12 août 2016

La fin sans gloire de l'Obamacare

Que de chemin parcouru depuis la laborieuse introduction de l'assurance santé "universelle" signée par Obama en 2010!

Il n'est pas question ici de revenir sur les innombrables péripéties qui émaillèrent sa mise en place: la question de sa conformité avec la Constitution américaine, son incroyable complexité, les pannes informatiques liées à son lancement, son peu de succès auprès des catégories qu'elle était censée aider, et ainsi de suite - il y aurait de quoi écrire plusieurs ouvrages. Il s'agit simplement de témoigner de la trajectoire du programme, présageant de son effondrement prochain sous sa forme actuelle.

Et n'allez pas croire qu'il s'agisse d'une n-ième promesse de campagne d'un candidat à l'élection présidentielle. Sur ce sujet précis il importe peu que le prochain président soit Hillary Clinton ou Donald Trump ; Obamacare semble surtout condamnée à s'effondrer sous son propre poids.

Comment en est-on arrivé là? Pour simplifier, Obamacare est un mécanisme de redistribution étatique permettant à des gens d'accéder à une assurance maladie alors qu'ils n'en auraient, théoriquement, pas les moyens. Pour parvenir à cet objectif, Obamacare prévoit d'équilibrer les "bons risques" avec les "mauvais risques", arrosant le tout d'une bonne louche d'argent des contribuables pour inciter davantage de gens à participer à cette redistribution.

Sur le papier on aurait pu croire que le système puisse au moins faire illusion quelques temps, mais ce n'est pas le cas. Seulement 11 millions de personnes achetèrent une assurance au travers de ce mécanisme en 2016, alors que les projections officielles tablaient sur 21 millions - simplement parce que les jeunes, les "bons risques" censés équilibrer le système, ne furent pas au rendez-vous. Comment les impliquer alors qu'ils choisissent simplement de ne payer aucune assurance, s'estimant en bonne santé et capable de couvrir leurs frais? Pour eux, difficile de trouver un système plus avantageux que l'absence de primes!

Résultat? Les primes prennent l'ascenseur, comme le montre ce tableau des hausses de l'année 2016:

Obamacare_silver_premium.png
Des hausses annuelles moyennes allant jusqu'à 40%...

Les entreprises sont elles aussi impliquées, puisqu'à partir d'une certaine taille elles doivent souscrire à un programme Obamacare pour leurs employés ou faire face à des pénalités. Face à l'augmentation des coûts de la "santé abordable", nombre d'entre elles préfèrent payer les amendes. L'Obamacare se transforme peu à peu en une simple taxe sans plus de rapport avec la santé.

Selon The Hill, le prochain Président américain pourrait avoir à faire face à un effondrement de l'Obamacare dès sa prise de fonction en janvier:

[Larry Lewitt, de la Kaiser Family Foundation] et d'autres experts avertissent que si les chiffres d'adhésion ne s'améliorent pas cette année, d'autres assureurs pourraient jeter l'éponge. Cela provoquerait un impact majeur sur le marché, menant à une augmentation des primes et à encore plus de gens incapables de participer.

Cette année déjà, de nombreux assureurs annoncent des hausses substantielles des primes dans l'espoir de s'y retrouver face à la récente augmentation des coûts de la santé. La hausse de prime moyenne pour l'an prochain est d'environ 9%, selon une analyse de 17 grandes villes effectuées par la Kaiser Family Foundation. Mais certaines hausses sont bien plus élevées: Blue Cross Blue Shield a annoncé des augmentations de respectivement 40% en Alabama et 60% au Texas.


On pourrait naturellement en vouloir aux méchants assureurs qui ne cherchent bien sûr qu'à gagner de l'argent, mais ce serait bien mal comprendre le problème. Légalement obligées d'accepter toutes les demandes en participant au programme, plusieurs sociétés perdirent des centaines de millions de dollars avec Obamacare. Pour de simples raisons de survie économique, elles choisissent désormais de renoncer à couvrir certains États, voire de se retirer de ce marché. L'offre se réduit donc comme peau de chagrin, ainsi que l'espoir d'une concurrence amenant "plus de choix, plus de compétition et, dans de nombreux cas, de meilleurs prix" comme l'annonçait le Président Obama.

