09 novembre 2016

Make America Great Again - Trump est élu

Les résultats des élections américaines sont sous toit. Trump est élu - avec une marge confortable.

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Les électeurs ont parlé.

La légendaire campagne d'Hillary Clinton

Dire que l'élite de l'Amérique roulait pour Hillary Clinton serait en-deçà de la vérité, et ceux qui ont suivi cette campagne de près s'en souviendront toute leur vie. La mémoire d'Internet sera là pour rappeler éternellement aux donneurs de leçons leur manque de crédibilité. S'il y a bien une chose à laquelle que je n'imaginais pas assister de mon vivant, c'était à une unanimité et un manque d'esprit critique plus grands encore que lors des deux élections de Barack Obama. Les records sont faits pour être battus...

Démocrates, médias américains et étrangers, Silicon Valley, vedettes de la musique ou du sport, Wall Street, Hollywood, Google, Facebook, tous soutenaient à bout de bras une présidence Clinton. Même des Républicains de haut rang!

Remportant ses débats aux dires des journalistes, volant de victoire en victoire en engrangeant les soutiens selon les journaux télévisés, rien ne semblait plus en mesure d'arrêter Hillary Clinton jusqu'à son plébiscite le 8 novembre. En termes médiatiques américains, on appelle cela un "narrative", une façon de raconter l'information. Les faits sont continuellement filtrés, mis en valeur ou passés sous silence selon la façon dont ils s'intègrent dans la légende en cours d'écriture. Le flot de l'actualité est tellement canalisé que sa force entière ne sert plus qu'à mouvoir le moulin de la propagande.

La révélation de "propos de vestiaire" sexistes de Trump, enregistrés à son insu onze ans plus tôt, devaient être le dernier clou du cercueil de sa candidature. Il est de coutume de livrer des informations salaces sur un candidat au beau milieu de la campagne présidentielle ; là encore, les journalistes amis (c'est un pléonasme) jouèrent leur partition à fond. Le grand public fut abreuvé jusqu'à la nausée de propos indignés tournant en boucle, de protestations, de femmes exprimant leur dégoût, avant que ne sorte du bois de nouvelles victimes affirmant de façon très artificielle la façon dont Trump les avait pelotées ou draguées jusqu'à trente ans plus tôt.

Certains sondages donnèrent jusqu'à douze points d'avance à Hillary Clinton. On en aurait presque oublié qu'ils étaient tous plus faisandés les uns que les autres!

L'ascension de Trump

En face du camp démocrate, Donald J. Trump, n'était pourtant pas exactement le genre d'individu à prendre à la légère.

Les commentateurs abasourdis sont bien forcés de le constater aujourd'hui, M. Trump avait quelques qualités. Au départ, il n'avait pour lui que sa répartie d'ancienne vedette de télé-réalité et un portefeuille garni, qui lui évitait cette course aux levées de fonds, flirtant avec la corruption, à laquelle se soumettent habituellement les candidats.

Il triompha d'innombrables obstacles méthodiquement, les uns après les autres. Le premier d'entre eux fut d'attirer sur lui l'électorat républicain. Celui-ci avait le choix - il y avait seize autres candidats aux primaires républicaines. Cette époque correspond aussi à la courte lune de miel entre Trump et les médias. Trump générait de l'audience, choquait par son franc-parler, ses répliques assassines, ses tweets. À cette époque la presse l'adorait, mais - car il faut le souligner - seulement pour mieux se moquer de lui. Il fut qualifié tour-à-tour de clown, de bouffon et d'autres termes plus méprisants encore. Les Démocrates ne furent pas plus perspicaces ; pendant longtemps l'état-major du Parti de l'Âne regarda avec bienveillance l'ascension de Trump car il était jugé plus facile à battre par Hillary!

La popularité de Trump fut pourtant assez vite démontrée, résistant au dénigrement continuel dont il faisait l'objet. N'étant pas politicien de carrière, il partait en campagne sans le moindre réseau politique. La faiblesse du lien entre Trump et la classe politique se révélait finalement une force, car il cristallisait sur sa candidature les innombrables déçus des années Obama et d'une Amérique en panne, convaincue de la corruption galopante de Washington - de nombreux Américains qui n'étaient ni Républicains, ni Démocrates. Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture. Les "rebelles" (dont des supporters de M. Sanders!) n'eurent donc plus que Trump vers qui se tourner.

Bizarrement, l'analyse la plus juste du tremblement de terre en préparation vint selon moi de Michael Moore. Le réalisateur de faux documentaires engagés, hypocrite au possible quant à ses valeurs, se démarqua de l'enthousiasme artificiel du camp démocrate en livrant deux semaines avant les élections une confession dangereusement proche d'un retournement de veste. Dans une vidéo, il exprima ce qui constituait selon lui la quintessence du vote Trump, la protestation.

[Que Trump pense ce qu'il dise ou non] est une question non pertinente parce qu'il parle à ceux qui souffrent, et c'est pourquoi tous ces sans-nom, cette masse laborieuse oubliée qui faisait partie de ce qu'on appelait la classe moyenne, ces gens démolis, aiment Trump. Il incarne le cocktail Molotov qu'ils ont tant attendu, la grenade humaine qu'ils peuvent légalement balancer dans ce système qui a volé leur vie. Et le 8 Novembre, bien qu'ils aient perdu leur emploi, qu'ils aient été évincés par la banque, qu'à côté survienne ensuite le divorce et le départ de la femme et des enfants, que leur voiture ait été saisie, qu'ils n'ont pas eu de vraies vacances depuis des années, qu'ils soient coincés dans le plan "bronze" de cet Obamacare de merde où vous ne pouvez même pas obtenir un putain d'analgésique, ils ont essentiellement perdu tout ce qu'ils avaient, sauf une chose - la seule chose qui ne leur coûte pas un centime et qui leur soit garantie par la Constitution américaine: le droit de vote. (...)

Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump, après l'avoir aimé et propulsé, et ensuite détesté. Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.


Le support permanent et inconditionnel de l'establishment en faveur de Clinton finissait par être une arme à double tranchant.

Quand le narrative déraille

Longtemps avant le scrutin, Donald Trump avait assimilé son accession au pouvoir au Brexit, la victoire surprise sur toutes les prédictions. Sur les îles britanniques, le Brexit fut rendu possible par une masse inégalée d'électeurs se rendant aux urnes pour faire entendre leur voix - des gens qui n'avaient jamais voté de leur vie auparavant. Les analyses de ce scrutin montreront sans doute que c'est aussi le cas ici.

Il y eut pourtant de nombreux signes avant-coureur d'un problème dans le camp démocrate. Les manipulations pour écarter l'unique challenger Bernie Sanders. L'affaire des e-mails puis son classement par le FBI, perçus par le grand public comme un abominable traitement de faveur vis-à-vis des lois. Près de 70% des Américains considéraient qu'Hillary Clinton était une menteuse indigne de confiance.

Le malaise de Clinton lors des cérémonies du 11 septembre renforça l'impression d'une femme affaiblie et fatiguée, tout en donnant lieu à une nouvelle salve de demi-vérités.

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Le coup de grâce vint de nombreuses fuites révélées par Wikileaks (bien que passées sous silence par les médias) ainsi que de la découverte de milliers d'e-mails cachés sur les portables d'aides de longue date d'Hillary Clinton, forçant James Comey, directeur du FBI, à rouvrir une enquête sur la candidate à quelques jours du scrutin. La presse ne pouvait pas ignorer pareils développements. Des membres haut placés de la Clinton Foundation se mirent à table. Le FBI trouva la preuve que les dizaines de milliers d'e-mails détruits par Hillary n'étaient de loin pas des messages anodins concertant "les cours de yoga de sa fille". Barack Obama était lui aussi impliqué en ayant une parfaite connaissance du serveur mail privé de sa Secrétaire d’État, et en utilisait un lui-même.

Le directeur du FBI James Comey (dont on attend la démission désormais) eut beau céder une nouvelle fois aux exigences de la Ministre de la Justice Loretta Lynch, le grand public ne fut pas dupe de ces manœuvres. L'administration Obama avait abandonné depuis longtemps toute forme d'équité pour se tourner entièrement au service de la candidate démocrate.

