17 octobre 2016

François Hollande, président perdu

La publication du dernier livre en date sur François Hollande - "Un président ne devrait pas dire ça..." - suscite la dernière tempête médiatique autour de la personnalité du Président, et peut-être la dernière de sa carrière tout court.

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Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, ont rencontré François Hollande 61 fois ces dernières années. Ils en ont composé ce qu'ils considèrent comme un "audit" de son quinquennat - pas une défense de François Hollande, ni un réquisitoire. Le livre laisse d'ailleurs la parole à d'autres proches du pouvoir, comme Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Jean-Pierre Jouyet, Bernard Cazeneuve, et même l'ennemi de toujours Nicolas Sarkozy. Mais les journalistes ne sont pas tendres avec M. Hollande, avouant qu'il a "du mal à se remettre en cause".

"Il a le sentiment que ce qu'il fait est bien, mais qu'on ne le comprend pas. C'est à moitié vrai, car il communique de façon catastrophique. Et il a donné le fouet pour se faire battre à plusieurs reprises, notamment sur l'épisode Leonarda. Mais tout de suite il répond: 'oui, mais j'ai été obligé…' Gérard Davet confirme: "Il ne confesse jamais une erreur et rejette assez souvent la faute sur les autres".


Mais le style de communication n'est pas tout. François Hollande aime le pouvoir, ne le partage pas, et décoche ses flèches assassines. "François Hollande aura inauguré un genre particulier d'exercice du pouvoir : agir en se racontant agir", résume Le Point en listant quelques-uns des meilleurs traits, à moins que ce ne soient les pires...

  • Autosatisfaction: "Quand je regarde rétrospectivement, je me dis, finalement, c'était logique. Qui était le meilleur dans cette génération ? Qui avait anticipé ? Au-delà des aléas de la vie, il y avait sans doute une logique qui m'a conduit là. Il n'y a pas que du hasard."
  • Ségolène Royal: "Le politique du couple, c'était moi, les enfants l'avaient compris."
  • Jean-Marc Ayrault: "Il est tellement loyal qu'il est inaudible."
  • Nicolas Sarkozy: "C'est le petit de Gaulle. On a eu Napoléon le petit, eh bien, là, ce serait de Gaulle le petit." "Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent ? [...] Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi ? [...] L'argent est toujours l'argent ! C'est ça qui est étonnant." "Moi, président de la République, je n'ai jamais été mis en examen. [...] Je n'ai jamais espionné un juge, je n'ai jamais rien demandé à un juge, je n'ai jamais été financé par la Libye."
  • Les Verts: "des cyniques et des emmerdeurs."
  • La justice: "Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique... "

Et au-delà de ces petites phrases fielleuses, d'autres plus problématique sur la Grèce - qui aurait "demandé" à la Russie d'imprimer des Drachmes parce qu'elle n'avait plus les moyens techniques de le faire, en pleine crise de l'euro. Vraies ou fausses, elles posent sérieusement la question de la capacité du Président à ne pas lâcher des informations qui devraient rester secrètes, quand les sujets relèvent plus de la diplomatie que de la bienséance.

Même en termes de communication, François Hollande ne contrôle plus rien. Il affirme dans le livre que Valérie Trierweiler, une "femme blessée", a inventé cette histoire de sans-dents ; s'ensuit une passe d'arme par médias interposés qui se termine par une défaite. Oui, il l'a bien dit, preuve à l'appui. Il s'aliène les magistrats, signe de sa prochaine promotion sur un futur "Mur des Cons" ; il essaye de placer maladroitement des remerciements à la justice dans son discours de cérémonie pour les victimes de l'attentat de Nice.

Mais pourquoi, pour commencer, s'être autant confié à des journalistes? La profession qui, entre toutes, est la moins bien placée pour garder des secrets? Les deux auteurs du livre ont leur idée sur la question:

Fabrice Lhomme ne parle pas de connivence mais confirme que le chef de l'État "ne cesse de rencontrer des journalistes". "Je pense qu'il en fait trop. Il voit trop de journalistes. Il est obsédé par la presse, parce que va écrire tel journal, ce que va révéler telle radio, ce qu'il va voir à la télé. Et ça l'empêche de prendre de la hauteur". Et Gérard Davet de nous apprendre que "quand François Hollande part en vacances, il emmène avec lui les archives du Monde. Il découpe des articles du monde, les emmène, et les lis au bord de la piscine pendant ses vacances".

"Il y a une forme d'insouciance revendiquée chez François Hollande. Il est très naïf."


