30 janvier 2017

Dix jours de Donald Trump

Il n'aura fallu que dix petits jours au nouveau président républicain des États-Unis pour complètement changer l'orientation de l'administration américaine. Fidèles à leur ligne de conduite, les médias se concentrèrent sur des peccadilles comme la popularité de son inauguration ou le fait que Trump n'ait pas salué les journalistes en embarquant dans Air Marine One, alors que le vrai changement était ailleurs, dans les Executive Orders.

Les Executive Orders sont des décrets que le Président signe pour donner une orientation à son gouvernement, ou légiférer dans les domaines qui relèvent de sa responsabilité directe comme la politique migratoire. Barack Obama en usa et en abusa alors qu'il essayait de forcer sa politique malgré l'obstruction d'un Congrès tombé aux mains des Républicains, mais Donald Trump promit au cours de sa campagne d'y mettre bon ordre en les annulant lorsqu'il parviendrait au pouvoir.

usa,donald trump

En réalité, il fit bien davantage. Joignant le geste à la parole, Donald Trump signa trois Executive Orders dès le jour de son inauguration. Ils furent suivis de nombreux autres - et auront bien plus de conséquences sur la marche des États-Unis que les sujets choisis par les médias pour critiquer la présidence Trump.

Parmi les nombreux Executive Orders de ces derniers jours, citons:

  • Un décret visant à "diminuer la charge économique" de l'Obamacare. Celui-ci fut le premier signé par Trump et une importante promesse de campagne. Ce décret ouvre la voie à une refonte de l'Obamacare, sur laquelle travaille désormais le Congrès à majorité républicaine.
  • Le gel de toute nouvelle réglementation.
  • Le retrait des États-Unis du TPP (le Partenariat Trans-Pacifique), un traité de libre-échange négocié par Obama avec 11 pays de la zone Asie-Pacifique mais pas encore ratifié par le Sénat. Donald Trump annonça que les accords de libre-échange avec les États-Unis se négocieraient désormais pays par pays.
  • La relance de la construction des pipelines terrestres Dakota Access et Keystone XL bloqués par Obama pour des raisons idéologiques.
  • Une demande pour un examen rapide des impacts environnementaux des projets d'infrastructure prioritaires. Donald Trump constate que des projets "ont été régulièrement et excessivement retardés par des processus et des procédures d'agences gouvernementales" et demande au responsable que ces examens soient désormais assortis d'un délai.
  • Une revue des régulations domestiques. Le Secrétaire du Commerce devra contacter des intervenants pour réviser l'impact des règlements fédéraux sur le secteur industriel, dans l'objectif avoué de les simplifier et de rendre leur application plus rapide.
  • Une remise en question de la politique migratoire et de la gestion des frontières, ceci couvrant la poursuite de la construction du Mur avec le Mexique (dont 1'050 kilomètres existent déjà, réalisés en partie sous Obama d'ailleurs, et sur lesquels les médias s'étendent fort peu) ainsi que la création de postes de gardes-frontières, de places de prison, et un examen des subventions et aides accordées au Mexique durant les cinq dernières années.
  • La reprise des mesures contre les immigrants illégaux, orientée en priorité contre les immigrants inculpés ou avec un casier judiciaire ; l'embauche de dix milles agents fédéraux pour l'immigration ; le retrait des financements fédéraux aux "villes sanctuaires" refusant d'appliquer la législation ; des sanctions pour les pays refusant de reprendre leurs ressortissants expulsés ; et une liste des crimes commis par les immigrés illégaux sur le territoire américain. Reprenant un de ses thèmes de campagne, le Président demande la création d'un "bureau des victimes de crimes d'immigrés illégaux" capable de livrer des statistiques détaillées de ces crimes et de fournir une aide adéquate et efficace aux victimes.
  • La réévaluation du programme de visa et d'accueil de réfugiés, avec la diminution du nombre de réfugiés accueillis sur le sol américain, l'interdiction d'entrée pour les ressortissants de sept pays jugés dangereux pour les États-Unis, et notamment l'interdiction d'accueil de tout nouveau réfugié syrien.

