03 avril 2017

À trois semaines des Présidentielles françaises

Une semaine avant des élections vaudoises importantes, nos voisins français voteront eux aussi, le 23 avril, pour le premier tour de leurs Présidentielles.

Ces élections sont exceptionnelles à plus d'un titre. Pour la première fois depuis plus de quarante ans un Président sortant aura choisi de ne pas se présenter à sa réélection. Les deux partis traditionnels qui dominent la vie de la Ve République, le Parti Socialiste et Les Républicains, pourraient être tous les deux absents du second tour.

france,élections

La campagne a atteint des niveaux de violence verbale et de coup bas inégalés dans l'histoire médiatique moderne ; pendant très longtemps (et à dire vrai aujourd'hui encore) une certaine incertitude régnait quant au nom des candidats qui se présenteraient réellement le jour de l'élection. Miroir de l'incertitude régnant dans la classe politique, les Français eux-mêmes sont hésitants ; un sondage IPSOS montre que 40% des électeurs sont encore indécis quant à leur vote, une proportion énorme si près du jour du scrutin.

À gauche, c'est la guerre. Faute de parvenir à s'entendre, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se condamnent à assister à l'élection comme spectateurs. Chacun d'eux fait cavalier seul pour des raisons qui lui sont propres. Jean-Luc Mélenchon du mouvement des "Insoumis" a pour lui les sondages, qui le placent devant son concurrent socialiste ; il mène sa campagne au nom d'une "extrême-gauche plurielle" depuis bien longtemps, et à 65 ans, le Sénateur devenu tribun sur le tard sent que ce scrutin pourrait bien être le dernier. Au pied des marches du pouvoir, pas question de servir de faire-valoir à un autre.

Benoît Hamon a pour lui la légitimité des primaires de la gauche. Il emporte avec lui les espoirs des militants socialistes de base - volontiers utopistes comme en témoigne son programme - et des écologistes. Las! Ces primaires ont surtout servi à démontrer l'éclatement de la gauche traditionnelle en fragments irréconciliables. En jouant le jeu des primaires, le bon élève Hamon a remporté les primaires "par la gauche", comme le veut la tradition, mais les règles ont changé. Le PS affaibli par le quinquennat Hollande et ses frondes internes ne donne plus le la de la gauche. Coincé dans une impasse, Hamon s'obstine sans y parvenir à chasser sur les terres de Mélenchon. Il arrive trop tard sur le créneau.

En fin de compte, Benoît Hamon fait bien mollement campagne pour les présidentielles 2017. Il semble viser plus loin - le poste de Premier Secrétaire, la recomposition de l'opposition à l'Assemblée, la réorganisation de la gauche plurielle sous l'égide du Parti Socialiste. Au nom du rôle de celui-ci dans la famille de gauche, enfermé dans la logique des primaires, il ne peut pas se rallier à Mélenchon. S'il contribuait à la victoire d'un candidat qui a toujours affiché son mépris pour le PS historique, Hamon ne ferait que hâter l'enterrement du mouvement qui l'a promu candidat. Même sans cela, à travers les défections et la défaite à venir le 23 avril, l'avenir du parti à la rose semble plus compromis que jamais.

Au centre-gauche, un autre ancien ministre de Hollande, le jeune loup Emmanuel Macron. Parfait inconnu avant 2012, l'ancien banquier d'affaires a construit en s'associant aux patrons des grands groupes de presse une véritable machine électorale, "En Marche!", destinée à le propulser au pouvoir. François Hollande le soutient mais en restant dans l'ombre, pour éviter de lui infliger sa propre impopularité. S'il y a eu des tensions avec le ministre de par le passé, Hollande voit désormais en Macron la poursuite de sa ligne politique et l'opportunité de se venger de tous les "frondeurs" du PS qui ont terni son quinquennat - d'une pierre deux coups.