François Hollande prend davantage de précautions désormais, bien qu'il soit trop tard, beaucoup trop tard. Reste une ultime question en suspens: pourquoi deux journalistes du Monde, si proches des confidences du Chef de l’État en exercice, choisissent-ils aujourd'hui d'étaler tous ces secrets en place publique, pulvérisant une relation de confiance longuement bâtie?

La réponse est malheureusement évidente - parce que c'était la seule chose à faire. Comme d'innombrables observateurs de la vie politique française, Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont compris que François Hollande n'a pas l'ombre d'une chance d'une réélection en 2017. Plus rien ne pourra sauver sa candidature. Personne ne le voit plus au second tour, à supposer qu'il se lance.

Bien que de gauche, nos deux journalistes ont donc adopté la seule attitude économiquement viable: tirer profit des secrets du Président socialiste pendant qu'ils valent encore quelque chose. Ils l'ont déçu, certes, mas craignent peu son courroux. François Hollande disparaîtra des écrans radars en 2017, vraisemblablement pour toujours.

Commentaires

Sans doute n'Est-ce pas son souci majeure ! tandis que tous les regards s'attardent sur lui d'autres tirent les marrons du feu et peuvent en toute tranquillité loin des regards des anti en tous sens et genre construire un gigantesque pont ou autre édifice qui pourrait selon eux détruire un paysage quelconque
ce qui est aussi un paradoxe car tous ceux qui refusent l'étendue de nouveautés qui pourrait selon eux déparer à la beauté des paysages sont les premiers à vouloir aller toujours plus vite et avec plus d'argent
Et tandis que tous les regards sont tournés vers l'Elysée les canalisations continuent à s'embourber pour inonder les caves d'ici le printemps prochain
En l'occurrence qui est le plus cynique des deux le Peuple Français ou son Président ?

Écrit par : lovejoie | 18 octobre 2016

Ces propos de Hollande, révélés durant son exercice – j’allais écrire : de son vivant – ne traduisent sans doute pas ce qu'on attend d'un Président de la République française. Certes. N'empêche que j'approuve l'essentiel de ses propos, et bcp de Français probablement aussi. Mais pas l'Establishment politico-médiatique, ce monstre qui n’est pas différent de celui auquel se heurte Trump outre-Atlantique.
Ce disant, je fais l’hypothèse que, pour une fois de la part de Hollande, ce n’est pas de la langue de bois, mais que ses propos traduisent vraiment sa pensée.
Sur le sujet qui, pour moi, est le plus important pour l’avenir à moyen et long terme de la France : l’immigration et l’islam, voilà ce qu’il dit :
1) « Quand on lit Finkielkraut, Zemmour, Houellebecq, qu’est-ce que ça charrie ? Toujours la même chose : la chrétienté, l’histoire, l’identité face à un monde arabo-musulman qui vient… C’est ça qui fait que les gens basculent, ce n’est pas parce qu’ils ont perdu 3% de pouvoir d’achat – qu’ils n’ont pas perdu d’ailleurs ! – ou parce qu’ils sont chômeurs. Il y a des choses qui les taraudent, ils arrivent dans un train, ils voient des barbus, des gens qui lisent le Coran, des femmes voilées… »
2) « Il y a à la fois des choses qui marchent très bien et l’accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue. Parce que ça continue. »
3) À propos de Nadine Morano : « Je suis convaincu que, quand on interroge les Français, ils sont majoritairement sur sa position… Ils pensent : “On est plutôt des Blancs, il y a plus de Blancs que d’autres”. »
4) À propos de l’équipe de France de football : « Elle est en proie à une « communautarisation, une segmentation, une ethnicisation. »
5) « Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là. » « C’est Sisyphe ! On les fait parler français, et puis arrive un autre groupe, et il faut tout recommencer. Ça ne s’arrête jamais… Donc, il faut à un moment que ça s’arrête. »
6) « Qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute. »
7) À propos du voile : « Un asservissement. »
8) À propos des migrants : « On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle, dans le contexte en plus des attentats. »
9) Hypothèse osée à propos d’une partition du territoire : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. »

100% d’accord avec lui !