Le dernier décret est celui qui fait couler le plus d'encre en Europe, mais il n'est qu'une modeste décision parmi des dizaines d'autres. Comme d'habitude, nos médias mélangent tout, parlant d'acte "antimusulman" alors que seuls sept pays musulmans mineurs sont concernés (rien sur l'Indonésie, premier pays musulman du monde avec 200 millions d'habitants, le Maghreb, ou... l'Arabie Saoudite!)

La liste des sept pays désignés par Trump - Iran, Irak, Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Soudan - ne sort pas de sa poche ; elle provient d'un rapport sur les menaces sur la sécurité des États-Unis livré au président Obama avant que son successeur ne soit élu. Mais même la façon de faire de Trump n'est pas une première: Barack Obama lui-même interdit la venue de tout réfugié irakien aux États-Unis pendant six mois en 2011, sans provoquer la moindre réaction médiatique. Deux poids deux mesures, comme d'habitude.

Bref, loin des "doctes analystes" qui voyaient en lui un cynique menteur incapable de mettre en place ce dont il parlait dans ses discours, Donald Trump applique son programme à la lettre, laissant une opposition sonnée face à une telle productivité, bien au-delà de celle de son prédécesseur. Donald Trump dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit - du jamais vu pour la classe politique américaine.

Donald Trump ne semble pas avoir oublié ses qualités d'homme d'affaire en rejoignant la Maison Blanche: simplicité, efficacité et respect de ses engagements. Rappelons-nous d'Obama, piteusement incapable de fermer Guantánamo en huit ans alors qu'il s'agissait d'une de ses principales promesses de campagne...

Pour tous ceux qui font profession de haïr Donald Trump, les prochaines années vont être très, très longues.

Commentaires

La sidération de la bien-pensance politico-médiatique mondiale est, pour moi, un plaisir de tous les instants.
Ce chancre est bien enraciné, il sera difficile et long à extraire.
Il faut commencer par tarir les sources qui le nourrissent.
Pour le cancer, on parle de médicaments anti-angiogénèse.

PS à S. Montabert: Je m'étonne que le cas Fillon, digne d'une tragédie grecque, ne vous inspire pas.

Écrit par : AP34 | 30 janvier 2017

C'est quand même désolant de penser que la classe politico-médiatique, à laquelle je faisais allusion dans mon post précédent, n'aurait fini par accepter Trump, à contrecœur et avec des pincettes, que s'il avait cédé aux pressions et renoncer à ses promesses de campagne.
La sidération dont je parlais est bien due à ce fait, aussi nouveau qu'incongru et extraordinaire : un politicien, une fois élu, qui tient ses promesses.
Par exemple, ce titre d'un article de Time Magazine de ce jour : "President Trump's Honeymoon With the GOP Is Over"
Pourquoi les politiciens, une fois élus, ne tiennent-ils pas leurs promesses ?
Tout simplement parce que la plupart d'entre eux n'ont aucune conviction, encore moins de vision, ce sont des opportunistes dont l'unique souci est, comme pour un navigateur au long cours, d'exposer le maximum de surface de leur voile aux vents les plus favorables. Et quand le vent dominant semble tourner, eh bien, ils font de même avec leur voile.
Trump est confronté à une difficulté, que je qualifierais de technique : ceux qui l'ont élu ne font pas partie de la classe parlante/écrivante. De plus, dispersés dans les vastes plaines d'entre les deux côtes, ils ne peuvent pas non plus défiler aisément dans les rues de Washington ou de New-York.
Clairement, après les primaires et l'élection, ce qu'on appellerait chez nous “un troisième tour” devient nécessaire. Ses partisans doivent trouver rapidement une manière de s'organiser et de manifester leur force.
Seraient également souhaitables des mesures de rétorsion, des poursuites judiciaires contre Clinton, et peut-être aussi contre Obama lui-même, qui est loin d’être tout blanc (au sens figuré), et contre un certain nombre d’opposants, tel Soros – comme Al Capone, une enquête fiscale minutieuse devrait pouvoir le faire tomber – bref, contre tous ces gens qui se tiennent en embuscade et organisent probablement en sous-main cette pétaudière.

