12 juillet 2016

Retraites: vous n'aurez rien!

Les Suisses voteront le 25 septembre sur l'initiative "AVS Plus" visant à augmenter de 10% les rentes AVS en contrepartie de nouvelles taxes.

Les partisans du texte invoquent un rééquilibrage des rentes à leurs yeux nécessaire, les adversaires une initiative mal conçue qui ne profitera absolument pas aux rentiers modestes. Dans ce combat politique classique, la gauche fidèle à son marxisme culturel vise avant tout une augmentation des transferts entre classes sociales désignées comme antagonistes (ici les retraités aux dépens des travailleurs) face à droite dénuée d'imagination et qui ne vise rien d'autre que d'essayer, mollement, de préserver un système à l'agonie.

Car une chose est sûre, le système de retraite helvétique est promis à l'effondrement dans les dix à vingt prochaines années, et peut-être avant. Cet effondrement est d'autant plus probable que le bon peuple est endormi, les politiciens lâches, et l'échéance encore assez lointaine. Nous nous dirigeons donc comme d'habitude vers une procrastination fatale. Dans ce contexte, le résultat de l'initiative AVS Plus a autant d'importance qu'une argutie sur le style de broderie des rideaux du Titanic.

Le mythe de la retraite heureuse

Assis sur trois piliers, solide comme un roc, le système de retraite helvétique est en théorie un modèle du genre - fiable, solide, rémunérateur et intelligemment conçu.

Le premier pilier, assuré par L’État, garantit à chacun un minimum vital, au besoin à l'aide de prestations complémentaires. Le deuxième pilier, assuré par le milieu professionnel, est une cotisation conjointe des salariés et des entreprises dans des fonds visant à assurer le maintien d'un certain niveau de vie une fois arrivé à l'âge de la retraite. Le troisième pilier, enfin, est un choix d'épargne individuel, qui se traduit en pratique par un crédit d'impôt.

retraite,prise de position,votation du 25 septembre 2016
Stable, fiable, réparti, et parfaitement obsolète.

Associés, les trois piliers doivent permettre aux retraités présents et futurs de vivre dignement, assurant leur niveau de vie tout en préservant même éventuellement un capital à transmettre à leurs descendants.

Reconnaissons-le, le système a tenu pendant plusieurs décennies où un mélange de croissance économique, de démographie et de force du franc assurait la pérennité du pouvoir d'achat des rentiers. Il a même permis aux banques suisses de disposer d'immenses avoirs sous gestion, contribuant à la puissance économique du pays.

L'avenir est malheureusement un peu moins rose.

Le premier pilier, érodé par la démographie

Les trois piliers sont attaqués de diverse manière, mais aucun ne sort indemne de l'évolution du monde - en grande partie, d'ailleurs, à cause d'une classe politique jurant pourtant ses grands dieux qu'elle cherche à les préserver. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

Le premier pilier est une retraite par répartition. Un jeu de l'avion où les assujettis actuels (les travailleurs) payent leur retraite aux rentiers actuels (les retraités). Le système suisse est un peu mieux conçu que son équivalent français dans la mesure où les retraites passent par un fonds richement doté, le fameux fonds AVS, qui a accumulé des réserves pendant les trente glorieuses ; de plus, le niveau des rentes est faible et plafonné. Ces deux facteurs rendent le système plus résilient. Malgré tout, le système prend l'eau depuis quelques temps:

Les dépenses ont excédé les recettes de 579 millions de francs, annonce mardi [29 mars 2016] l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS). C'est une nette baisse par rapport au résultat de 2014, où les dépenses dépassaient déjà les recettes, à hauteur de 320 millions de francs.(...)

De plus, contrairement à 2014, les placements du Fonds de compensation ne sont pas venus à la rescousse des comptes de l'AVS l'an dernier. Leur rendement a été négatif à -0,97%, soit une perte de 237 millions de francs.


En Suisse comme ailleurs, la retraite par répartition est liée aux aléas économiques ; que la conjoncture se ralentisse et les cotisants deviennent moins nombreux, alors que le nombre de rentiers ne cesse d'augmenter. La mauvaise performance des placements du fonds AVS est un autre facteur. En 2015, il enregistra une perte de 31 millions de francs.