Aujourd'hui, plusieurs enquêtes subsistent contre Hillary Clinton, à commencer par la fondation du même nom. Avec cet échec électoral la Maison Clinton est enfin tombée, emportant dans sa chute d'innombrables complices dont nous apprendrons beaucoup ces prochains mois. De nombreux politiciens corrompus finiront sans doute en prison, ce qui s'avère une perspective réjouissante. Le dernier slogan de campagne de Trump était Drain the swamp, "assécher le marais", évoquant la puanteur et la pourriture imprégnant les élites de Washington, mais aussi l'ampleur de la tâche à accomplir.

Sondage Contre Vote

Comme pour le Brexit, les mensonges répétés dans les sondages jour après jour, heure après heure, n'ont pas suffi. Les citoyens américains se sont mobilisés en masse pour soutenir Donald Trump, et la vérité ne se trouve qu'au fond des urnes.

Il est possible qu'une partie de la propagande pro-Clinton ait découragé certains de ses partisans de se déplacer ; mais en réalité, la victoire vient bien davantage de la mobilisation des pro-Trump. Pour le comprendre, un autre témoignage nous vient de Scott Adams, le créateur du célèbre Dilbert. Commentant et analysant avec beaucoup de recul les "performances" des deux candidats à la présidence, il en vint à se rapprocher de Trump en toute rationalité. Jusqu'à en être menacé à titre personnel. Mais cela ne l'amena pas à fuir, bien au contraire, et comprendre sa démarche revient à comprendre la mentalité de nombreux électeurs républicains lors de cette élection.

J'ai essayé de comprendre le trait d'union qui relie ensemble les supporters de Clinton. Autant que je puisse en juger, la volonté d'intimider autrui sous toutes ses formes en est la caractéristique dominante.

  • Si vous avez une pancarte Trump sur votre pelouse, ils vous la voleront.
  • Si vous avez un autocollant Trump sur votre voiture, ils vous la rayeront.
  • Si vous évoquez Trump au boulot, vous risquez de vous faire virer.
  • Sur les réseaux sociaux, presque chaque message que je reçois d'un défenseur de Clinton est une intimidation sous une forme ou une autre. Ils vous insultent. Ils essaient de vous faire honte. Ils vous étiquettent. (...)

L'équipe d'Hillary Clinton a réussi à perpétrer une des pires vilenies auxquelles j'ai pu assister dans ma vie. Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) [Le] portrait de Trump par Clinton offre une parfaite justification morale pour tout acte d'intimidation en ligne ou en personne. Nul ne peut être méchant en s'opposant à Hitler, pas vrai?


Résultat, la campagne de Clinton a divisé l'Amérique comme jamais auparavant. Clinton, et seulement Clinton.

Oui, oui, je me rends compte que des partisans de Trump ont eux aussi eu des mots très durs pour les supporters de Clinton. Je ne prends pas la défense des pommes pourries de chaque panier ; je signale simplement que Trump avait pour message d'unir tous les Américains sous une seule bannière. Le message de Clinton était, lui, que certains Américains étaient de "bonnes personnes" et que les autres, 40% à l'époque, étaient des gens "déplorables", digne d'être pointés du doigt, vandalisés, punis par la fiscalité et la violence. Elle a littéralement tourné les Américains les uns contre les autres. Il est difficile pour moi d'imaginer un candidat à l'élection présidentielle faire quelque chose de pire.

Je vais le répéter.

Autant que je puisse en juger, la pire chose qu'un candidat à l'élection présidentielle puisse faire est de jeter les Américains les uns contre les autres. Hillary Clinton a fait exactement cela.

Intentionnellement.


Les Américains se sont rebellés - lassés des insultes, des intimidations, d'être tancés par des gens prétendant parler en leur nom, lassés d'être accusés de tous les maux de l'Amérique alors que les responsabilités en étaient dans le camp d'en face. Les Américains n'aiment pas les bullies, les brutes qui cherchent à dominer par l'intimidation.

Aujourd'hui, comme Trump l'annonça dans son discours d'investiture, l'heure est à la réconciliation. Et pour de nombreux Américains, à un authentique espoir.

Donald J. Trump, 45e président des États-Unis

L'élection du 8 novembre ne concernait pas seulement le Président des Etats-Unis, mais aussi la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Comme on pouvait s'en douter, les électeurs qui ont fait l'effort de voter pour Trump n'avaient pas spécialement envie de lui lier les mains et choisirent donc de mettre au pouvoir de nombreux élus républicains.

Loin des sondages, une fois de plus, les résultats sont là: les deux chambres sont désormais sous le contrôle des Républicains. Les Démocrates étaient coutumiers du fait, notamment en 2008 avec Obama, mais pour les Républicains il faut remonter à 1924 pour retrouver pareille configuration.

usa,donald trump,hillary clinton,électionsDans les faits, cela signifie que le Président Trump dispose des majorités nécessaires pour instaurer son programme de campagne. De nombreuses réformes désastreuses et socialisantes instaurées par Obama, comme l'Obamacare, seront probablement annulées.

En outre, le Président Trump sera en mesure de nommer les prochains juges de la Cour Suprême - un des neuf sièges est à pourvoir immédiatement, et jusqu'à quatre d'entre eux devraient être nommés ces prochaines années.

Enfin, on peut s'attendre à ce que l'horizon se dégage sur nombre de dossiers internationaux, notamment la guerre en Syrie, le nucléaire iranien et les relations avec la Russie.

Donald Trump n'a jamais caché son scepticisme quant au controversé Réchauffement Climatique d'Origine Humaine, et pourra mettre en œuvre sa vision de l'immigration - et démontrer aux autres nations ce qu'il est possible de faire en la matière.

Nos gauchistes de service ne devraient pas trop désespérer: il est probable que le fameux TIPP dont ils se méfient tant vienne de dérailler sous leurs yeux. Wall Street et tout le big money soutenant Clinton-la-corrompue viennent de se prendre une veste. Les temps sont mûrs pour reconstruire un parti démocrate sur des bases plus saines.

Après le Brexit libérant le Royaume-Uni, les Américains viennent aussi de se libérer du joug de leurs élites. L'avenir se montre à nouveau riche de promesses.

Commentaires

Finie l'intox médiatique et tous les arrogants qui veulent mener le monde par la perversité.

Merci aux américains, ce sera bien la première fois de ma vie que je le fais. Toute cette puissance pourra enfin faire prendre conscience au monde que les peuples sont encore ceux qui font les "rois"!

Enfin, le mouvement est en route et cela devrait nous remettre sur les rails
sans trop de sang et de malheurs.

Que votre journée soit belle!

Écrit par : Corélande | 09 novembre 2016

Merci pour cet excellent résumé!

Écrit par : eole | 09 novembre 2016

Le risque de guerre d'agression contre la Russie a sérieusement baissé. C'est probablement pour ça que les Bourses ont baissé aussi...

Écrit par : Géo | 09 novembre 2016

"Sa campagne a présenté les partisans de Trump - une bonne moitié de l'électorat - comme des nazis, des gens sexistes, homophobes, racistes, et autres termes dégradants (...) "

C'est exactement ce qu'on fait ici, en Europe, à propos des gens qui ne pensent pas dans la "bonne direction" aujourd'hui. Je suis toujours frappé de l'expression méprisante que prennent les visages des politiques, journalistes (RTS, entre autres!), et autres incarnations de la bienpensance, lorsqu'ils prononcent le mot "populiste" - comme la mienne sans doute lorsque je parle d'une m...de!

Écrit par : René | 09 novembre 2016

A mi-journée, on ne va pas bouder son plaisir : à voir comment cela emmerde tous les ignobles crétins de la radio, la victoire de Trump est décidément un grand plaisir ! Qui organise une grande soirée champagne ? Ah ouais, merde, ces pourris vont nous envoyer les flics pour l'interdire...nous sommes forcément des populistes, donc des fascistes...

Écrit par : Géo | 09 novembre 2016

Une divine surprise !!!

