05 octobre 2016

La Deutsche Bank tousse, la finance s'enrhume

deutsche_bank_building.jpgSale temps pour la Deutsche Bank. Le premier établissement bancaire allemand est dans la tourmente - créant un "risque systémique qui effraye le monde financier" selon la RTS. Elle fait remonter les déboires de la banque à moins de trois semaines:

La crise actuelle a été déclenchée mi-septembre par la somme de 14 milliards de dollars réclamée par la justice américaine à la banque allemande pour solder un ancien litige aux États-Unis lié à la crise des subprimes.


Dans le même article, les journalistes précisent pourtant que le cours boursier de l'établissement a perdu la moitié de sa valeur depuis le début de l'année. Le phénomène est donc plus ancien. En fait, la banque perd des plumes depuis quasiment six ans:

deutsche_bank_cours_2003-2016.png

Après un rebond consécutif à la crise des subprimes, le parcours de la Deutsche Bank ressemble à une lente agonie.

Profits financiers, dette juridique

Après être tombée au fond du trou en 2009, l'action de la Deutsche Bank remonta jusqu'à un plus haut en 2010 mais n'a fait que descendre depuis. Pourquoi? Des erreurs dans la banque d'investissement, selon plusieurs analystes. Mais les pouvoirs publics ont aussi leur rôle.

En 1990, la banque chercha à grossir à travers des acquisitions. Elle acheta la banque britannique Morgan Grenfell en 1989 puis l'américaine Bankers Trust en 1999, ouvrant ainsi la voie dans la place new-yorkaise. Les affaires étaient profitables, mais risquées: avant la crise des subprimes, la banque opérait avec seulement 2% de fonds propres, une véritable danse sur le fil du rasoir.

Le management de la banque ne se contentait pas de bâtir une rentabilité financière aussi solide qu'un château de cartes ; l'attitude des dirigeants envers les lois fut pour le moins désinvolte. La banque fut ainsi condamnée en 2015 à une amende de 2,5 milliards de dollars pour avoir participé à une manipulation du taux interbancaire Libor aux États-Unis. Elle régla par ailleurs un accord négocié avec le régulateur des services financiers de New York (DFS) et la Réserve fédérale (Fed) pour cause de non-respect de l'embargo financier américain contre la Syrie et l'Iran. Elle est récemment accusée de faux comptes en Italie.

La récente amende en discussion, d'un montant présumé de 14 milliards de dollars, vient solder les responsabilités de la banque pour avoir vendu des crédits immobiliers à risque, les fameux subprimes menant à la crise de 2008.

Pendant des décennies, la Deutsche Bank multiplia les profits mais s'impliqua aussi dans de nombreux errements judiciaires qu'elle ne pouvait pas ignorer éternellement. L'addition se chiffre lourdement aujourd'hui.

Quand les règles prudentielles hâtent la chute

Tout cela pourrait peut-être se résumer à une simple question d'argent, ressource dont les grandes banques sont supposées disposer à profusion. Mais depuis 2008 et la crise, justement, les règles du jeu ont changé afin de prévenir l'impact des faillites bancaires. Elles ont un nom: Bâle III.

Les accords de Bâle prévoient une plus grande "résistance" des banques, notamment en exigeant davantage de fonds propres pour prémunir l'établissement contre tout mouvement de panique. Jérôme Legras, directeur de la recherche au sein de la société de gestion Axiom AI, explique:

"Deutsche Bank opérait avant la crise en 2007-2008 avec des fonds propres durs autour de 2%, alors qu'on demande aujourd'hui aux banques 12%. Quand on multiplie par six les exigences de fonds propres, ça fait dégringoler la rentabilité."


Malgré deux augmentations de capital en octobre 2010 et en juin 2014, les fonds propres de la Deutsche Bank continuèrent à s'étioler:

La banque d'investissement, qui générait encore 70% des profits de Deutsche Bank en 2007 selon le magazine Spiegel, est aujourd'hui "non rentable", ajoute Jérôme Legras, qui pointe le "tsunami réglementaire" qui a fait exploser ses coûts dans le sillage de la crise.


Aujourd'hui banque est à la recherche de nouveaux capitaux, et il en faudra - non seulement pour respecter la réglementation Bâle III, mais aussi pour solder les multiples amendes accumulées au cours des années de jouissance financière débridée...

