19 septembre 2016

Désunion Européenne

L'Union Européenne est en crise. Dans le théâtre de faux-semblants qui tient lieu d'organisation à la tête de l'UE, les dirigeants se réunissent pour multiplier d'hypocrites démonstrations d'unité.

mensonges,ue

Un reportage de la RTS résume la pièce jouée dans un luxueux château dominant le Danube:

À l'étranger, la mise en scène de la rencontre a été réglée dans les moindres détails. Les chefs d'État de l'Union Européenne s'étaient donné rendez-vous dans un château de Bratislava en Slovaquie ce vendredi. Première réunion sans le Royaume-Uni qui a choisi de quitter l'Union en juin et un seul objectif, raviver l'image d'une Europe unie malgré les crises successives.


Alors on affiche les symboles, tous dans le même bateau pour une croisière sur le fleuve... Mais la propagande ne prend plus. "L'esprit de Bratislava" est celui d'une Europe en bout de course, comme le rapporte Jean Quatremer, encore plein d'amertume d'avoir été parqué avec ses confrères journalistes dans un immense hangar de l'autre côté du Danube pendant que les 27 chefs d'État discutaient à huis clos.

François Hollande et Angela Merkel, la chancelière allemande, qui ont tenu, pour la première fois depuis l’élection du premier, conférence de presse commune (limitée à deux questions par pays…), ont essayé de vendre un « esprit de Bratislava », celui de la concorde retrouvée entre l’Est et l’Ouest, entre le sud et le nord, entre les riches et les pauvres, entre les démocraties autoritaires et les démocraties libérales (sic). Un beau conte de fées que Matteo Renzi, le Premier ministre italien, a fait immédiatement voler en éclats en déclinant toute conférence de presse commune avec le couple franco-allemand : «je refuse de suivre un scénario visant à faire croire aux citoyens que nous sommes d’accord sur tout»… Et d’énumérer, parmi les principaux points de désaccord, les réfugiés et la politique économique, notamment allemande, etc. Même écho de Viktor Orban, le chef du gouvernement hongrois.


Le journaliste pro-européen, fidèle croyant, livre sa martingale: en premier lieu, il faudrait briser la "règle de l'unanimité" qui enfonce selon lui chaque jour un peu plus l'Union dans la paralysie. Il y a du vrai dans ce diagnostic ; se mettre d'accord à 27 semble devenu mission impossible.

Mais à quels projets servirait donc un mode de décision plus souple? Obliger davantage de pays à accueillir des hordes de migrants dont ils ne veulent pas? Interdire l'attractivité fiscale de pays sans ressources? Imposer une rigueur infligée sélectivement à certains mauvais élèves budgétaires? Ou tout simplement permettre plus de procès politiques, comme lorsqu'un obscur Ministre du Luxembourg prétend carrément faire exclure la Hongrie de l'organisation?

L'Europe s'est agrandie avant de clarifier son projet. Chercher la réponse dans l'organisation des institutions ne suffit pas. La crise est d'ailleurs si profonde qu'elle rend toute réforme impossible. Trop de gouvernements savent de quel côté du manche ils se trouveraient si la règle de l'unanimité était remplacée. Certains ont beau être encore pro-européens, ils ne sont pas stupides à ce point-là.

En attendant, on communique donc, comme à la belle époque de l'URSS en crise et des démonstrations d'unité du Soviet Suprême. Les voix discordantes ne sont pas tolérées, les journalistes tenus à l'écart, les sujets qui fâchent balayés sous le tapis. Ne reste que la portion congrue de ceux qui font consensus - une soupe claire brandie comme la potion miracle.

L'illusion européenne a été déchirée par la lame de la démocratie. Le Brexit y a mis fin de façon inéluctable. Ce n'est pas une question de diplomatie, d'image ou même de gestion des dossiers chauds du moment ; l'Union Européenne est promise à l'effondrement à brève échéance à cause des mêmes raisons mesquines qui mettent un terme à bien des couples, l'argent.

On inflige une petite gifle au peuple anglais en n'invitant plus le Royaume-Uni aux réunions, mais lorsque les budgets européens devront être établis, son absence se fera ressentir bien plus cruellement. Bruxelles recevra alors un coup de poing.

L'Angleterre est la cinquième économie du monde, la deuxième en Europe après l'Allemagne et devant la France. En 2015, les sujets de Sa Majesté versèrent 13 milliards de livres à l'Union Européenne, dont 4,5 milliards revinrent au pays sous la forme de programmes et subventions diverses ; le Royaume-Uni était donc un contributeur net de 8,5 milliards de livres au budget européen.

Qui va le remplacer?

Empêtrées dans la crise des migrants et leur propre incompétence, l'Allemagne et la France ne semblent guère en mesure de débourser des milliards au nom d'un projet qui prend l'eau. Ne parlons pas du reste du groupe de tête - Italie, Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark ou Finlande - incapables d'assumer des montants pareils de par la taille de leurs économies, en prise avec leurs propres mouvements anti-UE, ou simplement en crise. Et les 19 pays suivants sont tous débiteurs nets de l'Union Européenne.