Écrit par : Paul Bär | 09 novembre 2016

Très très très bon billet !

... et reprenons un petit bol de Michael Moore pour se faire plaisir:

« Ils voient que l'élite qui a ruiné leur vie exècre Trump. L'Amérique corporatiste a Trump en horreur. Wall Street abhorre Trump. Les politiciens de carrière haïssent Trump. Les médias méprisent Trump. […] Merci les médias: l'ennemi de mon ennemi est celui pour qui je voterai le 8 novembre.»

Et PAN !!!

Y'en a qui ne doivent pas être trop à l'aise dans l'exagôôône !

Écrit par : petard | 09 novembre 2016

Ces têtes déconfites ça me fait penser à celle de Darius Rochebin, lors de son dernier "Pardonnez-Moi" avec le cinéaste Oliver Stone.

C'est que les idées du cinéaste "gauchiste" n'étaient pas tout-à-fait politiquement correctes s'agissant de ce qu'il faut penser de Poutine et de la Russie...

Écrit par : petard | 09 novembre 2016

Excellent billet, Monsieur Montabert.
J'espère vraiment qu'à l'UDC, au niveau national, on utilise ou on utilisera vos capacités argumentives.

Sinon, quelle suprise et quelle joie, ce matin.
Et quel plaisir délicat que de contempler les faces de lune de tous les relais médiatiques systémistes.

Écrit par : Paul Bär | 09 novembre 2016

Ce qui est capital, c'est que nous avons peut-être assisté ce matin à la fin du gauchisme américain, générateur de tous les gauchismes globalistes sur la planète, qu'ils soient de gauche ou de droite (les Bush ont voté Clinton, nos politiciens de droite auraient aussi voté Clinton en majorité) et ça, ce serait véritablement historique, un changement radical de paradigme.

Écrit par : Paul Bär | 09 novembre 2016

Out cette forme d'intoxication à l^Américaine ,Nombre de gens non internautes sont dégoutés de certains présentateurs TV

Écrit par : lovejoie | 09 novembre 2016

A entendre les journalistes des radios et TV, et la plupart des politiques, c’est l’incompréhension totale. C’est sûr que ce plat va leur rester longtemps sur l’estomac.
Au lieu d’y aller de mon grain de sel, j’ai préféré faire une petite anthologie des commentaires que j’ai lus de-ci de-là.
Tous sont très justes, beaucoup sont humoristiques.

D’abord, un avant-propos de la Mena, qui met les choses parfaitement au point :
« La surprise que les électeurs américains ont réservé au monde entier exprime avant tout leur révolte contre leurs élites, leurs intellectuels, et contre le politiquement correct qu’ils avaient pris l’habitude de leur imposer. La victoire de Trump marque le ras-le-bol des Américains pour le Washington Post, CNN, le New York Time et les sondeurs de fonds de poubelle.
« La victoire du candidat Républicain traduit également, et c’est plus compliqué, la reprise en main de l’Amérique par les blancs, dans un réflexe nationaliste visant à se préserver de l’immigration musulmane et hispanique ; une volonté, donc, de réaffirmer les frontières des Etats-Unis, trop poreuses au goût du plus grand nombre des Américains.
« Enfin, en votant pour Trump, les Yankees ont marqué leur rejet profond face à l’épanchement de corruption et de malversations politiques, économiques et humaines d’Hillary Clinton et de son clan. »

J’en viens aux commentaires (des extraits un peu arrangés pour le français et l’orthographe) :
– Toutes ces vedettes du chaudbusiness qui vont quitter les States ... Pas la peine de venir chez nous, on a rempli nos derniers châteaux récemment !
– Diable, ou Noah va-t-il aller vivre ?
– Tout le monde attend maintenant avec délectation que les bobostars millionnaires de Hollywood respectent leur promesse solennelle de quitter les USA si Trump était élu.
– Réjouissons-nous méchamment des tronches catastrophées de tous les partisans de l'identité heureuse et de la mondialisation dans la joie.
– Si ça se trouve, l'UE va demander aux US de refaire un nouveau vote.
– Le grand concours mondial du retournement de vestes est lancé.
– Crash landing pour la bobocratie.
– Quel joie d'assister à la déconfiture de ces odieux bobos !
– De quoi je me mails ?
– Après le Brexit, on est clairement à un tournant. La mondialisation heureuse pour les élites et malheureuse pour les peuples a vécu
– Enfin un successman au pouvoir et pas un oligarque venant des grandes écoles, aussi chargé d’incompétence que de diplômes.
– Le politiquement correct en a enfin "pris un coup" à l’échelle planétaire.
– Tous les va-t’en guerre de la planète doivent pleurer. Fini les gros contrats !
– Fallait entendre la discussion la nuit dernière sur BMFTV : elle portait sur la question de savoir si Trump accepterait ou non sa défaite, ou si, en parfait dictateur débile et imbu de sa personne qu’il était, il la contesterait.
– C'est une grande claque à la classe politico-médiatique qui depuis le début roulait pour Clinton. Car tous craignaient par-dessus tout que l'élection de Trump montre le chemin aux Français, à savoir qu'il était possible de voter pour autre chose que tous ces politiciens sortis du même marigot. Ils se partagent le gâteau à tour de rôle, tout en faisant mine d'être des ennemis, de fait ils sont copains comme cochons dès qu’ils ont quitté l’estrade.
– Les personnes qui refusent la dilution de l'Occident, qui veulent arrêter l'invasion musulmane, ceux qui ne veulent pas abandonner les valeurs fondamentales telles que le travail, l'effort, la famille, la patrie, la liberté individuelle, l'appartenance à une communauté essentiellement d'Europe du Nord... ceux-là ont enfin un président américain qui va gouverner en disant les choses telles qu'elles sont.

Petit rappel : Hollande, lors de la réception annuelle de la presse présidentielle, mardi 2 août 2016, s’en est pris directement à Donald Trump. Il a dit exactement ceci :
« Les excès finissent par créer un sentiment de haut-le-cœur, aux Etats-Unis même, surtout quand on s’en prend, en l’occurrence Donald Trump, à la mémoire d’un soldat. »
– Hollande doit manger son chapeau ! Un de plus ! Lui qui tenait hier des propos acerbes contre Trump (tout comme contre Poutine). Il aura été mauvais jusqu'au bout. Quand on n’a pas de bol, on n’a pas de bol !
Les qq contre… si, si, il y en a :
– C'est inquiétant, parce que c'est la normalisation du populisme.
– Vous avez aimé l’Internationale communiste, vous allez adorer l’Internationale populiste.

Écrit par : AP34 | 09 novembre 2016

Merci AP34, je souscris tout à fait.

De mon côté - et comme ça a déjà été maintes fois rapporté ici - je note une fois de plus l'aveuglement et le parti pris de nos médias - politiques - en Europe et en Suisse. C'est d'ailleurs pourquoi l’élection de D.Trump ne m'étonne pas.

Je pense que ce vote est largement une victoire de la démocratie en ce sens que le peuple américain a décidé de disposer de lui-même en faisant fi de cette nomenklatura élitiste et en élisant au plus haut niveau de leur système politique une personne qui in fine vient du peuple - Pas politiquement connue, pas dans le marasme politique depuis des lustres, pas dans l'élite de Washington/Chicago etc... et qui en connait largement plus sur l'économie que Mme Clinton. Il n'est pas millionnaire avec l'argent des autres.

Concernant la politique étrangère, il n'a pas les casseroles de l'admin Obama/Clinton. Et il semble plus couillu que l'administration au pouvoir actuellement.
Toujours est-il qu'il devra faire avec. Le Sénat lui étant acquis, cela risque d'être sportif au plan international!

Je me réjouis de voir ce qu'il pourra faire concernant la question " de curer le marais" sur les fonctionnaires d’état. Si ça marche, certains en EU auront du soucis à se faire (même si encore, cela n'est pas pareil au niveau des lois / status).

Les points noirs de Trump pour moi viendront de son côté Etatiste. Comme MLP en face.
Ca se cassera la figure de toute façon.

