03 mars 2016

Initiative de Mise en Œuvre: les raisons de l'échec

Dimanche 28 février, les citoyens suisses rejetèrent à 58,9% de Non une Initiative visant à concrétiser un texte qu'ils avaient eux-mêmes plébiscités à 53,5% en 2010.

Cet affrontement entre les pro et les anti se mena à tous les niveaux possibles - politique, médiatique, sociétal - et pourrait bien définir le futur de la communication politique en Suisse. Aussi, mieux vaut étudier cette épopée en détail.

La conclusion d'une longue saga

Sans revenir sur les innombrables péripéties autour de ce texte, le peuple approuva en 2010 une initiative UDC demandant un renvoi automatique des étrangers criminels. L'automaticité était au cœur du projet et la principale pomme de discorde entre les initiants et la classe politique. Le contre-projet du Parlement, différant de l'initiative sur ce point essentiel, ne trouva pas grâce aux yeux des citoyens.

Menée par Simmonetta Sommaruga, la classe politique helvétique n'entendit pas rester sur cet échec. Elle trouva une solution en ôtant l'automaticité du renvoi lors de la transcription de l'initiative en loi d'application. L'UDC se retrouva alors dans la situation ubuesque de combattre la loi d'application de sa propre initiative!

affiche_mise_en_oeuvre.jpg

Il aurait sans doute été bien trop confus pour le citoyen de se retrouver face à un référendum dans ces circonstances, référendum dont le "succès" aurait en plus ramené au statu quo ante du vote de 2010, privant l'UDC de sa victoire.

Le parti trouva la riposte en lançant non pas un référendum, mais une deuxième initiative, qui inscrivait directement dans la Constitution les crimes entraînant un renvoi (immédiat ou après récidive, selon les fautes commises) et constituait selon l'UDC une transcription fidèle de l'intention du texte approuvé en votation populaire.

A ce stade, il faut noter que le second texte n'avait à priori pas vocation à passer devant le peuple ; il était essentiellement conçu pour mettre la pression sur le Parlement, montrant qu'une stricte interprétation du renvoi des criminels étrangers était parfaitement possible.

Les conseillers nationaux et les conseillers aux États ne s'en laissèrent pas compter. Tenant mordicus à laisser l'entière marge de manœuvre aux juges, la même qui permet aujourd'hui d'empêcher quasiment tout renvoi, ils refusèrent de plier. Sa menace brandie en vain, l'UDC n'eut d'autre choix que de poursuivre sur sa lancée et ce qui n'était au début qu'un texte de travail se retrouva finalement porté devant le peuple avec le résultat que l'on sait...

Il est clair que si l'UDC avait eu dès le départ l'objectif de conduire l'Initiative de Mise en Œuvre jusqu'à une votation finale, elle aurait sans doute été rédigée différemment. Le parti fut en quelque sorte pris à son propre piège. Mais cela n'explique pas tout. Partant du principe que l'Initiative de Mise en Œuvre traduit fidèlement l'Initiative pour le Renvoi des Étrangers Criminels de 2010, l'échec devant le peuple n'avait rien d'automatique. Les premiers sondages donnaient même une sérieuse avance aux partisans du texte.

Comment expliquer ce revirement?

Des adversaires qui apprennent de leurs erreurs...

Les opposants à l'Initiative de Mise en Œuvre avaient un énorme avantage: le score du scrutin de 2010 comme point de départ, associé à d'innombrables analyses post-mortem sur les raisons du vote des citoyens. Ils avaient devant les yeux une véritable cartographie de l'opinion publique, de sa structure, de ses points de résistance et de ses faiblesses.

dsinein_plakat_fr.pngLe plan du champ de bataille étant déployé devant eux, ils comprirent assez vite qu'il suffisait seulement de retourner grosso-modo 5% des citoyens favorables d'alors pour faire basculer le résultat. Bien décidé à ne pas laisser se reproduire les erreurs du passé, ils savaient aussi qu'il leur faudrait mener campagne différemment. Ils rivalisèrent donc d'inventivité dans leur façon de communiquer.

En plus de traiter la proposition de l'UDC par l'indignation et le mépris habituels - les vieilles recettes ne meurent jamais - les adversaires du texte déplacèrent le débat sur le terrain de la société civile et du prétendu respect des institutions. Est-ce à dire que les 40% de citoyens partisans du texte n'appartenaient pas à la société civile? Qu'en votant démocratiquement sur une initiative populaire ils ne respectaient pas la démocratie directe?! Aucun éditorialiste pour poser ces questions...