Le deuxième pilier, fracturé par les crises financières

Les mauvaises performances des placements menacent tout autant le deuxième pilier, la prévoyance professionnelle. Celle-ci se constitue sur la base d'un apport mixte employé-employeur dans un fonds propre à chaque entreprise, géré par des professionnels. Le deuxième pilier incarne à merveille le paternalisme qui imprègne les mécanismes sociaux du pays.

Les employés sont obligés de cotiser dans ces fonds - dans quelles frivolités dépenseraient-ils leur argent sinon! - et les employeurs doublent la mise, selon l'illusion bien connue des prétendues "charges patronales". Les sommes à verser augmentant avec l'âge, elles garantissent à de nombreux salariés helvètes cinquantenaires un passage au chômage, car ils coûtent désormais trop cher à des employeurs qui ne sont pas dupes. Évidemment, ces fins de carrière peu glorieuses n'aident guère les ex-salariés à tenir leurs objectifs d'une retraite optimale.

Le mécanisme du deuxième pilier est donc une puissante machine à faire perdre leur emploi aux salariés les plus vulnérables.

Outre qu'il corresponde à une conception surannée de la vie professionnelle - quasiment plus personne ne fait carrière au sein d'une seule entreprise aujourd'hui, d'où des oublis - le vrai problème du deuxième pilier tient à sa nature: les caisses de pension sont censées fructifier les avoirs des salariés pour payer les rentes des retraités et préparer l'avenir des cotisants. Et comment obtenir des rendements si ce n'est en prenant des risques en bourse?

Depuis 2008, les crises financières se succèdent et nul n'en voit la fin. Contre vents et marées, certains gestionnaires de deuxième pilier arrivent parfois à s'en sortir, mais il ne faut pas être devin pour comprendre qu'à chaque crash boursier de nombreuses caisses de pension risquent de se retrouver à terre, et avec elles les avoirs de retraite de leurs salariés.

Et parce que le sujet mériterait un livre entier, je n'aborderai pas le thème des caisses de pension publiques et de leur situation catastrophique, une autre bombe qui ne demande qu'à exploser...

Le troisième pilier, laminé par l'inflation

Avec les deux premiers piliers, les salariés n'ont quasiment aucun contrôle sur l'argent de leur propre retraite, une situation proprement hallucinante. Mais même pour le troisième pilier, la prévoyance individuelle, la situation n'est guère meilleure.

Le troisième pilier est une épargne assortie d'un crédit d'impôt. L'individu choisit de souscrire à une forme ou une autre de troisième pilier ("assurance-vie" ou "compte bancaire") et place de l'argent chaque année. Les Suisses qui peuvent se le permettre connaissent bien ce type d'épargne et se renseignent chaque année pour savoir quel est le montant maximal possible de placer de cette façon.

Toutefois, l'argent placé ainsi rentre dans un système sur lequel l'épargnant a bien peu de contrôle. Pas question de convertir ces montants en métal précieux, par exemple. Bien trop risqué! Il s'agit de votre retraite tout de même! A la place, parmi les choix raisonnables qui restent au propriétaire théorique de la somme, on peut acheter de la dette publique de divers pays d'Europe, un choix extrêmement peu risqué comme chacun sait...

Le plafond d'épargne change chaque année à cause de l'inflation. Chaque Suisse voit donc régulièrement devant lui les raisons pour lesquelles il ne peut pas gagner la course: il faudrait que son avoir progresse davantage que l'inflation, ce qui n'arrive quasiment jamais. Les Suisses mettent donc de côté un tas d'argent qui se dégonfle - non en termes numériques, mais en pouvoir d'achat. Cela vaut-il l'économie d'impôt? A chacun de voir!

Des boules dans un jeu de quille

Les trois piliers sont donc mis en péril par l'inflation, les crises économiques et la démographie. Mais à côté de ces menaces "intrinsèques" liées à un système dépassé et peu flexible s'ajoutent récemment des facteurs "conjoncturels" autrement plus puissants, et qui pourraient changer la donne aussi radicalement qu'une simple érosion par le vent s'efface devant un tremblement de terre.

Quelles boules menacent de déferler sur le jeu de quille des trois piliers?

