11 avril 2016

Panama Papers, pourquoi et comment

"Tous les commentaires sur les Panama Papers publiés avant de savoir qui est derrière ces informations n'ont que peu d'importance. Quelqu'un manipule des journalistes. Qui et pourquoi, dans quel intérêt ?" demande un commentateur soupçonneux.

Nous avons désormais les réponses à ces questions.

Les vraies-fausses théories du complot

La fuite des Panama Papers avait à peine reçu son nom que déjà des affrontements avaient lieu sur Internet pour faire porter le chapeau à tel ou tel protagoniste du grand jeu géopolitique.

chapeau_panama.jpg
Panama, le chapeau.

Certains pointèrent donc du doigt la CIA, d'autres Poutine, Israël, George Soros, et probablement une demi-douzaine d'autres commanditaires possibles, bien entendu sans la moindre preuve. Ne restaient que des justifications de "plausibilité" derrière chaque accusation.

Il est clair que de nombreux groupes auraient eu leurs raisons de faire jaillir le scandale des Panama Papers, soit comme une démonstration de force de la supériorité de leur services de renseignement (nous y reviendrons) soit pour semer le trouble dans le camp supposé "adverse", sachant que le scandale ratisse tout de même assez large.

Le site Slate.fr se donna la peine dans un article de relever les théories les plus saillantes du moment, mais aussi d'éclairer un aspect dérangeant du dossier, le petit nombre de clients américains repérés dans la fuite, principal argument invoqué par ceux qui impliquent la responsabilité des services secrets de l'Oncle Sam.

Puisque nous parlons de plausibilité, la relative absence de clients américains de Mossack Fonseca s'explique fort simplement par l'histoire des relations houleuses entre les deux pays:

Ni la dictature militaire qui sévit dans le pays jusqu’à 1989, ni son invasion par l’armée américaine à partir de cette date ne faisaient du Panama un environnement de confidentialité et de bienveillance pour de potentiels évadés fiscaux américains... Plus tard, un accord commercial passé en 2010 entre les deux pays a réduit à néant les possibilités pour les contribuables nord-américains de cacher de l’argent au Panama en toute sécurité. Une clause de l’accord prévoyait un échange bilatéral de toutes les informations détenues par les banques et autres institutions financières sur les citoyens des deux pays.


Le Panama était un paradis fiscal pour le monde entier, sauf les Américains. Rien d'étonnant alors à ce que la fuite de données d'un gros cabinet d'avocat du pays n'en contienne qu'une poignée. Comme pour le reste des noms cités, on ne sait d'ailleurs pas si quoi que ce soit d'illégal a été commis.

Mais évidemment, savoir que les Etats-Unis ne sont pas concernés ne fera que confirmer les soupçons de ceux qui y voient leur main dans cette fuite, puisqu'ils n'auraient "rien à y perdre". Pourquoi ces gens pensent que les services secrets américains chercheraient à épargner leurs propres ressortissants coupables d'évasion fiscale, mystère!

Mais pour y voir plus clair, passons donc aux méthodes employées pour piller les données...

Services secrets ou amateurisme total?

Dans mon précédent billet sur le thème, je pointais du doigt la "vulnérabilité" à long terme d'une stratégie de secret des affaires face à une informatisation toujours plus poussée.

Je pêchais par excès d'optimisme.

Il semble que le cabinet Mossack Fonseca se soit rendu coupable d'une incompétence sans limite en matière de sécurité informatique. Le site reflets.info parle d'une "incroyable bourde" mais les journalistes font œuvre de charité en employant ce terme. A ce qu'il semble, toutes les données de Mossack Fonseca étaient disponibles sur Internet à travers des sites web mal configurés, mal sécurisés, voire pas sécurisés du tout!

Un exemple valant des milliers de mots, voilà un fichier de configuration de Mossack Fonseca permettant d'accéder à une base de données du cabinet d'avocat:

mossack_fonseca_security.png

Même sans travailler dans le domaine de la sécurité informatique, il semblera relativement évident à tout internaute qu'utiliser le même nom pour l'utilisateur, le mot de passe et la base de données à laquelle il est sensé se connecter, le tout visible sur Internet, ne pouvait conduire qu'à la catastrophe. Si vous vous connectez sur le site du Crédit Suisse avec le nom d'utilisateur "CreditSuisse" et le mot de passe "CreditSuisse", ne venez pas jouer les surpris si vous découvrez un matin que votre compte a été vidé.

