17 août 2016

La vieille antienne de la Suisse gouvernée à droite

Lorsqu'un gauchiste se retrouve un peu coincé dans une discussion publique - cela arrive fréquemment dans des commentaires sur Internet, lorsque le sujet point un peu trop directement le lien entre une politique de gauche et son résultat catastrophique - l'excuse est alors toute trouvée, un postulat lancé comme un écran de fumée avant de prendre la fuite:

"Cela ne peut pas être la faute de la gauche, parce qu'elle est minoritaire en Suisse."

Et voilà. Rien de ce qui arrive en Suisse de mauvais ne saurait être imputé à la gauche, jamais, car elle ne dispose pas des leviers du pouvoir. CQFD. J'ai même eu droit à des variantes de ce type jusque dans des commentaires ici-même:

Vous parlez des socialistes. Nous ne sommes pas en France. Les socialistes, je le répète n'ont aucun pouvoir au niveau fédéral sauf celui de convaincre. De tout temps ils ont toujours été minoritaire au CF et dans les Chambres. De plus leurs actions est limitée par le vote du peuple.

Je sais, c'est difficile pour vous de comprendre ça. C'est tellement plus simple de définir un ennemi qui portera tous les maux de la terre. Sauf qu'en Suisse, c'est la droite qui est au pouvoir, et avec l'UDC.


Ce n'est pas tant que ce soit difficile à comprendre ; c'est surtout faux.

Le Socialisme, ses variantes et ses amis

D'abord, même une position minoritaire au gouvernement n'est pas synonyme d'impuissance, loin de là. Mme Sommaruga en sait quelque chose, elle qui travaille avec acharnement à importer des hordes de migrants en Suisse. M. Berset se contente quant à lui de bureaucratiser toujours davantage le secteur de la santé.

Tout cela s'inscrit dans la logique helvétique du partage du pouvoir, mais l'influence de la gauche s'exerce bien au-delà. Quelle proportion du Conseil Fédéral et à fortiori du Parlement est pour une diminution du poids de l’État dans la société? Pour une monnaie fiable reposant sur l'or? Pour un contrôle des frontières? Contre la supériorité des juges étrangers sur le droit suisse? Pour le fédéralisme? Sur chacun de ces aspects et de nombreux autres, l'influence des positions socialistes sur l'ensemble de l'échiquier politique est évidente. Elle est d'ailleurs parfaitement perceptible par la bonne entente entretenue par des partis politiques théoriquement concurrents, mais concordants sur la plupart de ces thèmes.

Il existe quelques rares aspects sur lesquels la gauche parlementaire est réellement minoritaire au sein du monde politique, comme une caisse d'assurance-maladie sur le modèle de la sécurité sociale française, mais ils constituent l'exception plutôt que la règle.

La socialisation des esprits

En Suisse comme ailleurs, les socialistes n'ont pas attendu d'accéder au pouvoir pour influer sur la destinée d'un pays. S'ils ne pouvaient tenir les leviers du gouvernement, ils l'obtenaient ailleurs comme une première étape. Syndicats, magistrature, éducation supérieure, furent autant de bastions historiquement infiltrés par le socialisme. Ce n'est pas par hasard.

Les syndicats permettent de canaliser politiquement les revendications des adhérents et de propulser les leaders syndicaux dans une carrière élective. La présence dans la magistrature permet d'influencer le législateur, en particulier en Suisse où il est le fait de politiciens de milice, et d'infiltrer progressivement l'administration, friande de juristes ; et, accessoirement, de différencier les peines infligées selon la proximité idéologique du délinquant (il suffit de voir les verdicts rendus dès que l'extrême-gauche est concernée...) Enfin, l'éducation supérieure est le creuset où se forment les futures élites, qu'on imprégnera abondamment des dogmes tout en canalisant crédits de recherches et attributions de chaires selon leur utilité pour appuyer les positions du parti.

Il existe bien d'autres domaines infiltrés par les socialistes, comme la presse, l'administration fédérale, la culture, mais il serait trop long d'en faire l'inventaire.

Par "infiltré par les socialistes" je n'entends rien d'autre que de pointer que l'idéologie de gauche y est présente sans commune mesure avec les 18% que représentent les Socialistes lors des élections fédérales, ou même les 25-30% de la gauche élargie, même s'ils n'atteignent évidemment pas les 100%. Ces bastions se perpétuent comme animés d'une vie propre et sont, de facto, la principale source des voix socialistes aujourd'hui.

