17 janvier 2016

Blocher et le coup d'État silencieux

Vendredi soir l'UDC organisait sa 28e séance de l'Albisgütli. Pareille grande réunion du premier parti politique suisse ne suscite au mieux qu'un désintérêt poli de la part des médias, rapportée par un simple entrefilet dans la presse. Ce n'était toutefois pas le cas cette année, chacun attendant au tournant Christoph Blocher après l'annonce de son retrait de la vice-présidence de l'UDC. Les journalistes salivaient donc à l'idée d'un discours d'adieu, de l'abandon de la vie publique... Les débuts d'année sont toujours riches en vœux!

C'est un Christoph Blocher combatif et plein de verve qui vint à la tribune. Lorsqu'il annonça "Je n’ai pas quitté la vice-présidence pour arrêter le combat, mais pour le commencer," tous les espoirs de faire l'éloge funèbre de la vie politique de cette figure historique suisse se dissipèrent en un instant. Encore raté!

Son discours durant un peu plus d'une heure, il aborda d'autres questions que son non-retrait de la vie politique helvétique. Les reporters étant sur place, ainsi que le président de la Confédératon M. Schneider-Ammann et 1'300 invités et délégués de l'UDC, il était difficile de passer le tout sous silence. Les médias romands tentèrent notamment d'en rendre compte à travers un article de 24heures. Quant à la RTS, pour avoir un vague compte-rendu il fallut attendre le lendemain où un reportage se contenta de tourner en ridicule les propos tenus la veille:

Alain Rebetez, qu'on avait connu plus inspiré, expédia le propos en une phrase: "la volonté du peuple n'est plus respectée en Suisse, on assiste à un coup d'état silencieux et à l'établissement d'une dictature", avant de passer sans transition à la réunion PLR du lendemain où, face à un public conquis, un M. Schneider-Ammann placide put tourner en dérision les propos entendus la veille.

Le grand public en est-il vraiment quitte pour une franche rigolade? Est-il réellement dupe? Peut-on balayer comme une simple anecdote une discussion aussi cruciale sur le fonctionnement du pays, tenue publiquement par un ancien conseiller fédéral?

Alors que les citoyens helvétiques s'apprêtent à voter le 28 février pour l'initiative de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers - un texte visant à forcer le Parlement et le Conseil Fédéral à appliquer réellement une volonté populaire clairement exprimée six ans plus tôt! - il est difficile de prétendre que M. Blocher soit complètement hors sujet. Et, histoire de partir d'une définition:

Un coup d'État est un renversement du pouvoir par une personne investie d'une autorité, de façon illégale et souvent brutale. On le distingue d'une révolution en ce que celle-ci est populaire. Le putsch est un coup d'État réalisé par la force des armes.


Le coup d'État silencieux existe bel et bien ; il suffit d'obtenir le pouvoir et ensuite abuser de sa position, sans forcément exercer de violence visible.

Il y aura bien entendu une bonne partie de la population complètement d'accord avec l'idée de limiter les droits populaires d'une façon ou d'une autre, que ce soit en rendant leur exercice plus difficile, en subordonnant la Constitution aux jugements de la Cour Européenne de Bruxelles, ou simplement en décrétant que tel ou tel texte d'initiative validé par le peuple n'obéit pas à un vague "droit international", dont il n'existe nulle formulation, avant de jeter le tout à la poubelle. Pratique.

Il y a une quinzaine d'années, seules quelques voies solitaires tenaient des propositions aussi iconoclastes. Elles gagnent progressivement en force aujourd'hui. Il faut bien l'admettre, la seule chose qui ait changé entre-temps est le succès régulier de l'UDC en votation. On peut donc dire objectivement que certains n'hésiteraient pas à détruire le mécanisme de la démocratie directe juste pour contrecarrer leurs adversaires politiques - bien que peu d'entre eux osent avouer ces objectifs aussi ouvertement.

Parfaitement défendable dans le cadre d'une discussion, cette démarche reste selon moi profondément anti-suisse dans le sens où elle s'inscrit en opposition directe à tous les principes fondateurs de ce pays tels qu’égrenés dans son histoire et l'article 2 de sa Constitution: "La Confédération suisse protège la liberté et les droits du peuple et elle assure l'indépendance et la sécurité du pays." Changer constitutionnellement les droits du peuple pour les limiter revient en définitive à demander à la Constitution de se saborder elle-même.

Pour le plus grand malheur de nos journalistes superficiels, le discours de M. Blocher lors de l'assemblée de l'Albisgütli est entièrement disponible en ligne et en français. Chacun peut donc juger sur pièce les propos tenus, et les nombreux exemples que cite M. Blocher lorsqu'il parle de coup d'état silencieux - l'accord-cadre avec l'Union Européenne, le refus d'appliquer l'initiative sur l'immigration de masse, le rejet du renvoi des criminels étrangers sur lequel le peuple sera amené à redonner son point de vue le 28 février.