Il faut également rappeler que ces découvertes faites par des internautes curieux ont été faites après la révélation des Panama Papers. Les serveurs web de Mossack Fonseca, et à vrai dire toute leur infrastructure informatique, semblent toujours aussi mal sécurisés une semaine après les faits.

"N'attribuez pas à la malice ce qui s'explique amplement par la stupidité", dit l'adage, et nous en avons un nouvel exemple. Pas besoin d'imaginer l'implication de services secrets exotiques pour piller des données tellement mal protégées que virtuellement n'importe qui pouvait y avoir accès. Même pas besoin d'un espion dans les murs!

La fuite aurait pu avoir lieu n'importe quand - certains logiciels n'étaient plus mis à jour depuis trois ans. Le plus long pour le "lanceur d'alerte" aura sans doute été de pomper toutes ces données pour les copier sur un autre support. On comprend d'autant mieux qu'il n'ait pas souhaité de rétribution pour son "acte courageux": il n'avait aucun mérite. Il n'a non seulement pris aucun risque, mais le premier informaticien venu aurait probablement été en mesure de faire pareil.

A ce stade, on peut même débattre du statut juridique de données volées pour les Panama Papers.

Quand l'intendance ne suit pas

Les Panama Papers jettent une lumière crue sur le niveau de compétence informatique de certaines entreprises qui ont pignon sur rue. Même les règles les plus basiques de la sécurité sont absentes, et il faudrait être bien naïf pour penser que Mossack Fonseca est l'exception qui confirme la règle.

La situation prêterait à sourire si elle ne concernait pas les données privées de milliers de personnes et jusqu'à la réputation de secret des affaires qu'essaye de se donner le Panama. Les lois sur les trusts et la coopération financière ne valent pas un clou sans sécurité informatique.

La force d'une chaîne se mesure à son maillon le plus faible, ici, le site web d'un cabinet d'avocat panaméen. Cela relativise grandement les efforts de sécurisation entrepris par les banques. Sans même parler du fond, tout le concept de sécurité informatique est à revoir.

Il n'y a probablement pas plus de complot que de services secrets derrière les Panama Papers - il n'y en a pas besoin. Juste de l'incompétence. Beaucoup d'incompétence. Pas certain malheureusement que cela suffise à étancher la soif de complot d'une partie du public ; la vérité est parfois tellement médiocre qu'il vaut mieux rêver de romans d'espionnage.

Commentaires

Bien. Reste la question de la gestion de ces données par un consortium de journalistes : depuis quand les journalistes ont-ils un droit de Justice envers leurs concitoyens ? La justice des pays concernés a-t-elle reçu une copie de ces données ?

Écrit par : Géo | 12 avril 2016

C'est intéressant toute cette philosophie sur le comment, le pourquoi, le qui et et le où.

Ce qui m'intéresserait, M. Montabert, c'est votre position sur les fraudeurs du fisc, quelle que soit leur méthode (trust, rétention d'informations...).

Ne sont-ils pas des voleurs au même titre que les pickpockets? Nous avons tous compris qu'un trust peut être utile pour diverses raisons. IL N'EN RESTE PAS MOINS QUE s'il n'est pas déclaré, c'est de la fraude. Que penser des avocats qui en ont constitué et parfois administré, sachant qu'ils aidaient des voleurs? Les fraudeurs nous volent, vous et moi.