  • La crise de l'immigration. Quoi qu'on pense des migrants, leur nombre met déjà au défi les systèmes de solidarités actuels, d'autant plus qu'ils ne repartiront sans doute jamais, ne travaillent quasiment pas et vivent à la charge de la collectivité. Or, en Suisse, les différents mécanismes sociaux reposent sur un équilibre fragile lié à un modèle de société où chacun contribue au pot commun. Que la proportion de population productive se dégrade par un afflux de migrants et tout s'effondrera.
  • L'affaiblissement du Franc suisse. Les apprentis-sorciers de la BNS jouent à affaiblir le franc par tous les moyens possibles ; ce faisant, s'ils réussissent, ils auront contribué à détruire le pouvoir d'achat des rentes. L'initiative AVS Plus s'inscrit particulièrement dans ce contexte: les rentes AVS sont sans doute insuffisantes aujourd'hui mais c'est à cause de l'augmentation générale du coût de la vie en Suisse, celui-ci passant par les assurances-maladie, la TVA, le coût des loyers, de la main-d’œuvre dans les EMS, etc.
  • Les taux négatifs. Les taux négatifs rendent caduque toute forme d'épargne - ni les emprunts d’État, ni les prêts ne sont plus rentables, malgré les risques qu'ils continuent à impliquer. Or, les trois piliers reposent sur des taux d'intérêts sains, c'est-à-dire positifs. Les taux négatifs helvétiques (ainsi que ceux de plusieurs pays de la zone euro) mettent à mal tout le système et enjoignent les caisses de pension à chercher des placements toujours plus dangereux. Même si la chance peut être au rendez-vous, ce n'est évidemment pas une solution viable à long terme.

Nul ne sait quand un de ces facteurs fera tomber un des piliers - ou davantage - du système de retraite, mais les conséquences semblent dramatiques et la probabilité d'un "incident" inéluctable sur les dix, vingt, trente prochaines années, et probablement bien plus tôt.

retraite,prise de position,votation du 25 septembre 2016
Les piliers helvétiques risquent de ne pas tenir aussi longtemps.
(Temple de Hera, Grèce)

Comment sauver sa retraite?

En premier lieu, en refusant absolument de la laisser entre les mains des hommes politiques et de leurs sbires. Incapables de penser hors cadre, ils n'envisagent que des corrections à la marge du système, repoussant l'âge de la retraite ou diminuant le taux de conversion. Mais à leur décharge, il est probable que les Suisses eux-mêmes ne comprennent le besoin de faire autrement qu'une fois que les trois piliers se seront écroulés. Nous passerons par des temps difficiles... Les plus mal lotis seront bien sûr les retraités du moment, qui découvriront alors avec horreur à quel point ils sont à la merci du système.

Sur le plan individuel, la solution est simple: essayer de sortir des trois piliers par tous les moyens. Les étrangers sont comme d'habitude mieux lotis et peuvent retirer leur 2e pilier en une fois sous forme de capital bien plus facilement que les Suisses, mais même pour ces derniers ce n'est pas totalement impossible. En jouant sur le remboursement d'hypothèque, il est possible de sortir de l'argent du système de retraite. Ou carrément de quitter le pays - et si l'hypothèse vous fait sourire aujourd'hui, elle se concrétisera avec une rapidité déconcertante alors que le système approche de l'effondrement.

Évitez absolument les contributions volontaires au système, comme par exemple des versements accrus à votre prévoyance professionnelle ; l'inflation et une ou deux crises boursières vous garantissent que vous en sortirez perdants à l'heure de la retraire. Misez sur l'or, ou sur n'importe quel placement que vous déciderez, tant que vous le choisissez vous-même ; en temps de crise, ne laissez surtout pas vos avoirs entre les mains de professionnels. Ils n'ont pas les mêmes intérêts que vous et ne jouent pas sur la même durée.

En fin de compte, essayez de reposer sur vos propres décisions plutôt que sur un système dirigiste instauré par des gens qui vivaient dans un monde différent et qui sont pour beaucoup morts de vieillesse depuis longtemps. Le meilleur système de retraite est encore celui que vous choisissez vous-même.

