02 octobre 2016

98% de Non aux quotas de migrants en Hongrie

La méthode d'Angela - appeler les migrants à envahir l'Europe en direction de l'Allemagne puis réclamer ensuite que chaque pays de l'union "reçoive sa part" - n'a pas fait recette en Hongrie. Un référendum pour savoir si le pays devait accueillir des quotas de migrants selon la distribution concoctée par Bruxelles, contre l'avis du gouvernement hongrois, était tenu ce dimanche. Le Non l'emporte vraisemblablement à hauteur de 98,3%.

La participation n'atteint en revanche que 44,35% des inscrits, ce qui rend le résultat du référendum non contraignant aux yeux de la Constitution hongroise. Pour qu'il le soit, il faut qu'au moins la moitié du corps électoral se prononce. Cette étrange disposition légale - introduite par Orbán en 2011! - fut habilement exploitée par l'opposition, laquelle demanda à ses partisans de ne pas aller voter précisément pour obtenir ce résultat. Les médias pro-immigration jubilent: "En Hongrie, l'opposition fait échouer le référendum anti-réfugiés de Viktor Orban", titre ainsi le Huffington Post. Un résumé qui oublie largement l'essentiel.

Peut-on mettre à la poubelle 3,5 millions d'avis exprimés sur 8,3 millions d'électeurs potentiels simplement parce que pas suffisamment d'entre eux ne se sont rendus aux urnes? Il paraît très improbable que les millions de personnes qui ne se sont pas déplacées auraient été toutes en faveur des quotas de migrants, et si cela avait été le cas, il leur aurait suffi de s'exprimer dans les urnes pour balayer dans l'autre sens le résultat final.

En réalité, le mot d'ordre de l'opposition de gauche réussit à faire descendre de quelques pourcents la participation pour obtenir une annulation du référendum sur un point technique. Le gouvernement Orbán aurait eu beau jeu de poser la question différemment pour forcer les pro-migrants à se mobiliser ("souhaitez-vous que la Hongrie accepte les quotas de migrants contre l'avis du Parlement?") ou déclarer que les éventuels camps d'accueil finissent installés en priorité dans les zones avec les plus forts taux d'abstention... Mais Viktor Orbán ne versa pas dans ces astuces, et c'est tout à son honneur.

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Viktor Orbán et son épouse prirent la peine de se déplacer...

N'en déplaise à nos amis les journalistes, non, on ne peut pas considérer qu'une question rejetée à 98% soit complètement ignorée, sur la base d'un taux de participation qui ferait rêver bien des pays occidentaux (et en particulier la Suisse). Si cet épisode hongrois nous apprend quelque chose, c'est qu'il est urgent que le pays revoie sa loi électorale et cesse de se méfier de la démocratie. Un référendum est une question posée directement au peuple ; chacun peut y prendre part, et il ne devrait pas y avoir pour un camp en présence, quelle qu'il soit, une "deuxième façon de l'emporter" en jouant sur la participation.

Il est trop tôt pour deviner comment la Hongrie donnera suite à cette affaire, mais il semble peu probable que sa conclusion rejoigne celle des médias. La première communication du gouvernement hongrois ne laisse guère de doute:

Bruxelles ne pourra pas imposer sa volonté à la Hongrie, a estimé le dirigeant conservateur dans une allocution, soulignant vouloir faire comprendre à Bruxelles qu'ils ne peuvent pas ignorer la volonté de 99,2% des électeurs. (...)

Bruxelles ou Budapest, telle était la question, et nous avons dit Budapest. Nous avons décidé que la question (migratoire) relevait de la juridiction de la Hongrie, [ajouta] M. Orban, soulignant vouloir proposer un changement constitutionnel pour refléter la volonté du peuple.


L'UE de M. Junker avait quant à elle décrété avant la tenue du référendum que celui-ci ne compterait pas à ses yeux, quel qu'en soit le résultat. Nouvelle crise en vue, donc, entre Bruxelles et Budapest.

