02 juillet 2017

De l'avortement

Le récent décès de Simone Veil à 89 ans permet à tous les médias et à la classe politique française de revenir sur la "superbe avancée sociale" que représente l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Mais on peut en douter.

Simone Veil

Le destin de Simone Veil se manifeste le 30 mars 1944 à Nice. Âgée de seize ans, issue d'une famille juive non pratiquante et se faisant appeler Simone Jacquier, elle se fait arrêter par les Allemands. Jouant de malchance alors que la Seconde Guerre mondiale s'achève, elle est d'abord déportée à Drancy, puis au camp d'Auschwitz avec sa mère et l'une de ses sœurs. Elle est ensuite transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Elle sera ensuite transférée au camp de Bergen-Belsen où elle travaille en cuisine. Sa mère meurt du typhus, elle ne verra jamais non plus son frère ni son père déportés, eux, en Lituanie.

Simone_Veil_(1984).jpgSimone Veil n'hésitera pas à mettre au service de sa carrière politique la respectabilité morale héritée de son statut de survivante de la Shoah. Elle ira jusqu'à faire graver son numéro de matricule des camps de la mort sur la lame de son épée une fois admise à l'Académie Française, en 2008. Mais revenons trente ans plus tôt.

En 1975, les Français ne connaissent pas Simone Veil. C'est véritablement la loi sur l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) qui la fera passer à la postérité.

L'épopée de la Loi Veil

Jusque-là, l'avortement est un acte réprimé par l'article 317 du Code Pénal. Celui-ci punit de prison et d'amende le fait de subir, de pratiquer mais aussi d'aider un avortement. Les membres du corps médical coupables d'un tel crime peuvent être condamnés à une interdiction d'exercer. Dans cette situation, nombre de femmes souhaitant interrompre une grossesse vont à l'étranger - l'Angleterre est plus souple - ou se confient à des faiseuses d'anges, parfois dans des conditions d'hygiène douteuses.

Les chiffres les plus fantaisistes circulent quant au nombre d'avortements clandestins. L'opinion publique est divisée. Les milieux catholiques et conservateurs s'opposent à la désacralisation de la vie, les féministes et les gauchistes réclament la totale maîtrise du corps de la femme dans la lignée de la révolution sexuelle. Après mai 68, la question est devenue un enjeu de société. Des activistes tentent de faire ployer la classe politique. Le 5 avril 1971, 343 femmes dont de nombreuses personnalités lancent dans le Nouvel Observateur l'appel dit "des 343" et clament: "un million de femmes se font avorter chaque année en France, je déclare que je suis l'une d'elles." Évidemment, aucune des signataires ne sera poursuivie. Deux ans plus tard, les 331 médecins reconnaissant avoir pratiqué des avortements ne le seront pas davantage.

En 1972 a lieu le procès de Bobigny. Marie-Claire, jeune fille de 17 ans, est jugée pour avoir avorté à la suite d'un viol. Le procès donne lieu à de nombreux débats. Défendue par Gisèle Halimi, amie de Simone Veil, l'accusée est finalement acquittée.

En 1974, Jacques Chirac, alors Premier Ministre, pense sentir le vent. Il nomme Mme Veil ministre de la santé avec pour mission de préparer un nouveau projet de loi sur l'avortement. Elle fait l'objet de nombreuses pressions de son propre camp, mais tient résolument le cap. Le 26 novembre 1974, elle monte à la tribune de l'Assemblée et prononce ces mots:

"Je voudrais vous faire partager une conviction de femme et je m'excuse de le faire devant une assemblée presque composée exclusivement d'hommes, aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l'avortement, je le dis avec toute ma conviction l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue."


Jouant habilement à la fois du féminisme et de l'angle sanitaire, elle est à la manœuvre. L'opposition de gauche l'aidera à surmonter les divisions de son camp. La Loi Veil est promulguée le 17 janvier 1975, mais elle n'est que temporaire. L'avortement sera légalisé définitivement en 1979. Ce "progrès social" sera suivi de nombreux autres.

En 1983, la Sécurité Sociale rembourse l'IVG - les prélèvements obligatoires des assurés sociaux français contribuent désormais à supprimer les enfants à naître. En 1983, un délit spécifique d'entrave à l'IVG est instauré, puni de deux ans de prison. En juillet 2001, le délai permettant l'IVG est allongé de deux semaines, et l'autorisation parentale pour les mineurs est supprimée. En 2014, le délit d'entrave à l'IVG est étendu aux sites Internet anti-IVG et la peine de prison est assortie de 30'000 € d'amende.

IVG et morale

L'avortement est un des sujets de discorde entre libéraux. Certains évoquent un droit absolu des femmes à disposer de leur corps, s'évertuant à faire passer le bébé comme une sorte de passager clandestin lorsqu'il n'est pas - ou plus - désiré. D'autres, dont je fais partie, pensent que la loi se doit de faire respecter les droits des plus faibles et qu'il est difficile d'imaginer un être plus faible, et plus innocent, qu'un enfant encore dans le ventre de sa mère.

votation du 9 février 2013,avortementLa thèse du "droit absolu du corps" ne pose par définition aucune limite. L'IVG dans sa forme actuelle est encore trop douce: selon le principe du droit absolu de son corps, une femme pourrait avorter la veille de l'accouchement prévu - alors qu'un autre bébé conçu au même moment, mais né prématuré de quelques jours, aurait été protégé d'un tel destin grâce à l'accouchement. L'attribution d'une personnalité juridique complète à l'instant de la naissance mène à ce genre d'absurdités.

