23 août 2017

La fin de la Présidence Trump ?

Les prétendus liens avec la Russie, les accusations d'interférence avec la justice ou les glapissements hystériques en faveur d'un impeachment n'auront finalement servi à rien: la présidence Trump vient peut-être être de se terminer de façon tout à fait fortuite un beau jour du mois d'août, avec la démission de Steve Bannon. Mais comme il s'agit de Trump, le point d'interrogation reste de rigueur!

Steve Bannon

usa,breitbart,steve bannon,donad trump,manoeuvres politiquesSteve Bannon apparut sur les écrans radars des médias du Vieux Continent à la fin de l'été 2016, lorsqu'il fut promu stratège de la dernière ligne droite de la campagne du candidat Trump. Parfait inconnu en Europe, il jouissait d'une certaine notoriété aux États-Unis en étant aux commandes du site Breitbart News, co-fondé par Andrews Breitbart  et lui-même en 2007 et dont il reprit la conduite deux ans après la mort de son associé.

Le public américain ayant terminé sa migration médiatique vers les sites d'information en ligne, l'alignement visible du site Breitbart en faveur de la campagne de Trump eut une influence réelle sur l'opinion. Steve Bannon gagna ses galons auprès de Donald Trump - et devint après la victoire un proche conseiller politique du Président. Pro-Israélien convaincu, contempteur virulent des élites de Washington et de la globalisation, on raconte qu'il serait l'auteur de larges portions du discours d'investiture de Donald Trump, dont le ton trancha de façon singulière avec ceux délivrés par les présidents précédents.

Pourtant, les tensions entre les deux hommes ne mirent guère de temps à apparaître. Dès les premiers jours de la Présidence, Bannon déclara qu'il avait eu un rôle absolument essentiel dans la victoire de Trump ; celui-ci "recadra" son conseiller dans un tweet en affirmant qu'il ne devait sa victoire qu'à lui-même, ayant eu l'habileté de faire campagne dans les bons états comme ceux de la Rust Belt. Ces terres traditionnellement dévolues aux Démocrates furent délaissées par Hillary Clinton au cours de sa campagne, car considérées comme acquises.

Dans cette brève querelle d'ego, chacun avait partiellement raison: Donald Trump eut l'intelligence stratégique d'employer son temps de façon à remporter des états inattendus, mais les diatribes anti-establishment et contre la mondialisation économique concoctées par Bannon firent mouche auprès des électeurs.

Le Figaro revint sur certaines divergences plus récentes:

Les attaques ad hominem contre Mc Master [conseiller à la sécurité nationale], orchestrées par Bannon via le puissant site web anti-élites Breitbart, avaient irrité le président. L'interview accordée par Bannon au journal American Prospect - dans laquelle il tourne en dérision la politique présidentielle vis-à-vis de la Corée du Nord, jugeant qu'envisager une option militaire est totalement irréaliste vu le risque de millions de morts côté sud-coréen - est apparue comme une claque au président lui-même. Ce dernier coup d'éclat semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase présidentiel.


C'est pour cela que selon des sources à la Maison Blanche la démission de Bannon aurait été entérinée depuis début août, bien avant son annonce officielle. La récente polémique sur les événements de Charlottesville, où Bannon renvoya dos à dos les suprémacistes blancs et les extrémistes de gauche, n'aurait eu aucune incidence.

Divorce idéologique et combat en coulisses

En annonçant son départ Bannon annonça dans une interview à Bloomberg News qu'il ne renoncerait pas à ses combats: "Je quitte la Maison-Blanche et je pars au combat pour Trump et contre ses opposants - au Capitole, dans les médias et dans le monde des affaires." Cette déclaration fut suivie d'une interview auprès de Weekly Standards où le ton changea rapidement: "La présidence Trump pour laquelle nous nous sommes battus est terminée. Nous avons toujours un énorme mouvement et nous ferons quelque chose de cette présidence Trump. Mais ce sera autre chose."

Ces citations doivent se comprendre vis-à-vis de la campagne électorale de 2016 où le candidat Trump fit de nombreuses promesses de campagne qui tardent à se concrétiser, et ne le seront probablement pas.

