30 mai 2017

Pilule bleue, pilule rouge

Considéré comme l'un des films du genre le plus important de son époque, Matrix (1999) représenta une évolution cinématographique remarquable dans le découpage scénique et l'utilisation d'effets spéciaux novateurs, mais aussi dans le récit. Son scénario original força le spectateur à une mise en abîme de sa propre existence, à questionner sa propre réalité. Pas si mal pour un "simple" film de science-fiction!

Matrix foisonne littéralement de références à des mythes historiques et à la philosophie comme l'existentialisme, le gnosticisme, le messianisme, le nihilisme ou l'ontologie, mais définit aussi sa propre symbolique. L'une des plus mémorables séquences du film vient du choix proposé à Neo (Keanu Reeves) par Morpheus (Laurence Fishburne) entre la pilule bleue et la pilule rouge.

morpheus-red-pill-blue-pill.jpg

Neo n'a qu'une alternative. La pilule bleue le renvoie dans l'ignorance, l'amenant jusqu'à oublier qu'il a pris ladite pilule - il n'est d'ailleurs pas impossible qu'il se retrouve à nouveau confronté à ce choix en croyant que c'est la première fois. La pilule rouge amène Neo à poursuivre sa quête et à se réveiller, sachant qu'il s'agit d'un voyage sans retour et potentiellement douloureux vers la connaissance et la fin de l'illusion.

Bien entendu, ces pilules ne sont qu'un prétexte, même dans Matrix. Personne ne s'inquiète de leur composition chimique ou de leur posologie. Elles symbolisent le choix de l'individu entre la continuité d'un mensonge et une rupture dérangeante amenant la perception à un nouveau niveau. Les deux pilules ne sont pas équivalentes.

  • La bleue permet de maintenir le statu-quo, mais celui-ci n'a rien de confortable. Il a engendré suffisamment de mal-être pour amener le héros à le remettre en question et à se retrouver devant les deux pilules.
  • La rouge incarne un départ définitif vers un degré supérieur de compréhension du monde, un changement de paradigme dont on ne revient pas. On ne peut pas continuer à croire à une illusion une fois découverte pour ce qu'elle est. Mais cette révélation peut être douloureuse et ne garantit nullement le bonheur. Au moins un autre personnage de Matrix, Cypher (Joe Pantoliano), a pris la pilule rouge et regrette sa décision, estimant ne pas avoir été "assez informé" des conséquences.

Le choix métaphorique entre les deux pilules a atteint le langage courant. En anglais, le terme est devenu un verbe qui s'appliquent à ceux qui ne voient définitivement plus les choses de la même manière ("he's been redpilled" - il a pris la pilule rouge).

Pilule rouge et politique

Le terme a une forte connotation politique. Il se réfère à un rejet du dogme, de la chape de plomb du politiquement correct, du silence des médias officiels sur les affaires dérangeantes, des mensonges, de la désinformation, des chasses aux sorcières médiatiques, des tabous et de l'embellissement de la situation pour plaire au pouvoir en place. Prendre la pilule rouge implique une personnalité forte, capable de remettre en question la présentation officielle de la réalité. Et comme dans Matrix, le voyage est sans retour. Beaucoup de gens renoncent, mais ceux qui s'engagent le long de ce chemin ne peuvent plus jamais mener leur vie "comme avant".

Aux États-Unis, le vocable a été abondamment repris lors de la campagne présidentielle de 2016 entre Donald Trump et Hillary Clinton. Sur le site communautaire Reddit, au sein du très populaire canal pro-Trump, les partisans du candidat républicain l'employaient lorsqu'un ancien supporter démocrate venait témoigner de son changement d'allégeance, lassé des magouilles de la candidate démocrate (comme ses manœuvres contre Bernie Sanders) ou simplement faute de croire au narrative médiatique brossant un portrait dégoulinant de flatterie des huit années de présidence Obama.

Au Royaume-Uni, 51,89 % du corps électoral décida d'avaler la pilule rouge le 23 juin 2016 en votant pour quitter l'Union Européenne - alors que leurs médias, les dirigeants de la City et tout ce que le pays comptait d'élites leur annonçait la ruine, la déchéance et les nuées de sauterelles s'ils ne votaient pas comme il faut.

