07 mars 2017

Obamagate et Vault 7

Deux termes promettent de faire le buzz ces prochains jours - Obamagate et Vault 7 - et pourraient bien façonner le futur de la politique aux États-Unis.

Ces deux termes sont liés.

barack obama,usa,espionnage

L'Obamagate

Chaque mois voit surgir son -gate - un nouveau scandale baptisé selon le Watergate originel, l'affaire qui mena le président Richard Nixon à la démission pour avoir tenté de poser des micros pour espionner ses concurrents démocrates dans l'immeuble qui donna son nom au dossier. Depuis, tous les journalistes et les blogueurs sont sur les rangs dans l'espoir de révéler un complot du même ordre de magnitude.

Ils ont été dépassés par Donald Trump, qui a révélé le scandale lui-même samedi dans une série de tweets assassins [1, 2, 3, 4]:

  • Terrible ! je viens de découvrir qu’Obama a mis la Trump Tower sur écoute juste avant la victoire. Rien trouvé. C’est du Maccarthysme!
  • Est-ce normal, pour un président en exercice, de mettre sur écoute une course à la présidentielle avant une élection? Demande une première fois refusée par un tribunal. Une NOUVELLE BASSESSE!
  • Je parie qu’un bon avocat pourrait faire un beau procès avec le fait que le Président Obama a mis sur écoute mes lignes téléphoniques en octobre, juste avant l’élection!
  • À quelle bassesse le président Obama est descendu pour mettre mes téléphones sur écoute durant la période sacrée du processus électoral. C’est du Nixon/Watergate. Sale type (ou taré)!

Depuis, l'affaire est progressivement dévoilée. Barack Obama aurait tenté à trois reprises entre juin et octobre de mettre Trump sur écoute, mais aurait échoué à obtenir l'autorisation de la justice. Sa demande fut rejetée même par la Cour de Surveillance du Renseignement Étranger des États-Unis, la FISA, ce qui est extrêmement rare. Mais, mentant à la cour en cachant que la surveillance s'étendrait jusqu'à Trump, il obtint finalement gain de cause et put procéder à l'espionnage de la campagne républicaine et de son candidat.

Un président américain en exercice abusant de ses pouvoirs pour espionner un rival à la veille d'une élection? C'est très exactement un remake du Watergate, à ceci près que l'immeuble en question est la Trump Tower. Seul bémol, les rôles sont inversés. Nixon pouvait être descendu en flammes sans modération, il était républicain et espionnait des Démocrates. Déontologie journalistique oblige, pas question de réserver le même traitement à un président démocrate espionnant un Républicain!

Depuis, les médias se couvrent donc (une fois de plus...) de ridicule en refusant mordicus de suivre les accusations du président américain en exercice. On critique donc Trump en parlant "d'allégations sans preuves" - alors même que depuis des mois les médias critiquent Trump pour ses prétendus liens avec la Russie sur nulle autre base que des allégations sans preuves. On explique que M. Obama a nié ses accusations à travers son porte-parole - comme si des gens capables de telles vilenies allaient tout avouer benoîtement devant la première caméra de télévision venue. On fait venir sur les plateaux de télévisions des experts exprimant toute "l'invraisemblance" des accusations de Donald Trump - alors que les preuves abondent que Barack Obama a espionné dans un but politique de nombreux individus pendant son mandat, dont des journalistes américains.

En fait l'espionnage de ce qui se passait dans la campagne de Trump est tellement de notoriété publique que l'information fut diffusée... Sur la première page du très démocrate New York Times, le jour de l'inauguration du Président!

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La première page du New York Times du 20 janvier - maintenant et selon le même journal,
l'accusation d'espionnage est désormais une "pure invention".

(cliquez pour agrandir)

Vault 7

En attendant que des commissions d'enquête mettent au clair tous les détails de cette affaire, la dernière ligne de défense du Président Obama et de son ex-administration est de clamer qu'ils n'avaient pas le droit, et qu'ils se sont donc évidemment abstenus, d'espionner des citoyens américains.