Lorsque Trump battit campagne dans un marathon incroyable à travers des dizaines d'États, le public chantait "Build the wall" "Lock her up" ou "Drain the Swamp" - "Construisez le Mur", "Enfermez-la" et "Drainez le marais", trois références essentielles de la vague populaire qui porta Trump au pouvoir. Le Mur faisait évidemment référence à la frontière américano-mexicaine ; l'enfermement, à toutes les affaires de corruption dans lesquelles trempe Hillary Clinton (et de nombreux responsables démocrates) mais dont l'influence dans l'administration les préserve aujourd'hui encore de toute enquête sérieuse ; et le "Marais", à Washington et ses élites coupées du peuple et vivant grassement de l'argent public.

Trump est un ovni politique dont le mérite est d'avoir redonné espoir à des millions d'Américains décidés à bousculer l'échiquier, mais rien n'indiquerait avec certitude qu'il le ferait. Aujourd'hui l'espoir est contrarié.

En réalité, comme d'autres membres de l'administration avant lui, Bannon est victime d'une guerre silencieuse au sein de l'Administration Trump. Cette guerre compte d'innombrables partisans: l'opposition de gauche, les médias, les bureaucrates mais aussi les Républicains historiques qui n'ont jamais digéré l'élection du tribun blond choisi contre l'avis des pontes du parti. L'opposition à Trump dépasse de loin celle que rencontrerait un Président républicain classique à sa place. Sur certains sujets controversés comme le Réchauffement climatique d'origine humaine, les partisans d'une ligne conformiste sont dans sa propre famille, comme sa fille Ivanka et son gendre Jared Kuchner (d'ailleurs proche des Démocrates). Difficile pour quelqu'un, même Président, même Donald Trump, de désavouer sa propre famille.

À défaut de réussir à chasser Trump du pouvoir à grand coup de "complot russe" tiré par les cheveux, l'alternative est de vider la révolution Trump de toute substance. Le départ de Steve Bannon de la Maison Blanche est une étape importante pour y parvenir.

Depuis le départ du journaliste la crinière poivre et sel et au teint rouge, Trump n'hésite pas à couvrir son ex-conseiller d'éloges, expliquant par exemple dans un Tweet que "Steve Bannon sera une nouvelle voix solide et intelligente à Breitbart News... peut-être mieux que jamais auparavant." Steve Bannon se voit aussi à nouveau entièrement libre de ses paroles... Et de ses critiques.

La situation est donc délicate ; pour Trump, le chemin de moindre résistance passe évidemment par une "normalisation" de sa présidence, c'est-à-dire abandonner ou diluer la plupart de ses réformes pour le plus grand bonheur des élites installées. Cela rendra peut-être les trois ans qui viennent plus confortables, mais à peine: l'hostilité généralisée contre Trump ne diminuera évidemment pas d'un pouce, quelles que soient ses concessions ; et si même un site comme Breitbart se retourne contre lui, ses chances de réélections sont quasiment réduites à zéro. L'autre chemin est celui du combat contre les élites de Washington et le fameux complexe militaro-industriel, mais le départ de Bannon et les récentes déclarations belliqueuses du Président ne vont clairement pas dans cette direction.

Le départ de Steve Bannon est-elle une manœuvre destinée à induire ses ennemis en erreur, ou la marque d'une réelle inflexion de stratégie? Il faudra suivre ces prochaines semaines d'éventuels changements de trajectoire de la Maison Blanche sur de nombreux dossiers comme la Corée du Nord, l'Iran ou la Chine ; ou sur le plan intérieur, la réforme de l'Obamacare, la construction du Mur ou l'éventuel réveil de la justice américaine sur les innombrables affaires pesant sur le camp démocrate, pour tirer une conclusion.

Mais comme le dit un commentateur républicain: "L'élection de Donald Trump a atteint deux objectifs principaux, empêcher une présidence Clinton et nommer un juge conservateur à la Cour Suprême. Tout ce qu'il fait de plus pendant ces quatre ans, c'est juste du bonus." On peut donc dire que le mandat de Trump a déjà porté quelques fruits. Bien sûr, beaucoup d'Américains espéraient et espèrent encore davantage.

