11 janvier 2017

Les médias piégés par les "Fake News"

donald-trump-premiere-conference.jpgAprès que les médias américains soient tombés dans le panneau du "dossier russe", on aurait pu attendre un minimum de circonspection de la part des médias européens, dont romands. Mais non! Le Matin s'engouffra dans la brèche, dès l'aube il est vrai. Les journalistes d'investigation ont toujours un peu de mal à se réveiller. Mais il fut suivi, et c'est beaucoup plus grave, de la RTS dans son journal du soir traitant de la première conférence de presse du président élu Donald Trump, alors que les rédactions avaient pourtant toute la journée pour découvrir qu'elles étaient menées en bateau, ce que les Américains savaient déjà depuis longtemps.

Les coupables de fausses nouvelles se livreront-ils finalement à un démenti? Le grand public gobera-t-il sans broncher des allégations tellement grotesques que leur simple teneur devrait faire hausser le sourcil de tout observateur doté d'un esprit critique? Trop tôt pour le dire. Mais reprenons depuis le début. Le énième scandale autour du Président Trump promet d'être de gros calibre: les Russes (toujours les Russes...) disposeraient d'informations très compromettantes sur M. Trump. Format télévisé oblige, le 19h30 est contraint de donner un résumé succinct de l'affaire:

Le coup de tonnerre est parti des plateaux de CNN, une chaîne qui affirme que la Russie détient des dossiers plutôt compromettants sur le président élu, liens avec le Kremlin, informations financières sur le milliardaire, et même une vidéo montrant Donald Trump en plein ébat sexuel osé avec des prostituées dans un hôtel de Moscou.


"Des allégations qui provoquent la colère du principal intéressé", poursuit le journaliste. On le serait à moins: tout est faux.

Remonter la piste

Passons rapidement sur certains détails: le scoop n'est pas originaire de CNN mais de BuzzFeed, un site d'information basé à New York et se définissant comme un "laboratoire viral". L'épidémie a bien pris, pour le moins. Comme le rapporte Le Monde :

“BuzzFeed News” publie le document dans son intégralité pour que les Américains puissent se faire une idée par eux-mêmes sur les accusations concernant le président élu qui circulent depuis quelque temps au plus haut niveau du gouvernement américain.


De quel document s'agit-il? D'un dossier de 35 pages consacré aux prétendues relations entre Donald Trump et la Russie. Ce dossier émane des services secrets américains. Il est authentique. Il mentionne divers liens entre Trump et la Russie dont des façons dont les Russes pourraient faire chanter le président avec des informations compromettantes. Il "circule" depuis quelques temps entre les différents services de plusieurs agences de renseignement américaines, au point qu'un journaliste de BuzzFeed a pu mettre la main dessus.

Fidèle à la ligne de conduite du site, le document est mis en ligne. Mais comme le précise Le Monde, il s'agit d'informations "explosives mais non recoupées": le dossier n'est pas validé. C'est un document de travail qui n'a pas vocation à être public, et qui contient des informations dont la véracité n'a pas pu être vérifiée. Qu'importe! Les "Américains se feront une idée par eux-mêmes", lance le rédacteur en chef de BuzzFeed.

benSmith_tweet.jpg
Le tweet de Ben Smith de BuzzFeed, appelant les lecteurs à faire preuve de circonspection.
(cliquez pour agrandir)

Les informations sont reprises tantôt par tous les grands réseaux, CNN étant la première chaîne à ouvrir le bal. Les maigres garde-fous mentionnés par BuzzFeed sont jetés aux orties - une charge anti-Trump pareille ne peut pas attendre.

Et tous les médias, comme un seul homme, plongent dans le précipice...

Aux racines du canular

Comme souvent, Internet est bien plus rapide que les professionnels de l'information. Alors que les rédactions en sont encore à se demander comment elles pourront donner un maximum d'impact à ces révélations salaces, des internautes s'interrogent face à des détails croustillants et invraisemblables ("Au cours d'une orgie à Moscou Donald Trump aurait fait uriner des prostituées sur le lit où aurait dormi Barack Obama lorsqu'il était venu dans la capitale russe" - le tout filmé, bien évidemment) qui leur rappellent une histoire évoquée sur le forum 4chan quelques mois plus tôt.