M. Blocher explique que la Suisse est bien davantage menacée par des forces intérieures que par des forces extérieures ; notamment la propension de la classe politique à s'affranchir de ce peuple revêche qui refuse de reconnaître sa supériorité immanente. Je m'étais déjà exprimé précisément sur le même sujet il y a un an et demi lorsque je voyais l'avenir de la démocratie directe s'assombrir et les chemins que prenaient ces affaiblissements. L'ancien conseiller fédéral ne lit probablement pas mes textes mais a simplement fait de son côté la même observation que moi et que bien d'autres: le régime helvétique de la démocratie directe est menacé à tel point que, pour reprendre des termes médicaux, son "pronostic vital est engagé".

Le vote citoyen appartient-il au folklore, une vieille tradition désormais vide de sens? La démocratie directe - que tant de peuples européens nous envient en ces heures sombres - est-elle une singularité dont la classe politique doit débarrasser le pays pour le plus grand bien de la population, et sans lui demander son avis? Nous aurons, très vite, des réponses à ces questions ; lorsque nous voterons sur l’initiative de mise en œuvre par exemple, ou sur celle sur l'autodétermination décrétant une bonne fois pour toute que la Constitution n'a pas à se plier à des traités internationaux, mais au contraire que ces derniers doivent être renégociés en cas d'incompatibilité.

Mieux que le résultat des votes populaires, c'est le comportement des élites médiatico-politiques face aux résultats que chacun devra suivre... Et il se pourrait avant peu que le coup d'État silencieux dénoncé par M. Blocher ne soit plus aussi silencieux que cela.

Commentaires

Schneider-Ammann est encore bien plus dangereux que Simonetta Sommaruga, ce qui n'est pas peu dire !!!

Écrit par : Pierre Henri | 17 janvier 2016

@Pierre Henri: je partage votre opinion. Johann Schneider-Ammann cache quelque chose. Richissime industriel, son succès dans les affaires ne peut être que le résultat d'une intelligence aiguisée alliée à un grand sens économique - deux traits de caractères qui ne cadrent définitivement pas avec l'image de bobet légèrement ahuri qu'il aime à se donner la plupart du temps.

Il me paraît donc également comme un individu particulièrement hypocrite et, partant de là, à surveiller avec vigilance.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 janvier 2016

La Constitution Suisse dit, à l'article 5 il me semble, que la Suisse respecte le droit international...Vous l'oubliez plus facilement que le reste il me semble (Vous = UDC). Alors vous pouvez bien pleurnicher, c'est inscrit dans notre Constitution...

D'ailleurs, le meme article dit:

"Le droit est la base et la limite de l'activité de l'Etat.

2 L'activité de l'Etat doit répondre à un intérêt public et être proportionnée au but visé."

On peut également y trouver l'article 8 qui affirme que tous les être humains sont égaux devant la loi, et qu'ils ne doivent pas être discriminés selon leur origine, etc...

et l'article 9, qui dit que chacun doit être traité par les organes de l'état sans arbitraire et selon les règles de la bonne foi...

Rien que là, l'initiative tant décriée contrevient à ces articles, en introduisant l'automatisme, donc l'arbitraire...
Je ne comprends pas comment cette initiative a pu être avalisée...

Vous voulez modifier la Constitution? Allez-y... mais parti comme c'est parti, c'est la réécrire qu'il faudra.

Le vieux lion n'a pas fini de faire parler de lui, c'est certain...mais un peu comme un Weber, il faudra de plus en plus le cadrer, car il se met à gatouiller un peu...

Pas sûr qu'on en rigole cependant...

Écrit par : lefredo | 18 janvier 2016

@lefredo: Les contradictions que vous mentionnez sont simplement des nuances entre le général et le particulier, que vous assaisonnez de partialité pour faire passer votre message. Prenant votre premier exemple, l'article 5 que vous citez n'implique nullement qu'un traité international ne puisse jamais être renégocié ni résilié ; l'adhésion à l'espace Schengen n'implique pas que le renvoi des criminels soit impossible (un indice: les cantons le pratiquent déjà...) et ainsi de suite.

Mais la question n'est pas là: le Gouvernement et le Parlement doivent respecter la Constitution, dont les modifications qu'y apporte le peuple souverain.

"Rien que là, l'initiative tant décriée contrevient à ces articles, en introduisant l'automatisme, donc l'arbitraire..."

...L'automatisme, donc l'arbitraire? Il faudra que je la ressorte celle-là!

L'automatisme est l'exact opposé de l'arbitraire. Dans une situation arbitraire, la décision est laissée au bon plaisir d'un individu, "à la tête du client", selon son humeur du moment ou ses convictions politiques.

