22 février 2017

Donald Trump contre le Deep State

Fraîchement nommé dans l'équipe Trump, le Conseiller à la Sécurité Nationale Michael Flynn fut poussé à la démission le 13 février 2017. Le motif de son départ reste sibyllin: il aurait donné au vice-président Mike Pence des informations "incomplètes" sur ses discussions téléphoniques avec l'ambassadeur de Russie durant la période de transition.

En réalité, M. Flynn n'est que la première victime d'une longue guerre qui oppose Donald Trump d'un côté et le Deep State de l'autre.

À l'origine du Deep State

Qu'est-ce que le Deep State? En français, on l'appellerait l'État dans l'État - une bureaucratie enkystée, puissante, inamovible, contre laquelle la volonté de réforme des politiciens élus, forcément transitoires, finit immanquablement par se fracasser comme l'écume sur les rochers.

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Le Deep State américain est probablement assez ancien mais s'enracina en particulier grâce au triste manque de clairvoyance d'un Président que l'on n'aurait jamais imaginé dans ce rôle, Ronald Reagan. Avant lui, la coutume voulait que tous les fonctionnaires fédéraux soient limogés à la faveur d'un changement de majorité. Le candidat vainqueur débarquait avec des milliers de nouveaux employés pendant que les précédents pliaient bagages. C'est pour cela que l'on parlait, et que l'on parle toujours par abus de langage, de "l'Administration" du Président - comme si chacun venait repeupler Washington, D.C. avec les siens.

Tout cela changea avec Roland Reagan. Reagan annonça pendant sa campagne présidentielle qu'il mettrait fin à une pratique privant des milliers de gens de leur travail au lendemain d'une élection, et tint sa promesse. Il nomma bien sûr des Secrétaires d'État et des fonctionnaires de haut niveau à ses côtés, mais le reste de l'appareil fédéral resta intact. La pratique fut perpétuée par ses successeurs. Un geste humaniste permit ainsi l'émergence progressive d'une caste de fonctionnaires carriéristes et finalement inamovibles.

Les Démocrates avaient annoncé la couleur dès le lendemain de leur défaite contre Trump, lorsqu'une haute responsable du parti rappela aux militants pour leur garder espoir: "Nous gardons encore une minorité de blocage au Sénat, et le contrôle de l'administration."

Pourquoi le Deep State est-il marqué à gauche? La réponse tient au point de vue fondamentalement antagoniste des Démocrates et des Républicains sur le rôle de l'État. Pour les premiers, il est un outil au service de leur cause ; pour les seconds, un mal nécessaire qu'il s'agit de contenir. Aux États-Unis comme ailleurs, les fonctionnaires verront donc d'un fort mauvais œil un parti visant à diminuer leur nombre. De même, les plus fortes phases de croissance de l'État sont souvent la marque de politiques collectivistes assez classiques, pendant lesquelles les nouveaux venus ont souvent le profil idéologique adéquat.

Le Deep State américain est donc profondément enraciné et hostile aux valeurs incarnées par Donald Trump.

Le Deep State aujourd'hui

La page Wikipédia du Deep State américain (en anglais) a été créée le 7 janvier 2017. Elle décrit dès le départ quelques tentacules possibles de l'entité:

Selon Philip Giraldi, le noyau du pouvoir est centré sur le complexe militaro-industriel, la communauté du renseignement et Wall Street, tandis que Bill Moyers pointe du doigt les ploutocrates et les oligarques. Le Professeur Peter Dale Scott mentionne également les entreprises pétrochimiques ("Big Oil") comme joueur clé, alors que David Talbot se concentre sur les officiers de la Sécurité Nationale, en particulier Allen Dulles.


Toute l'opposition à Trump ne relève pas du Deep State, loin de là. Hollywood, les médias, certaines entreprises de la Silicon Valley ou le Parti démocrate lui-même sont des adversaires résolus de Trump. C'est leur droit le plus strict, mais le Deep State fait ici référence à autre chose: une partie de l'État qui renie son devoir de servir pour miner et contester l'administration en place. Nous en avons un aperçu avec la démission de Michael Flynn.

usa,donald trumpMichael Flynn est un ancien général d'armée. Il était haï par les adversaires de Trump parce qu'il entendait traiter la Russie en adversaire et non en ennemi, et parce qu'il identifiait clairement l'islam radical comme la source de nombreux problèmes du monde.