Écrit par : AP34 | 30 janvier 2017

..mais qu'attendez-vous pour rejoindre ce nouvel eldorado?..que dis-je....ce paradis terrestre?....au fait, à propos de paradis....rassurez-moi, vous êtes bien créationniste..!?...et par pudeur, je n'évoquerai pas d'autres "sensibilités" néoconservatrices...

Écrit par : jocelyn | 30 janvier 2017

"les prochaines années vont être très, très longues."

J'ai l'impression qu'il s'est déjà écoulé des mois!

Même avant de prendre le pouvoir, Trump avait déjà
- calmé le jeu avec Poutine
- mis des limites à l'arrogance de la Chine
- commencé à renégocier le prix des 2 "Air Force One"

Écrit par : simple-touriste | 30 janvier 2017

Je me délecte tous les jours de voir tous les socialo-islamo-fascistes s'offusquer d'un président élu par le peuple faisant ce qu'il a annoncé. Et pourtant selon Rasmussen, sa cote de popularité augmente chaque jour contrairement à ce que cette presse veut nous faire croire.
Personne pour condamner les 16 pays qui refusent leur territoire aux détenteurs de passeport Israélien ?
Juste un bémol quand même pour les détenteurs de green card. Ils devraient pouvoir rentrer aux USA.

Je reviens concernant la faillite de l'Hebdo. Pas une seule fois j'ai lu les raisons profondes de la fermeture de ce journal : plus personne ne le lisait !

PS: Cher Stéphane, ça fait mal au coeur de voir que notre pays d'adoption devient de plus en plus comme l'enfer que nous avons quitté. What is the next step ? ;-)

Écrit par : Rastapopoulos | 30 janvier 2017

@AP34: à chaque jour suffit sa peine ;)

@Jocelyn: j'ai fait le choix de devenir Suisse et de me battre pour la Suisse. Vous-même, pourquoi ne déménagez-vous pas dans un de ces innombrables paradis socialistes si hauts en couleur et si riches de vivre-ensemble?

@Simple-touriste: Donald Trump a créé plus d'emploi avant même d'entrer en fonction que François Hollande pendant toute la durée de son quinquennat.

@Rastapopoulos: bien d'accord avec vous. Je pensais être hors de l'UE en venant en Suisse, j'ai l'impression en fin de compte que la Suisse en sera le dernier esclave...

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 janvier 2017

Si l'ennemi c'est l'extrémisme islamique, le choix de punir l'Iran plutôt que l'Arabie saoudite, c'est complètement à côté de la plaque.

On a donc plutôt l'impression que l'islamisme, l'EI, Al Quaida n'ont rien à voir dans cette décision. Ce ne sont que les ennemis héréditaires d'Israël et des USA qui ont été visés.

Trump a intérêt à faire gaffe, Poutine n'est pas un demeuré et ne se laissera pas rouler dans la farine.

Écrit par : petard | 30 janvier 2017

"Juste un bémol quand même pour les détenteurs de green card. Ils devraient pouvoir rentrer aux USA."

Bon, la règle vient d'être assouplie.

C'est quand même un cafouillage embarrassant et assez stupide.

Écrit par : simple-touriste | 31 janvier 2017

Simple-touriste écrit : "C'est quand même un cafouillage embarrassant et assez stupide”.
Bien au contraire, je pense que ç'a été fait plutôt à dessein. De même pour l'absence de préavis dans la décision.
1) Pendant ce délai imposé aux porteurs de cartes à l'entrée aux US, la police et les douanes, ayant les clients sous la main, ont eu tout loisir de scruter à la loupe leurs activités sur le sol américain, et aussi dans leurs pays d'origine.
Il faut savoir qu'avec Obama, les abus étaient monnaie courante, les cartes vertes se distribuaient aux musulmans comme des petits pains.
Qui y trouvait à redire ? Personne ! Car c’est bien faire preuve d’une générosité minimale que de vouloir aider ses coreligionnaires dans le besoin, surtout quand ils sont discriminés.
2) Quant au préavis, imaginez qu'il y en ait eu un.
Alors tous les terroristes en puissance de la planète auraient activé leur agenda et se seraient empressés aux portillons US.