La base du fonctionnement du système est la cooptation entre individus idéologiquement conformes, qui s'exprime ainsi: quelles que soient les qualités professionnelles respectives des candidats lors d'un recrutement, priorité doit être donnée aux socialistes ou apparentés. L'appartenance politique est en quelque sorte un super-critère de sélection qui s'exerce en permanence, pour tous les emplois possibles dans un milieu donné.

Les employeurs libéraux ou sans couleur politique mettent évidemment la compétence au centre du recrutement et se font de ce fait progressivement évincer, en particulier dans des secteurs d'activité protégés de la concurrence, car d'autres aspects entrent en jeu que la simple efficacité économique.

L'obstacle populaire

Le peuple suisse n'est pas de gauche, et constitue donc le principal rempart contre l'hégémonie socialiste - de là la guerre sans merci que la gauche livre contre le peuple pour l'affaiblir, le diviser et démolir son influence politique au sein des institutions. Pour une liste non-exhaustive des différents moyens mis en œuvre, citons:

  • la naturalisation de masse, si possible automatique, pour changer physiquement la composition de la population, dans l'espoir de modifier l'équilibre des forces sur les opinions disputées ;
  • le multiculturalisme, détruisant le tissu culturel et civilisationnel historique et soumettant les franges les plus vulnérables de la population à la violence ;
  • l'immigration et l'inflation, amenant par un effet d'appauvrissement généralisé la population à se détourner de la sphère politique pour se concentrer sur sa simple survie économique ;
  • le détournement de la police de ses fonctions régaliennes de maintien de l'ordre public pour faire la chasse à des fautes administratives (les "crimes sans victimes") ;
  • la mise en place progressive d'une éducation visant à fournir à la société des individus inemployables, revendicatifs et dépendants, mais avec une conscience politique "adéquate" ;
  • l'affaiblissement de la fonction punitive de la justice, notamment en cas de récidive, en faveur de mesures coûteuses et inefficaces de "réinsertion" ;
  • la subordination et l'annulation des décisions du souverain par de vaporeuses références au "droit international" visant à décourager toute initiative politique inappropriée ;
  • la délégation maximale de toute forme de décision à des "comités d'expert", et en général tout groupe dont la composition puisse être aisément noyautée et dont les conclusions pourront s'imposer à un ensemble plus grand (Parlement, voire Suisse toute entière).
  • le marxisme culturel, visant à imprégner dans les esprits que tous les rapports sociaux sont des rapports de force.

Lorsque tout cela échoue, il reste encore la simple propagande que servent avec un empressement servile des journalistes massivement encartés à gauche.

Voilà pourquoi la définition d'une "majorité" ou d'une "minorité" de gauche au sein de la population n'a, en fin de compte, strictement aucune pertinence, en particulier dans un système politique fractionné comme en Suisse. La gauche a compris que l'important n'était pas de convaincre une population pour laquelle elle n'a d'ailleurs que mépris, mais de tenir les leviers du pouvoir. Elle ne les lâchera pas - ils lui permettent de démultiplier son influence bien au-delà de ses scores électoraux. Si le peuple vote parfois encore à droite, quasiment toutes les décisions sur lesquelles il n'intervient pas directement vont dans l'autre sens.

La conclusion, sans appel, et largement partagée par des observateurs de longue date de la vie politique helvétique: depuis plus de vingt ans, la Suisse est gouvernée au centre-gauche. La trajectoire du pays s'en ressent.

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Commentaires

Billet magistral mon cher Stéphane.

La notion de gauche/droite n’a aucune signification. Il est bien plus juste de parler socialisme/libéralisme et encore que le terme socialiste ne soit très certainement plus d’actualité. Dans nos sociale démocraties, USA compris, les dirigeant ne souhaitent pas posséder l’outil de production mais le réguler. C’est nettement plus efficace pour leurs propres intérêts.
Le terme qui convient bien est étatisme et regroupe en Suisse pratiquement tous les parties (même une partie de l’UDC) ce qui colle parfaitement avec ce que vous écrivez. Le PSS, les Verts (Khmers ou Libéraux), PDC (les pires je crois), PLR et UDC (pas tous) souhaitent une augmentation du rôle de l’état et ce à tous les étages.