La situation de Macron n'a pourtant rien de confortable. Son mouvement est hors-sol. Entièrement porté par sa dynamique, il est condamné à une réussite éclatante ou à une probable disparition. Maintenant l’ambiguïté, Macron reste flou et enchaîne les maladresses - sur la colonisation, sur son patrimoine, sur la géographie... Le vernis implique la superficialité. Macron devient le choix par défaut le plus convenable de tous les déçus du bipartisme, mais il n'est pas certain que cela suffise à le propulser au second tour. De tous les candidats à l'élection présidentielle, il est celui dont l'électorat a les certitudes les plus fragiles.

Au centre-droit, François Fillon essaye depuis des semaines de relancer une campagne plombée par les affaires. Fillon a raison sur toute la ligne: les révélations relayées par la presse ont été soigneusement orchestrées, sa mise en examen est totalement politique, beaucoup de gens œuvrent en coulisses à couler sa candidature. Il n'empêche:  il n'a rien de l'âme innocente et pure. Fillon a tendu la perche pour se faire battre. Ces scandales à répétition représentent le retour karmique d'une carrière entièrement accomplie dans la politique et ses petits arrangements, à une époque où une candidature présidentielle relevait de la science-fiction.

Passant son temps à se défendre contre de nouvelles révélations, François Fillon a bien peu de temps pour parler de son programme. C'est bien dommage. Le candidat des Républicains avait tout pour remporter les présidentielles: des primaires remportées sans coup férir, l'expérience du gouvernement, un parti en ordre de marche, une solide assise parlementaire et territoriale, le rôle d'opposition principale au gouvernement socialiste. Cela pourrait ne pas suffire. Les articles de presse, les revirements des amis de trente ans, les appels au retrait auront laissé leurs traces.

Les électeurs historiques des Républicains se mobiliseront sans doute pour François Fillon, mais ils ne suffiront pas. Fillon doit en chercher d'autres ailleurs, et de toute urgence. Mais pour y parvenir, il faudrait déjà qu'il parvienne à parler de politique.

À droite, Marine Le Pen règne sur les sondages. Elle est en tête des intentions de vote du premier tour depuis des mois - les récentes tentatives de montrer Macron devant elles ne font guère illusion. Alors qu'elle ne dirige le mouvement que depuis 2011, le succès de Marine Le Pen au sein du Front National est époustouflant. En six ans, elle aura permis au Front National de percer pour devenir un acteur politique incontournable de la vie politique française - quittant pour de bon le sempiternel rôle d'outsider infréquentable taillé pour son père.

La dédiabolisation du FN n'a pas eu que des conséquences positives. La ligne politique est devenue confuse. Sous la férule du vice-président Florian Philippot, le FN a chassé sur des terres électorales de plus en plus vastes, jusqu'aux friches historiques abandonnées par la gauche. Le FN est désormais critiqué sur son programme davantage que sur la personnalité de sa présidente. Bien que fissuré et vermoulu, le "Front Républicain" tenait encore lors des élections régionales ; si Marine Le Pen franchit sans encombre le premier tour, les sondages la voient invariablement perdante le soir du 7 mai. Pourtant, tout n'est pas joué. Attentats, immigration, Brexit, élection de Trump, l'actualité montre que les choses peuvent changer. La vague de remise en question atteindra-t-elle la France?

Fillon, Macron et Le Pen forment le trio de tête dans les sondages ; à moins d'une improbable alliance de la onzième heure entre les Insoumis et le PS, il paraît acquis que le second tour se jouera entre ces trois-là. Si Marine Le Pen fait clairement partie des finalistes, le duel entre Fillon et Macron ne semble pas encore joué. Tout dépend de la lassitude du public de droite et du centre envers les "affaires" et sa volonté de revenir aux fondamentaux.

Malgré tout, les deux tours de l'élection présidentielle française ne représenteront que la première phase du changement. La deuxième bataille aura lieu lors des législatives, et elle sera sanglante. Les règles électorales complexes conçues pour faire barrage au "troisième larron" de la vie politique française, c'est-à-dire le Front National pendant trente ans, pourraient se retourner contre leurs auteurs et mener à la Bérézina complète d'une gauche éclatée. Une victoire de plus à porter au quinquennat Hollande!

