28 mai 2016

France: le bras de fer fatal

Difficile semaine pour nos voisins français. Aux jours de manifestations et d'émeutes saccageant les centres-villes succédèrent les blocages stratégiques de l'approvisionnement et les queues à la pompe. Tout cela parce qu'il ne serait pas assez "républicain", n'est-ce-pas, de simplement demander un référendum au bas peuple...

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Au cœur du débat, la Loi El Khomri, une tentative tardive, maladroite et rapidement dévoyée de réformer le droit du travail français et sa complexité kafkaïenne. L'épopée de ce texte de loi aura eu le mérite de briser les dernières illusions quant à la viabilité du socialisme de gouvernement.

François Hollande décida de mener une ultime réforme pour finir son quinquennat raté sur une note positive. Il souhaitait passer pour un réformateur responsable non seulement auprès de ses supérieurs de l'Union Européenne, mais aussi aux yeux des électeurs centristes, gages de son accession au second tour des présidentielles de 2017. Dans son style inimitable, il se prit magistralement les pieds dans le tapis, réussissant le tour de force de force de se mettre un pays entier à dos à un an du vote pour sa réélection.

Les Français purent à l'occasion découvrir le dirigisme éhonté de leur exécutif: droit dans ses bottes de la Ve République, il lança un projet de loi que l'Assemblée nationale n'avait plus qu'à valider, musela sa propre majorité avec le fameux article 49-3 de la Constitution et tenta d'interdire les manifestations. Les frondeurs socialistes firent autant de bruit que possible mais, pas fous, échouèrent comme par hasard à deux voix près à lancer une motion de censure pour renverser le gouvernement.

Le texte poursuit donc son petit bonhomme de chemin. Les règles sont parfaitement respectées dans la forme, mais sur le fond, on est aussi éloigné que possible d'un processus démocratique sain: absence de concertation préalable des acteurs dans l'avant-projet, court-circuit des instances législatives établies, coups de menton et menaces alors que le pays vire à l'émeute puis au blocage complet - le tout alors que la France est sous état d'urgence depuis les attentats terroristes de fin 2015, ce qui en dit long sur l'état de délitement de l'autorité.

L'opposition syndicale s'arc-boute ; elle estime qu'il en va de son avenir. Malgré les divers affaiblissements du texte, l'article 2 subsiste, ouvrant le champ à des accords d'entreprise prioritaires vis-à-vis des accords de branche âprement négociés par les centrales. Même si la CFDT, FO et la CGT divergent sur la portée de cet article, il reste largement dans la gorge des organisations syndicales. La CGT est d'autant plus en fer de lance sur la Loi El Khomri qu'elle joue gros, craignant de perdre sa place de premier syndicat français lors des élections syndicales de 2017.

france,syndicats,françois hollande,droit du travail,réformeLes deux camps rivalisent de jusqu'au-boutisme. François Hollande et Manuel Valls, emportés par le Verbe, annoncent désormais que "tout retour en arrière est impossible". Ils ont pour eux la gendarmerie, les CRS, les médias, ce qu'il reste des leviers du pouvoir... Mais aussi des couacs en interne et la peur de la rue. L'union sacrée se lézarde. En face, la CGT, entraînée depuis ses origines communistes à saboter le pays pour le faire tomber comme un fruit mûr entre les mains de l'Armée Rouge, paralyse les centres névralgiques de la France comme elle sait si bien le faire: dépôts pétroliers, énergie, transports, tout y passe, au risque de perdre le soutien des Français opposés à la Loi travail. Quelle ironie de voir la CGT réduite à agiter le spectre du Grand Soir contre une réforme portée par un gouvernement socialiste!

En temps normal, le gouvernement aurait parié sur un vote rapide du texte et un pourrissement des mouvements d'opposition avec le retour des beaux jours et les vacances d'été - le seul calendrier permettant à François Hollande de se ménager un bref répit avant son unique objectif, la campagne des présidentielles de 2017. Malheureusement, le timing s'avère désastreux. Non seulement l'opposition est plus déterminée que prévu, mais l'Euro 2016 débute en juin et mettra encore davantage la France sous le feu des projecteurs internationaux. De quoi marquer durablement l'image du pays à l'étranger.