Pendant la "phase de transition" entre les Administrations Obama et Trump, des journalistes reçurent des informations - des fuites vraisemblablement organisées depuis l'intérieur des services de renseignement - impliquant des conversations téléphoniques entre Michael Flynn et Sergey Kislyak, l'ambassadeur de Russie aux États-Unis. Ces discussions portaient sur une éventuelle atténuation des sanctions par l'Administration Trump.

Les médias attaquèrent en prétextant une violation du Logan Act, exhumant pour l'occasion une loi de 1799 visant à interdire l'établissement d'une "diplomatie parallèle" et qui ne fut jamais employée pour poursuivre le moindre citoyen américain. Michael Flynn expliqua au Vice-Président Mike Pence que ces discussions n'avaient pour but que de préparer une conversation téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine.

Vint alors une seconde attaque, plus violente. Les services de renseignement firent remonter l'information selon laquelle Flynn serait désormais "potentiellement vulnérable à un chantage russe". La raison? Il aurait été "flou" sur la teneur exacte de ses propos avec l'ambassadeur... Propos d'autant plus faciles à analyser qu'ils furent gracieusement fournis aux journalistes!

Souhaitant éviter d'embourber la jeune Administration Trump dans un scandale, Michael Flynn démissionna, contre l'avis du Président. La démission de l'ancien général fut immédiatement présentée comme une preuve de sa duplicité.

Les adversaires de Trump purent sabler le champagne - ils venaient de faire leur première victime. Les partisans de Trump y virent des signes plus inquiétants: l'espionnage des membres de l'Administration par leurs propres services de renseignement et la fuite régulière d'informations secrètes auprès de médias engagés.

Notons qu'à ce stade, outre que M. Flynn n'a pas été mis en cause par la justice, le grand public n'a jamais réussi à lire une transcription de la fameuse conversation entre lui et M. Kislyak. Nous devons nous contenter de ce qu'en disent les journalistes.

Disons-le franchement, l'éviction de Michael Flynn relève de motifs dérisoires - des services secrets montant un dossier au nom de l'éthique alors qu'ils avaient piraté jusqu'au téléphone portable d'Angela Merkel... L'affaire montre en tout cas l'implication du Deep State dans une guérilla soutenue contre un gouvernement qui peine à se mettre en place sous les assauts des médias et de l'opposition démocrate.

Une issue incertaine

usa,donald trumpLa bataille qui s'annonce entre Donald Trump et le Deep State sera brutale, et déterminera probablement le succès ou l'échec du mandat du Président. Parviendra-t-il à ramener les services de renseignement américains sous son contrôle?

L'affrontement sera d'autant plus difficile à mener que le Deep State a des alliés jusque dans le camp républicain. L'affaire grotesque du dossier russe - qui s'est écroulée depuis - eut lieu grâce à John McCain, un ennemi intime de Donald Trump, en mèche avec de nombreux agents du renseignement.

McCain et Trump ont beau appartenir au même parti, à peu près tout les oppose. Mais John McCain n'est pas un énième militant anti-Trump. Il est élu au Congrès depuis 34 ans, dont 30 au Sénat. Il préside la puissante Commission des Armées, qui gère notamment les 600 milliards de budget annuel du Pentagone. Il fut candidat républicain en 2008 à l'élection présidentielle, témoignage de la force de ses réseaux à l'intérieur du Grand Old Party.

L'éviction de Michael Flynn eut au moins le mérite de faire comprendre à Donald Trump qu'il avance sur un terrain miné. Ses ennemis ne lui feront pas de cadeau. Les "fuites" soigneusement organisées risquent de se poursuivre pendant tout son mandat.

De par sa nature, le Deep State vise à traverser le temps et les vents contraires. Il est bâti pour résister à des événements défavorables comme l'élection de Donald Trump. Il s'est renforcé pendant des décennies. Sur le papier, les chances de victoire de Donald Trump paraissent bien faibles ; mais ce dernier a aussi prouvé à maintes reprises qu'il était homme à déjouer les pronostics.

