24 janvier 2017

Le Parti Socialiste français en voie de disparition

Les primaires de la "Belle Alliance Populaire" dissipent les dernières illusions que pouvaient entretenir les socialistes quant à la santé de leur mouvement: il agonise. Le PS français est en voie de disparition à brève échéance.

Pendant des décennies, le PS a régné sur la gauche. Dominant ses concurrents de la tête et des épaules, il était le faiseur de rois lorsque les vents étaient favorables et le point d'ancrage de l'opposition lorsqu'ils ne l'étaient pas. Les primaires permettaient à d'autres "sensibilités" de s'exprimer, comme les fidèles faire-valoir écologistes ou d'autres proches satellites ; seuls les mouvements crypto-communistes les plus radicaux refusaient de participer à ce qu'ils qualifiaient de jeu de dupes. Malgré les inévitables disputes, le candidat adoubé par le PS incarnait finalement le champion de la gauche.

Tout ceci s'est terminé cette semaine.

Naufrage populaire

La gauche, dit-on, n'est pas faite pour gouverner: les Français en eurent la démonstration avec le désastreux quinquennat de M. Hollande. Les socialistes, partis en 2012 avec absolument tous les pouvoirs - Sénat, Assemblée Nationale, régions, communes, et la Présidence de la République - les perdirent les uns et les autres à la faveur des renouvellements électoraux. En bout de course, ils échouèrent en 2017 avec un Président tellement impopulaire qu'il renonça à s'infliger l'humiliation d'une réélection perdue d'avance.

Il serait tentant de juger le Président coupable de tous les maux, mais ce diagnostic est simpliste. L'arbre hollandais ne saurait cacher la forêt socialiste. Le désaveu est profond. Le grand public put s'en rendre compte lors du premier débat de la "primaire élargie du PS", qui ne rassembla que 3,8 millions de téléspectateurs, contre 5,6 millions pour le premier débat de la primaire de la droite. Hollande n'était même pas dans la course. L'hémorragie se poursuivit au deuxième débat avec 1,745 million de téléspectateurs, contre 2,9 millions pour la droite. Le troisième et dernier débat fit meilleure figure avec 3,1 millions de téléspectateurs, mais là encore loin de la droite qui en rassembla plus de 5 millions.

france,parti socialiste
De nombreux prétendants, peu de Français conquis.

Le coup de grâce fut infligé lors du premier tour des primaires. Avec sept candidats, trois débats et des programmes étalés en long et en large sur leurs sites respectifs, on aurait pu croire que la variété était au rendez-vous, mais les Français ne semblèrent plus avoir beaucoup d'appétit pour les saveurs socialistes et écologistes. Hors des centres urbains, des bureaux de vote restèrent quasiment désert toute la journée.

Outre la maigre récolte de fonds d'une opération censée constituer le trésor de guerre de la campagne présidentielle, l'affluence fut là encore très en-dessous de son équivalent à droite: 1,6 millions contre 4 millions. Il y a tout lieu de penser que la tendance se poursuivra au second tour. Le record de 4,3 millions d'électeurs de droite est clairement hors d'atteinte.

Le rapport numérique entre le PS et Les Républicains oscille entre 0,4 (premier tour de la primaire) et 0,6 (débats télévisés). Transposé à la présidentielle, cela signifie que le candidat du PS et des Écologistes devrait récolter au premier tour jusqu'à 60% du score de M. Fillon. Ainsi, si M. Fillon obtient par exemple 26% au premier tour, on peut tabler sur un score raisonnable de 15,6% pour le vainqueur de la primaire élargie.

On pourra abondamment critiquer cette méthode, mais elle illustre ce que chacun comprend instinctivement depuis bien longtemps: ni Manuel Valls ni Benoît Hamon n'ont la moindre chance d'arriver au second tour en 2017.

Petits coups de poignard entre amis

La démonstration précédente partait du principe que les socialistes français feraient preuve d'unité envers leur poulain, mais rien n'est moins sûr. Les finalistes Manuel Valls et Benoît Hamon défendent des visions totalement antagonistes de la politique socialiste.

france,parti socialisteCritiqué pour son ton cassant et son attitude volontiers martiale, Manuel Valls est aussi connu des Français qu'il est détesté au sein du PS. En prenant le poste de Premier Ministre de François Hollande, la machine à perdre, il en devint le complice. On l'affuble de surnoms - "Monsieur 49-3", "l'homme de la fiche de paye" selon Arnaud Montebourg qui le présenta comme un boutiquier sans envergure. Il traîne cet héritage comme un boulet, n'osant critiquer le Président auquel il doit tout mais conscient que cette relation plombe ses chances dans les primaires. L'histoire de la gifle reçue en Bretagne l'a montré fragile, affaibli. L'illusion est brisée.

