13 juin 2017

En Marche vers la domination législative

Beaucoup de déçus des élections présidentielles française se tournaient vers les législatives pour une revanche - les "troisièmes et quatrièmes tours de la présidentielle", comme certains analystes s'efforçaient de les appeler. Las! Les résultats sont sans appel. La République En Marche et le MoDem de François Bayrou font le plein, laissant présager d'une domination écrasante dans la composition de la future Assemblée Nationale française.

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Projection du nombre de sièges selon les résultats du 1er tour - infographie Le Figaro
(cliquez pour agrandir)

Pourtant, face à ce résultat étonnant, tous les partis en prennent pour leur grade. La recomposition de la classe politique est, elle aussi, en marche. Évoquons le destin de ces partis, par ordre croissant de réussite dimanche soir.

Le PS est mort. Vraiment mort. Plus rien ne le sauvera. La "marque" PS ressurgira peut-être du passé mais n'aura pas grand-chose à voir avec le mouvement historique. L'alliance entre le Parti Socialiste, le Parti Radical de Gauche, les Divers Gauche et les Écologistes réunit 9,51% des suffrages. C'est mieux que la présidentielle mais cela reste un naufrage, dont on ne peut comprendre l'ampleur qu'en se rappelant qu'il détenait la majorité dans l'assemblée sortante. La presse fait la longue liste des "ténors" socialistes éliminés dès le premier tour. Citons parmi eux:

  • Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire actuel du PS ;
  • Benoît Hamon, ancien ministre de l'éducation et candidat socialiste à l'élection présidentielle ;
  • Matthias Fekl, ancien ministre de l’Intérieur ;
  • Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture ;
  • Patrick Mennucci, figure historique du PS à Marseille, éliminé par Jean-Luc Mélenchon ;
  • Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux.

Débâcle, débandade, déroute, tout le champ lexical y passe. Le PS est en cinquième position, réduit à un strapontin dans la vie politique. Il n'est plus rien. "On est à terre, décapité, éclaté", déplore l'ancien secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon sur RTL.

La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon atteint 11,02% des suffrages. C'est mieux que le PS - un des principaux objectifs du mouvement d'extrême-gauche est atteint - mais cela reste un très mauvais résultat pour celui qui prétendait il y a quelques semaines encore atteindre le second tour de l'élection présidentielle, et ambitionne surtout d'incarner l'opposition officielle au gouvernement Macron.

Quatrième dimanche soir, la France Insoumise perd plus de 40% de ses suffrages comparé à la présidentielle. Assemblage disparate de nombreux partis et groupuscules (Parti de Gauche, Ensemble!, Communistes, dissidents écologistes, Nouvelle Gauche socialiste, Révolution...) La sauce n'a visiblement pas pris et il n'est pas certain que le trublion Mélenchon parvienne à s'inscrire dans la durée.

Le Front National de Marine Le Pen accuse le coup. La présidentielle fut un échec mais la candidate FN ne parvint pas à en tirer une défaite honorable ; galvaudant sa prestation durant le débat, étalant un programme brouillon et centré sur les aspects économiques (alors que l'électorat FN attend plutôt des mesures face à l'immigration, à l'islamisation galopante des banlieues et au communautarisme) Marine Le Pen mena logiquement le FN à un net reflux sur un scrutin qui ne lui est de toute façon pas favorable. Rétrospectivement, des analystes expliquent qu'avec 13,20% des voix à l'échelle nationale le FN est finalement "retombé à son niveau de 2012" ; difficile d'y voir un quelconque succès. Comme pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen affaiblit sérieusement sa position de dirigeante au sein du parti et voit s'éloigner toute chance d'incarner un jour l'opposition officielle.

Celle-ci s'incarne dans le parti arrivé en deuxième position, Les Républicains (alliés avec l'UDI et divers droite) avec 21,56% des voix. Après avoir échoué dans une élection présidentielle "imperdable", les Républicains font un piètre score lors de ce premier tour - à peine mieux que le nombre de suffrages réunis sur le calamiteux François Fillon en mai. Espérant au mieux dans les 130 sièges, l'opposition sera une opposition croupion.