Commentaires

"Tout dépend de la lassitude du public de droite et du centre envers les "affaires" et sa volonté de revenir aux fondamentaux." Et de l'importance de l'abstentionnisme. Il n'y aura pas de front républicain pour Macron, son électorat étant déjà ce genre de bâtard. Par contre, l'électorat de MLP est un bloc solide...

Écrit par : Géo | 03 avril 2017

La question qui devrait normalement apparaître chez les observateurs du monde politique (parce qu'elle est facile) est celle-ci : «vit-on la fin du politique ?». En cherchant sur le net, on s'aperçoit qu'elle fait régulièrement l'affiche depuis les année 1950. En poussant plus loin, on devrait la retrouver sous une forme ou une autre depuis l'existence du suffrage universel. C'est pourtant une bonne question, parce que dans le cas de l'élection sous revue, la théorie politique est la grande absente, au profit du centre et de la navigation à vue. Autant passer alors à un système copié sur la bourse des valeurs, parce que les principes en sont simples, naturels et accessibles à tous. On n'enseignera plus que le marketing à Science-Po.

Écrit par : rabbit | 03 avril 2017

« le Parti Socialiste et Les Républicains, pourraient être tous les deux absents du second tour. »

Plus nécessaire et donc même pas vrai...

Ce que l'on nommait ironiquement "UMPS", ou encore classe politique "républicaine" (politiciens de gauche, de droite "agréés", "rassemblés" et éligibles selon les canons moraux de la médiasphère dominante)... ... et bien, tout ce fatras d'individus hypocrites, faux-culs, corrompus et honnis massivement par l'opinion publique, se retrouveront à la sortie du 2e tour...

La révolution, c'est que l'UMPS est ainsi officiellement officialisée !!!!!

Écrit par : petard | 03 avril 2017

« Autant passer alors à un système copié sur la bourse des valeurs, parce que les principes en sont simples, naturels et accessibles à tous. On n'enseignera plus que le marketing à Science-Po.

En somme ça serait une sorte de "marché" qui désigne, qui commande... des élections permanentes en quelque sorte.

Lundi à l'ouverture... l'UMPS (genre de CAC40), - 14 % (de députés)
Lundi à la clôture... + 7,6 %...

etc, etc... Et pour la navigation à vue:

Lundi à midi... + 2000 flics engagés
Lundi après la clôture... 842 flics virés

Mmmh ! ça reste à être étudié et mis au point sévèrement... ... va falloir recourir à des "gros salaires", pas sûr qu'on les trouvera; même pas dans le carnet d'adresses de Mme A.........

Écrit par : petard | 03 avril 2017

Sur LCI(*) en ce moment : "L'arche de Noé d'Emanuel Macron"

Il y a une notion de montée des eaux...

En fait Macron risque de valider l'idée qu'il n'y a qu'un parti UMPS, ou pire "LRPS" (prononcez-le vite...)(**).

Fillon semble faire la résistance mais il a déjà validé par le passé le concept de front républicain : cela ne le dérange pas de faire "front" avec un parti communiste qui s'insurge de la parution du "Livre noir du communisme" et continue de minimiser ces crimes, et de défendre (même théoriquement, même comme ça, même pour rire) ce système qui prône la dictature du prolétariat.

(*) chaîne 95% bobo-biobio irregardable en général
(**) ceux qui ont eu l'idée de remplacer UMP par LR étaient tous contents de dire qu'on ne pourrait contracter UMP et PS