Le mythe d'Américains protégés par leur Constitution et de services de renseignements uniquement tournés vers l'extérieur est tombé depuis longtemps, mais certains aveugles volontaires continuaient de le prétendre, en grande partie pour absoudre l'Administration Obama de ses nombreuses dérives. Aujourd'hui, un énorme paquet de documents classifiés révélés par Wikileaks montre qu'il n'en est rien, depuis plusieurs années. Sous le nom énigmatique de Vault 7, l'organisation pour la transparence montre, documents à l'appui, le degré de sophistication et l'étendue proprement délirante de l'espionnage domestique par les États-Unis.

Le fantasque ex-patron de MegaUpload, Kim Dotcom, très intéressé par les questions de vie privée, résume dans quelques tweets [1, 2, 3] certaines trouvailles révélées par ces milliers de documents:

  • La CIA dispose de techniques permettant de donner l'apparence que des cyber-attaques proviennent d'un pays ennemi. Cela tourne en PLAISANTERIE les allégations de la CIA d'un piratage de la Convention Démocrate par les Russes.
  • SCOOP: La CIA peut transformer les Smart TV, les iPhones, les consoles de jeu et de nombreux autres gadgets de grande consommation en systèmes d'écoute. #Vault7
  • Obama a accusé la Russie de cyber-attaques pendant que sa CIA transformait tous les appareils connectés en Russie en micro-espions. Wow!

Le code et les documents révélés aujourd'hui montrent que les services de renseignement américains sont capables d'écouter les conversations depuis à peu près n'importe quel appareil connecté doté d'un micro, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'un smartphone, voire d'une télévision connectée, et ce même s'ils sont en veille. Ils sont aussi capables d'obtenir les informations encryptées transmises par les applications "sécurisées" usuelles comme WhatsApp, Signal, Telegram, Wiebo, Confide ou Cloackman simplement en piratant le smartphone où ces applications sont installées avant que le chiffrement ne soit appliqué.

Les dernières illusions sur le secret des communications viennent de voler en éclats. Et ce sont ces gens qui auraient eu des scrupules à espionner M. Trump pour des motifs politiques?

Nul doute que les scandales ne font que commencer. À terme, il faudra à l'ancien président Obama peut-être plus qu'une simple dénégation pour sortir indemne de toutes les dérives qui ont eu lieu sous son égide.

Commentaires

Le 19 janvier le même article paraît dans le NYT, version numérique, sous le titre “ Intercepted Russian Communications Part of Inquiry Into Trump Associates “. En pied de la colonne figure cette notice: “ A version of this article appears in print on January 20, 2017, on Page A1 of the New York edition with the headline: Wiretapped Data Used in Inquiry of Trump Aides “. Ce qui voudrait dire que le 19, le NYT accuse Obama d'espionner Trump et que le 20, ce sont les Russes qui espionnent Obama, alors que le texte de l'article lui-même est identique d'un jour à l'autre ? En fait, l'enquête dont il est question dans le titre du 20 est celle concernant les liens des collaborateurs du nouveau président avec la Russie.

Écrit par : rabbit | 08 mars 2017

Quand on n'utilise pas son ordinateur, on l'éteint. Si c'est un laptop, on le referme. Si on est un brin parano, on enlève la batterie. Et on bouche l'orifice de la caméra embarquée avec un scotch opaque.

Les smartphones et tablettes, idem on les éteint. Et si vous avez un micro-onde, vous pouvez toujours mettre ces bibelots à l'abri à l'intérieur. N'oubliez pas de fermer la porte, sinon, ça sert à rien.

Sauvegarde des données: Jamais de Cloud. Les disques durs externes sont bon marché.

En conférence, on parle néerlandais ou suisse-allemand...

N'importe quel appareil pourvu d'un GPS, d'un micro, d'un objectif, d'une liaison wifi, peut être un espion potentiel... même apparemment éteint... ce qui justifie le retrait de la batterie.

Toutes ces précautions ne sont évidemment valables que si vous avez des choses à cacher aux services secrets de Guy Parmelin et au département des finances d'Ueli Maurer...