Écrit par : R. Affoltern | 12 avril 2016

Pour une fois Monsieur Montabert, je ne suis pas d'accord avec vous. Ce n'est pas parce qu'un complot est mal fait, mal ficelé et fait à la hâte que ça n'en est pas un. Et la cible principale était Vladimir Poutine. A la limite, si le mot complot vous fait éternuer, vous pouvez toujours le remplacer par "une attaque sournoise". Lors de son interview qui a suivi, il a dit que si vous voulez la jouer comme, moi, je vais rendre public des dossiers secrets des archives soviétiques des années 30 à 89 et vous serez surpris des noms qui vont sortir.


http://www.veteranstoday.com/2016/04/11/neo-the-panama-papers-the-people-deceived/

http://www.veteranstoday.com/2016/04/11/panama-papers-main-target-is-putin/

http://www.veteranstoday.com/2016/04/04/the-very-nasty-truth-about-the-panama-papers/

Écrit par : Pierre Henri | 12 avril 2016

@R. Affoltern

Personnellement, ce ne sont pas les fraudeurs de fisc qui m'intéresse. Avec ce que l'Etat fait réellement de notre argent, frauder le fisc est un devoir citoyen ! Ce qui m'intéresse davantage, ce sont ceux qui blanchissent ou cachent leur argent issu du trafic de drogue, d'armes, d'enfants, d'organes, etc...

Écrit par : Pierre Henri | 12 avril 2016

Je n'ai pas assez de connaissances dans le domaine pour juger de ce qui est légal ou non. A n'en pas douter, il y a des choses bien troubles là-dedans et j'espère qu'elles seront étudiées en détails.
J'aime bien les théories du complot, mais entre nous, si quelqu'un en particuliers était réellement visé, il n'y aurait pas été nécessaire de balancer des tera de données. Là on noie plus le truc qu'autre chose. Et si les journalistes n'ont pas encore mis à disposition les fichiers, ce qui sera fait tôt ou tard, j'y vois plutôt l'envie de garder leur scoop pour eux un petit moment. Finalement cela fait près d'une année qu'ils trient les infos, ils comptent bien en profiter.

Il y a tout de meme un point qui devrait chiffonner tout bon citoyen suisse:
Le nombre d'entreprise portant la mention "swiss" ou dérivés dans les intermédiaires. Quelle image déplorable pour notre pays. Quand est-ce que nos politiciens vont enfin mettre en place une réglementation quant à l'utilisation du nom "swiss" ou autres, rapportant directement à notre pays, par des entreprises? Avec de grosses sanctions si elles s'avéraient être condamnées et cela nuirait directement à l'image du pays. Ainsi que des attaques en justice pour toutes utilisations par des sociétés non suisse ou non domiciliées en suisse...
Parce que bon, on a en tête évidemment UBS et CS, toujours dans les bons coups, mais il y a multitude de fiduciaires et autres intermédiaires qui ont la suisse en référence dans leur nom. Et bientôt, cela ne sera plus gage de sérieux, mais d'aide à la fraude...

Écrit par : lefredo | 12 avril 2016

@Géo et @Pierre Henri: L'ICIJ n'est clairement pas neutre. Vous soulevez un débat intéressant mais qui vient après-coup, puisque ni ICIJ ni aucun autre média n'est à l'origine de la fuite. Ils se contentent juste de l'exploiter avec leur biais habituel, rien de nouveau sous le soleil.

Je ne crois pas que M. Poutine ait été visé personnellement, pas moins que Marine Le Pen ou n'importe qui dans le collimateur des bien-pensants. Mais je me réjouis que M. Poutine ouvre les archives de l'URSS, s'il ose vraiment le faire.

@R. Affoltern: la justice de chaque pays devra se prononcer sur la recevabilité de cette fuite et les suites à y donner. Je ne sais pas ce qui est légal ou pas, j'imagine qu'il doit y avoir beaucoup d'évasion fiscale et c'est évidemment illégal. Mais ce phénomène s'inscrit dans un cadre plus large sur le consentement à l'impôt qui me semble fondamental puisque la spoliation est contraire aux droits de l'homme.

Comme le dit Thomas Sowell, "Je n'ai jamais compris pourquoi vouloir garder l'argent qu'on a gagné serait de "l'avidité", tandis que vouloir prendre l'argent d'autrui n'en serait pas."