Commentaires

Je voterai oui à AVSplus pour 3 raisons.
Primo, le système est en déséquilibre aussi par le manque de cotisations des jeunes. Très peu, trop peu de cotisants de cette génération paient des cotisations avant 30 ans; études, années sabbatiques, master divers et variés à l'étranger et aussi les sans-emplois alors que l'on engage à leur place des frontaliers notamment.
Conséquence, par rapport à la génération qui arrive maintenant en droit de rente AVS, manque déjà 12 ans de versements dans le "pot commun". D'où l'impérative nécessité de prolonger dans le futur l'âge officiel d'entrée en retraite.

Deuxio, cela obligera à augmenter les taux de cotisations non seulement des employés et dans ceux-là vous incluez surtout tous ces frontaliers qui depuis 2005 ne paient déjà quasi rien en impôts. Et que dire de nos infrastructures qui se dégradent vitesse grand V et sont totalement à charge des contribuables et résidents en Suisse.

Puis les fameux patrons qui produisent des lois qui leur sont toujours favorables devront aussi payés plus de cotisations sur les salaires.

N'oublions pas non plus que l'augmentation des rentes de 10% permettra de diminuer les charges de prévoyance sociale; bon titre qui dans les budgets communaux mélange l'aide sociale, les prestations complémentaires, les soutiens divers et variés aux migrants. Cela devrait donc alléger ce poste qui est de plus en plus lourd.

Cela d'autant que la dite augmentation des rentes sur les plus hauts revenus augmentera la charge fiscale des rentiers les mieux nantis et de manière tout-à-fait acceptable.
Ce que les opposants ne disent pas bien évidemment.

Écrit par : Corélande | 13 juillet 2016

@Corélande: AVS Plus obligera à créer de nouvelles taxes ou à vider encore plus vite le fonds AVS. C'est un choix avec ses avantages et ses inconvénients. Mais vous pouvez voter pour AVS Plus autant qu'il vous plaira et avec les arguments que vous voulez cela ne changera absolument rien au destin tragique qui attend les trois piliers du système de retraite helvétique.

AVS Plus pourrait probablement même hâter l'effondrement de l'ensemble, comme quand ces fameux patrons "qui produisent des lois qui leur sont toujours favorables devront aussi payés plus de cotisations sur les salaires" choisiront tout simplement de délocaliser et de laisser davantage de travailleurs sur le carreau. Et les taxes afférentes ne vont certainement pas accroître le pouvoir d'achat local.

Alors votez comme bon vous semble, mais pour vos vieux jours, si vous le pouvez, je vous conseille surtout de mettre un peu d'argent de côté plutôt que de compter sur l'AVS. Sait-on jamais.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 juillet 2016

Excellent article, très instructif, j'espère vraiment que l'UDC utilise (ou utilisera encore plus) vos capacités argumentaires, Monsieur Montabert.

Quand à ma modeste personne, je fus, jusque à une période encore pas si lointaine, très patriote. Aujourd'hui, comme mon pays s'effondre et qu'il n'y a plus grand chose à sauver (1), j'ai décidé de ne plus penser qu'à "ma pomme". Comme une sorte de "sécession" personnelle. Pour l'heure, sécession civique et communautaire, demain peut-être sécession géographique.
Je me demande si nos "élites", qui ne pensent qu'en termes d'utilité immédiate et de marchandise, réalisent seulement la chute de capacité productive que pourrait avoir une Suisse qui ne serait plus peuplée que de socialistes impécunieux et d'Erythréens au "social" ?



(1) à ceux qui pourraient me dire que l'on n'abandonne pas un navire qui prend l'eau, je répondrais que je n'entends pas perdre mon énergie et même risquer mon existence (hé oui, j'étais patriote, je pensais de la sorte) pour un équipage qui me sera bientôt devenu majoritairement étranger et avec lequel je ne partage rien.

Écrit par : Paul Bär | 13 juillet 2016

"...mettre un peu d'argent de côté..."

Le problème, c'est qu'il est difficile de mettre "de l'argent de côté" hors du circuit bancaire ou du système, sans que l'état, à un moment ou à un autre, finisse par vous tomber dessus.

