01 novembre 2016

La campagne d'Hillary Clinton explose en plein vol

Je n'avais pas prévu de revenir sur l'actualité de la campagne présidentielle américaine mais compte tenu des revirement spectaculaires de ces derniers jours, est-il possible de faire autrement?

clinton_emails.jpg

Ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec quelques scandales collant aux basques d'Hillary Clinton peuvent se référer à un ancien billet sur le sujet. Depuis, l'eau aurait dû couler sous les ponts. Le scandale consécutif à l'enregistrement de propos salaces de Trump à son insu en 2005 aurait dû démolir ses dernières chances de succès pour les élections. Hillary aurait dû triompher sans coup férir... Mais il est des campagnes où rien ne se déroule comme prévu.

Il était une fois un serveur mail

En 2009, lorsque Hillary Clinton accéda au poste de Secrétaire d’État sous la présidence Obama, les Clinton mirent en place une messagerie parallèle, privée. Pendant des années, les affaires ayant trait à la diplomatie américaine circulèrent à travers l'adresse électronique HDR22@ClintonEmail.com. Ce serveur mail privé était en parfaite violation du Federal Records Act, qui impose une copie pour archivage des communications officielles des élus et hauts fonctionnaires pour des activités liées à leur mandat, et de la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act) permettant à toute personne en faisant la demande de consulter ces échanges, sauf ceux classés confidentiels ou secret-défense.

Il faut noter que Mme Clinton savait parfaitement qu'elle violait la loi, sauf à faire preuve de troubles de la mémoire confinant à la démence. En 2007, alors dans l'opposition, elle reprocha à des élus républicains leur utilisation de mails privés dans le cadre de leurs fonctions. En 2011, alors même qu'elle utilisait son serveur privé, elle envoya un message enjoignant les ambassadeurs sous ses ordres à ne pas utiliser des adresses privées. En 2012, elle réprimanda sévèrement un ambassadeur et le licencia ensuite pour être passé outre.

La révélation de l'existence de ce serveur mail (par hasard, à travers le piratage du compte mail d'un proche des Clinton) entraîna une enquête. Sommée de s'expliquer, Hillary Clinton déclara que ces e-mails ne concernaient rien d'important, en imprima des milliers de pages et les fournit au FBI. Mais 33'000 messages manquaient à l'appel, couvrant par exemple la période critique de l'activité de Secrétaire d’État de Mme Clinton pendant l'attaque du Consulat américain de Benghazi, en Libye, où un diplomate américain de haut rang trouva la mort.

Mme Clinton prétendit que les e-mails manquants n'avaient aucune importance, comme les cours de yoga de sa fille, et relevaient de la sphère privée.

Sommée de livrer son serveur aux autorités, Hillary Clinton en fit effacer le contenu avec un logiciel professionnel, affirmant qu'il s'agissait d'une "simple erreur de manipulation" du technicien, sans préméditation. Les internautes purent démontrer qu'il s'agissait là d'un mensonge grossier, le technicien en question cherchant à savoir comment effacer des données sensibles plusieurs mois auparavant.

Sans avoir accès à l'entier de la correspondance d'Hillary Clinton, les enquêteurs du FBI parvinrent à trouver des données classifiées dans les mails "gracieusement fournis" par l'ancienne Secrétaire d'État. Mais tout ceci se termina abruptement en juillet par la décision de James Comey, directeur du FBI... De clore l'enquête, à la stupéfaction générale. Mme Clinton fut réprimandée pour sa "grave négligence" et ce fut tout.

Démocrates et journalistes chantèrent des louanges et tressèrent des lauriers à James Comey, incarnant le bon sens et la raison, alors que le grand public et les Républicains restaient pour le moins dubitatifs sur cette conclusion en queue de poisson.

Mais ça, c'était avant.

Réouverture de l'enquête

L'annonce par James Comey de la réouverture de l'enquête du FBI sur les e-mails de Clinton à moins de deux semaines de l'élection présidentielle fit l'effet d'une bombe.

hillary clinton,usa,élections
James Comey, héros le 6 juillet, traître à la nation le 29 octobre - toujours ce traitement
équilibré de l'information (exemple tiré du Washington Post ; cliquez pour agrandir)

À ce stade, nous ne savons pas encore quelles sont les nouvelles données sur lesquelles le FBI a pris sa décision, mais une chose paraît certaine: une annonce pareille si près d'un scrutin aussi important implique que le FBI soit tombé, au minimum, sur de la dynamite.