Obamacare sera définitivement enterrée lorsque plus aucune société d'assurance ne voudra y prendre part, ou lorsque les primes seront si élevées qu'elles dépasseront le tarif d'une assurance-santé habituelle. On se dirige rapidement vers les deux.

On ne sera pas surpris d'apprendre qu'Hillary Clinton prévoit de "renforcer" le système en le modifiant en profondeur avec encore plus de subventions pour les gens pour qui il devient progressivement inabordable, et un système de remboursement direct pour les premiers milliers de dollars de santé dépensés par les familles sous Obamacare, conséquence des carences des plans premier prix auxquelles elles souscrivent. Donald Trump, de son côté, prévoit simplement de mettre un terme à un système fondamentalement intenable.

La surprise n'est pas de voir Obamacare échouer, mais de le voir échouer si vite.

22:39 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : usa, santé |  Facebook

Commentaires

Vous effleurez deux problèmes dramatiques :

- les employeurs n'embauchent plus à cause de la contrainte Obamacare et cela se voit dans les chiffres du Labor force qui sont catastrophiques.

- les assureurs acoquinés avec l'état fédéral seront sauvés de la faillite grâce à l'argent du contribuable. Les étatistes du monde entier ont toujours les mêmes méthodes. Et une bonne dose de moraline bien dégoulinante aidera à faire passer la pilule (sic)

C'est pareil en Suisse. Les gens adore la LAMal alors que ce n'est pas un système viable. Â Geneve plus de 40% des gèns touchent une subvention pour payer leur assurance maladie.

Il n'y a qu'une seule solution. Suppression de l'obligation de s'assurer. D'ailleurs je prends le pari qu'avant midi un internaute va me sortir ma phrase préférée : "et comment tu feras pour te payer ton cancer !"

La prochaine étape la caisse unique ensuite l'assurance maladie en fonction du revenu et dans un autre sujet l'AVS aura cannibalisé le 2eme pilier et nous serons la France.

Allez bon week-end quand même il va faire beau.

Écrit par : Rastapopoulos | 13 août 2016

@Monsieur Montabert On connait tous le succès de Paroles ,Paroles ,Paroles de Dalida
Elle devait sans doute l'avoir écrit pour Obama et ceux l'ayant précédé
On peut même se demander si ce ne sont pas les nombreux cataclysmes qui s'abattent régulièrement sur les USA qui ne sont pas responsables du non respect des belles promesses faites très souvent sur le coup de l'émotion tout comme chez nous en Suisse
Quand on sait les nombreux ouragans ,tornades et autres fantaisies de Dame Nature pour concurrencer les humains croyant être plus intelligents qu'elle on peu comprendre qu'au niveau primes maladies ce problème doit donner des cheveux gris aux dirigeants de nombreux pays
Certes il y a bien d'autres raisons dont nous ignorons la teneur puisque les Américains eux-mêmes avouent ne pas être au courant de ce qui se passe vraiment chez eux
Plus un pays est grand plus grand seront les problèmes .Obama a fait ce qu'il a pu , aurions nous fait mieux que lui ?
On est en droit d'en douter! surtout en voyant certains partis faire une jaunisse simplement en voyant un chewing um sur un trottoir
Elle est pas belle la vie !
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 13 août 2016

Il y a peut-être un juste milieu entre le bordel socialiste et la jungle libérale.
En fait, moi je n'ai rien contre un peu de social, tant qu'il s'exerce dans un cadre strictement national. Les nôtres avant les autres.

Écrit par : Paul Bär | 13 août 2016

@Rastapopoulos: ce billet n'a certainement pas la prétention d'être exhaustif. Il est toutefois assez fascinant de voir une législation aussi touffue que l'Obamacare s'effondrer aussi vite sous son propre poids (le programme a formellement commencé, quoi, en 2014?)

Je me suis également abstenu de la comparaison avec l'assurance-maladie helvétique, qui ne tient (fort mal) qu'à travers l'obligation de contracter. Je me rappelle d'une initiative UDC de 2002 visant à supprimer cette disposition, mais qui fut hélas retirée avant de finir devant le peuple. J'espère que cette question reviendra vite sur le devant de la scène, avant que la gauche ne parvienne à imposer son agenda d'une sécurité sociale à la française.