Commentaires

Peut-on dire qu'Ivanka et Jared sont désormais les seuls pilotes attitrés d'Air America ? La petite famille au complet se rendra en Chine en septembre, pour préparer la venue du patriarche en novembre (la fête nationale et les événements associés ont lieu pendant le mois d'octobre).

Écrit par : rabbit | 23 août 2017

à S. Montabert :
"Le départ de Steve Bannon est-elle une manœuvre destinée à induire ses ennemis en erreur" ?
Probablement pas, mais ce qui est à peu près sûr, c’est que ce départ est une décision commune des deux hommes.
Car Bannon sera bcp plus utile à Trump à l'extérieur qu'à l'intérieur. Et ceci d'autant plus qu'il a repris les rênes de Breitbart news.
Pour ma part, je ne crois absolument pas à un changement de stratégie de Trump.
Être attaqué de toutes parts et systématiquement pour le moindre mot ou le moindre geste, quels qu'ils fussent, ne peut que stimuler la pugnacité d'un homme tel que Trump.
D'ailleurs il commence à contre-attaquer : premier meeting hier à Phoenix, où il retrouve sa base.
Les médias français aussi bien qu’américains – on commence à avoir l’habitude de cette belle unanimité ! – critiquent, pour changer, cette initiative, disant que ce n'est pas le président qui tient meeting mais le candidat de 2020.
Ces médias oublient seulement que Trump ne tiendrait pas un tel meeting partisan si eux-mêmes ne passaient pas leur temps à l’attaquer tous azimuts comme ils le font.
Avant-dernier avatar : Charlottesville. À tout propos, les médias tiennent à faire rentrer de force Trump dans leur moule : en l’occurrence, il lui fallait condamner l'extrême droite, et se montrer indulgent avec l'extrême gauche, dont la violence n'a pourtant rien à envier à celle du camp adverse, bien au contraire. Forcément, la violence d’extrême gauche ne peut qu'être mue par des sentiments nobles et généreux : antiracisme, humanisme, tolérance, altruisme etc.
Durant ses huit ans de règne, c'est sûr, Obama a fait du bon travail : les gauchistes ont crû et multiplié et rempli la terre, comme préconisé dans la Genèse. Ils sont maintenant bien implantés partout aux US (le “deep state”), les extirper sera difficile voire impossible.
Avant les années Obama, on avait coutume de voir les démocrates américains comme plus à droite que notre droite en France, RPR est UDF.
Ç'a bien changé. Leur gauche et extrême gauche sont maintenant aussi virulentes et destructrices que les nôtres. Compréhensible pour nous vu notre passé révolutionnaire (la dernière en 1968), encore bien présent dans les esprits. Mais eux ?
Leur guerre civile (1861-1865) visait surtout à empêcher le Sud de faire sécession, plus qu’à libérer les esclaves noirs.
C'est le même réflexe des deux côtés de l'Atlantique : pour augmenter leur potentiel destructif de la société, la gauche et l'extrême gauche s'appuient sur les musulmans/islamistes non intégrables. Elles en veulent donc toujours plus, d’où leur immigrationnisme forcené.
À cet égard, les “liberals” américains ont encore du travail sur la planche pour nous rattraper, vu le différentiel des populations musulmanes dans nos deux pays, 10 % chez nous (en France) contre 1 % aux US.

Écrit par : AP34 | 23 août 2017

Merci Monsieur Montabert pour cet excellent exposé dans une rédaction toujours aussi dynamique et esthétique.

En plus du plaisir de le lire, il m'apporte une idée plus claire dans laquelle on croit cerner les enjeux dans l'évolution organique de la présidence Trump prise dans son ensemble.

C'est une vision qui incite à redoubler l'observation. Comme vous dites, ces prochains mois s'annoncent passionnants.

Merci encore.

Écrit par : Beatrix | 23 août 2017

Je ne vais commenter pour le moment que cette phrase :

"Ces terres traditionnellement dévolues aux Démocrates furent délaissées par Hillary Clinton au cours de sa campagne, car considérées comme acquises."