L'autre alternative est évidemment de réduire la voilure, ce qui ne manquera pas de provoquer d'intéressantes discussions à Bruxelles pour arbitrer les priorités des uns et des autres au milieu des nombreuses sangsues pompant l'argent en prise directe. Et si l'UE découvre elle-même tardivement la rigueur, elle risque de faire fuir de nombreux pays qui ne verront plus aucun intérêt à rester soumis à la clique de Bruxelles en échange, désormais, de bien peu de choses.

Les discussions budgétaires commencent traditionnellement à l'automne ; cette année, elles promettent d'être particulièrement intéressantes.

14:43 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : mensonges, ue |  Facebook

Commentaires

Combien coûtent, en bilan net, les migrants à l'Europe chaque année ?
10, 50, 100 milliards d'Euros ?
Dans ces coûts, en plus des aides directes, il faut aussi inclure les dépenses indirectes et associées, en particulier celles générée par la délinquance des allogènes et tous les frais connexes : police, justice, prisons etc, et également les frais de fonctionnement des services sociaux (il suffit d’aller faire un tour dans les CAF des grandes villes françaises pour voir quelle est la clientèle majoritaire), les frais relatifs aux surplus en écoles, en professeurs etc etc.
Pour la France seule, les estimations varient entre 5 à 10 milliards d’Euros chaque année (cf. par exemple Gérard Pince).
Les immigrationnistes diront que les immigrés sont non seulement une chance (laquelle ?) mais aussi et surtout un investissement, qu’ils coûtent les premières années, et qu’ensuite ils rapportent, une fois qu’ils ont été formés et travaillent. Certes, mais vu le chômage ambiant – et il n’est pas près de se résorber –, l’argument perd bcp de son poids.
— La solution pour trouver l'argent qui manque à l’Europe est donc simple : stopper l’immigration. Non seulement la vague de “réfugiés” résultant de la “crise” récente, mais l’immigration de régime permanent (steady-state), l’illégale comme la légale (réduire fortement cette dernière).
— Et comment stopper l'immigration ?
Inutile de renforcer les frontières extérieures, de créer de nouveaux corps de douaniers, de nouvelles flottes de gardes-côtes etc. Non, il suffit de stopper les aides, allocations, programmes, subventions aux organisations diverses et variées qui œuvrent ouvertement ou non en faveur de l’immigration. Rétablir la pénalisation de l’aide aux immigrants illégaux etc. Tout cela pas forcément brutalement, mais par paliers successifs sur une période à déterminer.
Bref, stopper à terme toutes les pompes aspirantes.

Ne rêvons pas ! Bien sûr, rien, ou presque, de tout cela ne se fera ! Car les forces immigrationnistes internes et externes aux pays concernés sont si énormes qu’elles préféreront la destruction de l’Europe, par la dislocation (exits successifs) ou la guerre civile (moins probable). Les deux se s’excluant d’ailleurs pas forcément l’un l’autre.

Écrit par : AP34 | 20 septembre 2016

@AP34: Les immigrationnistes diront que les immigrés sont une chance parce que ce sont des étatistes économiquement incompétents. Ils voient donc cette population à charge comme du pain béni car il faut une infinité d'emplois de fonctionnaires ou para-publics pour s'en occuper - cours de langue, nourriture, nettoyage, assistance juridique et tutti quanti - et ne prennent pas en compte la charge desdits emplois sur les finances publiques et la charge fiscale des citoyens. Ils ne parviennent pas à comprendre non plus l'absence de valeur ajoutée de ces emplois.

En outre, ils s'efforcent de ne pas voir les conséquences sociales de l'immigration sur la sécurité, la paix sociale, la démographie, le logement etc.

Je pense pourtant que même les immigrationnistes les plus acharnés ne souhaiteront pas avoir un centre d'asile près de chez eux ni près de l'école de leurs enfants...

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 septembre 2016

"Rétablir la pénalisation de l’aide aux immigrants illégaux etc."

D'accord, mais uniquement quand l'Etat aura cessé de financer les organisations qui leurs viennent en aide.

Sinon on condamne le prêtre Machin qui a aidé à une échelle minuscule (personne ne vient dans le pays parce qu'il y a entendu parler du prêtre Machin qui aide 4 "migrants") alors qu'à coté on dépense des millions en aides directes et indirectes (qui sont la vraie raison qui attire les clandestins).

Écrit par : simple-touriste | 20 septembre 2016

Oui mais tout va bien. François Hollande élu homme d'état de l'année, en raison probablement de son extrême soumission aux USA face au danger que représente l'URSS aujourd'hui...

Écrit par : Géo | 20 septembre 2016

C'est comme si, effectivement, l'URSS existait encore !
Mais maintenant c'est la Russie, la Grande et peut-être bientôt la Sainte Russie.

