21 décembre 2015

Genève: casseurs partout, police nulle part

Les Genevois ont eu une bonne gueule de bois ce dimanche: ils ont découvert l'état de leur ville après une manifestation interdite de l'extrême-gauche locale. Extrême-gauche? Pardon, ultra-gauche selon la novlangue en vigueur, histoire d'épargner l'extrême-gauche institutionnelle... Certains élus de gauche soutenant d'ailleurs le mouvement.

genève,extrême-gaucheLa manifestation, sobrement intitulée "sauvage" (tout un programme!) sur le site "information et luttes" de Suisse romande renverse.ch, a dévasté la ville depuis les Cropettes dans le quartier de la gare jusqu'au boulevard Carl-Vogt à la Jonction. De nombreuses vitrines ont souffert ainsi que des banques et des bâtiments publics, au premier rang desquels le Grand Théâtre, lourdement maculé de peinture et de slogans.

Le quotidien 20 minutes se fait l'écho de la profession de foi des nihilistes:

"Nous prenons la rue pour qu'elle soit autre chose qu'un espace de circulation automobile et de vitrines de luxe; nous prenons la rue car l'avenir de nos lieux de fête et de culture est menacé par la volonté inflexible de Pierre Maudet d'imposer sa loi; nous prenons la rue parce que l'état de Genève subventionne en grande majorité le Grand Théâtre, un lieu de culture bourgeoise pratiquant des tarifs inaccessibles aux plus nombreux."


Pierre Maudet, l'ennemi à abattre. Ainsi que toutes les banques et les commerces rencontrés sur le chemin, nos révolutionnaires n'hésitant pas à s'offrir un petit extra en se servant sur la bête. De nombreuses vidéos de Genevois atterrés montrent les émeutiers attaquer les vitrines à coup de marteau, voire tenter d'y bouter le feu avec des bombes incendiaires improvisées, en toute décontraction. Mais de police, point.

La police était là, nous dit-on à la radio par le biais de sa cheffe Monica Bonfanti, mais elle a choisi... De ne pas agir. Alors que la manifestation ne comportant en tout et pour tout que quelques centaines de personnes (on parle de 500 individus, casseurs compris), les forces de l'ordre on décidé "d'être souple" et donc de livrer le centre-ville à des hordes de barbares pendant une heure et demie, les laissant infliger des dégâts se chiffrant en dizaines de milliers de francs avant de se lancer et de disperser la manifestation non autorisée. Mais qu'on se rassure, personne n'a été arrêté!

Dans une Genève prétendument en état d'alerte maximum à cause du danger terroriste, pareille démonstration d'impuissance représente un échec crucial. La soirée de samedi soir ne contribue pas à renforcer la crédibilité de la police - ni pour les citoyens du bout du lac et leur sempiternel "sentiment d'insécurité", ni face à d'éventuels islamistes en quête d'une cible facile.

En période de crise, mieux vaut éviter de crier que le roi est nu ; Genève vient de faire exactement le contraire, étalant au grand jour son impuissance derrière des excuse de stratégie de contention de la foule qui n'abusent personne.

Aurait-il été possible d'agir? De toute évidence, oui, ne serait-ce que lorsque le cortège non autorisé était le plus vulnérable, lors du passage du pont du Mont-Blanc. C'est d'ailleurs ainsi qu'une manifestation altermondialiste fut neutralisée lors du sommet du G8 à Évian en 2003. Bien que le sommet se déroule à une cinquantaine de kilomètres, les black blocks avaient investi la Cité de Calvin, surprenant tout le monde. Mais, il y a douze ans déjà, la police n'avait pu arrêter les meneurs: un Conseiller d’État de gauche avait pris fait et cause pour les manifestants, allant jusqu'à rejoindre le cortège sur le pont pour empêcher la police de les arrêter...

A l'époque déjà le problème était moins légal que politique. Que peut faire la police si on lui a donné l'ordre de ne pas intervenir?

De même que les émeutes de 2003 avaient brisé la carrière de la conseillère d'Etat Micheline Spoerri, responsable de la police à l'époque, celles de 2015 pourraient menacer Pierre Maudet. Nul doute que celui-ci ne laissera pas l'épisode de ce week-end ternir son image sans réagir. Alors que l'enquête patauge déjà et qu'on se demande si le moindre casseur verra jamais une cellule, la pression est donc maximale sur les épaules de Monica Bonfanti, dont la gestion de crise laisse pour le moins à désirer.

