15 avril 2016

Claude-Alain Voiblet exclu de l'UDC!

Le Congrès de l'UDC Vaud du 14 avril à Savigny avait pour but de définir la position du parti sur les objets soumis au peuple lors des votations du 5 juin - vous les retrouverez avec votre matériel de vote - mais ce n'est que tardivement dans la soirée que les délégués purent aborder le dernier item de l'ordre du jour, le recours de Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson contre leur exclusion par le Comité central du parti il y a quelques semaines.

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"Le Comité central invite le Congrès à ne pas admettre impunément
le mensonge, l'hypocrisie et le mépris au sein du parti."

Le point de départ officiel de cette affaire portait sur un épisode de la campagne fédérale où une dizaine d'affiches UDC au Conseil des États en ville de Lausanne ont été recouvertes par celles du candidat Voiblet au Conseil National. De faux aveux d'un tiers en déclarations hâtives de l'intéressé, de photos compromettantes en explications jugées peu convaincantes, Claude-Alain Voiblet s'enferma dans une situation de plus en plus inextricable sous l’œil peu amène de la direction du parti vaudois.

Lui déclarait qu'il n'avait fait que recouvrir des affiches maculées ou endommagées - la durée de vie d'un visuel UDC dans la belle capitale vaudoise n'excède pas quelques heures - les autres qu'il mentait et avait souhaité masquer la concurrence. Ces divergences (et une correspondance salée) s'achevèrent en mars lorsque les seize membres du Comité central du parti décidèrent de l'en exclure, à la surprise des sympathisants.

Quelques imbroglios juridiques plus tard, le dernier chapitre en date de cette épopée se conclut ce 14 avril avec le traitement par le Congrès du recours de MM. Oberson et Voiblet contre leur exclusion.

Malgré un protocole tentant d'encadrer les débats, la discussion se poursuivit jusque tard dans la nuit. Après un interminable rappel des faits et de la position du Comité central par le Secrétaire général Kevin Grangier, un véritable réquisitoire à charge, succéda une toute aussi interminable défense assurée par Philipp Stauber de la section lausannoise. Ce dernier choisit une approche légaliste pour tenter de vider l'accusation de sa substance: malgré les accusations de "vandalisme" complaisamment relayées par la presse il n'y aurait apparemment aucun fait pénalement répréhensible. La stratégie eut du mal à prendre racine dans une salle lassée et prête à en découdre, des délégués qui aurait probablement souhaité plus d'humilité et de regrets, justifiés ou non, de la part de M. Voiblet.

Le débat qui s'ensuivit fut tout aussi disputé. Les orateurs se succédèrent pour rappeler l'immense contribution de M. Voiblet au succès de l'UDC Vaud, ou au contraire pour s'en distancier en affirmant qu'il n'était désormais plus possible de continuer à travailler avec lui. Quelques intervenants, trop rares à mon goût, soulignèrent qu'il y avait probablement dans la balance plus que ce qu'on voulait bien dire, des ambitions, des rivalités, des rancœurs, de la sournoiserie assurément. Les faits reprochés s'apparentaient plutôt à des peccadilles - punissables, mais pas au point d'achever dans l'opprobre une carrière politique de plus de trente ans au service d'un parti.

Le procureur de la soirée M. Grangier prit la parole une bonne dizaine de fois, l'avocat de la défense M. Stauber lui répliquant presque aussi souvent. Mais les lignes semblaient fort claires et furent particulièrement visibles lors du vote de deux motions d'ordre réclamées par M. Stauber sur des points techniques. Seules Lausanne et quelques sections urbaines soutinrent les accusés. Lorsque M. Jean-Luc Chollet prit la parole pour affirmer énigmatiquement que "la plupart des gens ici ce soir ont déjà leur opinion quant à ce qu'ils vont voter", la réplique sembla résonner comme un couperet. Il semblait clair que plus rien ne pourrait sauver le soldat Voiblet.

Les délégués étaient face à deux mauvais choix: désavouer leur propre Comité central ou évincer MM. Voiblet et Oberson. Je connais des gens de part et d'autre de ce débat, et à ce stade il n'y avait plus aucun moyen d'en ressortir indemne, chaque délégué ayant voté pour des raisons qui lui sont propres. Le dépouillement du vote final fut connu après deux heures du matin: 91 voix pour l'exclusion de M. Voiblet, 50 contre et 3 abstentions. M. Oberson fut quant à lui exclu par 101 voix pour, 46 contre et 1 abstention.

