23 mars 2017

Le terrorisme, la nouvelle normalité

Il y a un an, Bruxelles découvrait que le vivre-ensemble pouvait aussi impliquer le mourir-ensemble. La date de l'anniversaire n'a sans doute pas échappé à Khalid Masood lorsqu'il décida de lancer son véhicule contre les promeneurs et les touristes sur le pont de Westminster, en face du Parlement britannique.

Russell_square_police_road.JPGCet attentat (la Première ministre Theresa May se retrancha dans les premières heures derrière les termes de "dramatique incident") a été perpétré par un individu né dans le Kent en 1964, et dont on connaît désormais un peu mieux l'histoire.

[Le quinquagénaire] a connu de nombreux démêlées avec la justice.

Sa première condamnation remonte à 1983. L'homme, connu sous différents pseudonymes selon Scotland Yard, avait depuis été condamné à plusieurs reprises pour « agressions » et « possession d'armes », notamment la dernière fois en décembre 2003, après avoir été arrêté en possession d'un couteau. (...)

L'homme, âgé de 52 ans, était apparu « il y a quelques années » sur les radars du MI5, le service de renseignement intérieur britannique, dans le cadre d'une enquête en lien avec « l'extrémisme violent », a expliqué la Première ministre Theresa May jeudi matin. Mais il n'était alors qu'un « personnage périphérique », a précisé la cheffe du gouvernement. (...)

Vêtu de noir et portant une barbe au moment de l'attaque, l'homme, qui vivait dernièrement dans les West Midlands, dans le centre de l'Angleterre, « ne faisait pas l'objet d'enquêtes en cours », a souligné la police. « Les services de renseignement ne possédaient pas d'éléments sur son intention de mener une attaque terroriste », a-t-elle ajouté.


Ces faits, encore fragmentaires, donnent lieu à plusieurs lectures possibles. La simplicité du mode d'exécution - un banal véhicule - est loin de la sophistication de certaines opérations terroristes, comme lors des attentats de Paris en 2015 ou même de ceux qui frappèrent Londres en 2005. Elle donne à penser que les mouvements terroristes sont de plus en plus désorganisés et aux abois, réduits à agir par surprise sur une base quasiment individuelle. D'autres pourront rétorquer que le centre politique du pouvoir anglais a été attaqué avec la plus grande facilité, et que le mode opératoire montre que nos sociétés sont éternellement vulnérables.

Les partisans des frontières ouvertes pourront se "réjouir" que l'attentat soit commis par un Anglais de naissance, même si l'assimilation de M. Masood au sein de sa société hôte semble avoir connu quelques ratés. Alors que plusieurs attentats ont été commis par des migrants, ce rééquilibrage permet de soulager les soupçons pesant sur eux. On peut à contrario s'inquiéter qu'un individu né et ayant vécu en Angleterre pendant un demi-siècle en soit malgré tout arrivé à haïr ses contemporains au point de se lancer dans un attentat suicide. Après ce contre-exemple, que valent encore les certitudes régulièrement servies sur l'intégration?

Selon la police londonienne, Khalid Masood n'a "jamais été condamné pour des délits terroristes", comme si ce détail devait l'exonérer de ses propres manquements. Le quotidien The Guardian ajoute qu'il ne figurait pas sur la liste du MI5 des 3'000 personnes "les plus susceptibles (sic) de commettre un acte terroriste". Ce qui signifie qu'il y a au Royaume-Uni, de l'aveu même des autorités, plus de 3'000 personnes plus susceptibles que M. Masood de commettre un attentat au moment où vous lisez ces lignes. Combien d'entre elles sont en mesure de conduire un véhicule?

Les nombreux démêlés avec la justice de Khalid Masood et son apparition dans une enquête sur les milieux islamistes ne furent pas suffisants pour déclencher des signaux d'alarme auprès de services de renseignement dont c'est le métier. Il est possible qu'il s'agisse d'une simple incompétence crasse, mais aussi que cet échec soit dû à autre chose - par exemple le trop grand nombre de terroristes potentiels que ces services sont déjà chargés de surveiller. Il est difficile de ne pas citer alors Nigel Farage qui montre que sur cet aspect encore il avait raison bien avant tout le monde:

Les populations musulmanes installées ou importées sur notre continent représentent un immense vivier de terroristes potentiels. Tant que ce vivier sera renforcé par l'immigration illégale, arrosé par l'État-Providence, incité à passer à l'acte par la pusillanimité de nos gouvernements, préservé au nom du multiculturalisme, excusé par les pseudo-intellectuels anti-occidentaux, l'épidémie de terrorisme continuera.