Écrit par : AP34 | 20 septembre 2016

La Sainte Russie ? Feriez-vous une différence entre l'horreur musulmane et l'abomination chrétienne, AP34 ? Les tortures de l'Inquisition étaient plus bénies que celles de Daech ?

Écrit par : Géo | 20 septembre 2016

à Géo :
Vous oubliez les guerres de religions, les Huguenots, les Cathares etc.
L'Inquisition s'est répandue dans le monde catholique, et a eu son pic en Espagne. Là-bas, son premier et meilleur défenseur a été Torquemada (1420-1498), au nom prédestiné : “la tour brûlée”. Torquemada, confesseur d’Isabelle la Catholique, qu’elle a nommé Grand Inquisiteur. C'est lui qui fit dresser le premier bûcher de Juifs à Séville en 1481.
Il a eu des successeurs dans l’exaltation mystique et purificatrice. Rien qu'en 1559, sous le règne de Philippe II, il y eut deux autodafés, le premier de 14 hérétiques protestants, et le second de 26. Ce dernier eut lieu un 8 octobre. On rapporte qu’un des suppliciés apostrophe Philippe II, qui assiste au spectacle, comme bcp de ses sujets, par ces mots :
« Ô Prince ! toi qui es responsable, n’as-tu pas honte de venir assister aux tortures de tes sujets innocents ? »
Philippe II le regarde avec surprise et reconnaît l’un de ses nobles, Domingo de Rojas. Indigné, il se dresse et répond, d’une voix furieuse :
« Si mon propre fils était un misérable de ton espèce, je porterais moi-même les fagots pour le brûler ! »
Cette phrase est prophétique car son fils, Don Carlos, mourra en prison moins de 10 ans plus tard, probablement empoisonné par lui.
C’est sûr, et vous avez raison, on n’était pas tendres à l’époque.

Il y a cependant une différence fondamentale entre les grands et petits Inquisiteurs et les bourreaux de l'État islamique.
Les premiers sont de très mauvais, sinon les pires, catholiques, car ils enfreignent l'enseignement du Christ : "Tu ne tueras point", “Aimez-vous les uns les autres" etc.
Tout au contraire, les seconds sont de bons, même d'excellents, musulmans, qui suivent parfaitement et à la lettre le Coran, et les hadiths qui en sont la continuité.
Je crois qu’il y a bcp d’ignorance sur le sujet. Votre remarque en témoigne.

Aussi permettez-moi d’apporter quelques précisions.
Il faut savoir que le Coran et les hadiths, contrairement à notre Bible (le Nouveau testament avec ses 4 évangiles) pour les chrétiens, guident le musulman du lever au coucher, tous les jours de l’année, et dans tous les domaines de la vie, depuis l’alimentation et l’hygiène personnelle, jusqu’au social, juridique, politique… Le Coran est la parole d’Allah, fidèlement retranscrite par Mahomet, alors que les hadiths sont sa traduction par Mahomet dans sa propre vie : ses paroles et ses actes. Paroles et actes eux-mêmes rapportés par d’autres, des proches, des contemporains ou des descendants, avec de nombreux recoupements, de sorte qu’on peut les tenir pour authentiques. Mahomet est pour les musulmans le beau modèle, l’exemple à suivre au plus près. Parmi les “directives” bien connues, il y a par exemple : la main coupée des voleurs et la lapidation des femmes adultères. Comme technique de punition il y a aussi : “les yeux crevés, mains et pieds coupés”,
Petite anthologie de phrases cultes des hadiths à propos des mécréants et du Jihad :
« où que vous en trouviez, tuez-les car celui qui en tuera aura sa récompense le jour de la résurrection. ».
« Participer au Jihad pour la cause d’Allah. »
« J’ai reçu l’ordre de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils attestent qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah »
« Sache que le paradis est à l’ombre des épées »
« Ne sont pas égaux ceux des croyants qui s’assoient et ceux qui combattent »
« Aucun musulman ne devrait être mis à mort pour le meurtre d'un kafir (infidèle). »
etc

Mauvais catholiques et bons musulmans, la différence est là. Elle est capitale.
C’est en effet cette différence qui a fait que les catholiques se sont amendés et depuis très longtemps. On en est même à la charité chrétienne dévoyée (pour preuve l’accueil à bras ouverts de nos pires ennemis en Europe), alors que les musulmans de l’État islamique et les autres n’ont évidemment pas à s’amender et n’ont rien à se faire pardonner puisqu’ils suivent fidèlement leur “beau modèle”.

Écrit par : AP34 | 21 septembre 2016

Diantre !
Il faut distinguer "temps" et "évolution". Si le temps est, tout à la fois une notion abstraite et une convention acceptée mondialement, l'évolution n'a pas suivi partout la même allure. On peut même dire qu'elle est coincée çà et là .

Écrit par : rabbit | 21 septembre 2016

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