Écrit par : Rastapopoulos | 18 août 2016

On pourrait continuer sur le même ordre d'idées avec le parti dont vous êtes membre : l'UDC !!!

Si quelque chose ne convient pas: une initiative !

Si la mise en œuvre ne convient pas : une nouvelle initiative !

Si la mise en œuvre est trop lente ou ne part pas dans la bonne direction : menace d'une nouvelle initiative !

Enfin, lorsque vous parlez d'immigration, vous oubliez les Huguenots chassés de France - victimes de dragonnades, leurs maisons brûlées, les enfants enlevés à leurs parents (voir le livre de J. Garrisson)- ont permis à ces personnes de s'installer ailleurs permettant ainsi à leurs pays d'adoption de bénéficier de leurs savoirs, entre autre l'horlogerie pour n'en citer qu'une !

Écrit par : Marie | 18 août 2016

@Rastapopoulos: "Le PSS, les Verts (Khmers ou Libéraux), PDC (les pires je crois), PLR et UDC (pas tous) souhaitent une augmentation du rôle de l’état et ce à tous les étages."

C'est exactement mon diagnostic. J'estime la proportion d'étatistes à environ deux tiers du PLR (en fait tous les radicaux pré-mariage libéral radical) et un quart de l'UDC, des gens qui ne veulent pas du moins d'Etat.

Je suis intéressé d'apprendre que vous considérez le terme de "socialiste" comme galvaudé, sachant que je trouve moi-même que celui de "libéral" ne veuille plus dire grand-chose en ce moment. La quête est ouverte pour définir les nouveaux termes selon les fractures du monde politique actuel.

@Marie: l'initiative est l'outil démocratique le plus indiscutable qui soit, et à l'inverse d'autres partis jaloux de son succès, l'UDC gagne, parfois, devant le peuple, ce qui légitime totalement son recours à cet outil.

Au lieu de critiquer, ne devriez-vous pas vous étonner de cette singularité? J'y vois un écart toujours plus grand entre la classe politique (le "sommet de la pyramide" de l'Etat et affiliés, dominé par les socialistes) et le reste de la population.

Si pour parler d'immigration, vous vous bornez à des Huguenots chassés de France (pays voisin, même culture, parlant une langue nationale, entrepreneurs) j'admets qu'à mes yeux ce sont des candidats à l'immigration tout à fait acceptables.

Ah, s'ils étaient tous Huguenots!

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 août 2016

« La base du fonctionnement du système est la cooptation entre individus idéologiquement conformes »

« d’infiltrer progressivement l'administration, friande de juristes »


Les cadres des administrations (autorités administratives)… sont indéboulonnables. Une fois en poste, ils lâchent les manettes à l’âge de la retraite. Pour la transition, la cooptation s’occupe du renouvellement.

Ici, Il faudrait que les postes-clés des administrations soient changés lors de chaque législature en fonction du rapport des forces.

On me rétorquera que les proches collaborateurs des ministres, changent avec les ministres. Mais c’est insuffisant, car ce ne sont pas eux qui pondent les pinailleries écrites en petits caractères derrière les règlements.

Par ex. Combien de juristes et sous-juristes de carrière (et de quelle tendance), à l’OFROU, pour truffer de tracasseries des choses comme «Via Sicura» ?

Je sais… ça a été relu en diagonale par le CF (dont certaines membres avouent de pas comprendre grand chose à certaines choses… parce qu’ils ont été choisis par leur pairs en fonction de leur appartenance et non de leur compétence. Bref, c’est encore un autre débat…

Etape suivante, les gens du parlement ont reçu le texte accrédité par leurs élus… puis ont eu le choix de dire oui ou non en pesant sur un bouton… Et comme c’était 8 h. 45, fallait se grouiller parce qu’à la cafétéria, les salées au fromages offertes par «Emmi» étaient en train de refroidir…

Notez bien, le détail: dans «autorité administrative», ce mot «autorité».

On est enflé jusqu’au trogon je vous dis !

Écrit par : petard | 18 août 2016

@ Stéphane Montabert : je ne critique pas, je constate, je relève, j'observe et ça vous dérange.

La remarque concernant les Huguenots, c'était pour vous faire remarquer que l'immigration a aussi du bon et qu'il ne faut pas toujours voir le côté négatif mais aussi le côté positif !!!

Ceci dit, il était inutile de me donner une leçon de démocratie concernant le droit d'initiative et la petite leçon de morale y étant, j'ai gagné mon pari !!!!