Les déclarations grandiloquentes évoquant une "revanche", voire s'imaginant "imposer une cohabitation" au Président Macron n'en paraissent que plus chimériques. La droite française s'est auto-détruite, à peine capable d'articuler un projet, soutenant un candidat démoli, et appelant à voter Macron avant de s'en déclarer le premier adversaire pour le scrutin suivant quelques semaines plus tard.

En nommant Premier Ministre un cadre des Républicains, Emmanuel Macron fit preuve d'un sens aigu de la politique. La manœuvre (car il ne fait aucun doute que c'était une manœuvre) finit de semer le trouble dans le camp des Républicains, au sein des instances dirigeantes, auprès des militants. Elle fonctionna d'autant mieux qu'elle s'incarnait dans une logique imparable: la droite française lorgne vers le centre depuis si longtemps qu'elle est abîmée dans son attraction. Comment se prétendre plus à droite qu'En Marche! avec un Juppé si difficile à distinguer des socialistes, un Sarkozy dont on se rappelle "l'ouverture" à gauche, un Le Maire passé dans le camp adverse?

Les Républicains ont le plus grand mal à l'admettre, mais les passerelles, les porosités et les connivences sont bien plus nombreuses qu'ils ne veulent bien le dire entre eux et En Marche!. Elles le sont d'autant plus qu'ils n'ont plus de programme, plus d'idéologie, plus de valeurs - uniquement des postures. Laurent Wauquiez et François Baroin appellent au "sursaut" pour éviter une "trop grande force" du parti inféodé à Macron, comme si cet appel se suffisait à lui-même pour donner son suffrage aux Républicains. Voilà ce que les Français auront en guise d'opposition pour les cinq ans à venir...

Le grand vainqueur du jour est bien sûr Emmanuel Macron. La République en Marche et le Modem atteignent 32,32% des voix. C'est mieux que son score du premier tour de la Présidentielle, mais la victoire n'est pas belle.

Les Français savent depuis longtemps que le mode de scrutin de l'élection législative n'est qu'une immense magouille. Le découpage en circonscriptions et les règles de maintien pour le second tour n'avaient qu'un seul but: écarter le Front National en laissant à la place une alternance entre la droite et la gauche traditionnelles. Aujourd'hui, le système se retourne contre ses auteurs. La faible participation et le piètre score des formations historiques laisse un boulevard au mouvement du jeune Président, un boulevard parfaitement artificiel. Comment peut-on rassembler plus de deux tiers des sièges - dans l'hypothèse basse - avec moins d'un tiers des suffrages exprimés? 13,4% du corps électoral tout entier? Magie des découpages électoraux!

Et ce sont les mêmes qui viennent critiquer le mode de scrutin de l'élection présidentielle américaine...

Emmanuel Macron va avoir les coudées franches. Aucune contestation ne viendra de l'Assemblée Nationale. Dans l'hypothèse improbable où une forte minorité contestataire de LREM viendrait à exister, en tant que parti centriste le "noyau" du mouvement pourrait encore s'allier aux électrons libres de gauche ou de droite pour faire ponctuellement passer un projet.

La médaille a bien sûr un revers. Emmanuel Macron sera responsable de tout, ne pourra invoquer aucune excuse, aucune impuissance. L'omnipotence entraîne une culpabilité totale. L'opposition politique étant inexistante, celle-ci s'incarnera probablement ailleurs - et ne sera pas forcément belle à voir.

Pour ma part, j'attends de voir au nom de quelles excuses les journalistes continueront à faire venir sur leurs plateaux des invités socialistes, sachant que ce mouvement politique ne représente désormais plus rien, à tous les niveaux de la vie publique française.

Commentaires

Bonjour Stéphane. Très bon article qui résume parfaitement la situation.
Votre dernier chapitre est à prendre au second degrés, les journalistes vont à l'écuelle la plus favorable, ils inviteront donc des candidats LRM qui sont de toute façon des PS et LR recyclés. C'est magique la machine à laver Macron.

