30 avril 2017

Vaud: guerre de positions entre la droite et la gauche

Les élections vaudoises ont eu lieu ce dimanche. Le Grand Conseil est sous toit. La composition du Conseil d'État sera quant à elle finalisée lors d'un second tour prévu pour le 21 mai.

C'est dans la grande Salle de Spectacle de Renens que votre humble serviteur passa une bonne partie de son dimanche, convoqué comme des dizaines d'autres personnes au dépouillement. Candidat au Grand Conseil sur la liste UDC du district de l'Ouest Lausannois, je partageais ma table avec M. François Delaquis, sympathique candidat sur la liste socialiste, et nous travaillâmes de concert au comptage des bulletins.

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Le jour du dépouillement, juste avant le début des opérations.
(cliquez pour agrandir)

L'opération, lente et procédurière, permet le contact le plus direct qui soit avec la volonté des électeurs - la fameuse vérité lue au fond des urnes. La gauche fit un carton à Renens, mais il s'agit d'un de ses bastions depuis vingt ans. À titre personnel, je remercie les 1'282 électeurs de l'Ouest Lausannois qui me firent confiance, me plaçant en tête de mon parti à Renens et cinquième sur l'ensemble du district. Le résultat s'avère insuffisant pour m'ouvrir les portes d'une carrière cantonale, mais reste honorable au vu de ma modeste campagne!

Sur l'ensemble du canton, les résultats sont nuancés, comme en témoigne la répartition politique du nouveau Grand Conseil.

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Diverses formations politiques gagnent et perdent quelques plumes sans que les équilibres fondamentaux ne soient bouleversés. À gauche, le PS perd trois sièges en faveur des Verts (+2) et du centre. En perte de vitesse, l'extrême-gauche parvient à se maintenir. À droite, l'UDC perd deux sièges, le PLR en gagne trois.

Si on peut saluer la progression du PLR, le maintien de l'UDC est relativement satisfaisant dans la mesure où le parti a dû affronter de nombreuses crises internes (largement par sa faute d'ailleurs) comme la gestion pitoyable de l'affaire Fabienne Despot - qui n'a pas été réélue - et la crise artificielle amenant à l'éviction de Claude-Alain Voiblet et, dans la foulée, la création d'un nouveau parti concurrent de l'UDC en Ville de Lausanne. Dans la guérilla entre les deux formations UDC et Parti Libéral Conservateur, CA Voiblet ne réussit d'ailleurs pas le pari de se faire élire au Grand Conseil sous ses nouvelles couleurs. C'eût été un exploit. Pour l'UDC vaudoise, l'exploit aurait été d'atteindre les 30 sièges espérés.

La majorité relative du Grand Conseil, figurée par la ligne pointillée ci-dessus, reste donc à droite. Les réserves d'usage s'appliquent: non seulement cette majorité est fortement tributaire de l'assiduité des députés, mais on peut aussi douter de la solidité de la fibre bourgeoise de nombreux élus du centre-droit. Ceci dit, la gauche souffre de ses divisions, et au centre la multiplication des formations croupion amènera à un gros travail de persuasion et d'alliance sur le moindre dossier.

Il faudra donc du recul et de la discipline dans les rangs de la droite, et beaucoup, car le Conseil d'État se profile toujours vers une majorité de gauche. Cinq élus sortants - deux socialistes, trois PLR - sont réélus dès le premier tour, laissant deux places vacantes aux trois derniers candidats sérieux: Béatrice Métraux (Verts), Cesla Amarelle (PS) et Jacques Nicolet (UDC). L'un d'eux restera sur le carreau au soir du second.

À moins d'une improbable alliance de la onzième heure entre l'UDC et les Verts Libéraux, le choix dépendra donc de la mobilisation et de la discipline des électeurs, en particulier des électeurs du PLR. Comme les sondages le montrèrent et comme mes propres observations le confirmèrent, de nombreux sympathisants libéraux-radicaux décidèrent de biffer l'agriculteur de Lignerolle du bulletin de vote de l'alliance du centre-droit. Agissant ainsi, ils ouvrent une voie royale à un nouvel exécutif de gauche dans le canton.