Too big to save

Depuis des années, les taux d'intérêt des banques centrales ont diminué jusqu'à des montants nuls voire négatifs. Cela a considérablement affecté la rentabilité des banques et leur modèle d'affaire traditionnel. Comment réaliser des profits lorsque les intérêts sont au mieux symboliques? Toutes les banques de la place sont confrontées à ce défi. La Deutsche Bank choisit sans hésitation d'aller les chercher en bourse - avec les instruments financiers les plus risqués qui soient, options et produits dérivés.

Ayant bâti son nouveau modèle d'affaire sur la spéculation, il y eut quelque chose d'ironique à entendre le patron de la banque John Cryan accuser "certaines forces de marché" pour justifier la récente dégringolade du titre. "Je ne sais pas s'il faut rire ou pleurer de voir une banque qui a fait de la spéculation un modèle de développement venir maintenant se poser en victime de la spéculation", releva le ministre social-démocrate allemand Sigmar Gabriel, avant de fustiger la stratégie de "dirigeants irresponsables" de la banque.

L'image de l'arroseur arrosé est peut-être plaisante, mais n'apporte aucune solution. Éreintée par une semaine noire en bourse, la Deutsche Bank doit trouver une montagne d'argent frais. Les milliards d'amende infligés par les autorités américaines ressemblent à un coup de grâce.

Qui pourra lui venir en aide? Pas l'Allemagne, apparemment. Angela Merkel a exclu toute assistance, selon les nouveaux plans de sauvetage en vigueur dans l'UE au nom desquels les actionnaires et les créditeurs doivent passer à la caisse les premiers. "On ne peut pas changer les règles tous les six mois", a rappelé la Chancelière.

merkel_unhappy.jpgLa fermeté de la politicienne s'explique moins par le respect des règles diligentées par l'Allemagne que par l'impopularité de cette option auprès de l'opinion publique. Le parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) doit jusqu'à son existence à la protestation populaire contre les sauvetages bancaires - la crise des migrants ne vint que plus tard.

Compte tenu de l'ascendant de l'AfD dans les dernières élections, une capitulation du gouvernement Merkel sur le dossier de la Deutsche Bank signifierait sans aucun doute la fin de la carrière politique de la Chancelière. A moins de patienter jusqu'à sa réélection en 2017, mais la Deutsche Bank tiendra-t-elle jusque-là?

En réalité, quels que soient les plans élaborés en coulisses, il n'est même pas certain que Berlin ait les moyens de sauver la banque. La Deutsche Bank est huit fois plus grosse que Lehman Brothers. Et à quoi pourrait servir l'apport de capitaux si la lancinante question de la rentabilité de l'établissement n'est pas réglée?

Risque systémique

La Deutsche Bank appartient clairement au club des établissements too big to fail - et pourrait même appartenir à celui des too big to save. L'exposition de l'établissement aux produits dérivés se montait fin 2015 à hauteur de 46'000 milliards d'euros, soit plus de treize fois le PIB de l'Allemagne. Certains analystes évoquent aujourd'hui une exposition de trente-cinq fois le PIB de l'Allemagne.

Non seulement des fonds ont pris des positions pour protéger leurs intérêts face à un effondrement total du cours de l'action (via les Credit-Default-Swaps ou CDS), mais d'autres ont entrepris de transférer leurs avoirs ailleurs - une hémorragie financière aggravant encore la situation de la banque.

En l'état actuel, le destin de la Deutsche Bank semble scellé. Mais s'il y a quelque chose que le monde financier a bien compris depuis 2008, c'est que toutes les règles du jeu peuvent être changées si l'urgence le demande. Les options sur la table sont donc probablement plus nombreuses qu'on ne le pense.

Un nouveau fonds européen sera-t-il créé? Angela Merkel changera-t-elle son fusil d'épaule en impliquant directement l'Allemagne? Le salut viendra-t-il de la BCE au nom de la "stabilité"? Pour l'heure, nul ne le sait, mais le graphique des dépendances interbancaires montre que l'inaction ne sera sans doute pas l'option privilégiée.

systemic_risk_GSIBs.png
Schéma des dépendances entre les Banques Globales d'Importance Systémique
(cliquez pour agrandir)

 

Commentaires

Monsieur Montabert, votre avis sur ceci ?

https://youtu.be/iQsYvdAU69c?t=6m52s

Écrit par : Paul Bär | 06 octobre 2016

@Paul Bär: je n'ai pas réussi à regarder l'entier des 45 minutes tant cette émission manque de tenue, c'est assez désagréable. Il y a des fulgurances de vérité et beaucoup de n'importe quoi.