Pour ceux qui l'ignorent, 4chan est selon Wikipedia un forum anonyme anglophone, constitué d'un réseau de diffusion d'images. Remontant aux débuts anarchiques d'Internet, il ne connaît quasiment pas de modération, ce qui en fait un joyeux bazar où "le pire côtoie le meilleur", d'autant plus que les utilisateurs ne sont absolument pas identifiés ni identifiables. Émanation de cette culture, le mouvement Anonymous serait d'ailleurs né sur le site.

Des conversations mentionnent même l'auteur (anonymisé) du délire de départ sur le canal /pol/acks:

4chan_sextape_orgy.jpg(cliquez pour agrandir)

- Alors ils ont pris ce que j'ai raconté à Rick Wilson et ils ont rajouté une sauce d'espionnage russe par-dessus. Ils y croient encore. Les gars, je crois qu'ils sont putain de désespérés - il n'y a plus le moindre scandale sur Trump qui soit encore crédible.
- C'est cette histoire de sextape d'une orgie? Comment qui que ce soit peut même croire un truc pareil?


Notez la date: le premier novembre 2016. Déjà à l'époque 4chan discutait d'une histoire rocambolesque inventée par un contributeur du site et s'étonnant qu'on le prenne au sérieux. Il n'imaginait pas l'ampleur que prendrait le fantasque récit issu de son imagination enfiévrée...

Autopsie d'une montée en puissance

La discussion du premier novembre évoque un homme, Rick Wilson. Rick Wilson est un consultant du Parti Républicain. Néo-conservateur, il affiche fièrement son hashtag #NeverTrump sur Twitter. Et surtout, il prend comme argent comptant la fable qu'un compère anonyme de 4chan, apparemment anti-Trump lui aussi, lui a inventé pour lui faire plaisir.

Mais l'affaire s'emballe lorsque Rick Wilson fait part de cette histoire à un proche, accessoirement ancien officier du renseignement, Evan McMullin. M. McMullin est lui aussi néo-conservateur et tout aussi opposé à Trump, utilisant lui aussi le hashtag #NeverTrump. Il est également anti-Russe, ça ne mange pas de pain dans ce milieu. Tous les ingrédients de l'histoire sont en place.

Le dossier passe ainsi de mains en mains, augmenté à chaque étape. Le gros du travail est écrit par un ex-agent du MI6 britannique, Christopher Steele, directeur of d'une société de "business intelligence" basée à Londres (attention aux recherches sur Internet, c'est aussi l'homonyme d'un acteur porno gay...)

Alors que son "dossier" se constitue peu à peu M. Steele décide d'en informer un responsable politique. Et qui de mieux que John McCain, un des républicains les plus opposés à Trump? Néo-conservateur, anti-Trump et anti-Russe, il semble l'interlocuteur parfait pour amener le dossier dans les sphères du gouvernement. Sitôt dit, sitôt fait.

Avec entre les mains une bombe qui concrétise ses fantasmes anti-Trump les plus fous, le sénateur John McCain hésite peu avant de transmettre le dossier aux agences de renseignement américaines avec lesquelles il partage des liens. L'information commence à circuler entre les différents groupes de travail officiels. Mais sans que le moindre recoupement ne soit effectué (qui montrerait entre autres choses que les dates et les lieux ne correspondent absolument pas à la présence des protagonistes sur sol russe, encore moins dans l'hôtel dont il est question) le dossier contamine d'autres documents secrets composés en urgence, comme l'implication des Russes dans l'élection américaine, puis "fuite" évidemment en intégralité vers des journalistes amis de BuzzFeed... Lesquels s'empressent de répandre l'information sur leur site.

Si ça vient des services de renseignement cela vaut la peine d'être publié, n'est-ce pas? Les Américains seront seuls juges...