Manuel Valls incarne pourtant une gauche - la gauche gestionnaire, laïque, républicaine, historique et consciente de ses responsabilités. Ce portrait est sans nul doute embelli mais Manuel Valls est dans le vrai lorsqu'il estime être le seul candidat du PS à pouvoir faire bonne figure dans la présidentielle.

"Un choix très clair se présente désormais à nous, et à vous, mes chers compatriotes. Le choix entre la défaite assurée et la victoire possible. Le choix entre des promesses irréalisables et infinançables et une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays."


En face, Benoît Hamon, le quadragénaire radical de la gauche sauce Nuit Debout. Hamon revendique la semaine de 32 heures, le revenu universel, la légalisation du cannabis, le droit de vote pour les étrangers, l'impôt sur les robots... Il n'hésite pas, il n'a peur de rien. Benoît Hamon sculpte les nuages. Le programme de M. Hamon fait s'écarquiller les yeux des Français tant il est à mille lieues de leurs préoccupations quotidiennes ; mais pour des militants utopistes dont le refus du réel tient lieu de credo, il séduit. Comme d'autres prétendants, il décrocha sa médaille d'intégrité en démissionnant du gouvernement.

france,parti socialisteMalgré son manque évident de carrure, Benoît Hamon arriva en tête du premier tour avec 36,3% des voix - cinq points d'avance sur son rival. Depuis, il engrange les soutiens et les ralliements. La dynamique est en sa faveur, ce qu'on pouvait prévoir car comme le disait un fin connaisseur du parti à la rose, "les primaires se gagnent par la gauche". Manuel Valls tentera de revenir au score lors d'un dernier débat, endossant une fois de plus son costume de Père Fouettard, mais les socialistes ont peu de tendresse pour ceux qui les tirent de leurs rêveries. Sa défaite paraît acquise.

Le clivage entre les deux hommes est bien plus grand qu'entre n'importe quelle paire de candidats à la primaire des Républicains. Leur inimitié n'est pas que personnelle. Elle est représentative des courants antagonistes incarnés par chacun. Le ralliement au vainqueur sonnera faux. "Comment pourraient-ils se soutenir alors qu'ils n'arrivent même pas à se supporter?" demanda, désabusé, un commentateur de la vie politique.

L'affrontement entre les deux camps laissera de profondes crevasses dans ce qui reste du PS. La cinglante défaite qui se profile aggravera encore cette situation et hâtera la scission du mouvement - ou tout au moins le départ vers d'autres horizons de ceux qui ne s'y reconnaissent plus.

Échange PS en fin de course contre nouveau challenger

Le peuple de gauche en France n'a pas disparu, en tout cas pas dans les proportions qu'annonce le futur score du PS. Il s'est juste trouvé de nouveaux champions. Tout le monde les connaît: à l'extrême-gauche, le tribun qui unifie depuis plusieurs années les différentes mouvances anti- ou alter- à peu près tout, Jean-Luc Mélenchon, et au centre-gauche, l'avocat d'affaires ambitieux lancé sur le tard et qui prétend personnifier le changement, Emmanuel Macron. Dans un meeting au Mans, Jean-Luc Mélenchon résuma la situation du PS avec un sinistre sens de la formule:

"Il y a un petit air de panique, le casse-noix se met bien en place ; pour qu’il y ait un casse-noix, il faut que ça serre des deux bords : Macron, Mélenchon, Macron, Mélenchon. Et au milieu ça fait de l’huile."

