellay est aussi président sortant de ce parti!

Écrit par : Corélande | 20 octobre 2015

@Corélande: Vos désaccords, lorsqu'ils ne s'accompagnent pas d'insultes, sont tout à fait les bienvenus.

Et lorsque nous sommes d'accord c'est encore mieux!

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 octobre 2015

C'est vrai que la définition pour "insulte" en Suisse, est différente d'en France! Ou alors c'est votre manque d'objectivité qui vous déborde.

Quoi qu'il en soit je reste prioritairement attachée aux valeurs de mon parti et n'apprécie toujours pas votre, la vôtre, attitude envers Mme Despot!

A voir votre commentaire inutile, et ce qui est ci-dessus mentionné on se demande qui est sexiste? Je vous laisse chercher la définition dans votre dictionnaire!

Écrit par : Corélande | 20 octobre 2015

@Glob

Je ne suis pas d'accord avec vous. Le jour où l'UDC a 80 sièges ou plus, il peut envoyer promener tout le monde. Le PLR est un parti qui n'est pas foutu de se positionner clairement à droite et en tant que tel, je le considère comme un parti de gauche et donc en tant qu'UDC, je ne ferais pas d'alliance avec le PLR. Pour la petite histoire, pendant le déroulement des élections dimanche, en fin d'après-midi, la TV a interviewé Levrat qui a dit "Tout se passe bien". Puis il était à table au Palais Fédéral avec entre autre le PLR fribourgeois Jacques Bourgeois à qui Levrat, n'ayant pas vu que les caméras tournaient derrière lui, dit (de tête) "Bordel bordel, c'est la débâcle. On savait que l'UDC ferait des points mais pas de cette ampleur. Et on pensait que vous (le PLR), vous en feriez plus que ce que vous en faites". Pour dire ça, ça veut dire que PLR et PS comptaient l'un sur l'autre pour contrecarrer l'UDC, puisque PLR et PS ont la même politique concernant l'immigration et l'UE. Ceci n'a fait que confirmer ce que je pensais du PLR. Comme le PLR et le PS sont main dans la main, il deviendra très difficile pour l'UDC de déloger un jour le PS/PLR qui y serait installé, incrusté, même. Recordon, lui, appartient à un parti en voie de disparition.

Darbellay interviewé au Palais Fédéral dimanche à dit sa crainte de voir un jour en Suisse un bipartisme à l'Américaine s'installer à cause de l'affaiblissement des partis du centre. Seulement voilà, il faudrait signaler à Monsieur Darbellay qu'on est déjà en quelque sorte dans un bipartisme grâce à des gens comme lui et son PDC et des partis comme le PLR qui ne définissent pas vraiment ni clairement leur politique. Actuellement, le schéma est les gauches contre l'UDC Si ça continue, le PDC est voué à disparaître et il l'aura bien cherché et le PLR suivra, et on se retrouvera UDC contre PS. J'ai été de sensibilité PRD à l'époque de Delamuraz, que mon père connaissait personnellement, et à une époque où en fait on ne savait pas très bien comment l'Europe allait se dessiner. Depuis la fusion qui est devenu le PLR et sa "gauchisation" et au vu de l'oligarchie qu'est l'Europe en réalité, l'UDC est devenu pour moi le must des partis. Le PLR plomberait l'UDC dans une alliance et comme j'ai trouvé les membres de l'UDC très sincères dans les réunions où je suis allé, la naïveté n'est pas loin, donc, double plombage pour l'UDC dans une alliance avec le PLR. Mon seul reproche à l'UDC est de n'avoir pas les dents assez aiguisées pour mordre davantage !

Écrit par : Pierre Henri | 20 octobre 2015

D'accord avec vous, le contentieux entre le PLR et l'UDC est trop lourd. Et puis cette idée de permettre au "barde" Derder de revenir au devant de la scène pour vomir sur l'UDC, c'est révulsant.