Un aveuglement consternant

Depuis une journée, les médias du monde entier s'empêtrent dans leur propre désinformation en diffusant un scandale monté de toute pièce contre Donald Trump. Le soufflé promet de retomber assez vite (sauf chez les individus les plus lobotomisés) mais l'affaire est tout bonnement affligeante, considérant la récente campagne lancée comme un seul homme par tous les médias pour lutter contre les "fausses nouvelles". Et quid de tous les médias européens qui ont repris la nouvelle à l'unisson alors que le 10 janvier au soir - heure européenne - la baudruche avait déjà éclaté?

La recherche de l'audience mêlée à une inextinguible soif de scandale anti-Trump aura fini d'emporter le peu de crédibilité qu'il restait encore à nos médias. Comme le résume tristement un autre utilisateur de 4chan:

4chan_conclusion.jpgRécapitulons ce qui est arrivé:
- /pol/acks envoya par mail une fiction à l'éditorialiste anti-Trump Rick Wilson à propos de Trump faisant pisser des gens sur un lit dans lequel aurait dormi Obama
- Il a pensé que c'était vrai et l'a donné à la CIA
- La CIA, Agence Centrale de Renseignement des États-Unis d'Amérique, mit cela dans son rapport de renseignement classifié sur l'implication russe dans les élections
- Donald Trump et Barack Obama ont tous deux lu cette fiction de /pol/acks
- La CIA a conclu que les Russes envisageaient de faire chanter Trump avec cette histoire que nous avons inventé
Laissons tout cela couler
Que sommes-nous devenus


Donald Trump aura une tâche ardue: dans son combat pour remettre l'Amérique sur les rails, il devra aussi sérieusement nettoyer des services de renseignement visiblement en roue libre, sans parler de ses "amis" du Parti Républicain. Les médias, eux, semblent au-delà de tout espoir.

Mise à jour (12 janvier): petite clarification du chemin de l'histoire entre 4chan et la CIA alors que les informations remontent. Pour l'heure aucun démenti notable dans les médias. On admirera au contraire la posture goulue du journal de référence autoproclamé Le Temps face aux "révélations" du dossier faisandé...

Commentaires

Bonjour Monsieur Montabert tant que les lecteurs croient au poisson médiatique pourquoi se gêner et cela ne touche pas que les USA
Combien de lobbys utilisent ce schéma sans oublier les nombreuse peurs inventées de toutes pièces par les gauchistes de tous bords
Ce sont des infos toxiques bien plus gravissimes que les effets du tabac qui lui n'a jamais empéché un humain de se lever et réfléchir par lui même

Écrit par : lovejoie | 12 janvier 2017

Il n’y a pas que les ”buzzers” et autres ”whistleblowers” à abuser de la candeur du bon peuple. Prenez des publications dites ”de référence”, comme The Financial Times ou The Economist : ceux–ci avaient révélé en 2012, avec un certain effet journalistique, la construction par l’APL (Armée Populaire de Libération) à Shanghai d’un bâtiment destiné à espionner les Etats-Unis. L’article du FT donnait accès au rapport d’un contractant de la NSA dans le domaine de la sécurité informatique, à ce point rempli de noms, d’adresses et de photos, que la cause devait être entendue à la seule lecture du dossier. Comme j’habitais à Shanghai à ce moment-là, j’ai sauté dans le métro pour aller me rendre compte de l’étendue du scandale. A proximité de la Free Trade Zone North de Waigaoqiao, on trouve effectivement quelques bâtiments de l’armée, mais d’une modestie telle, comparée aux installations techniques des missions diplomatiques américaines et russes à Genève, que cela prêtait davantage à sourire qu’à s’indigner. Un mois après, j’ai rencontré des militaires retraités et j’ai eu des explications : une grande partie de l’armée chinoise, concentrée depuis quelques décennies dans le Shandong, était simplement répartie dans d’autres points du territoire et cela nécessitait la création de relais pour les télécommunications. Après avoir exprimé ma vision des choses aux ”buzzers” concernés, l’affaire s’est tassée en peu de temps. Mais je ne sais pas si le contractant de la NSA continue son activité dans le même domaine.