 
Au centre-gauche, Emmanuel Macron se sent pousser des ailes avec son mouvement En Marche!. Il discute avec tout le monde, ratisse les parrainages, rassemble des foules, capte le soutien de patrons de grands groupes de presse. Ses chances paraissent faibles. Il reste inexpérimenté, sa communication terriblement superficielle, et la France n'est peut-être pas encore prête pour sa campagne 2.0. Les socialistes espèrent que Macron soit une bulle politique - et la regardent s'envoler depuis le sol. De plus le centre est très encombré, et certains éléphants ne sont pas encore sortis du bois. La valeur réelle de Macron se lira au fond des urnes au soir du premier tour. Elle pourrait beaucoup décevoir.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n'a rien à perdre et une cible désignée, le Parti Socialiste. Pourquoi laisser celui-ci viser une humiliante quatrième ou une cinquième place à l'élection présidentielle? Le retrait du candidat socialiste lui laisserait les coudées franches pour récupérer la plupart des militants radicaux du PS - ceux qui se rangent en majorité derrière Hamon. Mais aujourd'hui, il trépigne. Le PS est hors de sa portée. Il n'a pas la force de le briser. Mélenchon en est réduit à espérer bruyamment que le destin lui offre ce qu'il espère.

Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon sont dans la barque de la gauche ; deux doivent tomber à l'eau pour que le troisième ait une chance de triompher. Aucun ne souhaite se mouiller. À l'extrême-gauche et au centre, on pense son heure de gloire venue ; au PS, l'orgueil interdit pareille stratégie. Ils échoueront tous les trois.

Faute d'arriver à se réformer, les socialistes de Solférino ont laissé d'autres le faire à leur place. La mutation des mouvements de gauche a débordé le PS, mais il reste attaché à son rôle historique.

La défaite prévisible de 2017 sera un électrochoc de la dernière chance. Le classement des perdants du premier tour déterminera le nouveau centre de gravité de la gauche française. Socialistes, divers gauche, réformateurs de centre-gauche, écologistes et tutti quanti devront laisser leurs différends de côté et se réorganiser rapidement. S'ils échouent et retombent dans leurs querelles, ils disparaîtront - de l'échiquier politique d'abord, du débat ensuite. Le bipartisme à la française n'accorde aucune place aux seconds couteaux.

Mise à jour (26 janvier): le débat entre les finalistes Benoît Hamon et Manuel Valls a eu lieu. Alors que M. Valls s'était distingué par des déclarations belliqueuses tout au long de la semaine, il se montra étonnamment bienveillant lors de la confrontation. D'après le blog TVNews, l'audience atteignit le score respectable de 5,6 millions de téléspectateurs alors que le débat était diffusé en simultané sur les deux principales chaînes françaises. Le débat d'entre-deux-tours qui opposait François Fillon et Alain Juppé fut quant à lui suivi par 8,5 millions de téléspectateurs. La primaire de la gauche accuse donc toujours un retard de popularité notable.

Un sondage Elabe - BFMTV effectué auprès des téléspectateurs sympathisants de gauche montre Benoît Hamon en tête avec 61% des suffrages. Un sondage en ligne mené par Le Figaro, donc auprès d'un public plus large, désigne Valls vainqueur avec 53% d'opinions favorables. L'analyse selon laquelle "les primaires socialistes se gagnent par la gauche" semble confirmée, fut-ce aux dépens du score devant l'ensemble des Français.

Mise à jour (29 janvier): Les premiers chiffres sont tombés, Benoît Hamon l'emporte comme prévu avec un score de plus de 58% des votes contre 41% pour Manuel Valls. Le vaincu, qui semblait déjà résigné déjà plus tôt dans la semaine, lui apporte son soutien. Les socialistes viennent clairement désireux d'ancrer leur mouvement politique dans l'utopie, ce qui me paraît fatal pour leur avenir politique.

La participation officielle est pour l'heure inconnue mais certains avancent le nombre de 2 millions (contre 4,3 millions pour le second tour des primaires de droite rappelons-le).

Commentaires

Une histoire aussi cauchemardesque que celle de l'Hydre de Lerne, vaincue par Hercule. Dans cette version, on tranche une tête et il en repousse sept.

Écrit par : rabbit | 24 janvier 2017

@rabbit: le PS de notre époque n'a rien d'un monstre mythologique du niveau de l'Hydre d'Hercule. Les têtes repoussées sont toutes petites, braillent et se battent entre elles dans un concert de piaillements inaudibles.

Le mieux est de s'éloigner en attendant qu'elles se mangent entre elles.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 janvier 2017

Veut-on le droit de vote pour les immigrés et les cotisations sociales sur les robots (maladie, vieillesse, famille?) ou l'inverse?