Écrit par : simple-touriste | 04 avril 2017

"honnis massivement par l'opinion publique" Pas vraiment, vu que les gens votent pour eux. Et vouloir gérer pacifiquement un pays en suivant des chemins mesurés et rationnels n'est pas forcément haïssable...
Là où ça coince, c'est que ce système donne tous les avantages aux socialistes, dont on peut questionner les buts finaux. S'agit-il pour eux, en tant que "parti des étrangers" de détruire l'entité suisse au profit de nos voisins directs, la France, l'Allemagne et l'Italie* ? Sinon, quel est l'objectif de supprimer l'armée, ce qui est au programme du PS ? Sans armée en Suisse, les Français hésiteraient-ils longtemps avant d'annexer militairement la Suisse romande, accueillis triomphalement par les sbires de Levrat ? Cela fait science-fiction mais la question se pose. Le personnel politique dominant est de plus en plus d'origine étrangère et socialiste. Dans le canton de Vaud, c'est évident.
Un statut à la Andorre permettrait à la France de parachever sa guerre contre les banques suisses.
* Objectif déjà exprimé par les grands leaders plus ou moins socialistes qu'ont été Hitler, Mussolini et Khadafi...

Écrit par : Géo | 04 avril 2017

C'est bien comme ça que fonctionne l'état-spectacle, non ? L'état-providence en est l'agence de pub.

Écrit par : rabbit | 04 avril 2017

MLP est la seule candidate anti-immigration.
L'attitude de Fillon sur ce chapitre est de pure façade. On l'a vu à l'œuvre durant son quinquennat de premier ministre de Sarko : l'immigration n'avait jamais été aussi forte.
Si les Français se rendaient compte de l'urgence du problème, ils éliraient MLP au premier tour.
Mais non, ça ne leur suffit pas, ils en redemandent (des im/migrants).
Il est vrai que les Français de papiers sont aussi électeurs (des électeurs captifs de la gauche), et ils sont de plus en plus nombreux.
Quant à Hamon et Mélenchon, ce sont de purs communistes. Noter que le mot n'est jamais prononcé à leur encontre, les connotations sont malgré tout trop négatives.
On se demande d'ailleurs comment des communistes affichés peuvent encore se présenter à une élection importante au 21ème siècle. Il n'y a peut-être plus qu'en France que cela reste possible. Il est vrai qu'ils n'ont aucune chance d'arriver au bout, fort heureusement.
Si la personnalité de Fillon n'est pas nette (son rapport à l'argent semble pathologique), celle de Macron ne l'est pas davantage. Le fait d’épouser sa maman (24 ans de plus que lui) peut révéler un syndrome caché d’insécurité psychologique. Qui plus est, la rumeur court qu'il aurait pour amant un certain Mathieu Gallet, président de Radio France. Un énorme complexe d’Œdipe associé à une (supposée) bisexualité, ça fait un peu beaucoup.
Malheureusement pour ces dames, les hommes réputés les plus beaux, ou les plus virils, sont souvent homos.
Je pense en particulier à Rock Hudson, l'acteur hollywoodien, le modèle du mauvais garçon, sex-symbol par excellence, coqueluche de toutes les femmes, qui a été la première star à avouer, en 1985, son homosexualité – à faire son coming-out, comme on dit aujourd'hui en bon français – quand il s'est découvert atteint du sida.

Écrit par : AP34 | 04 avril 2017

"Sans armée en Suisse, les Français hésiteraient-ils longtemps avant d'annexer militairement la Suisse romande, accueillis triomphalement par les sbires de Levrat ?"

Avec quelle armée? Notre armée est engagé partout en Afrique et au MO, occuper la Suisse, en plus, ça a l'air délicat.

Et la Suisse est trop pentue. Les vieux camion hors d'age de l'armée peuvent-ils encore escalader des pentes? Et puis à pied c'est trop fatigant.

Enfin le doute est permis; voilà une excellente raison d'acheter le Rafale. Kadhafi qui l'a refusé à eu des ennuis... Je dis ça je dis rien.

En attendant via l'Europe, on va imposer aux "petits suisses" comme on dit ici de se mettre au pas, transparence bancaire et immigrationisme inclus, pour ne pas être seuls dans la mouise.