Pour éviter ces aberrations on limite l'IVG aux premières semaines de l'existence. Les partisans de l'avortement essayent de ramener l'embryon à un objet, le présentant comme un simple ensemble de tissus, mais ils ne sont pas aidés par la science. Si dans les premiers jours de la conception l'embryon n'est effectivement qu'un amas de cellules, la différentiation intervient très vite. La formation du tube neural et les premiers battements du cœur surviennent dès la sixième semaine. Malgré tout cet aspect du débat reste secondaire car dans de nombreux pays d'Europe - y compris en Suisse - des aménagements légaux permettent d'avorter jusqu'au terme.

La grossesse n'est pas une maladie. Un fœtus n'a rien d'une tumeur. Il vit au sein sa mère mais n'a rien à voir avec le moindre de ses organes. Il a un ADN différent, voire un sexe différent.

Nous vivons dans des sociétés où beaucoup de femmes trouvent plus convenable de tuer leur propre bébé plutôt que de le confier aux bons soins d'un des innombrables couples en quête d'adoption. Les droits du père sont inexistants. Les droits du bébé à naître sont réduits à rien.

Démographie de l'avortement

Ne sommes-nous pas tous, quelque part, que de simples ensembles de tissus? Ce n'est jamais aussi vrai que depuis la Loi Veil et ses nombreuses variantes dans d'autres pays d'Europe. La réduction de l'être humain à une masse de chair a réussi au-delà de toute espérance.

Simone Veil luttait contre "l'insalubrité" de l'avortement, estimant que les conditions d'hygiène n'étaient pas réunies dans la clandestinité. Dans son discours de 1974, elle évoquait les femmes recourant à l'avortement et rejetées "non seulement dans l'opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites." Mais ces sentiments empêchaient également nombre de passages à l'acte, et permettaient l'existence d'autant de nouveau-nés sains.

En rendant l'avortement légal sous condition, Mme Veil permit de faire sauter une barrière morale, amenant à la banalisation de l'acte. Les partisans de l'avortement légal évoquent volontiers les "milliers" d'avortements illégaux pré-1975 mais si cela était vrai, on retrouverait constamment des charniers de fœtus. Aucune donnée réaliste n'existe, et le nombre de condamnations pour la pratique de l'avortement avant la Loi Veil ne plaide certainement pas en faveur de cette hypothèse.

Les défenseurs de l'avortement sont prompts à amener dans la discussion de nombreux cas particuliers: l'enfant à naître lourdement handicapé, la victime d'un viol, la grossesse à problème menaçant la survie de la mère. Ces exemples ont toujours existé, mais ce sont justement des cas particuliers. La plupart des IVG ne rentrent dans aucune de ces catégories. Il faut les appeler par leur nom. Ce sont des avortements de confort.

En France, selon des statistiques officielles, l'avortement concerne environ 220'000 bébés à naître chaque année. Après une dizaine d'années de hausse entre 1995 et 2006, le chiffre est stable, mais il n'évoque pas grand-chose. Présentons ces données de façon plus parlante: en France 20% des bébés, un sur cinq, sont avortés chaque année. Une femme sur trois avorte au moins une fois dans sa vie. 9,5% des femmes ont recours deux fois à l'IVG et 4% trois fois ou plus au cours de leur vie. "Aucune femme ne recourt de gaité de cœur à l'avortement" affirmait Mme Veil. Qui peut encore croire à pareil mensonge? L'avortement n'est plus qu'un geste de pure commodité.

Tous les Français nés après 1975 sont les survivants d'un massacre qui a fauché 20% de leur classe d'âge. Pas la peine de chercher plus loin le déficit des naissances et le non-renouvellement des générations. L'Occident n'a pas perdu son âme avec les camps de concentration: les nazis ont été combattus et vaincus pour le mal qu'ils représentaient. L'Occident a perdu son âme avec l'avortement. La destruction légale de la vie à naître, acceptée et banalisée, brise un tabou aussi vieux que les racines grecques de notre civilisation. Le Serment d'Hippocrate a été réécrit pour le permettre. L'Interruption Volontaire de Grossesse, remboursée par la Sécurité Sociale, est acceptée et renforcée constamment alors qu'elle tue plus que n'importe quel fléau historique.

Il y a une ironie amère à ce qu'un tel génocide ait été mis en place par une survivante de la Shoah, dont tant de politiciens célèbrent aujourd'hui la mémoire.

Commentaires

"L'Occident a perdu son âme avec l'avortement. La destruction légale de la vie à naître, acceptée et banalisée, brise un tabou aussi vieux que les racines grecques de notre civilisation"
Je croyais qu'en France, on apprenait aux bacheliers la rhétorique et que cela faisait d'eux les meilleurs argumentateurs du monde...
Il manque l'autre partie du discours, l'anti-thèse. Comme le disait si justement Mme Veil, aucune femme n'avorte pour le plaisir. Personnellement, je préfère cette société-ci qui autorise l'avortement à celle que vous préconisez, c'est-à-dire celle de Daesh ou des wahhabites. Ou des fachos cathos, qui sont leurs frères en Occident...