@Paul Bär: il n'y a pas de "juste milieu" à espérer dans un cadre qui tient grâce à la contrainte. Le libéralisme n'a rien d'une jungle, il suppose l'utilisation de contrats de gré à gré librement consentis. Que les gens puissent monter en commun une assurance qui couvre ce qu'ils décident et qui s'adresse à qui ils souhaitent, c'est tout ce qu'il faut.

C'est juste dommage qu'il faille attendre la chute d'énormes échaudages étatiques créant des dégâts comptés en milliards, avant d'en revenir à ces solutions simples et de bon sens.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 août 2016

@ Mr Montabert
Apparemment, vous avez du mal avec nos institutions.

" avant que la gauche ne parvienne à imposer son agenda d'une sécurité sociale à la française"
Ce n'est pas la gauche minoritaire au CF et dans les Chambres qui a le pouvoir de changer quoi que ce soit sur l'assurance maladie, mais la droite.
Et c'est le peuple qui a le pouvoir de créer une caisse publique, et non la gauche.

Quant à votre vision d'une médecine de pointe qui ne serait pas accessible par les pauvres, ce n'est pas la mienne, ni pour la majorité des suisses.

Écrit par : motus | 13 août 2016

Le libéralisme, d'accord, mais alors le libéralisme partout. Par exemple, je souhaiterais pouvoir engager dans mon entreprise qui je veux, sur MES critères et que ces critères ne puissent être discutés. Ce qui n'est évidemment pas possible aujourd'hui dans un système qui n'a rien d'authentiquement libéral, mais qui est juste un champ libre pour les diverses oligarchies d'argent et autres lobbies sociétaux "de progrès". Qui savent d'ailleurs très bien s'entendre quand il le faut, contre la nation notamment. Je me souviens par exemple d'un débat à Infrarouge sur la libre circulation où un horripilant syndicaliste d'extrême-gauche faisait un joli numéro de duo cordial et harmonieux avec un non moins horripilant représentant patronal genevois.
Et parler de libéralisme dans le domaine des assurances en Suisse, quand la plupart de nos parlementaires et même nos conseillers fédéraux sont plus ou moins directement stipendiés par les caisses...


PS: ne pas oublier qu'il y a aussi une droite non bourgeoise qui se réveille en Europe et qui rêverait un jour de pouvoir hisser le drapeau noir non seulement contre les bourgeois de gauche, mais sans oublier les grands bourgeois de droite...

Écrit par : Paul Bär | 13 août 2016

Concernant la médecine et notamment le cancer, je soumets à la réflexion plusieurs remarques :

- le dépistage généralisé du cancer (à au niveau sub-clinique) fait augmenter fortement les taux des cancers dépistés, ce qui ravit les "verts" qui peuvent accuser les "produits chimiques de l'industrie" (mais jamais l'augmentation du "bio")
- c'est déjà cela qui a permis de raconter que les cancers de la thyroïde des enfants avaient explosé à Fukushima (alors que c'est plutôt une réduction)
- cette promotion du dépistage pour "prévenir le cancer" (affirmation aussi démontrée que l'efficacité du vaccin contre la grippe, c'est à dire pas du tout) est faite par les Etats et les instances dictatoriales de la médecine, les "ordres", qui n'acceptent pas qu'on remette en cause un dogme (comme celui de la vaccination contre tout et n'importe quoi)
- quasiment tous les journaleux en France se font les relais serviles de cette propagande; l'idée médicalement évidente que traiter une tumeur plus tôt puisse être une très mauvaise idée est considérée comme hérétique!

Je pense qu'une grande part des dépenses de santé sont liées à la médicalisation délirantes, qui n'est certes pas le seul fait des instances officielles, mais qui a sa caution scientifique et éthique.

Le cas le plus évident de cette médicalisation de la prévention est le culte voué aux vaccins contre les maladies infectieuses, basé sur la comparaison hyper-débile entre la mortalité par maladies aux siècles derniers, alors que même le dernier des ignares sait à quel point l'hygiène a progressé et a contribué à réduire la transmission de ces maladies.