Écrit par : petard | 21 octobre 2015

Détail important : si l'UDC veut un 2ème CF, il lui faudra toutes les voix du PLR - tant du Conseil national que du Conseil des Etats - avec quelques autres sinon ce sera une fois de plus un "non" !

Si Olivier Français n'est pas élu le 8 novembre, le PLR ne sera pas obligé de voter pour un deuxième CF membre de l'UDC ...

Le Conseiller national Parmelin le sait très bien et c'est pourquoi il a pris la décision de soutenir M. Français, les trois autres (Grin, Nicolet et Buffat) seraient bien inspirés de faire la même chose : arrivera-t-il à les convaincre ? Telle est la question posée.

Réponse le 9 décembre prochain !

Écrit par : M.B. | 21 octobre 2015

@M.B.: Je fais partie de ceux qui pensent qu'un deuxième siège UDC au Conseil Fédéral est légitime, et je crois que cette question dépasse les simples clivages partisans. Il faut à un moment arrêter les manigances et se demander si le CF a vocation à représenter quelque chose, ou s'il n'est qu'un jouet entre les mains des chefs de parti présents au Parlement.

Même avec 2 UDC dans la ligne de leur parti, à 5 contre 2 le CF sera encore largement non représentatif de la population suisse sur des questions critiques (la majorité des citoyens ne veut pas l'immigration de masse, réclame le renvoi des criminels étrangers, et ne souhaite pas une adhésion à l'Union Européenne).

Des trois candidats vaudois au Conseil des Etats et de leurs trois viennent-ensuite respectifs, de gauche ou de droite, il n'y a qu'Olivier Français pour soutenir un 2e siège UDC au CF. Si bien qu'en fin de compte le soutien de M. Français à un 2e siège UDC, même sincère et inconditionnel, ne pèse pas lourd - simplement parce que s'il était élu au Etats son successeur au National Fathi Derder, anti-UDC à la limite de la névrose, ne votera jamais en ce sens.

Si Olivier Français est élu, la voix pro-2e siège qu'il gagne aux Etats sera perdue par l'accès au National de Fathi Derder. Autrement dit, la voix pro-2e siège d'Olivier Français pèsera exactement pareil, qu'il siège au National ou aux Etats.

Ce qui permet de conclure que cet argument n'a finalement aucun poids pour ce qui est de voter pour lui ou non. Cela aurait été différent si M. Français avait eu un candidat décent pour le remplacer au National, mais on ne refait pas l'histoire.

On peut appeler à voter Olivier Français pour tout un tas de bonnes ou de mauvaises raisons, mais prétendre que cela donnera une voix supplémentaire à l'UDC pour conquérir un 2e siège au CF est une faute de raisonnement. Outre le fait que les péripéties vaudoises n'ont que très peu d'effet sur ce qui se décide à Berne.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 octobre 2015

@ St. Montabert - Votre calcul selon lequel la victoire de M. Français ne ferait pas un anti-UDC de moins lors de l'élection au CF n'est pas exact. En effet, si M. Français emportait le siège aux Etats, certes M. Derder accéderait au CN, MAIS en revanche, M. Recordon rejoindrait le CN et empêcherait ainsi Mme Thorens d'occuper ce siège. Résultat final, toutes chambres confondues, il y aurait bien une voix "Vert" viscéralement anti-UDC en moins. Et surtout n'oublions pas que M. Recordon est l'un des Conseillers aux Etats le plus à gauche. S'il n'y est plus pour ces 4 prochaines années, c'est tout bénéfice pour votre parti et la droite en général. Il faut voir plus loin que le 9 décembre 2015, tonnerre !

Écrit par : Daetwyler | 21 octobre 2015

Les gens parlent du PLR comme si c'était le premier parti de Suisse ! Ca ne l'est pas. C'est l'UDC le premier parti de Suisse. Et le PRL n'est même pas le deuxième parti de Suisse.

Écrit par : Pierre Henri | 21 octobre 2015

@Daetwyler: Essayons d'expliquer autrement.