Nous savons en revanche d'où viennent ces nouvelles données: de l'ordinateur d'Anthony Weiner, politicien démocrate de New York et pédophile notoire. En fouillant dans les e-mails de ce sinistre personnage, les enquêteurs n'ont pas trouvé que des images pédophiles, mais aussi... des dizaines de milliers de courriers électroniques liés à Hillary Clinton et à son serveur mail.

Car il se trouve que M. Weiner est aussi le mari de Huma Abedin, principale aide de camp d'Hillary Clinton depuis vingt ans, une collaboratrice si proche d'elle que Clinton la qualifie parfois de "fille adoptive".

À ce stade, nous ne savons pas non plus comment ces courriers se sont retrouvés là - probablement des mécanismes de réplication entre comptes mails oubliés depuis longtemps, dont l'enquête éclairera peut-être la mise en place et la motivation.

Toujours est-il que la campagne présidentielle d'Hillary Clinton vient d'exploser en plein vol.

La machinerie Clinton se pulvérise

Selon toute vraisemblance, le FBI vient probablement de mettre la main sur les fameux 33'000 e-mails manquants dissimulés par Hillary, et sans doute de nombreux autres. La nouvelle est tellement importante qu'il n'est pas possible de la cacher, de la minimiser, de la détourner - même si tous les médias s'y emploient.

La fin de campagne présidentielle s'est transformée en cauchemar pour Hillary. Les accusations de Trump font mouche. Son serveur mail était au cœur de toute sa communication - non seulement ses entorses au protocole dans son rôle de Secrétaire d’État, mais aussi les affaires ayant trait à la Fondation Clinton et au trafic d'influence entretenu par le couple en préparation de son retour au pouvoir. Le FBI a désormais également placé la Fondation sous enquête.

Les informations filtrées peu à peu corroborent celles que diffuse depuis des jours Wikileaks à travers le piratage du compte Gmail de John Podesta, chef de cabinet de la Maison Blanche de Bill Clinton entre 1998 et 2001, puis conseiller spécial de l'administration Obama en 2013, puis directeur de campagne d'Hillary Clinton pour les présidentielles de cette année.

Les cartes sont retournées les uns après les autres, révélant leurs secrets. La mise aux enchères de postes d'ambassadeurs. Le chantage à l'extorsion exercé contre des Saoudiens. Les manipulations d'Hillary pour évincer Sanders des primaires démocrates. Les débats truqués. La collusion avec la Ministre de la Justice, qui a invoqué depuis le Cinquième Amendement pour ne pas témoigner contre elle-même. La complicité d'Obama dans cette histoire de serveur mail privé, ses efforts pour enterrer l'affaire, et même sa propre utilisation d'une messagerie parallèle. L'utilisation d'activistes payés pour provoquer la violence dans les réunions électorales de Donald Trump.

Les ondes de choc sont incalculables et promettent de résonner longtemps, longtemps après que les Clinton et leurs complices croupissent en prison - une issue qui paraît de plus en plus vraisemblable.

Reste une seule question - Que va-t-il se passer maintenant? Charles Gave tente de répondre:

Jamais les milliers d'e-mails ne pourront être traités dans les jours qui viennent et donc l'élection va avoir lieu dans la plus grande incertitude juridique. Si des preuves certaines sont trouvées, madame Clinton ira en prison, certainement.

Si les citoyens sont assez bêtes pour voter pour quelqu'un qui risque d’aller en prison à peine élu (...) alors nous aurons une crise de régime aux USA, de nature constitutionnelle.

Le Président nouvellement élu sera traduit devant un tribunal constitué par le Congrès et sera sans doute "impeached" par la Chambre des Représentants qui laissera au Sénat la responsabilité de destituer le Président. Voilà qui rendra les US quasiment ingouvernables pendant au moins deux ans, jusqu'à l'élection suivante.

Si monsieur Trump est élu, ce qui me paraît de plus en plus probable, madame Clinton et sans doute son Bill de mari iront en prison où ils risquent de retrouver une grosse partie de l'administration Obama, en commençant par la Ministre de la justice.

Et je ne pense pas que le Président Trump sera particulièrement généreux pour ceux qui l'insultent depuis plus d'un an.