Écrit par : Otto_West | 09 novembre 2016

Ah aussi, anecdote croustillante pour illustrer l'état d'aveuglement du pouvoir en place ; L'équipe de F. Hollande n'avait même pas prévu une défaite de HDR :

http://www.rtl.fr/actu/international/presidentielle-americaine-l-elysee-avait-seulement-prepare-une-lettre-de-felicitations-adressee-a-clinton-7785668198

Écrit par : Otto_West | 09 novembre 2016

Décidément, ça ne suffit pas, même le rédacteur en chef de 24Heures n’a pas compris:

«le rêve américain a pris la forme d’un milliardaire shampouiné, magnat de l’immobilier, animateur de télé-réalité, coureur de jupons misogyne, magouilleur fiscal, gazouilleur grossier et lapidaire, xénophobe extraverti, manipulateur des faits et des gestes, et désormais élu 45e président des Etats-Unis.»

Clichés, ragots, médisances, moqueries. Et on en rajoute en veux-tu en voilà:

«Ils ont sûrement raté l'école», «Ils ne connaissent pas l'histoire et ne comprennent rien au monde», «ce sont des gens qui s'accrochent au racisme et à la xénophobie»… Le pompon: «une intolérance qui vient des baisses d'investissements dans l'éducation…»

La bonne nouvelle: certaines méthodes de manipulation et de désinformation sont à bout de souffle.

Médias, continuez comme-ça, c’est sûr que vos affaires vont s’améliorer. Et gardez bien la tête dans le sable.

Écrit par : petard | 10 novembre 2016

@petard: je suis d'accord avec vous, cet éditorial est franchement consternant. Mais il est assez logique. Depuis le début des primaires républicaines, les journalistes européens à la remorque de leurs homologues américains font tout ce qu'ils peuvent pour dénigrer Trump et favoriser Clinton. A vrai dire, sur notre continent, je ne crois pas avoir jamais vu le moindre reportage ou article non biaisé sur Donald Trump.

Or, sur le Vieux Continent et à l'inverse des Etats-Unis, les médias mainstream tiennent toujours le haut du pavé. Internet et les réseaux sociaux croissent en importance mais restent secondaires dans la formation de l'opinion. Les multiples démêlés d'Hillary avec la justice (dont plusieurs sont toujours en cours), les manipulations des primaires démocrates, les révélations de Wikileaks sont passées sous silence. Le résultat est au rendez-vous: l'Europe aurait voté Clinton.

http://www.rts.ch/info/sciences-tech/reperages-web/8099087-seuls-les-russes-eliraient-donald-trump-selon-un-sondage.html

Aujourd'hui Trump est élu président. Les médias ont deux choix: persister dans la propagande ou se désavouer. Leur choix est évident. Ils continueront donc à dépeindre les électeurs conservateurs comme des blaireaux incultes, se moqueront de Trump, minimiseront ses éventuels succès et s'étendront sur ses échecs - tout en brossant des portraits élogieux de n'importe quel nouveau leader démocrate. Il s'agit de préparer l'avenir, n'est-ce pas!

Il faut juste se rappeler que ce sont les mêmes médias qui nous "informent" sur les enjeux de démocratie directe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 novembre 2016

Nous avons suivi l'élection américaine sur CNN jusqu'au résultat final. Dès que les succès de Donald Trump au niveau des états se sont accumulés, la chaîne a préféré entrer dans le détail des moindres comtés qui ne lui étaient pas acquis. Si bien que la situation a paru s'enliser. Nous sommes alors passés sur les réseaux sociaux chinois, qui transmettaient toute la nuit des informations en temps réel. Et le vide s'est alors comblé. Moralité: la liberté de l'information peut parfois prendre des chemins inattendus.

Écrit par : rabbit | 10 novembre 2016

Vous êtes bien gentils mais maintenant, le maçon sera jugé au pied du mur (j'ai pas fait exprès !) et là, l'enthousiasme risque quelque peu de baisser. Les Américains seront toujours des Américains, c-à-d des égoïstes absolus qui ont une certaine tendance à nous balancer le maximum de problèmes sur la tronche. Pour parler comme Donald...

Écrit par : Géo | 10 novembre 2016

Géo...j'apprécie vos commentaires (ce qui a souligner)..d'une concision à la fois lapidaire et évidente...

Écrit par : jocelyn | 10 novembre 2016

Nous en sommes conscients, mais c'est un businessman. Comme tel il doit s'adapter à un nouveau marché pour vendre le concept "Trump as President". Ce qu'un politicien issu du sérail ne peut pas faire, puisqu'il aura tendance à se croire investi d'une mission divine.

Écrit par : rabbit | 10 novembre 2016

Est venu le moment des réactions, des commentaires réfléchis…

De prime abord celui de Sarkozy vise juste, mais en pointant sur l’indigence de ceux qui ont engendré la cata, il retourne aussi l’arme contre lui:
«ça montre des peuples en colère et les politiques doivent entendre les peuples et ne doivent pas dire que ce sont des populistes»

Voir ici:
www.24heures.ch/monde/trump-elu-montre-peuples-colere/story/19323545

Dès lors, le résultat de la formule binaire que tout le monde attend: «Donald Trump a été choisi, on va voir ce qu'il fait». Plus intéressant, on va voir comment ça marche, le «populisme» dans la pratique.

À supposer, que de janvier à mai 2017, Trump réussisse brillamment quelques petits tours de passe-passe, ça risque d’être délicat en France, pour les bonimenteurs du sérail.

Chauds les marrons !

Écrit par : petard | 10 novembre 2016

Pour donner du grain à l'auteur :
Comme vous le disiez, les médias ne feront pas leur méa culpa. D'ailleurs les infos du 19:30 ce soir sur la RTS (10/11/2016) en sont un brillant exemple à l'image du Figaro!

http://www.lefigaro.fr/elections-americaines/2016/11/10/01040-20161110ARTFIG00149-apres-la-victoire-de-donald-trump-l-heure-est-au-mea-culpa-dans-la-presse-americaine.php

C'est maintenant la faute des médias américains qui n'ont pas vu venir Trump !
Et hop, l'honneur est sauf !

Et toute cette journée au niveau médias CH est une vaste tentative/fumisterie de reprise du cours des infos en essayant de se raccrocher aux branches.
"Pensée unique, populisme, vote d'incompétents, etc..."

Bon sang ! Est-ce qu'ils s'entendent parler ? Qui est le plus anti-démocratie in fine ?

Et ++ pour les commentaires de "petard" !

Écrit par : Otto_West | 10 novembre 2016

@petard: le timing est particulièrement mauvais pour les élections françaises. Trump prendra ses fonctions le 20 janvier et aura donc quelques mois pour donner l'impulsion de son programme - au moment même où les électeurs française se pencheront sur leurs candidats à la présidentielle.

@Otto_West: Charles Gave pointait du doigt cette élection comme la lutte entre les anciens médias (télé, presse) contre les nouveaux (Internet, réseaux sociaux). Pas un journaliste ou un sondeur pour repérer par exemple que le canal Reddit de Trump avait 250'000 inscrits, cinq fois plus que pour sa concurrente.

Alors, tout le monde se cherche des excuses: les journalistes européens d'avoir copié les journalistes américains, les journalistes américains d'avoir cru les sondages, les sondeurs de ne pas avoir mesuré les mensonges et les variations de leurs groupes de test. Finalement ce n'est la faute de personne - car c'est le but de la démarche. On fera mieux la prochaine fois, promis.

Avez-vous vu la moindre démission, vous? Un de ces éditorialistes lamentables faire son mea culpa et rendre son tablier? Rien du tout!

Mais prenons le problème autrement. Imaginons que les sondages aient été exacts. En quoi les médias auraient agi différemment? Auraient-ils cessé de traîner Trump et ses électeurs dans la boue? Évidemment pas. Mais ils n'auraient pas pu redoubler en la matière non plus... Sachant qu'ils roulaient déjà à 100% pour Clinton!

Donc en fin de compte cette discussion n'a pas d'importance. La principale conséquence de cet épisode est la perte de crédibilité de ces médias traditionnels, qu'ils ne retrouveront jamais.

