16 mars 2017

Le raz-de-marée Wilders n'a pas eu lieu

pays-bas,geert wilders,élections,immigrationLe soupir de soulagement était perceptible ce matin dans les rédactions et les chancelleries: la révolution populiste hollandaise n'a pas eu lieu.

En arrivant second selon les projections (le dépouillement n'est pas terminé) Geert Wilders a perdu son pari. Il ne sera pas le prochain Premier ministre des Pays-Bas. Le rôle revient à Mark Rütte, chef du Parti populaire libéral et démocrate, assumant ce rôle depuis le 14 octobre 2010.

L'indécision restait malgré tout extrême, comme en a témoigné la fébrilité internationale à la veille du scrutin. Les sondages d'opinion montrent la grande variation de l'opinion publique batave au cours du temps. Celle-ci est d'autant plus compréhensible que les Pays-Bas disposent d'un système proportionnel quasi-intégral mettant en jeu une dizaine de formations politiques différentes. Avec une offre aussi vaste, il ne faut pas grand-chose pour qu'un citoyen décide de passer d'un parti à un autre.

Pendant des mois, le PVV a fait la course en tête, jusqu'à une rapide chute des intentions de vote en début d'année. Le résultat semble donc concorder avec les sondages. Il est possible qu'une fois au pied du mur et même malgré les récentes tensions avec la Turquie, les citoyens se soient soudainement effrayés de leur propre audace face à un parti proposant l'interdiction du coran et des mosquées, le renvoi des musulmans hors du pays et la sortie de l'Union Européenne.

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Évolution des intentions de vote des électeurs des Pays-Bas depuis les dernières élections.
Le VVD de Rütte est bleu foncé, le PVV de Wilders est gris (cliquez pour agrandir)

Il serait pourtant simpliste de résumer l'élection des Pays-Bas au seul score du parti de Geert Wilders. Les deux centres dominant du pouvoir - Conservateurs et Travaillistes - sortent complètement laminés de ces élections, alors qu'ils écrasaient à eux deux la vie politique locale en 2013. La participation a atteint 81%.

Le PVV a largement amélioré son score des élections précédentes et se présente désormais comme la deuxième force politique des Pays-Bas. Même s'il semble totalement improbable qu'il fasse partie de la coalition qui gouvernera le pays, Geert Wilders peut s'estimer satisfait du résultat. Il s'est profilé comme le réel challenger de l'establishment en place. Mieux encore, face aux coups de boutoir portés par l'actualité, notamment les bruits de botte du Président turc Erdogan, le Premier ministre sortant Mark Rütte a été contraint d'adopter les propres positions de Geert Wilders. Il s'en est sorti avec une pirouette, opposant le "bon populisme", c'est-à-dire le sien, au "mauvais populisme" de son adversaire. Pratique!

Les Néerlandais ont donc choisi d'accorder leur confiance à un politicien prêt à singer son principal concurrent. Il va de soi que cette ligne de conduite sera sévèrement surveillée, tant par l'électorat hollandais que par pouvoirs publics européens qui n'ont, eux, guère envie de se retrouver avec une copie de l'infréquentable créature qu'ils ont appelé à combattre.

Le PVV n'a de loin pas encore remporté la majorité absolue, mais il semble avoir définitivement marqué des points dans la bataille des idées.

Commentaires

Entièrement d'accord avec l'inconstance des Hollandais sur leur choix de société. Avec la télévision c'est pareil, de nombreuses sociétés d'influences diverses se partagent les mêmes chaînes nationales, pour un créer une étrange mixture démocratique. Heureusement que le roi jouit d'une crédibilité rassurante. Pour comparer la situation actuelle avec un fait semblable arrivé il y a environ 15 ans, il serait bon de faire un retour sur l'aventure de Pim Fortuyn: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pim_Fortuyn

Écrit par : rabbit | 16 mars 2017

Le centre-droit fête sa victoire en Hollande:

http://img4.hostingpics.net/pics/656383PaysBas.jpg

Ce serait presque drôle, si ça n'était pas si triste.

Écrit par : Paul Bär | 16 mars 2017

Dans le même registre, je vois déjà Darbellay fêter sa victoire avec son joli petit chapeau kosovar.

Écrit par : Paul Bär | 16 mars 2017

Avec un joli petit chapeau kosovar mais aussi avec le joli surnom de : coucou tout sifflet dehors!
Pour ceux qui ne comprennent pas, le coucou c'est celui qui va s'installer dans le nid des autres, et pour le sifflet je vous laisse voir le phallus qui va se balader dans les couloirs de l'administration valaisanne qui a déjà peur de sa stature méprisante et hautaine.

C'est magouille et compagnie, des enveloppes de vote qui reviennent à l'expéditeur, des communes qui ont tardé à envoyer les enveloppes (sont arrivées que mardi ou mercredi) et le scrutin est ce dimanche.

Dans le même temps, la presse-trompeuse-et-complice annonce aujourd'hui que le fameux -survivaliste- que l'on a reproché (ces douteux parlementaires du grand conseil qui ont passé 4 ans à lui mettre les bâtons dans les roues)à OF-VS a reçu un mandat par et pour le canton de Fribourg....!!!!!!

Le Valais court à sa perte avec le prétentieux-aux-mille-cousins (d'écone),
mais il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir!

Écrit par : Corélande | 17 mars 2017

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