Écrit par : rabbit | 12 janvier 2017

Trump étant narcissique, il est facilement manipulable.
On peut imaginer que pour éviter une rapprochement avec la Russie au détriment des intérêts américains, certain ont décidé de lancer ce genre d'information. Ces garde-fous contre Trump, sont peut-être jugés nécessaires pour un homme qui peut se faire aisément berner par la flatterie.
Tout rapprochement trop net avec la Russie sera désormais vu comme suspect.

C'est aussi une leçon contre un homme qui a relayé des fausses infos non vérifiées notamment sur H. Clinton.
Il a utilisé la méthode du doute, et il apprend à ses dépends ce que cela signifie: "Lancer une information d'origine douteuse, il en restera toujours quelque chose"
Trump sait cela, et il avait beaucoup utilisé cette maxime pendant sa campagne.

Actuellement, les informations contre Trump même douteuses, ont fait leur travail. Dans un coin de la tête, Trump restera suspect vis-à-vis de la Russie.

Trump entouré de ses milliardaires a un pouvoir limité face aux 2 chambres.
Il y a eu l'opposition des frondeurs en France, sera t'il de même aux USA, des frondeurs républicains ?
Ces 4 années vont être intéressantes

Écrit par : motus | 12 janvier 2017

@motus

Quelles fausses infos non vérifiées Trump a-t-il relayé sur H Clinton svp ?

Celles officielles des commissions d'enquête du Sénat qui prouvent que Mme Clinton a menti sous serment ?

Ou de quelles autres broutilles voudriez-vous parler, svp ?

Écrit par : Greg | 12 janvier 2017

La grande majorité des médias aux US, comme en France et ailleurs en Europe, en particulier en Allemagne, sont d'une fausseté et d'une mauvaise foi confondantes.
Fausseté, mauvaise foi, et j’ajoute : duplicité, mensonges et compromission, qui sont en fait des attributs indissociables, des marques de fabrique, de la gauche en général.
On voit la tentative désespérée qui est faite pour délégitimer Trump, en tentant sournoisement d'insinuer dans l'esprit du peuple américain qu'il doit son élection aux Russes.
On s’attend presque à ce qu'il soit accusé d'espionnage au profit de la Russie, qu’il soit traité comme un agent infiltré d’une puissance ennemie, on attend l’empeechment avant même la prise de fonction.
La gauche américaine, les liberals comme ils s'appellent là-bas, estiment qu'eux seuls ont la légitimité pour gouverner, parce qu’eux seuls, disent-ils, peuvent le faire pour le bien de tous. Ils pensent qu’ils sont investis par une sorte de droit divin, eux qui sont pourtant nihilistes ou athées pour la plupart.
On sent, sous leurs réactions à leur défaite, la tentation totalitaire.
Avec Obama qui a dit qu'il aurait battu Trump aux élections présidentielles, on devine sa volonté de s'asseoir sur la Constitution, et d'instaurer le troisième mandat.
Le troisième mandat, le début du totalitarisme.
D'ailleurs, il y a peut-être deux ans, je me souviens d'un article de American thinker qui soulevait l'hypothèse d'un travail souterrain d'Obama pour faire en sorte de rester au pouvoir après 2016.
Il y a une composante populaire dont on parle peu, c’est l’Amérique profonde, celle qu’on n’entend pas, l’Amérique d’entre les deux côtes est et ouest, celle qui a voté pour Trump et a fait sa victoire.
Dans cette Amérique profonde, il y a ceux qu’on appelle les Rednecks. Des hommes, des costauds, genre bikers (Harley Davidson). Ceux-là haïssent le pouvoir fédéral, ils sont armés et s’entraînent régulièrement à la guerre, ils ont la place dans leurs immenses plaines presque désertes.
Si les libérals tentaient un coup d’État du genre de celui auquel j’ai fait allusion, alors ces gens se rueraient vers l’Est, vers Washington, et ce serait la guerre civile. Et il y a des chances pour que ces intellectuels des deux côtes, qui ne savent guère que parler et écrire, même s’ils le font à merveille, ne fassent pas le poids en comparaison.
Et je pense qu’ils en ont peur. Comme chez nous, les politiciens ont peur des banlieues arabo-musulmanes (cf. les émeutes de 2005).
Pour finir, j’espère que toute ces calomnies vont se retourner contre leurs auteurs. J’espère aussi qu’elles vont stimuler la volonté de Trump de faire le grand ménage, de purger le système : poursuivre les Clinton et leur Fondation, assainir les grands médias, les chaînes de télévision, la CIA…