Enfin, pour clore, je suis descendante huguenote ...

Écrit par : Marie | 18 août 2016

@Marie: très heureux de voir que vous gagnez des paris avec vous-même, et n'hésitez pas à penser que vous me dérangez si cela peut aussi vous faire plaisir ; mais que voulez-vous, je me sens obligé de répondre lorsqu'on me tend certaines perches.

Quant à l'immigration, bien sûr qu'elle peut avoir du bon: j'en suis.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 août 2016

@ Stéphane Montaubert : le pari a été gagné NON AVEC MOI-MÊME mais avec une personne EX-UDC !!!

Écrit par : Marie | 19 août 2016

"un quart de l'UDC, des gens qui ne veulent pas du moins d'Etat"
En théorie. Le moins d'Etat, c'est selon son intérêt personnel à l'UDC.

Dans les faits, les 3/4, voir 100% soutiennent le subventionnement des paysans et souhaitent en faire des fonctionnaires à 100%.
On est plus proche du communisme soviétique que du libéralisme.

Et dans les secteurs où les sympathisants ne sont pas/peu touché, il y a une demande de moins d'Etat.

Quant aux citoyens, le rejet en votation de la libéralisation du secteur de la distribution d'électricité est éloquent sur la confiance dans le libéralisme.

Écrit par : motus | 19 août 2016

@motus: Le subventionnement des paysans et ses contraintes picrocholines y afférent est le résultat d'un compromis politique impliquant évidemment les étatistes de tout poil. Connaissez-vous seulement des paysans? Savez-vous seulement ce qu'ils voudraient? Je vais vous le dire: en premier lieu, la liberté de produire et moins de contraintes administratives dans tous les sens.

Les traiter de communistes et de fonctionnaires est une honte, alors qu'ils sont en premier lieu des entrepreneurs tentant de travailler en toute indépendance.

Quant à la votation de la libéralisation du secteur de la distribution d'électricité, je crois que le sujet était un petit peu plus compliqué qu'un simple amour ou désamour pour le libéralisme. Ceci dit, suite à cette victoire de la gauche, maintenant les foyers suisses peuvent apprécier de payer un tarif au Kw/h parmi les plus chers du monde pendant que les prix de l'électricité en Europe n'ont jamais été aussi bas...

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 août 2016

@Marie vos paris réels ou imaginaires, essayons de le dire poliment, on s'en fout.

Outre que vous n'êtes même pas fichue d'orthographier le nom du taulier correctement, vous n'avez strictement rien répondu au fait que l'UDC remporte parfois des initiatives alors que les socialopes en sont encore en train de courir après leur première victoire depuis quoi, un siècle?

En vérifiant, leur dernière victoire remonte au 13 août 1913 pour être précis. Même les Démocrates Suisses ont remporté une initiative il y a vingt ans, c'est dire si vous êtes à l'ouest.

Écrit par : Roboratif | 19 août 2016

"un tarif au Kw/h"

Le kW/h est une unité de variation de puissance : puissance divisée par le temps (qui est aussi une donnée cruciale). L'énergie étant bien sûr la puissance multipliée par le temps - enfin traditionnellement on va dans l'autre sens : la puissance est définie par la division de l'énergie par le temps, c'est un flux d'énergie au cours du temps.

"que les prix de l'électricité en Europe n'ont jamais été aussi bas..."

Les prix de gros sont bas parce que les tarifs imposés aux consommateurs sont HAUTS, parce qu'ils subventionnent des technologies (mensongèrement) estampillées "renouvelables". Ce "renouvelable" subventionné est très cher (et non renouvelable ni durable ni très respectueux de la nature) mais il a coût marginal nul (pour les panneaux photovoltaïque) ou extrêmement faible (il n'y a que l'usure des éléments mécaniques des éoliennes) et il est acheté à un tarif fixe (tarif absolument extravagant pour le PV) il a intérêt à produire autant de temps que possible, QUELLE QUE SOIT LA DEMANDE. Donc il va produire même quand la demande est déjà assurée par d'autres moyens. D'abord les retenues d'eau vont diminuer leur production, ensuite les moyens thermiques vont s'ajuster; sauf qu'une tranche thermique cela ne s'arrête pas comme ça, et surtout les transitions rapides créent des contraintes thermiques : on ne peut pas en général faire variation la chaleur à température constante (c'est prévu sur le réacteur EPR mais pas sur les réacteurs nucléaires existants).