Je trouve assez grotesque les accusations sur "les Américains" (je crois que s'il y a connivence entre diverses élites c'est plus une question d'idéologie que de nationalité). Quant à la BNS, oui elle achète des actions Apple (et un paquet d'autres) mais ce n'est pas pour soutenir l'économie américaine, mais simplement les cours de la bourse en général et oui, évidemment, cela n'a rien à voir avec son mandat...

Maintenant je suis d'accord lorsque le type dit qu'il y a de grosses manipulations sur l'or physique et que l'utilisation de la planche à billet mène à la catastrophe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 octobre 2016

Oui, le ton peut être décousu, mais il en faut pour tous les goûts ;-)
Merci du commentaire.

Écrit par : Paul Bär | 06 octobre 2016

En effet, la chose pendait au nez de la Deutsche Bank depuis longtemps (voir ce commentaire de 2012: www.fimarkets.com/blog/2012/12/. Pour ce qui est des CDS, le Département du Trésor (sous l'administration Clinton) n'a pas voulu imposer la collatérisation des risques liés aux titres émis sur la base de crédits immobiliers. La politique de l'époque était à l'accès à la propriété pour tous et certains établissements bancaires ont fait de ces dettes des instruments financiers risqués. Comme ce n'était pas non plus leur métier, il a fallu mettre de l'ordre dans la profession. Ce qu'ont fait le Dodd-Frank Act et le Comité de Bâle. Et si ce résumé paraît simple, c'est beaucoup plus compliqué en réalité.

Écrit par : rabbit | 06 octobre 2016

«Oui, le ton peut être décousu, mais il en faut pour tous les goûts»

Hum… je vous trouve bien « pâle» Paul Bär, face à M’sieur Montaient...

«Je trouve assez grotesque les accusations sur "les Américains »»

Ben, voyons !

C’est que Jovanovic, c’est pas forcément le pote des fans de la mouvance «néo-conservatrice étasunienne». Rentrer dans le lard des Américains, ça fait pour eux très «théorie du complot». Même si les States sont la seule nation au monde à infliger à leurs amis, pseudo-alliés, des amendes outrageusement colossales, dans le seul but de les mettre à genoux «proprement» sans tout casser avec des missiles de croisière…

Et après faire un papier sur les misères de la Deutsche Bank... Pourquoi pas de VW, d'UBS, de CS, et des centaines d'autres pigeons de l'Oncle Sam.

Même si ces entreprises ont triché, pourquoi punir les CONS tribales d'un continent entier ?

Qu’ils essaient d’appliquer leurs méthodes aux Chinois, qui volent et piratent tous les brevets de la planète… Evidemment trop pleutres pour ça !

Écrit par : petard | 07 octobre 2016

Allons, allons ! Monsieur Petard, vous restez trop sous l'influence de Monsieur Géo, voire pire encore... Ne dites pas de mal des Chinois: avec les Britanniques, ils sont votre seule planche de salut dans le naufrage européen.

Écrit par : rabbit | 07 octobre 2016

Petard râle sur l'amende de la banque teutonne. Les Américains sont à l'évidence les plus pourris des pourris, mais les Allemands sont venu tricher avec leur banque chez eux. Comme les tarés d'UBS ou du CS, prière de ne pas l'oublier. Marcel Ospel voulait faire d'UBS la 1ère bank of USA. La grenouille qui voulait se faire aussi con que le boeuf et qui a réussi...
Rabbit y a fait allusion : la titrisation des dettes pourries a causé cette grande crise. Quelqu'un peut-il expliciter cette phrase : " le Département du Trésor (sous l'administration Clinton) n'a pas voulu imposer la collatérisation des risques liés aux titres émis sur la base de crédits immobiliers"
Spécialement : "n'a pas voulu imposer la collatérisation des risques"

Écrit par : Géo | 07 octobre 2016

Cher Pétard, à chaque endroit son style.
On ne manoeuvre pas des unités régulières de la même façon que des partisans sans uniforme ;-)

Écrit par : Paul Bär | 07 octobre 2016

C'est imposer le dépôt d'une garantie, si la position nette du titre dépasse le montant du sous-jacent, qui est un crédit immobilier. Pour les CDS, l'opération consiste à transférer un risque sur un crédit sans transférer l'actif; alors que pour les REPOs, il y avait vente au comptant d'un titre, suivi de son rachat à une date et à un prix convenu d'avance. Les REPOs on commencé à vaciller en 2007 déjà. Vous voilà rassuré, Géo ?

Écrit par : rabbit | 07 octobre 2016

«Petard râle sur l'amende de la banque teutonne», etc....