Reste la question centrale : s’il voit aussi clairement le problème de l’immigration massive et de l’islamisation galopante de la France, pourquoi, durant son mandat, les a-t-il tous deux favorisées ? Et ceci contre ses convictions personnelles !
Là les auteurs du livre ne disent rien – aucun de leurs interviewers ne pose d’ailleurs la question, alors que c’est la seule qui vaille vraiment.
Je tente qq réponses :
i) Opportunisme, il va dans le sens du vent : ce vent s’appelle Merkel, les médias, la gauche en général (sa clientèle).
ii) Il est ligoté. La France est très endettée, elle est vendue aux fonds souverains du golfe, quataris en particulier, on ne peut pas les mécontenter, pas même leur faire froncer les sourcils.
iii) C’est un plan mondial, cf. Kallergi (pour ceux qui ignorent ce plan, voir ce nom sur Google). C’est le Nouvel Ordre Mondial, l’utopie du mélange et du métissage des peuples, de la suppression des cultures, l’ère du vivre-ensemble, la disparition des nations.
Nul gouvernement, nul pays ne peuvent s’y soustraire, sauf à devenir la Corée du Nord.
On verra d’ailleurs combien de temps les anciens pays de l’Est (Hongrie, Tchéquie, Pologne…) vont résister à la pression unanime du reste de l’Europe.

Je lirai avec grand intérêt toutes suggestions des contributeurs de ce blog.

Écrit par : AP34 | 18 octobre 2016

@AP34: nous n'aurons jamais la réponse, mais je m'en remettrai à la parole de ce bon Jean-François Revel: on ne peut pas être à la fois intelligent, honnête et socialiste, deux de ces qualités excluent la troisième.

A mon avis, Hollande est intelligent et profondément socialiste, mais définitivement pas honnête. Sa malhonnêteté prend d'autres chemins que celle de Sarkozy ou Mitterrand, elle est moins monétaire qu'idéologique, et se traduit par un profond manque de sincérité, et de volonté d'agir.

S'il s'était livré au "parler vrai" sur l'islam - à supposer qu'il ait eu ces opinions avant 2012, ce qui n'est pas certain - il n'aurait tout simplement jamais été adoubé par les socialistes comme premier secrétaire, candidat à la présidentielle, ou quoi que ce soit. Il n'aurait jamais été soutenu par la presse bien-pensante. Sa carrière se serait arrêtée net.

Hollande a peut-être des opinions, mais pas de convictions, et en bon socialiste il est prêt à tout compromettre pour atteindre le pouvoir, perçu comme un but et non un moyen. C'est pour cela d'ailleurs que François Hollande a si peu fait de significatif durant son mandat. Il n'a jamais eu l'intention de gouverner, de faire de grandes réformes, de trancher - seulement de jouir du pouvoir et de viser, dans la mesure de ses moyens, à préparer sa réélection en 2017.

Cette propension à ne jamais vraiment prendre de décision a été la marque d'innombrables "plantages" de la fonction présidentielle dans les cinq ans passés, depuis ses histoires de maîtresses jusqu'à l'affaire Leonarda.

C'est pour cela que les opinions de Hollande comptent finalement peu: elles ne guident pas son (in)action.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 octobre 2016

Il faut échantillonner tout ça pour valider vos hypothèses: isoler et quantifier les données, les traiter, interpréter les résultats, puis les présenter d'une façon compréhensible. Mais si l'on a affaire à un président adepte de la théologie négative, en affirmant que gouverner ce n'est ni ceci, ni cela, on va fatalement arriver à cardiogramme politique très plat. Vous me suivez ?

Écrit par : rabbit | 19 octobre 2016

à S. Montabert :
Donc, pour vous, c’est ma réponse i (cf. mon post plus haut) : Hollande est un opportuniste !
De là, on peut effectivement en déduire ce que vous écrivez.
Ok !
N'empêche qu'il y a forcément aussi du vrai dans mes réponses i et ii : endettement et plan mondial. En ce qui concerne ce plan, n’oublions pas que Merkel a eu le prix Kalergi en 2010 et Junker en 2014. Ce n’est quand même pas pour rien !
D'ailleurs, comme tous les dirigeants européens (à part ceux des pays de l'Est et peut-être Theresa May), et également ceux outre-Atlantique, Obama, H. Clinton et aussi Justin Trudeau, comme tous ces dirigeants, disais-je, sont sur la même ligne, on peut se poser les mêmes questions à leur endroit. Peut-être eux croient-ils sincèrement œuvrer pour le bien de leur pays et de leur peuple ? Intelligence + honnêteté + idéologie ?
Cette ligne c’est la poursuite et même l’accélération (cf. la crise complètement fabriquée des migrants) de l’immigration massive et de l’islamisation (pléonasme), avec en sus l'hispanisation pour les US (bcp de criminels parmi les mexicanos, mais pas de musulmans, c'est déjà ça !).