En France, la pilule rouge a été avalée par les 10'638'475 Français apportant leur suffrage à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle - en dépit de tous les ralliements politiques en faveur de son adversaire, de tout le battage médiatique contre la candidate du Front National, de l'odeur de souffre d'un mouvement politique honni, méprisé et traîné dans la boue depuis quarante ans.

En Suisse, 1'463'854 citoyens avalèrent la pilule rouge le 9 février 2014 en approuvant l'Initiative contre l'Immigration de Masse et démontrant par là leur liberté de penser face à une classe médiatico-politique incapable de voir le moindre défaut à la libre-circulation des personnes.

Liberté de penser ou nouvelle illusion?

L'idée de la pilule rouge n'est pas d'abandonner un mensonge pour une autre comme le font certains adeptes de théories du complot. Les rebelles de banlieue qui choisissent la voie de l'islamisme, s'embarquent pour la Syrie et rejoignent les rangs de l'État Islamique ne sont pas en quête de vérité non plus. Ils ne prennent pas la pilule rouge. Ils sont à la recherche de nouvelles illusions et de sensations fortes. Leur rejet des faux-semblants de la société occidentale ne les amène qu'à un nouveau cadre où leur colère et leur soif de violence s'épanouiront et seront valorisées. En guise de libération ils ne cherchent qu'une nouvelle prison où ils pourront se livrer sans retenue à une orgie de pilules bleues, au milieu des leurs.

La nuance tient à la perception de la vérité une fois tombé le masque. La pilule rouge n'est pas une confiance aveugle offerte au premier venu, mais autorise chacun à découvrir par lui-même la réalité du monde. Le but n'est pas le confort mais d'être à nouveau libre de ses opinions, d'observer sans œillères, d'exercer son esprit critique plutôt que de se laisser dicter ce qu'il faut penser.

Les électeurs de Donald Trump savaient pertinemment que leur candidat incarnait un profil atypique et potentiellement instable. Bien peu d'entre eux le voyaient comme le Messie réincarné - un contraste saisissant avec la lumière sous laquelle son prédécesseur Barack Obama fut constamment présenté par les médias et vénéré par ses supporters. Les partisans du Brexit savaient bien que celui-ci amènerait à des négociations de divorce longues, coûteuses et difficiles. Et les ralliements de Marine Le Pen assumaient parfaitement - en particulier depuis le calamiteux débat de l'entre-deux tours - leur soutien envers une candidate brouillonne au programme mal défini. Ils avaient juste compris que la Présidence Macron serait pire sur des aspects autrement plus essentiels à leurs yeux.

Le choix de la pilule rouge n'est pas facile. Les médias dominants et les élites vous classent d'office parmi les gens infréquentables. En allumant radio ou télévision, vous êtes constamment insulté. Si vous avez le courage d'en parler, vos collègues de travail vous snobent et les promotions vous échappent. En persistant, vous pouvez vous fâcher avec votre famille, vos amis, vos voisins - en particulier, parmi eux, tous ceux qui se réclament sans cesse de la tolérance.

Le chemin est difficile mais parfois, vous n'avez simplement pas le choix. Vous pouvez juste être confronté à une situation remettant en cause la vérité officielle de façon définitive. Avoir été sur la place de la gare au nouvel-an à Cologne. S'être frotté à la réalité des populations migrantes. Avoir été dans les environs du Bataclan lors des attentats de Paris, ou sur la Promenade des Anglais lors de ceux de Nice. La confrontation à un danger immédiat remet en cause les certitudes les plus établies. Il n'est plus possible de continuer comme avant. À moins d'opter pour une lobotomie volontaire, gober la pilule rouge devient alors une question de survie.