Surtout parce que ce parti n'a plus RIEN à leur dire. On ne fait pas rêver des employés du secteur manufacturier avec de l'énergie chère, alors que ces gens ne sont pas des abrutis (en tout cas beaucoup moins stupides que les progressistes des grandes villes) et qu'ils savent que le coût de l'énergie a un lien direct avec la compétitivité. Ils savent qu'il n'y a pas de méthode miracle qui permette de fabriquer l'acier et l'alu avec beaucoup moins d'énergie.

Ils savent que le succès de l'exploitation des hydrocarbures "non conventionnels" n'a pas été obtenu par l'application d'idées du parti démocrate, dont les membres progressistes détestent les industries des hydrocarbures (sauf quand elles sont en Russie et au MO). Après que les tricheries du film de Josh Fox "Gasland" aient été mis en évidence, il ne s'est pas excusé et HBO (chaine payante pour bobos) lui a commandé une suite!

Ils se souviennent que Obama a fait sa campagne "écologique" entre autres sur le thème de rendre l'industrie du charbon (qui est encore importante dans ce pays) non viable économiquement (maintenant ses partisans disent qu'il n'est pour rien dans cette perte de compétitivité... l'important, c'est la foi).

Ils savent que l'économie dématérialisée (aussi utile qu'elle soit pour obtenir de l'information plus économiquement qu'il n'a jamais été possible dans l'histoire de l'humanité) ne remplace pas les objets physiques. Ils savent qu'on ne peut pas vivre d'eau fraîche et d'Internet. Ils savent que contrairement à la propagande méprisante de la bobosphère américano-européenne, ils ne sont pas des "fabricants de chandelles" : on n'achète plus de chandelles, mais on achète toujours les machines qui étaient avant produites aux USA. Les machines sont maintenant fabriquées ailleurs. Elles ne sont pas dépassées techniquement.

On ne peut pas faire rêver des gens au chômage à cause de la concurrence internationale plus compétitive (pour des tas de raisons préexistantes et des tas de nouvelles raisons, dont Obamacare) avec des causes "LGBTQI", notamment avec l'agenda "transgenre"!

Bill Clinton aurait encouragé sa femme à faire campagne beaucoup plus dans cette Amérique profonde, de rechercher les voix des "petits blancs" ("rednecks"), des ouvriers, de gens n'ayant pas fait de longues études universitaires (*). Mais qu'est-ce qu'elle serait allé leur raconter?

(*) et donc probablement plus structurés intellectuellement que la plupart des gens ayant fait certains type "d'études" universitaires, sur le féminisme intersectionnel, les études de genre, ou même le "climat"

Ces "petits blancs" ne sont pas fascinés par la soi-disant "pensée complexe" des philosophes de la nouvelle vague ni de Macron ni des "démocrates". Ils pensent que cette pensée est plus fumeuse que complexe! Ils respectent plus l'autorité des institutions politiques et des forces de l'ordre que de ceux qui ont un Ph.D. en n'importe quoi (avec une thèse qui a l'air d'avoir été écrit sous l'influence de substances prohibées).

Pour avoir quelque chose à leur dire, il faudrait commencer par admettre que leur situation n'est pas enviable, et qu'elle n'est pas causée principalement par des changements techniques mais par des problèmes de compétitivité et que les "démocrates" s'engagent à les traiter, ce qui est d'autant plus facile dans certains cas que ces problèmes résultent de "regulations" (réglementations) purement vexatoires, qui ne sont pas fondée sur des données scientifiques sérieuses concernant les effets nocifs de certains produits.

Et même des progressistes très "écolos" admettent maintenant que, parfois, l'EPA (agence fédérale de l'environnement) dépasse les bornes! Ces dérives ont été encouragées sous Obama par un comportement systématiquement complice avec les associations "environnementalistes" les plus extrémistes. (L'EPA a cherché à étendre le plus possible son pouvoir, sans décision législative susceptible de débat démocratique, mais par des tactiques juridico-mafieuses.)

Alors que le discours politique en France a totalement délaissé l'idée que l'industrie et l'accès à l'énergie raisonnablement bon marché sont essentiels (*), les conservateurs américains eux n'ont jamais baissé les bras (et le reste) devant les "progressistes".