On vit au contraire émerger autant d'officines politiques présentées comme "apolitiques" et drapées de l'intérêt supérieur monter au front pour "dénoncer" la nouvelle proposition de l'UDC, appels complaisamment répétés par des médias trop heureux de relayer la propagande sans avoir à l'inventer eux-mêmes.

Bien entendu, ces officines étaient totalement politiques, soit comme émanations de la classe politique elle-même, soit avec un intérêt direct ou indirect à la poursuite de la gabegie actuelle en matière de criminalité étrangère (par exemple parce qu'ils en vivent professionnellement, ou pour ne pas déplaire à la libre-circulation si bien vue de l'Union Européenne). Leur multiplication pléthorique en devint presque caricaturale. Pour un aperçu - non-exhaustif - des groupes de pression tentant d'influer sur le vote populaire on aura compté:

suisse-nazi_landolt.jpgCe feu roulant de reproches et de menaces était définitivement intimidant et on se demandait même si le citoyen avait encore matière à décider. Mais pour l'Homo helvéticus moyen, peu intéressé à la politique et sans opinion particulière sur le sujet, l'illusion était parfaite: on avait vraiment l'impression d'une mobilisation de toute une frange de la société face à une UDC qui tentait par son initiative - parfaitement respectueuse de la démocratie directe faut-il le rappeler - de fomenter un véritable coup d’État.

La mobilisation eut également lieu sur les réseaux sociaux, l'objectif étant de créer un buzz mineur mais suffisamment important pour être relayé par les médias, qui se chargeraient de lui donner un écho encore plus large.

La campagne enthousiaste et globale des adversaires de l'initiative donna lieu malgré tout à quelques dérapages ; pensons à Martin Landolt du PBD qui ne trouva rien de mieux que de traiter de nazi les partisans de l'initiative, drapeau suisse nazifié à l'appui - et persistant dans l'excès en allant jusqu'à placarder son visuel en gare de Zurich.

Mais ces écarts, bien rapidement pardonnés puisque provenant du bon camp, ne furent que des aspects mineurs dans une campagne d'opposition bien menée.

...Et une UDC qui se laisse vivre

Le premier parti de Suisse partait d'une situation globalement favorable: une situation nationale et internationale lui donnant raison sur toute la ligne, une initiative remportée en 2010 et des moyens financiers conséquents pour une campagne cruciale.

Dans une hallucinante décision qui restera dans les annales des mauvais choix tactiques, certains stratèges de l'UDC pensèrent sans doute que pour l'emporter il suffirait de répéter la campagne de 2010. Grossière erreur. Comment croire qu'on puisse gagner deux parties de suite en jouant les mêmes cartes?

Les citoyens eurent donc la surprise de revoir resurgir un visuel de campagne vieux de six ans, la fameuse affiche du "mouton noir" qui avait en son temps déclenché un tollé médiatique parfaitement artificiel.

Et ce fut tout.

Pire encore, l'UDC refusa d'attiser la polémique et mena une campagne discrète, limite "bon enfant". Disparues, les affiches sur "Ivan S. le violeur". Effacés, les encarts dans la presse. Les Suisses n'eurent droit qu'à des tout-ménages estampillés UDC (avec les deux moutons) ce qui les amena à les jeter tout aussi sec à la poubelle, non seulement parce qu'ils avaient été dressés à bannir ce visuel, mais aussi parce que ce matériel ne répondait pas suffisamment aux reproches formulés par les adversaires de l'initiative.

On avait l'impression que l'UDC ressortait du matériel d'archive.

Bien sûr, le parti ne resta pas inactif face à une campagne prenant la mauvaise direction. Il tenta tant bien que mal de corriger le tir, notamment en prenant pour exemple les agressions sexuelles de Cologne, expliquant que pareils individus seraient expulsés avec l'initiative alors qu'ils sont protégés de tout refoulement selon droit actuel. Las! C'était trop peu, trop tard pour espérer reprendre l'avantage.

Lendemain de bataille

Victorieux face à un texte qui semblait un temps destiné à l'emporter, les éditorialistes laissèrent éclater une joie sauvage. Le temps n'était pas à l'apaisement, mais à la curée. Tant pis pour les 53,5% de Suisses qui approuvèrent le texte de 2010 et ceux qui soutinrent à 40% celui de ce dimanche.