Écrit par : petard | 08 mars 2017

Cher Stéphane, voilà ce qui arrive quand on donne une bombe atomique à des ordures.
Et dire que les suisses ont voté massivement pour donner plus de pouvoir aux services de renseignements de la confédération. Les mêmes viendront pleurnicher quand ils s'apercevront qu'ils ont été fichés !

Mon seul souhait est que Trump fasse le ménage dans ce deep state.

Écrit par : Rastapopoulos | 08 mars 2017

À propos d'Obama, Il faut bien comprendre deux choses :
1) Il est de gauche, je dirais socialo-communiste. Ce qui lui donne un avantage dans ses rapports aux médias et éventuellement à la justice, qui, comme on le sait, sont orientés à gauche. Comme chez nous en France, et probablement aussi en Suisse.
Cet avantage existe, certes, mais il n'est pas le seul à l'avoir.
2) Mais un autre avantage qu'il a, et là il est tout seul parmi les (anciens) chefs d'État de grands pays développés, c'est qu'il est noir (métis, il se revendique noir).
Avec ces deux avantages cumulés dans la manche, le second étant bien sûr bcp plus important que le premier, il peut, en principe, tout se permettre. Il a une sorte d’immunité congénitale. Ainsi est-il immunisé contre toute critique et probablement contre toute poursuite.
Tout se permettre, oui, y compris de ne pas être né aux US, ni à Hawaï, contrairement à ce qu’il prétend (il fallait bien qu’il le prétende pour être éligible).
Dès sa première élection, j'ai pensé qu'il était une marionnette entre les mains des plus gauchistes parmi ses collègues politiciens. Et je continue à le penser. Ceux-ci s'en sont servi comme d'un fer de lance pour transformer les US en un pays si possible marxiste, il s’en sont servi comme d’un bouclier dans leurs agissements déviants (les écoutes ne sont probablement que le prélude à d’autres faits à découvrir, encore plus graves).
Hélas ! comme il est à prévoir vu son âge, Obama va empoisonner la scène politique encore très longtemps. Ceux qui commençait à respirer après la défaite de son âme damnée, Clinton, ne vont pas être déçus.
Certains demanderont : mais pourquoi un noir pourrait-il se permettre des choses qui enverraient en prison vite fait un homme normal (je veux dire : un blanc chez les blancs) ?
C’est le deux poids, deux mesures bien connu. Exactement comme chez nous en France. Ainsi la note à payer pour un délit (ou même un crime) n'est pas du tout la même selon que l'on habite à Saint Denis ou à Saint Germain.
La raison est notre Histoire : l'esclavage et la colonisation. Et cette repentance que nous traînons comme un boulet dans notre inconscient collectif. Et ces agissements terribles des nazis qui ont discrédité la vraie droite, et l’ont marquée du sceau d'infamie probablement pour les prochains siècles (ça fait déjà plus de 70 ans).
Que faut-il faire ?
Je crois que, justement, il n’y a rien à faire !

Écrit par : AP34 | 08 mars 2017

La situation politique aux États-Unis et en France présente bien des similitudes. Les républicains sont les républicains ; les démocrates s’appellent chez nous des socialistes. Depuis des décennies, les socialistes représentent le camp du Bien et celui des républicains, celui des salauds.

Mais le vent de l’Histoire tourne et grâce au peuple, les choses vont s’inverser puisqu’on s’aperçoit enfin que la Gauche est un ramassis de fripouilles. Peu à peu on découvre leurs turpitudes et surtout le véritable bouclier anti-missiles qu’ils ont construit par le détournement des institutions et des contre-pouvoirs à leur seul profit.

Les républicains vont peut-être enfin perdre leur complexe d’infériorité vis-à-vis de la gauche morale. S’ils y parviennent, ils le devront à leur électorat qui n’accepte plus cette domination et cette soumission. Mais il faudra rester vigilant car on a vu qu’ au moindre souffle de vent, ils peuvent quitter le navire qui les transporte.