20160415_voiblet.jpgIl y avait quelque chose d’œdipien ce soir-là - le meurtre du père, pourrait-on dire.

Je ne me prononcerai pas sur la culpabilité de M. Voiblet et M. Oberson sur les faits qu'on leur reproche, mais la punition me paraît sévère. L'exclusion est la plus haute sanction que puisse prononcer une assemblée politique ; dans le domaine religieux, son équivalent serait l'excommunication, dans le domaine militaire, l'arme nucléaire.

L'UDC Vaud vient sciemment de démolir la locomotive du parti dans le canton - une locomotive historique, pour le moins. Peut-être certains ont-ils pensé que cette amputation était le meilleur choix ; je crains que ce diagnostic ne soit erroné. Par sa ligne de défense, M. Stauber a quelque part déjà annoncé la couleur des prochaines batailles. La crise pourrait dégénérer encore, non entre des personnes, mais entre des sections, l'UDC Lausanne lançant une fronde contre l'UDC Vaud. L'affaire se terminera alors devant les tribunaux. M. Voiblet garde entière sa liberté de parole et la crise, loin de s'éteindre, pourrait durer des mois, jusqu'aux cantonales.

En fin de compte, je crois qu'hier soir l'UDC vient probablement d'enterrer la reconquête de son siège au Conseil d’État vaudois, quel que soit son candidat. La combativité probable des sections affectées pour soutenir leurs présidents respectifs nourrira les choux gras de la presse pendant les mois à venir, nuisant à l'image du parti. Sachant que certains rivaux de M. Voiblet votaient avant tout pour l'écarter du chemin de leur propre ambition (une mise à mort politique pas forcément nécessaire au vu de l'affaiblissement que représentait déjà l'humiliation de ce Congrès) ce résultat montrerait avant tout que l'UDC Vaud garde ses meilleures balles pour se les tirer dans le pied.

Tout dépend des suites que Claude-Alain Voiblet entend donner à ce verdict.

Commentaires

Trois remarques, "de l'extérieur", n'étant pas membre de l'UDC.

1: quelle belle bande de bras cassés à la tête de l'UDC Vaud ! Le pays est en voie d'être submergé par une masse de migrants (avec des conseillers fédéraux UDC aux abonnés absents), Lausanne ressemble de plus en plus à Detroit et on arrive à éliminer un élément de valeur, combatif et efficace, pour une ridicule "affaire" d'affiche collée sur une autre.

2: je note que l'UDC Vaud maintient dans ses rangs des gens qui commettent des actions d'ordre pénal dans le cadre même du parti.

3: au final, on risque de se retrouver avec un "Mermoud-bis" comme figure de proue dans le canton, un gentil mollachu de la campagne qui sera complimenté pour sa "rondeur" par les socialistes et traité avec courtoisie dans les média systémistes, trop contents de traiter avec une personnalité naïve et malléable.

Triste.

Toutes mes sympathies à Monsieur Voiblet, en espérant qu'il n'abandonne pas la politique.

Écrit par : Paul Bär | 15 avril 2016

«Sachant que certains rivaux [...] votaient avant tout pour l'écarter du chemin de leur propre ambition»

C'est terrible, l'EGO et l'ambition personnelle...

Je peux comprendre qu'avec les difficultés que connaît le monde agricole, nombre de Patriciens à bout de souffle, cherchent leur Salut ailleurs... Par le passé déjà, les mêmes, par le rituel du carnotzet, finissaient par devenir syndics ou préfets... aux plus neuneus le Graal dans une carrière militaire ou un strapontin à la gendarmerie.

Le problème est que... les places de «culs beurrés au soleil» se font de plus en plus rares et qu'il faut patiemment attendre son tour. Surtout qu'il en reste une bonne poignée, qui attend de passer au «Buffet», pour s'assurer un fond de 2e pilier en deux tours de carrousel...