(*) une des causes de ses défaites systématiques, mais en fait la droite française a quasiment TOUT délaissé et s'en ralliée sur presque tout aux idées "progressistes"(**)

(**) "progressistes" = sont ceux qui ne croient plus à l'idée du progrès, autre que purement politique et étatiques

Il y a une opposition fondamentale entre un monde industriel, qui sans être constitué majoritairement d'ouvriers respecte les industries, les contraintes physiques... et un monde de bobos de plus en plus ignares, superficiels, aux "raisonnements" confus, qui pensent que le réel va se plier aux injonctions progressistes, qu'avec du "volontarisme" (encore un -sime!) politique on peut vaincre les contraintes même géographiques, etc. Ces gens font souvent confiance à Elon Musk pour résoudre les problèmes techniques qui existent depuis des décennies, même un siècle, en imaginant des solutions auxquelles personnes n'avaient pensé, "avec des robots".

Il y a évidemment une contradiction totale entre ceux qui ne croient plus du tout au progrès technique, notamment en terme d'exploitation des hydrocarbures, de fission nucléaire, etc. et ceux qui croient qu'Elon Musk va résoudre rapidement des problèmes sans solutions depuis au moins un demi-siècle. Ce serait une question sociologique intéressante à étudier, mais je pense intuitivement que ces personnes sont souvent les mêmes!

Les gens qui respectent le rôle de l'industrie et de l'accès à l'énergie se trouvent évidemment partout dans le spectre politique (même parmi les soutiens affichés de Bernie Sanders (*)), mais les "progressistes" les ont complètement abandonné, fascinés par des faux prophètes comme Elon Musk.

(*) Certains ont l'idée que Bernie Sanders est le gars honnête induit en erreur par des fausses promesses et qu'il suffirait de bien lui expliquer les problématiques de l'énergie et de l'industrie pour qu'il mène une politique raisonnables.

Ceux qui vivent dans le monde réel sont donc en quelque sorte envoyés de force vers les républicains, même s'ils ne sont pas socialement conservateurs. Cela augmente automatiquement l'influence médiatique des sources conservatrices! Et donc les gens seront plus exposés à des messages conservateurs, à cause des politiques "progressistes".

Écrit par : simple-touriste | 23 août 2017

Pamela Geller fait remarquer que Trump n'a pas parlé de "terrorisme islamique" dans son discours et suggère que cela correspond à un changement d'orientation, corrélé avec l'augmentation de l'influence de H.R. McMaster.

https://pamelageller.com/2017/08/trump-terrorists-islamic.html/

Je pense qu'il faut rester prudent, mais c'est un choix terminologique notable.

Écrit par : simple-touriste | 24 août 2017

Je ne commente que cette phrase :

"Trump est un ovni politique dont le mérite est d'avoir redonné espoir à des millions d'Américains décidés à bousculer l'échiquier"

L'échiquier... et oui, Trump est un joueur d'échecs! Autant que de poker.

Trump envoie en permanence des signaux, comme au poker; il ne révèle pas sa main, comme au poker. Au utilise même les "faux tells", comme au poker.

Mais il a aussi une vision globale et une stratégie à long terme, et absolument tout peut lui servir. Il sait que l'agitation médiatique stupide peut servir de distraction à court terme donc il l'utilise.

Il connait aussi l'état du pays; tout pays qui n'est pas en ruine est "conservateur" dans le sens où les gens n'ont pas envie de risquer de perdre ce qu'ils ont, sauf les bébés qui n'ont notion des avantages en nature que leurs procurent le statu quo (ces bébés vont souvent à la fac...). Mais des gens qui vont à la fac à crédit pour obtenir un néga-capital intellectuel (comme les soi-disant "négawatts") pour aller ensuite en faire bénéficier des groupes de pression ("think tank"), ne font pas parti du pays réel.

Un pays réel, par nature conservateur (ce qui ne veut pas dire rétrograde), n'aime pas les fouteurs de m. et autres agitateurs qui n'ont rien produit de leur vie ni même jamais prouvé qu'ils avaient une compétence potentiellement utile à la société.

Même si les événements de Charlottesville semblent être un piège médiatique et même une provocation (*), il permet de poser de façon Trumpienne (**) la question du regard des zélites bien pensantes sur les groupuscules dits "anti fascistes", comparés explicitement aux soldats alliés combattant le Reich, en résumé : "notre ennemi est (similaire à) l'armée de Hitler, nos armes sont donc utiles pour combattre cette armée".