C’est chose faite aux États-Unis et cela commence à prendre tournure en France. Seulement, même avec une alternance politique cela ne sera pas une partie facile. La gauche aime et respecte la démocratie uniquement quand le pouvoir est dans leurs mains.

Si la Droite revient au pouvoir que ce soit avec Fillon ou pire avec Marine Le Pen, on peut être certain que les socialistes continueront à mettre la pagaille dans le pays pour l’empêcher de se relever. C’est déjà ce qui se passe aux États Unis.

Écrit par : Ribus | 08 mars 2017

@Rabbit: depuis quelques jours le NYT rétropédale à pleins tubes dans l'espoir d'enterrer, ou au moins de rendre confuse, cette Une de janvier si compromettante:

https://mobile.nytimes.com/2017/03/08/public-editor/trump-obama-wiretap-liz-spayd-public-editor.html

Pour résumer leur nouvelle position, Trump a été mis sur écoute mais par le FBI et Obama n'était pas au courant ni à l'origine de la mesure. Outre que cette nouvelle version confirme une fois de plus que Trump a bien été espionné par les services secrets américains, je pense que les explications tirées par les cheveux pour écarter Obama de ce sac de nœuds ne convaincra pas grand-monde hors du cercle des fidèles de l'ancien président.

Écrit par : Stéphane Montabert | 09 mars 2017

@ Stéphane Montabert
On phosphore beaucoup dans l’intelligentsia étasunienne pour expliquer rationnellement la victoire de Donald Trump. A Harvard, on publie une étude pour vérifier l’impact de l’élection du 45e président sur les valeurs boursières. Après 32 pages de formules et de références académiques irréprochables, une brève conclusion pour instruire le lecteur de ce qu’il savait déjà, soit que la Bourse a parfois des réactions épidermiques. Dans un autre domaine d’étude, un professeur Sandel manifeste l’hypothèse d’une réaction d’une partie du corps électoral à un “hubris méritocratique“, lié au fait que dans la société, gagnants et perdants ne reçoivent que ce qu’ils méritent. On avance, non ?

Écrit par : rabbit | 09 mars 2017

La classe intellectualisante adore se rendre plus stupide encore que l'idiot du village.

Quand Sarko a parlé de nos "ancêtres des Gaulois", les intellectuellationnistes ont insisté :

1) sur le fait (évident) que tous les Français n'avaient pas réellement des arrières grands parents Gaulois;
2) sur l'affirmation (évidemment fausse) qu'aucun Gaulois n'avait eu de descendance.

Quand Trump dit que Obama l'a mis sur écoute, leurs homologues US répliquent par :

1) le fait (évident) que Obama n'a pas rampé dans des conduites d'air pour descendre attaché à un câble (comme Tom Cruise dans Mission Impossible) pour mettre un micro dans mon bureau;
2) l'affirmation (évidemment fausse) selon laquelle Obama n'avait pas le pouvoir de faire écouter qui que ce soit.

Écrit par : simple-touriste | 11 mars 2017

Article une fois de plus argumenté. Merci

Écrit par : Phil Asp | 11 mars 2017

"Les républicains vont peut-être enfin perdre leur complexe d’infériorité vis-à-vis de la gauche morale."

Le Republican Party ou LR, le parti de droiche?

"S’ils y parviennent, ils le devront à leur électorat qui n’accepte plus cette domination et cette soumission."

Oui, d'ailleurs l'électeur n'accepte pas (plus?) qu'on parle de "part d'ombre" de Mehdi Meklat pour :
"Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo"
"Charb j'ai juste envie de l'enculer avec des couteaux Laguiole"

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/02/19/01016-20170219ARTFIG00157-d-anciens-tweets-injurieux-d-un-chroniqueur-du-bondy-blog-provoquent-un-tolle.php

"Mais il faudra rester vigilant car on a vu qu’ au moindre souffle de vent, ils peuvent quitter le navire qui les transporte."

Au moins certaines planches pourries ont rejoint Macron. De l'intérêt de l'effet François "Trump 20 CH" Fillon.