Pour revenir au sujet des expulsions, l'automatisme permet de mettre un terme à la situation actuelle où les expulsions, bien qu'inscrites dans la Constitution, ne sont quasiment jamais prononcées. Voilà l'arbitraire. Il expose la population suisse à des individus dangereux et récidivistes qui ne contribuent en rien à la paix et la prospérité de notre pays - raison pour laquelle le peuple a approuvé l'initiative sur le renvoi en 2010.

Le renvoi automatique des criminels étrangers est dans la Constitution (Article 121 - https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#id-3-2-9 ) depuis six ans, ce qui rend quelque part ubuesque toute cette démarche d'une initiative de mise en œuvre. Et montre à quel point les institutions jurant de respecter et défendre notre Constitution ont failli à leur serment.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 janvier 2016

"Prenant votre premier exemple, l'article 5 que vous citez n'implique nullement qu'un traité international ne puisse jamais être renégocié ni résilié ; l'adhésion à l'espace Schengen n'implique pas que le renvoi des criminels soit impossible (un indice: les cantons le pratiquent déjà...) et ainsi de suite."

Je ne vois pas où vous lisez que je prétends que les accords internationaux ne peuvent être renégocier. Mais ce n'est pas tellement de cela qu'il est question quand on parle du droit international... Vous faites semblant de ne pas le savoir? C'est plutôt vous qui êtes partial...

"Mais la question n'est pas là: le Gouvernement et le Parlement doivent respecter la Constitution, dont les modifications qu'y apporte le peuple souverain."

Mais c'est justement là le problème. Et où vous êtes, volontairement ou non, malhonnête. Il n'est pas question de ne pas respecter les modifications de la constitution, même si c'est ce que vous essayez, pour des raisons électorialistes de faire croire, mais bien de faire en sorte que les modifications votées puissent être introduites en respectant les articles déjà en place et non modifiés.
Pourquoi faudrait-il que les dernières modifications priment sur les existantes?
Parce que c'est bien joli de dire que cela doit être automatique, mais si cela contrevient à une autre règle on fait comment?
Voilà la vraie malhonnêteté de l'UDC, et la bêtise du peuple votant. On oublie de dire qu'il y a pas mal d'autres articles à respecter et que cela prend du temps, ainsi qu'un peu de gymnastique mentale, pour que cela fonctionne.

En matière de droit, l'automatisme n'a pas sa place car il interdit de tenir compte des circonstances. Ce qui va contre les principes de l'état de droit, en plus...principe de base de notre démocratie je vous signale.
En déterminant, en plus, que seuls les étrangers y sont soumis, on contrevient à l'article 8 en faisant une différence entre étrangers et suisse, donc tout les être humains ne sont pas traités de la même manière.
Pourquoi votre modification devrait supplanter cet article? Parce qu'il ne vous plait pas? Mais ce n'est pas comme cela que ca marche, enfin... ce n'est pas comme cela que ca devrait marcher.
Et pour rebondir sur via secura, j'étais contre exactement pour ces raisons...je ne trouve pas normal que l'on condamne à des peines automatiques... Vous vous plaignez de via secura exactement avec les mêmes arguments que les opposants à votre initiative utilisent. Disproportion et automatisme mal venu... pourquoi ce qui n'est pas acceptable pour les Suisses le serait pour les étrangers? Ce n'est pas un peu incohérent comme raisonnement?

"Pour revenir au sujet des expulsions, l'automatisme permet de mettre un terme à la situation actuelle où les expulsions, bien qu'inscrites dans la Constitution, ne sont quasiment jamais prononcées."
Vous plaisantez? Vous sortez d'où qu'elles ne sont jamais prononcées? Allez, dites combien sont expulsés...sinon ce n'est qu'un fantasme de plus, étayé par rien.
Et prononcé une expulsion c'est bien joli, encore faut il pouvoir l'exécuter...Et pour cela il faut des accords avec les pays de ces ressortissants, pour autant qu'on les connaisse. On fait quoi alors si on peut pas les expulser? On les garde en prison? Faudra en construire de nouvelles alors, sortez le porte-monnaie...

En plus vous êtes très malhonnêtes en parlant de criminels dans les rues.
Car si on regarde les statistiques de la confédération, qui ont fait la comparaison entre ce qui a été légiféré par le parlement (qui a donc fait son travail, contrairement à ce que vous dites) et cette initiative de mise en oeuvre (qui durcit les règles, ce qui va donc demander un nouveau travail du parlement, qui sera forcément long à nouveau, histoire que vous puissiez encore gueuler), on constate que l'énorme majorité des renvois supplémentaires qui pourraient être prononcés, soit 5213 sur les 10000 et quelques annoncés, sont pour des gens coupables de séjours illégaux ou d'exercice d'une activité lucrative sans autorisation... On est loin des criminels dangereux pour ces cas là tout de même.