Je me réjouis de retoquer n'importe quel "docte analyste" en retrouvant ses fines prédictions pour cette campagne. Ce sont des professionnels, des experts bardés de diplômes et chèrement payés pour leur matière grise, mais entre le Brexit et l'élection présidentielle américaine ils ont un "track record" bien moins remarquable que Paul le Poulpe...

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 novembre 2016

«le timing est particulièrement mauvais pour les élections françaises.»

Tout dépend s’il est parti pour se planter, ou réussir…

Disons que l’incertitude donne de l’espoir aux deux camps. S’agissant de la manoeuvre des électeurs, puisque le Cap du Pire aux horizons bouchés est aux responsabilités depuis un bout de temps, la tentation d’un grand large inexploré est palpitante.

...l'aventure avec adrénaline, n'est-ce pas "tendance" actuellement dans la bobosphère... où l'on aime même le risque de se tuer pour le fun.

Écrit par : petard | 11 novembre 2016

"les journalistes américains d'avoir cru les sondages, les sondeurs de ne pas avoir mesuré les mensonges et les variations de leurs groupes de test."
Marie-Hélène Miauton (ex-MIS trend) faisait remarquer que les sondeurs ne s'étaient pas tellement trompés : Hillary Clinton a fait plus de voix que Trump.

A ce propos, ce fait m'étonne beaucoup au vu de la carte des résultats par état. La répartition des électeurs paraît déficiente, mais pas dans le sens revendiqué par les piliers du système dans les talk show français (le jacobinisme est décidément une tare...). Avec très peu d'états gagnés, comment peut-elle avoir plus de voix ???

Écrit par : Géo | 11 novembre 2016

"Le camp démocrate subit le même vent de protestation à travers la candidature de Bernie Sanders, mais Hillary, incarnant le statu-quo et la continuité, remporta l'investiture."

Entre la popularité réelle de Sanders surtout chez les jeunes (incultes, décérébrés...), les meetings montrant que lui n'avait aucun mal à remplir une salle, les sondages sorties des urnes... on peut sérieusement envisager que l'activisme anti-Sanders du DNC n'a pas été limité lui mettre des battons dans les roues; il faut envisager que la nomination lui ait été volée dans les urnes par le DNC. Ou alors il a vraiment pas de chance!

Il y a une logique à cela : un parti vraiment corrompu, peut être l'incarnation de la corruption systémique, a promu la candidate de la corruption systématique ET systémique. Par principe, le Système corrompu a soutenu à bouts de bras la candidate de la corruption systémique.

Et les "artistes" dépendant du Système ont soutenu la candidate du Système, évidemment. Le spectacle des super-riches qui ne produisent aucun bien tangible, vivant une vie de méga-hyper-privilégiés (et souvent de débauche), faisant le tour du monde, et pas en "classe éco", faisant la leçon à l'américain moyen sur la masse de sa voiture, est évidemment ridicule pitoyable, insoutenable. Des corrompus normaux nous auraient épargné ce spectacle, même des hyper-corrompus. Eux ne peuvent pas s'en empêcher, si comprendre en quoi c'est choquant.

Ceux qui dénoncent le risque terrible de la mer qui monte (et accélère, on ne sait pas où ni depuis quand, mais surtout là où personne ne peut vérifier) sont souvent ceux qui ont une villa en face de la mer, et pas n'importe où : en Floride. Mais la Floride a tendance à s'enfoncer (très lentement), et l'eau semble donc monter un poil plus vite (mais ça laisse le temps de voir venir). Mais la contradiction n'est apparente à aucun de leur défenseurs.

La spécificité de la corruption systémique profonde est qu'elle touche la matrice du Système. Le Système est tellement corrompu qu'il ne sait plus qu'il l'est. La corruption et l'immoralité devient intrinsèque à ce système, comme (a+b)+1 = a+(b+1) est intrinsèque à l'addition des entiers.

Il n'y a donc plus de possibilité de voir ce qui est évident : la propagande anti-Trump débile n'est plus productive (pour autant qu'elle ait jamais eu un effet sur des gens qui n'étaient pas déjà hystérisés). Que valent les leçons historiques de ceux qui comparent TOUS les candidats du GOP à Hitler? Qui peut affirmer sans être complètement stone qu'un candidat "socialement conservateur" est PIRE qu'Hitler, que la comparaison avec Hitler est très en dessous de la menace? Ah oui, ils nous expliquent que TOUTES les autres fois, le candidat du GOP n'était pas réellement similaire à Hitler, ou proche, ou comparable, mais que cette fois c'est clair, net et précis : il EST Hitler (et probablement bien pire puisqu'il a une fille convertie au judaïsme, c'est dire si c'est un nazi vicieux).

Tout cela, et plus encore, a été non pas dit à la fin d'une soirée arrosée, mais écrit et posté sur des sites se voulant sérieux, dans une gigantesque orgie d'analogies historiques plus débiles les unes que les autres.

Écrit par : simple-touriste | 11 novembre 2016

@Géo : "Avec très peu d'états gagnés, comment peut-elle avoir plus de voix ???"
Il faut regarder la carte par "comté" : https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/981/files/2016/11/A-01-Carte-Trump-2-500x354.jpg

On peut voir l'opposition métropole - reste du pays. Elle a fait d'excellents scores dans les états urbains, moins dans les états ruraux.

Maintenant, sur 100 millions de votants, les sondeurs donnaient plutôt une différence qui aurait dû se compter en millions.

Écrit par : amike | 11 novembre 2016

@Géo: l'élection présidentielle américaine est décidée au "suffrage universel indirect", mode de fonctionnement rendu nécessaire par la nature fédéraliste des États-Unis d'Amérique. Le président n'est pas élu directement par les citoyens mais par les différents états fédéraux, par le biais de leurs Grands Électeurs.

Chaque État vote donc pour un et un seul candidat, que Clinton/Trump aient fait 49%/51% ou 75%/25% - c'est le "winner takes all". Ceci suffit déjà à amener de gros déséquilibres, puisque même si le vainqueur fait un score délirant dans un État cela ne lui amène pas plus de voix que ce que cet État peut lui apporter de toute façon. C'est ce qui s'est passé ici, avec de gros scores de Clinton à NY ou en Californie.

De plus, les États ont un nombre de Grands Électeurs proportionnel à leur population, mais au minimum 3, aussi petits et peu peuplés soient-il. Cette volonté de faire peser davantage les petits États remonte aux fondations de l'Amérique. Ces décalages et approximations font qu'on peut avoir une différence notable entre le nombre de scrutins exprimés au niveau national et le résultat des élections.

Bien que la pilule soit amère à avaler pour les Démocrates, remporter une élection sans obtenir la majorité populaire n'a rien d'inédit, le cas s'est produit à cinq reprises dans l'histoire. La dernière fois, c'était en 2000 avec l'élection de George Bush contre Al Gore.

Merci à amike pour sa carte.

Écrit par : Stéphane Montabert | 11 novembre 2016

Vous n'avez pas compris mon commentaire, Montabert. C'est la répartition des électeurs par état qui me paraissait bizarre et par électeurs, j'entendais "grands électeurs".

amike : en effet, c'est clairement une opposition ville-campagne. On sait qu'aujourd'hui les populations des villes sur la planète sont plus nombreuses que celles des campagnes. Dans des pays comme la France, cela ne donne aucune chance à Marine le Pen...