Commentaires

« La pratique fut perpétuée par ses successeurs. Un geste humaniste permit ainsi l'émergence progressive d'une caste de fonctionnaires carriéristes et finalement inamovibles.»

C'est exactement comme chez nous....sauf que chez nous les chefs des Offices ne giclent pas forcément avec l'arrivée d'un nouveau conseiller fédéral. C'est dramatique !

Chez nous c'est tout ce que l'on appelle "autorité compétente" qui devrait être validé ou invalidé par un conseiller fédéral fraîchement élu.

C'est clair que si le nouvel arrivant est un "neuneu" doublé d'incompétence, il aura tendance à garder les "pots de colle" qui font son boulot.

Écrit par : petard | 23 février 2017

Le “Léviathan“ de Hobbes disséqué par Grey's Anatomy.

Écrit par : rabbit | 23 février 2017

Je ne vois pas bien comment on peut en pratique remplacer les cadres d'une administration. Doit-on aussi remplacer les analystes du renseignement?

Aujourd'hui tout le monde est cadre, tout le monde a une responsabilité de décision et non de simple exécution.

Les fuites peuvent provenir de n'importe où. Il faudrait une opération d'intoxication massive contre les services d'espionnage (organisée par qui?) pour déterminer quelles planches sont pourries.

Écrit par : simple-touriste | 23 février 2017

La France a aussi en son sein une sorte de « deep state » qui semble aussi puissant que celui qui existe aux États-Unis, mais sans doute composé et organisé un peu différemment et si même bon nombre de ses représentants sont des « Young leaders ».

C’est à partir des années 80 sous Mitterrand que ce « deep state » s’est développé par une politisation croissante de toutes sphères de pouvoir et d’influence ( banques, média, magistrature, préfets etc.…). A cela, on peut ajouter les leviers habituels comme les loges, le Crif et autres…

Ce qui est surprenant est de s’apercevoir que la situation est aussi pourrie aux Etats-Unis. Pour ma part, j’ai été très surpris de m’en apercevoir.

Ceci étant, je crois que le « deep state » perd de sa force et de son pouvoir de nuisance à partir du moment où ses membres sont connus du peuple. Pour lutter contre, il semble donc opportun de leur donner la notoriété qu’ils méritent.

La plupart se réclament des Lumières et comme les vampires la craignent...

Écrit par : Ribus | 23 février 2017

Notre hôte a parfaitement raison de soulever le problème de l'inertie de l'administration américaine (deep state), qui s'oppose aux réformes de Trump – davantage une révolution, d'ailleurs, que des réformes.
Et ceci d'autant plus que ces fonctionnaires, Obama n'a eu de cesse d’en recruter de nouveaux. Une tendance partagée par tous les gouvernements de gauche, dans tous les pays.
À égalité dans leur amour des fonctionnaires, les immigrés, qu'on tente de régulariser autant que la décence le permet. Deux populations d’électeurs captifs que la gauche essaie à toute force de faire croître, au prix d'une augmentation des impôts et taxes, et d'un appauvrissement général.
Pour ces raisons, et en l’état actuel des choses et du monde, je dirais qu'il est, par définition, impossible pour un gouvernement de gauche de travailler pour le bien de la population (celle des natifs). Mais que c’est toujours l’inverse qui se produit : le pouvoir de gauche ne s’exerce jamais qu’au détriment de cette population.
En opposition à Trump, il y a certes l’administration. Mais pas seulement.
Il y a 90% des médias, tous les politiciens démocrates, à commencer par Obama et Clinton qui ne se gênent pas pour agir contre lui en pleine lumière, mais aussi pas mal de politiciens républicains, sans oublier le pouvoir de l’argent en la personne de Soros-le-nuisible…
Mais aussi, et surtout, il y a une bonne partie de la population, celle des côtes Est et Ouest, celle qui a la voix des médias et les moyens de se faire entendre.
Pour s’en persuader, il n’est que de lire les commentaires (près de 10 000 à cette heure), émanant d’Américains pour la plupart (j’imagine), sous la dernière conférence de presse de Trump, celle où il s’en prend précisément aux médias :
https://www.youtube.com/watch?v=W5FRUM-AK9k
Il y a un tel torrent de bave, de bile, et de haine qu’on en reste pantois. Pour ceux que j’ai lus, il n’y en a pas plus d’1/4 à 1/3 en sa faveur.
Mais ce n’est pas tout.
Des élus démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat, invoquant le 25ème Amendement, sont en train de manœuvrer pour sortir une loi qui ouvrirait la possibilité de créer une instance destinée à juger de la santé mentale de Trump. Instance constituée des ex-présidents et ex-vice-présidents encore en vie (les morts, ou leurs mânes, ne seront pas consultés, c’est déjà ça).
Santé mentale qui, aux dires de quantité de psychologues et psychiatres américains qui scrutent à la loupe le moindre geste et la plus petite grimace de Trump lors de ses manifestations publiques, est précaire, et pourrait justifier un “empeachment”.
Cela rappelle tout à fait les agissements des Soviets, où les opposants ne pouvaient l’être que parce que leurs cerveaux ne fonctionnaient pas normalement, qu’ils étaient fous. Le traitement était alors tout trouvé, c’était la rééducation en asile psychiatrique.
La gauche a, dans son ADN (comme on dit aujourd’hui), une tendance totalitaire. Le pouvoir lui revient, si j’ose dire : de droit divin (même si les gauchistes sont athées pour la plupart). Elle ne tolère pas d’en être dépossédée.
Je vois ce même comportement ici en France, où il y a une offensive médiatique et judiciaire tous azimuts pour affaiblir les opposants au parti socialiste dans les prochaines élections présidentielles. Tendance totalitaire qui s’exacerbe d’années en années. Jusqu’où ?