Libération permanente

Le Système gouverne mal mais se défend bien. Le matraquage de la vérité officielle ("l'immigration est positive", "l'Union Européenne c'est la Paix", "le Réchauffement Climatique nous menace", "les terroristes islamistes n'ont rien à voir avec l'islam"...) est continuel - dans les médias, l'éducation, l'université, les rebelles institutionnels chargés de fédérer les mécontents, les milieux culturels et même à travers la censure à l’œuvre sur les réseaux sociaux. Il est tout simplement impossible d'y échapper.

Pourquoi tous ces gens sont-ils alors terrorisés, littéralement, par la pilule rouge?

Une divergence d'opinion n'est généralement pas un problème. Après tout, aucun système ne parvient à contrôler exactement 100% de la population, sauf peut-être en Corée du Nord. Le défi posé par la pilule rouge est tout autre: une immunité face au lavage de cerveau.

Prenons l'exemple de la France. Les 33,9% des électeurs qui votèrent pour Marine Le Pen au second tour allèrent à l'encontre de l'avis de tout ce que le pays comporte de groupes constitués - de l'Église aux ambassadeurs en passant par l'ensemble de la classe politique. Les belles plumes se succédèrent dans les colonnes des journaux pour prévenir du danger de la Bête Immonde au Ventre Toujours Fécond. Les journalistes rappelaient (ou allaient chercher pour une ultime interview) l'infréquentable Jean-Marie Le Pen, l'homme du détail de l'histoire, du jeu de mot "Durafour-Crématoire". Les quotidiens tournèrent en boucle les accusations d'emploi fictif du Parlement Européen. Les médias réussirent à lancer une polémique sur la rafle du Vel d'Hiv' en plein entre deux tours d'une élection présidentielle. Même Marine Le Pen réussit à se couvrir de ridicule lors du débat contre Emmanuel Macron.

Et, envers et contre tout, elle réunit sur son nom plus d'un tiers de l'électorat, plus de dix millions de suffrages.

Certes, un tiers n'est pas une majorité, loin s'en faut, mais le problème n'est pas là. Ces gens sont imperméables à tout ce que les médias peuvent leur envoyer. Plus aucune accusation ne semble porter ses fruits. Les gens qui ont voté pour le Front National ont franchi le Rubicon. Ils semblent irrécupérables, hors d'atteinte. Plus aucune prise - voilà ce qui terrifie nos élites.

Il y a donc fort à croire que les tenants du pouvoir vont radicaliser la lutte contre ceux qui ont l'audace de choisir la mauvaise pilule.

Commentaires

Vaste sujet aporétique que celui de la liberté. Les pilules de Matrix trouvent un précédent chez des Présocratiques comme Démocrite et Héraclite ; c’est dire si le malaise est ancien. Le spectacle d’un monde ridicule faisait rire Démocrite, alors que son côté tragique mettait Héraclite en pleurs. Leurs successeurs ont créé toutes sortes de pièges pour assujettir les individus à un ordre moral bon pour tous.

Écrit par : rabbit | 31 mai 2017

L'autre pôle de la solution solide qui nous régit (le débat gauche -droite), l'Egalité, est tout autant aporétique. Cela fait des dizaines d'années que je me demande pourquoi il n'y a pas de grandes recherches en psymachinlogie ou en neurologie qui nous expliquent enfin pourquoi, issus de la même famille, ayant à peu près le même vécu, deux frères seront l'un de droite et l'autre de gauche. Il y a des types psychologiques différents, on le sait depuis pas mal de temps. Qu'est-ce qui peut bien se passer dans la tête de ces gens intelligents qui ne comprennent pas que certains n'ont pas envie d'être envahis par des dizaines de millions d'Africains ? Ils sont intelligents mais très cons ? Ils ont eu des problèmes avec leur pater, alors ils détestent leur patrie ?

Écrit par : Géo | 31 mai 2017

C’est très bien vu, M. Montabert. Après la pilule rouge, rien n’est plus jamais comme avant. Ni les relations avec les proches, les amis, les collègues, ni les choix de vie, ni les actes du quotidien comme prendre les transports en commun, aller au supermarché, papoter entre ami(e)s, ou les actes moins banals comme choisir un lieu de résidence ou un métier, ou envisager l’avenir de ses enfants. C’est parfois plus difficile qu’ "avant", mais on se sent vraiment vivant(e). Et on découvre des choses comme le courage, l’amitié, la dignité, l’estime, qui avaient disparu d’un monde de consommateurs béats au cerveau lessivé, maintenus dans la prison mentale du politiquement correct. Continuez à semer des pilules rouges !