Il peut donc arriver un moment où les centrales consomment un carburant (par ex. du charbon, gaz, fioul lourd en Italie) pour produire alors que le prix est quasi-nul et inférieur au prix du carburant consommé, donc à perte, simplement parce que arrêter-repartir serait encore plus coûteux. C'est un poste de coût de la politique des "renouvelables" qu'on passe généralement sous silence!!!

De plus, on remarque beaucoup d'arrêts pour maintenance non planifiée (en clair des pannes) sur le parc à flamme d'EDF, c'est certainement lié à ces variations trop rapides. Comme une partie du parc est conçu pour faire face aux variations de demande de façon plus flexible que le nucléaire, qui s'adapte aux variations plus progressivement (et où le plan de charge doit être programmé à l'avance), ce doit être difficile de faire la part des choses entre usure normale et usure accélérée liée aux renouvelables intermittents.

En fait l'inertie des moyens de production permet non seulement au prix de marché de baisser en dessous du coût marginal, mais aussi dans le domaine des prix négatifs; un excès d'énergie peut faire tomber le réseau tout comme un manque. En effet l'énergie électrique n'est pas comme le gaz ou le pétrole, elle n'est pas pompée, elle se déplace d'elle même en fonction de la tension. La grille électrique est un système subtil qui oscille autour de son point d'équilibre, avec des ajustement permanent. Un système où l'information se déplace à la vitesse de la lumière, où des moteurs/alternateurs synchrones accélèrent ou ralentissent en fonction de micro-déséquilibres, où le moindre appareil allumé quelque part créé des baisses de puissances opposées qui rapprochent le système de l'équilibre.

On parle d'un système dont dépend directement toute la fourniture des différentes formes d'énergies du pays : sans électricité, les autres réseaux d'approvisionnement sont paralysés : plus de pompage du gaz, plus de raffinage du pétrole, plus d'essence à la pompe... Une coupure d'électricité durable pourrait engendrer des conséquences catastrophiques. (Si elles ne sont pas alimentées, les éoliennes ne peuvent pas tourner non plus, mais ce n'est peut être pas un mal.)

Qui voudrait jouer avec ce système en lui adjoignant des moyens de production non fiables et qui ne sont même pas stoppés quand la production est excessive?

Les "verts"!

Les prix peuvent donc varier énormément en cas de situation exceptionnelle. Avec le prix régulièrement bas sur le marché de gros, et l'arrivée de moyens subventionnés a totalement déstabilisé ce marché, où la rentabilité des moyens classiques est compromise. Même la Suisse, qui profitait des variations de demande (précisément de déficit de production des moyens classiques) en ajustant la production des barrages, voit la rentabilité de ces moyens rapidement ajustables baisser!

Au train où vont les choses, les États vont bientôt devoir intervenir pour sauver les producteurs classiques de la ruine provoquée par ... les précédentes interventions de ces États!

En résumé, le client EDF a payé une augmentation de facture pour financer les fantaisies renouvelables; mais par démagogie électoraliste, l'augmentation de facture n'a pas suivi le rythme d'augmentation de cette production , d'où un trou de plusieurs milliards chez EDF, que l'État doit compenser; par démagogie, l'État ne veut pas grever son budget en payant cette dette et préfère donc "soutenir" EDF en ne payant pas ce qu'il doit. Ensuite le contribuable va être mis à contribution pour "soutenir" EDF alors qu'il est question de faire de grosses opérations de maintenance dans les centrales nucléaires ce qui permet de faire passer ce "soutien" pour une aide au nucléaire, alors que c'est le nucléaire qui permet à EDF encore de garder la tête hors de l'eau, et que l’État lui enfonce la tête sous l'eau.

Le contribuable après avoir payé plus cher qu'avant son énergie va payer plus à l'État pour réparer les dégâts. Dans les médias, les propagandistes s'arrangent pour accuser le poids du nucléaire!

La situation économique est bien plus critique en Allemagne. Les producteurs privés ayant des moyens classiques se préparent à se mettre sous protection financière, avec une restructuration du secteur qui a été beaucoup mal commentée et très rarement expliquée :
- d'un coté les producteurs avec des moyens subventionnés par un tarif de rachat
- de l'autre les producteurs subventionnés par un moyen qui reste à définir

Tout ceci inquiète beaucoup les connaisseurs du secteur de l'énergie et réjouie les promoteurs des "renouvelables".

