25 septembre 2016

Vote sans surprise

Ce dimanche voyait les citoyens s'exprimer sur trois objets fédéraux: une initiative écologiste pour "l'économie verte", une initiative de gauche pour augmenter l'AVS, la retraite par répartition ; et un référendum lancé par certains milieux contre la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, la LRens.

Le score final est de deux Non et un Oui. Les deux initiatives sont rejetées et la LRens est acceptée - un résultat parfaitement prévisible de bout en bout. La participation atteint les 43%.

L'Initiative "Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficience des ressources (économie verte)" (abordée ici) promettait la mise sous tutelle complète de l'activité économique dans ses moindres détails, au nom de mesures picrocholines autour du fumeux concept "d'empreinte écologique", et ce jusqu'en 2050.

votation du 25 septembre 2016

Face à la perspective de renoncer à tout confort grâce à de délirantes taxes sur l'énergie - sans compter l'augmentation du coût de la vie en général - le grand public décida de ne pas suivre, rejetant le texte par 63.6% des suffrages. On peut toutefois s'étonner du relatif succès de l'initiative, laquelle dépasse de beaucoup le cercle traditionnels des adeptes de Gaïa. L'écologie verte marque des points en Suisse romande et passe même la rampe à Genève (51.9%). Il serait intéressant de voir ce que donnerait une version seulement cantonale de ce texte... Mais pourquoi souhaiter tant de mal à la population genevoise?

Initiative AVS Plus (abordée ici): nous étions avec ce texte dans une posture de redistribution classique avec ses victimes (ici les travailleurs) et ses prétendus bénéficiaires (ici les retraités). Mis à part la stratégie de base de la gauche visant à dresser les couches de la population les unes contre les autres, la démarche m'échappait quelque peu. Les personnes âgées sont plutôt conservatrices et n'auraient pas forcément viré leur cuti pour les socialistes, à moins qu'il n'ait s'agit depuis le début que d'une simple opération de communication. Les salariés, quant à eux, retiendront que pour la gauche ils sont une fois de plus sacrifiables sur l'autel des intérêts d'une autre catégorie sociale.

votation du 25 septembre 2016

La faiblesse du train de vie des retraités reste malgré tout un problème récurrent. Plutôt que de chercher "bêtement" à augmenter des rentes qui convenaient encore il y a quelques années, ne faudrait-il pas davantage se pencher sur l'augmentation du coût de la vie qui grève le budget des personnes vulnérables? Entre les augmentations continues des taxes (TVA), du coût de la santé ou de celui du logement à cause de la pression migratoire, il y aurait bien des pistes à creuser... Mais pas forcément à l'avantage des socialistes. Demander une rallonge est tellement plus simple!

La nouvelle Loi sur le Renseignement (LRens) passe quant à elle confortablement l'épreuve du référendum avec 65.5% d'approbation. Pas un canton ne la refuse.

En porte-à-faux avec mon parti, j'étais personnellement opposé à ce texte. La LRens légalise pour les services de renseignement des moyens d'espionnage rigoureusement interdits au commun des mortels, comme des logiciels espions installés à leur insu sur les téléphones portables de tiers. Je reste de marbre devant les "garanties" sensées prévenir les dérives de la surveillance de masse ; je ne sais que trop bien à travers des exemples issus d'autres pays avec quelle facilité ces procédures sont rapidement contournées pour ne plus devenir que les étapes symboliques d'une surveillance de masse. On commence par demander une approbation ponctuelle, on finit par signer l'annuaire entier.

Enfin, je pense que les moyens de la loi actuelle - qui date d'octobre 2008, pas vraiment Mathusalem - conjugués aux autres mesures comme le contrôle de l'immigration et l'expulsion des étrangers criminels auraient été tout à fait suffisants pour garantir la sécurité de notre pays... À condition de les mettre en œuvre!

Mais quoi qu'il en soit, le succès de la LRens était couru d'avance. Dans une époque troublée où la majorité est visiblement prête à sacrifier sa liberté contre une promesse de sécurité, les voix divergentes se faisaient d'ailleurs fort rares. Seuls l'extrême-gauche et les Verts s'opposèrent au texte, vraisemblablement moins au nom de grands principes que par ce que leurs militants extrémistes en avaient à craindre.

Ce week-end a donc vu un ensemble de scrutins sans surprise - les sondages annonçaient pareils résultats depuis longtemps. Les seuls regrets que l'on puisse exprimer concernent la Suisse romande toujours plus à gauche que sa sœur alémanique, et les scores toujours trop élevés pour des appels à une utopie totalitaire.