Nous n'échapperons pas à un débat de fond sur la fiscalité et le train de vie de nos social-démocraties en faillite.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 avril 2016

@ lefredo : "J'aime bien les théories du complot, mais entre nous, si quelqu'un en particuliers était réellement visé, il n'y aurait pas été nécessaire de balancer des tera de données."
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Curieusement, dans les journaux et à la TV, les premiers dont on parlait quand les Panama Papers ont fait la Une étaient les copains de Poutine. Poutine n'était pas mentionné comme ayant des comptes offshores mais pratiquement tous ses copains, mais curieusement, c'était sa photo qui était en première page des articles.

Ensuite, il n'y a pas de théories du complot, mais des complots effectifs !!! Je ne sais pas s'il y a encore des benêts qui attribuent l'islamisation rampante de l'Europe, les "migrants" qui nous arrivent par millions avec du fric sur leurs comptes bancaires, des cartes de crédit, des cartes géographiques indiquants les chemins à suivre pour éviter les barrages, le glissement rampant de la Suisse vers l'UE, les élites et politiciens de tous les partis confondus sauf l'UDC qui mènent un politique gauchiste mondialiste, les journaux qui minimisent, qui mentent, qui déforment, etc., bref, des benêts, disais-je, qui attribuent tout ça à la théorie du hasard, et bien c'est grave et désespérant ! La lobotomisation a vraiment été faite de main de maître. J'ai fait partie de 2 PPE différentes parce que j'ai été propriétaire consécutivement de 2 appartements. Et bien dans les 2 PPE, il y avait des clans de propriétaires qui complotaient contre d'autres clans de propriétaires ou contre des propriétaires isolés. Même chose dans l'entreprise où je travaillais où des chefs se mettaient ensembles pour comploter contre d'autres chefs. Si à un petit niveau comme ça ça complote déjà grave, on peut imaginer des milliardaires détenant ensembles le 90% des ressources de la planète durant une réunion. Ils doivent sûrement parler philanthropie et comme distribuer les richesses. Un agent de la CIA à la retraite que j'ai connu aux USA m'a dit que son passe temps actuel était de prendre sa moto pour rouler des heures dans le désert américain, tout seul, car il en avait ras-le-bol de l'hypocrisie de la civilisation. Il m'a dit que même s'il ne restait plus que 3 hommes sur cette planète et qui devaient survivre, 2 trouveraient encore le moyen de se mettre ensembles pour comploter contre le 3ème. J'estime gravissime que certaines personnes n'ont pas encore vu que la caste politique au dessus du peuple complote contre le peuple, ment au peuple, désinforme le peuple, manipule le peuple, donne son peuple en pâture aux islamistes en essayant en plus de les désarmer afin qu'ils ne puissent pas se défendre. Sûrement que tout ça, bien sûr, est arrivé spontanément et cette caste n'en a jamais parlé entre elle ni jamais élaboré le moindre plan sur la marche à suivre pour nous asservir. Ils ont sûrement tous eu la même idée au même moment, et ...par hasard !

Écrit par : Pierre Henri | 12 avril 2016

Merci Pierre Henri pour vos arguments de bon sens quant à la "théorie du complot". C'est ce que je dis toujours, quel que soit notre niveau social, quel que soit notre niveau de responsabilité, nous "complotons" tous. Et si cela se pratique couramment au-niveau de la machine à café ou de la place de parc, je ne vois pas au nom de quel principe le "complot" deviendrait subitement impossible au-niveau des grandes affaires mondiales.

Je rajoute que si j'avais les moyens de comploter, avec les ressources par exemple d'un Soros, oh comme je comploterais, et pas joliment, ça je peux vous l'assurer.

En fait, les gens qui utilisent souvent l'argument facile de la "théorie du complot", ce sont généralement des gens qui défendent, d'ailleurs souvent pour des raisons peu rationnelles, d'abord les USA ou d'autres intérêts qu'il est peu confortable de nommer.

Écrit par : Paul Bär | 13 avril 2016

@Stéphane Montabert'

Concernant Poutine et les archives secrètes soviétiques...