Écrit par : simple-touriste | 12 mars 2017

Encore une fois, vous confondez deux choses : le fait que la CIA possède des moyens de cyber-espionnage (encore heureux !) et l'usage qu'elle en aurait fait.

J'espère bien que la CIA (et la NSA, et le GCHQ, et la DGSE...) ont les moyens de savoir ce qui se passe sur les réseaux adverses, et, si nécessaire, de se livrer à des actes de cyber-guerre ! C'est ce qui nous permet d'espérer être protégés contre le terrorisme islamique (entre autres). Affirmer que les service secrets américains auraient illégalement écouté Donald Trump (notez bien le mot important : illégalement) n'a rien à voir avec le fait qu'ils auraient les moyens techniques de le faire.

L'armée suisse a des fusils, je crois. A-t-elle, pour autant, fusillé deux millions de Norvégiens avant-hier ? Pas à ma connaissance.

D'autre part, vous devriez faire attention à vos sources. Kim Dotcom n'est pas une source fiable : non seulement il n'a aucune compétence particulière en matière d'espionnage, mais c'est un bandit professionnel de grand chemin mis en examen par la justice américaine.

Julian Assange n'est pas une source impartiale : la directrice de RT, la chaîne de désinformation internationale du Kremlin, a déclaré, à l'annonce de la victoire de Trump, que sa mission serait terminée et qu'elle abandonnerait son poste si trois conditions étaient réunies : si les Etats-Unis reconnaissaient l'annexion de la Crimée, s'ils se mettaient d'accord avec la Russie pour une politique syrienne, et si les Etats-Unis "libéraient" (ce sont ses termes) Julian Assange. Si cela ne vous suffit pas pour conclure qu'Assange est un agent russe, je ne sais pas ce qu'il vous faut...

Enfin, il y a un cas où il aurait été parfaitement légitime, et légal, que les services secrets américains espionnent Donald Trump et ses équipes : si l'un de ses acolytes avait pris contact avec un citoyen étranger (au hasard : russe) qui aurait été, à ce moment-là, écouté en toute légalité par eux. Je vous signale que c'est le cas : Michael Flynn s'est même fait virer par Trump parce qu'il avait menti à ce sujet.

Même un citoyen américain, même un candidat à l'élection présidentielle ne jouit d'aucune immunité s'il rentre en contact avec des espions étrangers. Evidemment, on comprend l'intérêt des services de propagande russe de le faire croire... Ils ont tout intérêt à hurler très fort pour donner les mains libres à leurs espions sur le territoire américain (et d'autres...).

Mais ce n'est pas parce que les Russes le disent que c'est vrai. D'ailleurs, en général, quand les Russes disent un truc, c'est le contraire qui a toutes les chances d'être vrai.

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 mars 2017

@Robert Marchenoir: Votre commentaire aborde de nombreux points différents et je vais essayer dans la mesure du possible de répondre à certains d'entre eux.

"J'espère bien que la CIA (et la NSA, et le GCHQ, et la DGSE...) ont les moyens de savoir ce qui se passe sur les réseaux adverses, et, si nécessaire, de se livrer à des actes de cyber-guerre !"

Edward Snowden a suivi les révélations de Vault 7 et résumé l'essentiel en un seul tweet que je cite de mémoire - "si vous ne devez retenir qu'une chose de Vault7: la CIA a délibérément laissé des failles logicielles dont TOUT LE MONDE a pu se servir".

La CIA a travaillé avec les plus puissants éditeurs et constructeurs pour se laisser des "backdoors". Et maintenant le grand public apprend leur existence à travers Vault7. Pensez-vous vraiment que les autres services secrets ont découvert ça en même temps que nous?

J'espère que vous n'êtes pas naïf au point de croire que seule la CIA peut se servir de ces portes dérobées. Au fait, vous saviez que les iPhones étaient assemblés par des sous-traitants chinois, n'est-ce pas? Je dis ça je ne dis rien...