Écrit par : Géo | 02 juillet 2017

@Géo: je ne m'inscris dans aucune des catégories dans lesquelles vous tentez de faire rentrer les adversaires de l'avortement, et heureusement.

La thèse pro-avortement est facile à entendre ; il suffit d'avoir une télévision ou une radio en état de marche et de l'allumer. L'avortement c'est magique, grâce à lui les femmes peuvent tuer quiconque vient à loger dans leur utérus (et l'Occident disparaît, cadeau bonus!) et Merci Simone.

Bien des femmes n'avortent pas pour le plaisir dites-vous... mais elles avortent par pure commodité, c'est absolument indiscutable. C'est "pratique" quand on a oublié la pilule et qu'on tombe enceinte, quand on a frayé sans préservatif, quand on pense à sa carrière d'abord, ou quand l'arrivée du bébé poserait problème par rapport au voyage planifié pour les prochaines vacances (anecdote hélas véridique). Et puis c'est légal et remboursé par la sécu alors pourquoi se priver? C'est un droit!

Je ne crois pas que les Irlandais ou les Polonais (ou d'innombrables pays plus loin que l'Europe) soient aux mains de Daesh ou de religieux intégristes, pas plus que les Français avant 1975, mais c'est vous qui voyez.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 juillet 2017

Pourquoi vouloir à ce point imposer une naissance à un individu non désiré?

Comment un amas de cellules pourrait concevoir l'avenir et souhaiter vivre?

Écrit par : simple-touriste | 02 juillet 2017

La plupart des gens l`ignorent mais l`avortement est source d`un trafic juteux, celui des cellules souches tirées des foetus avortés et revendues a prix d`or dans maintes cliniques privées spécialisée dans les cures de "rajeunissement" a l`usage des riches en argent mais pauvres en conscience morale. Cela dit, lorsque l`avortement légal n`est pas disponible, l`avortement n`en disparait pas pour autant, il en devient seulement illégal et donc sanitairement non controlé. Quand aux gosses non-désirés qui naissent quand-meme, ce n`est que dans les pays développés comme ceux d`Europe de l`Ouest qu`ils sont systématiquement confiés aux soins de l`État, ailleurs ils font le bonheur des trafiquants d`esclaves sexuels, d`enfants-soldats, d`enfants-mendiants ou d`enfants-criminels (par exemple dealers ou cambrioleurs), voire de trafiquants d`organes ou de chair a snuff movie.

Écrit par : jean jarogh | 02 juillet 2017

@Géo Je ne sais pas ce qui se passe en Irlande mais je connais un peu la situation en Pologne et je peux vous dire que les jeunes polonaises qui n`obtiennent pas le feu vert de la part de fonctionnaires bigots vont en grand nombre se faire avorter la ou c`est légal car sinon elles devraient le faire chez elles dans des officines illégales salement glauques. A propos, le gouvernement polonais a légiféré la semaine derniere sur la "pilule du lendemain" qui sera accessible uniquement sur prescription médicale... il faut savoir que la plupart des adolescentes polonaises n`iront probablement pas chercher une telle prescription car étant terrorisées par l`idée de la raclée qu`elles risquent de recevoir a la maison si le médecin fait du zele et avertit la famille. Comme quoi, la religion, parfois, ca rend carrément c...

Écrit par : jean jarogh | 02 juillet 2017

@simple-touriste: "Pourquoi vouloir à ce point imposer une naissance à un individu non désiré? Comment un amas de cellules pourrait concevoir l'avenir et souhaiter vivre?"

La volonté de vivre est inscrite dans le moindre être vivant, même un insecte. Jusqu'à ce que vous veniez avec un moyen de déchiffrer les intentions du fœtus et nous prouviez qu'il en est autrement, il n'y a pas de raison de présumer qu'il souhaite être avorté.

@jean jarogh: je ne crois pas que les victimes d'une mauvaise hygiène (mères ou enfants) ne puissent se comparer, même de loin, au massacre qui a lieu en toute légalité dans nos hôpitaux sous de parfaites conditions d'hygiène.

Ensuite, je doute que les agissements criminels que vous décrivez contre des enfants non désirés, et qui devraient être poursuivis avec la plus grande vigueur, se comparent aux centaines de milliers d'enfants annuellement victimes de l'avortement, si ce n'est pas davantage.

Mais, à la limite, pourquoi le seraient-ils? Quelle différence finalement entre le meurtre d'un nouveau-né et celui d'un fœtus quasiment à terme? Quelques semaines, autant dire rien. La désacralisation de la vie de l'enfant ne s'arrête pas à la naissance et se diffuse à tous les niveaux de la société - lorsqu'il s'agit de punir la pédophilie hors de la religion, l'infanticide et autres "dénis de grossesse".

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 juillet 2017

@Stéphane Montabert La différence entre un foetus et un enfant né est que la conscience d`un soi distinct de l`environnement (sentiment d`identité personnelle) ne commence a se développer qu`apres la naissance, en cela tous les psychologues sont d`accord. Vous avez des souvenirs personnels de votre état foetal, vous?

Écrit par : jean jarogh | 02 juillet 2017

Bon, vous ferez ce que vous voulez de ce commentaire mais si etes franc du collier vous le publierez. Bref, ce qui m`épate avec les discussions sur l`avortement, c`est que c`est quasi-toujours des hommes qui s`y opposent... Curieux, non? Les femmes anti-avortement sont bien plus rares et se trouvent souvent dans des pays ultra-catholiques ou s`opposer aux dogmes de l`Église équivaut dans la tete des fideles a la damnation éternelle.