M. Nicolet n'est pas parfait et n'a pas prétention de l'être, et j'imagine la réticence de nombreux électeurs PLR à tolérer sa présence sur leur bulletin. Mais est-ce vraiment une stratégie pertinente si l'effet est de propulser à sa place une Cesla Amarelle ou réélire une Béatrice Métraux? Le comprendront-ils? Réponse le 21 mai.

Commentaires

Nous soulignons votre opiniâtreté, Monsieur Montabert : 20 ans de bastion socialiste à Renens, vous êtes loin de la réalité. A l'heure du programme en français de Radio-Moscou, on pouvait, selon mon père, entendre le speaker saluer les camarades de Renens. Alors, carrément une enclave de l'URSS...

Écrit par : rabbit | 01 mai 2017

"Le résultat s'avère insuffisant pour m'ouvrir les portes d'une carrière cantonale, mais reste honorable au vu de ma modeste campagne!"
C'est fort dommage, mais comme le dit rabbit, vous vous présentez au pire endroit possible. Errare humanum est mais là, vous persévérez malignement ! Imaginez l'Amarelle se présenter à Jouxtens-Mézery...

Écrit par : Géo | 02 mai 2017

@rabbit: je fais référence à la date de l'accès au pouvoir sur la ville. Il est clair que pour y parvenir les "fourmis rouges" travaillèrent pendant longtemps dans l'ombre, à miner petit à petit la majorité libérale alors en place...

Depuis la gauche mène Renens au "progrès": population assistée, dilapidation des réserves, endettement et hausse d'impôt. Et bien sûr la vile est défigurée par des dizaines de chantiers pour des réalisations immobilières aussi laides que massives, que ne renierait pas un adepte du constructivisme soviétique.

@Géo: "Imaginez l'Amarelle se présenter à Jouxtens-Mézery..."

Mauvais exemple, puisqu'il s'agit du fief de M. Luc Recordon, comme quoi, même là, ça marche.

Les pires extrémistes de gauche adorent se lover dans une place confortable au coeur des banlieues bourgeoises qu'ils prétendent tant détester... Et surtout, très loin des populations pauvres et bigarrées qu'ils réclament pour leurs concitoyens bien moins lotis.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 mai 2017

M.Luc Recordon est au conseil d'administration de la BCV. Cela vous pose un gauchiste, on dira ce qu'on voudra...

Écrit par : Géo | 02 mai 2017

@Géo: j'ignorais, mais dans le genre gauche-caviar il doit certainement être en bonne compagnie. Citant un commentaire lu sur LesObservateurs.ch à propos de Mme Cesla Amarelle:

"[Quelle] représentante des petits, des faibles, des ouvriers, des « sans-dents » ! Car je doute qu’elle ne sache ce qu’est une fin de mois commençant le 15, de se serrer la ceinture et de reporter la visite chez le dentiste à des temps meilleurs. Comment puis-je affirmer cela ? Si vous additionnez son revenu de professeur ordinaire en 2ème année à l’université de Neuchâtel (171’000 Frs), ses gains de conseillère nationale (moyenne 138’000 Frs) on arrive déjà à plus de 300’000Frs ! Et Madame est mariée à Philipp Mueller, directeur administratif et financier du CHUV à Lausanne, qui doit se situer en classe 18 si ce n’est hors-classe, soit plus de 200’000 Frs par an. Donc au total ce ménage gagne plus de 40’000 Frs par mois, mais ne le répétez pas, cela pourrait froisser l’électeur de base du PS…"

Hé oui nos élites vaudoises gauchistes et anticapitalistes savent très bien gérer leur carrière, une vraie caricature!

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 mai 2017

@Montabert


Si elle est élue au Conseil d'Etat, elle devra probablement renoncer à son cachet de prof. Là c'est donc -170 à Neuche, mais +400 au Château = +230... +138 à Berne... on est à 538...

Faut quand-même espérer que les impôts lui piquent la moitié... + l'impôt sur la fortune sur tout ce qu'elle ne claque pas au bistrot et pour son ménage... Et tout ça encore additionné avec les revenus de son mari...

Ça fait pas envie d'être à leur place !

Écrit par : petard | 02 mai 2017

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