On a donc :
- une milice illégale
- qui se permet des actions violentes
- qui le justifie "moralement"
- dont une partie des médias qui sont opposés à ce qu'ils appellent "l'extrême droite" (***) justifie le comportement.

Mais leur motivation, leurs discours, leurs pseudo justifications sont quint-essentiellement de nature paramilitaire, qui sont des activités traditionnellement considérées d'extrême droite!

Il s'agit ni plus ni moins de la création d'une justification morale d'un groupe PARAMILITAIRE dans le cadre d'une GUERRE CIVILE. C'est on ne peut plus explicite. On ne peut plus dire que c'est une façon de voir les choses, des contre-manifestants dont une petite minorité est violente, etc. Il s'agit très clairement d'un groupe qui prend sur lui de frapper les cibles qu'il désigne souverainement comme les "fascistes" ou les "nazis". Toute cible désignée sera immédiatement considérée comme "nazi" par les soutiens médiatiques des "ANTIFA".

Trump a donc raison de les mettre dans le même sac que les suprématistes violents. Il en sortira plus populaire.

(*) peut être même un "false flag", sauf si on considère très crédible qu'un type passe directement, en quelque mois, de "démocrate" radical (tendance "Occupy") fan d'Obama à suprématiste blanc!
(**) c'est à dire dans le bruit et la fureur médiatique, les condamnations de toute part et l'implosion du parti "républicain", toutes choses utiles si elles permettent d'y voir plus clair par la suite
(***) les sites de "l'extrême droite" "suprématiste" sont chassés du Web (@); un site a été fermé parce qu'il s'était moqué de la victime du fou de la route (#) de Charlottesville; officiellement le site a été fermé parce qu'il était suprématiste blanc, mais il l'était depuis bien longtemps et l'hébergeur n'avait rien fait avant, donc c'est bien le fait de se moquer de la victime qui a été l'événement déclencheur

(#)
Pourquoi fou de la route et pas terroriste? parce qu'on voit clairement sur la vidéo reprise partout, mais parfois éditée au montage, qu'un gentil contre manifestant "anti-fasciste" donne un coup sur sa Dodge Challenger; est-ce qu'il aurait accéléré sans cela? Est-ce qu'il ne roule pas déjà trop vite avant? Est-ce un attentat prémédité ou un cas de rage au volant?

Les éléments ne permettant PAS d'exclure au delà de tout doute l'accès de rage, je reste donc sur cette hypothèse. Je n'ai pas ici le choix, j'applique des principes qui ont été établis dans tous les cas où une voiture heurtait de piétons, dans tous les cas où une personne tentait de prendre l'arme d'un militaire... je retiens l'hypothèse la plus éloignée du terrorisme qui reste compatible(##) avec ce qui est avéré.

La base de la Science est la Méthode et non la revue par les pairs (ou par les copains). Une méthode n'est pas utile que pour mesurer la masse de l'électron; l'idée d'avoir une Méthode appliquée systématiquement est aussi valable pour commenter l'actualité.

(##) Dire que des observations sont compatibles avec une hypothèse n'est pas binaire en général : un événement peut être compatible avec une hypothèse mais très improbable(###) sous cette hypothèse. On peut estimer la probabilité d'un événement fréquent par la fréquence d'occurrence (####). Les accidents de la route où de nombreux piétons sont fauchés, en ville, en dehors de la voix, à vitesse limitée et sans facteur extérieur surprenant le conducteur sont très rares. Ceux où le conducteur doit faire demi tour par accident pour les faucher doivent être aussi rares que les astéroïdes géants tombant sur Terre. Pourtant c'est la thèse de l'accident qui a été retenus à NY.