Commentaires

Bonjour Monsieur Montabert en effet heureusement qu'il existe encore des dirigeants qui ne se laissent pas manipuler par ceux qui souffrent de déviances comportementales
Je pense en tout premier bien qu'il y en ait d'autres au syndrome de Munschausen
Car mettre en danger sa propre population en acceptant tout et n'importe quoi pour satisfaire à l'égo des autres comme l'UE revient à singer ce que nombre de parents ont fait vivre à leurs enfants espérant que ce soit les médecins qui soient accusés eux -même de maltraitance ou l'Etat lui même
Ce qui s'est fait inconsciemment à cette époque peut se comprendre mais plus de nos jours
A moins que tous ces blabla ne soient qu'une excuse pour occuper son temps à défaut de pouvoir travailler intelligemment puisque les technologies sont sensées remplacer les humains devenus juges et accusateurs sans se bouger de leur siège
Ah la gauche Bobo et ses Peter Pan ,quel monde de Ploucs en plus ils favorisent les conflits puisque l'UE veut accueillir tout le monde certains gouvernements ou mafias Africaines vont pouvoir continuer de se battre en toute légalité puisque l'UE est là pour résoudre les problèmes de pauvreté existant chez eux et qui vont en empirant depuis que le premier blanc s'y est intéressé et que d'autres par là suite les ont obligés à vivre comme en Europe n'oubliant pas au passage de s'enrichir grâce à l'écotourisme qu'ils leur font pratiquer pour leur faire croire à un monde idéal n'ayant jamais existé
Quel monde stupide ! on va finir par croire que les erreurs du passés sont certes lues mais pas analysées intelligemment afin de ne pas être répétées
Très belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovejoie | 03 octobre 2016

L'adhésion à l'UE n'avait pas non plus atteint les 50% et avec plus de vote contre ! le résultat était donc sans valeur? (L'adhésion est approuvée à 83,76 % de « oui » avec un taux de participation de 45,6 %)

Écrit par : gilles | 03 octobre 2016

Sans compter la magouille concernant ce taux de participation. Hier soir on
entendait sur la TSR moins de 40%. Une heure après sur Euronews c'était 45%.
Les chaines françaises passaient ce résultat en catimini!
Ce matin encore sur la TSR à 8h30 c'était 39...et quelques et à 9h. c'était 45% des résultats définitifs.
Une affaire du style de celle de l'Autriche. Dans quelques jours nous entendrons qu'il y a eu des manipulations dans les dépouillements !!!!

Un monde de pourris politico-journalistique auquel nous ne pouvons plus accorder aucun crédit!

Écrit par : Corélande | 03 octobre 2016

@gilles: Lors des 6 référendums passés depuis le changement de régime, la participation moyenne était de 41,89% aux référendums. L'adhésion à l'UE était valable parce qu'à l'époque cette règle des 50% de participation ne s'appliquait pas. Cette clause fut introduite en 2011 par le Fidesz, le parti de Viktor Orbán, sur la base d'une modification de la Constitution hongroise. Ce genre de clause n'a rien d'exclusif à la Hongrie et existe dans d'autres pays comme l'Italie.

A l'instar d'autres dispositions prises en même temps, la manœuvre visait au Fidesz à s'assurer une forme de résistance face à un éventuel renversement de majorité ; autrement dit, que les adversaires du parti ne puisse pas défaire, ou en tout cas pas aussi facilement, ce qu'il avait accompli. Le retour de flammes est donc mérité et j'espère que la leçon sera au moins apprise: on ne peut pas à la fois se méfier du peuple et en appeler à la démocratie...

@Corélande: je n'ai pas eu vent de manipulations dans les dépouillements, notamment parce que le résultat est sans ambiguïté. Jouer sur la participation impliquerait de frauder au niveau des listes électorales, quelque chose d'assez compliqué.

Je pense en revanche que les écarts de chiffres s'expliquent par une certaine confusion entre suffrages exprimés et suffrages valides. Certains partis (alliés pour l'occasion aux nihilistes du "chien à deux queues") avaient demandé à ce que leurs partisans votent nul, par exemple. Le taux de nuls a donc été bien plus élevé que d'habitude - 6,33% au lieu des 1 à 2% habituels. Selon qu'on les compte ou non dans la "participation" on arrive donc à deux taux assez différents.

Ces chiffres de 39% ou 45% relèvent selon moi d'interprétations différentes des chiffres officiels par les journalistes. Je ne sais pas quel est le calcul légal, mais dire que 45% des électeurs hongrois se sont rendus aux urnes reste une affirmation correcte.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 octobre 2016

C'est un échec cinglant. Beaucoup de moyen ont été utilisé pour convaincre la population de voter le referendum.

Il ne faut pas comparer avec le taux de participation en Suisse.
En Hongrie, on ne vote pas tout les jours. Le gouvernement a utilisé tous les moyens à sa disposition, journaux, télévision et radio.
Malgré le matraquage, il n'y a eu que 45% de votes, alors qu'il était attendu 60%. L'appel à ne pas voter a été un succès.