Il y a donc une vénération de la Médecine qui a certes permis des progrès immenses mais dont les séries d'erreurs, d'incidents, d'accidents grave, de catastrophes (notamment des vaccins ratés), de manipulations, de falsification, de rejet de l'évidence avec entêtement est au mieux comparable aux pires abus de l'industrie polluante (mais je pense que le mal est plus profond). Si on traitait la médecine comme le nucléaire dans les médias, en soulignant la moindre erreur, le moindre manquement, il faudrait décupler la taille des journaux, les médecins ne pourraient pas sortir dans la rue sans des gardes du corps, etc. (Non, je ne parle pas des pseudo méga scandales gonflés par les médias et relayés par ignares comme ces histoires relativement minimes de Mediator et Dépakine.)

La Médecine a réussi la fabuleuse usurpation de faire croire qu'elle est la force principale de l'augmentation de l'espérance de vie, ce qui lui donne un statut incontestable, ainsi qu'aux vaccins : le seul opposant au "consensus" plus haïs pas les médias que le "climato-sceptique" (en clair le réaliste du climate) et le "vaccino-sceptique" aussi appelé "anti-vaxxer" par le même genre de cuistre. Ah oui, et ces cuistres sont parfois (souvent?) des "climato-sceptiques"!

Il est d'autant plus difficile de remettre en cause des prétendues "dépenses de santé" qui sont des dépenses médicales et dont certaines n'améliorent probablement pas la santé des gens.

La source du mal profond se situe bien au delà des assurances, publiques ou privées, mais dans l'organisation de la médecine et du contrôle de "Big Pharma" qui est fait par un système de publications scientifiques dont la corruption profonde et la médiocrité abjecte n'échappe même pas aux commentateurs les moins brillants, mais dont peu de gens semblent faire le lien avec le "coût de la santé"!

Écrit par : simple-touriste | 13 août 2016

Bah, un cas archiclassique de captation de la subvention. On pourrait aussi parler de l’enseignement aux USA. L’investissement public dans l’enseignement supérieur en Amérique est beaucoup plus grand aujourd’hui, en dollars ajustés de l’inflation, que pendant le supposé âge d’or du financement public dans les années 1960 ces dépenses ont augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que les dépenses du gouvernement en général. Par exemple, le budget de l’armée est d’environ 1,8 fois plus élevé aujourd’hui qu’il ne l’était en 1960, alors que les crédits législatifs à l’enseignement supérieur sont plus de 10 fois plus élevé « . En d’autres termes, loin d’être causé par les compressions budgétaires, la hausse étonnante dans les frais de scolarité est étroitement corrélé avec une augmentation massive des subventions publiques pour l’enseignement supérieur. Si au cours des trois dernières décennies, les prix des voitures avaient augmenté plus vite que les frais de scolarité, la moyenne nouvelle voiture coûterait plus de 80 000 $.
SOURCE: http://www.nytimes.com/2015/04/05/opinion/sunday/the-real-reason-college-tuition-costs-so-much.html?_r=1 (le New York Times n’est pas vraiment un journal de droite ou libérale (au sens francais du terme))
Aux états unis, la crise de la dette étudiante est le résultat prévisible de l’augmentation des subventions. https://danieljmitchell.wordpress.com/2016/08/03/the-supposed-crisis-of-student-debt-is-actually-the-predictable-consequence-of-government-subsidies/
Les subventions ont entrainé une dégradation de la qualité de l’enseignement.

Écrit par : jacques | 14 août 2016

Les coûts coûts de santé hors de contrôle, et l’Obama Care ajoute encore plein d’effets pervers. https://mishtalk.com/2016/06/29/health-care-costs-rising-sharply-and-it-will-get-worse/

USA: les prix des secteurs subventionnés augmentent bcp plus que les autres. https://danieljmitchell.wordpress.com/2014/09/18/subsidies-and-third-party-payer-inefficiency-and-higher-prices/

Écrit par : jacques | 14 août 2016

@motus: "Quant à votre vision d'une médecine de pointe qui ne serait pas accessible par les pauvres, ce n'est pas la mienne, ni pour la majorité des suisses."

