22 mars 2016

Bruxelles découvre le vivre-ensemble

Cela avait tout d'un mardi matin comme les autres.

A l'aéroport de Zaventem, vers 8 heures, les passagers en attente de leur départ déambulent calmement dans le grand hall lorsqu'une double explosion déchire l'espace. Les plaques du faux plafond tombent sur la foule. Pour des centaines de personnes le monde bascule en un instant dans le chaos, la poussière, les cris, le sang. Hagards et assourdis, certains se relèvent, se découvrant blessés au milieu de corps déchiquetés. Le bilan provisoire est d'au moins 11 morts et 35 blessés, certains grièvement.

Deux kamikazes se sont fait exploser et un troisième est, pour l'heure, en cavale. Il laisse derrière lui une kalachnikov et une ceinture explosive.

Dans le reportage de la RTS, quelques éléments-clé: il y aurait eu des rafales de tirs avant les explosions, et des cris de "Allah akbar".

Mais la matinée ne fait que commencer. Un peu plus tard, 9h 11, une nouvelle bombe explose dans une rame de métro dans un tunnel vers la station Maelbeek - dans le quartier des institutions européennes, "à cent mètres de la Commission Européenne", s'émeut un journaliste. Il y a les choses importantes, voyez-vous. Les simples quidams peuvent bien mourir, ils ne comptent pas, et d'ailleurs, ils meurent - 20 victimes, encore sous la forme d'un bilan provisoire. Le bourgmestre de Bruxelles évoque également 107 blessés dont 17 graves.

Un autre engin explosif est découvert et désamorcé par les autorités à Schaerbeek, une commune de Bruxelles, avec un drapeau de l’État islamique, lequel ne tarde d'ailleurs guère à revendiquer les attentats.

La journaliste Isabelle Ory de la RTS, qui n'imaginait pas qu'un poste à Bruxelles l'amènerait à considérer une prime de risque, explique que "les [politiciens européens] ont compris aujourd'hui que le terrorisme allait les concerner plus directement". En d'autres termes, les élites européennes, coincées comme tout le monde dans une ville de Bruxelles en état de siège, découvrent qu'elles ne sont pas à l'abri.

Le sentiment d'insécurité vient subitement de monter de quelques crans.

L'après-attentat se met en branle selon un rituel désormais convenu à force d'être répété: drapeaux en berne, déclarations solennelles, hashtag, illumination de bâtiments publics aux couleurs de la nation martyre du jour. Ne manquent que le slogan, les dessins de presse et le logo officiel ; ils viendront en leur temps.

Il n'y a encore personne pour oser affirmer qu'on a plus de chances de mourir foudroyé que dans un attentat terroriste, les traitant comme deux phénomènes naturels. Personne pour chanter que l'islam est une religion d'amour et de paix. Personne pour s'inquiéter d'une possible stigmatisation, du danger de l'amalgame, du risque que ces attentats fassent le jeu de l'extrême-droite. Parce que l'extrême-droite - vieux costume mal taillé dont on affuble tous ceux qui ont l'audace de ne pas adhérer au projet de libanisation à marche forcée du continent - est le seul vrai danger du moment, c'est évident.

Nous vivons pendant quelques heures un moment de flottement avant que les journalistes, les politiciens, les analystes ne se mettent en branle et ne commencent à vendre au public leur version des faits, les conclusions à tirer et celles qu'il ne faut surtout pas tirer. L'actualité suit son cycle digestif.

Un homme se pensant plus sage que les autres expliquera sans doute doctement que tout cela "n'a rien à voir avec les migrants" et que les crapules qui ont mis Bruxelles à feu et à sang sont en fait des gens très bien, installés là depuis longtemps, peut-être même des nationaux, qui ont malheureusement mal tourné. Et ce qu'il dira sera parfaitement vrai. Mais aura-t-il poussé son raisonnement assez loin?

Ceux qui s'intéressent à l'actualité ont encore en mémoire l'hostilité de la foule allochtone de Molenbeek alors que ses membres harcelaient et lançaient des pierres aux policiers venus perquisitionner pour retrouver Salah Abdeslam, co-organisateur des attentats de Paris, 130 morts. Un joli quartier calme, pas de doute ;  l'ennemi public numéro un réussit à s'y cacher pendant des mois. Molenbeek n'est jamais qu'une banlieue parmi des centaines d'autres du même genre partout en Europe.