Mais bien des incertitudes subsistent. Pour commencer, il n'est pas du tout certain que les États-Unis parviennent à déterminer qui sera leur Président au lendemain de l'élection présidentielle.

De nombreuses surprises nous attendent sans doute encore.

Commentaires

La rumeur dit (mais est-elle moins fiable que les journaux officiels du Système ? -excellente, votre superposition des unes du Washington Post) que le FBI aurait été poussé à agir par le fait que les mails révèlent que Tatie Hillary tentait de couvrir les agissements pédophiles de Wiener.

Écrit par : Franck Boizard | 02 novembre 2016

Je ne crois pas à la prison.
Tous ces politiciens se tiennent les coudes. Si un jury la jette en prison, les démocrates diront que c'est un coup bas des républicains et riposteront méchamment. Je ne doute pas une seule seconde que les démocrates aient de quoi condamner 99% des membres du congrès.
Donc si DJT est élu, il pardonnera comme pour Nixon. Je pense que le Donald a beaucoup de qualité mais de là à mettre Bill, Hillary, Podesta, Obama en taule il y a un pas…

Écrit par : Rastapopoulos | 02 novembre 2016

L'élection de Donald Trump permettrait-elle enfin à Ron Paul, ou à son fils Rand, de jouer un rôle politique ?

Écrit par : rabbit | 02 novembre 2016

Remarquons la ligne de défense de Clinton :
1) Dire que le dossier du FBI (concernant ses emails) est vide.
Alors qu'elle est la mieux placée pour savoir que c’est le contraire qui est vrai, et que son dossier est plus que plein.
2) Proposer à Comey (directeur du FBI) de les rendre publics.
Alors qu'elle sait mieux que personne (elle est avocate) que c'est impossible car il y a enquête et par-dessus, le secret défense.
Mais c’est la bonne tactique, ce stratagème va probablement continuer d'abuser une grande partie de ses électeurs américains et de ses fans en Europe, en particulier les qq intervenants de ce présent blog qui lui sont favorables.
Sans comprendre que si Comey a pris le risque de remettre ça sur la table – alors qu'il l'avait précisément mise dessous il y a peu –, c'est bien sûr que les emails en question renferment des bombes dégoupillées, sinon des missiles de croisière.
Certes, les Clinton sont coupables de crimes contre la loi et la Constitution américaines. Mais, plus grave encore, ils ont vraisemblablement du sang sur les mains. Pas directement, bien sûr. Mais pour avoir probablement commandité des crimes de sang. Car la probabilité est nulle que la quarantaine de morts qui jalonnent leur route depuis l’Arkansas (Bill y était gouverneur) soit le fait du pur hasard ou de coïncidences. Ces gens qui se sont suicidés, ou ont été victimes d’improbables accidents, étaient tous, de près ou de loin, des embarras pour les Clinton, ou des témoins à charge contre eux dans divers procès auxquels ils ont eu à faire face (encore deux il n'y a pas longtemps).
Cette famille est clairement maffieuse.
Al Capone faisait le trafic d’alcool, ses successeurs d’après la prohibition faisaient celui de la drogue et du sexe. Eux ont trouvé un nouveau trafic, tout aussi juteux. Celui, à travers leurs positions de pouvoir, des avantages financiers, juridiques, des prébendes politiques etc.
On dit qu’à la fin de la présidence de Bill, les Clinton étaient ruinés. Et que depuis 2001, cad en une quinzaine d’années, ils auraient amassé une fortune d’environ 300 millions de dollars, 20 millions par an. Ça fait bcp ! Surtout quand on n'a rien à vendre, qu'on ne construit rien (pas comme Trump), et en l’absence d’une activité fortement rémunérée, comme celle d’un PDG d’une grande entreprise, d’un sportif, ou d’une star du show-biz ou autre.
Encore que j’ignore si ces 300 millions représentent leur fortune personnelle, le capital de leur Fondation, ou si les deux sont des vases communicants.
Obama, dans toute cette histoire, n’est pas blanc comme neige. Autrement dit : il est mouillé. Sa rage à défendre Clinton et à attaquer Trump le montre à l'évidence.
Et d’autant plus que par de tels agissements, il a enfreint une tradition séculaire qui veut qu’un président en exercice ne prenne pas parti pour un quelconque candidat à sa succession, à fortiori quand c’est celui de son parti.
Il y a aux US une corruption généralisée au plus niveau de l’État (cf. Lynch, secrétaire à la Justice et procureur général des US, Comey lui-même, et à travers lui le FBI, qui ont tous précédemment tenté de noyer l’affaire des emails de Clinton).
Il faut une purge d’importance.
Pour mémoire : un qui s’y connaissait en matière de purges, c’est Staline, cf. celles dites “de Moscou” des années 1937-1938. Personne ne pourra plus lui demander de conseils sur les méthodes à suivre… il y en aurait pourtant besoin !
à S. Montabert :
Vous faites référence à des emails “oubliés” dans un ordinateur de Weiner, mari de Huma (drôle de prénom, il manque un n !) Abedin, elle-même alter ego de H. Clinton.
Il y a une hypothèse, de mon point de vue, plus vraisemblable. C’est que ce Weiner avait gardé ces emails – au lieu de les effacer – comme provisions pour la route. Enfreignant constamment la loi par ses comportements sexuels dévoyés, il savait qu’il était exposé et qu’un jour ou l’autre ces emails pouvaient servir de monnaie d’échange. Pour lui, il ne fallait pas attendre, c’était maintenant, à qq jours de l’élection présidentielle, que la valeur de cette monnaie était la plus élevée.
Je vois très bien un deal avec le FBI : « Mes mails contre l’abandon des charges pour mes crimes sexuels et l’oubli des 20 ans de prison qu’il y a pour moi à la clef. »