Ah, elle est belle votre vision d'une médecine à une seule vitesse! Croyez-vous que M. Berset ou Mme Sommaruga sont soignés avec le même empressement que Mme Michu? Que les pauvres ne se privent pas de soins avec le modèle socialiste de santé qui prévaut depuis l'adoption de la LAMal? Celui qui massacre les pauvres et la classe moyenne à coup de primes et de franchises? Elle est belle votre santé!

Comme tout ce que touchent les socialiste, elle se transforme en impôts, en rationnement à l'avantage des gens au pouvoir et des favoris du pouvoir - les Migrants aujourd'hui, des immigrés économiques illégaux qui ont droit à tout et ne payent rien, alors que les Suisses doivent tout assumer.

Tenez, voilà la médecine "à une vitesse" (=le point mort) d'un paradis socialiste parfaitement orthodoxe:
http://www.therealcuba.com/?page_id=77

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 août 2016

@ Mr Montabert
Des suisses ne paient pas ou en partie l'assurance maladie. Ils n'ont simplement pas les moyens.
Effectivement, c'est via les impôts que les cantons les aident, et c'est tant mieux.

Quant aux USA :
"Selon le American Journal of Medicine (20073), 62 % des faillites personnelles ont été provoquées, en 2007, par le coût des soins de santé"
Et encore
"Selon une étude du Commonwealth Fund (en) fondée sur des statistiques de l'OMS, près de 100 000 vies par an (soit 0,03 % de la population américaine) pourraient être sauvées si le système de santé fonctionnait comme en France, au Japon ou en Australie"

On ne fait pas le commerce avec la santé, c'est la sagesse même. La santé n'est pas (ne devrait pas être) un commerce.
Il n'est pas tenable pour une société qui souhaite un vivre ensemble apaisé, de laisser tomber les plus démunis.

Vous parlez des socialistes. Nous ne somme pas en France. Les socialistes, je le répète n'ont aucun pouvoir au niveau fédéral sauf celui de convaincre. De tout temps ils ont toujours été minoritaire au CF et dans les Chambres. De plus leurs actions est limité par le vote du peuple.

Je sais, c'est difficile pour vous de comprendre ça. C'est tellement plus simple de définir un ennemi qui portera tous les maux de la terre. Sauf qu'en Suisse, c'est la droite qui est au pouvoir, et avec l'UDC

Écrit par : motus | 15 août 2016

@motus: les Suisses n'ont pas les moyens de payer l'assurance maladie parce que comme d'habitude, les faux prix (ici obligation de contracter et "open bar", illusion de la gratuité, lorsque les franchises annuelles sont atteintes) poussent à la surconsommation, donc à terme l'explosion des primes, ou la pénurie.

Et si des Suisses sont aidés pour payer leurs primes actuelles, ce n'est pas par les "Cantons", mais par d'autres contribuables anonymes et bien peu remerciés.

Quant aux USA, je ne connais pas grand-monde qui quitte ce pays pour aller s'y faire soigner comme en France (où le système est endetté jusqu'à l'effondrement et où il faut être masochiste pour pousser la porte d'un hôpital public), au Japon (où la population ethniquement homogène et responsable ne se lance pas dans la concurrence au profit des biens publics) ou en Australie (où l'immigration est elle aussi sévèrement contrôlée). Bref, vous comparez des carpes et des lapins, et votre étude du Commonwealth Fund (en) fondée sur des statistiques de l'OMS se garde bien de comparer la qualité des soins eux-mêmes.

"On ne fait pas le commerce avec la santé, c'est la sagesse même. La santé n'est pas (ne devrait pas être) un commerce.
Il n'est pas tenable pour une société qui souhaite un vivre ensemble apaisé, de laisser tomber les plus démunis."

Personne ne meurt devant un hôpital aux Etats-Unis. Des milliers de gens meurent partout là où la santé est érigée en régime communiste, que ce soit en Grande-Bretagne ou n'importe quel pays où règne votre idéologie.

Quant au reste de votre argument "la gauche est minoritaire en Suisse" j'ai tant entendu ce mensonge que je me suis fendu d'un billet pour le démonter une bonne fois pour toute:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2016/08/15/la-vieille-antienne-de-la-suisse-gouvernee-a-droite.html

Bonne lecture!

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 août 2016

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