Écrit par : AP34 | 24 février 2017

Les réponses sont en partie ici: https://www.wikiberal.org/wiki/Totalitarisme

Écrit par : rabbit | 24 février 2017

AP34@ Le principal danger vient de l'opposition entre républicains et Trump, déjà visibles lors de la campagne présidentielle (évidemment...). Objectifs totalement contradictoires : les Républicains ont déjà trouvé un nouveau Saddam Hussein en la personne de Poutine, c'est-à-dire le futur bouc émissaire d'une nouvelle guerre pour qu'ils puissent se faire un maximum de fric et nuire un max à l'Europe, ce qui est l'objectif premier des Républicains.
Tous les réfugiés qui déferlent sur l'Europe aujourd'hui sont dus à GW II...

Écrit par : Géo | 24 février 2017

Je suis très étonné de vous voir répercuter sans la moindre réflexion l'enfumage des services secrets russes. Aller chercher sur Wikipedia les secrets d'un prétendu "deep state" américain, c'est de la référence en béton armé, ça !

Flynn a été viré parce qu'il a menti à ses chefs, parce qu'il est effectivement mouillé jusqu'au cou avec les Russes (il a été payé par le gouvernement russe pour donner une conférence en Russie), et parce qu'aux Etats-Unis il y a quelque chose qui s'appelle la loi, et que même (et surtout) lorsqu'on fait partie du gouvernement, on est soumis à la loi.

La conversation téléphonique entre Flynn et l'ambassadeur russe a eu lieu avant que Trump ne soit président. Flynn était donc un simple citoyen. Téléphoner à l'ambassadeur russe en engageant les Etats-Unis était pour lui un acte illégal.

Il y avait une raison supplémentaire pour virer Flynn : c'est un abruti. Il a nié le coup de fil qui lui est reproché (ou son contenu) auprès de ses supérieurs, alors qu'il aurait dû savoir qu'il était écouté par les services secrets de son pays, et qu'évidemment le contenu de l'interception allait être transmis à qui de droit. A son niveau et avec son passé, c'est impardonnable, et c'est pour des conneries similaires qu'il a été viré d'un poste antérieur avant de travailler pour Trump.

Vous ne comprenez rien au fonctionnement des services secrets. Les services secrets américains n'ont pas "piraté le téléphone d'Angela Merkel", ils ont espionné Angela Merkel parce que c'est leur travail. Vous tentez de mettre la discussion sur le sujet de l'éthique, c'est idiot, c'est un concentré de désinformation kaguébiste.

Les services d'espionnage du monde entier espionnent les gouvernements du monde entier. Ce n'est pas "un scandale", ce n'est pas "contraire à l'éthique", c'est leur boulot et c'est comme ça. Les services d'espionnage français, je vous dis ça pour votre gouverne, ont "piraté le téléphone de Barack Obama". C'est bien pour ça que le gouvernement français n'a que mollement protesté lorsqu'on a appris, il y a quelques années, que les Etats-Unis avaient "piraté le téléphone du président français".