Écrit par : simple-touriste | 24 janvier 2017

Si un robot acheté à l'étranger est considéré comme une marchandise, il faut payer la douane. Si c'est une personne, il doit passer par les fourches caudines de l'immigration. Le cauchemar administratif ne fait que commencer: l'origine de toutes les pièces doit pouvoir être tracée afin de lui attribuer une nationalité, ensuite il faut mettre en place une législation commune pour éviter qu'on le fasse passer de marchandise à personne (ou vice-versa) pour des raisons fiscales ou de contingentement une fois la frontière franchie. Mais ce n'est encore rien comparé à l'impact social, éthique, voir religieux, de l'intégration des robots dans la société humaine. Isaac Asimov a déjà effectué un travail considérable sur le sujet (https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Asimov) et il serait bon de le relire avant de créer une commission fédérale sur le sujet.

Écrit par : rabbit | 24 janvier 2017

« et les cotisations sociales sur les robots »

Oké ! que l'on commence avec les smartphones: taxation salée des SMS, textos, images et autres… Là, pour l'Etat ça serait le Jacques Pote assuré !

Facile à mettre en oeuvre, facile à encaisser, sans fonctionnaires supplémentaires.

Et enfin, p'têtre aussi la paix, dans le bus, le train, la rue...

Écrit par : petard | 25 janvier 2017

 çavapasouquoilebocalmonsieurpetard? 
Vous donnez du grain à moudre aux partisans de la taxe sur les transaction financières (Tobin, Attac & Co. Ltd). Comme disait Juvénal, tout ce que veut le peuple c'est du pain et des smartphones. Alors, laissez-faire et que la paix règne sur le monde: pacem in terris smartphonensis.

Écrit par : rabbit | 25 janvier 2017

« Vous donnez du grain à moudre aux partisans de la taxe sur les transaction financières »

Avant les taxes, ce sont quand-même les officines financières qui vous font payer les transactions, ce qui est inadmissible. Evidemment que sur les achats et virements, il faudrait que ce soit ZERO taxe. Mais pas pour face de bouc, touiter, amstramgram et autres conneries de google. Ce sont ces machins qui sont responsables de la mouise dans la presse et le livre.

Attention, je ne défends pas l'Hebdo, ni d'autres titres en particulier. Je défends les journaux "physiques" et les livres "physiques". Pas les auteurs, ni les éditeurs indignes (qui pour faire du fric, feraient mieux de s'occuper d'immobilier ou d'agro-alimentaire).

Et puis, les smartphones m'emm... si j'étais dictateur de ce pays, j'en interdirais l'usage dans les lieux publics. (je suis un vieux con, je sais.)

Écrit par : petard | 25 janvier 2017

"taxation salée des SMS, textos, images et autres…"

Possible uniquement avec les messages non facturés (contrairement aux SMS) et transmis via Internet

1) si vous contrôlez une extrémité, donc :
- investigation chez le fournisseur, difficile s'il à l'étranger;
- logiciel espion chez l'utilisateur, inacceptable;

2) ou si vous pouvez capturer le message pendant la transmission, ce qui exclut le chiffrement des communications, ce qui en 2017 est inacceptable.

Donc la taxation ne ferait que pousser les SMS dehors plus rapidement au profit de messages Internet.

"Facile à mettre en oeuvre, facile à encaisser, sans fonctionnaires supplémentaires."

Il y a 15 ans, peut être, peut être pas. Aujourd'hui, non!

Vous datez.