Bon, c'est en anglais mais c'est déjà mieux qu'en russe :

http://www.fort-russ.com/2016/04/putin-to-declassify-documents-that-bear.html

Et en fait, il y a une traduction française là :

http://hildegardvonhessenamrhein.over-blog.com/2016/04/panama-papers-le-president-poutine-va-repliquer-jubilatoire.html

Écrit par : Pierre Henri | 13 avril 2016

@Paul Bär

Entièrement d'accord avec ce que vous dites ! Vous noterez la chose amusante suivante qui est tout-à-fait remarquable, c'est que quand il s'agissait de descendre un sale type comme Hitler, là on parle de complot contre Hitler, mais dès qu'il s'agit de stopper Kennedy qui voulait mettre fin à la Federal Reserve (ou en tout cas s'en détourner) et à la guerre du Vietnam, entre autres, là, il n'y a pas complot. C'est un fou isolé qui est lui-même abattu peu après par un autre fou isolé. Aussi, quand on veut abattre le peuple, il n'y a jamais complot.

Écrit par : Pierre Henri | 13 avril 2016

C’est bien ce que je pensais: de l’amateurisme informatique… continuez avec vos Clouds et autres singeries…

Et tout ce foin pour rien… si ce n’est d’exciter tous ceux qui n’ont pas un rond et qui salivent devant les montagnes de pognon de tous ces «voleurs» légaux ou illégaux.

Et de savoir pourquoi les «complotistes» ont les Américains dans le viseur, c’est pas bien compliqué: Ce sont quand-même QUE les Américains qui imposent leur vision au monde avec des sanctions contre des pays tiers, qui foutent des amendes colossales (à leur profit) à toutes sortes de sociétés et banques de la planète entière, parce qu’elles ne seraient pas en conformité avec LEUR vision, LEURS lois, LEUR morale…

Quand aux trusts, sociétés écrans, paradis fiscaux, îles vierges… à partir du moment où ça existe, c’est quand-même pas fait pour jouer au scrabble.

Enfin, franchement, m’étonnerait que tout ce foin empêche nos «bavards» muets genevois de dormir.

Écrit par : petard | 13 avril 2016

Vous avez raison, Pierre Henri, le "complot" est un formidable véhicule rhétorique à géométrie très variable.

Écrit par : Paul Bär | 13 avril 2016

@ Pierre Henri

Le site Veterans Today, dont vous indiquez des liens comme s'il s'agissait d'une source crédible, fait partie du réseau de sites de désinformation piloté par les services secrets russes à destination de l'Occident.

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 avril 2016

@ Pierre Henri

Vous citez également Fort Russ comme s'il s'agissait d'une source crédible. Je vous en prie...

Veterans Today fait au moins semblant d'être un site réalisé par des anciens combattants américains à l'intention de leurs homologues. Le maquillage est grossier et il suffit de quelques dizaines de minutes de lecture pour le démasquer, mais Fort Russ, lui, ne fait pas le moindre effort pour se cacher : c'est un site militant de désinformation pro-Kremlin.

Comment pouvez-vous nous présenter comme une source fiable un site qui offre comme rubriques "RT", "Sputnik" (soit les deux méga-chaînes de télévision et Internet officielles de désinformation de l'Etat russe à destination de l'Occident, qui ne cachent ni leur statut ni leurs objectifs), "Brothers in arms" (ce qui proclame la nature militante et même para-militaire du site), "Vineyard of the Saker" (qui est un blog de propagande et de désinformation enragées pro-russes, rédigé par quelqu'un qui affirme être né en Suisse et est probablement un agent du SVR), "Novorossia" (nom inventé par la propagande russe pour l'Ukraine du sud-est envahie, qui d'ailleurs n'est plus en usage même dans les cercles proches du Kremlin), un site qui arbore le ruban de Saint-Georges, symbole de l'envahisseur russe en Ukraine ?

D'ailleurs, "l'article" de Fort Russ que vous linkez est une fausse nouvelle. C'est un mensonge pur et simple. Evidemment que Poutine ne va pas ouvrir les archives du KGB, comme le laisse entendre ce texte (mais sans le dire noir sur blanc...).

Le lien qui figure dans ce torchon est un faux lien. Il conduit vers la page d'accueil du site du Kremlin, mais évidemment pas vers un communiqué officiel qui confirmerait les allégations de Fort Russ (méthode habituelle des agents russes de désinformation : on met un lien censé "authentifier" la nouvelle, mais lorsque le lecteur se donne la peine de le suivre... il se rend compte qu'il n'y a rien derrière).