Écrit par : simple-touriste | 04 avril 2017

" occuper la Suisse, en plus, ça a l'air délicat." Pas avec la 5ème colonne socialiste qui est déjà au pouvoir ici. La plupart des postes-clé qui ne sont pas occupés par des socialistes le sont par des Français. Les deux tiers des journalistes qui causent dans le poste sont français. La plupart des enseignants des unis sont français, la plupart des étudiants aussi...
En fait, le boulot est déjà fait. Mais si la France estime que la situation lui serait plus favorable en annexant carrément la Suisse romande, il lui suffit de claquer dans les doigts. Si ça se trouve, cela ferait plaisir aux Suisses allemands, qui commencent à en avoir un peu ras-le-bol des genferei, des vaudoiseries et autres stupidités romandes...

Écrit par : Géo | 04 avril 2017

Ahahahahaha vous avez bien lu le curiculum de l'auteur de ce blog? C'est assez marrant de parler de 5ème colonne socialiste, de parler d'envahissement de la suisse romande par le France grâce à elle, alors que l'auteur est politicien d'origine française, très probablement venu ici pour des raisons économiques...
Vous êtes pathétiques.

Écrit par : lefredo | 05 avril 2017

@lefredo: je n'ai bien peur de vous décevoir ; aussi bizarre que cela puisse vous paraître, je suis venu en Suisse pour des raisons politiques. L'avenir en France me paraissait complètement bouché. Je voulais m'installer ailleurs que dans l'Union Européenne. Depuis j'ai fait le choix d'offrir mon allégeance à la Démocratie directe helvétique, et non à cette République française qui n'en finit pas de péricliter.

Pour ce qui est du volet économique, sachez que j'ai été invité à venir en Suisse. Je me suis conformé à toutes les lois existantes pour m'installer. Si d'aventure la Suisse avait refusé ma présence, je ne serai pas venu, tout simplement.

Rien à voir donc avec ces immigrés refusant toute intégration et passant leur temps à vomir sur leur pays d'accueil (tout en encaissant les chèques) tout en portant aux nues leur contrée de naissance.

Je diffère donc pas mal des immigrés clandestins que la gauche idolâtre, et de toutes les diasporas qui se payent sur la bête tant que les Suisses ferment les yeux.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 avril 2017

Nous sommes pathétiques. OK. Les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent. Les Suisses ont Sommaruga, Burkhalter, Parmelin, Berset, Leuthardt et...et...je ne sais plus. Ce que je sais, c'est que ce directoire gère la situation au ras des pâquerettes avec un maximum de complaisance envers les rats de l'UE et des USA.
Nous sommes tous pathétiques et on va droit dans le mur. Vous avec, Lefredo.

Écrit par : Géo | 05 avril 2017

"Pas avec la 5ème colonne socialiste qui est déjà au pouvoir ici. La plupart des postes-clé qui ne sont pas occupés par des socialistes le sont par des Français."

Voilà, on va diffuser notre idéologie suicidaire (COP21, les nations sont ringardes, les frontières sont des survivances du passé nauséabond), comme ça tout le monde va sombrer ensemble.

À la fin la question d'envahir ou pas ne se posera plus.

Écrit par : simple-touriste | 05 avril 2017

"À la fin la question d'envahir ou pas ne se posera plus." C'est exactement ce que je voulais signifier...

Écrit par : Géo | 06 avril 2017

@S. Montabert

Les commentateurs ici ne parlent pas des immigrés clandestins, mais bien des gens comme vous, qui font de la politique également. Mais à gauche.
Si vous avez compris que je sous-entendais que vous étiez venu illégalement, je pense que vous avez un soucis de lecture.
Vous êtes certainement arrivé parce que vous avez également eu un joli contrat tout ce qu'il y a de plus correct. Avec le salaire qui va avec et qui, tout naturellement, pour un français est une sacrée incitation.
Après il y a la réalité des coûts et c'est une autre histoire.

Mais relisez bien vos fidèles commentateurs que sont Géo et les autres. Ils n'honnissent pas juste les clandestins, ils détestent également les naturalisés, et les socialistes, et quand on cumule naturalisé, socialiste et femme en plus, on n'est pas loin de leur proposer le bûcher.

Et les envahisseurs frontaliers. Moi, à votre place, je ne serai pas loin de les voir comme vos ennemis également. Parce que vous avez quelques unes de ces tares pour eux, que visiblement le fait d'être UDC comble en partie, mais jusqu'à quand?