Et je suis presque sûr qu'arrivera le moment où les états occidentaux pénaliseront de façon confiscatoire les autochtones qui veulent quitter leur pays, parce qu'il faudra bien continuer à alimenter fiscalement "la machine à casser les peuples". Aujourd'hui, on ponctionne Pierre et Josiane pour subventionner l'arrivée de Boubacar et de Fatima, demain on empêchera fiscalement Pierre et Josiane de quitter le "navire Suisse", à moins que ce soit sur un radeau avec trois boîtes de sardines, mais pas plus.

A part le diamant planqué dans la semelle de ses chaussures, je ne vois pas...

Écrit par : Paul Bär | 13 juillet 2016

J'ignorais que vous étiez l'homme providentiel à savoir que vous savez tout sur tout et tout, surtout à donner des conseils voire plutôt à les suivre !!!

Dans la réponse que vous donnez à Corélande, je relève principalement la deuxième ligne ... ces fameux patrons "qui produisent des lois qui leur sont toujours favorables devront aussi payés plus de cotisations sur les salaires", ces lois qui leurs sont favorables sont votées par la droite dont vous faites partie puisque vous étiez candidat UDC aux dernières élections communales !!!

Ceci étant, je rejoins totalement Corélande dans ses explications.

Écrit par : Marie | 13 juillet 2016

@Marie: tout sur tout sans doute pas, mais je sais en revanche que la politique de l'autruche agrémentée de sarcasme est rarement une meilleure approche. Mais la vie est ainsi faite qu'elle est parfois assez longue pour nous permettre d'apprendre de nos erreurs.

Bonne chance à vous pour votre retraite, que je vous souhaite longue et prospère, tout en doutant qu'elle le soit.

@Paul Bär: je partage votre point de vue. Sauver sa peau ou sauver le bateau? Le peut-on seulement? Difficiles questions. Je crains que lorsque les choses empirent les gens hésitent entre une saine remise à plat, ou une fièvre socialiste où une majorité vorace choisira de dépecer légalement tout ce que le pays compte de richesse pour permettre la poursuite du statu-quo le plus longtemps possible.

Dans tout les cas, la seule stratégie saine est de rester autant que possible à l'écart de la machine à broyer tout en se préparant au pire, quoique les soubresauts du système financier semblent tellement colossaux qu'on peut se demander si quiconque peut réellement se mettre à l'abri. L'idéal pour sa retraite est sans doute de posséder des biens de rendement (un logement locatif par exemple) et généralement de posséder une fortune résistant à l'inflation, comme des terrains ou du métal précieux, et idéalement dans des régions du monde où le droit de propriété signifie encore vaguement quelque chose.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 juillet 2016

@Stéphane Montabert: pour les métaux précieux, certes, mais je vois des problèmes pratiques. Achat: où acheter pour éviter les arnaques? Entreposage: où? A la banque: accès impossible en cas de gros problème systémique. Chez soi: le retour des "chauffeurs" comme au Moyen-Age. A la revente: taxes.
Pour les biens fonciers: les impôts locaux qui peuvent très vite prendre l'ascenseur. Les changements "sociétaux" près du bien possédé qui lui font perdre la moitié de la valeur dès que les gens se disent: "ah mais, ce n'est pas un "bon" quartier." (peut-être que l'on peut atténuer ces risques en n'achetant que des studios?)


Ce qui est terrible, c'est qu'il n'a pas fallu 15 ans à notre pays pour voir son identité et son style de vie balayés par les effets multiples du mondialisme.

Si je n'avais pas de responsabilités ici, je partirais très volontiers dans un coin tranquille des USA où l'on peut encore acheter de véritables petits paradis pour le prix d'un appartement en Suisse quasi "en zone occupée":

http://www.trulia.com/property/3208636175-45-Mill-Brook-Garden-Rd-Jefferson-NH-03583#photo-2

Dans des endroits où je me sentirais plus "chez moi" que chez moi en Suisse, au-milieu de gens qui me ressemblent:

https://en.wikipedia.org/wiki/Jefferson,_New_Hampshire
http://www.jeffersonnh.org/