Commentaires

On dirait que les révélations de Snowden n'ont pas existé! Ou alors la Suisse se croit supérieure et capable d'avoir des contrôleurs plus rigoureux que le contrôle "bipartisan" de l'appareil d'espionage des USA?

Si la surveillance électronique de masse avait fait la preuve de son utilité on pourrait à la rigueur avoir une discussion sur les avantages et les risques (quoi que le risque soit celui d'une dictature absolue de ceux qui ont à leur disposition ces outils contre les citoyens, donc potentiellement infini par rapport au risque énorme mais fini du terrorisme), mais la surveillance électronique de masse a plutôt fait la preuve qu'elle ne peut pas produire de preuve de son efficacité :
- ou bien ces preuves n'existent pas,
- ou bien elle a réussi à neutraliser les actions tellement épouvantables par des moyens tellement précieux et secrets que même un petit groupe de parlementaires ne peut pas en être informé!

Écrit par : simple-touriste | 26 septembre 2016

Nous sommes nombreux à souhaiter que tous les comportementalistes qui sont vrais délateurs que tous aient à payer les fris de justice pour torts moraux causés à leurs proies dénoncées à leur insu
Il ne renvient à aucun gymnasiens, lycéens ou universitaires le droit de jouer aux indics comme à l'époque de la Stasi
Mais sans doute sont ils aussi les proies de certains lobbys qui les paient grassement en leur faisant miroiter de faux mirages
Reconnaissons tout de même que certaines émissions TV font aussi tout pour les y inciter
Pauvre pays qui retrouve ce que nombre d'anciens qui tous ont été victimes de délations ,dénonciations alors qu'ils n'étaient qu'enfants et qui tous ont été séquestrés dans des foyers ou familles garde chiourmes et qui ne pensaient pas revivre cela
Donner le pouvoir et trop souvent la parole aux plus jeunes c'est courir droit dans le mur car un jeune ne sait pas différencier le vrai du faux
Ce qui prouve aussi s'il en était besoin qu'il y a un sérieux manque de maturité d'esprit ou d'affirmation de soi de la part de certains élus pour en arriver là

Écrit par : lovejoie | 26 septembre 2016

Tout à fait d'accord avec vous sur la LRens.


Raison pratique: ce ne sera pas efficace.

Raison politique: imaginez Cesla Amarelle devenir conseillère fédérale en charge de la sécurité. Le droitard de base peine encore à imaginer que nos états font, bien souvent, désormais partie du problème.

Raison "philosophico"-politique:

"Those who surrender freedom for security will not have, nor do they deserve, either one." Benjamin Franklin

Écrit par : Paul Bär | 26 septembre 2016

PS: sur l'aspect "politique", je recommande de visionner cette petite vidéo du polémiste Daniel Conversano qui, certes, choquera assurément les chastes oreilles du droitard de base (bon, le gars est quand même agrégé de philo), mais qui illustre bien le paradigme qu'induit une surveillance électronique généralisée quand elle est aux mains d'un état contrôlé par des systémistes:

https://youtu.be/hX7F7mgfSWw

Et ce n'est pas une question droite-gauche. Aujourd'hui, c'est Valls qui tient la machine, demain ce sera probablement l'homme-lige d'Alain "Ali" Juppé, l'ami des Frères Musulmans (qu'il qualifiait de "sortes de démocrates-chrétiens" quand il parlait de la confrérie en Egypte).

Écrit par : Paul Bär | 26 septembre 2016

"la surveillance électronique de masse" est un argument mensonger des opposants...

Écrit par : Géo | 26 septembre 2016

Pour en revenir à Swissair, il est curieux de constater que swissôtel existe toujours, alors que cette diversification débridée aurait eu pour conséquence de précipiter la compagnie dans les chiffres rouges, selon les experts-vautours . C'était en 1980, souvenez-vous: "A joint venture by Swissair and Nestlé, the company assembles its initial portfolio of hotels by acquiring Hotel Le Président in Geneva and attaining long-term management contracts for further properties in New York, Bern and Zurich".

Pendant que Conversano est au téléphone, qui regarde la route ? Si l'on veut bien rester dans le même paradigme, un retrait de permis et d'agrégation devrait suivre cette démonstration.

Écrit par : rabbit | 26 septembre 2016

Un grand merci à ces droitards si naïfs qui n'arrivent pas imaginer que demain ou après-demain ils seront eux-aussi une cible des services d'investigation étatiques:

http://lesobservateurs.ch/2016/09/27/traite-de-paix-alain-berset-met-en-garde-contre-le-nationalisme/

Écrit par : Paul Bär | 27 septembre 2016

Pour l'instant, nous avons Billag, bras armé de la propagande du Parti.

Écrit par : rabbit | 28 septembre 2016

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