Écrit par : simple-touriste | 25 janvier 2017

Bien sûr que non, le PS ne disparaîtra pas !
Pas plus que le PC (partie communiste). Même si ce dernier est à un étiage extrêmement faible depuis qu’il a été phagocyté par le PS de Mitterrand en 1981. D'ailleurs, des gens comme Hamon ou Mélenchon feraient de dignes représentants du PC. Le PC l’a bien vu, qui a adoubé le second pour les prochaines élections présidentielles.
Non, il n’y a que les poètes qui disparaissent, surtout quand ils sont en cercle (cf. le film sorti en 1990).
Dans cinq ans – cinq ans de droite, ou supposée telle –, nous aurons l'alternance, et le PS reviendra en force.
C'est comme dans un défilé militaire, avec l’adjudant-chef qui hurle : « gauche, droite » « gauche, droite »… je vous laisse compléter par vous-même.
La gauche est censée faire sa politique traditionnelle. Politique qui consiste, ou plutôt : consistait, à redistribuer l'argent amassé par la droite lors du mandat précédent
Le problème aujourd'hui est que, la droite étant aussi dépensière et “panier-percé” que la gauche, cette dernière n’a pas d'argent à redistribuer, et ne peut par conséquent que décevoir sa clientèle.
C’est vrai que la gauche ne devrait jamais gouverner.
De fait, c'est encore plus simple : elle ne peut pas gouverner ! Tout au moins, gouverner en appliquant son programme électoral, celui pour lequel le “peuple de gauche” la met périodiquement au pouvoir.
Pourquoi Mitterrand a-t-il fait un complet demi-tour au bout de deux ans ?
Pourquoi Hollande, lui, a-t-il fait la même chose au bout de deux semaines ?
Tout simplement parce qu'une politique de gauche n'est pas viable dans l’environnement politique et économique européen.
Qu'il y ait, chaque fois, autant de Français pour y croire a toujours fait, et continue de faire, mon étonnement.

Écrit par : AP34 | 25 janvier 2017

"Mais pas pour face de bouc, touiter, amstramgram et autres conneries de google. Ce sont ces machins qui sont responsables de la mouise dans la presse et le livre."

Ah ah, trop drôle.

C'est vrai, c'est la faute de gogol news si tous les journaux produisent tous les mêmes "dépêches" AFP (agence fausse presse) plus ou moins remaniées et avec plus ou moins de fautes de grammaire?

Et si les livres ne se vendent pas, c'est parce qu'on a interdit aux Américains de les scanner?

Écrit par : simple-touriste | 25 janvier 2017

Les établissements bancaires vivent d'une marge étroite séparant deux taux: ce sont les funambules du spread et les Zarathustra de l'économétrie. Mais les vrais cleptocrates, ce sont ceux qui fixent les taxes et empochent la rançon. Quant au smartphone, je l'utilise le matin pour voir si ça vaut la peine de me lever pour allumer l'ordinateur. Dans le cas contraire, je reste au chaud et je regarde CNBC pour me rendormir.

Écrit par : rabbit | 25 janvier 2017

« Et si les livres ne se vendent pas, c'est parce qu'on a interdit aux Américains de les scanner »

Quand les livres et les journaux auront disparu, ils réapparaîtront tôt ou tard comme ce fut le cas avec les disques en vinyle.

Pour la lecture et la pérennité dans le temps, le support papier est techniquement incomparable.

Le problème de la mévente des livres et des journaux, n'est pas le support, mais le contenu et le lectorat.

Les éditeurs suisses n'ont pas compris - que dans ce pays -, avec l'accentuation du multiculturalisme (et l'illettrisme pour conséquence), les supports en langues indigènes n'allaient plus être accessibles à un large public.

Allez sur le site de Ringier, jetez un oeil sur l'historique de l'entreprise depuis la fin des années huitante… c'est le zigzag dans tous les sens, avec l'accélérateur à fond sur les changements de gouvernance. Le rapprochement avec les technocrates allemands n'a pas arrangé la donne.
Les héritiers Ringier auraient mieux fait de se recycler dans l'immobilier ou l'agro-alimentaire. Vraiment des incapables !

Écrit par : petard | 26 janvier 2017

Le parti socialiste est foutu, pas le socialisme. Par opposition à la droite, le socialisme est une idéologie, en cours de mutation. Le parti socialiste était à l'agonie depuis la fin de règne de Mitterrand, Hollande est l'aboutissement non pas de la fin du parti socialiste mais de la dérive des partis et du personnel politique français dans son ensemble.
Vous le soulignez avec justesse, le PS est dévoré par ses Golem, en ce compris le FN.
La gauche n'est pas morte et n'est pas près de l'être car elle est un des tentacules du progressisme, ce sont les élus qui sont rejetés moins que l'idéologie. Hélas.

