11 mai 2016

Un référendum contre la nouvelle loi sur l'asile, pourquoi faire?

Le 5 juin le peuple votera sur le référendum contre la révision de la loi sur l'asile - et approuvera vraisemblablement la nouvelle loi, selon ce qu'indiquent les sondages.

Il faut dire que l'absence de campagne digne de ce nom n'aide pas les adversaires de la révision. Sur ce dossier, l'UDC, à l'origine du référendum, semble retenir ses coups ; échaudée par son échec cinglant sur le renvoi effectif des criminels étrangers, elle souhaite sans doute réserver ses moyens - qui ne sont pas infinis, n'en déplaise à ses contempteurs - pour des combats plus importants, comme la soumission de la Suisse à l'Union Européenne à travers un accord "institutionnel".

asile,prise de position,votation du 5 juin 2016Résultat, le grand public est laissé dans l'incertitude. Les éditorialistes salivent d'impatience devant une défaite annoncée. Ils affûtent leur plume dans l'anticipation d'une nouvelle déconvenue de cette UDC honnie, qui semble cette fois-ci avoir carrément déserté le champ de bataille. Les absents ont toujours tort ; le terrain médiatique est entièrement abandonné aux partisans de la nouvelle loi. Il suffit de lire un article du Matin - présentant le sujet "en un clin d’œil", alors qu'il façonnera l'avenir du peuple suisse pendant les prochaines décennies - pour avoir l'impression que l'UDC s'oppose par pur esprit de contradiction, voire, selon les plus vicieux, pour "saboter" une réforme qui résoudrait pour de bon son thème de prédilection... Si seulement!

Sur le principe, pourquoi rejeter la nouvelle loi? Réunir tous les acteurs de l'asile dans de grands centres fédéraux afin d'être plus efficace semble couler de source. De même que le raccourcissement des procédures, qui pourrait être contre? On annonce même une économie de moyens, c'est merveilleux!

Évidemment, tout cela n'est qu'illusion. La loi ne peut pas garantir la vitesse de traitement des demandes, et si elle tentait de le faire, vous pourriez être sûr que l'échec de l'administration à tenir ses délais serait au bénéfice des demandeurs.

Le coût de l'ensemble est encore plus invraisemblable. Non seulement le Conseil Fédéral s'est fait totalement dépasser par le phénomène continental du nouveau tourisme de l'assistanat social sous couvert d'asile, mais les chiffres sur lesquels il fait reposer ses calculs sont grossièrement sous-évalués. Il tablait sur 24'000 demandes d'asile par année ; la Suisse en a reçu 40'000 en 2015 et s'attend à en recevoir 60'000 pour 2016. Et nul n'en voit la fin.

Bien sûr, les coûts prendront l'ascenseur ; chacun le sait, mais pendant la campagne, c'est silence radio. Les centres d'accueils fédéraux, devant recevoir chacun 5'000 demandeurs, vont pousser comme des champignons dans toute la Suisse, ne serait-ce que pour gérer l'afflux. Car l'objectif d'un raccourcissement des délais est sans doute l'argument le plus mensonger de tous. Il faut être un escroc de premier ordre pour clamer sans sourciller que les procédures seront plus rapides "si les requérants acceptent des décisions négatives sans faire recours" alors même que la Confédération leur fournira des conseils et une protection juridique gratuite précisément pour leur expliquer leurs voies de recours...

Les "avocats gratuits" dont disposeront les requérants d'asile les mettra encore une fois en situation privilégiée par rapport à l'autochtone qui doit payer sa défense rubis sur l'ongle à la moindre incartade devant les tribunaux. L'UDC s'oppose également à la terrifiante dérive de l'administration fédérale qui s'arrogera pour l'occasion un véritable privilège d'expropriation, en violation des droits humains fondamentaux - une "avancée" qui fait saliver nombre d'élus de tous niveaux, et dont on devine qu'elle sera immanquablement étendue à d'autres domaines dans les années qui viennent.

Bref, la nouvelle loi sur l'asile est une coquille aussi vide que mensongère sur les sujets qu'elle prétend résoudre. Comment s'en étonner alors qu'elle émane des services de Mme Sommaruga dont la position pro-immigration n'est plus à démontrer?

Les discussions sur les effets de la nouvelle loi sur l'asile ne doivent pas faire oublier le cadre du phénomène global dans lequel elle s'inscrit: l'attractivité des pays d'Europe pour des hordes déferlantes d'Afrique, du Moyen-Orient et même au-delà. Le flot d'immigrant n'a, de loin, pas été endigué. Comprenant qu'il en va de leur survie, les pays exposés violent sciemment les Accords de Dublin, rejettent la tutelle de l'Union Européenne, rendent plus difficile le détournement de l'asile à des fins économiques, réinstaurent des contrôles et - crime parmi les crimes - finissent par admettre que les gens qui se pressent à leurs frontières ne sont absolument pas des réfugiés en danger de mort.