Si des musulmans prétendument intégrés dans notre société occidentale depuis des années ont développé et mûri pour elle une haine si forte qu'ils lapident les forces de l'ordre et que certains considèrent comme acceptable de se faire exploser au milieu de la foule, que penser des millions d'immigrés clandestins qui inondent le continent et de ce qu'ils deviendront dans les prochaines décennies, eux ou leurs descendants, étant entendu que jamais ils ne repartiront?

Le vivre-ensemble que découvrent les Parisiens, les Bruxellois, et d'autres demain, c'est celui des attentats aveugles, de la boucherie aléatoire, de la haine incarnée dans l'autodestruction, le même vivre-ensemble que vivent depuis des décennies les communautés du Moyen-Orient en Syrie, en Irak, au Liban, et qu'on importe désormais à grands frais.

Mais il est toujours aussi mal vu de le dire.

Commentaires

C'est immonde ,tragique bref on peut écrire tous les superlatifs pour décrire cet acte des plus barbares
Mais le titre du billet traduit ce que d'autres malheureusement pensent
Et qui risque aussi de choquer mais ne dit on pas qu'à force de chercher des poux ou il n'y en a pas ou imposer des limites dignes de l'époque à Charlemagnes ,je pense au Bio et autres turpitudes ,la mouise fini toujours par revenir sur ceux qui n'ont de cesse à la brasser et ceci juste pour concurrencer des statistiques
Mais le plus triste comme encore et toujours c'est le peuple qui figure parmi les victimes
Il est grand temps qu'à Bruxelles tous ces dirigeants vraies pirouettes se remettent en cause en tout premier et qu'ils cessent de mettre des limites sans s'en imposer à eux en tout premier
la plupart n'ayant pas d'enfants à quelque part c'est plutôt rassurant pour le futur ou alors s'ils en ont ce sont d'autres payés pour les éduquer mais arrivés a un certain âge ce sont ces mêmes enfants qui leur demanderont à leur tour des comptes

Écrit par : lovejoie | 23 mars 2016

@lovejoie: "ce sont ces mêmes enfants qui leur demanderont à leur tour des comptes" ce serait la moindre des choses, mais je ne pense pas que cela arrivera.

Nous vivons dans un monde où les Khmers rouges meurent tranquillement de vieillesse dans leur lit. Alors, il y a peu de chances que les fossoyeurs des nations d'Europe trouvent jamais le chemin d'un tribunal. Les générations suivantes les maudiront peut-être (et en fait les maudissent déjà) mais elles ont trop à faire pour simplement survivre.

Il n'y aura pas de justice officielle. Il y aura la justice officieuse, karmique si vous voulez, qui fait que nos élites subiront elle-mêmes les conséquences de leur stupidité bien avant que le grand âge ne les emporte.

Lorsque Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, fond en larmes en pleine conférence de presse hier suite aux attentats ("image forte" nous dirent les médias, parce que les corps ensanglantés des anonymes ne comptent pas) ne vous méprenez pas, il n'y a pas une goutte pour les victimes ; elle pleure sur son propre sort et le danger auquel elle vient juste d'échapper.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 mars 2016

En une de 24 heures, titre de l'édito du rédacteur en chef, Thierry Meyer :
"L'Europe entière va devoir apprendre à combattre ce cancer"
Ouais, sauf que les dirigeants de cette Europe (la Suisse comprise) devront bien vite comprendre que ce cancer porte un nom : islam. Et toute la question est là...
Ma femme était de Bruxelles. Elle a vécu la colonisation de Skaerbeek (prononcez Skarbek et non Cherbek, ignares (comme d'hab) journalistes de Suisse romande !).
Une dizaine de brutes maghrébines se présentaient chez le petit épicier belge, posaient une croûte de pain sur le comptoir et disaient en gros : voilà le prix de ton magasin, tu signes et tu as jusqu'à demain pour partir. Elle a vu des grappes de gamins houspiller et harceler de petites vieilles du quartier parce qu'elles étaient sous-chiennes. Et maintenant, ces gens se présentent en victimes...