Écrit par : AP34 | 31 janvier 2017

Que la fachosphère pro Trump (qui d’autre pour soutenir cette caricature du populisme ?) profite de triompher et de se moquer de tout ceux (et Dieu sait si on est nombreux) qui depuis des mois ont compris qu’au pire la présidence de Trump tournerait à des nouveaux conflits armés et qu’au mieux il n’y aura finalement que les naïfs qui ont voté pour lui qui devront supporter les conséquences des errements de leur nouveau président.

Parce que cela très vite mal tourner et comme par hasard ils seront de moins en moins à assumer leur soutien à un celui qui se veut un homme politique différent alors qu’il ne sera toujours qu’un homme d’affaire particulièrement vaniteux et suffisamment malin pour être parvenu se faire élire président de la plus grande puissance militaire de la planète.

A mon humble avis, ca va vite être la gabegie car il y aura fatalement un moment où ses décisions démagogiques et spectaculaires se heurteront au mur de la réalité.

Mais bon on n’en est pas encore tout à fait là et d’ici là que ses supporters s’éclatent en insultant les médias, les élites et autres cons qui n’auraient rien compris. Visiblement cela leur fait tellement du bien, les pauvres….

Écrit par : Vincent | 31 janvier 2017

TRUMP : le premier président WYSIWYG !

Écrit par : Phil Asp | 31 janvier 2017

A l'époque où le visa américain posait la question sur l'appartenance actuelle ou passée du demandeur avec un parti communiste ou affilié, cela ne soulevait pas la polémique dans les chaumières et n'a pas empêché Georges Marchais d'aller visiter Disneyworld.

Écrit par : rabbit | 31 janvier 2017

@Vincent: la candidate de la guerre et du fameux complexe militaro-industriel, c'était Clinton.
La candidate pro-TPP et TAFTA, c'était Clinton.
La candidate des banques et du big business, c'était Clinton.
La candidate qui préférait l'État Islamique à Bachar el-Assad en Syrie, c'était Clinton.
La candidate qui voulait que les USA se plongent dans une nouvelle guerre froide avec les Russes, c'était Clinton.

Et avant elle, Obama, le président démocrate qui réussit le tour de force de passer l'intégralité de ses deux mandats en guerre (record absolu), et d'avoir bombardé sept pays différents pendant ses huit ans à la Maison Blanche. Pas mal pour un Prix Nobel de la Paix!

Alors, je vous entends, vous n'aimez pas Trump, et à ce stade il n'est pas certain que ses politiques (économiques notamment) réussissent. Mais sur pas mal de plans je crois qu'il était difficile de faire pire que l'équipe démocrate. À un moment on récolte ce qu'on sème.

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 janvier 2017

à Vincent:
Je comprends que ce soit dur pour vous et vos amis, et que vous en ayez infiniment lourd sur le cœur.
Comme ça l'était et l'est pour nous quand vous et vos amis – ceux que vous élisez – étaient, et sont au pouvoir.
Vous avez été balayés aux US, mais pas en Europe. Du moins, pas encore.
Accrochez-vous !
Car tout ce qui se passe aux US finit par arriver ici, même avec du retard.
À vous de comprendre que le balancier, tant qu’il est en mouvement, ne peut aller que d’un côté à l’autre.
Comprenez aussi qu’Obama a fait une politique de gauche et d’extrême gauche que les US n’ont jamais connu dans leur histoire. Et que ça ne pouvait pas durer (avec Clinton). De plus, il a été le cheval de Troie des musulmans aux US, ce qui, non plus, ne pouvait pas durer.
L’action appelle la réaction, l’inverse étant également vrai.
En tout cas, c'est une revanche, chacun son tour ! On l’attend en France depuis 40 ans (depuis Giscard).
Acceptez votre défaite – pour l’instant, elle est cantonnée outre-Atlantique –, vous vous ferez moins de mal !