Écrit par : AP34 | 19 octobre 2016

"100% d’accord avec lui !" Et moi, 100% d'accord avec AP34, et passablement avec S.Montabert.
"il n'aurait tout simplement jamais été adoubé par les socialistes comme premier secrétaire, candidat à la présidentielle"
C'est le premier problème des socialistes français : ils en sont encore à l'affrontement entre anti-capitalistes primaires et sociaux-démocrates. Hollande s'est fait élire (moi président, etc...) sur un programme d'extrême-gauche, ce qui est effectivement la preuve d'une grande malhonnêteté...intellectuelle.

Et à propos d'honnêteté intellectuelle :
"et en bon socialiste il est prêt à tout compromettre pour atteindre le pouvoir, perçu comme un but et non un moyen"

Reconnaissons que cette définition est valable pour tous les candidats de tous les partis...

Écrit par : Géo | 19 octobre 2016

@AP34: "Peut-être eux croient-ils sincèrement œuvrer pour le bien de leur pays et de leur peuple ? Intelligence + honnêteté + idéologie ?"

Il est difficile de dire ce qui relève d'une idéologie dévoyée et d'une intoxication de l'entourage, car ces gens sont perpétuellement entourés de bénis-oui-oui et coupés du monde réel. Cependant les "confidences" de Hollande montrent qu'il a tout de même quelques opinions contraires, mais il les cache, non seulement parce que son camp le réclame, mais aussi parce qu'en les affichant il n'aurait jamais bénéficié du vote musulman par exemple.

Les lauréats du prix Kalergi sont adoubés par leurs pairs, c'est le prix du conformisme à l'idéologie dominante. Si ces gens doutent peut-être discrètement de la justesse de leur cause, au moins à court terme, il n'en reste pas moins que leur attitude est un puissant outil à leur service, ou en tout cas l'a été jusqu'ici.

N'oubliez pas que même aujourd'hui, pour toutes les personnes écœurées de la crise des migrants, vous avez tout autant de fonctionnaires et de sous-traitants qui en profitent directement, financièrement parlant, et deviennent ainsi que leurs familles des soutiens électoraux motivés pour que la situation perdure et empire.

En attirant les migrants (sans compter leurs diaspora, puis plus tard le droit de vote etc.) et en s'occupant d'eux avec des fonctionnaires, des prestataires et des sous-traitants, ils se créent une puissante clientèle électorale. Ne reste plus qu'à noyauter les contestataires à travers des stratégies de diabolisation, de division et de culpabilisation et le maintien au pouvoir est garanti.

La faute de Hollande est de s'être fait détester trop profondément, ce qui offrira probablement sur un plateau l'élection 2017 à quelqu'un d'autre - mais à "Ali" Juppé, un autre partisan de l'islam et de l'ouverture des frontières aux quatre vents, et non à Marine Le Pen. C'est là où on peut mesurer le niveau d'abrutissement de l'électeur moyen.

@Géo: "cette définition est valable pour tous les candidats de tous les partis". Je ne crois pas non, et je pense que la politique gagnerait grandement en qualité si le corps électoral faisait l'effort de trier le bon grain de l'ivraie.

Votre cynisme habituel vous fait descendre en flammes toute la classe politique, mais à travers le temps il reste des individus qui privilégient les valeurs au pouvoir, qu'on soit d'accord ou pas avec eux - de Margaret Thatcher à Jean-Marie Le Pen.

Pour la Suisse, la différence entre un Christophe Darbellay et un Christoph Blocher est perceptible à l’œil nu.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 octobre 2016

« […] prêt à tout compromettre pour atteindre le pouvoir, perçu comme un but et non un moyen»

D’accord avec Géo, à la nuance de ne pas mettre tout le monde à la même pompe: qu’il y ait un grand nombre de politiciens, avides de pomper le pouvoir, c’est certain; mais espérons qu’il y a quand-même quelques bipèdes à la pompe qui ne sont pas pourris jusqu’à la moëlle. J’ajouterais que ce qui est valable pour les politiciens pompeurs, l’est aussi pour les pompeurs d’autres disciplines: flics, magistrats, etc.


« il vaut mieux pomper des voix aux adversaires même si elles ne sont pas des voix amies, que risquer de perdre une élection en ne pompant pas les voix des adversaires.»