Écrit par : AP34 | 13 janvier 2017

Et encore, vous n'avez pas parlé des relations ultra secrètes entre un serveur appartenant à Trump et la banque Alfa Bank (banque russe). Enfin, secrètes dans le sens d'échange de messages normaux et plutôt ostensibles, appartenant à Trump dans le sens de n'appartenant pas à Trump mais à un sous traitant louant des ordinateurs à une agence spécialisée dans le marketing sur Internet, et "la banque" dans le sens "pas la banque mais des serveurs gérant les courriels du domaine appartenant à la banque", qui peut être le compte courriel de n'importe qui (imaginez qu'on dise que La Banque Postale étant un établissement financier, les serveurs gérant laposte.net sont les ordinateurs d'une banque et que envoyer des messages à ces serveurs est une communication financière).

Bref un simple envoi massif de prospectus à l'adresse des personnes ayant enregistré leur courriel dans un hôtel estampillé Trump. Du message standardisé envoyé par millier, plus proche des publicités sur papier glacé qui bourrent nos boites aux lettres que de 007.

Mais un grand nom de l'Internet, Paul Vixie, (soi-disant) "concepteur du DNS" (un protocole ridiculement complexe et trop difficile à implémenter par rapport à son rôle ultra basique, et qui en plus est très médiocre du point de la sécurité, même en tenant compte de l'interdiction d'utiliser de la crypto dans un protocole standard à l'époque) et l'auteur de BIND (serveur DNS de référence, gros, lourd, complexe, au code illisible, bref une bouse effroyable connue pour ses innombrables failles de sécu (*)), bref un mec à qui on doit surtout des maux de tête et des piratages de serveurs, mais qui est super-connu, et donc promu en super-héro par les super-blaireaux, et qui défend Hillary Clinton, a promu cette histoire délirante :

“The parties were communicating in a secretive fashion. The operative word is secretive. This is more akin to what criminal syndicates do if they are putting together a project.”

Bon, ça ne veut rien dire. C'est UNIQUEMENT parce qu'un grand nom comme Vixie écrit ce tissu d'âneries que quelqu'un le reprend, et "âneries" est encore trop gentil.

Il n'y a pas moins discret que de faire des requêtes DNS, dans les deux sens. Quand vous êtes un robot de courriel ("serveur SMTP") et que vous envoyez un courriel, le serveur qui le reçoit va faire des requêtes sur vous, en fait une enquête de réputation (qui me parle? est-il connu? etc.). Le protocole SMTP provoque donc des requêtes DNS; mais comme elles restent mémorisées un certain temps, elles peuvent ne pas se produire à chaque envoi (cela dépend du délai entre envois).

(Pour ceux que ça intéresse, parce qu'ils étudient la sociologie des "journalistes", c'est Slate qui a relayé cette boule puante : les promoteurs de cette histoire ont tenté de la vendre à toute la presse anti-Trump mais c'était tellement idiot et d'un conspirationnisme délirant que même les diffamateurs habituels n'ont pas voulu manipuler ça à travers une boite à gants conçue pour séparer le plutonium sous forme de poudre potentiellement ingérable.)

Je reçois régulièrement dans ma boite aux lettres des pubs sur papier glacé des différentes agences immobilières du quartier. Je me demande si Century 21 a des relations secrètes avec moi!

Je pense que l'idée d'utiliser un prétexte arbitraire (une enquête du FBI, une interférence de la Russie, un contact "inapproprié", une vague relation entre une personne liée à Trump et un oligarque russe quelconque, vraiment tout ou n'importe quoi) a traversé la tête des "élites".

(*) Pour se faire une idée de la catastrophe informatique qu'est BIND :

"During the million-dollar BIND 9 rewrite, Paul Vixie characterized the original BIND code as ``sleazeware produced in a drunken fury by a bunch of U C Berkeley grad students.'' Throwing out all that code would produce a ``robust'' system: BIND 9 was ``written by a large team of professional software developers who had enough time and enough money to "get it right."''