Je ne prends pas la défense des banques qui se sont fait épingler. Le problème c'est que... et les Américains le savent -, les vrais coupables ne seront pas poursuivis et ne paieront pas un centime. Mieux, ils encaissent encore des bonus !

Ce sont les consommateurs, les petits épargnants et les citoyens lambdas qui paient les additions des errements de leurs banques.

Et quand une banque, ou telle autre entreprise met la clé sous la porte, ce ne sont pas ses dirigeants et employés que je pleure, mais le désarroi de tous ces clients floués et entubés jusqu'au trognon. Tous ces parasites qui s'accaparent l'argent des autres pour jouer aux plus malins, ne méritent rien d'autre que le sort de Madoff.

Écrit par : petard | 07 octobre 2016

@petard: "[Les] States sont la seule nation au monde à infliger à leurs amis, pseudo-alliés, des amendes outrageusement colossales, dans le seul but de les mettre à genoux «proprement» sans tout casser avec des missiles de croisière…"

Je vous rappelle incidemment que la Commission Européenne a décidé d'infliger une amende record de 13 milliards d’euros à Apple sur une base plus que contestable (rétroactive et empiétant sur la souveraineté fiscale de l'Irlande). Le dossier est bien moins défendable que les manquements en responsabilité dans la crise des subprimes.

En revanche, tout à fait d'accord avec votre dernier commentaire. La notion de personne juridique permet trop souvent d'agir comme écran de fumée permettant aux responsables d'encaisser leurs bonus et de partir en laissant aux autres le soin de régler l'addition. Il faudrait poursuivre systématiquement les dirigeants impliqués à titre individuel, mais c'est long et compliqué et tellement moins rentable que de mettre une entité collective à l'amende! Notons, là encore, que cette approche est plaidée par les autorités américaines.

@Géo: "Les Américains sont à l'évidence les plus pourris des pourris, mais les Allemands sont venu tricher avec leur banque chez eux."

Standards & Poors: amende de 1,37 milliards de dollars
Credit Suisse: accord judiciaire contre une amende de 885 millions de dollars
RBS: accord judiciaire partiel contre une amende de 1,1 milliard de dollars
Goldman Sachs: amende de 5,1 milliards de dollars
Bank of America: amende de 40 milliards de dollars (!)

Je ne vais pas vous faire tout l'inventaire et je vous laisse retrouver quelle est la nationalité de chaque établissement mentionné ci-dessus...

Les États-Unis ne sont pas plus "méchants" avec les entreprises étrangères qu'avec les leurs. Ils sont en revanche bien plus sévères que le reste du monde - 30 fois plus sévères, pour être exact. Et ce n'est pas moi qui le dit mais Le Monde...

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/16/amendes-des-banques-l-ardoise-des-subprimes-n-en-finit-pas-d-augmenter_4999090_4355770.html#4bjzW4XPCIF8kfFJ.99

On voit la nuance entre eux et la, disons, "souplesse" d'autres juridictions face à des manquements et des fraudes.

Je doute que ce commentaire suffise à vous faire changer d'avis sur quoi que ce soit mais les personnes intéressées pourront toujours suivre les liens pour examiner les chiffres eux-mêmes.

Remarquez, d'autres pays essaient, mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment motivé par des questions de justice...
http://www.businessinsider.com/chad-exxon-mobil-74-billion-fine-2016-10

Écrit par : Stéphane Montabert | 07 octobre 2016

«Les États-Unis ne sont pas plus "méchants" avec les banques étrangères qu'avec les leurs.»

«je vous laisse retrouver quelle est la nationalité de chaque établissement mentionné ci-dessus…»

Mais on en revient toujours aux mêmes: ce sont les épargnants et les clients qui paient les pots cassés. Tous les clients des banques américaines ne sont pas forcément Américains. Tous ces produits dérivés et fonds de pension qui naviguent d’une banque à l’autre, d’une place financière à l’autre…

Comment voulez-vous q’un retraité suisse, ou d’où vous voulez, sache où se trouve son argent, où s’il s’est déjà volatilisé ? Simplement un jour on lui dira: «Le fonds est en découvert de 40%…», désolé, c'est le marché !

Écrit par : petard | 07 octobre 2016

En Chine, on dit qu'il faut distinguer entre les petits voyous et les grands gangsters. Mais face aux financiers véreux et aux Etats kleptocrates, il est difficile de distinguer qui est quoi sur l'ensemble de la planète.