On peut déjà être content du sort de martenienpinlin, il a eu son boulot, Rochebinbin lui sert à n'en plus pouvoir du Môssieur le Conseilleeer fédéral... dans 100 jours - même avant -, il nous répétera qu'il a des SUPERS collaborateurs... et tout est le mieux dans le meilleur de mondes.

C'est le miracle de l'UDC vaudoise !

Écrit par : petard | 15 avril 2016

Effectivement Pétard, après sa prestigieuse victoire sur le front du "Duro", le caporal Pinguelin planifie présentement un déploiement d'envergure de l'armée aux frontières, pour y distribuer des oranges aux milliers de migrants que Soeur Sommaruga entend répartir jusque au fin fond de nos alpages les plus reculés. J'entends déjà notre journaliste officiel d'état Darius Rochebien louer la parfaite collégialité de cet UDC agrarien, oui si différent de l'aile zurichoise (bouh, bouh), de cette faction blochérienne (rictus subliminal de dégoût) qui mange des petits n'enfants érythréens au déjeuner. S'il continue à être si paisiblement "vaudois", il aura peut-être même droit à un compliment de Géraldine Savary.
Et Kevin Grangier continuera d'imaginer que tout cela incitera les gens comme moi à poursuivre leur soutien à l'UDC canal papet vaudois et mollasse campagnarde.

PS: évidemment, je serais le plus heureux des votants UDC si je me trompais, si j'étais "déçu en bien".

Écrit par : Paul Bär | 15 avril 2016

PS. oh comme je vois venir la manoeuvre bien "vaudoise": lâcher du lest sur la migration et espérer le soutien, du moins la neutralité bienveillante de la gauche, pour le nouvel avion de combat.

Écrit par : Paul Bär | 15 avril 2016

Voilà, je devrais ouvrir un cabinet de voyance...

http://lesobservateurs.ch/2016/04/20/larmee-nest-pas-un-comite-daccueil-pour-requerants-dasile/

... on paie des impôts pour que notre armée (ou ce qu'il en reste) soit bientôt engagée pour distribuer des oranges aux néo-colons. Mais le caporal Pinguelin et la droite économique sont contents: ils auront leurs sous-sous (cinq milliards quand même) pour leurs achats de bric-à-brac militaire parfaitement inutile.

C'est Oskar Freysinger qui avait raison; il aurait fallu que l'UDC sorte du Conseil fédéral (vu que cela ne sert à rien d'y être) pour mener ensuite une véritable politique d'opposition.


PS: aux responsables UDC qui liraient mon petit message: ne croyez pas que je sois seul à envisager, aux prochaines fédérales, d'aller à la pêche plutôt que d'aller voter.

Écrit par : Paul Bär | 20 avril 2016

Et tandis que notre armée va bientôt contribuer à l'envahissement régulé et bien organisé de notre pays, les marines militaires européennes assurent un service de ferry en vue de l'envahissement de l'Europe:

http://www.dailymail.co.uk/news/article-3539484/High-five-Europe-patrol-migrant-boats-pick-refugee-dinghies-30-miles-Libya-bring-270-miles-Sicily-new-Lesbos.html#ixzz46HxiYLFt

Ils seront bientôt chez nous, comme nos frontières ne sont pas gardées.


PS: Monsieur Montabert, je me permets ici un semi "HS", car je suis littéralement sidéré par le silence de tous, y compris de "notre bord", face à ce qui se passe là, quelque chose à la fois d'historique et de terriblement dangereux. Pourquoi personne à l'UDC ne dit rien de fort sur le sujet ? Avec les "vrais" mots: envahissement, colons, ethnies etc...

Écrit par : Paul Bär | 22 avril 2016

"car je suis littéralement sidéré par le silence de tous, y compris de "notre bord", face à ce qui se passe là"
Peut-être parce que tout le monde ressent plus ou moins consciemment que les carottes sont cuites. Les Suisses de papier sont plus nombreux que les autochtones et ils votent pour les leurs. C'est aussi cela, la démocratie...

Écrit par : Géo | 23 avril 2016

Et c'est pourquoi je ne suis que très moyennement démocrate.
Et que j'attends avec impatience de passer à autre chose...
En espérant être encore assez jeune à ce moment-là.

Écrit par : Paul Bär | 23 avril 2016

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