Dans certaines parties du monde, ces attentats sont quasiment quotidiens. Faute d'ouvrir les yeux, les populations européennes devront rapidement s'habituer à cette nouvelle normalité.

Commentaires

Sadiq Khan, maire de Londres an, comme précédemment avant lui l'ont dit Valls ou Cazeneuve en France, banalise les attentats, "Cela fait partie de la vie des grandes villes". C'est dire le niveau de renoncement. Même s'il s'avère difficile de lutter contre ce type de terrorisme, le discours politique pourrait être, à minima, un peu plus ferme.
Ce qui interpelle surtout dans ces attentats, ce sont les individus qui les commettent. Le mode opératoire révèle plus que d'autres la radicalisation.
Un poseur de bombes, même s'il se fait sauter avec ses explosifs, planifie sont attentat, il y a une militarisation de son action.
Pour les attentats avec des véhicules (celui de Nice est différent car planifié) ou à l'arme blanche, des individus semblent n'avoir aucun plan, ils sont habités par leur haine et une fois qu'elle atteint son paroxysme, ils passent à l'acte, soudainement.
Ce qui anime les auteurs de tels attentats en dit long sur la rupture de ces individus avec nos démocraties, et révèle la fracture de nos sociétés et le mensonge d'un vivre ensemble de façade. C'est un fait, des gens se réclamant de l'islam, ne tolèrent pas un monde différent de celui qu'ils imaginent, et peu de monde semble s'en émouvoir.

Écrit par : Phil-Asp | 24 mars 2017

Nos démocraties d'Europe sont confrontées à la violence des attentats commis par les intégristes musulmans.
Nos dirigeants n'ont pas pris en compte le fait que la religion musulmane intègre une façon de vivre et, tout simplement, une façon d'être qui est incompatible avec nos traditions de tolérance et de liberté de conscience.
Face aux événements, il devient nécessaire de se rendre à l'évidence : beaucoup de musulmans ne souhaitent pas s'intégrer à nos vies sociales européennes mais, au contraire, ils veulent infléchir nos sociétés vers un concept de vie en société qui nous est complètement étranger et qui est incompatible avec nos cultures.
Il est grand temps de tirer les conséquences de cette situation et de réorienter la politique migratoire européenne !!

Écrit par : LEMOINE | 24 mars 2017

A moins d'imposer les valeurs des habitants historiques de l'Europe à tous, ceux-ci devront s'adapter toujours plus à l'importation de modes de vie de sociétés archaïques.

Écrit par : rabbit | 24 mars 2017

Vous tous oubliez un peu vite que la coalition anti-État islamique menée par les US, qui comprend en particulier le Royaume-Uni, les bombarde continuellement en Syrie et en Irak depuis deux ans. Le nombre de tués est considérable, rien que pour les civils, le nombre au cours de cette période varie entre plusieurs centaines et des milliers selon les sources.
Si des pays venaient nous bombarder chez nous, ne pensez-vous pas qu'il serait légitime pour nous de nous défendre par tous les moyens possibles, y compris le terrorisme ?
Le terrorisme porté dans le pays de l'agresseur n'est qu'un des moyens de la guerre asymétrique, une guerre où les forces en présence sont hors de proportions entre les deux camps.
Une fois de plus je le répète : qu'on les laisse tranquille, qu'on les laisse vivre et mourir comme ils l'entendent, nous n'avons rien à faire chez eux !
De même, eux n'ont rien non plus à faire chez nous. Qu'on stoppe l'immigration en provenance des pays arabo-musulmans, la légale comme l'illégale. Il n'y a pas de frontière nette entre les deux : on vient légalement avec un visa de 3 mois, on ne repart pas, et on devient illégal. Sans compter bien sûr ceux qui n’ont pas besoin d’attendre 3 mois pour devenir des illégaux, ils viennent sans visa. Attirés qu'ils sont par les nombreux bienfaits qu'on leur dispense généreusement dans toute l’Europe, ce sont les fameuses pompes aspirantes que personne n’osera, et même ne voudra jamais désamorcer.