Proverbe ...de l'udc agrarienne-patricienne vaudoise (notamment, aussi..)

Écrit par : petard | 19 octobre 2016

Imaginez un supermarché dans lequel on lâche des enfants chargés de faire des achats de nourriture pour plusieurs jours. Tous n’ont pas la même somme d’argent au départ et tous ne savent pas lire. Heureusement, quelques employés adultes du magasin se croisent dans les allées et peuvent renseigner les jeunes clients. A certains rayons, des gens formés par les industriels de l’alimentation sont aussi là pour promouvoir leurs articles. C’est à la caisse que tout se joue : les achats ont-ils été impulsifs ou rationnels ? Les réserves sont-elles suffisantes jusqu’au prochain passage ? Le choix des articles est-il judicieux par rapport aux besoins de chacun ? etc. Si cette description est trop éloignée de la vie politique dans les démocraties occidentales, n’hésitez pas à me corriger.

Écrit par : rabbit | 19 octobre 2016

"il reste des individus qui privilégient les valeurs au pouvoir, qu'on soit d'accord ou pas avec eux - de Margaret Thatcher à Jean-Marie Le Pen."
Certes, mais ils ont d'autres défauts. On n'oublie pas que vous êtes pro-Trump. Pour ma part, je suis contre Hilary, Trump et les Américains en général (dont le but est de mettre le plus de chaos chez nous, cela me paraît évident).

Écrit par : Géo | 19 octobre 2016

En réfléchissant davantage à l'entretien confession de Hollande, je crois comprendre ce qu'il a voulu faire. Et à cet égard, il était important que le livre sorte avant les primaires, aussi bien celles de la droite que celles de la gauche. D’ailleurs, il me paraît évident que le timing était calculé, qu’il avait son plein accord, rien à voir avec une quelconque trahison des journalistes.
Il a voulu jeter un pavé dans la mare aux canards, montrer que, pieds et poings liés par ses maîtres : les pays du golfe, Obama, sa gauche, à laquelle il a tout promis pour être élu, mais qu'il a reniée – ses promesses étaient intenables, il le savait probablement au départ –, il était malgré tout parfaitement conscient des problèmes réels du pays.
Il a révélé le pot aux roses, il a vendu la mèche, il a donné le coup de pied de l’âne – notre langue est riche ! –, et ainsi prouvé que la classe politico-médiatique n'est pas aveugle, qu’elle est au contraire parfaitement renseignée – normal qu’elle ait de meilleurs renseignements que le pékin moyen –, mais qu'elle est hypocrite, qu'elle cache sciemment la vérité au peuple, parce qu'elle vit de sa fausseté, de ses prébendes, en bref : du système.
Normalement, cette classe politico-médiatique devrait maintenant tomber le masque.
Mais j'en doute ! Elle va se dépêcher d'enterrer le livre, d’oublier le sujet, sinon Hollande lui-même. Il n'y a pas loin avant que l'on dise que l’individu est un déséquilibré, un suicidaire.
N'empêche qu'il est le premier politicien majeur à dire la VÉRITÉ, et en ce sens il aura peut-être rendu un immense service à son peuple, qui a maintenant tout en main pour se réveiller complètement. Mais j’en doute aussi.
Si tous les Français faisaient la même analyse que moi, alors il aurait des chances de remporter la primaire de la droite. Mais bien sûr, il ne s’y présentera pas, les choses sont ainsi faites que c’est impossible.

Écrit par : AP34 | 20 octobre 2016

@AP34: Seriez-vous en train de nous faire un syndrome de Stockholm à l'envers?

"D’ailleurs, il me paraît évident que le timing était calculé, qu’il avait son plein accord, rien à voir avec une quelconque trahison des journalistes."

Non, François Hollande était apparemment "très inquiet" de la parution du livre, mais n'avais pas les moyens de l'empêcher. D'ailleurs, quant à ceux qui clament qu'il "n'aurait pas vraiment dit cela", il faut savoir que les deux journalistes disposent de l'intégralité des enregistrements retranscrits dans le livre. Ce n'est pas du "off" récolté à l'insu du Président.

"N'empêche qu'il est le premier politicien majeur à dire la VÉRITÉ, et en ce sens il aura peut-être rendu un immense service à son peuple, qui a maintenant tout en main pour se réveiller complètement"

Si Hollande était à moitié aussi fin que vous le supposez, il ne caracolerait pas en dernière position des sondages avec une dizaine de pourcents d'opinions favorables. Il aurait endormi les gens pour mieux les réveiller?