Les Américains savent très bien que nous les espionnons, nous savons que les Américains le savent, ils savent que nous savons qu'ils nous espionnent. Entre professionnels, on n'a pas des vapeurs parce que la CIA "pirate le téléphone d'Angela Merkel". Ca, c'est bon pour les journaux de coiffeurs et pour raconter des salades au bon peuple : oh là là, tu te rends compte, on ne s'espionne pas entre alliés. Bien sûr qu'on s'espionne entre alliés ! Vous avez lu où, qu'on ne s'espionnait pas entre alliés ? Dans KGB Magazine ?

En l'occurrence, les services américains ont été guidés par le respect de la loi, car figurez-vous que les activités d'espionnage sont extrêmement encadrées par la loi, aux Etats-Unis. Et ils ont aussi été guidés par la défense de la sûreté nationale des Etats-Unis, qu'ils sont censés garantir. Leur boulot ne consiste pas à défendre les intérêts russes, je vous le signale. On a un peu tendance à l'oublier, vu le torrent de désinformation et de mensonges en provenance de Moscou.

De façon générale, je constate que la propagande russe rentre comme dans du beurre, en Suisse. Encore un peu plus qu'en France, si c'est possible. Les Etats-Unis vous ont niqué votre industrie bancaire, OK, c'est pas très gentil. Ce n'est pas une raison pour devenir idiot et gober toutes crues les fariboles du SVR.

Écrit par : Robert Marchenoir | 25 février 2017

@Robert Marchenoir: je n'ai heureusement pas "découvert" le Deep State par Wikipédia, ni attendu l'affaire Flynn pour constater qu'il existe. Quant à vous, je pense que vous attribuez des qualités d'omnipotence au KGB qu'une relecture des deux tomes du "KGB contre l'Ouest" pourrait adoucir un peu.

Je vous trouve bien prompt à présenter Flynn comme un crétin et une marionnette russe ; vous avez sans doute vos critères, mais je vous trouve un poil expéditif face à un général d'armée américain qui a connu la guerre froide de première main.

"La conversation téléphonique entre Flynn et l'ambassadeur russe a eu lieu avant que Trump ne soit président. Flynn était donc un simple citoyen. Téléphoner à l'ambassadeur russe en engageant les Etats-Unis était pour lui un acte illégal."

Vous vous contredisez vous-même. En tant que simple citoyen, Flynn n'a rien engagé du tout. Nous n'avons d'ailleurs même pas la teneur de ce qui a été dit à l'occasion, et devons pour cela nous en remettre à l'intégrité de journalistes anti-Trump.

D'ailleurs Flynn n'a pas été inquiété par la justice et je doute qu'il le soit, ce qui fait aussi tomber à plat en passant toutes les théories sur l'aspect critique de cette conversation (à comparer avec la mansuétude médiatico-politique face aux innombrables violations de la loi par Mme Clinton).

A ce point du dossier, des ONG conservatrices ont demandé que soit livré le verbatim de la conversation enregistrée, afin que le grand public puisse se faire son idée. Nous verrons s'ils y parviennent.

Ah, aussi, cette conversation a été donnée à des journalistes par des agents du renseignement américain. Cela fait sans doute partie de leur mission guidée comme vous dites "par le respect de la loi, car figurez-vous que les activités d'espionnage sont extrêmement encadrées par la loi, aux Etats-Unis". Ahem.

Et non, je ne suis pas né de la dernière pluie et je sais très bien que chacun espionne un peu tout le monde. Mais on trouverait correct, disons, que le gros de l'espionnage soit en direction de nos ennemis. Et lorsque des infos classifiées fuitent dans la presse pour affaiblir un gouvernement, ce n'est plus de l'espionnage mais, juridiquement, de la trahison. Sans doute un coup des agents doubles russes infiltrés...

Parlant de naïveté, croyez-vous qu'il n'y a aucun élément anti-Trump dans les services de renseignement américains qui ne fasse passer sa haine avant son serment? Ce serait beau. Et si vous comprenez cela, pas la peine de chercher midi à quatorze heure en voyant la main des services secrets russes partout.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 février 2017

"Les Américains savent très bien que nous les espionnons, nous savons que les Américains le savent, ils savent que nous savons qu'ils nous espionnent."