But BIND 9 isn't right. It crashes even more often than BIND 8 does. There are hundreds of bugs listed in the 9.1.0rc1 CHANGES file. Many of these are serious reliability problems; for example, ``dns_zone_dump() overwrote existing zone files rather than writing to a temporary file and renaming'' means that a temporary power outage can destroy addresses. Some of the bugs, just like some of the BIND 8 bugs described on the BIND company's ``BIND security'' web page, allow anyone on the Internet to disable BIND with a single packet. It's just a matter of time before someone sees how one of these BIND 9 bugs opens up a security hole."

https://cr.yp.to/djbdns/blurb/unbind.html

Modifier un fichier existant et valide (au lieu d'en créer un deuxième et d'écraser le premier avec le nom du deuxième une fois qu'il est complet et valide) est une faute de débutant!

"The following quotes, from a wide variety of sources, demonstrate that the BIND company's primary money-making strategy is to sell security patches and other essential fixes for its buggy software. Of course, that strategy would break down if the software actually worked."

https://cr.yp.to/djbdns/blurb/bindmoney.html

Que fait BIND de si complexe? Juste envoyer des réponses fixes (renseignée dans un fichier de configuration) à des questions comme "quelle est l'adresse IP correspondant au domaine stephanemontabert.blog.24heures.ch ?"; il y a une notion de durée de validité de la réponse, et c'est TOUT. Conceptuellement il n'y a aucune subtilité dans le principe de base. Un travail a priori très très simple, sans rapport avec la complexité d'un serveur Web fournissant du contenu dynamique, par exemple.

Comment peut-on admirer un mec comme Paul Vixie? Juste parce qu'il est célèbre et qu'il y a laissé son empreinte (mauvaise) sur Internet!

Écrit par : simple-touriste | 13 janvier 2017

Cette vidéo est jubilatoire:

https://www.youtube.com/watch?v=G6RHIhn_T6w

SSR, you're fake news.


PS: j'ai en de plus en plus marre d'être forcé de payer une redevance pour que ces "journalistes" d'état n'aient pas à devoir chercher un vrai travail.

Écrit par : Paul Bär | 13 janvier 2017

Je comprends ce que vous voulez dire mais je ne trouve pas cette vidéo "jubilatoire" - je trouve cette séquence de la conférence de presse de M. Trump absolument scandaleuse. Je n'avais jusque ici vu que des comptes-rendus textuel de l'altercation mais la vidéo est bien pire. L'attitude du journaliste de CNN est totalement indigne de sa fonction et de sa présence dans une conférence de presse donnée par le Président des États-Unis.

Après avoir entendu M. Trump lâcher que CNN est une chaîne de "fausses nouvelles" (ce que cet article démontre amplement) à plusieurs reprises l'individu hèle le président, l'interrompt, réclame d'avoir le droit de poser une question. Un journaliste de CNN se permet de couper la parole au Président des États-Unis en pleine conférence de presse et de réclamer qu'il lui réponde à lui plutôt qu'à un autre journaliste?! C'est absolument intolérable!

Qu'on imagine un instant, un seul instant, ce qui se serait passé si un journaliste d'un autre média, disons Breitbart, avait eu l'audace de couper la parole à plusieurs reprise au Messie Cosmoplanétaire, pardon, je veux dire Barack Obama, lors d'une conférence de presse. Je pense qu'en quelques secondes il aurait déjà été expulsé manu militari par les gorilles du président - et les médias tourneraient en boucle sur l'odieux comportement du malotru face au POTUS, son manque de respect, l'opprobre jetée sur son employeur etc.

J'espère au minimum que CNN ne sera plus conviée à des conférences de presse présidentielles pendant quelques années. C'est tout ce qu'ils méritent.

La seule qualité rédemptrice de cet échange est d'entendre des journalistes dans la salle rire et applaudir lorsque Donald Trump dit que CNN est un canal de "Fake News".

