18 mai 2017

Biffer ou gagner: les Vaudois à l'heure du choix

Dans quelques jours le dénouement de ces élections vaudoises 2017 aura lieu - avec à la clef la couleur politique de la majorité au Conseil d'État. Qui l'emportera? Le ticket socialo-écologiste Amarelle/Métraux ou le ticket UDC-vert-libéral Nicolet/Chevalley?

Le premier choix est celui de la poursuite de la majorité de gauche au Conseil d'État. En reconduisant Béatrice Métraux et en adoubant Cesla Amarelle en remplacement d'Anne-Catherine Lyon, l'équilibre des forces resterait apparemment inchangé. Cependant, la substitution de la relativement modérée Mme Lyon par une des personnalités les plus à gauche du Parti Socialiste, Mme Amarelle, aurait de lourdes conséquences. Maniant avec talent le double-langage, Cesla Amarelle sait adapter son discours à ses interlocuteurs - et même la réalité. Mais ceux qui l'ont pratiquée à Berne le savent bien, en dépit des paroles apaisantes, lors des prises de décisions ils sont en face de la plus hargneuse des idéologues.

Bien que rien ne change dans la couleur des sièges, l'élection de cette personnalité clivante, méprisant la démocratie directe et arc-boutée dans l'accueil migratoire, garantit un net virage à gauche du Conseil d'État.

Le second choix est celui d'un retour à la normalité. Ce retour à la normale s'inscrit dans la logique de représentativité des courants politiques du Grand Conseil, mise à mal depuis le décès de M. Jean-Claude Mermoud en 2011. Jacques Nicolet, agriculteur de Lignerolle, incarne cette ligne.

La gauche montant aux barricades dès que son emprise est menacée, le retour à un équilibre au Conseil d'État est donc l'enjeu d'une haute lutte. Pour forcer la décision, les forces du centre-droit (Vert-libéraux, PLR et UDC) se sont ralliées au ticket initialement prévu pour le premier tour, lançant dans l'arène Isabelle Chevalley aux côtés de M. Nicolet pour le second.

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M. Nicolet et Mme Chevalley, le ticket du centre-droit, sur nos stands du marché de Renens.

Cette alliance - pourtant prévue de longue date! - fait pousser de hauts cris à gauche, ce qui me fait dire que l'idée n'est pas mauvaise. Le choix de rassembler les deux noms sur un seul ticket a été abondamment discuté lors du Congrès de l'UDC Vaud et la décision mûrement réfléchie. Toutes les questions ont été abordées.

La gauche ne va elle-même pas si bien: Mme Amarelle obtint au premier tour un score décevant. Le maintien au second tour du trublion d'extrême-gauche Guillaume Morand risque bien de retirer de précieuses voix au ticket Amarelle/Métraux. La perspective d'un retour à l'équilibre de centre-droit au Conseil d'État est donc réelle, et dynamise la campagne.

Épaulés par un PLR très engagé pour faire revenir la majorité à droite, la campagne du second tour est renouvelée. La mobilisation est au maximum ; nous nous réjouissons d'ailleurs d'accueillir à nouveau M. Nicolet et Mme Chevalley au Marché de Renens le 20 mai.

Les électeurs se mobiliseront-ils? Et s'ils se mobilisent, accepteront-ils de jouer le jeu d'un ticket de centre-droit?

L'élection se jouera là-dessus. La gauche est très forte dans la discipline de vote. Peu importe les (nombreuses) tensions entre écologistes et socialistes, les sympathisants de gauche savent mettre leur poing dans la poche le jour du scrutin pour arracher le pouvoir. À droite, on est plus volage: on panache, on biffe, on réorganise, on se fait plaisir, comme si au mépris de la loi des grands nombres l'électeur lambda s'imaginait que la composition du Conseil d'État ne dépend que de lui. Cette attitude presque poétique se paye lourdement dans les urnes.

La réalité est plus prosaïque. Face aux forces en présence, la seule chance de l'alliance de centre-droit de l'emporter est de voter bloc. Qu'ils soient PLR, UDC ou Verts-libéraux, si les électeurs commencent à biffer Mme Chevalley ou M. Nicolet pour quelque raison que ce soit, le résultat sera immédiat: aucun des deux ne sera élu.

Les statistiques du vote seront bien sûr scrutées de près par les états-majors politiques en vue de futures alliances, mais ne nous leurrons pas. Si les électeurs de centre-droit ne sont pas capables d'autodiscipline, la majorité de droite du Conseil d'État ne sera pas retrouvée.

Commentaires

On profite de votre blog pour remercier les électeurs PLR qui ont voté pour les leurs et qui ont biffé Nicolet au 1er tour.
Bravo les gars (et les autres...). Grâce à vous, on a Cesla Amarelle au pouvoir. Vous pouvez déjà apprendre à vos petits garçons qu'ils ne sont pas des garçons et à vos petites filles qu'elles auront bientôt tous les pouvoirs. c'est déjà le cas dans votre canard "Tribune libre" où la rédac'chef passe son temps à nous expliquer que Tsipras est merveilleux parce qu'il est beau gosse.
Continuez d'être aussi cons, les radicaux. Mais ne croyez pas que cela va bien tourner pour vous...

Écrit par : Géo | 21 mai 2017

Aujourd'hui on a la gueule de bois.
Pour moi c'est la fin. La stratégie energetique est un arrêt de mort à la Suisse prospère.
Il est bien dommage que nous n'ayons pas réussi à montrer aux électeurs combien les écolos sont des escrocs.
Les barrages ruinés à cause des subventions allemandes à l'éolien et au solaire. On importera en Suisse de l'électricité provenant de centrale à charbon allemandes à un prix surement très peu amical. Electricité que l'on aura déjà payé 3 fois à cause de toutes les taxes associées.

L'essence deviendra hors de prix, les gens se rueront dans les trains bondés gavés à la subvention étatique.
Et les industriels partiront sous des cieux plus cléments.
Ce que ces escrologistes ne veulent pas admettre c'est le coté alternatif de leurs energies.

Bref en 2050, on sera dans une Europe ruinée, écolo avec des politiciens pourris jusqu'à l'os qui auront des comptes en banques en chine (à la Maduro).

Il est temps de faire ses valises camarades....

Écrit par : Rastapopoulos | 21 mai 2017

Le canton de Vaud se mélenchonise... reste juste un Grand Conseil avec courte majorité de "droite".

On sait désormais ce qu'il reste à faire... dans un premier temps virer les papiers du côté du Valais...

Choisir entre les petites combines copinardes des cathos et la ligue marxiste révolutionnaire, le choix est vite fait.

Écrit par : petard | 21 mai 2017

Une chose est sûre, l'école vaudoise n'est pas prête de s'en remettre!!!!

Bon vent les Vaudoise mais vous n'êtes plus seuls, en Valais nous avons le PLR-novice-incompétent qui ne va pas faire mieux!

Voilà ce qui se passe quand les fourbes PLR s'accoquinent avec le PS à défaut d'avoir une girouette PDC!

Tous aux abris!!!!

Écrit par : Corélande | 21 mai 2017

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