Il suffit de passer de la version russe à la version anglaise de la page linkée pour s'en rendre compte : pas plus de décret de "déclassification de beaucoup de documents d'archives" (?) que de beurre en branches :

http://en.kremlin.ru/

Les archives du KGB sont verrouillées, et pour longtemps. En revanche, l'Ukraine vient d'annoncer qu'elle allait mettre en ligne la totalité des archives du KGB dont elle dispose, jusqu'en 1991 ; et là, les historiens vont apprendre des choses... D'autres pays qui se sont libérés de la botte de Moscou sont en train d'en faire autant. La Pologne en est, il me semble.

Je vous mets au défi de produire un seul article d'un grand média occidental de référence qui confirmerait ces ridicules allégations.

D'ailleurs, je vous mets au défi de produire un communiqué officiel du Kremlin qui annoncerait le "décret" inexistant dont parle votre site bidon.

Il s'agit d'une fausse nouvelle destinée exclusivement à désorienter et à démoraliser le public occidental. Les Russes sont gavés avec des fausses nouvelles d'une autre nature.

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 avril 2016

@ Robert Marchenoir

C'est quoi vos grand médias occidentaux de référence ? Libération ? Le Point ? L'Express ? Le Figaro ? Le Nouvel Obs ? The New York Times ? Time Magazine ? LIFE ? The Herald Tribune ? Etc. ? Tous ces journaux appartenant à l'oligarchie mondialiste qui nous mentent et nous désinforment depuis au moins 40 ans ? Les journalistes de Veterans Today sont des militaires US à la retraite qui ont un curriculum vitae long comme la hauteur de la Tour Eiffel sur le plan géopolitique et géostratégique et qui ont été et sont toujours sur le terrain dans la plupart des pays du monde. Ca fait un sacré contraste avec les lopettes de salon et des plateaux TV que vous mentionnez sous l'appellation globale "grand média occidental de référence"...

Quant-à vos affabulations KGBistes, vous êtes comme l’élite politique américaine qui a été élevée selon des chimères de géopoliticiens du XIXième siècle. Les étudiants américains s’imprègnent encore dans les classes de sciences politiques des fondamentaux géopolitiques anglais et allemands de leur époque. La principale question qui revient sans cesse reste comment ruiner l’Empire Russe, et ils regardent encore le monde à travers les yeux des «faucons» du XIXièmesiècle, quand la Grande-Bretagne a tenté de sauver son hégémonie en déclenchant la Première Guerre mondiale, puis qu’elle a perdu son empire colonial après la seconde guerre mondiale.

Voilà ce qu’étudient toujours les géopoliticiens américains dans le Département d’État et la Maison Blanche , en continuant de regarder le monde à la fois à travers le prisme de la guerre froide, et des confrontations britanniques entre la Russie et l’Allemagne au XIXième siècle ; c’est donc maintenant le tour des États-Unis de vouloir déclencher une autre guerre mondiale.

Suite aux déclarations de Vladimir Poutine sur la "déclassification" des archives de l'URSS de 1930 à 1989 (dont j'ai eu confirmation par un biais diplomatique), la "Federal" Reserve "américaine" a eu un vent de panique et a eu 3 réunions en urgence dans la même semaine. Aurait-elle financé avec la Banque d'Angleterre les 2 guerres mondiales, le bolchévisme et le nazisme ? Ce n'est rien de le dire !

Écrit par : Pierre Henri | 16 avril 2016

«Les Russes sont gavés avec des fausses nouvelles d'une autre nature.»

Ah ouais… je me demande bien dans quel camp on s’applique le plus à lobotomiser la populace…

Parce qu’ici en tout cas, on ne peut pas dire que votre mouvance atlantico-russophobe ne met pas le paquet… Même si dans le Panamagate faudrait trouver autre chose que l’ami violoniste de Poutine…

Ce qu’il y a de terrible chez vos amis, c’est qu’à force de tresser de trop grosses ficelles, elles n’entrent plus dans le citron.

Écrit par : petard | 17 avril 2016

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