Écrit par : jean jarogh | 02 juillet 2017

@jean jaorgh: "Vous avez des souvenirs personnels de votre état foetal, vous?"

Suivant votre raisonnement, aucun problème à tuer un nourrisson né depuis quelques mois alors? Puisque personne n'a de souvenirs de cette période de son existence. Et puis l'enfant n'a pas encore développé de "conscience personnelle" donc c'est du tout bon.

On peut aussi exterminer pas mal de handicapés mentaux avec votre approche de l'humanisme.

"Bref, ce qui m`épate avec les discussions sur l`avortement, c`est que c`est quasi-toujours des hommes qui s`y opposent..."

Je ne crois pas, non. Avez-vous des statistiques à fournir à ce sujet? Pour ma part, je pourrais autant vous citer des hommes qui se fichent royalement de l'avortement, ou le conseillent carrément à leur entourage féminin à la moindre gêne.

Quant à généraliser comme vous le faites sur les motivations des uns et des autres, cela n'engage que vous. Les miennes étant d'ordre purement éthique, vos saillies anti-religieuses ne me font ni chaud ni froid.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 juillet 2017

"La volonté de vivre est inscrite dans le moindre être vivant, même un insecte"

Voilà, sa vie a la même valeur qu'un insecte, au moins jusqu'à ce qu'il puisse concevoir l'avenir.

Écrit par : simple-touriste | 02 juillet 2017

S.Montabert@ J'espère que vous aurez suivi le débat de C politique avec les déclarations de Jean-Pierre le Goff et Emmanuelle Ménard sur ce sujet. Les deux soulignent que Mme Veil avait une position extrêmement prudente sur l'IVG.

Écrit par : Géo | 02 juillet 2017

Si quelqu'un est à blâmer (ou féliciter, comme il plaira à chacun) pour la dépénalisation de l'IVG, c'est plutôt VGE et Chirac. Simone Veil n'a rien fait en la matière avant d'être ministre de la santé et que les deux susnommés ne mettent sur son dos la charge de soutenir le projet de loi. Imaginez que leur propre majorité l'ait repoussé. Qui sait si son adoption n'a pas eu quelque effet dans la défaite de VGE en 1981 ?

Écrit par : xc | 03 juillet 2017

Monsieur Montaubert : aucune femme ne prend la décision d'avorter par confort !

Pour justifier vos propos, demandez des témoignages à des femmes qui ont demandé de le faire.

Écrit par : Marie | 03 juillet 2017

"Pas la peine de chercher plus loin le déficit des naissances et le non-renouvellement des générations"

L'argument que l'avortement est responsable du déficit, est totalement absurde.
Le contrôle des naissance est venu avec la contraception.

J'en déduis donc que vous êtes contre la contraception, et vous souhaitez une Suisse à 20 millions d'habitants voir plus.

Écrit par : motus | 03 juillet 2017

Il est intéressant cet article. Il vous servira certainement lors de vos prochaines campagnes politiques.

Dites, vous fréquentez l'officine Pie le Xème du coin aussi?

Écrit par : lefredo | 03 juillet 2017

Permettez dans ce dialogue d'hommes, d'y glisser une voix de femme, bien plus concernée par le sujet que vous tous.
Je l'ai déjà dit à Géo sur la TDG-Egly, il bien trop facile aujourd'hui d'en faire des discours et des parallèles (avec Daesh). Il faut remettre tout cela dans le contexte de l'époque. La toute nouvelle liberté sexuelle était à l'avantage des hommes et un nouveau péril pour les femmes.

Notre éducation en la matière était très limitée, et nos mamans ne parlaient pas de sexualité, c'était tabou!

Bien évident qu'aucune femme ne subissait un avortement avec plaisir et c'est vrai que cela a fait sauter une barrière morale. Et aussi un magnifique levier pour les hommes de se déresponsabiliser. Leur père politiques ayant là un bon argument pour faire échapper leur rejeton à leur responsabilité.
La femme était seule face à sa situation, et n'oubliez pas qu'à l'époque nous avions des emplois subalternes et qu'il était très mal vu d'être fille-mère. Quand en plus vos parents vous avaient mis à la porte....pas mal, hein comme fardeau!
C'est donc un phénomène volontaire de société et pour ma part, je pense que Simone Veil a été un instrument pour faire passer cette soi-disant avancée sociétale alors que tout cela devait s'inscrire dans un processus, dont on voit aujourd'hui les effets les plus pervers.

Notre société occidentale ne s'est pas renouvelée normalement, tous ces enfants "manquants" sont aujourd'hui à remplacer par les nouveaux immigrants pour assurer notre survie, alors qu'au final ils seront nos bourreaux.

Écrit par : Corélande | 03 juillet 2017

@Marie: vous pouvez jouer sur les mots autant que vous voulez, vous ne parviendrez jamais à faire croire que les femmes qui avortent souffrent plus que leur fœtus.

@motus: bizarrement, la légalisation de l'avortement est arrivée bien après les progrès de la contraception.

@Corélande: merci pour votre commentaire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 juillet 2017

@ St. Montabert : je ne joue pas sur les mots.

En revanche, vous avez peine à justifier "l'avortement de confort" !

Que savez-vous de la souffrance fœtale ?