Le cauchemar risque d'être total: un Euro 2016 gâché par des grèves et des manifestations, des actions de guérilla de la CGT pour paralyser les transports en commun, les retransmissions ou l'approvisionnement en électricité des rencontres sportives... Le tout dans une France en plein état d'urgence et sous plan Vigipirate alors que la menace terroriste plane.

L'image de la France souffre et promet de souffrir encore. La gauche n'a pas l'habitude de négocier ; elle préfère manier l'anathème et la violence. Les approches binaires du ça passe ou ça casse ont malheureusement leurs limites. Lorsque le dialogue laisse sa place à la confrontation, lorsque chaque camp passe en revue ses troupes plutôt que ses arguments, lorsque tout se ramène à un simple bras de fer, à la fin de la journée, il reste un perdant sur le carreau.

François Hollande et Manuel Valls jouent leur destin politique ; la CGT joue sa survie. Avec ces enchères stratosphériques, la sanction devient insurmontable. Il n'est plus possible de reculer. On peut donc s'attendre à ce que les troubles débordent sur l'Euro, et à ce que l'arrivée des mois d'été ne suffise pas à éteindre l'incendie.

La lutte contre la Loi El Khomri sera un combat de longue haleine qui pourrait perdurer, comme une douleur lancinante qu'aucun remède ne parvient à calmer, jusqu'aux élections présidentielles de 2017, emportant pour de bon les dernières chances de M. Hollande d'accéder au second tour.

Commentaires

@Monsieur Montabert Cécile Duflot a répondu par l'affirmative à un journaliste qui lui demandait si des politiciens eux mêmes n'avaient pas engagé des casseurs ce qui avait déjà été deviné par des non internautes
L'année 2016 étant consacrée à la Marseillaise on peut continuer à mettre en doutes toutes les infos concernant ces débordements
On peut aussi penser que ce sont des comédiens au chômage engagés juste pour que les images paraissent plus crédibles
Sans compter que Poutine lui même adversaire à temps complet contre Hollande qu'il aimerait voir évincé a peut être aussi quelque chose à voir avec, tout ce foutoir comme dirait De Gaules
De toutes manières en périodes électorales on le sait ,tous les coups bas sont permis
Très bonne soirée

Écrit par : lovejoie | 29 mai 2016

Oui, très juste et très bien synthétisé. L'Euro va effectivement servir d'otage tant les enjeux sont élevés, et le monde entier va se moquer de la France pendant que la situation pourrira.

L'opposition syndicale a raison de penser qu'il en va de son avenir, c'est le cas. S'ils obtiennent gain de cause ils passeront pour les terroristes qui se sont donnés pour mission d'empêcher tout changement dans le pays et continueront à s'aliéner les gens normaux. S'ils perdent le bras de fer, ils auront paralysé le pays pour rien. Damned if you do, damned if you don't.

La situation de la France est désespérée, et je n'emploie pas le mot à la légère.

Écrit par : Mandos | 01 juin 2016

@Monsieur Montabert La France a toujours aimé faire parler d'elle et ce sous n'importe quelle forme ou manière
Cependant quand on se veut ou qu'on se dit responsable de l'environnement on assure ses arrières et ce depuis les premières inondations datant de mathusalem
Car entre les hydrocarbures et les produits nocifs ce qui avait déjà été dénoncé par de nombreux Suisses alors en voyant qu'il aura fallu un hélicoptère pour voir ce qui sautait aux yeux de tout citoyen éveillé ,on peut dire que le gouvernement actuel avec soi Roi Hollande dont le pays n'a plus rien à envier au Plat pays portant le même nom ,ferait mieux avant d'aller donner de bons conseils comme en Palestine ou ailleurs apprendre si non tourner trois fois sa langue avant de parler, d'ouvrir les yeux sur son intransigeance à exiger d'autrui ce qu'il ne peut exiger de lui même préférant feindre pour mieux harponner à coup de mots comme solidarité ou environnement les autres pays l'entourant comme la Suisse ou il a de nombreux adeptes rêvant de l'imiter comme les écolos qui mangent à tous les râteliers et qui sont par là même tout aussi ridicules que lui
Très bonne journeé

Écrit par : lovejoie | 04 juin 2016

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