Alors tous ces gens n'ont jamais entendu parler de la cryptographie? Le dernier des ados abrutis a entendu parler de chiffrement de bout en bout!

Pourquoi toutes ces écoutes ont lieu? Ces gens n'ont pas des abonnements téléphone et DATA? Ils ont épuisé leur forfait?

"car figurez-vous que les activités d'espionnage sont extrêmement encadrées par la loi, aux Etats-Unis"

Oui oui, d'ailleurs Edward Snowden en a apporté la preuve. Ah non, on m'informe qu'il a au contraire révélé que c'était plutôt orgiaque.

Écrit par : simple-touriste | 26 février 2017

@simple-touriste: le chiffrement de bout en bout n'était pas la norme il y a quelques années et se met progressivement en place, malgré de forte réticences des gouvernements. Cela empêche d'espionner les conversations "le long de la ligne", si personne n'a de porte d'entrée secrète dans l'algorithme de cryptage.

En revanche, il reste possible d'obtenir la teneur de l'échange après le décryptage simplement en piratant une des extrémités de la conversation. Donc si un service de renseignement a réussi à installer un logiciel espion sur votre téléphone, vous pouvez crypter les transmissions autant que vous voulez, tout ce qui se dira autour de votre téléphone sera enregistré quelque part.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 février 2017

Enfin quelqu'un parle de ceux qui sont au pouvoir aux USA quel que soit le président élu, qui n'est qu'une marionnette, sauf Trump, ce qui fait que cette maffia/nomenklatura/oligarchie est en mode panique pour arriver à le virer.

"Il s'est renforcé pendant des décennies." En fait il a pris le pouvoir en 1963 et ne l'a plus lâché depuis et peu importe que le président soit "d" ou "r", c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Actuellement certains éléments des services US sont en guerre contre cette maffia/nomenklatura/oligarchie. L'issue n'est pas du tout certaine. Une provocation sur un territoire étranger par de éléments "incontrôlés" n'est pas à exclure.

"Ah non, on m'informe qu'il a au contraire révélé que c'était plutôt orgiaque."
On ferait bien de s'intéresser de très près au pizzagate et au système de chantage mis en place par les marionnettistes.

"En l'occurrence, les services américains ont été guidés par le respect de la loi, car figurez-vous que les activités d'espionnage sont extrêmement encadrées par la loi, aux Etats-Unis."
Jamais lu une phrase à ce point stupide et de pure propagande yankee. La cia, respecter la loi... Comme avec les prisons secrètes, la torture, Guantanamo, JFK, MLK, RFK et le 911 (cf. lien ci-dessous). Elle paie bien, la cia, pour désinformer?

Et aussi, pour voir comment ces services fonctionnent et non AUCUN scrupule:
http://www.wanttoknow.info/911/Collateral-Damage-911-black_eagle_fund_trust.pdf

Écrit par : Charles | 27 février 2017

La cryptographie n'est pas un moyen miracle de protéger l'information!

On peut installer des logiciels dans un smartphone (ou ordiphone = ordinateur+téléphone) qui est un véritable PC portable spécialisé, mais ces modifications de l'ordinateur peuvent aussi être détectées. Un système d'exploitation peut aussi être modifié pour dissimuler l'introduction d'un logiciel d'espionnage, et ces modifications du systèmes peuvent être mesurées par des logiciels spécialisés, etc.

Par contre si vous transmettez en clair des informations sur un réseau mondial, vous n'avez aucun moyen de détecter les écoutes, jusqu'au jour où elles sont publiées.

La cryptographie n'est pas un moyen miracle MAIS elle change les efforts qu'il faut pour récupérer l'information.

L'information quand elle est stockée sur un système partagé reste vulnérable, surtout quand de nombreuses personnes sont habilitées à y accéder. Il n'y a pas de solution technique miracle quand le facteur humain est la principale vulnérabilité. Comme un bouclier que le soldat tient devant lui ne le protège pas d'un coup dans le dos d'un camarade.

Écrit par : simple-touriste | 27 février 2017

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