Écrit par : AP34 | 02 novembre 2016

@Rastapopoulos: ma foi, si Hillary Clinton a trempé dans davantage que des "crimes en col blanc" elle pourrait choquer suffisamment l'opinion pour devoir subir un vrai procès, avec prison à la clef.

@Rabbit: Ron Paul et Rand Paul n'ont pas disparu de la vie politique, bien au contraire. Une fois l'épisode des primaires républicaines passées (où Rand Paul s'est fait étriller par Trump) l'élu républicain a repris son rôle au Sénat, où il s'efforce toujours de préserver la Constitution avec son talent habituel.

@AP34: un juriste fit remarquer à Mme Clinton que ses emails étant sa propriété, elle pouvait et peut toujours les divulguer au grand public comme elle le souhaite, à n'importe quel moment.

Je ne sais pas si sa tactique de déni est bonne, les sondages semblent montrer le contraire. La crédibilité d'Hillary Clinton est en miettes sauf chez ses supporters les plus aveugles. Les Américains ont compris que Comey n'aurait pas rouvert une enquête pareille à dix jours de l'élection si les agents du FBI n'avaient découvert des faits extrêmement graves. Et il est difficile de le faire passer pour un agent russe... Mais ils essaient, et s'enterrent en essayant.

Quant à votre hypothèse d'un marchandage, je doute de sa plausibilité car jusqu'à présent il semble que M. Weiner lui-même ignorait la présence de ces emails sur son propre ordinateur.

Mais nous n'en sommes qu'au début de cette nouvelle enquête.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 novembre 2016

Vous allez trop vite en besogne. Il y a encore quelques jours avant l'élection. Quelle sera la prochaine bombe et contre qui ? Je parie pour l'élection de Hillary. Cela dit, Charybde ou Scylla...
Je ne sais pas comment vous arrivez à vous convaincre qu'il y a quoi que ce soit de positif chez Trump. Mais cela dégrade l'image de votre jugement, sans aucun doute.

Écrit par : Géo | 02 novembre 2016

Le pouvoir d'un président américain n'est pas aussi absolu que celui du nord-coréen actuellement en poste, ô Géo, il y a davantage de monde pour payer les pots cassés.

Écrit par : rabbit | 02 novembre 2016

@Géo: on sait très bien que personne ne trouve grâce à vos yeux. Le fait est que le choix est entre Clinton et Trump, point barre, alors plaider que c'est Charybde contre Scylla ne sert absolument à rien. De toutes façons vous ne votez pas plus que moi sur cette élection, alors...

Quant à Trump, j'arrive à me convaincre qu'il y a des choses positives chez lui simplement parce que je ne me contente pas de la propagande dont les médias nous abreuvent, mais parce que je suis allé à la recherche de l'animal, de son programme, de ses discours.