Écrit par : Géo | 23 mars 2016

@Monsieur Montabert merci de votre réponse et en effet je pensais aux jeunes générations
habituellement c'était Israel qui était visé avant Pâques pour empécher les touristes de s'y rendre et surtout pour les dégouter .Mais beaucoup ne se sont pas laissés intimider et sont quand même partis
Ces islamistes ne doivent pas nous inciter à nous dresser les uns contre les autres ce qui est un aussi un de leurs buts
Déjà que beaucoup n'aiment pas cette période on est nombreux à penser que la multiplicités de images et des articles numérisés voir même diffusés sur les portables provoqueront de nombreux suicides
Nous avons un ciel qui parlent de suicides collectifs d'ailleurs les départs de Pâques figurent toujours parmi les plus meurtriers et cela depuis longtemps
C'est un climat très malsain mais qui ne doit pas nous empêcher de Fêter surtout si on a des petits enfants et je pense que dans la tête de ces bourreaux il y a beaucoup hormis la haine envers l'occident de la jalousie et beaucoup de frustrations vis à vis des moyens financiers dépensées chez nous lors des fêtes religieuses
Très belle fêtes de Pâques malgré tout pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 23 mars 2016

«nos élites subiront elle-mêmes les conséquences de leur stupidité bien avant que le grand âge ne les emporte.»

À ce propos, lu cet éclair de lucidité dans un com de «polbaire» sur commentaires.com:

«Seule consolation: plus la situation empire, plus le danger se rapproche des traîtres…»

En effet, il semble que le périmètre se resserre…

Écrit par : petard | 23 mars 2016

Je viens de lire l'article de l'avocat Kenel, qui s'étonne que la Suisse n'ait pas reçu les marocains et les tunisiens à l'époque, comme la Belgique.
Nous avons les ex-yougoslaves et parmi eux il y en a beaucoup qui ne se sont pas insérer; toujours un pied à leurs lieux d'origines et un pied ici!

Comme en Belgique ils sont aussi naturalisés ici, ont suivis les écoles, parlant le français sans accent!

Faut pas croire que nous sommes à l'abri, le feu couve ici comme ailleurs!
(il suffit d'entendre leurs commentaires après certaines élections, et notamment la dernière).
Par ailleurs on sait que beaucoup se sont infiltrés parmi les migrants et ont rejoint leurs familles-élargies ici, déjà!

Écrit par : Corélande | 24 mars 2016

@ Petard : c'est la raison pour laquelle les traîtres en question font tout pour que la directive européenne sur l'interdiction des armes semi-automatiques (première étape avant l'interdiction de toutes les armes en mains privées) soit acceptée et également appliquée en Suisse...

«Seule consolation: plus la situation empire, plus le danger se rapproche des traîtres…»

Écrit par : Minos | 25 mars 2016

Minos@ L'arme à la maison pour les militaires n'est pas remise en question, selon le CF récemment. A la base, ma position était pour une défense absolue de la tradition helvétique. Sauf que la situation sociale de notre pays a radicalement changé. La jeunesse suisse actuelle est constituée de 50% d'autochtones et 50% de Suisses de papier mais pas de coeur et encore moins de culture. Il y a en quelques années plus de 1500 Fass 90 qui ont disparu. C'est beaucoup.
Existe-t-il une étude des services suisses sur cette question : avec quelles armes (de quelle provenance) l'UCK a-t-elle combattu les forces serbes ?

Écrit par : Géo | 25 mars 2016

solutions pondues à Strasbourg pour le vivre-ensemble musulman en UE: on peut interdire les croix, mais pas le voile ni le niqab!


- ici la Cour de Strasbourg est allée TROP LOIN, en discriminant la liberté de certaines confessions au profit d'autres :

"la religion chrétienne devait y mettre du sien en vertu de son caractère libéral
dans le même temps, que la religion islamiste doit être respectée dans ses normes qui pour ses fidèles sont obligatoires"

En Suisse, Ivica Petrusic, musulmane présidente de Secondos-Plus, un groupe de pression d’immigrants musulmans de seconde génération, a alors indiqué que
« Le drapeau suisse ne correspond plus à la Suisse multiculturelle actuelle »


Là encore, les médias n'ont réagi que très faiblement

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-chasse-europeenne-aux-croix-est-ouverte

article de Michel Garroté
http://www.correspondanceeuropeenne.eu/2016/02/25/suisse-la-croix-du-drapeau-fache-les-musulmans/

http://www.delitdimages.org/lon-peut-interdire-les-croix-mais-pas-le-voile-ni-le-niqab/

Écrit par : divergente | 25 mars 2016

@ Géo : allez voir le dernier éditorial du 25 mars sur le site de Swissguns. Vous y verrez que les prohibitionnistes n'ont pas lâché le morceau.

Écrit par : Minos | 26 mars 2016

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