Écrit par : Paul Bär | 13 juillet 2016

Vous voulez un exemple concret, je vous donne le mien. Je suis déjà à la retraite et je vis - bien - avec moins de 2'500.-- par mois. J'en ai déjà parlé. Pas de 2ème pilier car j'ai choisi de le faire par le biais de l'acquisition immobilière, ce qui m'a mis un toit sur la tête et qui me coûte quasi rien; moins de 500.--/mois. J'ai refait tout mon appart en 10ans
Je m'abstiens de toute médication chimique, donc haute franchise. Mais je ne me prive pas de 6 séances à Fr. 100.-- d'acupuncture par an, et l'achat de produit naturel pour mes soins. Je ne fume pas et bois du bon vin de temps en temps.
Je vis de ma production jardinière et fruitière et j'ai en horreur les excès en tous genres. J'ai une voiture ecoboost, je fais mes 10-12'000km par an. Je ne consomme pas de téléphonie et d'électricité à outrance.

Tout cela je l'ai planifié dès ma cinquantaine et j'ai fait des choix de vie pour être heureuse et en harmonie avec ma philosophie.

Je n'ai donc pas besoin de ces 10% supplémentaires, mais je sais que tous les retraités qui ne sont pas propriétaires comme moi, en on un grand besoin, de l'ordre du vital. Donc je voterai OUI pour eux et comme déjà maintenant, je viendrais en aide à mes congénères qui ne sortiront même pas de la précarité avec cette petite manne au sus!

Écrit par : Corélande | 13 juillet 2016

De toutes manières on le sait tous et depuis longtemps qu'une augmentation pour l'AVS sera suivie d'une autre augmentation afin d'équilibrer la balance commerciale
Combien de fois avons nous entendu cette phrase de la part de nos anciens ,ce que l'Etat verse d'une main il le reprendra de l'autre
Avec eux on était au moins éclairés leur message ne comportait aucune ambiguité sur la réalité
Alors qu'aujourd'hui on vit dans un monde ou les politiciens grâce aux médias adorent cultiver celle ci
On a vu avec les nombreuses offres concernant la gratuité,plus c'est gratos plus les gens font de dettes
Je partage entièrement les propos de Paul Bär

Écrit par : lovejoie | 13 juillet 2016

Pour sauver sa retraite il faut déjà savoir penser par soi même sinon c'est donner à l'Etat toutes les cartes en mains justement pour ne pas les augmenter
Comme par exemple se vanter sur les réseaux sociaux d'voir donné de l'argent à des inconnus pour leur permettre ceci ou cela avec quoi en retour ? nada et surtout aucun argent si vous êtes dans la dèche
Et ce sont ces gens là sans doute parmi les jamais contents mais quand on veut aider les autres on apprend à s'aider soi même en tout premier
Si on est vraiment dans le besoin on e crie pas sur tous les toits qu'on donne de son argent aux autres
C'est la base même du bon sens mais ce monde tellement organisé virtuellement possède t'il encore quelques molécules de bons sens ?
On peut se permettre d'en douter !

Écrit par : lovejoie | 14 juillet 2016

@Paul Bär
J'ai le même projet mais ce n'est pas aussi simple que ça.
Les USA ne délivrent pas facilement de permis de résident pour les retraités à moins d'investir une somme rondelette qui se situe entre 500K$ et 1M$ (salaud de pauvres) qui ne se trouve pas sous le pied d'un cheval même en vendant la maison mitoyenne vaudoise.
Mais il va pourtant falloir trouver une solution car même si la Suisse n'est pas la France, on en prend le chemin.
J'avais déjà fait part à notre hôte du risque que faisait courir pour le pays le socialisme rampant qui émane du PSS, du PDC ou du PLR (je ne parle même pas des Khmers verts). Les USA ne sont pas parfait surtout du point de vue fiscal mais ils ont une immigration essentiellement catholique (Sud-Américaines) et les musulmans y sont pour le moment trop peu nombreux pour y causer des problèmes. The Donald a le potentiel de corriger certaines choses. Espérons qu'il aura l'étoffe d'un Reagan. De toutes façons, au pire, il ne pourra pas être plus mauvais que Crooked Hillary.

PS : dans le New Hampsire vous allez vous les geler, autant habiter à la Brévine ! ;-)

Écrit par : Rastapopoulos | 15 juillet 2016

Les commentaires sont fermés.