Pourtant, l'UDC n'a pas démérité. Le nombre de citoyens soutenant le texte est similaire à celui qui obtint une majorité en 2010. La différence a globalement joué dans la mobilisation de citoyens qui, habituellement, ne votent pas. Nombre d'entre eux, particulièrement les jeunes, ont été sensibles aux thématiques liées à l'expulsion pour de "petits délits", ce qui est un fieffé mensonge. Le mensonge paie donc dans une votation. C'est fort mauvais signe, car il est probable qu'il sera utilisé encore plus souvent à l'avenir.

Comme l'écrit Roger Koppel, "Non sans surprise, les adversaires extrêmement bien mobilisés de l'UDC ont vaincu l'UDC avec un thème de l'UDC dans le style de l'UDC, parfois même encore plus dur. S'il est vrai que le plagiat est la plus haute forme de reconnaissance, la question se pose de savoir qui a vraiment gagné le week-end dernier."

En effet, si l'UDC annonçait près de dix mille renvois de criminels étrangers par an, le Parlement et le Conseil Fédéral en annonçaient environ quatre mille avec la nouvelle loi qui s'appliquera à la place. Les six mille de différence représentent les étrangers criminels qui pourront éventuellement récidiver dans le pays - et encore, seulement si les vainqueurs de dimanche n'ont pas exagéré leurs chiffres.

Les adversaires du texte ont promis l'impossible, plus de sécurité avec moins de renvois.

Il n'est pas du tout certain que le peuple suisse y trouve son compte, évidemment, ce qui met les adversaires de renvois "inhumains" en face de leurs responsabilités. Les victimes continueront à s'accumuler ; et lorsque surgiront de nouveaux faits divers impliquant des étrangers qui auraient été depuis longtemps renvoyés si l'initiative avait été acceptée, le grand public aura du mal à rester dupe. Se sentant floué, il pourrait éprouver quelque colère.

Qu'on se le tienne pour dit, désormais, chaque texte proposé par l'UDC sera probablement "nuisible à l’État de Droit", "injuste", "excessif" et "brisera nos institutions". La campagne du 28 février change sans doute pour longtemps la manière de communiquer en Suisse: les adversaires de l'UDC ont embrassé et répliqué sans retenue les méthodes qu'ils dénonçaient il y a peu, marque d'une hypocrisie sans complexe. L'appel illusoire d'une prétendue "société civile" sera réutilisé à l'envi jusqu'à ce que les citoyens rejettent un concept antinomique au scrutin démocratique - à moins que la lassitude n'y mette un terme en premier.

Il n'est pas dit que la nouvelle martingale soit garante de futurs succès. L'UDC a en effet rassemblé bien au-delà de son électorat habituel. Imperméable au ras-de-marée de propagande, résistante au matraquage continu de l'opinion pendant des semaines, une frange rebelle de la population a décidé de soutenir envers et contre tout le renvoi inconditionnel des criminels étrangers.

Non seulement ces citoyens qui pensent aux victimes sont plutôt nombreux, mais ils démontrent avant tout une remarquable imperméabilité aux tentatives de manipulation de l'opinion, comme des bactéries résistantes à toute forme d'antibiotique. Probablement perdus à jamais pour nos bien-pensants, ils pourraient former la prochaine extension de l'électorat des Démocrates du Centre.

Les vainqueurs du 28 février ont donc quelques motifs d'inquiétude à avoir.

Commentaires

Bonne analyse…

Le problème à l'UDC, c'est qu'on ne met pas les bonnes personnes à la bonne place. Il faut que le parti se Ressaisisse.

Il faudrait que ce vilain temps du gentil copinage cesse. Marre de ces nuls qui ne cherchent que - par orgueil - à rempiler leurs postes d'élus, de présidents, de notables, etc.

Pensez-vous sérieusement que notre martelinpingouin aurait été capable d'une aussi fine analyse de ce scrutin ? Pffhh !!!

Je reste quand-même confiant pour la suite, parce que notre meilleur élu de Suisse (Koppel), ne va pas se laisser endormir !