"D'autre part, vous devriez faire attention à vos sources. Kim Dotcom n'est pas une source fiable (...)" Kim Dotcom n'est pas une source du tout, simplement un commentateur. Il s'est plongé dans Vault 7 avec assiduité pour des raisons bien personnelles, il a fait le tri dans les premières heures. Vous pouvez vous y plonger vous-même (le lien est dans l'article) ou vous contenter d'examiner les centaines d'analyses qui ont été émises depuis.

"Si cela ne vous suffit pas pour conclure qu'Assange est un agent russe, je ne sais pas ce qu'il vous faut..." Même si je trouve vos "preuves" particulièrement pourries, cela ne m'intéresse pas: le message a plus d'importance que le messager. Ce qui importe est de savoir si ce que Wikileaks présente est authentique ou non. Jusqu'ici, depuis que Wikileaks existe, aucune preuve de falsification n'a été amenée (on ne peut pas en dire autant des autres médias) et jusqu'à présent je n'ai vu aucun responsable américain d'aucune sorte nier ce qui y est avancé dans Vault 7.
Alors c'est vrai Assange pourrait être un agent russe, chinois ou martien, et alors? Au nom de son allégeance on devrait ignorer des informations authentiques? En versant dans cette interprétation, vous ne valez pas plus que les Démocrates qui se sont retranchés derrière l'excuse piteuse du "hacking russe" pour essayer de défausser le scandale des e-mails de Podesta avec des médias complices.
Car la corollaire de la théorie du complot, c'est d'ignorer ce qu'apporte Wikileaks en criant à la manipulation russe. Drôlement pratique.

"Enfin, il y a un cas où il aurait été parfaitement légitime, et légal, que les services secrets américains espionnent Donald Trump et ses équipes : si l'un de ses acolytes avait pris contact avec un citoyen étranger (au hasard : russe) qui aurait été, à ce moment-là, écouté en toute légalité par eux. Je vous signale que c'est le cas : Michael Flynn s'est même fait virer par Trump parce qu'il avait menti à ce sujet."

Non, l'espionnage de Trump n'était ni légitime, ni légal, et nous en aurons la preuve dans quelques temps. Quant à l'histoire de Michael Flynn, vous ressassez les mêmes âneries parce que vous avez une connaissance superficielle de l'affaire. Flynn a décidé de démissionner contre l'avis de Trump, et il n'a rien commis de répréhensible. Combien de temps faudra-t-il attendre une mise en examen qui ne viendra jamais pour que vous le compreniez?

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 mars 2017

"Même un citoyen américain, même un candidat à l'élection présidentielle ne jouit d'aucune immunité s'il rentre en contact avec des espions étrangers."

Le concept d'immunité implique l'idée de violation de la loi. Quelle loi aurait donc été violée? Au nom de quoi un citoyen américain serait empêché de s'entretenir avec des diplomates russes?

Est-ce que vous croyez que les accusateurs, c'est à dire les membres du parti opposé (je dirais même ennemi) ne communiquent jamais avec les Russes?

Vous parlez des "espions étrangers". Peut-on avoir la liste de ces personnes afin d'éviter de leur parler?

Vous sous-entendez qu'il s'agit d'espionnage. Qu'est-ce qui aurait été espionné?

Questions bonus : (si vous ignorez une seule des réponses c'est que vous connaissez tellement peu la politique américaine que vous devriez éviter les commentaires définitifs sous peine de ridicule)

Qui a affirmé que l'opposition style guerre froide appartenait au passé?
En quels terme l'a-t-il dit?
Qui a commencé sa présidence en disant vouloir une relation apaisée avec la Russie?
Qui a proposé le "reset" des relations avec la Russie?
Qui a autorisé la vente de l'uranium américain à la Russie?

Est-ce que vous pouvez en conclure que ces personnes sont des agents russes?

Vous pouvez tenter de tourner ça autrement, mais le fait de tendre la main à la Russie n'est pas une trahison, ou alors tous les Présidents sont des traîtres.

Écrit par : simple-touriste | 14 mars 2017

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