Écrit par : lefredo | 06 avril 2017

@lefredo: les commentateurs que vous évoquez parlent avec émotion de ces gens qui viennent piller la Suisse et non y contribuer, fussent-ils suisses de passeport ou non, immigrés légaux ou illégaux ; et ils parlent aussi durement de ceux qui laissent faire, par passivité, veulerie ou calcul.

Je me sens donc pas visé. Mais j'apprécie grandement votre sollicitude à mon égard.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 avril 2017

@S. Montabert

Aucune sollicitude de ma part, juste de l'honnêteté. Je ne doute à aucun moment de votre attachement sincère, sinon vous ne feriez pas de politique. C'est juste marrant que vous n'attribuiez pas le même attachement à des politiciens, souvent dans ce pays depuis toujours ou nettement avant vous, simplement parce qu'ils sont de gauche. Que je sache, aucun n'a jamais dit de politiciens naturalisé de droite qu'ils étaient des traitres et des représentants de la 5ème colonne, alors qu'ils sont en majorité responsables de la venue de travailleurs frontaliers, perçus comme des "envahisseurs" par vos suiveurs, en votant des lois très permissives à ce sujet, au contraire des politiciens de gauche par exemple.
Est-ce un problème de cohérence ou de connaissance de la réalité?

Et ils sont bien marrants, vos suiveurs, parce qu'ils votent et soutiennent le seul parti, le votre, qui lutte farouchement contre chaque proposition qui permettrait de lutter contre le travail au noir, ou l'exploitation des clandestins, par exemple. Qui est donc complice de ceux qui profitent de la situation des clandestins. Par calcul? On sait bien que Fattebert exploitait en son temps des ouvriers agricoles non déclarés sur son domaine. Pas sûr que les pratiques aient beaucoup changé.

Cette lutte est menée par les syndicats, à qui la droite dans son ensemble à laisser le soin de mener cette tâche ingrate, n'hésitant jamais à les pointer du doigt lorsqu'ils bloquent un chantier, par exemple, en ayant constaté des irrégularités. Alors qu'ils contribuent bien plus que l'UDC a la lutte contre ceux qui "pillent" notre pays en en profitant.

Mais bon, c'est une tactique courante de tenter de monter les pauvres contre les pauvres.

IL y a bien plus de clandestins exploités par des sociétés peu scrupuleuses que de clandestins "pillant" la Suisse et sa "générosité".

J'imagine que ce n'est pas considéré comme de l'exploitation, mais comme de la philanthropie que de donner du travail, souvent sous-payé, à des gens qui ne peuvent et n'osent pas se plaindre.

Écrit par : lefredo | 07 avril 2017

@lefredo: aucun politicien de gauche n'a jamais dit de politiciens naturalisé de droite qu'ils étaient des traitres? Ah bon? J'ai pourtant reçu pas mal de textes de ce type sur ce blog, de la part de commentateurs de gauche sans doute moins éclairés que vous.

Et combien de fois Oskar Freysinger a été surnommé "l'Autrichien" par pur dénigrement xénophobe de ses origines ?

http://postedeveille.typepad.com/.a/6a01156fb0b420970c015435bc769b970c-pi

Quant à prétendre que les politiciens de droite sont responsables de l'immigration, rappelez-moi quels partis étaient pour la disparition des frontières? Quels politiciens appellent à importer plus de migrants?

Vous faites l'erreur d'opposer gauche et droite alors qu'il s'agit des mondialistes face aux conservateurs, un clivage qui transcende la plupart des partis traditionnels (à la notable exception de l'UDC).

Je partage parfaitement avec vous le mépris de ceux qui profitent de la vulnérabilité de certains pour les faire travailler à bon compte ; mais je vous rappelle que ce nouvel esclavagisme est largement pratiqué par des entités publiques comme la ville de Zurich au travers de "programmes d'occupation."