Avec enthousiasme, la Suisse va totalement à contre-courant. Elle rejette toute idée de surveillance de son territoire. Elle ne ménage pas ses efforts pour accueillir toute la misère du monde - littéralement. Jusque chez le particulier.

J'avais coutume de le dire mais je ne plaisante qu'à moitié: pour résoudre les problèmes de logement, de pauvreté, de santé en Suisse, il suffit de distribuer des passeports syriens. Là, on s'occupera de vous - comme jamais.

Oublieuse de ses faibles, de ses pauvres, de ses aînés et pour tout dire de toute sa population, la Suisse de 2016 définit les demandeurs d'asile comme les nouveaux Übermenschen légaux, le nouveau peuple élu. Ils ont droit au gîte, au couvert, au ménage, aux cours, aux soins médicaux et dentaires, aux distractions, à des smartphones dernier cri et maintenant aux avocats - le tout gratuitement, c'est-à-dire payé par des contribuables qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts.

L'approbation de la réforme de la loi sur l'asile par le peuple suisse représentera une sorte de consécration dans cette trajectoire de suicide collectif. Les générations futures la paieront chèrement. Mais qu'importent des lendemains de chaos face à la perspective d'infliger une défaite politique à la vilaine UDC!

Commentaires

NON! est la réponse du citoyen responsable, à l'IRRESPONSABILITé de nos responsables

Écrit par : divergente | 12 mai 2016

C'est trop tard.

Nous avons la démocratie directe.
Nous avons un parti patriote qui fait 30%
Nous avons deux représentants de ce parti au gouvernement.

Et aujourd'hui, sur les hauts de Lausanne, j'étais pourtant le seul blanc du bus.

Mais il ne faut pas désespérer, il faut changer de paradigme, pour utiliser un mot qui fait bien.

Écrit par : Paul Bär | 12 mai 2016

«Le 5 juin le peuple [...] approuvera vraisemblablement la nouvelle loi, selon ce qu'indiquent les sondages.»

«Il faut dire que l'absence de campagne [...] n'aide pas les adversaires de la révision. Sur ce dossier, l'UDC, à l'origine du référendum, semble retenir ses coups [...] »

Mais ! On joue à quoi à l'UDC ?

... On lance un référendum et après on laisse pi****... on ne met pas la briquette, parce que ça risque de coûter quelques sous pour pas grand chose... «bof ! tant pis on était un peu stupide de lancer ce référendum... sur le moment c'tait un bon coup d'pub d'lancer c't'histoire... hein?»

Ben, les amis, vous savez quoi ?

Si c'te fois je dois me déranger... quand-même ouvrir l'enveloppe... faire l'boulot et la poster.... BEN, j'VAIS VOUS FLANQUER un de ces OUI au salaire inconditionnel, rien que pour vous faire ch***, parce que si ça passe, j'en ai rien à faire des conséquences... Vous verrez comme ce sera bonnard !

Voulez jouer aux c*** avec les électeurs... ok ! Jouons aux c*** !!!

Écrit par : petard | 12 mai 2016

White flight aujourd'hui:

http://fr.novopress.info/200960/fuite-blancs-grandes-villes-europeennes-saccelere/

White fight demain !


Ne perdons pas l'espoir.
Il faudra beaucoup perdre,
mais rien n'est joué.

Écrit par : Paul Bär | 13 mai 2016

«White fight demain !»

Mais... c'est la seule chose qui reste à faire: fouuuutre le camp !

Faut juste trouver les endroits où ceux qui débarquent n'auront jamais l'idée d'y mettre les pieds. Des endroits suffisamment répulsifs par rapport à leurs croyances et leurs attentes matérielles.

C'est comme les bonnes places de pique-nique en lisière de forêt. Faut se dépêcher de poser sa chaise-longue.