Écrit par : simple-touriste | 19 août 2016

"Les traiter de communistes et de fonctionnaires est une honte, alors qu'ils sont en premier lieu des entrepreneurs tentant de travailler en toute indépendance."

Je ne sais pas ce qu'il en est en Suisse, mais les "verts" ont réussi à convaincre la population française que les nitrates étaient une pollution de l'eau du robinet. Les seules risques hypothétiques des nitrates sont pour les nourrissons, à des doses élevées, et les rares intoxications documentées concernaient l'eau de pluie non purifiée contenant des agents pathogènes.

Même s'il est évident qu'il ne faut pas demander des preuves déraisonnables avant d'agir (on ne va pas attendre d'avoir la preuve que des personnes tombent régulièrement très malades en ayant consommé un produit au seuil X pour interdire de mettre ce produit dans la nourriture à un seuil 0,99 * X), on peut quand même demander quelques preuves d'une plausibilité théorique de la toxicité d'un produit avant de le diaboliser.

Peu de produits ont été diabolisés comme les nitrates (et les nitrites).

Au delà de l'aspect économique (ce sont surtout les consommateurs d'eau potable qui payent la soi-disant dépollution), il y a l'aspect scientifique (c'est de la "science" pathologique, dégénérée), l'aspect éthique (accuser sans preuve et occulter la notion de doute scientifique), l'aspect social (une profession utile traitée comme des criminels contre l'humanité), et l'aspect psychologique.

Et bien sûr l'aspect POLITIQUE et COMMUNICATIONNEL. Dans la guerre de la "com", celui accusé de polluer a à peu près autant de chance de faire entendre sa défense qu'une personne accusée de "pédophilie", peut-être même moins!

Les journaleux peuvent toujours donner la parole à un représentant des semenciers (pour les OGM), des producteurs de pesticides, de l'industrie du nucléaire, à la fin d'un "débat". Vu ce qui a été dit ou insinué avant, personne ne le croira. On aura pris soin de donner longuement la parole à un activiste présenté comme un scientifique neutre et objectif.

Le débat aujourd'hui c'est 5 min pour les nazis, 5 min pour Hitler, 5 min pour les non-nazis antisémites, 5 min pour un banquier Juif.

Ah oui on va dire que vient faire Hitler? Pourquoi cette allusion, est-ce gratuit? NON ce n'est pas gratuit ni arbitraire, il y a un lien direct avec "l'écologie profonde" (qui est une idéologie, aucun rapport avec l'écologie scientifique); c'est bien documenté mais évidemment on enseigne pas ça à l'école, ça ferait tâche.

Voir par exemple :
http://secretebase.free.fr/complots/nazis/ecologie/ecologie.htm
http://monsieurvandermeulen.over-blog.com/article-17972674.html

Pour en revenir aux nitrates, on pourrait penser qu'en éliminant les nitrates, on a fait dans la précaution, coûteuse certes mais il vaut mieux être trop prudent que pas assez et ALLEZ-VOUS PENSER AUX ENFAAAANT?!!!!

Et bien non, on n'a pas été dans le sens cher mais vous serez en meilleure santé :
on aura TOTALEMENT occulté les bénéfices!!! Comme si une substance répandue par l'homme ne pouvait être que néfaste. On voit bien là que le problème n'est pas seulement une froide question d'analyse des données épidémiologiques (généralement molles et donc difficiles à évaluer), mais repose sur des présupposés idéologiques profonds qui ont guidé l'action politique en présence d'un "doute", doute alimenté par l'absence d'évaluation scientifique.

On trouve facilement des infos sur les bénéfices des nitrates si on se donne la peine d'en chercher, p.ex. :

"Des médecins soulignent les nombreux bénéfices santé des nitrates

Un colloque médical à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, a mis en exergue les effets positifs des nitrates sur l’organisme. Un classement des aliments a même été présenté."

http://www.audace-ass.com/News_database/Nitrate/Fr/ADICARE-Symposium-2011/FranceAgricole_nitrates%20et%20sante_08avril2011.pdf

On dispose en réalité de données très nettes montrant des corrélations correspondant à un bénéfice des nitrates dans l'alimentation. Certes il faut être prudent dans l'interprétation des données épidémiologiques (et même quand la "valeur p" est très petite), mais RIEN n'autorise à diffuser sans nuances un message strictement opposé à celui des corrélations statistiques.