Écrit par : AP34 | 31 janvier 2017

@Vincent : Outre vos approximations et supputations, vous parlez de fachosphère ce qui est pour le moins insultant. Las, la diabolisation ça ne prend plus.
Par contre, il n'est pas interdit de ne pas aimer Trump et d'argumenter ce qui motive votre opposition à sa politique.
L’essence du politique n’est pas d’agir au nom de préceptes, encore moins de plaire, mais de servir le bien commun, et sur ce sujet, les décisions de Trump collent à cette définition.
Vous ne trouverez pas beaucoup de gens qui se satisfassent de Trump et de ses débordements, mais ce dernier a été élu démocratiquement selon les règles de son pays.
Supposez, qu'à minima, les électeurs américains soient aussi intelligents et perspicaces que vous prétendez l'être.
Comme Finkielkrault le dit, il est navrant que ce soit un Trump qui sorte l’Amérique de l'ornière.
Bill Gates, qui doit être une référence pour vous, dit même : "Trump peut unir le pays comme Kennedy en son temps" rajoutant même "Il peut y avoir un message très encourageant montrant que l'administration Trump va organiser les choses, se débarrasser des obstacles réglementaires et faire de l'Amérique un leader par l'innovation".
Pour parfaire, Trump est le Golem des démocrates, si le bilan d'Obama était aussi bon qu'il le prétend, l'élection d'un démocrate aurait été une formalité. Quel échec ! Un type que vous traitez de tous les noms d'oiseaux et à qui vous prêtez tous les vices, appartenant au camp Républicain, lui succède, pis encore, dès sa première candidature.
En France nous avons Hollande qui renonce à briguer un second mandat tout en disant que son bilan est exemplaire.
Les progressistes vivent apparemment dans une autre dimension, inaccessible au commun des mortels. Peut être que leur seul défaut est d'être incompris ?
Jugez sur des faits, pas sur des intentions.

Écrit par : Phil Asp | 31 janvier 2017

"2) Quant au préavis, imaginez qu'il y en ait eu un.
Alors tous les terroristes en puissance de la planète auraient activé leur agenda et se seraient empressés aux portillons US"

Allo la Terre? Tous les terroristes avaient déjà un visa valable?

Il n'est pas question de donner un délai d'un mois au terroristes pour qu'ils s'organisent, mais d'éviter que des gens soient bloqués bêtement alors qu'ils sont déjà monté dans l'avion, etc.

Et ça aurait pu éviter qu'un juge rende une décision contre le décret.

Écrit par : simple-touriste | 31 janvier 2017

@simple-touriste: l'effet de surprise était souhaité par Trump, il s'en expliqua lui-même dans un tweet. Selon lui l'idée était bien d'empêcher les terroristes de ces pays de rejoindre les USA sachant qu'une interdiction surviendrait à l'avenir. Toute mise en place plus lente aurait également accru les risques de fuite de l'information dans les milieux concernés.

Le décret de Trump permet également d'enquêter sur tous les détenteurs de cartes vertes des pays visés à partir du moment où ils se rendent à l'étranger.

Notons que la juge new-yorkaise s'opposant à la mesure (comme par hasard nommée par Obama en 2015) ne l'a pas "empêchée", fausse information que nos médias se sont empressés de répandre, mais qu'elle a simplement permis l'arrivée sur le sol américain des passagers en transit vers les USA au moment de la signature du décret. Cela concerne à peine une centaine de personnes. Sa décision ayant été renvoyée en appel, l'affaire n'est même pas close.

Entre ça et le mensonge d'un décret "antimusulman" répété à l'envi, nos médias s'enfoncent toujours plus profondément dans la désinformation partisane.