Tenez, son programme pour les 100 premiers jours:
http://www.breitbart.com/2016-presidential-race/2016/10/22/donald-trump-contract-american-voter-100-days-5338007/

Sérieusement, dites-moi où vous l'avez lu fidèlement retranscrit dans nos médias, juste pour rire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 novembre 2016

Je vois que Geo évolue sensiblement dans ses positions.
Maintenant il en est arrivé à conclure que l'un est Charybde et l'autre Scylla. À moins que je n'y aie rien compris, et que ce soit précisément l'inverse.
Évidemment, en adepte de la lutte des classes comme tout gauchiste qui se respecte, il ne peut rien trouver de positif chez un milliardaire qui exploite à merci les centaines de personnes qui travaillent pour lui.
Par ailleurs, le fait que Trump n'ait pas sa queue dans sa poche ne fait pas forcément de lui un satyre. Que je sache, il n’a jamais violé personne ! Contrairement au mari de celle qu’il porte au pinacle, et qui elle-même a menacé la victime pour qu’elle retire sa plainte.
Des femmes ont été payées pour dire qu’il les avait pelotées. En trouver pour affirmer qu’il les avait violées est bcp plus cher, et le risque au pénal est aussi bcp plus grand pour celles qui s’y risqueraient.
S'il était riche et puissant comme Trump, Geo aurait aussi des femmes qui bourdonneraient autour de lui comme des guêpes autour d'un pot de miel.
Ce qu'elles cherchent en général, c'est à se faire faire un enfant, pour ensuite faire reconnaître la paternité au tribunal et en toucher les dividendes.
Des stars comme Johnny Halliday et d'autres ont bien raconté comment ça se passe.
Difficile de résister dans cette situation.
Mais Geo, le parangon de vertu, c'est sûr, lui résisterait.

Écrit par : AP34 | 02 novembre 2016

Yeah ! Et puisque nous en sommes à invoquer les Antiques, rappelons aux deux candidats que la roche tarpéienne est proche du Capitole...

Écrit par : rabbit | 02 novembre 2016

"Je vois que Geo évolue sensiblement dans ses positions."
Pas le moins du monde, cela fait depuis longtemps que j'ai sorti Charybde et son copain Scylla. Je ne vote pas mais j'observe que de nombreux Américains ont la même attitude. On ne vote pas pour, mais contre.
Comme en France, quoi...

Écrit par : Géo | 02 novembre 2016

Et «Le Monde» vient de balancer un truc comme-ça:

«Election américaine : Donald Trump embarrassé par le soutien du journal du Ku Klux Klan»

Il y a quand-même de sacrées pelures. Les coups les plus vils sont permis.

Je suggère que dans le futur, les élections ça se règle en duel à l'épée, à l'aube du jour des morts, au milieu d'un champ.

Écrit par : petard | 03 novembre 2016

Commentaire clair er instructif

Écrit par : Tavetaretine | 03 novembre 2016

"Je ne vote pas mais j'observe que de nombreux Américains ont la même attitude. On ne vote pas pour, mais contre. Comme en France, quoi"
écrit Geo ci-dessus.
Oui pour la France: Juppé et Sarkozy.
Mais détrompez-vous, c'est non pour les US.
Trump attire les foules dans ses meetings, il suscite un véritable enthousiasme. De par sa personnalité, il est en effet un homme qu'on adore ou qu'on déteste. Il est blanc, il est noir, mais jamais gris.
Si ces foules s'apprêtent à voter pour lui, ce n'est pas pour faire barrage à Clinton, c'est tout simplement un vote d'adhésion à ses idées.
Ce vote sera bien sûr aussi contre Clinton, mais indirectement. Il faudrait autrement pouvoir déposer deux bulletins, un Oui pour tel candidat, un Non pour tel autre. Ce serait peut-être une idée à creuser…
En France, c'est en effet différent:
On a déjà donné avec Sarkozy : bcp de paroles, mais peu d'actes. Normal quand on veut plaire à tout le monde.
Juppé est un homme naturellement sévère, guindé, mal à l'aise dans les foules, c'est aussi l'eau tiède, son charisme est celui d'une huitre, comme on dit !
Bref, il ne soulève pas les passions. Alors c'est exact: bcp de ceux qui vont voter pour lui le feront pour contrer Sarkozy.
Ce mécanisme s'est déjà produit en 2012, c'est comme cela qu'Hollande a été élu. On ne voulait déjà pas revoir Sarkozy, et DSK s'est volatilisé, comme on sait. Résultat : Hollande s'est retrouvé président presque par hasard, c'est un président par défaut.