Écrit par : simple-touriste | 20 août 2016

"Connaissez-vous seulement des paysans? Savez-vous seulement ce qu'ils voudraient? Je vais vous le dire: en premier lieu, la liberté de produire et moins de contraintes administratives dans tous les sens."

Cela fait tellement longtemps que je crie pour dénoncer la perdition des paysans de notre pays, que maintenant je me réjouis que la catastrophe annoncée arrive très bientôt.
J'entendais l'autre jour à la radio que nous allons vers une pénurie de paysans. Bien fait!!! Beaucoup de jeunes sont partis et partent encore au Canada où ils sont mieux respectés et très appréciés pour leurs compétences.

Juste pour situer un peu ce que -être paysan- implique; la gestion météorologique, financière, administrative, logistique et productive.
Allez demander aux urbains de faire autant de travail pour "un seul homme".
Contrôles permanents; un peu comme pour le dopage; inopiné. Quelques centimètres de débordement et c'est la pénalité. Dites-moi combien de salariés accepteraient de perdre 10% de son revenu parce qu'il a fait un petit écart ??????

Pour les paiements directs, payés 1.-- de l'heure pour le déboisage ou l'entretien du paysage COMMUN!(juste pour s'en rendre compte regardez le tour de Romandie-Suisse et ses paysages vus du ciel) Alors que ces glandeurs d'urbains paient pour leurs pelouses et autres entretiens de leur villa des paysagistes (qui fleurissent en grand nombre...et pour cause) au minimum Fr. 60.-- de l'he.

Des récoltes livrées, qui du coup paient maintenant une taxe de prise en charge (Landi-Migros), qui ne sont pas payées de suite ou au mieux dans les 3 mois comme auparavant. Maintenant c'est le -marché- qui décide et comme la Russie et les States mettent sur le marché de très grandes quantités de grains, vous êtes payés au mieux au 50% de la valeur de votre livraison, et cela par acomptes sur 2 ans.....dans le meilleur des cas.
N'oublions pas de dire que les semences sont dictées et obligatoire, bien évidement elles augmentent subtilement d'année en année.
Je ne vous parle pas du lait, vous devriez avoir compris. Le problème est maintenant le même pour la viande.

Puis pour finir, ce bel exemple: Un jeune paysan qui reprend la ferme de ses parents. Bien sûr des nouvelles normes s'imposent, donc des frais et dettes. Ok courage, on est tellement fier de prendre la relève. Mais c'est sans compter sur la commune qui ne veut plus voir de paysannerie sur son territoire (LAT où es-tu?) et refuse tous les permis nécessaires au jeune paysans, mais dans le même temps s'octroie les terrains agricoles pour offrir cela à des promoteurs qui veulent construire de l'habitat!

La Suisse s'est faite avec et grâce à QUI?

J'en ai marre et maintenant que la catastrophe annoncée arrive. Les premiers qui la sentiront bien passé se sont les urbains. Grand bien leur fasse!

Écrit par : Corélande | 21 août 2016

@ Corélande
"Le marché mondial" "Landi / Migros"

Dans vos problèmes de paysans, on y voit toute la critique du libéralisme, et vous avez raison.

Les subventions essaient d'atténuer ça, mais la Suisse ne vit pas sur une montagne de diamants.

Écrit par : motus | 21 août 2016

@Motus, j'espère que vous avez bien entendu les nouvelles; du style les communes s'approprient les fermes agricoles au sein des villages pour en faire des habitats collectifs! Du coup on relaie les Agriculteurs au loin dans des zones agricoles et là on les empêchent de construire de l'habitat et pour cause; ils sont en zones agricoles. Tout cela est voulu, c'est le SERPENT qui se mord la queue, reste à savoir qui mourra les premiers!

Par ailleurs ce matin, tous les pro du néo-libéralisme et non pas les partisans du libéralisme (voir le billet de Meylan ici-même) doivent sauter de joie en entendant qu'emmi se paie un bénéfice de + 31% sur le dos des Agriculteurs à qui il ne paie même pas le prix de revient de la production laitière fournie pour vos petits yaourt et toute la panoplie à base de produit laitier.

Vous avez raison continuer à tourner la tête parce que se ne sont que "des paysans"! Vous vous en rappellerez quand nous serons en pénurie grave.

Écrit par : Corélande | 23 août 2016

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