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 janvier 2017

Il semble que sur ce coup-là, Trump se soit rangé sur les positions du camp des faucons (McCain et les caciques républicains du Pentagone et de la CIA). Parce que bouffer de l'iranien - autant pour eux que pour lui -, ça ne mange pas de pain, et d'une pierre deux coups, il préserve sa promesse électorale. Dans les faits, il réédite la combine des fioles chères à Colin Powell.

« nos médias s'enfoncent toujours plus profondément dans la désinformation partisane »

Que les médias mentent ou pas, il est quand même avéré qu'il ne s'en est pas pris aux monarchies du Golfe, davantage impliquées dans l'EI que l'Iran.

Quel spectacle à suspense, on attend avec impatience le prochain acte avec les ennemis de Rambo !

Écrit par : petard | 01 février 2017

Pétard écrit :
"il est quand même avéré qu'il ne s'en est pas pris aux monarchies du Golfe, davantage impliquées dans l'EI que l'Iran"
C'est tout simple : Les US n'étant pas encore autosuffisants en pétrole, il leur est impossible de se couper des monarchies du golfe.
La relance par Trump du projet du pipeline Keystone, destiné à convoyer le pétrole de la région d'Alberta au Canada vers les raffineries en Illinois et au Texas, qui avait été bloqué par Obama, devrait améliorer la situation.
Selon les prévisions, les US devraient pouvoir cesser leurs importations de pétrole du Moyen-Orient vers 2020, et devenir exportateurs nets vers 2030.
En attendant, Trump, aussi fou soit-il, comme les médias se complaisent à le décrire, ne peut évidemment pas s'affranchir de ces contingences.
Vous voilà rassuré, j'espère !

Écrit par : AP34 | 01 février 2017

À tous les intervenants de ce blog :
Si vous voulez savoir au jour le jour ce que fait Trump, de manière objective et non biaisée, alors allez sur ce site :
http://www.dreuz.info/2017/02/01/donald-trump-les-100-premiers-jours-mise-a-jour-quotidienne/
4 ou 5 journalistes de Dreuz (site américain en français) ont décidé de travailler ensemble pour rapporter les minutes et les actes de Trump pendant ses premiers 100 jours.
Cette entreprise est sans équivalent dans les médias, grands ou petits, que ce soit en Europe ou aux US.
Avertissement (pour éviter une crise d'urticaire aux allergiques) :
Dreuz est plutôt favorable à Trump.

Écrit par : AP34 | 01 février 2017

@AP34 & pétard: Trump a pris pour cible les pays potentiellement dangereux selon une liste du Renseignement américain, fournie à Obama en 2015. Histoire de lever le doute, un article de CNN sur le sujet - une chaîne qu'on ne pourra décemment pas accuser du moindre biais pro-Trump:

http://edition.cnn.com/2017/01/29/politics/how-the-trump-administration-chose-the-7-countries/

Ce n'est ni un calcul de ses affaires immobilières, ni une théorie échevelée sur la base d'approvisionnements pétroliers ou quoi que ce soit d'autre. Je ne vois pas l'intérêt d'échapper à la propagande du "#muslimban" si c'est pour tomber tête baissée dans la prochaine théorie complotiste sans plus de discernement.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 février 2017

ahhhh Vincent!!...où avez-vous mis les pieds..?...édifiants non les réactions à vos commentaires...? et surtout révélateurs!

Écrit par : jocelyn | 01 février 2017

@Jocelyn: j'ai une mauvaise nouvelle pour vous: les gens qui ne pensent pas comme vous sont beaucoup plus nombreux que vous ne le pensez et, alors qu'ils font progressivement entendre leur voix, ils en viennent à le réaliser eux-mêmes. Et comme l'élection de Trump l'a démontré, ça change tout.

Si vous pensez que vous pouvez vous contenter de rester entre gens de bonne compagnie, comme avant, vous allez assez vite vous rendre compte que vous ne pourrez bientôt plus mettre le moindre pied dehors.