Écrit par : Géo | 11 novembre 2016

Question : Trump est-il pénalement responsable de l’assassinat de la “bien-pensance” et du “politiquement correct” aux Etats-Unis ?
Réponse : Non, car il n’est pas en possession de toutes ses facultés mentales : IL EST FOU.
Voici les mots (les trois derniers) que j’ai entendus ce matin sur France-info dans la bouche de notre distingué et richissime philosophe (fortune estimée : 400 millions d’Euros) – vous savez : celui à la chemise immaculée très largement échancrée sur une poitrine aussi superbe qu’imberbe. Sans démenti des journalistes qui l’interrogeaient.
Ce philosophe qui a écrit plusieurs fois que Trump ne pouvait pas gagner, que le Brexit ne pouvait pas se produire, qui a inspiré “cass’toi-pov’con”, qui lui-même a poussé H. Clinton pour intervenir avec lui en Libye, et qui est un des acteurs principaux du chaos qui s’en est ensuivi.
Interrogé ce matin à nouveau sur la Libye, il persiste à dire que c’était une intervention nécessaire, que celle-ci était tout à l’honneur de cass’toi-pov’con, qui a ainsi évité un bain de sang à Benghazi.
Le même philosophe se revendique, toujours ce matin, comme étant parmi les 1-3% de Français à affirmer que Scooter 1er – aussi avantageusement connu comme Savamieux ou Pasd’bol –, a été un très bon président, qu’il espère qu’il va se représenter et si oui, qu’il votera pour lui.
À la question posée à notre va-t’en guerre de philosophe : pourquoi un très bon président ?
Réponse : pour ses interventions au Mali, en Syrie etc.
Interrogé sur les manifs “Not-my-president” sur les côtes occidentales et orientales des US, le même philosophe leur donne raison, et les soutient. À la remarque d’une journaliste que Trump avait été largement élu, qu’on ne pouvait pas contester la démocratie, il a répondu que Clinton avait eu la majorité des voix, et pas Trump. 200 000 de différence.
C’est là la dernière retraite des anti-Trump. J’ai même lu, noir sur blanc, que l’élection de Clinton avait été volée aux Américains, que le système électoral aux USA n’était pas démocratique, et qu’il était grand temps de le réformer.
[Petite remarque qui répond en partie aux interrogations des intervenants précédents : les candidats ont bien sûr fait leur campagne électorale non pas pour avoir le plus de voix, comme en France, mais pour avoir le plus de grands électeurs. Ceci explique cela.]
Une suggestion à notre philosophe : au lieu d’un soutien seulement moral aux protestataires anti-Trump, pourquoi pas un soutien actif, genre Lafayette et son corps expéditionnaire, lors de la guerre d’indépendance contre les Anglais ? Ça aurait de la gueule ! Enfin un costume à sa mesure ! Mais, hélas ! Scooter 1er pourrait être moins à l’aise dans la peau de Louis XVI, vu comment ce dernier a fini.

Nous avons notre philosophe (carrément toxique de mon point de vue), vous les Suisses avez votre Tariq quelque chose.
Petite suggestion très personnelle : et si on faisait le troc, si on se les échangeait ?

Un dernier mot sur la “bien-pensance” et le “politiquement correct” auxquels je me référais ci-dessus. Ne nous faisons pas d’illusion : c’est comme l’hydre de la mythologie, quand on lui coupe une tête, il en repousse deux.
Illustration : j’ai entendu, toujours ce matin et sur la même radio, qu’il y avait eu un regain spectaculaire d’inscriptions sur les listes électorales en France depuis le tremblement de terre Trump. Ah bon ? Interview d’une nouvelle inscrite : à la question : pourquoi ce sursaut citoyen ? Suspense… La réponse : pour faire barrage au Front national.

Écrit par : AP34 | 11 novembre 2016

"Petite remarque qui répond en partie aux interrogations des intervenants précédents"
Comme si on ne le savait pas. Nous sommes Suisses, nous. On ne vit pas dans une dictature jacobine et on sait que USA veut dire états unis d'Amérique. Ce qu'un Français ne comprend qu'à moitié : il croit que ce n'est qu'un pays...

Écrit par : Géo | 11 novembre 2016

L'élection de ce clown grotesque est une grande chance pour l’Europe, nous allons enfin pouvoir juger les actions entreprises par ce ramassis nauséabond de droite et d'extrême-droite, qui allie à la perfection, la brutalité de la dictature du marché, la perte de la liberté au nom de la sécurité d’un état policier, et le nationalisme qui pue bien des pieds. (Les gens qui ont élus le gros Trump étant toutes et tous des bouseux racistes au QI d’huîtres, ils seront les premières personnes en a ramasser plein la gueule, bien fait !)

Pendant ce temps en France, la grosse blonde vulgaire, fille du tortionnaire borgne et escroc jubile, qu’elle en profite la gueuse, car le repoussant milliardaire risque de lui couper l'herbe sous les pieds, les français vont avoir l’occasion de juger ces prochains mois,dans un contexte réel, du programme repoussant qu’il souhaite mettre en place…

En suisse nous n'avons heureusement pas trop de soucis à nous faire, notre système politique empêche les nains de jardins haineux UDC d'infecter ce beau pays avec leurs minables et malodorantes idées fascisantes, ainsi leur capacité de nuisance et de destruction du vivre Ensemble s’en trouvent fortement réduite.

Écrit par : Lawrenti Breria | 12 novembre 2016

Dans toute famille respectable des Etats-Unis d'Amérique, l'on se doit d'apprendre le chinois.
Voici Arabella, petite-fille du Président élu, récitant un poème de Li Shen (772-846) à l'occasion de la nouvelle année:

https://www.instagram.com/p/BBm4NowCkIA/?taken-by=ivankatrump

锄禾日当午,
汗滴禾下土。
谁知盘中餐,
粒粒皆辛苦。

“Le paysan manie sa binette sous le soleil de midi
Et mouille la terre de sa sueur.
Quand arrive le plateau rempli de mets
Qui se soucie alors du labeur contenu dans le moindre grain?”

Écrit par : rabbit | 12 novembre 2016

@"Lawrenti Breria": d'habitude je ne laisse pas passer les commentaires balançant à la mitrailleuse les accusations de fascisme, racisme, extrémisme et tous les autres -ismes qui vous passent par la tête, mais je dois admettre que votre dernière tirade est collector.

Je vois à quel point vous incarnez la culture suisse - compromis, largesse d'esprit, respect de la démocratie et du pluralisme des opinions, modération dans les propos...

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 novembre 2016

C'est un fake: il a pris le nom de l'infâme «Lavrenti Pavlovitch Beria» comme pseudo, avec une orthographe approximative, pour un discours à la Jean Yanne dans "Les Chinois à Paris". Ceci explique-t-il cela, ou l'huître est encore l'avenir de l'homme ?

Écrit par : rabbit | 12 novembre 2016

De mon point de vue, le tombereau d'insanités déversées par Brairia méritait largement la poubelle.
Surpris de constater qu'il y a en Suisse des gens qui aiment autant se rouler dans la fange.
Je pensais que c’était une spécialité française.

PS1: Oups… je m'aperçois que j'ai commis un lapsus calamis, oui, sur le nom de notre distingué intervenant.
Cf. le Reverso en ligne :
Braire : crier pour un âne ou une ânesse.
Finalement, ce lapsus… je le garde, il est assez pertinent.

PS2: à Beria, j’espère pour son plus grand profit :
« Tout ce qui est excessif est insignifiant » Talleyrand dixit.

Oups… encore un lapsus.
Cf. Wikipedia
Beria : créateur du SMERSH
Cette fois, c’est plus que pertinent, ça devient brûlant.
Je préfère m'arrêter là !

Écrit par : AP34 | 13 novembre 2016

Lawrenti Breria, vous en avez d'autres comme ça, ou vous avez épuisé votre dico?

Vous facturez combien par page de cette prose? Vous avez beaucoup de clients?