Il a confié sa vérité et ses bons mots à des journalistes pour se les mettre dans la poche et se faire mousser, pendant cinq ans, sans savoir que ceux-ci finiraient par en faire un livre, et se retrouve une fois de plus le dindon de la farce.

Citant un internaute par ailleurs:

"Ce qui est fascinant, c’est que depuis bientôt 5 ans, journalistes, commentateurs et politiques s’escriment à voir dans les agissements de Hollande des tactiques sophistiqués, billard à 12 bandes et autres plans machiavéliques, là où il n’y a qu’incompétence d’un être totalement dépassé par sa fonction. Comme s’il fallait qu’un président de la république ne puisse pas être autre chose qu’un être exceptionnel puisqu’il a été oint du suffrage universel. Un médiocre, même élu, reste un médiocre. Comme dirait l’axiome de (Alain) Madelin : Entre le machiavélisme et la connerie, choisissez toujours la connerie…"

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 octobre 2016

"N'empêche qu'il est le premier politicien majeur à dire la VÉRITÉ, et en ce sens il aura peut-être rendu un immense service à son peuple"
Oui, en somme dans cette histoire, c'est le roi qui dit à son peuple qu'il est nu ?

Écrit par : Géo | 20 octobre 2016

Je dirai même plus: dans son livre "Droit d’inventaire" (Seuil, 2009), François Hollande a prévenu tout le monde que le «socialisme navigue à vue». On n'a pas affaire à de la naïveté, mais à une forme de bêtise consciente d'elle-même, ce qui est la seule intelligence capable de lutter contre la bêtise ambiante.

A part ça, je suis content de voir citer Alain Madelin. Ancien d'Occident (avec Gérard Longuet et Patrick Devedjian) passé au libéralisme politique et économique. Je lui dois ma conversion dans cette voie.

Écrit par : rabbit | 20 octobre 2016

à S. Montabert :
Peu importe que Hollande ait dit ce qu'il a dit pour faire des bons mots, se mettre ces journalistes dans la poche, comme vous dites – pas sûr, d’ailleurs, car ceux-là, comme presque tous les journalistes des grands médias, sont très certainement de gauche et n'ont pas dû apprécier les propos. L'essentiel est qu'il l'ait dit, s'il avait parlé en dormant, ce serait du pareil au même.
Effectivement, à la parution du livre, il s'est défendu, il a paru surpris, il a minimisé, tout cela probablement à cause des réactions unanimes qu'il avait probablement sous-estimées, et qu’il devait tenter de désamorcer.
Mais de penser que ce livre l'ait pris au dépourvu, je n’y crois pas, là c'est probablement le prendre pour plus naïf qu'il n'est. Il n’est vraisemblablement pas un génie, mais il n’est pas non plus un idiot. Un idiot n’aurait pas son curriculum.
Tout ça sonne comme un testament politique, il savait qu'il n'avait, même avant ces confessions, aucune chance d'être réélu, peut-être même aucune chance de remporter la primaire.
Je me répète : les journalistes et les politiques devraient maintenant se poser des questions.
Peuvent-ils continuer à nous faire la leçon sur notre devoir d’humanité vis-à-vis des migrants, nous seriner que l'immigration est une chance pour la France, les maires de gauche peuvent-ils continuer à se faire les champions de qui accueillera le plus des mêmes, alors que leur Président de gauche en exercice dit exactement le contraire ?
Il y avait un avant le livre, il y a maintenant un après.
Si les Français continuent à avaler les balivernes et la langue de bois de la classe politico-médiatique avec la même facilité, et en redemande en élisant les mêmes – Juppé et l’identité heureuse par exemple –, alors c'est à désespérer.
à Géo :
Effectivement, il montre aux yeux de tous qu'il est nu. Plus précisément, qu'il est une marionnette dont “on” tire les ficelles. J’ai dit qui était ce “on” dans mon post précédent. Ce n’est pas propre à sa personne, c’est le cas de tous les présidents, peu ou prou, et cette tendance ne fera que s’accentuer. N'oubliez pas que 80 % de la politique française se décide à Bruxelles. Le Président a de moins en moins de pouvoir, ses rodomontades et celles de son gouvernement (cf. les coups de menton du matador catalan, ceux moins accusés de Cazeneuve – petit nom : Cazevide –, leurs “inadmissibles”, leurs ”intolérables”, leurs “inacceptables”, leurs “insupportables” etc) sont seulement destinées à faire illusion à la galerie. De fait, tous ces gens sont avant tout des acteurs, ils ne font plus guère que de la représentation, de la figuration, sans oublier les inaugurations (en particulier de chrysanthèmes, cf. la dernière à Nice il y a qq jours).