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 janvier 2017

Quand je dis "jubilatoire", c'est de voir "David" enfin se retourner et frapper "Samson", car la presse de masse fait partie de l'appareillage que le système utilise pour nous écraser tous. Car le vrai puissant, enfin plutôt la courroie de transmission des vrais puissants, c'est ce minable à carte de presse. Et de voir Trump le dominer de la sorte, avec cette autorité et cette élégance de "maverick", oui, ça, c'est jubilatoire. Là, Trump, c'est une sorte de "super-alpha" qui frappe pour nous tous, les innombrables "dead white males" betas la face de l'oppression des médias systémiques. Parce que franchement qui n'aurait pas envie de "tarter la tronche" de tous ces nuls qui nous disent constamment quoi penser, nous traitent de tous les noms et dont en plus on paie les salaires, que ce soit par redevance ou par la voie détournée des diverses aides à la presse ?

Oui, jubilatoire, et encore plus quand on voit ce que l'on a chez nous:

http://lesobservateurs.ch/2017/01/13/suisse-doris-leuthard-se-permet-de-donner-des-lecons-a-donald-trump-on-va-voir-si-donald-trump-se-calme-un-peu/

Écrit par : Paul Bär | 14 janvier 2017

Pour ceux qui voudraient plus de "debunking" sur cette grotesque histoire de serveur SMTP "secret" de Trump :

http://blog.erratasec.com/2016/11/debunking-trumps-secret-server.html

Et cette histoire navrante, qui a été reprise par Hillary Clinton, pose une très sérieuse question d'éthique des "chercheurs en sécurité" ainsi que la question du respect de la vie privée par les opérateurs des DNS, ainsi que le souligne un commentateur :

"except to the DNS cabal who shared around these logs in the first place, a conversation about logging and privacy vs security we all need to have pretty soon"

Mais bizarrement les défenseurs de la vie privée habituels, toujours prêts à lutter contre l'espionnage des utilisateurs, sont bien silencieux concernant cette violation flagrante du secret des communications.

Le fait même que le FBI trouve le temps d'enquêter sur cette histoire délirante est selon moi extraordinaire. Il n'y a pas d'histoire, pas de feu et pas de fumée. Seul un esprit totalement conspirationniste peut trouver suspect qu'un automate d'envoi de messages envoie des messages. Ce sont les mêmes qui trouvent suspectes les photos des astronautes sur la Lune parce qu'ils voudraient voir la Terre plus grosse ou les ombres plus longues ou plus courtes et les points lumineux plus clairs ou plus sombres ou plus ceci ou plus cela.

On dit que les militants du "tea party" ou autres "ultra-conservateurs" seraient portés sur le conspirationnisme, mais là il s'agit des journaux "de référence" des "liberals"...

En fait les "sceptiques" (réalistes) du changement climatique connaissent bien ce phénomène : en réalité ceux qui suivent les "autorités" et les "académies des sciences" suivent en fait la dernière mode et le dernier "expert" à émettre un avis, et répètent comme des perroquets n'importe quel argumentaire même ridiculement incohérent. Ici la question à se poser était évidemment : d'où sortent les données analysées par les "experts"? Comment ces données peuvent-elles être authentifiées?

Ce sont les mêmes qui pensent des milliers de courriels peuvent avoir été inventés ou falsifiés, alors qu'un courriel a un style, alors qu'un message envoyé à plein de gens existe en plein d'exemplaires et que donc n'importe qui possédant un exemplaire pourrait voir et dénoncer une falsification! Et ici les données de base étaient totalement invérifiable. Vous avez des gens qui affirment sans rire qu'une liste de requêtes DNS ne peut pas être créée de toute pièce ni même modifiée! Et qu'une liste de requêtes collectée par on-ne-sait-qui est par définition complète!

Cette analyse était d'une stupidité sans nom mais bien sûr pas assez pour ne pas être reprise par l'équipe Clinton.

Imaginons que la folle ait gagné : aurait-on dit que la victoire avait été volée à Trump parce qu'une ridicule histoire de connexion secrète avec Alfa Bank avait été médiatisée seulement quelques jours avant le vote?

Écrit par : simple-touriste | 16 janvier 2017

Les commentaires sont fermés.