Écrit par : simple-touriste | 13 novembre 2016

Une anecdote qui ne s’invente pas, et qui, en même temps, en dit long sur le pourrissement idéologique de notre corps enseignant français (j’imagine que c’est le même en Suisse).
C’est un commentaire de lectrice dans Dreuz :
« L’enseignante de mon fils (CM2) n’a rien trouvé de mieux que de demander à ses élèves de voter anonymement soit pour Trump, soit pour Clinton, le mardi 9 novembre dernier. Aucune présentation préalable des candidats, aucune présentation des enjeux de l’élection, aucune explication donnée quant à l’objectif de ce mini-vote. D’ailleurs en quoi la présidentielle américaine concerne des enfants français de 10 ans ?
Les élèves ont donc voté sans réelle connaissance de cause, ou en fonction des connaissances qu’ils ont pu obtenir à la maison, devant la télévision ou en suivant les conversations de papa-maman, eux-mêmes probablement conditionnés par la propagande politico-médiatique.
Mon fils, qui ne connaissait aucun des 2 candidats et n’avait aucun a priori, a voté Trump… simplement parce que son prénom lui rappelait le célèbre personnage de Disney et qu’il trouvait ça amusant.
Le lendemain, arriva ce qui devait arriver : les malheureux enfants ayant voté pour Trump se sont faits traités de racistes par leurs camarades « informés ». Quel coup de massue porté à l’innocence de ces gosses, quelle méprisable manipulation de la part de l’enseignante ! C’est un véritable piège qui a été tendu aux enfants. Dans quel but ? Pour connaître comment pensent les parents et les étiqueter ? »

Un micro-sondage pourtant bien inutile, puisqu’en France, comme dans le reste de l’Europe et en Asie, 80 % des populations, paraît-il, auraient voté Hillary. Avec cependant l’exception notable de la Russie.
À moins que ces sondages soient partout bidonnés, comme ils l’ont été aux US.
Pourtant la Chine savait, et elle en est d’autant plus impardonnable. Oui. Car après l’allemand Paul le Poulpe pour le football, elle a son singe oracle, Gueda, qui, lui, avait prédit la victoire de Trump. Mis en présence de deux bananes étiquetées des photos respectives de la démo et du républicain, il a, sans l'ombre d'une hésitation, avalé la banane Trump, sans accorder le moindre regard à la banane Hillary.

Écrit par : AP34 | 13 novembre 2016

"Je pensais que c’était une spécialité française." Très franchement, je ne suis pas raciste anti-français. Juste une relation d'amour-haine qui est d'ailleurs réciproque : voue ne nous ferez pas croire que les Français ont beaucoup de sympathies pour les Suisses...
Et donc : il y a beaucoup de Français en Suisse et il y en a même qui écrivent dans les blogs...même une qui s'est fendue d'un livre pour dire que les Suisses, c'était pas vraiment le milieu culturel qu'elle préférait. Après les déclarations de Yann Moix, le livre de Hess...

Écrit par : Géo | 13 novembre 2016

Je connais ce genre de singe, c'est un macaque du Tibet que l'on trouve dans le sud-ouest de la Chine. C'est un très bon signe, parce que selon Wiki: «Comme beaucoup des primates étudiés à ce jour, les macaques du Tibet se réconcilient après un conflit, c'est-à-dire que dans l'ensemble, les opposants s'engagent dans une interaction affiliative immédiatement après un conflit à une fréquence plus importante qu'à n'importe quel autre moment». Alors que chez Hillary, la lutte à mort est la seule issue possible.

Écrit par : rabbit | 13 novembre 2016

Ci-dessous la traduction d’un article en anglais, paru le 11 novembre dernier, dans American Thinker. C’est un article d’une profondeur de vue rarement atteinte, littéraire en même temps, qui vaut vraiment d’être lu et relu. On a là une idée de ce à quoi l’Amérique, et le monde avec elle, a échappé. Le lien est en bas.
Avertissement : Les explications entre parenthèses [ et ] sont miennes.

«  Il se peut que Trump ait apporté sa contribution la plus importante à la Nation avant même d’avoir pris ses fonctions : c’est la destruction d’Hillary Clinton et de sa machine politique totalement corrompue.
Il est difficile d’apprécier l’énormité des dommages que Clinton et sa clique auraient infligés à ce pays, eût-elle été élue. Des hyperboles de ce type sont devenues des lieux communs dans la rhétorique politique ces dernières années – chaque jour nous entendons : “Obama a détruit le pays” –, quand, en fait, les résultats de mardi ont démontré exactement le contraire [j’imagine qu’il veut dire que si le pays avait été détruit, il n’aurait pas eu le ressort suffisant pour se reprendre comme il l’a fait en votant Trump]. Mais Clinton est d’une autre essence – une espèce de concentré de corruption et de vilénies qu’on rencontre rarement en dehors de la fiction. Quatre années de Clinton auraient laissé les US dans un état de décomposition inédit depuis la chute de la république italienne à la renaissance.
Les lecteurs d’American Thinker n’ont pas besoin d’un récital sur les crimes des Clinton, d’ailleurs, cet espace n’y suffirait pas. Un rapport complet, depuis la firme “Rose Law”, en passant par “Whitewater”, jusqu’à Bengazi, demanderait un nombre incalculable d’articles de la taille de celui-ci. Cerise sur ce gâteau empoisonné, nous pouvons mentionner son aide à la libération d’un violeur d’enfants, ses plaisanteries à ce sujet, et son appropriation de fonds destinés à secourir le plus misérable des pays de la Terre, Haïti.
Ce n’est pas aller trop loin que d’affirmer qu’il n’y a pas la moindre lueur de magnanimité, de tendresse, ou de simple décence dans la conduite d’Hillary Clinton. C’est uniquement une collection de crimes et de dissimulations, le moindre d’entre eux aurait ruiné la carrière de tout autre politicien. Chez elle, c’est même difficile de se souvenir du plus petit simulacre d’humanité, comme s’y essaient avec succès des dictateurs du type Kim ou Castro. Un tel effort de sa part n’aurait d’ailleurs convaincu personne. Hillary Clinton est simplement le type même de l'enragée – un tourbillon d'égoïsme, d'avidité et de malfaisance.
De même, il serait quasiment impossible de citer le moindre de ses accomplissements. Le bouton “reset” [remise à plat des relations avec la Russie] ? Bengazi ? La Syrie ? La totalité de sa carrière est aussi vide que le désert de Gobi, des nullités qui n’atteignent même pas le niveau de la médiocrité.
C’est même évident dans son aspect physique, qui est suffisant pour susciter l’inquiétude de tout observateur sain d’esprit [l’article montre à l’appui son visage aux yeux roulants et exorbités que chacun a pu voir déjà]. L’éclat presque dément de son regard, la froideur, les rides d'expression gravées par les décennies de sarcasmes. Clinton a été la belle-mère de cauchemar [par opposition au “gendre idéal”], le professeur vicieux, la manipulatrice. Je me souviens d’une ligne d’un conte à demi oublié : “le masque de l’atrocité” : c’est tout à fait ça.
Tout ceci est corroboré par les dires de collègues et de subalternes, une litanie d'insultes, d’emportements, d’objets fracassés au sol, et d’humiliations infligées.
Sa seule vraie relation humaine est avec celle dont le mariage se termina récemment de la manière la plus spectaculaire qui l’on puisse imaginer, une relation grotesque avec un autre personnage également étrange : Huma Abedin, qui pourrait l’avoir établie [cette relation] et cultivée sur ordre [sous-entendus ici : les liens de cette dernière avec les Frères musulmans égyptiens. En filigrane : H. Abedin pourrait être en mission d’espionnage à leur profit].
À la lumière d’un tel palmarès, digne de celui d’un criminel établi, par quel miracle a-t-elle pu s’élever si haut ? Comment a-t-elle, à quelques millions de voix près, failli prendre le contrôle de la nation la plus puissante sur la planète ?
De tout temps, des hommes de réputation ont commis des crimes, ont menti, se sont pervertis et compromis pour assurer leur carrière. Ces derniers mois, nous avons vu des membres de cette soi-disant élite conservatrice [des républicains] dire qu’ils préféraient voter pour elle pour des raisons qu’il était inutile de creuser. Une liste de ces gens doit être dressée afin de savoir qui mettre de côté dans le futur.
La crainte est sans doute la réponse. Il y a la connexion pas encore entièrement élucidée entre la maffia du Sud [j’ignore de quelle maffia il s’agit exactement] et la machine Clinton. Une machine très efficace pour déterrer les petits et grands secrets des personnages en vue. En suspendant ces secrets peu avouables au-dessus de leurs têtes, par la menace et le chantage, elle les tient à merci. Rappelez-vous Daniel Moynihan, en aucune façon un personnage ignoble, se tenant humble et la tête courbée tandis qu’il acceptait de soutenir Hillary Clinton dans sa conquête du siège de Sénatrice.
L’idéologie est une autre réponse. D’une certaine façon, Clinton est devenue le paradigme de la gauche, avec les répétitrices de ses slogans produites en série dans les universités, renforcées de leurs sœurs féministes enragées. Au-delà, il y a la cohorte des femmes promues, par la grâce de la discrimination positive, à des positions sans rapport avec leurs capacités. Alors que ces personnes n’auraient pas dû sortir de positions subalternes où leur malignité aurait pu être contenue. Clinton a été le porte-parole de ce groupe, qui est plus important qu’on ne l’imagine, depuis pas mal de temps.
Mais il y a davantage. Si on se penche sur l’Histoire, on trouve de nombreux exemples d’individus qui ont défié toutes les règles, violé toutes les normes pour se hisser au sommet. Sans que personne ne s’y opposât vraiment. Hitler est l’exemple évident, mais il y en a beaucoup d’autres. Ça semble même être une constante historique. Je soupçonne qu’il y a à cela de profondes racines sociobiologiques, que c’est le résultat du cynisme et de l’hypocrisie sous-jacente dans toutes les sociétés. Un individu particulier devient le canal des volontés inconscientes de défi et de violation des règles établies, et on lui permet des actes que les autres voudraient, mais n’osent, commettre. [Pour ceux qui connaissent la physique : c’est l’effet tunnel en mécanique quantique.]
Nous voyons des perversions similaires chez ceux qui idéalisent des criminels, tels Dillinger ou Willie Sutton, et celles qui deviennent amies et même épouses de monstres tel Charles Manson [Ainsi, chez nous, Patrice Alègre, Guy Georges ou Francis Heaulme ont des femmes amoureuses à leurs pieds, prêtes à les épouser et à leur donner des enfants ; pour certains, c’est déjà fait.]
La carrière des Clinton deviendra sans doute un sujet d’étude pour les historiens du futur. Il est indispensable de créer les outils et les méthodes pour identifier de tels cas, et les contenir. Il est également nécessaire de procéder à une introspection attentive, de scruter notre société, notre manière de vivre, et d’identifier les faiblesses qui permettent à de tels personnages de déambuler sur la scène politique aussi longtemps sans être le moins du monde inquiétés.
Nous avons le temps maintenant de nous livrer à cette analyse. Clinton est finie. Elle ne deviendra jamais la Messaline américaine. Elle est trop atteinte physiquement pour pouvoir attendre un second terme. D’un autre côté, un dirigeant criminel est marqué d’un signe indélébile. Quand ce dirigeant est fort, les choses continuent à tourner comme s’il s’agissait d’un mouvement perpétuel. Mais dès lors qu’il y a un signe de faiblesse, les copains-coquins vont commencer à faire le vide autour d’elle, ceux dont elle s’est servie, qu’elle a blessés, vont vouloir se payer de retour, et les autorités vont enfin se remuer pour y regarder de plus près. Les enquêtes actuelles vont continuer et s’étendre. D’autres vont s’ouvrir. Clinton peut s’attendre à passer une vieillesse agitée, dans les prétoires. Elle finira comme l’un de ces fameux maffiosi que ses avocats exhibaient dans une chaise roulante afin de susciter la pitié des jurys. Et c’est bien ce qu’on peut lui souhaiter. Crimes et châtiments.
Nous devons notre gratitude à Donald Trump pour ça. J’ai personnellement des doutes sur lui. Lui manquent l’expérience et le caractère. Sa volonté excède probablement sa capacité. Il va s’engluer dans la bureaucratie. Il ne présidera pas à une renaissance américaine.
Mais s’il réussit à accomplir deux choses : inverser le flux migratoire, et sauver la Cour suprême, ce sera déjà beaucoup. Parce qu’il a déjà accompli son œuvre maîtresse : épargner aux Etats-Unis de tomber entre les mains d’une maffia criminelle. C’est déjà assez pour une vie et pour un homme. »