D'autre part, je n'ai pas écrit que les femmes qui avortent ne souffrent pas !

Vous aussi jouez sur les mots pour décrire des maux !

Écrit par : Marie | 03 juillet 2017

Stéphane Montabert, un embryon de moins de 4 mois (l`avortement légal n`est pas pratiqué apres cela) n`est pas un nourrisson. Il a encore un systeme nerveux relativement indifférencié tout occupé a se former et incapable encore de fonctionner en tant que tel (relayé encore par le systeme nerveux de la mere), notamment a enregistrer des souvenirs et interagir avec l`environnement. A ce compte-la, si vous assimilez l`avortement d`un embryon de moins de 12 semaines a un meurtre, soyez logique avec vous-meme et dites aussi que l`utilisation de la "pilule du lendemain" est aussi un meurtre comme le prétend le gouvernement ultra-conservateur de la Pologne. Par ailleurs, il n`y a guere besoin de statistiques pour voir que les partisans de l`anti-avortement se recrutent surtout chez les hommes, il suffit de faire un tour sur l`internet, vous trouverez tres peu de femmes dans le camp des intégristes.

Écrit par : jean jarogh | 03 juillet 2017

"@motus: bizarrement, la légalisation de l'avortement est arrivée bien après les progrès de la contraception."

Et cela a causé un déficit d'enfants non désirés qui met en danger la civilisation?

C'était mieux avant?

Écrit par : simple-touriste | 03 juillet 2017

Je n'ai pas (encore) lu l'article de S. Montabert ni les commentaires en-dessous (il est tard!).
À ce stade, je voudrais tout de même faire une proposition/suggestion.
Celle-ci part du constat que les maternités sont remplies de mères issues de la diversité, alors que les services et cliniques à IVG sont presque exclusivement fréquentés par des Françaises de souche.
Vu le différentiel démographique déjà catastrophique observé, voici ma proposition au législateur:
1) Cesser de rembourser l'IVG aux Françaises de souche, ou mieux: l'interdire.
2) Encourager, ou mieux: contraindre les femmes de la diversité à pratiquer l'IVG au-delà du 3ème enfant. Ceci, non seulement en la remboursant, mais en lui adjoignant une prime substantielle au montant à fixer par un vote au parlement (plutôt que par ordonnance).

Écrit par : AP34 | 04 juillet 2017

Dépénaliser l'avortement ne conduit pas inévitablement à la généralisation d'une pratique qui, sur le plan éthique, tient du même principe que le recours à la peine de mort, à l'eugénisme et à la solution finale (pour se débarrasser des gêneurs en devenir...).

Écrit par : rabbit | 04 juillet 2017

La suite de mon post précédent:
Ma lecture de l'article de notre hôte et des commentaires dès ce matin me confirme, si besoin était, que le sujet de l'IVG est extrêmement clivant.
Au point qu'il peut conduire aux meurtres et aux assassinats par les pro-vie aux US.
Je n'ai pas connaissance de tels faits en Europe.
Et je ne pense pas non plus que l'on en arrivera là sur ce blog.
Si on se place non plus au niveau de l’individu, mais des population et de la démographie, on constate que les pays qui pratiquent l'IVG sont en sous-population, alors que les pays en surpopulation ne la pratiquent pas.
On pourrait en conclure hâtivement que la sous-population est une conséquence de l'IVG.
L’IVG comme cause, c’est probablement vrai en partie.
Mais l’IVG et la sous-population peuvent aussi être vues comme étant indissolublement liées, comme marchant de pair.
En effet, qui dit : sous-population dit : pays développés. Et qui dit : pays développés dit IVG.
Pendant des décades, en effet, le niveau de vie a augmenté dans nos pays, et il continue d’augmenter en moyenne, même s’il stagne durant certaines périodes. Les femmes travaillent toujours plus nombreuses à des jobs de plus en plus qualifiés et rémunérés.
Celles-ci ont souvent, aujourd'hui, des impératifs de carrière, comme les hommes. Dans notre société de consommation, de vacances, de voyages, de liberté sexuelle, l'enfant représente un frein, un handicap.
Résultat, les femmes ont de moins en moins d'enfants, et même plus suffisamment pour assurer le renouvellement des populations. Et quand la situation leur échappe – on ne veut plus se gêner avec des moyens contraceptifs chimiques ou mécaniques, en particulier l'homme –, eh bien, on a l’IVG pour résoudre le problème.
L'IVG peut alors être vue comme un bien de consommation annexe, un bien de confort, comme la qualifie notre hôte.
Il est à noter que l’IVG va dans le même sens que la glorification de l’homosexualité à travers les mouvements LGBTIQ (ne pas les oublier, ceux-là : I pour Intersexe, et Q, rien de porno là-dedans, pour Queer ou Questionnement).
Les deux ont en effet les mêmes objectifs : toujours plus de confort et de liberté sexuelle, et le même résultat : moins d’enfants.
Ces questions ne se posent évidemment pas – elles seraient même ridicules ! – dans les pays sous-développés en surpopulation.
Ni, d’ailleurs, dans les pays musulmans, développés ou pas, où l’avortement est considéré comme un crime.
Ainsi, et paradoxalement, le fœtus a plus de valeur dans les pays musulmans que dans les nôtres. J’en veux pour preuve qu’une femme musulmane qui craint pour la santé de son futur bébé peut se dispenser de faire le ramadan, alors que, comme chacun sait, celui-ci est chez eux (et même chez nous !) d’une importance capitale (c’est un des cinq piliers de l’islam).
C’est une des raisons parmi d’autres qui fait de l’islam religieux et politique un système conquérant qui, à terme, ne manquera pas de nous conquérir.
Bonjour les futurs dhimmis !