Écrit par : petard | 04 mars 2016

Rarement lu autant de mauvaise foi.
Franchement, pleurnicher que les adversaires de l'initiative ont gagné en appliquant presque exactement les mêmes méthodes que vous habituellement, c'est un peu jouer ouin-ouin au pays des méchants.
Mais passons, le glissement est bien triste, si vous voulez mon avis, quand il n'est plus possible d'être entendu par des arguments raisonnés et raisonnables, de quelque côté qu'ils viennent.
L'UDC en a la responsabilité, de par sa primauté sur ce terrain, mais la population aussi, de part son imperméabilité aux arguments plutôt qu'aux sentiments. Passons.

Je crois que finalement, la population a reconnu qu'il est nécessaire de faire une différence entre criminels et délinquants. Au moins en cela nous sommes restés conséquents. Car il faut être assez malhonnête pour prétendre que 6000 criminels (au moins vous mettez un conditionnel à la récidive, un sursaut d'honnêteté bienvenu) resteront dans la nature. Parce que tous ne sont pas des criminels, des délinquants peut-être, des contrevenants certainement. Est-ce que cela mérite une expulsion? Le peuple a dit non, heureusement.

Pour terminer, je pensais que l'UDC faisait le pire dans la communication, on a vu que d'autres s'étaient lancé dans ce concours lamentables, avec pour l'instant une première place indiscutable. Mais venant du PBD et de Landolt, on ne s'étonnera pas tellement. Le nom change, mais l'esprit est le même que l'UDC finalement, il vient du même moule.

Écrit par : lefredo | 04 mars 2016

"les bonnes personnes à la bonne place" Le problème, c'est où sont et qui sont les bonnes personnes ? La plupart des gens font de la politique pour la bonne soupe, et la bonne soupe se trouve dans la cuisine radicalo-socialiste...

Écrit par : Géo | 04 mars 2016

-le Président de la Confédération ;
-onze ex-conseillers fédéraux ;
-des procureurs ;
-161 professeurs de droit ;
-l’association des présidents des gouvernements cantonaux ;
-des personnes issues du show-business (Bruno Ganz, Carlos Leal depuis… Les États-Unis!)
-200 « personnalités suisses » ;
-des religieux chrétiens, protestants, juifs ;
-29 ONG ;
-la Conférence Suisse des Institutions d’Action Sociale ;
-les Auteurs de Suisse ;
-le syndicat Travail Suisse ;
-les associations industrielles Interpharma et Swissmem ;
-le Parti Socialiste Français.


Sont-ils tous arrosés par l’oligarchie mondialiste ?? On dit que Soros a le bras long !

"Elites" criminogènes et criminophiles ! C'est ça qui est inquiétant !

Ils me font penser au consortium qui prétendait que la Terre était plate !

Écrit par : Pierre H. | 04 mars 2016

@lefredo: vous qualifiez de "pleurnicherie" le simple étalage des faits?

Je n'ai personnellement aucun problème à ce que les adversaires de l'UDC emploient le même style de communication qu'elle (et ce n'est pas nouveau http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/media/02/02/330388695.jpg ) ; mais le faire en dénonçant simultanément comme indigne et outrancier ce type de communication dépasse les bornes de l'hypocrisie.

Martin Landolt a lui aussi dépassé des bornes. Il est d'ailleurs intéressant de constater la différence de traitement médiatique entre une communication à base de l'expression du "mouton noir" (des mois de débats, de condamnations et de dénonciations du style indigne de l'UDC) et le fait de traiter en pleine gare de Zurich 40% des Suisses de nazis simplement parce qu'ils soutiennent un texte par ailleurs validé par le Parlement. Là? Deux entrefilets dans la presse et c'est à peu près tout.

Malgré tout, je pense comme vous que cet débat sur communication est malheureux, mais secondaire.

Vous aurez beau tordre la réalité autant que vous voudrez, il y a un grave problème de surreprésentation étrangère dans les prisons suisses et une insécurité galopante. Et les événements de Cologne nous montrent que nous n'en sommes qu'au début.

Maintenant que les adversaires de l'initiative tiennent le haut du pavé, ils se retrouvent responsables: nous verrons à l'usage si la criminalité diminue, si la proportion d'étrangers diminue dans les prisons, si le nombre de renvois de la loi d'application correspond bien aux 4'000 criminels étrangers annoncés. Je suis assez pessimiste.

Et tout le ramdam autour du vote du 28 février ne vous permettra pas de passer à autre chose en sifflotant.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 mars 2016

Auriez-vous des problèmes de digestion politique ?