Écrit par : Catherine | 31 mai 2017

"Ils sont intelligents mais très cons ?"

Dans les Grandes Ecoles, oui.

Ils sont amoureux de leurs modèles, comme un (mauvais) joueur de poker tomber amoureux de sa main.

Et dans leurs modèles, le Mal n'est pas modélisé, le Mal Absolu encore moins.

Écrit par : simple-touriste | 31 mai 2017

Ayant le plaisir de vous lire de temps en temps, avec jubilation, je découvre cet article avec un bonheur non dissimulé, puisque j'ai moi-même utilisé l'image de cette scène de la pilule rouge et la la pilule bleu dernièrement, là où il m'arrive de m'exprimer ...
Et je dois reconnaitre que nous somme à 100% sur la même fréquence.
Continuez ... sans vous laisser distraire ...
Avec mes compliments.

Écrit par : Citoyen | 31 mai 2017

Bonjour Stéphane. Les frères Wachowski (devenus frère et sœur depuis), furent surtout inspirés par Lewis Carroll et sa saga "Alice au pays des merveilles, de l'autre coté du miroir", tous suivent le lapin blanc.
Votre conclusion est imparable, le camp du bien, celui qui détient la vérité, est sans pitié, sans état d'âme, pour ces grands démocrates le seul monde possible est le leur, ne pas y adhérer c'est non seulement s'en exclure mais aussi et surtout une condamnation à mort. Celui qui ne leur ressemble est dissident.
Ce système est un totalitarisme qui ne dit pas son nom.
Peu importe la qualité ou le milieu de vie, ce qui compte pour la plupart est de survivre et non de vivre, comme l'a magistralement démontré Primo Levi dans son ouvrage "Si c'est un homme".
La peur est le mécanisme essentiel de la matrice, la confrontation avec soi même est la plus grande de ces peurs, en sortir est pour beaucoup un obstacle infranchissable.
L'aboutissement d'un tel monde est fatalement le chaos et la violence, l'obsolescence de l'homme... Gunther Anders.

Écrit par : Phil-Asp | 01 juin 2017

@Géo :« Ils ont eu des problèmes avec leur pater, alors ils détestent leur patrie ? » D'accord avec vous. Les gens de gauche ont souvent la haine de leur propre culture, quand elle est perçue comme dominante. D’après mes observations, typiquement, c’est quelqu’un qui n’a pas trouvé sa place dans la famille, qui s’est senti victime d’injustice, pas assez reconnu par son père par exemple. Il fonctionne sur le mode de la comparaison (aux frères et/ou aux sœurs). Il s’identifie aux perdants, aux exclus, et déteste ceux qui réussissent. Logiquement, il se range du côté de ceux qu’il perçoit comme fragiles (immigrés p. ex.). Prendre leur défense lui donne un alibi pour attaquer ce système qu'il exècre et dont il s'est senti rejeté. Le tout sous couvert de nobles idéaux, comme l’égalité. Le socialisme n’est-il pas l’envie institutionnalisée ?
On peut certainement aussi expliquer la psychologie des gens de droite…