Trois duos sont en lice pour les Etats, si l'on tient compte de leurs viennent-ensuite:

- Olivier Français, avec Fathi Derder pour remplaçant au National ;
- Géraldine Savary, avec Jean-Christophe Schwaab pour remplaçant au National ;
- Luc Recordon, avec Adèle Thorens pour remplaçante au National.

A l'issue du second tour de l'élection au Conseil des Etats dans le canton de Vaud, deux candidats partiont aux Etats et deux viennent-ensuite accèderont au National. Le dernier restera juste élu au National et son remplaçant n'aura pas voix au chapitre. Cinq de ces six personnes siègeront donc à Berne, soit au National, soit aux Etats.

Parmi tous ces gens, un seul - Olivier Français - a affirmé qu'il soutiendrait un second siège UDC au CF. Cela fait une voix sur cinq.

Or, Olivier Français, quel que soit résultat, siègera à Berne, soit au National, soit aux Etats. Cela fait toujours une voix sur cinq.

Donc, pour ce qui est du second siège UDC au CF, l'élection d'Olivier Français aux Etats ne change rien.

CQFD.

Bien sûr, dans l'absolu je préfère un Olivier Français aux Etats plutôt qu'un Recordon, mais pas au point de faire un n-ième chèque en blanc au PLR vaudois. Et ce, précisément, parce que je vois plus loin que le 9 décembre 2015.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 octobre 2015

@Pierre Henri
Vous avez raison, mais le PLR a le pouvoir de faire pencher la balance.
Sur les bilatérales, le PLR aura comme allier le PDC, et la gauche.

Pour le reste, comme la diminution du social, du nombre de fonctionnaire, une économie plus libérale, l'austérité budgétaire, l'UDC et le PLR se rejoigne. Ils n'ont même pas besoin de se parler pour aller dans le même sens.

Paradoxalement, c'est le PLR le véritable vainqueur de ces élections. Il n'a plus besoin d'alliance, il sera toujours dans le camp majoritaire.

Écrit par : Glob | 21 octobre 2015

Voilà les nouvelles qui viennent de tomber à Fribourg où il y avait pour les Etats en ballotage Levrat-PS, Vonlanthen, PDC, Bourgeois, PLR, Waeber, UDC. Le PLR vient d'annoncer que Bourgeois se retirait de la course et le PLR recommandait de voter pour le PDC Vonlanthen ! Voilà le vrai visage du PLR ! Les masques tombent ! L'UDC a décidé de retirer son candidat Waeber et regarde s'ils peuvent le remplacer par un plus gros calibre ! Il faut absolument barrer la route à Levrat !

Écrit par : Pierre Henri | 21 octobre 2015

"plus loin que le 9 décembre 2015." C'est justement la fin de la Présidence du darbellay au PDC et là aussi des fissures sont apparues avec ces élections.
Donc l'UDC aura par le PDC (ceux qui ont eu peur ce week-end) ce qui lui manquera du PLR, et ceci même s'ils perdent leur majorité aux Etats!
L'UDC va certainement gagner encore des sièges aux Etats, elle a déjà fait le plein et ça pousse-pousse en Suisse Allemande, car les méthodes PLR commencent à énerver sérieusement!

Écrit par : Corélande | 21 octobre 2015

@Glob

Ce que vous dites n'est pas faux, concernant le PLR. Mais à force de vouloir jouer sur tous les tableaux, on se brûle assez rapidement. Le PLR et le PDC sont en train de se contracter tandis que l'UDC est en train de prendre de l'expansion et je suis convaincu qu'un jour, l'UDC sera majoritaire à lui tout seul. Rien n'est rigide en ce monde, tout change. L'affrontement sera vrai droite, UDC, contre vrai gauche, PS. Et comme le socialisme est une idéologie fossile... Tout le reste ne sera que garniture. Mais je peux me tromper. Mais je ne le crois pas, les choses sont en train de prendre une autre tournure sur la planète...