Pour mémoire, un bon suisse, une bonne suissesse peut et pourra toujours frauder le fisc, les assurances sociales, etc.... en tout impunité à la condition expresse d'être discret !!!

Est-ce logique ? la réponse est non !

Écrit par : Marie | 04 mars 2016

@ M. Montabert
vous vous trompez, ou vous tentez de tromper le chaland.
L'insécurité n'a rien de galopante, vu que le nombre de crimes et de délits diminuent depuis des années, les statistiques policières le disent sans équivoque. Mais quand on ne veut pas voir...

Mais cela ne sert à rien de pleurnicher (j'insiste), même si vous avez perdu cette initiative, heureusement, ce n'est qu'une victoire défensive, car vous avez gagné l'essentiel en 2010. La nouvelle loi, qui sera appliquée dès octobre est très sévère tout de même, probablement une des plus sévères d'europe.
Quand on est réduit à dire: "J'expulserai 4000 personnes, moi ca sera 10'000", c'est que l'on a déjà fini de ce poser les bonnes questions. J'ai de la peine avec ces formes de quota, j'aurais préféré un "mon initiative permet un traitement juste et équitable, les renvois en seront une conséquence quand cela est mérité."
D'ailleurs, vu que vous prenez les "évènements" de Cologne en référence pour illustrer l'insécurité galopante (qui ne l'est pas du tout, mais bon), je me demande bien comment vous allez justifier du rejet de la réforme du traitement de l'asile, ayant principalement pour but d'accélérer le traitement des demandes, donc le renvoi des demandeurs qui ne le méritent pas, donc de diminuer les risques d'évènements comme ceux de Cologne...Car là, on a enfin quelque chose qui améliorera la situation, car, tous le monde est d'accord là-dessus, il n'est pas acceptable de laisser dans l'incertitude des gens durant les années de traitement de leur dossier, comme c'est le cas actuellement.

Écrit par : lefredo | 04 mars 2016

@lefredo: à chaque jour suffit sa peine, j'aborderai le sujet du référendum contre la révision de la loi sur l'asile en son temps.

Vous aurez beau dire, l'insécurité est galopante. Sur dix ans, vingt ans, pas sur un mois évidemment. Sur un mois, on peut montrer qu'elle a baissé par rapport au mois dernier et donc que tout va mieux. Facile. Si cela n'avait pas le désavantage de ramener trop souvent le sujet sur la table, je pense que nos élus en tiendraient même un classement hebdomadaire ("Regardez, trois semaines consécutives de baisse! Votez pour moi!")

Il y a de toute façon autant de façon de compter la criminalité que de personnes ; il y a la fréquence des faits, la gravité des crimes, le taux de plaintes, d'élucidation, de condamnation, de récidive et que sais-je encore. Et toujours des gens bien habillés pour venir vous dire que l'insécurité est dans votre tête.

N'empêche, les gens ne sont pas aveugles, et certains ont encore en tête les souvenirs d'une réelle sécurité ; et ils voient la différence avec aujourd'hui.

Même moi, je peux vous trouver de la drogue en cinq minutes à Lausanne à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit (mais bizarrement la police n'y arrive pas). Il y a des endroits où il ne faut plus traîner au soleil couchant, et des émeutes régulières où la police elle-même est dépassée.

Mais tout va très bien, vous avez raison. Confortable, le trou où vous avez mis votre tête?

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 mars 2016

@Stéphane Montabert
"Vous aurez beau dire, l'insécurité est galopante. Sur dix ans, vingt ans, pas sur un mois évidemment. Sur un mois, on peut montrer qu'elle a baissé par rapport au mois dernier et donc que tout va mieux."

Vous ne croyez pas si bien dire ! Peut-être même encore pire et bien avant que ce que vous pouvez imaginer. On a pas encore fini de rire avec les faux réfugiés, vrais soldats de l'islam. 130'000 d'entre-eux se sont évaporés en Allemagne et 10'000 enfants ont disparu dès leur arrivée en Europe. Rien de bon ne se prépare et il faut être totalement inconscient pour prendre ça à la légère ou l'occulter.

Écrit par : Pierre H. | 04 mars 2016

L'insécurité est tellement en baisse qu'en quelques mois le nombre d'interphones avec gâche électrique dans les entrées d'immeuble a augmenté dans ma rue. Mais c'est probablement pour répondre à des fantasmes de citoyens apeurés.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 05 mars 2016

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