Le lien :
http://www.americanthinker.com/articles/2016/11/thanks_to_trump_america_dodged_the_bullet_.html
Il y a ce jour plus de 500 commentaires. Je ne les traduirai pas !

Écrit par : AP34 | 13 novembre 2016

à Géo :
"un livre pour dire que les Suisses, c'était pas vraiment le milieu culturel qu'elle préférait."
Je crois que c'est Gide qui dit, dans l'Immoraliste: « Honnête peuple suisse ! Se porter bien ne lui vaut rien... sans crimes, sans histoire, sans littérature, sans arts... un robuste rosier, sans épines ni fleurs !"
Depuis Gide, l'immigration est passée par là, et vous avez les crimes, mais peut-être toujours pas la littérature ni les arts…? Ne vous fâchez pas, je pose seulement la question.
Rappelez-vous l'affiche des opposants à Mitterand en 1981 : on voit une rose et une main qui serre la tige si fort que des gouttes de sang perlent. Évidemment, sans épines, pas de risque de ce côté-là.
Des gens comme Beria, ici présent, peuvent continuer à s'ébattre dans le fumier… c'est vrai que c'est ce qu'il y a de meilleur pour la robustesse des rosiers.

Écrit par : AP34 | 13 novembre 2016

"voue ne nous ferez pas croire que les Français ont beaucoup de sympathies pour les Suisses..."

En effet, la Suisse a toujours cette image dég...asse

- d'une part de paradis fiscal, pour que des riches dont l'argent a une origine parfaitement documentable et légale, comme les businessmen honnêtes, les artistes, les sportifs
- et surtout paradis des fortunes non explicables (mafieux de divers origines).

C'est pour cela que l'action de Nicolas Sarkozy visant à forcer les banques suisses à donner les informations sur leurs clients a été très populaire en France.

Écrit par : simple-touriste | 13 novembre 2016

Question Mr.Montabert, pourquoi la Suisse (via le DDC) a versé 500'000 Frs. à la fondation Clinton ???

Écrit par : 100 blagues | 13 novembre 2016

@ AP34

Ces mots adressés par Napoléon à son grand chambellan Talleyrand qu'il soupçonnait de trahison:

"Monsieur, vous êtes de la merde dans un bas de soie".


Je comprends mieux pourquoi vous le citez!

Écrit par : Lawrenti Beria | 14 novembre 2016

" mais peut-être toujours pas la littérature ni les arts…? Ne vous fâchez pas, je pose seulement la question."
Vu la taille de la Suisse FRANCOPHONE (1/3 de la Suisse), les artistes et les littérateurs suisses romands vont à Paris et les Français les assimilent : Cendrars, le Corbusier, Vallotton, Steinlen, Godard, etc, etc. Ramuz en est revenu, Godard aussi, ce qui est étonnant de sa part : il hait la Suisse et paie ses impôts en France ! (enfin, c'est ce qu'il prétend...).

Écrit par : Géo | 14 novembre 2016

"Question Mr.Montabert, pourquoi la Suisse (via le DDC) a versé 500'000 Frs. à la fondation Clinton "
Mme Calmy-Rey était fascinée par Hillary. Un vrai modèle pour elle...

Écrit par : Géo | 14 novembre 2016

Je vois que Beria – je constate, comme vous, qu'il a maintenant enlevé le r de sa signature, l'aurais-je influencé? – persiste et signe dans le genre scatologique. Heureusement que les odeurs ne sont pas encore transmises par l'ADSL, ni même par le cable !
PS: Ce qui n'empêche pas, évidemment, sa citation à propos de Napoléon sur Talleyrand d'être authentique.

Écrit par : AP34 | 14 novembre 2016

AP34 @ Ne vous inquiétez pas, ce triste sire intervient depuis longtemps sous différents pseudos provocateurs issus du fascisme rouge. Ce serait mon blog, je ne publierais pas ses déjections, mais notre hôte est semble-t-il frappé du syndrome de Stockholm propre à ceux qui n'ont pas vraiment assimilé ce que démocratie veut dire. En tout cas pas de se laisser ... dessus par le premier facho venu, rouge ou brun.

Écrit par : Géo | 14 novembre 2016

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