En fin de compte, il y a des hypocrites dans de nombreux partis, mais cela n'a rien de nouveau. Que je sache, les communistes n'hésitent pas à consommer les biens et les produits issus du marché privé.

Écrit par : Stéphane Montabert | 07 avril 2017

Lefredo doit être le frère jumeau de Ada Marra, et il nous fait une crise de Schwarzenbachsite et de complexe de Mattmark. D'ailleurs, lefredo, cela fait clairement rital...
Sauf que Ada Marra, dont le but sur terre est de venger lo papa e la mama des méchants Suisses exploiteurs, ainsi que lefredo, oublient que non seulement les Suisses fréquentent plus de pizzerias que personne au monde, que la plupart des entreprises du BTP sont tenues par des Italiens de souche mais que, parfois dans les sujets du TJ de la Suisse romande, on ne voit que des noms à consonance italienne. Ils sont partout. Le frère de Ada Marra tient le crachoir idéologique à la RTS dans l'émission la plus idéologique possible et imaginable : celle qui parle de psychologie sociale, là où on voit que les gens de droite ont tort et que les gens de gauche ont raison...
Leur intégration est particulièrement réussie dans ce pays et dans ce canton en particulier. Ce n'est pas une raison pour pousser le bouchon trop loin : cela risque d'être sérieusement contra-productif.

Et comme nous sommes proches des élections et que personne n'en parle, ceci :
J'ai horreur de Maduro comme Chavez me donnait des boutons. Evo Morales et son fascisme indien me fait vomir. Cuba reste un régime haïssable.
Bref, la communauté des états socialistes latino-américains est tellement moche que je me demande vraiment comment certains peuvent la calculer, pour parler comme les djeunes...

Écrit par : Géo | 08 avril 2017

Je ne comprends pas plus que l'équivalent d'un centime de franc suisse à la polémique entre lefredo et S. Montabert.
Pour moi, le danger pour les pays d'Europe est l'immigration musulmane et rien d'autre.
Pourquoi ces vaines querelles qui distraient du combat principal ?

Écrit par : AP34 | 08 avril 2017

... et si on avait une finale Le Pen - Mélenchon ?

Le rêêêve !!!

Écrit par : petard | 08 avril 2017

“only the dead have seen the end of war“

Écrit par : rabbit | 08 avril 2017

Je pense en effet que mac rond peut s'effondrer.

C'est bien d'avoir une tête de gendre idéal, mais il faut aussi avoir quelque chose qui est vu comme un programme politique, sachant que pour le blaireau de base pas très subtil à la base puis crétinisé par l'ednat, "je vais faire de la planification écologique" constitue un "programme".

Écrit par : simple-touriste | 09 avril 2017

@S. Montabert

Dommage que vos propos concernant l'exploitation des faibles ne soient que de beaux mots, jamais traduit dans les faits par votre parti. Mais je concois que cela puisse être un avis personnel peu partagé. Ne sachant pas comment vous votez à Renens sur des questions approchantes, je vous laisse le bénéfice du doute. Les programmes d'occupation sont effectivement, à mon avis, de l'exploitation légalisée. S'ils travaillent, ils méritent d'être payés au salaire normal pour ce travail. Ne pas le faire c'est introduire de la concurrence injuste. Il n'y a pas que Zürich qui fait cela et ce n'est effectivement pas normal. On peut discuter de l'intérêt, effectif et bien réel, d'occuper ces gens, sur ce point je ne suis pas contre cela, mais ce n'est pas normal de ne pas les payer au tarif juste quand il font un travail.
Ces programmes n'existent pas qu'à Zürich et ce n'est pas normal. Mais cela ne justifie en rien le reste.

Vous confondez politiciens et commentateurs? Je n'ai jamais lu ou entendu un politicien de gauche traiter un de droite de traître. Le contraire, par contre...
Après, les imbéciles se lâchent souvent dans les commentaires et en cela, on en trouve de tous côtés. Il est aussi stupide de traiter OF d'autrichien qu'Ada Marra d'italienne. Même si OF joue un peu le côté ethnique (enfin...a joué, et perdu), en prétendant aux hauts-valaisans qu'il n'avait pas de sang romand. Comme quoi...