Écrit par : AP34 | 24 mars 2017

@AP34: vous n'êtes pas le seul à émettre cette hypothèse de la "riposte asymétrique" et je n'y suis pas totalement insensible, notamment parce que les mouvements djihadistes utilisent largement les aventures militaires dans divers pays à population musulmane comme argument de recrutement.

Face à cette théorie, je ferai néanmoins le rappel de quelques contre-exemples:
- il faut bien comprendre que le "chez eux" auquel vous faites référence représente, du point de vue islamiste, tous les pays qui ont été un jour sous domination musulmane, c'est-à-dire jusqu'à l'Espagne et l'Autriche incluses.
- de nombreux terroristes islamistes sont issus de pays en paix, voire alliés avec l'Occident (19 des pirates de l'air du 11 septembre étaient saoudiens). Cela ne les a pas beaucoup retenu.
- les islamistes attaquent même des pays qui n'ont pris aucune part aux opérations militaires au Moyen-Orient, comme l'Allemagne ou la Belgique.

Enfin, je ferais remarquer qu'il est difficile de se retirer du moindre champ de bataille sans donner à l'ennemi l'impression d'une victoire qui le fera redoubler d'ardeur.

La réalité est parfaitement limpide: les islamistes frappent les Occidentaux partout où ils le peuvent, au hasard souvent, et le reste n'est que propagande.

De plus, comme on le répète souvent, les musulmans sont les premières victimes du terrorisme, ce qui ne cadre pas avec votre thèse. C'est simplement que dans le mode d'action islamiste, l'attentat n'est pas un manifeste politique ou de communication, mais simplement un moyen d'élimination de l'adversaire, pas davantage. Donc, même dans les pays musulmans "en paix", les bombes sautent joyeusement dans les marchés bondés et les mosquées des frères ennemis lors de la prière du vendredi. Si nous avons la démocratie, les musulmans ont d'autres moyens de résoudre les litiges politiques.

Je partage votre conclusion: une séparation nette entre des mondes occidentaux et musulmans incompatibles est de plus en plus souhaitable - pas parce que cela enlèverait des arguments à ceux qui nous haïssent mais simplement parce que c'est la seule chose à faire, en attendant, à l'abri, que l'islam finisse éventuellement par évoluer ou disparaître.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 mars 2017

Ces actes se multiplient et deviennent peu à peu des faits divers. C’est le but recherché. L’objectif premier est d’accoutumer les citoyens à une violence de guerre permanente et une surveillance de masse.

On nous drogue de violence pour mieux l’accepter et faire que ces attentats soient chose banale. Mieux même : que cette violence finisse par nous manquer si elle venait à se raréfier.

Les élites veulent des peuples drogués. Drogués par la drogue elle-même ( cf salle de shoot et dépénalisation) ; par la propagande ( cf matraquage médiatique) ; par la violence et la stratégie du chaos.

A cela, se relie la politique dite « éducative » dont l’objectif est de fabriquer des illettrés et surtout, le moment venu, de la bonne chair à canon.

Écrit par : Ribus | 25 mars 2017

Il y aurait donc des complots dont nous ne sommes pas les auteurs ? Par Zenob de Glack, la situation semble nous échapper...

Écrit par : rabbit | 25 mars 2017

Où voyez-vous que la dépénalisation contribue à la consommation de drogue?

Écrit par : simple-touriste | 25 mars 2017

Pour nous tuer chez nous – au compte-gouttes, hélas pour eux et heureusement pour nous –, les musulmans ont l'excuse et la justification de leur Coran, qui leur commande, pour être un bon croyant et gagner le ciel, de tuer l'Infidèle où qu'il se trouve et en toutes circonstances.
Nous, les Occidentaux, pour les tuer en masse chez eux (bombardements, tirs ciblés etc), nous n'avons que le 6ème commandement : Tu ne tueras point !

Écrit par : AP34 | 26 mars 2017

Quant à l'antienne que les musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamique, c'est vrai en termes quantitatifs, mais non qualitatifs.
Car c'est une guerre entre frères ennemis (la séparation précoce de l'islam en deux branches), conséquence de leur mentalité tribale. Mentalité qui était aussi la nôtre au moyen-âge (nos guerres entre régions, entre fiefs, entre catholiques et protestants, l'extermination des cathares etc.).
Cette guerre fratricide des musulmans entre eux s'écarte du Coran, et n'a strictement rien à voir avec les préceptes du livre et l'attitude dictée au Fidèle face à l'Infidèle.

Écrit par : AP34 | 26 mars 2017

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