(###) On peut parler de probabilité de l'événement observé (ce qui est avéré) sous l'hypothèse (ce qui n'est pas avéré). Quand on lit dans un document soumis à la Justice française, qui sera considéré comme preuve, que la probabilité que deux échantillons biologiques aient le même ADN est de 99,9999%, c'est juste un non-sens complet. Ce n'est pas "faux". Ce n'est même pas faux. La probabilité d'un fait ou d'un fait alternatif n'existe pas. C'est vrai à 100% ou c'est faux à 100%. Il y a contamination du discours scientifique par un tel pseudo scientifisme parce que c'est plus "pratique" de penser qu'on a raison à 99% que de penser que a vraisemblablement raison à 100% mais qu'on pourrait avoir tort à 100%. Des études terrifiantes montrent que même ceux qui manipulent des probabilités dans leur métier ne comprennent pas forcément cela, ni même parfois ceux qui font semblant d'enseigner cela (certainement parce qu'ils étaient trop nuls pour pratiquer).

(####) N'essayez pas d'estimer les probabilités par la fréquence de survenue des événements rarissimes (comme les attentats faisant plusieurs centaines de victimes), ça n'a aucun sens. Vous serez obligés de prendre des fenêtres de temps trop grande, et la notion même de "probabilité" d'événement n'a plus de sens puisque les conditions ont changé.

(@) quand ce site anti mixité raciale s'est réfugié sur le "darknet", précisément sur le réseau Tor sous forme de site .onion, les "responsables" de Tor ont pris la peine de touitter qu'ils ne censurerait pas ce site; on se demande bien à quoi ça rime, puisque :
- le principe des sites .onion est d'être leur propre hébergeur et de dissimuler leur adresse IP derrière Tor (via des relais), comme le fait d'utiliser Tor pour visiter un site dissimule l'adresse de l'internaute au site
- l'architecture même est conçue pour ne pas offrir l'option de la censure
- le "darknet" est connu comme un lieu où des sites proposent des activités illégales comme de commander de la drogue (cela a été médiatisé récemment, un dépité était dépité qu'on puisse acheter de la drogue via Internet (@@)), des sites avec des la pornographie infantile, dernièrement des vitrines de rançongiciels, interface indispensable au fonctionnement de ces rançonneurs (@@@)
et le réseau Tor, qui n'héberge pas ces sites et permet juste d'y accéder, n'a évidemment pas fait un communiqué pour chaque site illégal qui utilise cette technologie développée originellement pour les besoins de la police (@@@@)

(@@) acheter de la drogue via Internet donc sans sortir de chez soi, le journaleux n'a pas eu l'idée de demander quel était le souci mais je crois le savoir : ne pas au moins descendre au bas de son immeuble pour commander sa beuh est contraire aux principe de manger-bouffer, pardon manger-bouger, pardon fumer-bouger

(@@@) rien ne permet de garantir en payer une rançon à un rançongiciels que les codes seront retournés, mais sans cette interface sur le darknet, les victimes n'auraient aucun espoir d'obtenir quelque chose et ne risqueraient plus de payer quoi que ce soit

(@@@@) Police qui avait évidemment envie que son outil soit utilisé par tous les criminels, les pédophiles, etc. Ce n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité. Le renseignement et l'infiltration des bandes ne se font pas en allant prendre le thé dans un salon ou un café philosophique. Le bon équipement pour la police qui fait du renseignement et de l'infiltration est celui que peuvent utiliser les criminels.

Écrit par : simple-touriste | 25 août 2017

"Pamela Geller fait remarquer que Trump n'a pas parlé de "terrorisme islamique" dans son discours"

Et voilà : Sebastian Gorka démissionne!

“Regrettably, outside of yourself, the individuals who most embodied and represented the policies that will ‘Make America Great Again,’ have been internally countered, systematically removed, or undermined in recent months. This was made patently obvious as I read the text of your speech on Afghanistan this week…

“The fact that those who drafted and approved the speech removed any mention of Radical Islam or radical Islamic terrorism proves that a crucial element of your presidential campaign has been lost…

“Just as worrying, when discussing our future actions in the region, the speech listed operational objectives without ever defining the strategic victory conditions we are fighting for. This omission should seriously disturb any national security professional, and any American who is unsatisfied with the last 16 years of disastrous policy decisions which have led to thousands of Americans killed and trillions of taxpayer dollars spent in ways that have not brought security or victory.”

http://thefederalist.com/2017/08/25/breaking-sebastian-gorka-resigns-from-trump-administration/

Écrit par : simple-touriste | 26 août 2017

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