Le problème de Macron vous le situez en terme de responsabilité, la sienne est totale mais... comme l'homme est beaucoup plus politique que certains ne le croient, il évoquera toujours la responsabilité des extrêmes, il va même s'employer à redonner vie au FN, il lui faut pour exister cet artefact. Du reste, des candidats LRM commencent à se rependre en disant qu'ils trouvaient que le FN était injustement diabolisé (sic).

Ses hommages appuyés tout autant que pathétiques à Oradour sur Glâne, sont lourds de sens, le progressisme a besoin pour exister d'un monstre, qu'il sait se fabriquer de toutes pièces.

La communication de l'élection, à elle seule, apporte la preuve éclatante que rien n'a changé. Macron est fort d'une écrasante majorité avec 15% du corps électoral ! en conséquence, il ne représente rien ni personne. Si les choses avaient évolué, il aurait déclaré que sa majorité est en fait précaire et qu'il n'avait pas un blanc seing. Tout au contraire, il claironne "sa large victoire".

La débâcle est garantie, je la prédit depuis des lustres, quel qu'ait été le vainqueur de cet élection, mais avec Macron ça va prendre une autre dimension, en terme d’ampleur et de rapidité.

Les élus LRM le sont parce qu'ils bénéficient de l'étiquette Macron, leur siège est donc éjectable, que le président décline, et il va vite s'user, et les élus LRM s'écroulent, tout ça n'est qu'un château de sable.

Par ailleurs, Macron va mener une politique Européiste, immigrationniste, il va augmenter fortement les impôts et faire exploser le système social, rajoutant à ça la suppression du salaire minimum. Le chaudron va exploser. La France ce n'est pas le reste du monde et il va vite le (re)découvrir.

Plus de 50% d'abstention en dit long sur le ras le bol des gens. Le dégagisme est une réalité mais ne permet pas de légitimer le vainqueur de cette élection, tout cela va très très mal se terminer. Qui plus est, la France fonctionnaire va se réveiller, ils se mobilisent vite et sont capables de bloquer un pays pendant des mois. Macron aura deux options : 1) il achète la paix sociale en concentrant (comme toujours) les prélèvements sur le privé, 2) il s'attaque de front à la fonction publique. Bonne chance...

Beaucoup, et surtout chez ses élus (j'en sais quelque chose...) n'ont aucune idée de ce qui les attends. Macron ce n'est pas Hollande, les mesures annoncées seront mises en oeuvre et ce sera le point de bascule, surtout lorsque les gens vont se rendre compte que, comme toujours en France, ils ont été grugés (ce coup-ci par eux mêmes).
En défense de l'électorat Français, nous avions pris l'habitude qu'un président sitôt élu tourne le dos à sa politique. Pas avec Macron et c'est ça qui va faire sauter le bouchon. Les Français ne sont pas réformateur, terme qu ne veut rien dire du reste, ils veulent la sécurité et avec Macron ils auront l'inverse.

Écrit par : Phil-Asp | 13 juin 2017

"Et ce sont les mêmes qui viennent critiquer le mode de scrutin de l'élection présidentielle américaine..."
Très bonne remarque. Il serait temps que les Français disposent d'une constitution un peu démocratique...

Écrit par : Géo | 13 juin 2017

Je partagerais assez les idées de Phil-Asp, même si je les trouve un peu pessimistes :
"La débâcle est garantie"
"tout cela va très très mal se terminer"
"et c'est ça qui va faire sauter le bouchon"