Écrit par : Catherine | 01 juin 2017

Dans tout cela, vous oubliez l'esprit moutonnier, le panurgisme, qui est une composante essentielle de l'homme. C'est cela qui a assuré sa survie aux temps lointains où les dangers étaient partout, derrière chaque buisson, chaque rocher, où la durée de vie était très faible, et pas majoritairement pour raisons de maladie.
On peut raisonnablement penser que des multitudes d'espèces d'animaux qui n'avaient pas cette particularité psychologique ont disparu au cours de l'évolution.
Nous sommes câblés ainsi, indépendamment de l'intelligence et du relatif libre arbitre de chacun.
Nos connaissances et la maîtrise de notre milieu ont beau augmenter sans cesse, nos mœurs évoluer, notre câblage reste le même, il faudra des dizaines sinon des centaines de milliers d'années avant que l'évolution puisse exercer son œuvre et le modifier.
C'est ce qui fait que les hommes (et femmes) ont toujours tendance à se rallier au plus grand nombre, à voler au secours de la victoire, comme le dit plaisamment l'expression.
Appelez cela être “bluepilled”, si vous voulez ! Toujours est-il que les sociologues et psychologues n'ont pas attendu la sortie de Matrix pour étudier le phénomène, tenter de le comprendre et analyser ses conséquences (l’effet de groupe, souvent bénin, ou l’effet de foule en sont d’autres facettes, ce dernier pouvant être létal : cf. les bousculades périodiques à la Mecque, par exemple).
Pour revenir à la politique : ainsi, en France, Macron est-il devenu jupitérien, rien que ça ! et les Français s'apprêtent à lui donner une forte majorité aux législatives.
Et ceci alors qu'il n'avait guère obtenu plus de 20 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Écrit par : AP34 | 01 juin 2017

Social-démocratie et social-libéralisme sont des non-sens destinés à abuser la critique et masquer la prolifération rampante d’un système qui ne peut se réaliser pleinement que sous la forme d'un socio-totalitarisme et en prétextant l'Etat-providence.

Écrit par : rabbit | 01 juin 2017

J'ai bien aimé Matrix. Mais pour suivre la métaphore, dans Matrix, le consensus sur la conduite à suivre règne entre tous ceux qui ont avalé la pilule rouge. Dans la vraie vie, nous sommes quelques-uns à être parfaitement lucide sur cette socio-démocratie virant vers le totalitarisme, mais je doute que nous soyons tous d'accord sur l'alternative. Il y a un grand fossé entre quelqu'un qui a voté Marine Le Pen et mon libéralisme classique, par exemple. Et à tout prendre, je préfère encore une socio-démocratie plus très fraîche qu'une vraie didacture stalino-nationaliste...

Vous me direz peut-être que j'ai en fait avalé la pilule bleue, en pensant avaler la rouge - mais c'est la limite de la métaphore !

Écrit par : fasterrabbit | 02 juin 2017

"Quel outrage que cet article à l'allégorie Matricienne.
Un bien heureux commentaire cite timidement les oncles de la philosophie grecque, les autres quant à eux , ne sont que pluie de superficialité sur fond de politique et frustration citoyenne.
Monsieur Montabert à fait un bel hors sujet, loin des préoccupations métaphysiques signifiées par 'Trinity', 'Morpheus', 'Cypher' et tout le champs lexical que balaie l'oeuvre des feu(e)s frères W.
L'article reste quand même intéressant d'un point de voeux pseudo sociologique et s'inscrit vraiment dans son époque correspondant au "règne de la quantité" de R.Guenon.
Saluons quand même la tentative de désolidarisation d'un public abreuvé à la TV réalité (les présidentielles faisant parties du bouquet), sans arriver à placer son message en équilibre entre la haine de son prochain (ou lointain) et les théories new âge."

Écrit par : Le Slamtimbanque | 03 juin 2017

Toujours mon nombre limité de neurones !
Je ne comprends que couic au verbiage de Saltimbanque, qui est à l'évidence celui d'un initié.
Initié de quoi et à quoi ? C'est la question existentielle qui me travaille depuis un moment.
De plus, Trinity, Morpheus, Cipher, les frères W., Guenon et ses comparses me sont autant étrangers qu'inconnus, jamais entendu parler, j'ai dû vraiment rater qqchose d'important dans ma vie déjà longue.
Et je m'inquiète encore plus sur mon état mental quand je lis:
"pluie de superficialité"
"règne de la quantité"
"voeux pseudo sociologique"
"théories new âge" (simple petite remarque en passant : l’accent circonflexe n’existe pas en anglais !)
toutes formules qui sont pour moi aussi hermétiques qu'énigmatiques.
C'est vrai que « tout est dans tout et réciproquement. »
Celle-ci, de formule, censée nous permettre de tout comprendre, devrait m’aider, certes, mais moi je n'y arrive toujours pas !
Conclusion provisoire, à défaut de diagnostic :
Bien qu’un saltimbanque fasse, selon wikipedia, “toutes sortes de tours et joue de l'étonnement pour amuser le public dans les foires”, cela ne saurait excuser son oubli total de notre Boileau national (rappelez-vous : "La Racine de La Bruyère Boileau de la Fontaine, signé Molière") :
"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire…"