Les Vincent et vous n'êtes que des îlots de "bien-pensance" perdus dans une vaste mer revêche. Tout n'est pas perdu pour vous mais pour faire avancer vos idées il va falloir convaincre plutôt que d'insulter, amener des arguments plutôt que dénigrer, et comme vous n'en avez plus l'habitude depuis très très longtemps, ça va être dur.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 février 2017

@Rastatruc et @ M. Montabert: PS: Cher Stéphane, ça fait mal au coeur de voir que notre pays d'adoption devient de plus en plus comme l'enfer que nous avons quitté. Vous ne voyez vraiment pas pourquoi cette dérive se met en place?: elle est peut être en relation à vos arrivées en Suisse. Ces passeports trop facilement bradés à des personnes haineuses et qui n'ont pas les qualités Suisse: accueil, neutralité, diplomatie, bienveillance, etc...

Écrit par : Paolo | 01 février 2017

@Paolo: dites-nous donc qui ne mérite pas son passeport parmi les quelques personnalités politiques suivantes, et j'en oublie...

Ada Marra (socialiste vaudoise, originaire d'Italie)
Oliver Français (radical vaudois, France)
Antonio Hodgers (vert genevois, Argentine)
Ricardo Lumengo (socialiste bernois, Angola)
Jacques Neirynck (démocrate-chrétien vaudois, Belgique)
Josef Zisyadis (communiste vaudois, Grec de Turquie)
Cesla Amarelle (socialiste vaudoise, Uruguay)
Pierre Maudet (radical genevois, France)
Géraldine Savary (socialiste vaudoise, France)

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 février 2017

Vous ne comprenez pas: eux ont ces qualités qui devraient être recherchées chez ceux désirant devenir Suisse, mais évidement ces qualités sont vides de sens à vos yeux et c'est en ça que la Suisse change par vos présences.(le type au catogan de père autrichien ne fait pas partie de votre liste...ni celui originaire d'Allemagne, étrange...)

Écrit par : Paolo | 01 février 2017

@Paolo: donc pour vous le problème ce sont les étrangers naturalisés qui ne font pas preuve d'"accueil, neutralité, diplomatie, bienveillance" en ayant l'audace de ne pas être de gauche.

Merci d'avoir éclairci votre position, on voit mieux où vous vous situez.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 février 2017

Paolo a parfaitement raison. Le (vrai) Suisse est effectivement accueillant, neutre (très important, on l'a vu, lors de la seconde guerre mondiale), diplomate et bienveillant.
Ça rejoint tout à fait ce qu'a dit joliment un de nos écrivains français : "La Suisse, un robuste rosier, sans épines ni fleurs”.
Je crois que c'est André Maurois, mais je n'en mettrais pas ma main à couper.
Rien à voir, évidemment, avec la rose socialiste française, qui, elle, en a, des épines.
Pour preuve : une affiche en 1980, lors de la campagne de Mitterrand, qui raillait justement la rose socialiste : on y voyait la main serrant la tige de la rose, et des gouttes de sang qui s’en échappaient.

à S. Montabert :
Vous écrivez : « Trump a pris pour cible les pays potentiellement dangereux selon une liste du Renseignement américain, fournie à Obama en 2015. »
Effectivement, j’ai lu ça.
Et vous ajoutez : « Ce n'est ni un calcul de ses affaires immobilières, ni une théorie échevelée sur la base d'approvisionnements pétroliers ou quoi que ce soit d'autre. »
Permettez-moi d’en douter.
L’explication du pétrole et l’absence d’autosuffisance des US vis-à-vis de cette denrée est également, et justement, la raison pour laquelle la liste d’Obama ne comprenait pas non plus les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar et Émirats).
Et c’est également la raison pour laquelle Bush est allé attaquer l’Iraq de Saddam qui ne lui avait rien fait, plutôt que le pays d’origine des terroristes du 11 septembre.
De toute façon, il ne faut pas trop compter sur Trump pour copier Obama ou suivre les recommandations de ce dernier ou celles de son administration.