Écrit par : Phil Asp | 26 janvier 2017

Mais qui sont les authentiques “passeurs“ de notre culture : les maîtres d’école et les journalistes ? Non, ils font et défont des pelotes de savoir en croyant tricoter du neuf. Ce sont d’abord les copistes du haut Moyen-Âge, pour avoir jeté un pont entre la civilisation gréco-romaine et l’empire carolingien, berceau de l’Europe, puis les typographes qui, dès le XVIe siècle, ont fait passer leur art du stade technique au stade esthétique. Depuis la mort de l’imprimerie, son fantôme se manifeste encore dans les polices de caractères et la justification de lignes du traitement de texte. Oui, M. Petard, la chose imprimée nous manque; surtout le livre, «unique objet de notre attachement» comme dirait Camille…

Écrit par : rabbit | 26 janvier 2017

AP34@ "Politique qui consiste, ou plutôt : consistait, à redistribuer l'argent amassé par la droite lors du mandat précédent"
Sauf que les présidents de droite mènent dans votre pays une politique de gauche et vice-versa : Giscard d'Estaing a fait venir les femmes incultes des immigrés arabo-musulmans mieux connus sous le vocable plus juste : algériens en France par "humanisme" et Mitterrand, le roi socialiste, a liquidé la sidérurgie lorraine et employé des dizaines d'agents de l'Etat pour protéger sa 2ème famille et espionner les femmes qui l'intéressaient. Un président-voyou, en fait.
Trump est le premier président de droite qui applique une politique de droite depuis Adolf Hitler. Ceci explique cela...

Écrit par : Géo | 29 janvier 2017

@Géo: si vous en êtes à considérer Trump comme le premier politicien à "appliquer une politique de droite depuis Adolf Hitler", c'est que vous n'avez pas bien compris la politique de Trump, et que vous n'avez visiblement pas étudié le nazisme non plus.

Écrit par : Stéphane Montabert | 29 janvier 2017

Géo et moi sommes nés quelques jours (ou presque) après le nazisme et les ombres du passé ont escorté notre enfance (jusqu'à l'écoeurement) mieux qu'un manuel scolaire. Même topo pour l'ère soviétique (on n'a pas été gâtés). Et pour comprendre la posture de Donald Trump, il faut savoir que la vie existe entre New York et Los Angeles et que ça ne ressemble pas à un film de Woody Allen ou de Tim Burton. C'est comme traverser à 55 mph un paysage atrocement plane sur une route désespérément rectiligne au volant d'une Chevrolet Impala tout en écoutant de la musique country.

Écrit par : rabbit | 30 janvier 2017

Vous pensez que Jacques Chirac appliquait une politique de droite ? Charles de Gaulle ? John-F Kennedy ?
Alors qui, selon vous ?

Écrit par : Géo | 30 janvier 2017

@Géo : elle est pas mal celle là ! Hitler était porté par le Parti National Socialiste, 44% des voix aux législatives de 1933. Le parti Nazi = le parti national socialiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_national-socialiste_des_travailleurs_allemands

Écrit par : Phil Asp | 30 janvier 2017

@Géo: dans votre grand écart entre les États-Unis et l'Allemagne, je n'avais pas deviné qu'en fait vous parliez de la France. Eh bien, je suis (un peu) plus jeune que vous mais j'ai ouï-dire que M. Pompidou avait été un bon président français de droite.

Sur plus d'un demi-siècle ça ne fait pas beaucoup je vous l'accorde...

@Phil Asp: à la suite de certains abus, je dois malheureusement valider manuellement les commentaires. Désolé de vous avoir fait attendre.

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 janvier 2017

"Le parti Nazi = le parti national socialiste"
Ce qui prouve qu'il existe un socialisme de gauche et un socialisme de droite...
A moins que vous ne pensiez que Hitler était de gauche ?

Écrit par : Géo | 31 janvier 2017

Pas de soucis cher Stéphane, j'ai été victime hier d'une "attaque" par requêtes ! apparemment je dérange du monde, et ce n'est pas pour me déplaire.

Écrit par : Phil Asp | 31 janvier 2017

@Géo: "Le parti Nazi = le parti national socialiste". Tout à fait. Le nazisme, socialisme nationaliste, s'opposait à la vision socialiste mondialiste (déjà!) de l'Internationale. Hitler était non seulement socialiste, mais le revendiquait:

« Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix. »

Si le sujet vous intéresse je vous conseille la lecture du livre "Le Socialisme en chemise brune" de Benoît Malbranque, pour commencer (on peut le trouver gratuitement sur Internet au format pdf).

Maintenant, je n'accepterai plus de hors-sujet à ce propos.

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 janvier 2017

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