Écrit par : AP34 | 03 juin 2017

On parlait beaucoup de René Guenon dans les années 1960, époque hippisante (= pré-New Age) sous influence de la revue "Planète" et de son réalisme fantastique. Maintenant, la réalité est techniquement augmentée, ce qui ne demande plus aucun effort d'un même public abreuvé des mêmes clowneries politiciennes télévisées. “Ceteris paribus sic stantibus“, comme dit Géo : soit on est à la fin d'un cycle, soit c'est un nouveau qui démarre sous nos pieds. L'important étant de prévoir ce qui peut se passer, tout comme en économie, le reste n'est que billevesées (comme disait le regretté maître Capello).

Écrit par : rabbit | 03 juin 2017

Idem Le Slamtimbanque, regrettable de constater en 2017 et quasi 20 ans plus tard une telle méconnaissance, remplacée par un révisionnisme au cartésianisme ancré dans le bonapartisme franco-français, de la métaphore du binaire à l'extrême des frères W dans Matrix - un scénario ancré dans la culture et l'esprit anglo-saxon de la fin du XXe.

Contrairement à ce qu'en dit Stéphane Montabert, le choix est constant. les électeurs ont le choix de voter, pour l'avenir ou pour conserver leurs acquis. Les salariés ont le choix de vouloir travailler pour un gros salaire, dans un emploi toxique. Les journalistes ont le choix de rédiger une info à charge, pour une autre sujet.

L'UDC vaudois est à la peine voire en perte d'avenir, comme en tous cantons dont les membres de parti qui ne sont pas du terroir emportent la majorité en promettant gratos la pilule voulue par de nouveaux habitants un peu trop voyants.

Écrit par : divergente | 03 juin 2017

« …remplacée par un révisionnisme au cartésianisme ancré dans le bonapartisme franco-français, de la métaphore du binaire à l'extrême des frères W… »
De plus en plus hermétique et énigmatique, même pour un bonapartiste franco-français tel que moi !
Traduit en chinois, ça donnerait quoi ? Ce serait peut-être plus compréhensible !
Pour moi, c’est clair comme de l’eau de roche : “divergente” n’est autre que “saltimbanque”.
Les adresses IP ne signifient rien, puisqu'on peut très bien emprunter l'ordi de sa femme.
Ce personnage en forme d'hydre à deux têtes est visiblement un ennemi politique de l'UDC, et à travers elle, de notre hôte.
Mais deux têtes sont évidemment plus difficiles à gérer qu'une seule – la schizophrénie guette quand une tête ne sait plus exactement ce que fait l'autre –, d'où l'embrouillamini constaté.
Quand on a de tels ennemis – je veux dire : à ce niveau –, on peut se passer d'amis.

Écrit par : AP34 | 03 juin 2017

Il suffit de le demander AP34, c'est mieux comme ça ?
«...取而代之的 修正主义 笛卡儿主义 植根于 波拿巴主义 佛朗哥法国 隐喻 二进制 极其 兄弟W... ».

Écrit par : rabbit | 04 juin 2017

En toute franchise, ça n'est guère mieux.
Mais c'est bien d'avoir essayé ! Rien ne remplace en effet la méthode expérimentale (dixit Claude Bernard en 1865).
Merci

Écrit par : AP34 | 04 juin 2017

@AP34: Pourquoi se donner tant de peine à déchiffrer les propos hermétiques d'un individu venu faire étalage de sa prétendue supériorité avec beaucoup de pédanterie ?

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 juin 2017

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