Marron s'est fait élire essentiellement sur un non-programme. Il a toujours été flou, et il me semble qu’il cultive et entretient ce flou.
Il n’en sortira que petit à petit, une manière de défléchir les critiques et au-delà, les réactions.
Ses idées/projets économiques (réforme du travail, des retraites…) semblent libéraux, et iraient plutôt dans le bon sens, de mon point de vue.
Cependant, il faut bien voir que ces idées ne sont pas originales, ni ne lui sont personnelles.
L'Europe (Merkel) a en effet toujours poussé dans cette direction. Macron pourrait, à ce titre, apparaître comme une courroie de transmission, la meilleure que l'Allemagne ait eue à sa disposition depuis longtemps.
Comme le craint Phil-Asp, nos syndicats communistes pourraient, cependant, ne pas suivre, et en retour paralyser effectivement le pays.
C'est là justement que l'on verra son habileté manœuvrière éventuelle.
Réussir à entraîner les syndicats communistes à sa suite serait un tour de force !
Quant au volet mondialisme et immigrationnisme, Macron semble être également une excellente courroie de transmission de la volonté des « élites » d’aller vers plus d’intégration européenne, et d’abolir encore davantage les frontières pour les marchandises et les hommes.
Construira-t-il, comme il l’a dit, son autoroute avec le Maghreb ? Va-t-il marcher dans les pas de Merkel qu’il a chaudement félicitée pour sa fibre immigrationniste ? Va-t-il entreprendre de dédommager d’une manière ou d’une autre les victimes du crime contre l’humanité dont nous nous serions rendus coupables par l’esclavage et la colonisation (Macron dixit), comme on pourrait logiquement s’y attendre ?
Discours électoralistes, que tout cela ?
Bien malin qui pourrait le dire à cette heure !
En bon (?) économiste, il pourrait se rendre compte que le bilan net de l’immigration, en termes économique et sociétal, est désastreux, rendant la poursuite de celle-ci incompatible avec le redressement du pays.
Un scénario intéressant, quoiqu’entièrement hypothétique, serait que la créature Macron échappe à ses créateurs, et qu’il finisse par tourner le dos à leurs projets mondialistes et immigrationnistes. Dans la fonction, il est en effet aux premières loges pour savoir ou découvrir ce qu’il faudrait faire pour l’intérêt de la majorité des Français.
Cela s’est déjà vu dans l’Histoire ! De chouchou du système, il deviendrait leur ennemi n° 1.
On peut rêver !

Écrit par : AP34 | 14 juin 2017

@Geo
Ce n'est pas la Constitution qui serait à réformer, mais le mode de scrutin des législatives (qui, du reste, n'est pas prévu par la Constitution mais par une loi).
Toutefois, il faut savoir ce qu'aurait donné, en sièges, le premier tour des législatives à la proportionnelle intégrale, le mode de scrutin considéré comme le plus équitable:
PCF FI 84
PS PRG DVG EELV 84
LREM MODEM 197
LR UDI DVD 132
FN 80
Autrement dit, notre pays serait ingouvernable. Si on veut éviter ce genre de problème, il faut un mode de scrutin qui donne une surreprésentation en sièges au parti arrivé en tête. Mais alors, quel serait le niveau de surreprésentation acceptable ?
Au moins, si Macron ne fait rien de bon, il ne pourra pas accuser les autres partis d'avoir fait du blocage.

Écrit par : xc | 14 juin 2017

Ce ne sont pas les syndicats qui posent problème mais Macron. Son programme ? mais je n'ai eu de cesse de le signaler depuis des mois, il n'a pas eu besoin de l'écrire, c'est la feuille de route de l'UE : le progressisme avec son cortège d'immigration, de taxes diverses et variées, de vivre ensemble estampillé bisounours, etc...
Je ne suis pas pessimiste mais réaliste, la situation je l'ai décrite encore une fois depuis le premier tour de primaire de la droite, Macron n'a jamais été une surprise ni l’Effondrement des partis FN, LR, PS.
Macron n'est pas un économiste, terme vague qui ne signifie rien, Macron est un politique pur jus, tout ce qu'il entreprend est a visé électoraliste, il n'a que faire du peuple, seule sa carrière compte.
Macron c'est le libéralisme dans sa version la pire, la connivence des intérêts privés et de l'état.
Hollande fut certainement le président le plus déplorable de la Vème, Macron sera le plus détesté et le rejet qu'il va subir sera à la dimension de son succès actuel.