Bref, sous prétexte sécuritaire mais avec des buts uniquement electorialistes, vous vous asseyez sur les bases de notre état de droit, vous discriminez une partie de la population en créant une justice pour les suisses et une justice pour les autres, vous violez la Constitution sur deux articles au moins, vous bafouez la CEDH, vous méprisez et retirez une partie des prérogatives des juges, etc...
Et tous cela pour rien, car cela sera sans aucun effet sur la délinquance... au contraire, vous aurez beau jeu de crier sur tous les toits que les étrangers sont un problème, car il y en aura encore plus en détention, vu qu'on ne saura pas quoi faire de ceux qui sont condamnés mais non expulsables.

Bravo pour le coup politique, mais merci pour la destruction de nos valeurs et de notre état de droit. Il est où le bien être des citoyens dans tout cela?

Écrit par : lefredo | 19 janvier 2016

@lefredo: "Mais ce n'est pas tellement de cela qu'il est question quand on parle du droit international..." Eh bien précisez donc, n'hésitez pas.

"Pourquoi faudrait-il que les dernières modifications priment sur les existantes?"

Je ne sais pas moi, disons, parce qu'elles sont plus récentes? Parce que c'est d'une telle évidence que pour faire autrement il faudrait que chaque modification apportée par une initiative amende une vingtaine d'articles pour en faire un galimatias incompréhensible, tentant de donner au corpus du texte une sorte d'exactitude mathématique que la Constitution n'a jamais eu même au premier jour?

"En déterminant, en plus, que seuls les étrangers y sont soumis, on contrevient à l'article 8 en faisant une différence entre étrangers et suisse, donc tout les être humains ne sont pas traités de la même manière. "

Et puis les étrangers n'ont pas le droit de vote! Une autre inégalité de traitement totalement injuste! Pourquoi ne pas la leur donner? Et d'ailleurs, pourquoi se limiter à des étrangers résidant en Suisse? Les étrangers vivant à l'étranger devraient aussi pouvoir donner leur avis...

Bref, je crois qu'on a fait le tour du ridicule. Vous faites semblant de ne pas comprendre, fort bien, mais je vous assure que l'ensemble des citoyens suisses a mieux saisi les enjeux du 28 février et ne discutera pas du sexe des anges comme vous tentez de le faire.

"Et prononcé une expulsion c'est bien joli, encore faut il pouvoir l'exécuter...Et pour cela il faut des accords avec les pays de ces ressortissants, pour autant qu'on les connaisse. On fait quoi alors si on peut pas les expulser? On les garde en prison? "

Et pourquoi ne pas leur demander d'aller voir ailleurs s'ils y sont? Il y a quoi, 200 pays dans le monde? Si on enlève la Suisse (d'où l'individu est expulsé) et son pays d'origine (en admettant qu'il soit im-pos-sible de l'y renvoyer) cela laisse encore 198 pays où notre bonhomme interdit de séjour en Suisse peut tenter sa chance. Moi ça me paraît bien assez.

Vous verrez comme la surpopulation carcérale se dégonflera comme une baudruche lorsque les étrangers qui les remplissent repartiront d'ici...

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 janvier 2016

lefredo : "Il est où le bien être des citoyens dans tout cela?"

Son bien-être n'est en tout cas pas dans votre droit international qui n'est qu'un enfumage et qui ne sert qu'à asservir les peuples. C'est grâce à votre droit international qui ne va que dans un sens qu'on va avoir bientôt une guerre civile en Suisse et en Europe en général car l'Européen n'a qu'à avaler ce qu'on lui enfonce dans la gorge sans lui demander son avis. Pire ! Non seulement le citoyen européen n'est plus protégé par son gouvernement, alors que la constitution de sa Nation l'exige, quand son intégrité physique ou sa vie sont menacées, mais en plus, on lui interdit de se défendre s'il est attaqué sous peine de se voir réduit en cendres par votre droit international, cette arme qui condamne les victimes et soutient les criminels. C'est grâce à ce droit international qu'on a volé le Kosovo à la Serbie en utilisant la force et des mensonges infâmes. C'est ce droit international qui a permis de détruire la Libye, la Syrie, l'Afghanistan, l'Irak et les millions de morts qui vont avec ! Et pour les Palestiniens spoliés de leurs terres, il est où votre droit international ? Votre droit international, c'est le droit du plus fort, c'est le droit des oligarques mondialistes milliardaires qui écrasent les petites gens comme des cafards ! Ce sont eux qui ont pondu ce droit international, avec leur armée d’avocats et de juristes, pour nous le jeter à la figure. Vive le droit des peuples à l’autodétermination et à leur droit de disposer d’eux-mêmes !

Écrit par : Pierre Henri | 19 janvier 2016

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