Écrit par : AP34 | 04 juillet 2017

@jean jarogh: "un embryon de moins de 4 mois (l`avortement légal n`est pas pratiqué apres cela) n`est pas un nourrisson."

Outre que je n'ai jamais qualifié un fœtus de 4 mois (à 4 mois ce n'est plus un embryon) de nourrisson, en Suisse au moins on peut avorter jusqu'au neuvième mois, il suffit d'invoquer une "grande détresse" auprès d'un médecin complaisant. Voir ici:

http://lesobservateurs.ch/2013/12/30/avortement-negation-de-la-dignite-humaine-des-embryons-humains/

@motus: c'est un peu compliqué de vous suivre. Disons que la généralisation de l'avortement est arrivée APRÈS la généralisation des moyens de contraception, ce qui le rend ENCORE MOINS justifiable. À la limite l'avortement aurait été plus compréhensible en cas d'absence de contraception, mais là on n'est clairement pas dans ce cas. Quant au déficit d'enfant, le nombre d'avortements prouve qu'il n'y aurait nul besoin d'immigration de masse (au prétexte du manque de naissance) si celui-ci se limitait aux cas limites pré-cités (viol, grossesse mettant la mère en danger, etc.)

"c'était mieux avant ?" - il ne me semble pas que les Français pré-1975 étaient particulièrement des sauvages, mais c'est vous qui voyez. J'aurais aussi bien aimé que la Loi Veil soit soumise au référendum, juste pour voir.

@AP34: vous avez raison, la question de l'avortement est très clivante. Et il est tout à fait notable, de mon expérience au moins, que les gens qui sont pour l'avortement (donc pour la mort d'humains en devenir parfaitement innocents) sont souvent aussi contre la peine de mort (y compris pour les pires crapules qui soient). Vous avez dit "inversion des valeurs" ?

Mais vos propositions n'auraient aucune chance de se concrétiser, la différenciation des mères selon leur origine serait un carton rouge immédiat de la part du Parlement et de tout ce que le pays compte de juges.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 juillet 2017

Pour alléger le propos, encore que! J'ai pu constater autour de moi, de mes connaissances ou autres relations professionnelles, que les personnes qui défendent haut et fort les animaux; leurs santé, les modes d'abattage, etc sont quasi toutes pour le droit à l'avortement.
Allez comprendre ?!?

Pour moi tout cela n'est que manipulation des peuples et sociétés occidentaux, et nous nous sommes tous fait avoir depuis des décennies.

Écrit par : Corélande | 04 juillet 2017

à S. Montabert :
« que les gens qui sont pour l'avortement (donc pour la mort d'humains en devenir parfaitement innocents) sont souvent aussi contre la peine de mort (y compris pour les pires crapules qui soient). »
Ma réponse: bien sûr, les deux font partie du vade-mecum des Valeurs de gauche, et sont indissociables.
« Mais vos propositions n'auraient aucune chance de se concrétiser »
Bien sûr, encore.
C'était de l'humour au troisième degré.
N'empêche que ce ne serait peut-être pas une idée aussi délirante qu'elle y parait.
Mais bcp plus simple, économiquement rentable et tout aussi efficace serait de supprimer les allocs familiales au-delà du 3ème enfant. Et ceci, pour tous et toutes, une mesure, donc, démocratiquement impeccable.
Et pourtant, sans en avoir l'air, une mesure qui toucherait essentiellement les mères issues de la diversité.
En somme, de la discrimination démocratique ! Qui dit mieux ?

Écrit par : AP34 | 04 juillet 2017

"que les gens qui sont pour l'avortement (donc pour la mort d'humains en devenir parfaitement innocents)"

Qu'est-ce qu'un humain en devenir? Est-ce qu'une cellule peut être un humain en devenir?

Écrit par : simple-touriste | 04 juillet 2017

Bonjour,

Je ne cherche à convaincre personne, n'étant moi-même convaincue de rien.

Contrairement à vous, je ne pense pas que la légalisation de l'avortement ait brisé un tabou.
Depuis la nuit des temps, la maternité et l'enfantement sont affaire de femmes.
Depuis la nuit des temps, celles-ci ont cherché à maîtriser leur fertilité avec plus ou moins de succès car les humaines ne sont pas des mammifères comme les autres chargées simplement de reproduire l'espèce.

Les femmes étaient responsables de tout, de leur infertilité comme du sexe des enfants.
Mariées, elles devaient enfanter tout au long de leur vie souvent au péril de leur vie.
Non mariées, elles devaient s'abstenir sexuellement ou prendre le risque d'une grossesse.

Elles avaient alors le choix entre la faiseuse d'anges, l'abandon à la naissance ou une vie de fille-mère au ban de la bonne société qui ne leur reconnaissait ni droits ni aide à elle comme à l'enfant bâtard.
La fille de ferme n'avait pas les avantages de la maîtresse royale.

Quand une contraception médicale fiable leur a donné le pouvoir de concevoir ou non, ce fût une révolution sociale et sexuelle.

La raison aurait voulu que les avortements diminuent et disparaissent grâce à la contraception.
Ce ne fût pas le cas.