Les hongrois ne disent pas qu'ils souhaitent beaucoup de réfugiés, ils disent simplement, qu'ils ne veulent pas de décisions extrémistes basées sur le populisme.

Le referendum dans ce genre de système est aussi une mesure de la popularité d'un gouvernement, et visiblement il n'est pas au top.

Écrit par : motus | 03 octobre 2016

Quelle était la valeur légale de ce référendum?

Nulle d'après ce que j'ai cru comprendre et d'après "l'Europe".

Comment peut-on priver de valeur légale un résultat qui n'en avait aucune en premier lieu?

Écrit par : simple-touriste | 03 octobre 2016

Bof, je suis un peu à mi-distance entre vos commentaires et celui de motus. Le référendum est rendu inopérant par la fausse équivalence exploitée avec succès par l'opposition entre abstention et rejet. Il est clair qu'une large partie de la population hongroise est opposée aux quotas et que dans des conditions normales le non l'aurait emporté haut la main, mais Orban s'est mis en difficulté tout seul sur ce coup.

Les Hongrois sont matraqués en permanence et accusés d'être une nation de petits Hitlers afin que Juncker et ses compères aient la latitude nécessaire pour enfin écraser Orban sous leur botte. C'est assez pénible compte tenu de la situation économique médiocre du pays, et on peut comprendre que ça marche sur une proportion significative de l'électorat.

Maintenant il ne faut pas se leurrer. 45% de l'électorat hongrois vient de se déplacer pour envoyer Bruxelles se faire voir, et il faut être d'une malhonnêteté professionnelle pour refuser d'admettre dans quel sens pousse la population. Bruxelles peut bien aboyer. La situation se détériore rapidement, l'invasion migratoire est de plus en plus difficile à masquer pour ce qu'elle est, et l'Europe ne va plus pouvoir maintenir le couvercle sur la colère qui gronde bien longtemps.

Écrit par : Mandos | 04 octobre 2016

à motus (mais apparemment pas "bouche cousue")
Ça y est, le grand – je n'ai pas dit le gros – mot a été prononcé : populisme.
Qu'est-ce que le populisme ? Qu'est-ce qu'un populiste ?
En dehors d'être celui qui fait appel au peuple, qui le flatte (cf. le dictionnaire), c'est, pour ses détracteurs (aussi bien la gauche que la droite), celui qui fait appel à ses bas instincts.
Examinons maintenant quels sont ces bas instincts du peuple :
C’est essentiellement, dans le cas qui nous occupe, conserver sa culture, maintenir son mode de vie, éventuellement sa religion, vivre en sécurité.
C'est évidemment proche de l'esprit tribal de nos lointains ancêtres des cavernes ou de la savane. C'est, de fait, sa transposition moderne. Et, étant inscrit dans nos gènes. ce sont bien des instincts. Et la question devient : oui, ce sont des instincts, mais ces instincts sont-ils bas ? Que motus s'interroge, en toute lucidité et objectivité !
Maintenant, quel est l'opposé d'un populiste ?
C'est un progressiste ! Mot commode et bien pratique, imposé par la gauche. Car qui peut être contre le progrès, sous-entendu le progrès social. Ceux qui sont contre sont automatiquement rangés parmi les ringards, les combattants d’arrière-garde etc.
Le progressiste, souvent, n'a rien, ou pas grand-chose, et il veut tout partager. Quoi de plus normal ? Tout en étant souvent un bouffe-curé, il pratique et professe la générosité, celle du Christ. Généreux, ô combien ! mais avec l'argent des autres.
Dans une autre catégorie de progressiste, se situe le bobo (contraction de bourgeois bohème). Celui-là, en général, n'est pas dépourvu de biens terrestres. Sa générosité est de façade, c'est un hypocrite, ou bien quelqu'un qui ressent une culpabilité dans la possession, et qui veut, en quelque sorte, se dédouaner, se faire pardonner aux yeux des autres qui possèdent moins que lui.
Il y a aussi les nihilistes, qui vont rejoindre les rangs des progressistes. Ceux-là veulent détruire l'ordre ancien, l'ordre établi. Ils ont une revanche personnelle à prendre contre lui. Ceux-là feraient mieux de s’allonger sur le divan d’un psychologue ou d’un psychiatre, plutôt que de faire de la politique ou d’écrire dans des blogs conservateurs.
motus se reconnaitra…

Écrit par : AP34 | 04 octobre 2016

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