Écrit par : AP34 | 21 octobre 2016

«Oui, en somme dans cette histoire, c'est le roi qui dit à son peuple qu'il est nu ?»

Dans nos pays "démocratiques" gérés et administrés par des confréries d'élites, effectivement, les rois son nus. S'il en était autrement, ils seraient appelés dictateurs. C'est du moins comme cela que les désignent les confréries d'élites.

Écrit par : petard | 21 octobre 2016

« il montre aux yeux de tous qu'il est nu. Plus précisément, qu'il est une marionnette dont “on” tire les ficelles.»

Mon post précédent résume en quelque sorte le dernier § de AP34.

L'exemple du roi bien sapé, c'est Vladimir Poutine, le nouveau diable-en-chef mondial par excellence.
Evidemment sous les lorgnettes de la gauche, des globalistes et des radicalo centre-droitistes, c'est difficile à accepter et à avaler.

Écrit par : petard | 22 octobre 2016

Un article de Bruno Maigret, le premier qui va dans mon sens (cf. mes posts ci-dessus). Un "must read" que je me permets de reproduire in extenso.
B. Maigret est un homme extrêmement intelligent – polytechnicien si j'ai bonne mémoire – certainement trop intelligent pour faire de la politique. Il était au Front National, a fait sécession d'avec J. M. le Pen en 1999, a créé son propre parti, le MNR. Le MNR a eu ensuite un succès très mitigé. Il existe toujours, mais Maigret a cédé la place à une direction collégiale quand il est parti travailler à l'étranger (Australie) en 2008. Il en est revenu en 2010 mais n'a semble-t-il pas repris ses fonctions à sa tête.

"La France à l’heure de l’URSS agonisante
Bruno Mégret, haut fonctionnaire, conférencier, écrivain, essayiste
24/10/2016
♦ Le dernier livre d’entretiens de François Hollande constitue un événement politique de grande importance. Non pas parce qu’il révèle à quel point le vingt-quatrième président de la République française était indigne d’exercer sa fonction. Cela, tout le monde le savait déjà avant même qu’il ne s’exprime sans retenue devant deux journalistes. Ce qui est nouveau et significatif, en revanche, concerne les opinions réelles du chef de l’Etat sur les grands problèmes de notre pays.
Car, dans cet ouvrage intitulé Un président ne devrait pas dire ça…, on apprend ce que pense réellement M. Hollande de la question de l’immigration et du danger de l’islamisation. On peut lire notamment qu’il estime « qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là » ; ou encore « qu’il y ait un problème avec l’islam, c’est vrai. Nul n’en doute ». On peut aussi apprendre que, pour lui, « on ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle ».