La raison n'a rien à voir avec la maternité qui relève de nos plus archaïques instincts.

La maternité physique, psychologique, hormonale, les fausses grossesses, les dénis de grossesse, les désirs contradictoires qui amènent une femme à avorter mais à désirer un enfant plus tard, tout cela échappe organiquement et définitivement aux hommes aussi maternants soient-ils.

Ce n'est pas une exclusion délibérée des hommes, c'est un constat de fait.

La loi Veil a permis aux femmes, riches ou non, éduquées ou non, de ne pas risquer leur vie et leur santé en avortant.
Car légal ou non, gratuit ou non, douloureux ou non, elles y auront recours malgré la contraception.
C'est ainsi.

Je comprends votre incompréhension et votre souci de ces vies interrompues.
Vraiment.

Mais le temps des femmes qui mourraient à leur 13e grossesse non désirée est révolu.
La population humaine explose.

Certes, ailleurs, les femmes enfantent beaucoup, beaucoup plus que chez nous et grâce aux progrès de la médecine des pays riches, leurs enfants ne meurent plus en bas âge.
C'est un paradoxe de voir l'Occident participer à son propre déclin, les femmes n'en portent pas l'entière responsabilité.

Simone Veil disait que l'IVG était toujours un drame, elle était dans le vrai.
Ne laissez pas les idéologues monopoliser la parole sur le sujet, écoutez les femmes en parler.

Toute loi autorisant l'IVG est contestable car l'IVG est contestable.
Demain, d'autres solutions seront peut-être possibles, aujourd'hui, cette loi est nécessaire.

Écrit par : libresechanges | 04 juillet 2017

@libresechanges: Je pense que la légalisation de l'avortement a moins brisé le tabou de la mise à mort du fœtus que de celui de l'opprobre sociale qui l'accompagnait. La Loi Veil a permis aux avorteuses d'être dans la légalité, et même "fières de l'être." C'est cela qui a banalisé l'acte et l'a rendu plus fréquent qui quiconque l'aurait imaginé en 1975.

De plus, comme décrit plus haut, votre prose ne tient absolument pas compte des droits de l'enfant à naître - une personnalité juridique difficile à définir mais certainement pas nulle.

Peut-être que l'avortement refluera et disparaîtra en même temps que cette partie de l'Occident qui en est si fière. Nous prenons d'ailleurs ce chemin. Mais plus à l'est en Europe et en Russie, d'autres peuples essayent de concilier exigences de femmes, droits de l'enfant à naître et démographie autochtone. S'ils y parviennent ils montreront qu'un compromis entre liberté sexuelle, contraception et droit à la vie est possible.

J'observe froidement que le droit à l'avortement est le droit au suicide d'un peuple et que celui-ci est en train de se produire sous nos yeux. Les beuglements des féministes disparaîtront en même temps que diverses postures intellectuelles qui sont autant d'impasses. Piètre consolation.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 juillet 2017

Très franchement, S.Montabert, on sent que vous n'avez pas trop envie d'être élu sur ces terres. Il y a certes une majorité catholique dans ce canton, mais elle est constituée d'étrangers naturalisés. Le fonds culturel et politique de ce canton reste protestant, et donc moins enclin à élire un esprit aussi clivant que le vôtre.
L'avortement est une question que l'on ne peut résoudre moralement, et la plupart des gens l'ont compris. cf le commentaire de libresechanges...

Écrit par : Géo | 05 juillet 2017

Géo dit vrai: la recherche du consensus se traduit dans le canton de Vaud par le fait que le dernier à parler à toujours raison.

Écrit par : rabbit | 05 juillet 2017

C'est pourtant vous, rabbit, qui avez ramené dans ces blogs la notion d'aporie...

Écrit par : Géo | 05 juillet 2017

Bonjour,

Un article lucide et respectueux écrit par un catholique sur Simone Veil et les diverses récupérations faites autour de sa personne comme de sa loi.

http://www.renepoujol.fr/simone-veil-un-peu-de-respect-svp/

Écrit par : libresechanges | 05 juillet 2017

Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

Le débat sur la conscience des embryons et foetus est risible.

L'argutie des filles violées et autres grotesqueries me parait tout aussi vain.

Il est tout de même incroyable que certains continuent à débattre de l'hunanité d'un petit être qui grandit au sein du ventre de sa mère.
Incroyable mais pas surprenant, legitimation de l'euthanasie et de l'eugénisme sont très tendance de nos jours.

C'est drôle comme l'histoire se répète. On se croirait presque au début du XXeme.

M'enfin, c'est comme ça. Tout débat semble vain tant nos conceptions sont à l'opposé.

Alexei

Écrit par : Alexei | 05 juillet 2017

Une froide observation sur le droit actuel à l'IVG amène les femmes à ce triste constat: pourvu que ce droit dure, tant que les hommes resteront démis de toute obligation contraceptive à vie h24, incapables de maîtriser leurs actes procréatifs et excusés de leurs irresponsabilités paternelles.

Piètre consolation, dans un monde surpeuplé en migration par manque d'emploi, vers un monde surpeuplé en manque de ressources, qui les prend de chez l'autre.

Écrit par : divergente | 05 juillet 2017

En Suisse, l'avortement a continuellement baissé entre 1970 et 2000 et est stable à partir des années 2000.