Écrit par : AP34 | 03 novembre 2016

@AP34: en effet, l'adhésion aux idées de Trump est forte aux USA, ses répliques font mouche, ses meetings attirent les foules. N'oublions pas qu'il a réussi à triompher de ses onze concurrents lors des primaires républicaines!

Toutefois, avec la façon partielle et partiale dont il est dépeint dans les médias et en particulier en Europe, pareil raisonnement est impensable. Le programme politique de Trump n'est même pas présenté. En fait, on a l'impression que seule la bigoterie, l'aveuglement et le suivisme du Parti Républicain peuvent amener à voter pour lui.

En France et dans n'importe quelle démocratie malade (comme en Suisse au CF), on ne vote pas pour quelqu'un, mais contre quelqu'un d'autre. Cela a pour effet de pousser au sommet les personnalités les plus faibles.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 novembre 2016

Excellente définition de la médiocratie.

Écrit par : rabbit | 03 novembre 2016

«la façon partielle et partiale dont il est dépeint dans les médias et en particulier en Europe»

Les médias européens se comportent comme si les Américains lisaient les médias européens. Et comme si les européens élisaient le président américain.

C'est assez hallucinant d'observer ces médias européens qui pensent faire les décisions politiques; alors qu'on l'a vu avec le Brexit, ils se sont plantés. Avec les présidentielles françaises, malgré tout leur tapage anti-FN, ils n'arrivent pas à écarter l'idée que MLP sera au 2e tour.

C'est vraiment réjouissant, qu'en bas dans le troupeau, on ne croit plus au Père Noël... c'est une véritable avancée sociétale !

Écrit par : petard | 03 novembre 2016

Ce soir (jeudi 3), Sébastien Faure a été encore plus pathétique que d'habitude dans sa couverture de l'élection américaine: un portrait de Trump sous forme d'édito humoristique pas très drôle et pas un mot sur le discours de Gettysburg détaillant le programme des 100 premiers jours de la présidence Trump. Si au moins, je n'étais pas obligé de payer pour cette m.... télévisuelle.

Écrit par : Paul Bär | 03 novembre 2016

Les médias, les politiques et les manipulateurs en tous genres, pensent que les méthodes "un franc 95" ou "neuf francs 99", genre l'idéal c'est l'ideuuuuuule…. ça passe encore.

À force de tirer sur le manche, il se casse.

Écrit par : petard | 04 novembre 2016

Excellent billet !
Au fait, vous êtes même repris par H16. C'est dire !!

Bonne journée.

http://h16free.com/2016/11/04/56211-presidentielle-americaine-les-galons-de-wikileaks

Écrit par : Otto West | 04 novembre 2016

"En trouver pour affirmer qu’il les avait violées est bcp plus cher, et le risque au pénal est aussi bcp plus grand pour celles qui s’y risqueraient."

Des risques?

J'ai ri.

Écrit par : simple-touriste | 04 novembre 2016

à simple-touriste:
Les risques auxquelles je fais allusion sont ceux de poursuites pour diffamation.
Le pinçage de fesses, on peut en rire, mais c'est plus grave quand il s'agit de viol.
Sauf, bien sûr, si on a des preuves.

Écrit par : AP34 | 06 novembre 2016

Et encore un mort dans le sillage des Clinton !

http://denverguardian.com/2016/11/05/fbi-agent-suspected-hillary-email-leaks-found-dead-apparent-murder-suicide/

Écrit par : Paul Bär | 06 novembre 2016

On se disait comme ça, entre collègues. Si Trump passe, c'est bon pour Juppé. Mais si c'est Hillary, c'est bon pour Marine...
On va appeler ça l'effet Brexit...

Écrit par : Géo | 07 novembre 2016

"Les risques auxquelles je fais allusion sont ceux de poursuites pour diffamation."

Sachant que les accusatrices dont le mensonge est prouvé sans l'ombre d'un doute ne sont souvent même pas poursuivies pour fausses accusation par le procureur, on peut se demander si elles auraient autre chose qu'une tape sur la main. (Sans parler du soutien du Grauniad à ces diffamatrices.)

Quoi que la condamnation de Rolling Stones Magazine me redonne espoir.

Écrit par : simple-touriste | 10 novembre 2016

Les commentaires sont fermés.