Écrit par : petard | 13 mai 2016

@Monsieur Montabert sur l'air de la métaphysique on pourrait ajouter qu'en période de sinistrose comme la présente qui ne s'éteindra qu'au moment des fêtes de al jeunesse il est normal de courir aux urnes à défaut de remplir la sienne
L'Europe s'est transformée en euro .parc de Halloween et ce pour 25 ans si l'on en croit certains visionnaires ,bon courage aux viennent ensuite mais bon comme beaucoup se sont déjà transformés en morts vivants on n'a plus trop de soucis à se faire pour les plus jeunes sauf que le culte de la mort conduira et grâce aux réseaux sociaux de plus en plus de jeunes à se suicider ou à se révolter contre les politiciens
C'est tout Vôtre système qui est en danger !je dis Vôtre car nous anciens on a fait ce qu'on a pu comme on dit il ne faut jamais mettre la charrue avant les bœufs ce qui s'est produit avec le virtuel et ce sont les plus jeunes qui en feront le frais
Ce qui est rassurant pour nous en tous cas c'est de savoir qu'on ne pourra jamais nous accuser de n'avoir pas parlé et pressenti tous les dangers relatifs à toutes ces technologies
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 15 mai 2016

Revnons à nos moutons… noirs…

En somme, donc, l’UDC a lancé ce référendum pour s’entraîner, pour garder la main, garder la forme… De même manière que les bons patients des bons médecins ne ratent sous aucun prétexte leur jogging, suivi du pot de birchermuesli après l’effort.

Selon cette logique du tout sans cerveau, le citoyen Wi-Fi-sé, connecté touiter ou lobotomisé face de bouc, jettera vraisemblablement dans l’urne un «Free Trial» inutilisable (qu'il ne cherchera même pas à cracker), à la place d’un «Full Version».

Écrit par : petard | 15 mai 2016

Par électorat je tiens tout de même à préciser que je pense à tous ceux qui vont voter intelligemment et pour lesquels il aura été plus facile pour certains partis de surveiller voir contrôler ses manières de trier des déchets préférant gendarmer là ou ce n'était pas nécessaire
On est très loin de l'élégance dans le geste et la parole qui faisait figure de bon gout et de savoir vivre de la part des anciens Politiciens et qui eux ne se laissaient pas désarmer face à une montagne de déchets
Eux ne s'abaissaient pas devant des sacs de poubelles déposée ou il ne fallait pas car le danger le vrai ils l'avaient connu et savaient comment s'en débarrasser alors qu'aujourd'hui tout est fait grâce aux réseaux sociaux pour l'entretenir
C'est ce que pense la majorité des non internautes qui préférent vivre sans perdre leur temps à batailler pour des nèfles
Très bonne journée pour Vous Monsieur Montabert

Écrit par : lovejoie | 17 mai 2016

Pétard a raison d'utiliser le terme lobomotisés surtout quand on voti tous ceux n'habitant pas notre pays et inversement qui donnent leur avis sur des sujets ne les concernant pas du tout ou pour lesquels ils ne voteront pas
Aussi après avoir lu que Nuit Debout est à Genève on peut espérer qu'enfin les Politiciens ceux qui ne sont pas encore trop lobomotisés que tous prennent le train en marche pour aider la police à réagir immédiatement dès les premiers débordements
C'est fou le temps perdu à convaincre un lectorat qui saisi de suite l'importance des sujets à voter et pour lesquels très souvent il a déjà voté alors qu'il y a d'autres chats à fouetter
Espérons que la classe politique de Suisse soit moins naive et plus rapide que son homologue de France qui elle fait vraiment figure ,de guignols pour rester polie
Et ce sont des politiciens qui ont le culot de vouloir diriger le comportement de l'électorat ,quelle tartuferie !

Écrit par : lovejoie | 17 mai 2016

"Et ce sont des politiciens qui ont le culot de vouloir diriger le comportement de l'électorat ,quelle tartuferie !"

Non, la SS (société sivile) poursuit sa démarche! Celle qui protège et va amplifier ses intérêts avec les expropriations; s'approprier à bon compte des biens immobiliers privés afin de loger et préparer la relève avec les migrants aux frais des Cons-tribuables Suisses qui après tout une vie de labeur vont voir leur qualité de vie se détériorer d'une façon magistrale et à vitesse grand V.

Imaginer on n'a plus de place avec 24'000 (nouvelle du jour) et la base de calcul pour la nouvelle loi sur l'asile! Alors que l'an passé nous en avons enregistré 40'000 (quasi + 60%) et il ne faut pas oublier ceux qui sont toujours là des années après et ceux qui vont débarquer cette année!
Alors toutes ces constructions faites partout jusque sur nos bonnes terres arables et bien ce sont les futurs logements de ces chères, très chères migrants!

Je n'ai jamais vu comme cette année, la misère et le désarroi de nos âgés qui vivent dans des immeubles au milieu de ces nouveaux arrivants. C'est lamentable et misérable que nous ayons laissé faire cela!

Écrit par : Corélande | 18 mai 2016

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