Entre malveillance ou incompétence il est difficile de trancher; mais du point de vue des citoyens, les deux maux sont tout aussi rédhibitoires. Si les responsables sont incapables, il faut en changer, point.

Commentaires

Je pense plus à la malveillance qu'à l'incompétence bien qu'il y ait un peu de celle-ci aussi. Mais vous savez, à jouer à ce petit jeu de destruction d'un côté et de laxisme de l'autre, il y aura un jour des citoyens excédés et à bout de nerfs qui opposeront de l'acier aux casseurs, vous savez, l'acier qui voyage à 450 mètres/seconde, et ce jour là, il ne faudra ni s'étonner ni se plaindre. Nos socialistes font tout pour que ça arrive.

Écrit par : Pierre Henri | 21 décembre 2015

Il suffisait d'écouter la déclaration de la responsable de la police genevoise dimanche soir que l'on peut qualifier avec un seul mot : suffisance !!!

Circulez il n'y a rien à voir ... tout est sous contrôle !

Écrit par : Marie | 22 décembre 2015

C'est tellement facile de juger quand on est pas concerné
Cependant quand on veut diminuer le nombre de fonctionnaires il faut aussi assumer de genre de décisions
La police ne peut être partout `! ces Messieurs et Dames ont aussi droit à des congés et peut-être que ces jeunes expriment le ras le bol général c'est à dire le leur et celui de nombreuses personnes seules qui comme beaucoup d'entre eux refusent de se plier aux ordres sectaires d'une technologie qui tue autant qu'une guerre
Mais pou sentir le danger qui guette beaucoup de jeunes du futur faut.il avoir encore faut-il avoir soi même été endoctriné dés la berceau ,on ne peut parler que de ce qu'on connait bien !

Écrit par : lovejoie | 22 décembre 2015

La cigale et la fourmi - version allemande et version Suisse

*VERSION ALLEMANDE *
Une fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue.
Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid n'a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.
FIN.
________________________________________________
*VERSION GENEVOISE-SUISSE*

La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l'été.
Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et
demande pourquoi la fourmi a le droit d'être
au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux qu'elle, ont froid et faim.
La télévision organise des émissions en direct qui montrent la
cigale grelottante de froid et qui passent des
extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.
Les Genevois sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse
souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres
vivent dans l'abondance.
Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.
Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la
fourmi est devenue riche sur le dos de la
cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie 'sa juste part'.
UNIA le syndicat, Le Parti Communiste, la Ligue Communiste
Révolutionnaire, les Verts, la Nouvelle Gauche, la
Nouvelle Droite, le Juste Centre, l’Asloca, Le Nouveau Droit Au
Logement et l'ultra-gauche organisent sit-in et manifestations
devant la maison de la fourmi.
Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.
BHL, Un philosophe à la mode, écrit un livre démontrant les liens de la fourmi avec les tortionnaires d'Auschwitz.
En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur
l'égalité économique et une loi (rétroactive à l'été)
d'anti-discrimination.
Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une
amende pour ne pas avoir embauché la
cigale comme aide.
La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi
n'a pas assez d'argent pour payer son
amende et ses impôts.
La fourmi quitte la Suisse pour s'installer en Belgique où elle contribue à la richesse économique.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée.
Elle est en train de finir les dernières
provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin. Des
rassemblements d'artistes et d'écrivains de
gauche, se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi. Le chanteur Renaud compose la chanson 'Fourmi, barre-toi!'...
L'ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la
cigale, se détériore car cette dernière n'a rien
fait pour l'entretenir. Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.
Une commission d'enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions de CHF.
La cigale meurt d'une overdose.
Divers journaux et Même Libération et L'Humanité commentent l'échec
du gouvernement à redresser
sérieusement le problème des inégalités sociales en Suisse.
La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.
Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté...
Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de Genève...

FIN...

Écrit par : losdyck | 22 décembre 2015

Ça pue la gabegie française à plein nez, ça... Encore un effort, ils y sont presque. Et ça fait furieusement penser à ce qu'H16 décrit sur son blog à propos de Jean du Voyage. Autant dire que l'Etat, censé assurer les fonctions régaliennes, n'assure plus rien, hormis la traque aux automobilistes qui roulent à 130 km/h sur l'autoroute. Et l'incompétente distributrice de bisous et plutôt encline à restreindre la liberté d'expression quand on la critique peut rendre son tablier quand elle veut: à ce stade, il s'agit de foutage de gueule ouvertement assumé.