Écrit par : rabbit | 07 octobre 2016

"Il faudrait poursuivre systématiquement les dirigeants impliqués à titre individuel" L'argument-clé, c'est qu'on ne peut poursuivre pénalement l'incompétence. Le "meilleur banquier de Suisse" peut continuer de jouir tranquillement de sa retraite....

"Les États-Unis ne sont pas plus "méchants" avec les entreprises étrangères qu'avec les leurs." Mais eux, ils ont abattu le secret bancaire partout où ils ont pu et le Delaware continue ses petites affaires. C'est en ce sens que je les vois "les plus pourris des pourris"...

rabbit@ Je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai tout compris mais merci...

Écrit par : Géo | 08 octobre 2016

Désolé Géo, j'ai fait de mon mieux. Je ne suis moi-même qu'un néophyte ayant récemment suivi le cours "Financial Markets", de Yale. Mais je peux vous envoyer le script du cours si vous voulez débattre avec Stéphane Garelli.

Écrit par : rabbit | 08 octobre 2016

Monsieur Montabert,

- « La crise actuelle a été déclenchée mi-septembre par la somme de 14 milliards de dollars réclamée par la justice américaine à la banque allemande pour solder un ancien litige aux États-Unis lié à la crise des subprimes. »

- « Un nouveau fonds européen sera-t-il créé? »

Pourquoi des fonds européens devraient-ils solder un litige,

... en dollars,
... par la justice américaine,
... aux Etats-Unis,
... causé par une autre crise, ... des subprimes,
... américaine,
... causée par des _personne morales_ américaines,
... aux Etats-Unis,
... justement pour créé des litiges,
... entre des _personnes morales_ américaines,
... et des _personnes physiques_ américaines, ou résidant aux Etats-Unis,
... pour confisquer la propriété de personnes physiques aux Etats-Unis sans dollars,
... pour essayer de les revendre à des personnes avec des dollars,
... pour faire du profit en dollars,
... aux Etats-Unis,
... qui sera redistribué à des personnes physiques et morales,
... aux Etats-Unis,
... dans les faveurs du gouvernement des Etats-Unis ?

Une facture de 14 milliards de dollars US ? Mais, yaka!

Que la justice américaine liquide donc les actifs américains de la Deutsche Bank, et qu'elle OSE condamner la Deutsche Bank à ne plus avoir le droit de "commercer" aux Etats-Unis, histoire de prouver encore plus sa foi (plus vite ? plus fort ? plus loin ?) dans le dollar, le capital, et le travail, et dans l'American Way of Life économique, à défaut d'apporter une quelconque autre valeur ajoutée aux sociétés européennes pour le prix de seulement 14 milliards de dollars ... de plus.

Il semblerait que les Etats-Unis confondent de plus en plus, ... libre circulation des capitaux, et ... libre confiscation, ... surtout par eux, ... à défaut d'avoir des meilleurs idées.

Écrit par : Chuck Jones | 08 octobre 2016

Petit apparté sur la question américaine qui à l'évidence "clive", comme disent les incultes des merdias.

J'ai fait toute mon armée sur la fin de la Guerre froide, avec l'URSS comme ennemi évident. Ce qui me paraissait, à moi aussi, ........... évident.

A l'époque, j'aurais difficilement imaginé que près de trente ans plus tard, ce serait les USA qui me feraient peur et que je verrais le bloc russe comme une puissance positive, dont je me sentirais antropologiquement proche.

https://francais.rt.com/international/27292-guerre-etats-unis-russie

Et je dis cela, évidemment, vu de droite et sans animosité pour les Euro-américains, dont j'espère qu'ils arriveront eux-aussi un jour à se libérer de leur "état profond"...

Écrit par : Paul Bär | 08 octobre 2016

"c'est qu'on ne peut poursuivre pénalement l'incompétence."

L'incompétence à plus de 10000 balles par mois, c'est spécial.

Si le mec n'avait aucune compétence requise, qu'il rembourse le trop perçu, c'est à dire tout ce qui est au dessus du RMI.

Écrit par : simple-touriste | 08 octobre 2016

Les USA sont une grande machine militaire et judiciaire qui a un besoin permanent d'argent. Lorsqu'on voyage à travers le pays, on est amené à constater qu'une très grande majorité des habitants n'est pas aussi riche que dans les séries télé. Un pays construit sur des apparences.

Écrit par : rabbit | 09 octobre 2016

P.-S.: comme toutes les anciennes colonies...

Écrit par : rabbit | 10 octobre 2016

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