@Géo
Ca vous dépasse que l'on puisse être suisse (sans rien d'italien, même pas le nom ou le prénom), patriote, patron et plus proche des idées socialistes que racistes hein??!! Et pourtant.
Discutez avec AP34, visiblement vous avez la "bonne" vision des problèmes de notre société...

Écrit par : lefredo | 10 avril 2017

Bonjour,
les élections n'ayant pas encore eu lieu, je me risque à ajouter un petit commentaire.
Sans jouer les prévisionnistes.
Simplement une image littéraire, et une analogie historique.
L'image et de Nietzsche, dans Zarathoustra. Au chapitre "De la nouvelle idole", à savoir l’État. ". . . Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d'argent, - ces impuissants!
Voyez les grimper, ces singes agiles!Ils grimpent les uns par-dessus les autres et s'entraînent ainsi dans la vase et dans les profondeurs.
Ils veulent tous approcher du trône: c'est leur folie - comme si le bonheur était sur le trône! Souvent la vase est sur le trône, - et le trône est dans la vase."
L'analogie serait la suivante:
En 1945 le gouvernement Gaullo-communiste a tout soviétisé en France, et personne depuis n'a eu l'intelligence ou le courage de changer de cap: c'est le moment où le Titanic a foncé vers l'iceberg.
En 1981 la coque s'est déchirée. . .
Aujourd'hui, ils se battent pour savoir qui aura la casquette de commandant dans le canot de sauvetage réservé aux armateurs, leurs familles et féaux. . .

Écrit par : Bruno | 14 avril 2017

lefredo@ "Ils n'honnissent pas juste les clandestins, ils détestent également les naturalisés, et les socialistes". La question pour moi n'est pas de honnir ou de haïr. Il est question de transformation de notre société et de sa culture. On a appris récemment que la population du canton de Vaud était de 778'000 personnes, dont un tiers d'étrangers. Et comme vous le dites vous-mêmes, sur les Suisses, il y a une très grande proportion de naturalisés, généralement double nationaux.
Prenons l'exemple d'Ada Marra, puisqu'on en a déjà parlé. Elle est italienne et aussi suisse, puisqu'elle a pu être élue à Berne. Elle est très catholique et passablement socialiste. Le canton de Vaud est traditionnellement protestant et radical. Les catholiques sont aujourd'hui devenus majoritaires. Ils sont certes moins dangereux que les musulmans pour notre identité culturelle, mais ils sont traditionnellement passablement différents des protestants, dans leur rapport à l'argent en particulier. Le catholicisme est la religion des féodaux, le protestantisme celle des bourgeois, qui avaient besoin de "dépénaliser" l'argent. Le rapport trouble et très malsain des catholiques envers l'argent peut s'observer assez aisèment en France ces temps...
Pour vous qui avez l'esprit ouvert - je plaisante, bien sûr...-, ces petites différences sont sans importance. Mais raisonnons par l'absurde, c'est toujours intéressant. A partir de quel pourcentage d'étrangers, naturalisés ou non, l'identité vaudoise existe-t-elle encore ? Nous en sommes à 50% d'étrangers (Suisses de papier + étrangers). A 75%, pourra-t-on parler d'identité vaudoise ou de société vodka-cola ? A 80 % ? A 90 % A 99% ?
Vous vous dites Suisse. Quel sens est-ce que cela peut avoir pour vous puisque l'identité suisse - ou vaudoise - vous révulse visiblement ? Par identité suisse, je fais allusion à l'alliance de ces micro-états alpins qui voulaient échapper au rouleau compresseur des empires voisins. Les socialistes, plus ou moins consciemment, veulent accomplir le grand rêve de tous les dictateurs, de Hitler à Khadafi en passant par Mussolini : le dépeçage de la Suisse au profit des voisins...
C'est ce que signifierait l'entrée de la Suisse dans l'UE. La Suisse est soluble dans l'Europe...

Écrit par : Géo | 14 avril 2017

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