@ losdyck: vos deux versions sont excellentes. Mais j'ai quand même une préférence pour l'allemande, allez savoir pourquoi... :-)

Écrit par : Sandra | 22 décembre 2015

@ Lovejoie : "si la police ne peut-être partout" ..., puisqu'elle était - soi-disant - au courant de ce qui se préparait, elle aurait dû ou pu en tout cas être un peu plus présente !

Écrit par : Marie | 22 décembre 2015

@Marie Et dire que depuis Novembre 2006 on lit toujours et encore les mêmes critiques -Des casseurs y'en a régulièrement à Genève .il suffit de se reporter aux anciens article qu'on peut lire sur le Net
En novembre 2006 seuls 5 casseurs ont fait la loi à Genève ,comme quoi !
de toutes manières tous ces forums ,sommets de l'absurdes mettent à cran de nombreux jeunes et moins jeunes
Sans pour autant les excuser mais à nos âges on en a déjà tellement vu et entendu qu'on préfére passer à autre chose
De toutes manières j'habite un canton qui a d'autres chats à fouetter et l'on sait pertinemment qu'aucun dialogue constructif ne peut naitre des commentaires sinon cela se saurait par tous ceux qui naviguaient déjà sur le Net en 2002

Écrit par : lovejoie | 22 décembre 2015

@ losdyck

Amalgame douteux et mensongé, les étrangers à Genève sont très bien intégrés, j'en suis un Parfait Exemple, et sans eux... Genève serait pas grand-chose.

La Gauche Combative, que je félicite, car celle-ci ne s'en prend qu'à des objets, des immeubles, là où l'extrême droite s'attaque à des êtres humains, vos propos haineux et fascisants étant là pour le prouver, a plus que raison de descendre dans la rue pour soutenir la culture et si quelques menus dégâts sans importance et remboursé par les assurances sont perpétrés, cela est tout à fait acceptable dans une démocratie.

Le danger c'est la haine et le racisme de l'UDC-MCG.

Il est Grand temps de reprendre la rue et le pouvoir, l'extrême droite UDC-MCG ayant déjà fait suffisamment de dégâts.

Nous avons tous les droits car nous sommes jeunes, donc nous sommes le Futur, les vieux cons, qu'ils restent à la maison à vomir leur haine sur des Blogs tel que celui-ci.

Écrit par : Bardhian Hodja | 24 décembre 2015

Bonjour,
Je me pose une question qui n'a strictement rien à voir avec l'article: Pourquoi l' UDC n'organise t elle pas une initiative populaire pour interdire le voile intégrale pour toute la Suisse ?
Je trouve quand même perturbant que l'UDC n'ait pas organisé d'initiative populaire sur le sujet. Il serait tant d'y remédier

Écrit par : jacques | 24 décembre 2015

Bonjour amis genevois

Depuis Moscou je consulte les nouvelles (ma fille étudie le francais a Geneve).

Je trouve incroyable que cette manifestation peut simplement exister.

Beaucoup de personnes des autres pays font une critique de notre Nation ; mais amis genevoyens (?) jamais les hooligans vont attaquer un museum ou un theater.

Vraiment il y a un probleme grave chez votre gouvernement.

Courage pour la reparation!
Avec le salut cordial

Ivan Nemsky

Écrit par : Ivan Nemsky | 25 décembre 2015

@ losdyck | 22 décembre 2015

Adaptation d'une historiette écrite pour la France... où bien sûr, la phrase "La fourmi quitte la Suisse pour s'installer en Belgique où elle contribue à la richesse économique" est remplacée par "La fourmi quitte la France pour s'installer en Suisse". La fourmi suisse qui va en Belgique... je ne la sens pas trop, celle-là.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 décembre 2015

@ Bardhian Hodja | 24 décembre 2015

On jurerait que votre commentaire est une parodie écrite par un plaisantin. Hélas, je crains que ce ne soit pas le cas.

Le gars qui hurle qu'il est un étranger parfaitement intégré... tout en faisant la preuve, par ses propos même, qu'il ne l'est nullement.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 décembre 2015

Cette manif, comme celles contre le G8 ou l'OMC, sont soutenues par le PS donc les frais de nettoyage et le remplacement des pierres sur la facade du Grand-Théatre doivent êtres facturés à ce parti. Des élus du PS ont participés à cette manif et estiment normal que les déprédations soient arrivées à cause du blocage des subventions de l'Usine. La solution est de supprimer définitivement ces subventions et de transformer l'Usine et centre d'hébergement pour requérants d'asile plutôt d'installer ces gens dans les diverses communes genevoises (Thônex, Lancy, Onex, Lully, etc)

Écrit par : Sheila Lut-Minable | 26 décembre 2015

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