Une situation quasiment schizophrénique
Ses observations, surprenantes dans la bouche du chef de l’Etat, expriment clairement ce que ressent une majorité de Français. Mais elles sont surtout en symbiose avec les thèses de ceux qui, sur la scène publique, défendent l’identité et la survie de notre nation, ceux-là mêmes que le président dénonce et combat avec hargne, n’hésitant pas à les faire condamner lorsqu’ils tiennent des propos pourtant comparables aux siens. Et de fait, ces déclarations ne correspondent nullement à celles qui sont officiellement tenues par le chef de l’Etat dans l’exercice de son mandat. Elles se révèlent d’ailleurs en totale contradiction avec son action publique. Bref, elles sont politiquement incorrectes quand la politique officielle de M. Hollande est parfaitement conforme à la pensée unique.
Les journalistes se sont d’ailleurs bien gardés d’appeler l’attention du public sur cette dimension du livre. Ils ont même pris soin de créer une diversion médiatique en exploitant la susceptibilité des juges traités de lâches par le chef de l’exécutif. Pour les tenants du politiquement correct, il était en effet essentiel que l’existence de ce clivage entre les déclarations officielles et la pensée réelle du chef de l’Etat soit occultée. Car laisser certains en tirer publiquement les conséquences pourrait provoquer un séisme politique.
Ces confidences du président de la République prouvent en effet que les constats dressés par les défenseurs de notre identité sont exacts et que leurs craintes sont fondées. Ainsi validés par le premier personnage de l’Etat, qui pourrait encore les contester ?
On apprend, par ailleurs, qu’il existe bien au plus haut niveau de l’Etat un double langage : officiellement, on adhère à l’idéologie du politiquement correct mais, officieusement, on n’y croit pas. Et ce dédoublement quasiment schizophrénique du langage et de la pensée ne concerne pas que le chef de l’Etat. Tous ceux qui fréquentent un tant soit peu la classe politique savent que beaucoup de ses membres connaissent, eux aussi, cette divergence de l’esprit et de la parole : en public, ils adhèrent à la pensée unique ; en privé, ils en reconnaissent les limites et en dénoncent l’absurdité. Certains, d’ailleurs, manquant de vigilance, se laissent parfois aller à révéler le fond de leur pensée par des déclarations publiques que les aboiements des chiens de garde du politiquement correct leur font vite regretter et retirer.
Au-delà des apparences, cette réalité démontre en fait la grande fragilité du Système politique qui, malgré son emprise quasi totalitaire, se trouve secrètement contesté par ses propres soutiens. La chape qui recouvre notre pays depuis des décennies pourrait bien ne plus être de plomb.
La situation dans laquelle se trouve dès lors notre nation me fait penser à celle de l’Union soviétique avant qu’elle ne s’effondre.
L’idéologie communiste s’imposait alors avec force. Tout le monde y adhérait officiellement et la répression s’abattait sur ceux qui la contestaient publiquement. Pourtant personne n’y croyait plus. Les Russes voyaient dans leur vie quotidienne qu’elle les menait à la misère. Quant aux hiérarques et aux apparatchiks eux-mêmes, ils ne s’interdisaient pas en privé de la dénoncer ou d’en plaisanter. Et c’est cette fracture entre le discours officiel imposé par la force et les convictions privées dictées par les réalités qui a fini par provoquer l’écroulement de l’Union soviétique. Il a suffi que le dirigeant principal, M. Gorbatchev, soulève le couvercle pour qu’aussitôt le Système s’effondre.
Et peut-être sommes-nous aujourd’hui en France dans une posture un peu comparable. L’idéologie politiquement correcte s’impose avec une force implacable et, en surface, tous les politiques du Système la défendent et s’en réclament. Mais, comme leurs homologues soviétiques, leur foi est chancelante. Le livre de Hollande nous en apporte la confirmation quasi officielle. Le Système politico-médiatique français est donc en réalité très fragile. Sans doute suffirait-il que l’un de ses principaux dirigeants ait le courage de ne plus l’assumer publiquement pour qu’il s’effondre soudainement et brutalement.
Je ne vois pas, parmi les candidats de la classe politique actuellement en lice pour l’élection présidentielle, qui pourrait avoir le courage de dire tout haut ce qu’il pense tout bas. Mais on peut néanmoins espérer que, sous la pression d’une réalité de plus en plus menaçante, un nouveau venu finisse tôt ou tard par soulever le couvercle – et permette, avec l’effondrement du politiquement correct, le redressement in extremis de la France.
Bruno Mégret"
Le lien :
http://www.polemia.com/la-france-a-lheure-de-lurss-agonisante/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=1003244fc9-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-1003244fc9-60477433

Écrit par : AP34 | 29 octobre 2016

``On apprend, par ailleurs, qu’il existe bien au plus haut niveau ... un double langage : officiellement, on adhère à l’idéologie du politiquement correct mais, officieusement, on n’y croit pas. Et ce dédoublement quasiment schizophrénique du langage et de la pensée ne concerne pas que le chef .... Tous ceux qui fréquentent un tant soit peu la classe ... savent que beaucoup de ses membres connaissent, eux aussi, cette divergence de l’esprit et de la parole : en public, ils adhèrent à la pensée unique ; en privé, ils en reconnaissent les limites et en dénoncent l’absurdité.
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Tout le monde y adhérait officiellement et la répression s’abattait sur ceux qui la contestaient publiquement. Pourtant personne n’y croyait plus.''

Vous parlez des statines? Ou du vaccinalisme? Ou du climatisme?

Ou de l'idée qu'Hillary Clinton est une personne digne de confiance?

Écrit par : simple-touriste | 31 octobre 2016

C'est un ensemble. Chacun fait n'importe quoi pour gagner sa croûte et payer son loyer. Dans le monde politique, les emplois sont encore plus précaires que dans le domaine scientifique. Ceci explique le double discours et les opinions à géométrie variable. Il n'y a pas que les gens du marketing à maîtriser ce sujet...

Écrit par : rabbit | 31 octobre 2016

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