Écrit par : AP34 | 01 février 2017

"Et c’est également la raison pour laquelle Bush est allé attaquer l’Iraq de Saddam qui ne lui avait rien fait, plutôt que le pays d’origine des terroristes du 11 septembre."
Absolument pas. Il s'agissait d'empêcher le bon papa Saddam de faire payer le pétrole en euros, ce qui aurait profondément nui aux intérêts américains. Et accessoirement d'enrichir le gang W.Bush - Cheney - Rumsfeld, qui se sont fait des milliards de dollars en s'attribuant sans appel d'offres des contrats monstrueux...

Écrit par : Géo | 01 février 2017

C'est ce que nous aurions tous fait, Géo, nous sommes sur Terre dans ce but.
Dans le même registre, voilà que M. Scaramucci, collecteur de fonds pour la campagne de D. Trump et lien officiel de la Maison Blanche avec le monde des affaires, risque de se faire tirer l'oreille pour avoir vendu son entreprise au groupe chinois HNA le 17 janvier dernier.
(https://www.nytimes.com/2017/01/31/us/anthony-scaramucci-business-white-house.html?_r=0)

Écrit par : rabbit | 01 février 2017

à Geo:
J'avais écrit :
"Et c’est également la raison pour laquelle Bush est allé attaquer l’Iraq de Saddam qui ne lui avait rien fait, plutôt que le pays d’origine des terroristes du 11 septembre."
C'était une façon de parler.
D'un côté, G. W. devait réagir à l'attaque du 11 septembre, d'un autre côté il ne pouvait pas punir les vrais coupables (pays du golfe).
Restait l'Irak comme porte de sortie commode, d'autant plus que ce pays avait/a aussi du pétrole.
Dans l'enrichissement, vous oubliez le fameux complexe militaro-industriel.
Quant à l'enrichissement, pour reprendre votre formule aussi violente qu'approximative, du "gang W. Bush - Cheney - Rumsfeld, qui se sont fait des milliards de dollars en s'attribuant sans appel d'offres des contrats monstrueux", vous exagérez grandement, selon votre habitude bien ancrée, semble-t-il.
L'enrichissement personnel des politiciens est scruté aux US comme en France, et reste un délit.

Écrit par : AP34 | 02 février 2017

"Dans l'enrichissement, vous oubliez le fameux complexe militaro-industriel."
Ben non, ce sont les mêmes et cela répond à votre 2ème objection.
"vous exagérez grandement, selon votre habitude bien ancrée" Merci de le démontrer.

Écrit par : Géo | 02 février 2017

Encore un détail, AP34, qui êtes français et donc devriez avoir entendu parler de de Villepin et de son discours : un des membres du gang a alors déclaré haut et fort que la France ne participerait pas au partage du "butin" puisque telle était sa position. Cela ne vous dit rien ?
Il y avait eu une excellente émission sur la chaîne "toute l'histoire" qui démontrait tous les liens entre la clique dirigeante et les sociétés qui profitaient de cette expédition de piraterie internationale qu'a été GW II, dont nous Européens payons aujourd'hui encore et pour longtemps le prix. (ça, c'est pour Rabbit).
Mais vous me direz comme Fillon que ce ne sont que des racontars de journalistes ?

Écrit par : Géo | 02 février 2017

«黄鼠狼给鸡拜年,没安好心» (la belette ne souhaite pas la bonne année aux poules sans arrière pensée).

Écrit par : rabbit | 02 février 2017

"@simple-touriste: l'effet de surprise était souhaité par Trump, il s'en expliqua lui-même dans un tweet."

Avec la décision du juge progressiste (comme par hasard nommé par ... George W. Bush le nul), c'est un peu raté.

D'après http://pamelageller.com/2017/02/trump-new-order-immigration-no-scotus.html/

"Using the appeals court opinion as a playbook, Trump’s lawyers could rework the language in a way that is more likely to pass legal muster, such as clarifying that the order doesn’t apply to legal permanent residents and other certain visa holders."

Ce que je suggérais en premier lieu.

Écrit par : simple-touriste | 11 février 2017

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