Écrit par : Phil-Asp | 14 juin 2017

« Ce ne sont pas les syndicats qui posent problème »
On verra ça (prochainement) dans la rue!
Effondrement du PS?
Le PS était un assemblage/attelage purement artificiel, fabriqué spécialement par et pour Mitterrand lors du congrès d'Épinay en 1971. Il s'est coupé en deux, son aile gauche, très minoritaire dans le pays, ayant seule conservé le nom de PS.
L'autre aile du PS, la sociale-démocrate a, elle, changé de nom pour s'appeler: En marche.
L'ironie de l'histoire est que ce soit Macron qui ait tiré les marrons du feu, plutôt que Valls, qui, contre une opposition interne violente (les frondeurs), a tenté le premier d’expérimenter cette voie.
Les insoumis sont un pur anachronisme qui doivent leur récent développement aux seules qualités de tribun de Mélenchon, même si ce tribun dit n'importe quoi. C'est en effet moins ce que l'on dit qui compte, mais la façon de le dire. Ces insoumis devraient logiquement rejoindre le nouveau PS d'Hamon, ils sont bien de la même famille.
« Macron n'est pas un économiste, terme vague qui ne signifie rien, Macron est un politique pur jus »
Avoir été cadre d'une banque ne fait certainement pas l'économiste. Quoiqu'à cette position, il se soit frotté à l'argent, à l'investissement, aux retours sur investissement.
Macron a une dimension en plus, il est acteur (de théâtre). C'était, et c'est probablement encore sa passion, et sa femme/mère était d'ailleurs sa prof. de théâtre dans son lycée d'Amiens.
Les politiques doivent forcément être des acteurs. Que des acteurs soient dès lors tentés par la politique semble logique.
Je me souviens d'Yves Montand qui, un temps, avait pensé à se porter candidat à la présidentielle, il a finalement renoncé.
Aux US, un acteur qui a très bien réussi en politique est Reagan.
Une autre profession qui réussit généralement bien en politique est celle d'avocat (Mitterrand, Sarkozy…).
Savoir parler en public, et convaincre = avocat.
Savoir se montrer, et jouer un rôle fabriqué de toutes pièces et appris par cœur = acteur.
Avoir appris les ficelles et les techniques de la politique = l'ENA
Un énarque acteur et avocat, le rêve.
Il me semble que Macron est le premier de nos présidents à avoir ces deux cordes à son arc.
En plus, il est jeune, beau et en bonne santé.
Bonne santé? J'en veux pour preuve que le problème du médecin du président et celui de son honnêteté et sincérité n'ont même pas été posés. Rappelez-vous les polémiques sous le règne de Mitterrand!
Reconnaissez que mieux vaut être ainsi: jeune, beau et en bonne santé que vieux, laid et malade.

Écrit par : AP34 | 15 juin 2017

Pour compléter le propos de mon post précédent, j'ajouterais ceci sur les LR:
Ce que j'ai dit sur le PS s'applique en effet aussi bien aux LR/UMP.
Ce parti est, tout autant que le PS d’avant Macron, un assemblage hétéroclite de sensibilités diverses, depuis la gauche modérée et le centre gauche, jusqu'à la vraie droite.
Parti créé en 2002 par agrégation d’anciens partis (RPR et UDF pour les deux principaux), qui a soutenu Chirac puis Sarkozy. Mission accomplie, donc.
Mais en présence d'un nouveau parti centro/socialo/démocrate (En marche), ajouté au désir très humain de voler au secours de la victoire, le parti LR/UMP ne pouvait pas rester intact.
Il s’est disloqué, comme le PS. Même si ce qu’il en reste semble plus conséquent que pour le PS (ou ce qui en tient lieu sous cette appellation).
Cette recomposition politique majeure, par la destruction des unions artificielles de circonstance, s'apparenterait donc à une opération vérité.
Il y a cependant un hic.
Cette recomposition politique ne va pas, et n'ira pas à son terme.
L'aile gauche du PS, qui pourrait valablement s'allier aux insoumis de Mélenchon (ou l'inverse), moyennant des ajustements mineurs, ne le fera pas.
De même, l'aile droite des LR actuels, qui pourrait s'allier au FN (ou l'inverse), ne le fera pas davantage.
Des clivages artificiels subsisteront donc, avec l’ambiguïté politique qui l’accompagne, jointe à la versatilité et à l’abstention des électeurs.

Écrit par : AP34 | 17 juin 2017

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