Cela coincide d'ailleurs, en suisse romande, avec l'introduction de l'éducation sexuelle à l'école, bien plus qu'avec les lois sur l'avortement.

Pour votre information, vu que vous semblez parler de choses sans avoir pris le temps de vous renseigner vraiment (cela ne m'étonne pas), les avortements étaient le moyen de controle des naissances le plus utilisés avant l'apparition de la contraception. Il y avait plus d'avortement jusqu'à l'apparition de la contraception chimique et du préservatif.
De plus, vu la société patriarcal de l'époque qui mettait au ban les femmes ayant des enfants sans être mariées, sans inquiéter les géniteurs, évidemment responsables de rien, une très grande partie de ces avortements étaient pratiqués clandestinement par des faiseuses d'anges, dont les talents et l'hygiène provoquaient des dégâts et des morts parmi les femmes avortées non négligeable.
Alors on peut penser que les 10'000 avortements annuels sont un frein au développement de la population suisse, mais les faits et les études montrent que si l'on aidait un peu plus les couples souhaitant enfantés, le nombre de naissance augmenterait.
Actuellement, avoir des enfants et fiscalement et économiquement tellement pénalisant, que beaucoup de gens ne peuvent se permettre d'en avoir sans se mettre dans la précarité, ce qui péjore évidemment la vie des enfants également.

http://www.svss-uspda.ch/fr/suisse/statistiques.htm

Voilà le lien sur les statistiques de avortements, pour le cas ou vous auriez envie de vous informer un brin plutôt que de juste vous contenter de balancer vos certitudes de mâle religieux.

Écrit par : lefredo | 06 juillet 2017

Excellent article, très bien documenté, développé dans plusieurs dimensions qui suscitent des commentaires variés. Bravo pour votre engagement qui vous a bien inspiré!

Voici quelques réflexions qui me viennent sur le sujet.
- Dans un monde où l'on cherche l'égalité entre les sexes, où les valeurs féminines sont souvent camouflées dessous des valeurs masculines, le sujet de la maternité montre bien la distinction entre femme et homme jusqu'au tréfonds de leurs organismes.
- Si la femme veut disposer de son corps, en être la souveraine, alors il n'y a pas de quoi exiger que les hommes aient des obligations contraceptives.
- Si la femme veut choisir ou non de mener à terme une grossesse, il y a une bascule quand elle exige que quelqu'un effectue l'acte éliminatoire, ce qui revient à un système de dépendance. De plus, de la société puisque les IVG sont remboursés par les caisses.
J'ai connu des femmes qui restaient maîtresses d'elles-mêmes et savaient très bien que faire pour évacuer l'embryon d'une façon naturelle, sans susciter la responsabilité d'autrui.
- La meilleure des contraceptions est de savoir ce que l'on veut vraiment. J'ai entendu bien des fois des femmes dire : "je veux un enfant mais pas maintenant". Une telle affirmation démontre bien la division intime d'une telle femme, division qui peut conduire à une grossesse "involontaire".
A l'inverse, si une femme ne veut vraiment pas d'enfant, soit elle modifie inconsciemment le moment de son ovulation soit elle fait un avortement spontané.
Je me souviens d'une femme qui avait déjà 3 enfants et qui refusait avec "férocité" le quatrième qui se pointait. En discutant avec elle, cela lui a permis de préciser consciemment sa position. Une semaine après, elle avortait spontanément.
L'avortement spontané peut se produire aussi quand une femme est désespérée de voir que le père de l'enfant est destructeur (par exemple, alcoolique ou violent).
Je me souviens aussi d'une femme profondément attristée car elle ne pouvait pas se réjouir de sa nouvelle grossesse face à son entourage, vu qu'elle avait atteint le nombre d'enfants "normal " dans notre société. Après discussion , elle sut à nouveau se réjouir et sa joie contamina son entourage!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07 juillet 2017

Tout à fait d'accord avec votre article, sauf sur le point du nombre des "avortements de confort". Il me semble que celui des avortements sous contrainte sociale doit être bien plus élevé : pas de mec, pas de boulot, étudiante, comment assumer un enfant ? La pression sociale s'est inversée et conduit à une limitation drastique de la liberté individuelle. La femme est libre, mais n'a la possibilité d'avoir des enfants que si elle est indépendante financièrement.
Simone Veil est sans doute une menteuse, mais le fait que l'avortement ait des conséquences psychologique ravageuses est le second grand argument contre celui ci, après celui de l'équilibre démographique que vous défendez.

Écrit par : Philippe Edmond | 08 juillet 2017

@Philippe Edmond: les conséquences psychologiques ravageuses de l'avortement, ne sont qu'une piètre contrepartie de ce que subit l'enfant à naître.

Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le reste de vos propos: le terme d'avortement de confort n'est pas de moi devrait être substitué par l'avortement "de commodité" ou de "facilité".

La plupart des justifications de l'avortement de l'époque Veil - liées notamment à la mauvaise réputation des filles-mères ou à la difficulté d'assumer - sont tombées en désuétude depuis longtemps, avec l'éclatement du modèle de famille traditionnelle et l'émancipation professionnelle féminine.

A ces contraintes sociales s'en sont substituées d'autres, liées aux incertitudes socio-économiques et éventuellement au carriérisme. Aujourd'hui les femmes sont quasiment encouragées à avorter par leur entourage.

Écrit par : Stéphane Montabert | 09 juillet 2017

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