Écrit par : Pierre Henri | 21 octobre 2015

On le voit, que de magouilles se préparent. Au centre, les alliances contre-nature font leur chemin: entre grenouilles de bénitier, écolos transgéniques rétropédalés au mariage rose et petits bourgeois chasseurs de cerfs contre protecteurs de coccinelles... vraiment tout va bien !

Tout ça parce que ces crétins ne veulent pas de "nauséabonds" UDC au gouvernement. Marre de leur nauéabondisme !

Récapitulons:
Un élu UDC a battu tous les records de voix dans ces élections: Roger Köppel a obtenu 178 090 voix. Un record absolu pour un politicien suisse, et ce alors qu’il était présenté 17e sur la liste de l’UDC zurichoise. Bravo le Peuple !

Evidemment, les 60% "non-nauséabonds" du parlement, n'en auront rient à braire. Pour l'UDC on ne tolérera que un ou deux tocards ou rien.

Et bé... question tocard on est bien servi. C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd... les 450000 balles de rente de situation, ben, m'sieur Parmelin est très disposé à se les mettre dans la fouille.

Franchement, le peuple a voté correctement et une fois de plus, la classe politique dans son ensemble se fout de sa gueule.

Vous savez quoi ? Je n'ai pas été voter, j'ai les mains propres !

Écrit par : petard | 21 octobre 2015

Stéphane Montabert@ Maintenant que la tension retombe un peu, juste une question:
si vous étiez en France, vous seriez FN ou LR (UMP) ? Je me souviens de ce que vous écriviez à propos du programme de Marine LP...

Écrit par : Géo | 21 octobre 2015

@Géo: vaste question, et purement hypothétique d'ailleurs puisqu'il y a plus de vingt ans je souhaitais déjà quitter cette France que je voyais aller dans le mur.

Je ne me serais jamais lancé en politique là-bas. Mais si pour d'obscures raisons j'étais contraint d'y résider encore, je pense que je considèrerais Marine Le Pen comme le moins mauvais choix, ne serait-ce que pour renouveler les élites du pays.

Qui peut encore considérer que Hollande, Fillon, Valls, Sarkozy et toute cette caste cynique a encore la moindre crédibilité politique?

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 octobre 2015

"la moindre crédibilité politique?" Je veux bien, mais quant à la crédibilité politique du FN ? On a vu qu'il commence à intéresser des cadres mais il me semble, à vue de nez, dans une situation encore bien plus difficile que l'UDC, votre parti jouissant de la présence des "anciens" agrariens...
Les anciens du FN sont assez peu présentables, pour rester gentil...

Écrit par : Géo | 22 octobre 2015

Un grand merci, Monsieur Montabert:

Grâce à vous, j'ai définitivement compris ce que voulait dire "cuisine" qu'elle soit simplement électorale ou plus généralement politique.

Malheureusement, les recettes de ce genre de cuisine sont franchement indigestes! Sauf pour celle du second dessert (ou second tour) qui, vu la situation, devrait probablement permettre de ne pas revoir Thi*** Derder sur un des bancs du National.

*** Je ne nomme pas les hommes politiques en utilisant l'adjectif qui les caractérisent. Je n'utilise donc pas "fat" pour Thi Derder ni "revali-D." pour Brélaz... Autre exemple de cuisine électorale indigeste permettant sa revalidation au CN... Les possibilités des Verts sont devenues bien maigres (dans tous les sens du terme)

Écrit par : La paille et la poutre | 22 octobre 2015

" je pense que je considèrerais Marine Le Pen comme le moins mauvais choix, ne serait-ce que pour renouveler les élites du pays. "

Et son programme économique viscéralement anti-libéral analogue à celle de l'extrême gauche de Mélenchon cela vous poserait pas de problème?

D.J

Écrit par : D.J | 22 octobre 2015

"Et son programme économique viscéralement anti-libéral analogue à celle de l'extrême gauche"
La rumeur courait dans les talk-show genre C dans l'air que Marine Le Pen cherchait à transformer tout ça quand sont arrivées les bisbilles avec papa...

Écrit par : Géo | 22 octobre 2015

Les commentaires sont fermés.